l'autre LIVRE

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L’édition grippée

Source : Libr-critique

 

On a entendu à gauche et à droite que la présente époque de confinement des citoyens chez eux serait favorable à la lecture et à la publication de nouveaux livres, puisqu’il n’y a presque plus d’autre loisir. Pour la lecture, c’est à peu près certain ; mais quelles seront-elles ? On achète sur Internet essentiellement des livres de noms déjà faits : Stendhal, Pasolini, Badiou, etc. ; Haroldo de Campos, pour les plus aventureux ; La Peste de Camus, pour ceux qui aiment à se faire peur (et comparer à la Peste noire, sans aucune pudeur morale ni intellectuelle, ce qui ne se peut raisonnablement comparer qu’aux grippes « asiatiques » de 1957 et 1968…). La vente en ligne de littérature de recherche ? On a déjà testé : ce sont une dizaine d’exemplaires qui partent, au mieux… De plus, très peu de bureaux de Poste sont encore ouverts, idem pour les Carrés entreprise de l’ancienne entreprise glorieuse du Service public ; les Carrefour Markets et autres Mark’s and Spencer ayant été considérés comme plus essentiels à la survie de la Nation que les envois postaux !… Cela devient très compliqué, par exemple, d’envoyer des revues ou des exemplaires de presse de livres à tarif non rédhibitoire. De plus, les rédactions des journaux et revues littéraires sur papier sont fermées : les envois de presse depuis la semaine dernière ne vont pas circuler du tout ; et pire : s’accumuler sur et sous les bureaux des dites rédactions…

Enfin, si on tend un peu l’oreille, outre que toutes les librairies physiques de France sont fermées pour quelques semaines, sacrifiant ainsi à peu près tous les offices de mars, on apprend que la plupart des gros et très gros éditeurs ont repoussé leurs sorties de mars et avril à mai, au plus tôt ; ce qui créera un immense embouteillage de sorties à cette époque. Maintenir les programmes de mai pour l’édition de recherche et de poésie, qui se surajouterait à ce déferlement de poids lourds me semble très risqué. Ajoutons à cela que le dépôt légal des livres et des revues est suspendu en France jusqu’à nouvel avis, ce qui est peut-être même inédit dans notre pays… Dilicom, Électre et Prisme sont fermés. En clair, on ne délivre même plus de nouveaux codes ISBN ou ISSN : une revue littéraire ne peut pas se créer en ce moment en France, pour une durée indéterminée ! Outre le nouveau contrôle biopolitique des corps au niveau mondial (sauf en Angleterre ?…), qu’on peut quand même discuter, vient de s’y surajouter carrément un gel des créations de l’esprit (sauf à tomber dans l’hyper-marginalité). Évidemment, on espère tous que ceci devrait ne pas durer trop longtemps… Trois semaines ? Deux ? Mais si c’est quatre ? Ou cinq ? Comment envoyer à l’imprimerie pour la prépresse un livre fin mars, en période de fermeture totale du dépôt légal ? Cela nous semble beaucoup trop risqué, et Tinbad a choisi de reporter son programme de mai à octobre, après la vague des inévitables premiers romans qui commence 3e quinzaine d’août, désormais. Il nous semblerait vraiment plus raisonnable de décaler toute la production culturelle (tant pis : XX mois auront été perdus, mais pour essayer de repartir sur un rythme normal), plutôt que de suicider YY soldats-des-lettres (mais c’est la même chose pour le cinéma, et pour le théâtre… où on annonce déjà une probable annulation du Festival de Cannes…) sur un front saturé et casse-gueule d’avance.

Guillaume Basquin

 

 

L’heure du livre

 

Les mesures prises pour tenter de juguler l’épidémie de coronavirus (et dont nous ne pouvons qu’espérer qu’elles soient efficaces) ont de nombreuses conséquences sur la vie quotidienne, la vie sociale, la vie économique et culturelle.

Alors que nous sommes incités à rester confinés chez nous, nous voulons lancer un appel à faire que ce repli obligé puisse être transformé en moment de culture et de plaisir. Ne nous laissons évidemment pas aller à la peur. Ne vivons pas seulement au jour le jour, sous l’injonction des chiffres de victimes et de l’information en continu. Ne restons pas cloîtrés chez nous sous l’emprise de la télévision et des écrans…

Essayons d’en profiter pour prendre un peu de recul, pour penser et imaginer. Profitons-en pour retrouver le temps de lire, ce temps si précieux qui nous manque si souvent… Rêvons que beaucoup de nos concitoyens retrouvent dans ces circonstances et parfois même découvrent le beau plaisir de lire.

L’annulation de nombreux événements culturels, (par exemple du Printemps des poètes) ; l’annulation des salons, (comme Livre Paris et l’autre SALON que nous organisons et qui réunit de nombreux éditeurs indépendants), la décision unilatérale qui vient d’être prise par le gouvernement de fermer les librairies (car elles ne seraient pas des commerces de première nécessité) ne sont évidemment pas favorables au livre.

Or le livre est un bien de première nécessité culturelle. Dans une situation comme celle que nos vivons, nous avons bien besoin de cette nourriture spirituelle.

Au moment même où nous aurions grand besoin de ces amis précieux que peuvent être les livres, la diffusion du livre risque de se trouver quasiment arrêtée.

Cela va mettre en grande difficulté de nombreux libraires, mais aussi beaucoup d’éditeurs, notamment de petits éditeurs et des éditeurs indépendants.

Les mesures annoncées en matière de report des charges ou de chômage partiel (qui peuvent être importantes pour certaines entreprises) concernent très peu la plupart de nos maisons d’édition.

Va-t-on voir les géants du commerce en ligne, comme Amazon, tirer avantage de cette situation pour asseoir leur domination ?

Or, des distributeurs professionnels du livre, des libraires et aussi des éditeurs tentent aussi d’entretenir des liens avec les lecteurs par les moyens d’Internet, de leurs sites et des réseaux sociaux. Ils développent comme ils le peuvent des formes de vente par correspondance qui peuvent s’avérer essentielles aujourd’hui.

Dans ces conditions le gouvernement serait bien inspiré de répondre positivement à la revendication de notre association qui réclame depuis longtemps l’adoption d’un tarif postal préférentiel pour le livre, comparable à ce qui a été mis en place pour la presse après la Libération.

Et espérons que nous pourrons, aussi rapidement que possible, renouer avec la joie de nous rencontrer à nouveau, autour des livres, à l’occasion des vraies rencontres humaines, conviviales et vivantes.

 

Francis Combes
Président de l’autre LIVRE

www.lautrelivre.fr

 

FERMETURE EXCEPTIONNELLE DE L'ESPACE ASSOCIATIF

 

Conformément aux consignes gouvernementales visant les « commerces non essentiels » – et tout le monde sait que la lecture qui distrait, détend, nourrit l'esprit et ouvre les yeux sur le monde n'a rien d'essentiel... – l'espace associatif l'autre LIVRE est fermé jusqu'à nouvel ordre.

Les événements prévus prochainement sont annulés et/ou suspendus en attendant des jours meilleurs.

Il en va de même pour le comptoir de vente, les librairies étant fermées.

 

Femmes d’Argentine

 

 

Livre-Hebdo, le 11.03.2020

Autour de la discussion de la loi sur l’IVG, Femmes d’Argentine suit la mobilisation des féministes du pays pour rendre l’avortement légal, alors qu’une femme meurt chaque semaine des suites d’une opération clandestine. Dans Qui a peur d’Annie Ernaux? (Lunatique, 2019), Jérôme Deneubourg raconte l'avortement clandestin subi en 2016 par Victoria, son ex-compagne, alors que cette pratique peut-être sanctionnée d’une peine de prison.

 

Des notes de lecture pour du Dessert de Lune

Un bouquet de récentes notes de lecture à propos des parutions d'octobre 2019 des Carnets du Dessert de Lune:

Qui va avec Ailes de Luce Guilbaud

Vi(e)s patinées de Jean-Claude Martin et Claudine Goux

Le violon pisse derechef sur son powète d'Eric Dejaeger et André Stas

C'est à télécharger et à lire sur ces liens.

https://www.dessertdelune.be/uploads/5/0/3/5/5035279/presse_qui_va_avec_ailes.pdf

https://www.dessertdelune.be/uploads/5/0/3/5/5035279/presses_pour_vies_patine%CC%81es.pdf

https://www.dessertdelune.be/uploads/5/0/3/5/5035279/presse_pour_le_violon_pisse_derechef.pdf

Pour les acquérir, c'est sur : https://www.dessertdelune.be/store/c405/Nouveaut%C3%A9s.html ou les demander en librairie.

Tahar Bekri, Prix de l’Académie 2019 pour le rayonnement de la langue française

Tahar Bekri, Prix de l’Académie 2019 pour le rayonnement de la langue française

Le prix du rayonnement de la langue française décerné par l’Académie a été remis au poète tunisien Tahar Bekri le 12 décembre 2019 sous la Coupole. Al Manar s’honore de publier d'aussi talentueux auteurs, ouverts sur le monde et la modernité.

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