l'autre LIVRE

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Notes de lecture pour "Vers Valparaiso

Bonjour,

En ce lundi 30 mars 2020, je vous propose de lire deux notes de lecture à propos du cinquième livre de Perrine Le Querrec "Vers Valparaiso" qui vient de paraître aux Editions Les Carnets du Dessert de Lune, dans la collection Pleine Lune. Vous pouvez passer commande de ce titre (et d'autres) sur le site des éditions
Paiement sécurisé par carte bancaire ou Paypal, ou par chèque à l'adresse des éditions. L'envoi est franco de port. Vous pouvez aussi réserver chez votre libraire habituel qui le recevra dès la fin du confinement.
Note de lecture signée Hugues Robert sur le blog de la librairie Charybde : Vers Valparaiso
Note de lecture signée Emmanuelle Caminade sur le blog L'or des livres : Vers Valparaiso
(cliquez sur les liens surlignés en rouge)

Jean-Louis Massot

 

Lettre ouverte au ministre de la Culture

 

à M. Franck Riester, Ministre de la Culture

Paris le 20/03/2020

 

Monsieur le Ministre,

 

En tant que président de l’association L’Autre livre qui réunit 248 éditeurs indépendants, je m’adresse à vous pour attirer votre attention sur la situation du livre et de nos maisons d’édition.

Comme l’ensemble des citoyens, les éditeurs et les auteurs participent aux mesures de confinement dont nous espérons qu’elles se révéleront utiles pour contrer l’épidémie actuelle.

Mais à l’inquiétude créée par la crise sanitaire s’ajoute une préoccupation de caractère économique.

Du fait de la fermeture des librairies et de l’annulation des salons et manifestations publiques autour du livre, nos maisons d’édition voient leurs ventes réduites quasiment à néant.

La solution ne consiste sans doute pas à autoriser la réouverture des librairies avant que le confinement ait pris fin.

Par contre plusieurs dispositions nous semblent nécessaires.

Tout d’abord nous voulons nous assurer que les petites maisons d’édition, qui sont des éditeurs indépendants, pourront bénéficier des mesures générales annoncées par le gouvernement (report des charges et des impôts, indemnité de 1500 euros pour ceux qui ont perdu leur chiffre d’affaires, fonds d’aide et facilités de trésorerie). Les modalités concrètes d’application de ces mesures ne semblent pas toutes opérationnelles et beaucoup d’éditeurs ne sont pas informés des démarches à suivre pour en bénéficier.

Nous sommes prêts pour notre part à relayer les informations utiles auprès de nos adhérents.

Ensuite, comme beaucoup de libraires et d’acteurs de la profession, nous nous inquiétons de voir que certains géants du commerce en ligne, (notamment Amazon) profitent de la situation d’une manière éhontée. Non seulement ils occupent largement le marché des commandes de livres, mais ils font pression sur leurs salariés et paraissent au-dessus des lois (tant en matière de fiscalité que de droit du travail et de respect des mesures d’urgence sanitaire).

Outre le nécessaire rappel à l’ordre que cela suppose, nous attirons votre attention sur le fait que la vente par correspondance n’est pas et ne doit pas être l’apanage exclusif de ces groupes. De nombreux libraires, des distributeurs et des éditeurs tentent aussi d’y avoir recours.

Dans ces circonstances, au moment où le président de la République invite les Français à renouer avec la lecture, il serait urgent de faire droit à une revendication maintes fois réaffirmée par notre association : que le livre bénéficie, à l’instar de la presse depuis la Libération, de tarifs préférentiels en matière postale. Car la lourdeur des tarifs postaux est une charge tout à fait importante pour les différents acteurs de la chaîne du livre et une entrave à la lecture.

Nous demandons aussi que le gouvernement intervienne auprès des banques afin que celles-ci tiennent compte de la situation actuelle et fassent preuve de souplesse concernant la gestion des comptes professionnels des éditeurs indépendants et leurs autorisations de découvert.

Les sommes considérables que l’État va débloquer pour garantir les emprunts bancaires ne doivent pas aller à la spéculation mais à l’aide à l’activité réelle, y compris dans le secteur culturel et du livre.

Enfin, par-delà cette crise dont nous espérons tous que nous parviendrons rapidement à la surmonter, il nous semble qu’il faut remettre en chantier une réflexion collective sur la politique publique de la lecture. Celle-ci ne peut pas être un plaisir et une source de connaissance et de réflexion réservés à une petite minorité.

Nous sommes pour notre part disponibles pour participer à ce chantier.

 

Je vous prie de croire, monsieur le Ministre, en l’expression de ma considération,

 

Francis Combes
Président de l’autre LIVRE

www.lautrelivre.fr

 

Réaction aux propos de Bruno Lemaire, ministre de l’économie, par Wilfrid Séjeau, président de l'association et les libraires Initiales

 

L’édition grippée

Source : Libr-critique

 

On a entendu à gauche et à droite que la présente époque de confinement des citoyens chez eux serait favorable à la lecture et à la publication de nouveaux livres, puisqu’il n’y a presque plus d’autre loisir. Pour la lecture, c’est à peu près certain ; mais quelles seront-elles ? On achète sur Internet essentiellement des livres de noms déjà faits : Stendhal, Pasolini, Badiou, etc. ; Haroldo de Campos, pour les plus aventureux ; La Peste de Camus, pour ceux qui aiment à se faire peur (et comparer à la Peste noire, sans aucune pudeur morale ni intellectuelle, ce qui ne se peut raisonnablement comparer qu’aux grippes « asiatiques » de 1957 et 1968…). La vente en ligne de littérature de recherche ? On a déjà testé : ce sont une dizaine d’exemplaires qui partent, au mieux… De plus, très peu de bureaux de Poste sont encore ouverts, idem pour les Carrés entreprise de l’ancienne entreprise glorieuse du Service public ; les Carrefour Markets et autres Mark’s and Spencer ayant été considérés comme plus essentiels à la survie de la Nation que les envois postaux !… Cela devient très compliqué, par exemple, d’envoyer des revues ou des exemplaires de presse de livres à tarif non rédhibitoire. De plus, les rédactions des journaux et revues littéraires sur papier sont fermées : les envois de presse depuis la semaine dernière ne vont pas circuler du tout ; et pire : s’accumuler sur et sous les bureaux des dites rédactions…

Enfin, si on tend un peu l’oreille, outre que toutes les librairies physiques de France sont fermées pour quelques semaines, sacrifiant ainsi à peu près tous les offices de mars, on apprend que la plupart des gros et très gros éditeurs ont repoussé leurs sorties de mars et avril à mai, au plus tôt ; ce qui créera un immense embouteillage de sorties à cette époque. Maintenir les programmes de mai pour l’édition de recherche et de poésie, qui se surajouterait à ce déferlement de poids lourds me semble très risqué. Ajoutons à cela que le dépôt légal des livres et des revues est suspendu en France jusqu’à nouvel avis, ce qui est peut-être même inédit dans notre pays… Dilicom, Électre et Prisme sont fermés. En clair, on ne délivre même plus de nouveaux codes ISBN ou ISSN : une revue littéraire ne peut pas se créer en ce moment en France, pour une durée indéterminée ! Outre le nouveau contrôle biopolitique des corps au niveau mondial (sauf en Angleterre ?…), qu’on peut quand même discuter, vient de s’y surajouter carrément un gel des créations de l’esprit (sauf à tomber dans l’hyper-marginalité). Évidemment, on espère tous que ceci devrait ne pas durer trop longtemps… Trois semaines ? Deux ? Mais si c’est quatre ? Ou cinq ? Comment envoyer à l’imprimerie pour la prépresse un livre fin mars, en période de fermeture totale du dépôt légal ? Cela nous semble beaucoup trop risqué, et Tinbad a choisi de reporter son programme de mai à octobre, après la vague des inévitables premiers romans qui commence 3e quinzaine d’août, désormais. Il nous semblerait vraiment plus raisonnable de décaler toute la production culturelle (tant pis : XX mois auront été perdus, mais pour essayer de repartir sur un rythme normal), plutôt que de suicider YY soldats-des-lettres (mais c’est la même chose pour le cinéma, et pour le théâtre… où on annonce déjà une probable annulation du Festival de Cannes…) sur un front saturé et casse-gueule d’avance.

Guillaume Basquin

 

 

L’heure du livre

 

Les mesures prises pour tenter de juguler l’épidémie de coronavirus (et dont nous ne pouvons qu’espérer qu’elles soient efficaces) ont de nombreuses conséquences sur la vie quotidienne, la vie sociale, la vie économique et culturelle.

Alors que nous sommes incités à rester confinés chez nous, nous voulons lancer un appel à faire que ce repli obligé puisse être transformé en moment de culture et de plaisir. Ne nous laissons évidemment pas aller à la peur. Ne vivons pas seulement au jour le jour, sous l’injonction des chiffres de victimes et de l’information en continu. Ne restons pas cloîtrés chez nous sous l’emprise de la télévision et des écrans…

Essayons d’en profiter pour prendre un peu de recul, pour penser et imaginer. Profitons-en pour retrouver le temps de lire, ce temps si précieux qui nous manque si souvent… Rêvons que beaucoup de nos concitoyens retrouvent dans ces circonstances et parfois même découvrent le beau plaisir de lire.

L’annulation de nombreux événements culturels, (par exemple du Printemps des poètes) ; l’annulation des salons, (comme Livre Paris et l’autre SALON que nous organisons et qui réunit de nombreux éditeurs indépendants), la décision unilatérale qui vient d’être prise par le gouvernement de fermer les librairies (car elles ne seraient pas des commerces de première nécessité) ne sont évidemment pas favorables au livre.

Or le livre est un bien de première nécessité culturelle. Dans une situation comme celle que nos vivons, nous avons bien besoin de cette nourriture spirituelle.

Au moment même où nous aurions grand besoin de ces amis précieux que peuvent être les livres, la diffusion du livre risque de se trouver quasiment arrêtée.

Cela va mettre en grande difficulté de nombreux libraires, mais aussi beaucoup d’éditeurs, notamment de petits éditeurs et des éditeurs indépendants.

Les mesures annoncées en matière de report des charges ou de chômage partiel (qui peuvent être importantes pour certaines entreprises) concernent très peu la plupart de nos maisons d’édition.

Va-t-on voir les géants du commerce en ligne, comme Amazon, tirer avantage de cette situation pour asseoir leur domination ?

Or, des distributeurs professionnels du livre, des libraires et aussi des éditeurs tentent aussi d’entretenir des liens avec les lecteurs par les moyens d’Internet, de leurs sites et des réseaux sociaux. Ils développent comme ils le peuvent des formes de vente par correspondance qui peuvent s’avérer essentielles aujourd’hui.

Dans ces conditions le gouvernement serait bien inspiré de répondre positivement à la revendication de notre association qui réclame depuis longtemps l’adoption d’un tarif postal préférentiel pour le livre, comparable à ce qui a été mis en place pour la presse après la Libération.

Et espérons que nous pourrons, aussi rapidement que possible, renouer avec la joie de nous rencontrer à nouveau, autour des livres, à l’occasion des vraies rencontres humaines, conviviales et vivantes.

 

Francis Combes
Président de l’autre LIVRE

www.lautrelivre.fr

 

FERMETURE EXCEPTIONNELLE DE L'ESPACE ASSOCIATIF

 

Conformément aux consignes gouvernementales visant les « commerces non essentiels » – et tout le monde sait que la lecture qui distrait, détend, nourrit l'esprit et ouvre les yeux sur le monde n'a rien d'essentiel... – l'espace associatif l'autre LIVRE est fermé jusqu'à nouvel ordre.

Les événements prévus prochainement sont annulés et/ou suspendus en attendant des jours meilleurs.

Il en va de même pour le comptoir de vente, les librairies étant fermées.

 

Femmes d’Argentine

 

 

Livre-Hebdo, le 11.03.2020

Autour de la discussion de la loi sur l’IVG, Femmes d’Argentine suit la mobilisation des féministes du pays pour rendre l’avortement légal, alors qu’une femme meurt chaque semaine des suites d’une opération clandestine. Dans Qui a peur d’Annie Ernaux? (Lunatique, 2019), Jérôme Deneubourg raconte l'avortement clandestin subi en 2016 par Victoria, son ex-compagne, alors que cette pratique peut-être sanctionnée d’une peine de prison.