l'autre LIVRE

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Rapport moral de l'AG du 20 janvier 2022

Rapport moral de l'AG du 20 janvier 2022

présenté par Francis Combes

LES DEUX ANNÉES ÉCOULÉES

Nous sommes (espérons-le) en train de sortir de cette période dominée par la crise et les restrictions sanitaires. Ce fut une période difficile pour beaucoup d’entre nous, à titre individuel, mais aussi pour nos maisons d’édition. (Les mesures de soutien prises par le gouvernement, dans le domaine du livre, ont peu concerné nos maisons d’édition). D’après les statistiques de la profession, environ 300 (petits) éditeurs ont suspendu leur activité pendant cette période. Sur les 3 000 éditeurs que compte le pays, c’est donc 10 % !Notre association n’a pas échappé à ces difficultés, ne serait-ce que parce que nous avons été contraints d’annuler trois salons consécutifs (avec les conséquences que cela entraîne en termes d’adhésions, de subventions, d’activité). Et nous avons dû prendre des mesures drastiques d’économie pour nous adapter.Néanmoins, nous avons maintenu notre présence. Nous avons notamment produit un Plan d’urgence pour la filière livre que nous avons commencé à diffuser auprès de nos interlocuteurs et de nos partenaires.Nous avons défendu nos propositions (concernant aussi bien les tarifs postaux que la réforme du CNL) et avons pu nous faire entendre (si ce n’est être entendus) par les représentants des pouvoirs publics.Nous avons aussi, pour la première fois véritablement, marqué un point dans nos efforts pour avancer dans la voie de la coopération avec les autres associations d’éditeurs indépendants, notamment avec la Fédération des éditeurs indépendants qui réunit des associations en région et avec qui nous avons produit un communiqué commun.Enfin, nous avons pu renouer, en novembre dernier avec la tenue de notre Salon d’automne aux Blancs Manteaux. Sans doute n’a-t-on pas retrouvé lors de cette édition le niveau de salons antérieurs. Mais il faut tenir compte des circonstances (notamment de la jauge qui nous était imposée). Avec 128 éditeurs inscrits (plus une trentaine sur le stand collectif) et 4 500 visiteurs environ, nous pouvons dire que ce fut un « salon de reprise ». Et nous avons été heureux de pouvoir nous y retrouver.

LA SITUATION DANS L’ÉDITION

Le fait majeur en ce début d’année, c’est le pas important franchi en matière de concentration avec l’annonce du rachat par Bolloré du groupe Hachette.La fusion Editis-Hachette va constituer un méga- groupe en situation de quasi-monopole puisqu’il totalisera plus de 41 % du chiffre d’affaires de toute la profession.Hachette, c’est déjà le 6ème éditeur au plan mondial. 65 % de son chiffre est fait à l’étranger. Il contrôle déjà 150 maisons d’édition. En France : Fayard, Grasset, Lattès, Stock, Calmann-Lévy, Larousse... Et on sait les liens entre Lagardère et l’industrie, des médias comme de l’armement, avec Matra.Quant à Editis, filiale de Vivendi, ce groupe contrôlait déjà Plon, Belfond, Pocket, 10/18, Les Presses de la Cité, Juliard, Robert Laffont, Le Robert...Notons que les dix premiers groupes, avec notamment Madrigal (Gallimard-Flammarion-Casterman) représentent aujourd’hui 89 % du chiffre global de la profession, contre 77 % il y a dix ans. Cette concentration est une concentration dans l’édition, mais aussi dans la distribution. Déjà Lagardère avait racheté Volumen à La Martinière-Le Seuil en 2015. Aujourd’hui, avec la distribution Hachette, c’est le gros de la distribution qui est sous le contrôle de ce groupe.A cette menace de fait contre la biblio-diversité s’ajoutent des inquiétudesqui tiennent à la personnalité du milliardaire qui vient de faire main-basse sur l’édition : Vincent Bolloré. (Pour se rendre compte des rapports de forces : sachez que sa fortune personnelle, la 14ème plus grosse de France, est estimée à 8 milliards d’euros... et que le chiffre d’affaire global de toute l’édition est de 3, 94 milliards...) Après avoir fait de bonnes affaires en Afrique (dans la logistique, l’exploitation de l’huile de palme au Libéria ou le rachat des terminaux portuaires, – ce qui lui a valu des procès pour corruption) ainsi que dans la finance, il a pris le contrôle de Vivendi.Il s’est notamment implanté dans les médias (Canal plus, C News, Direct 8).Lui-même est connu pour être un catholique intégriste (qui se confesse paraît-il deux fois par semaine). Il ne fait pas mystère de ses opinions qui le situent très à droite ; ce qui ne l’a pas empêché de soutenir Anne Hidalgo à la Mairie de Paris, après avoir raflé le marché des autolibs et avoir pu placer ainsi les piles au lithium qu’il produit... Puis s’être dégagé après avoir fait payer la ville.On sait le rôle qu’il joue aujourd’hui dans le soutien à la candidature de Zemmour qu’il a contribué à lancer, et dont il semble partager les options concernant « la reconquête nationale ».C’est avant tout un homme d’affaires, mais un homme d’affaires qui, s’il ne se lance pas personnellement en politique (à la différence de Berlusconi) n’hésite pas à y jouer un rôle. On se souvient de la façon dont il s’en était pris aux Guignols, à Canal +, ou comment il avait déprogrammé une émission d’investigation sur l’évasion fiscale. Il avait déclaré devant la rédaction que ce n’était pas un acte de censure, mais que s’en prendre à la BNP et au Crédit mutuel, c’était « de la connerie »...Et en ce début d’année, on peut voir comment la machine éditoriale et médiatique qu’il contrôle a orchestré une campagne en faveur du livre de son frère : Michel-Yves Bolloré, Dieu, la science, les preuves qui est paraît-il en tête des ventes. (La Croix a écrit en substance de ce livre que ce n’était un service rendu ni à la science ni à Dieu...) Cet interventionisme nourrit des inquiétudes parmi les salariés des groupes d’édition concernés.Parmi les auteurs aussi. Le CPE (le Comité permanent des écrivains) vient de faire paraître une déclaration.Nous devrions le faire aussi.Dans ce contexte, nous devons dire haut et fort et montrer que les éditeurs indépendants plus que jamais, sont des garants de la biblio-diversité et de la liberté d’expression. Ils le sont parce que sans eux bien des auteurs, qui ne sont pas à la mode ou dans le courant dominant, ne trouveraient pas d’éditeur.Mais aussi parce que leur indépendance peut les autoriser à s’attaquer (même si ce n’est pas sans risques) à des sujets de plus en plus tabou dans un pays où l’information et l’édition seront sous contrôle.

NOS PROPOSITIONS D’ACTION POUR LA PÉRIODE QUI VIENT

1 – nous allons tenir notre salon de printemps, au Palais de la femme, les 22, 23, 24 Avril prochains. Ce Salon se tiendra en même temps que le Festival du livre de Paris, qui est la nouvelle formule du salon du livre de Paris.Cette nouvelle formule réalise le fantasme ancien de plusieurs des majors de l’édition : se retrouver entre eux au Petit Palais, comme autrefois. Sans les éditeurs régionaux et les éditeurs indépendants. Comme le Petit Palais est en travaux, ils s’installeront au Petit Palais éphémère du Champ- de-Mars et vont écarter beaucoup d’éditeurs.Dans ces circonstances notre salon peut-être un véritable salon alternatif des éditeurs indépendants. Et nous allons nous employer à le faire savoir.

2 – Nous allons poursuivre l’action que nous menons sur nos revendications. La question des tarifs postaux est une question qui a fait son chemin dans les esprits ; et pouvoirs publics comme élus doivent se positionner à ce sujet.Cette semaine encore, la question est venue au Sénat et la Ministre de la Culture a encore essayé de s’en tirer en disant que le sujet était en cours de réflexion.Au cours du dernier trimestre 2021, les députés ont discuté d’un projet de loi sur l’économie du livre.L’intention de départ était sans doute louable : s’attaquer à l’inégalité flagrante dont bénéficient les plate- formes de vente en ligne comme Amazon, dont la concurrence pendant le confinement a paru particulièrement choquante à beaucoup de libraires en particulier.Mais la solution trouvée va aggraver la situation : puisque les parlementaires n’ont rien trouvé de mieux que d’interdire le franco de port (qu’utilisent beaucoup d’éditeurs indépendants) et de prétendre imposer un tarif postal plancher. (Pour l’instant, il n’y a pas de décrets d’application). La seule vraie solution est celle que nous préconisons : généraliser à la France et aux DOM-TOM le tarif « livres et brochures » de la Poste qui pour l’instant ne fonctionne que pour les envois à l’étranger. Et faire en sorte que ce tarif ne concerne pas tel ou tel acteur de la filière Livre mais l’objet livre lui-même, en tant que produit culturel dont on voudrait favoriser la diffusion.(La mesure ponctuelle de baisse du coût des envois pour les libraires, à la fin du deuxième confinement, montre que c’est possible).

3 – Renforcer la vie de notre association

Nous sommes aujourd’hui près de 200 éditeurs adhérents de l’Autre livre. La campagne de réadhésion a commencé. L’existence de l’Espace L’Autre livre, ici, rue de l’Ecole polytechnique, est évidemment une charge importante pour notre association (1 200 euros de loyer mensuel). Mais c’est aussi une chance.Pour ceux d’entre nous qui y ont recours pour leur distribution (et le travail avec les coursiers) ; pour ceux qui y organisent des rencontres régulières, mais aussi pour tous ceux qui pourraient y organiser des rencontres ponctuelles.Vous savez que nous avons dû nous séparer de notre ancien chargé de mission pour des raisons économiques évidentes. Au cours de l’année passée nous avons travaillé avec des stagiaires, en particulier avec Ada Souchu qui a bien contribué à faire vivre notre espace et à assurer le succès du salon. Nous proposons de poursuivre cette collaboration sous forme d’un emploi à mi- temps. L’Espace l’Autre livre ne fonctionne pas vraiment comme une librairie. (Il y a très peu de chalandise dans la rue). Mais il vit quand nous y organisons des événements.Nous proposons donc de l’ouvrir à mi-temps, les après midi. Et de faciliter la multiplication des soirées (en modifiant un peu la formule d’abonnement).Nous aurions ainsi l’abonnement normal à 400 € (qui permet d’organiser 5 soirées dans l’année). Et d’avoir accès au comptoir de vente pour 50 euros supplémentaires.L’abonnement premium à 800 euros, qui donne droit en plus à des week-ends.Et nous proposons de faire que le montant de la réservation ponctuelle pour une soirée soit de 100 euros (contre 150 jusqu’alors).Enfin, concernant la vie de notre association. Nous devons aujourd’hui renouveler notre conseil d’administration, puis notre bureau. Nos statuts prévoient que le CA compte 10 membres. Or nous avons 15 candidats.Sur suggestion d’un participant à l’Assemblée, nous décidons que les 10 amis qui auront recueilli le plus de voix seront membres titulaires du conseil. Les autres seraient en quelque sorte membres suppléants. (Nous poserons la question lors d’une prochaine AG extraordinaire de la mise à jour de nos statuts).L’important me paraît être d’élargir le collectif qui anime effectivement la vie de l’association.Aujourd’hui ce collectif qui tient essentiellement au bureau, est trop restreint et tend à tourner toujours sur les mêmes. Lors du prochain CA, nous préciserons la composition du bureau, la répartition des tâches et proposerons de créer des petits collectifs en délégant des responsabilités sur divers sujets : la communication, (et les réseaux sociaux, Facebook, Twitter etc.) ; l’économie du livre, les relations avec nos partenaires (les autres associations d’éditeurs, les libraires etc.)Merci de votre participation nombreuse à cette AG de l’Autre livre.

Assemblée générale extraordinaire du 9 mars 2021

Assemblée générale extraordinaire

du 9 mars 2021


Rapport moral

présenté par Francis Combes

1 - la situation des éditeurs indépendants
La période que nous avons vécue depuis notre dernière Assemblée générale a bien sûr
été dominée par les effets de la crise sanitaire.
Celle-ci a eu un lourd impact sur la vie de notre association. En nous contraignant à
annuler coup sur coup trois salons (deux manifestations de printemps et le salon de
l’Autre livre à l’automne) elle a créé une situation difficile pour l’association qui a
conduit le conseil d’administration et le bureau à pendre des dispositions de
sauvegarde que nous vous présentons aujourd’hui.
Au-delà de la vie de l’association, c’est bien sûr la vie de toutes nos maisons d’édition qui
a été affectée.
Pour l’ensemble du secteur de l’édition, d’après les données fournies par Electre, on
constate un recul de la production. Le nombre de nouveaux titres produits en 2020 est
tombé à 60 541 soit une baisse de 11, 2% par rapport à l’année précédente.
Rappelons-nous qu’il y a dix ans, l’édition française publiait plus de 70 000 nouveaux
titres par an, tous domaines confondus.
Certains observateurs, comme Livre hebdo, avancent l’idée que cette baisse, imposée par
les circonstances, s’inscrit dans un effort entrepris depuis plusieurs années pour
« juguler la surproduction ».
C’est une appréciation qui mériterait discussion. Si surproduction il y avait, celle-ci est
évidemment relative à la dimension du marché et au nombre de lecteurs qui n’a pas
progressé dans les mêmes proportions. Nous savons que la tendance à l’augmentation
du nombre de titres publiés, qui a été le fait marquant pendant des années, s’était
accompagnée d’une baisse des tirages moyens. Elle avait été rendue possible par les plus
grandes facilités techniques d’impression à petit tirage, mais elle était aussi une façon
pour les éditeurs de compenser la baisse des ventes et de réagir à la concurrence, tout
en l’aggravant.
La baisse actuelle de la production est sans doute moins l’effet d’une décision
« vertueuse » qu’une « cure d’amaigrissement obligée », et peut-être l’amorce d’une
régression.
Il ne faut en tout cas pas imaginer qu’elle va améliorer d’un iota la situation du marché
du livre et permettre des conditions moins inégalitaires dans l’accès de nos livres au
public.
D’ailleurs, l’autre fait marquant de l’année écoulée et qui nous concerne au premier chef,
c’est la baisse du nombre des éditeurs actifs.
Ceux-ci seraient 4 226 à fin 2020, contre 4 546 un an plus tôt, soit une baisse de 7%.

Alors que le nombre d’éditeurs en France était stable depuis sept ans.
Plus que des dépôts de bilan, il semble qu’il s’agisse le plus souvent de « mise en
sommeil » avec arrêt de la production ; ce qui concernerait au moins 300 petits éditeurs
indépendants.
A la clef, on peut redouter une reprise du phénomène de concentration et une réduction
de ce que nous avions appelé la « biblio-diversité ».
Tout ceci est évidemment lié à l’arrêt pendant le premier confinement de l’activité des
libraires et à leur activité réduite pendant le second. Ainsi qu’à la suppression de la
plupart des salons.
Les bonnes ventes en librairie, au début de l’été après le confinement et surtout en
décembre, n’empêchent que sur l’année, le chiffre d’affaires en librairie ait baissé
d’environ 5%.
Et beaucoup d’éditeurs ont vu leur chiffre d’affaires reculer de 20%.
Nous savons d’ailleurs que la reprise en librairie s’est souvent faite au prix de nombreux
retours, ce qui touche particulièrement ceux d’entre nous qui passent par un
distributeur-diffuseur.
2 – Notre action
Empêchés de tenir notre salon, nous ne sommes pas restés pour autant « les deux pieds
dans le même sabot ».
Nous avons notamment rendu public un Plan d’urgence pour le livre que nous avons
communiqué aux ministères concernés.
L’idée qui anime notre plan d’urgence est à l’opposé de la conception qui a conduit l’État
a décréter les librairies « commerces non essentiels ».
Même s’il est revenu là-dessus — ce qui est un succès de la mobilisation de tous les
acteurs de la filière livre — c’est ce qui a dominé l’année.
Cela s’inscrit d’ailleurs dans une conception plus générale qui marginalise et met à
l’arrêt tout la vie culturelle, jugée non essentielle dans son ensemble. Alors qu’il est
confirmé (notamment à la suite d’une étude allemande récente) que les lieux culturels
sont ceux où les risques de contamination sont les plus faibles.
Dans notre plan d’urgence nous avons énoncé les grandes lignes d’une relance qui
mettrait le livre au centre des politiques culturelles. De notre point de vue, il ne s’agit
pas seulement de la défense de nos maisons d’édition, mais d’une question de
démocratie. Une vraie démocratie suppose un peuple cultivé, capable de faire preuve
d’esprit critique ; et pas un peuple poussé à l’infantilisation, comme y conduit une
tendance lourde aujourd’hui.
Il semble bien que l’idée dominante de la culture, y compris parmi de nombreux
responsables, est que celle-ci relève surtout de l’économie du divertissement.
(A titre d’exemple, la nouvelle chaîne de télé, Culture Box, en fait de culture, semble bien
ne s’intéresser qu’au spectacle dit vivant).
Pour mémoire, dans notre plan, nous demandions l’intervention des pouvoirs publics
sur trois sujets d’intérêt immédiat :
- la mise en place d’un tarif postal spécifique, tarif postal qui ne concernerait pas tel ou
tel acteur de la filière mais l’objet livre en tant que tel

- une intervention auprès des grandes enseignes pour éviter les retours massifs
- une intervention auprès des banques pour favoriser l’accès de nos maisons aux
diverses sources de financement.
Au-delà, nous proposions d’ouvrir trois chantiers :
- celui de l’aide publique à l’édition
- celui de la distribution du livre
- celui du pluralisme dans les médias
Des mesures ont bien sûr été adoptées par le gouvernement et certains d’entre nous ont
pu en bénéficier.
La plus importante est le chômage partiel. Évidemment, cela n’a concerné que ceux
d’entre nous qui ont des salariés.
Les prêts garantis, par contre, d’après ce que nous avons pu voir, ont bénéficié à très peu
d’éditeurs indépendants, lesquels ont été dissuadés par la crainte de ne pas pouvoir
rembourser et la réaction des banquiers.
Quant à notre revendication concernant les tarifs postaux, nous pouvons dire qu’elle a
grandi et est devenue générale dans la profession.
Mais la réponse de l’État n’est pas du tout à la hauteur.
La mesure de prise en charge des frais d’envois des libraires, outre le fait qu’elle n’a
concerné que les libraires, décidée en fin de confinement, n’a pas été suivie d’effets. On
est là dans le registre habituel des effets d’annonce…
Pour notre part, nous avions commencé à discuter, assez positivement, avec le cabinet
de l’ancien ministre de la culture Franck Riester, qui semblait prendre le dossier au
sérieux. Par contre, nous devons dire que le contact que nous avons eu avec l’équipe de
la nouvelle ministre, Roselyne Bachelot, s’est avéré tout à fait décevant et même
honteux. Nous avons eu affaire à des interlocutrices mandatées pour nous parler qui
semblaient tout ignorer non seulement du sujet mais même de l’existence de notre
association qui est pourtant la plus ancienne et – de loin – la plus représentative des
éditeurs indépendants. Nous avons même eu le sentiment d’une volonté de nous
minorer.
Il est vrai que malgré nos souhaits nous n’avons pas encore réussi à fédérer les autres
associations pour mener une action commune sur ce sujet. Ce, malgré nos appels répétés
et malgré le fait que plusieurs se soient déclarés favorables à cette coopération…
Enfin, nous venons de recevoir une lettre du ministère de l’économie suite à nos
interventions en direction de Bruno Le Maire.
La réponse de son collaborateur nous explique que pour l’essentiel ce qu’ils ont fait est
bien et devrait répondre à notre attente. (Tarif Fréquenceo pour les services de presse,
tarif-lettre en dessous de 3 cm, possibilité de se regrouper pour négocier avec la Poste…
ce qui est en fait une prime aux gros… ) mais il laisse ouverte une petite porte à la
réflexion pour « rétablir un cadre concurrentiel équitable au sein de la chaîne du livre ».
Façon discrète de dire la chose…


Comme l’a fait remarquer une amie éditrice au cours de notre discussion, par le
biais d’inégalités flagrantes dans les coûts d’expédition du livre (qui sont liés à la
capacité ou non de négociation commerciale avec La Poste), c’est la loi sur le prix
unique du livre qui est remise en cause !

Conférences au premier étage

Conférences au premier étage
Vendredi 26
11:00 – 13:00 13:00 – 15:00 15:00 – 17:00 17:00-18:00 18:00 – 20:00
 
 
L'amour des Maux
Rosa Canina
Qupé éditions

 

Samedi 27
11:00 – 13:00
13:00 – 15:00
15:00 – 17:00
17:00 – 19:00
La nage de l'ourse
5 Sens Editions
Éditons Bleu autour
Sylphe Rouge

 

Dimanche 28
11:00 – 13:00
13:00 – 15:00
15:00 – 17:00
17:00 – 19:00
Éditions du Jasmin
Petit Pavé
Atelier de l'agneau
Une heure en été

 

Planning des signatures sur le stand commun

Planning des signatures sur la table collective
11:00 – 12:30
12:30 – 14:00
14:00 – 15:30
15:30 – 17:00
17:00 – 18:30
18:30 – 20:00
Vendredi 26
         
   
Nouvelle Marge
Sabot Rouge
Joshua Lenoir
Rosa canina
Samedi 27
         

Sylphe Rouge

Éditions du Lau

L'ArTbitraire

Souffles Littéraires
5 sens éditions
Le Chant des Voyelles
Dimanche 28
         
Racine et Icare
Crise et Tentation
Éditions du Hamster
Une heure en été
Fougue-éditions
19:00 Fermeture du Salon

Rémi Huppert

Dimanche 11 juin, avec Rémi Huppert et les éditions du Petit Pavé

pour la sortie du roman

Lettre à Moïse

Itinéraire contourné d'un juif de Hongrie

Le public était bien là - encore masqué, mais heureux de retrouver l'Espace et ses éditeurs indépendants.

Wallada

DANSE AVEC LA VIE - Jeudi 3 juin, 17h30 : « Le dégel », soirée festive de fanFan et douze artistes partageant ce qu'ils ont créé depuis un an. Venez nous rejoindre à L'Espace de l'Autre Livre  à 17h30, 13 rue de l'Ecole Polytechnique, M° Maubert. Créer, c'est danser avec la vie, encore et toujours ! Même sous le masque !

Le Petit Pavé revient à l'Espace de l'autre Livre !

Le Petit Pavé et Rémi Huppert vous invitent à les rejoindre

le dimanche 13 juin, à partir de 15 heures

pour la sortie du roman

Lettre à Moïse

Itinéraire contourné d'un juif de Hongrie

Annulation salon de printemps 2021

Annulation du salon de printemps 2021

 

A TOUS LES ADHÉRENTS DE L’AUTRE LIVRE

 

Nous avons le regret d’annoncer, de nouveau et pour la troisième fois, le report de notre salon, qui devait se tenir les 5, 6 et 7 mars prochains à la Halle des Blancs Manteaux, à Paris.

Force nous est de constater que les conditions ne sont pas réunies pour que ce salon puisse avoir lieu : sans parler d’un probable reconfinement, abondamment préparé par les medias et les organes d’information publics, les conditions qui nous sont imposées suffiraient à vouer à l’échec notre manifestation : jauge portée à 90 personnes pour les 900 m2 de la Halle, marquage au sol et sens giratoire imposé, couvre-feu à 18 h et possible fermeture le week-end… C’en est trop : nous renonçons et attendrons des jours meilleurs.

Naturellement, notre Association souffre de cet état de fait : depuis maintenant un an et demi nos frais s’accumulent (secrétariat, salaire du permanent, frais de stockage et de gestion, loyer du local de l’autre Livre)… alors que les subventions se tarissent et que les seules cotisations des membres de l’association sont évidemment insuffisantes pour que nous puissions continuer comme si nos trois derniers salons n’avaient pas été annulés.

Nous vous invitons donc à reporter votre participation sur le prochain salon de l’autre Livre, qui aura lieu — car il faudra bien qu’un jour la situation sanitaire s’améliore — à l’automne.  Si vous le souhaitez, vous pourrez être remboursés, à hauteur de 70% de votre engagement ; mais dans ce cas vous ne serez plus prioritaires pour le salon d’automne. Vous recevrez prochainement un courriel qui vous invitera à faire connaître votre choix.

Le comptoir de vente de l’Espace de l’autre Livre reste, pour l’instant, opérationnel. Rappelons que, du fait des abonnements au comptoir (mise à disposition des lieux et comptoir proprement dit), ce local ne pèse pas sur nos finances. Nous serons en revanche amenés à nous séparer de notre permanent, car nous ne pouvons plus assurer un salaire à plein temps. Nous sommes à la recherche de solutions alternatives, et nous les trouverons, pour maintenir cette activité.

Croyez bien, chers adhérents, que ce n’est pas de gaîté de cœur que nous réduisons ainsi la voilure. L’essentiel reste, pour nous tous, de sauvegarder l’outil associatif, pour qu’il puisse continuer de donner de la visibilité à l’édition indépendante, et à faire entendre nos justes revendications à ceux qui nous gouvernent. 

Le Bureau de l’autre Livre

l’autre SALON - mars 2021

 

L’AUTRE SALON DU LIVRE

du vendredi 5 mars au dimanche 7 mars 2021

Halle des Blancs Manteaux, Paris 4e

 

Quatrième édition de l’autre SALON de printemps — mais cette fois, comme à l’automne, à la Halle des Blancs Manteaux — qui n’a pu accueillir le salon de l’autre Livre en novembre 2020, du fait de la crise sanitaire. Ce quatrième salon de printemps sera celui de la résilience, à la morosité des temps, à la crise qui frappe, durement, le monde de la culture

Cette année lecteurs et éditeurs se retrouveront, évidemment, avec une émotion rendue plus intense par une aussi longue séparation : la crise sanitaire a mis a mal tout le secteur de la culture dans notre pays, et dans le monde. Tous les rendez-vous auxquels l’on s’était habitué, salons du Livre, rencontres, expositions, théâtre, cinéma, concerts, tout ou presque a été annulé, ou reporté. D’où l’attente, et le désir de nous retrouver enfin. Un désir exacerbé par l’attente... Paris sera de nouveau bientôt une fête ; et le salon de Printemps à la Halle des Blancs Manteaux ce sera celle du Livre, et de ceux qui trouvent encore en lui des raisons de vivre, de s’émerveiller, de réfléchir, de mieux comprendre ce qui nous entoure et parfois nous assaille.

Trois jours, donc, pour prendre le temps de découvrir le travail des 150 éditeurs venus d’un peu partout, de France, de Belgique, de Suisse, parmi lesquels diverses maisons déjà bien établies, Bleu Autour, Bruno Doucey, Claire Paulhan, Isabelle Sauvage, LansKine, Le Chemin de fer ou encore Serge Safran... et de tout jeunes éditeurs, intéressants à plus d’un titre, brillants parfois, porteurs de la toute nouvelle vague littéraire, celle qui invente d’autres formes, d’autres styles, d’autres écritures, et qui a si peu accès aux flonflons de «la grande librairie».

Ici, pas de racolage sur la promesse d’une dédicace par une tête d’affiche « vue à la télé » ou« entendue à la radio », mais de vraies rencontres, avec des professionnels qui osent : qui osent la poésie ; qui osent les talents inconnus ; qui osent les livres-objets, les livres d’artiste, les titres oubliés ; qui osent même la littérature, celle qui emporte ou fait réfléchir ; qui osent par conviction, et qui prennent des risques par conséquent. Et même celui de déplaire : en demandant par exemple aux pouvoirs publics de remettre le livre au centre des politiques culturelles. Car il en va de la maîtrise partagée de la langue. Un peuple privé de sa langue est un peuple dépossédé et aliéné. Or la maîtrise de la langue est liée à la diffusion de la lecture : c’est, aussi, une question de démocratie.

Nous plaidons donc pour la mise en place d’un plan global pour la filière livre ; nous avons publié ce plan, et l’avons transmis aux responsables publics — qui n’en ont rien fait. Il faut remettre à plat les tarifs postaux pour la diffusion du livre ; mais aussi les relations commerciales avec les libraires et les grandes enseignes, et la distribution - diffusion du livre. En garantissant notamment le pluralisme dans les médias : nous sommes 3000 éditeurs en France, et l’on ne voit guère que six ou sept d’entre eux passer à la télévision. L’autre Livre est là, aussi, pour montrer que «les obscurs, les sans grade» valent bien souvent les têtes de gondole. Du haut de cette halle, 150 éditeurs vous attendent ! Lecteurs, lectrices, venez les rejoindre !

 

l’autre salon du LIVRE

du 5 au 7 mars 2021 — entrée libre

Métro : Saint-Paul, ou Hôtel-de-Ville

Vendredi 14 h — 20 h

Samedi 11 h — 20 h

Dimanche 11 h — 19 h

 

Inauguration le vendredi 5, à 18 h 30 Halle des Blancs Manteaux — 48, rue Vieille-du-Temple, Paris 4e.

Pour une tarification postale équitable en faveur du livre

Pour une tarification postale équitable en faveur du livre

 

Dans un entretien qu’elle a donné à la chaîne LCI, le 2 novembre, Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la culture a déclaré :« Nous avons obtenu que les tarifs postaux des libraires soient considérablement diminués. C’est très attendu et très demandé ». Cette annonce répond à une action que l’association l’autreLIVRE mène depuis maintenant quinze ans (voir les États générauxrevendications de l’autre LIVRE pour l’édition indépendante, publiés sur le site de l’association dès 2005), en recherchant toujours l’union la plus large de tous les acteurs de la chaîne du livre : éditeurs, libraires, distributeurs et particuliers.

 

Malheureusement, alors que sont maintenant indiquées les modalités de cette mesure, les craintes que nous avions au moment de son annonce se révèlent fondées : le ministre de l’Économie, M. Bruno Le Maire, qui nous avait dit partager l’objectif énoncé, en a précisé les termes. C’est l’État, c’est-à-dire la puissance publique, qui va prendre à sa charge l’essentiel du coût des envois des libraires, pendant la période du confinement.

Cette mesure, contre toute logique, est donc définie comme temporaire et liée au confinement. Les acteurs indépendants du livre, est-il besoin de le rappeler, suffoquent pourtant sous le poids des tarifs d’envoi depuis plus de quinze ans, et le problème s’aggrave encore avec la montée du prix du timbre (10% par an depuis 2018).

Ce problème, comme nous l’indiquons, n’a rien de conjoncturel, même s’il est particulièrement sensible pendant la crise sanitaire, où tous les acteurs du domaine, libraires, éditeurs, distributeurs, auteurs, et même particuliers sont contraints d’agir par correspondance.

Si le gouvernement veut relancer le secteur du livre, il doit le faire de façon durable. 

 

Deuxièmement, nous apprenons que cette aide est réservée uniquement aux libraires. Or les éditeurs, qui envoient leurs services de presse, les auteurs, les distributeurs et les particuliers font également les frais des tarifs postaux exorbitants et parfois dissuasifs pour l’envoi d’un livre, et cette restriction ne fait pas sens. 

Pour une véritable équité, efficacité et simplicité au sein de la chaîne du livre, c’est la circulation de l’objet-livre qui devrait être favorisée, et pas l’un de ses acteurs. 

Des tarifs préférentiels s’appliquent dans le domaine de la presse, ils s’appliquent pour les envois de livres à l’étranger. Quel est le sens de cette distinction ? Pour défendre le livre et la culture, nous réclamons un tarif « livre » pour la France, universel, permettant à tous les professionnels ainsi qu’aux particuliers de faire mieux vivre le secteur du livre. 

 

Francis Combes

Président de l’autre LIVRE

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