l'autre LIVRE

Luba JURGENSON

Mémoire multidimenstionnelle. Repenser l'Holocauste à l'aune de la décolonisation

Mémoire multidimenstionnelle. Repenser l'Holocauste à l'aune de la décolonisation

de Michael ROTHBERG

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 07/01/2018 | 27,00 €

Mémoire multidirectionnelle constitue un tournant à la fois dans le travail de Michael Rothberg et dans la  façon de concevoir les mémoires plurielles : en dépit des instrumentalisations politiques dont celles-ci peuvent faire l’objet et de leur caractère parfois antagoniste, il s’agit de les considérer non plus seulement dans leur dimension de conflit ou de concurrence, mais à travers les dialogues, les interférences et les imbrications qui se tissent entre elles en réponse aux événements du présent. Le concept dynamique de mémoire multidirectionnelle apporte un éclairage nouveau sur la relation entre mémoire et histoire d’une part, mémoire et identité de l’autre, en retraçant les voies complexes, souvent détournées, que suivent les héritages des événements traumatiques pour se construire dans l’espace public. Mémoire multidirectionnelle fournit également de nouveaux outils pour penser le lien entre mémoires individuelle et collective et propose de nouveaux cadres conceptuels pour éclairer la postérité des violences de masse et construire une épistémologie de la mémoire.

Une histoire sans traces? Le patrimoine matériel russe et la culture mémorielle actuelle

Une histoire sans traces? Le patrimoine matériel russe et la culture mémorielle actuelle

de Eva BERARD & Luba JURGENSON

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 19/08/2017 | 25,00 €

Pour penser la dimension mémorielle de l’imaginaire spatial et de l’appropriation symbolique de l’espace, cet ouvrage interroge les traces – urbaines, muséales ou paysagères – d’un passé partagé visible ou caché, assumé ou refoulé. Alors que l’espace russe présente un intérêt tout particulier pour l’étude des rapports entre patrimoine, histoire et mémoire, il fait figure de parent pauvre dans la vaste bibliographie internationale consacrée à la mémoire architecturale et muséale. Ce recueil vise, parmi d’autres objectifs, à replacer la question du patrimoine matériel russe dans le paysage culturel européen.
Il était convenu, au XIXe siècle d’opposer la « jeune » Russie à la « vieille Europe ». Aujourd’hui, la Russie revendique fort son riche passé, mais est-elle prête à en prendre soin et à faire des sacrifices pour le conserver ?
Au cours des soixante-dix ans de son histoire, l’Union soviétique a été le terrain d’une modernisation industrielle et urbaine à pas forcé et d’une rupture radicale avec le passé pré-révolutionnaire. La destruction massive de l’héritage matériel et spirituel s’est poursuivie durant des décennies. La postérité de cette disruption oeuvre encore aujourd’hui dans l’imaginaire social et spatial, modèle le visage des villes et joue dans les politiques patrimoniales. A côté des contributions historiques sur l’histoire du patrimoine architectural au XIXe siècle, le recueil présente des études sociologiques et ethnologiques sur les pratiques mémorielles de la société russe de nos jours et des études sur ce pan fondamental de l’histoire russe que représente « l’archipel du Goulag ». La mémoire matérielle du Goulag – ses traces – est mise en relation avec les pratiques de mémorialisation des violences dans le monde.

5 cahiers photo couleur

Paris, lumières étrangères

Paris, lumières étrangères

de COLLECTIF

Les ancres contemporaines (MAGELLAN & CIE) | Paru le 26/03/2017 | 19,50 €

Vingt écrivains venus d'ailleurs (ils sont nés en Afrique, au Liban, au Chili, à Cuba, en Europe de l'Est, en Russie, en Iran, en Inde, au Japon, en Haïti, à l'île Maurice, en Turquie...) proposent ici un récit où Paris joue le rôle principal. Il y a des textes émouvants, des témoignages, des impressions, il y a la vie et la charge symbolique, des références et des quartiers, il y a aussi beaucoup d'amour. Plusieurs expriment le pouvoir d'attraction mythique qu'exerce encore la capitale. Bien sûr, « Paris est une fête ». Paris est aussi une ville monde en perpétuelle métamorphose, pas seulement un musée où l'on croit reconnaître des personnages de roman à tous les coins de rue. Fallait-il donc ces « lumières étrangères » pour donner aux Français, et aux Parisiens en particulier, une image du désir qu'éveille toujours l'une des plus belles villes du monde, par-delà le temps et les frontières ? Cette leçon de tolérance à rebours mérite que le lecteur s'y arrête pour en apprécier la profondeur, l'énergie, et remercier l'étranger de sa confiance.

Temoigner par l'Image

Temoigner par l'Image

de Paul BERNARD-NOURAUD & Luba JURGENSON

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 27/10/2015 | 27,00 €

Les violences de masse du XXe siècle ont donné lieu à un immense corpus d'images. Peintures, dessins, récits graphiques, objets peints : images testimoniales, mémorielles, documentaires et artistiques, réalisées dans des camps et lieux de réclusion clandestinement ou sous contrainte, ou de mémoire après-coup: face aux régimes génocidaires ou répressifs, l'image constitue un espace essentiel d'élaboration des événements extrêmes ainsi que de transmission de vécus traumatiques ou de données documentaires. À la fois, donc, lieu de construction de l'événement et de soi, mais aussi archive historique, cette production visuelle n'a été à ce jour que peu étudiée de manière spécifique en comparaison avec les recherches consacrées au témoignage littéraire.
Né du constat de cette carence, le présent recueil constitue un premier pas pour une réflexion pluridisciplinaire sur ce corpus polymorphe. Il s'agit de cerner les différentes façons de témoigner par l'image, mais aussi de soustraire cette interrogation - sans perdre de vue le problème du statut des œuvres - à la seule emprise du testimonial pour donner une place à la complexité des démarches artistiques et des contextes.
Ces huit contributions explorent des images portant sur la Shoah, le Goulag et l'institution psychiatrique soviétique, le génocide des Tustsi au Rwanda et celui perpétré par les Khmers rouges au Cambodge, la dictature argentine.

 

Paul Bernard-Nouraud est doctorant en théorie et histoire de l'art au sein du Centre de Recherche sur les Arts et le Langage (CRAL, EHESS) et à Paris IV, auteur, entre autres, d'un essai sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès ("Les Ombres solitaires", 2012) et d'un essai sur la figure du "musulman" dans les camps de concentration nazis ("Figurer l'autre", 2013).

Luba Jurgenson est maître de conférences à Paris IV (Eur'ORBEMICRAL). Elle a publié notamment "L'Expérience concentrationnaire est-elle dicible?" (2003), "Création et tyrannie" (2009) et, en collaboration, "Le Goulag en héritage, pour une anthropologie de la trace" (2009), "Des témoins aux héritiers, la Shoah et la culture européenne" (2012), "Le Tourisme mémoriel en Europe centrale et orientale" (2013).

 

Le tourisme mémoriel en Europe centrale et orientale

Le tourisme mémoriel en Europe centrale et orientale

de Delphine BECHTEL & Luba JURGENSON

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 29/11/2013 | 28,00 €

 

Le XXe siècle a connu des violences extrêmes, de la Shoah aux purifications ethniques et aux déplacements forcés de populations entières. La carte de l’Europe et de ses populations a subi une recomposition drastique durant et après la Seconde Guerre mondiale.

Après 1989, avec l’ouverture des frontières, est apparu un tourisme nostalgique et mémoriel : le retour des expulsés sur les lieux perdus de leur enfance, mais aussi celui de survivants ou de victimes de persécutions qui reviennent sur les lieux du désastre et des violences commises par ou dans le sillage des régimes totalitaires.

Ce tourisme de la mémoire, parfois nommé aussi « tourisme noir », se dirige d’une part vers les lieux de la destruction (Auschwitz, Treblinka) ou de la répression (des prisons, des camps d’internement), mais aussi vers les villes ou les localités où l’histoire familiale s’est cassée. Les « touristes du souvenir » recherchent les traces non pas d’une enfance heureuse, mais au contraire, d’une brisure, d’un traumatisme, d’une mémoire qui hante leur présent et qu’ils cherchent à exorciser. Ils cherchent à reconstituer une partie d’une histoire familiale ou individuelle perdue, parfois sur plusieurs générations. La quête de cette mémoire meurtrie est souvent devenue un élément constitutif de l’identité en Europe centrale et orientale après 1989.

 

Delphine Bechtel est maître de conférences HDR à l’Université Paris-Sorbonne. Elle est spécialiste des cultures allemande, yiddish et centre-européennes. Elle a notamment publié La Renaissance culturelle juive en Europe centrale et orientale 1897-1930 et codirigé un volume sur Les villes multiculturelles en Europe centrale, tous deux parus chez Belin.

Luba Jurgenson est maître de conférences HDR à l’Université Paris-Sorbonne. Elle est spécialiste de la représentation des violences extrêmes du XXe siècle. Elle a notamment publié Création et Tyrannie URSS / 1917-1991 aux Éditions Sulliver et a codirigé le volume Des témoins aux héritiers. L’écriture de la Shoah et la culture européenne, aux Editions Petra.

 

 

Des témoins aux héritiers, l'écriture de la Shoah et la culture européenne

Des témoins aux héritiers, l'écriture de la Shoah et la culture européenne

de Luba JURGENSON & Alexandre PRSTOJEVIC

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 01/05/2012 | 29,00 €

Ce recueil regroupant les contributions de seize chercheurs est une tentative de penser l'écriture de la shoah dans son historicité, à la fois comme événement objectivement survenu dans le passé, expérience personnelle de celui qui y a pris part, récit que la science en fait et mémoire qui modèle la culture dans laquelle cette transmission s'inscrit. L'axe principal d'interrogation est celui du rapport entre l'événement survenu, sa mise en récit (historiographique, testimoniale, littéraire) et la culture. À partir des oeuvres portant sur l'extermination des Juifs d'Europe perpétrée pendant la Seconde Guerre mondiale, des spécialistes venant d'horizons divers – historiographie, littérature, mais aussi sociologie, esthétique, philosophie, histoire de l'art – tentent de saisir dans un dialogue interdisciplinaire la logique des rapports complexes entre plusieurs formes de connaissance et de transmission de la Shoah. Il s'agit ici de rendre compte non plus des conditions qui ont rendu possible un tel événement, mais de la manière dont il est vécu, puis narrativisé, ainsi que du cadre même de son émergence. Comment une expérience historique (celle du témoin, du survivant) aboutit-elle à une connaissance partagée par tous? Quelle en est la "gestion" symbolique pratiquée par nos institutions? Enfin, comment une expérience historique devient-elle, pour le lecteur aussi une expérience artistique? Quand et comment s'opère le passage du dire testimonial à un récit clairement formé à partir d'un projet poétique? Quelles conséquences ce passage a pour la connaissance de la Shoah? Enfin, peut-on parler d'une poétique des récits de la Shoah?

Le Goulag en héritage : Pour une anthropologie de la trace

Le Goulag en héritage : Pour une anthropologie de la trace

de Elisabeth ANSTETT & Luba JURGENSON

Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement (PÉTRA) | Paru le 01/01/2009 | 24,00 €

Contributions de :
Elisabeth Anstett, Pavel Chinsky, Elena Jemkova, Luba Jurgenson, Nadine Marie-Schwartzenberg, Hélène Ménégaldo, Ivan Panikarov, Geneviève Piron, Arseni Roguinski, Leona Toker, Nicolas Werth



L'objectif de cet ouvrage est de s'intéresser aux traces matérielles et symboliques du Goulag, à ces traces qui ont façonné, affecté ou influencé les façons de dire et de faire la mémoire des camps, de réfléchir à leurs formes, leur nature et leurs implications.
Nous avons choisi de nous arrêter sur la question de la trace, dans la mesure où elle présente une pertinence toute particulière dans le contexte contemporain des recherches réalisées par les sciences politiques, le droit, la littérature ou l'anthropologie sur les violences de masse du XXe sicle, bien au-delà du seul exemple soviétique.
Car ce collectif ne souhaite pas seulement procéder à un premier inventaire des traces qu'a laissées le Goulag, il propose aussi de s'engager dans une réflexion commune sur les problèmes méthodologiques que pose un tel objet et les perspectives qu'il fait naître.

Etre Hieronymus Bosch

Etre Hieronymus Bosch

de Anatoli KOROLIOV

CALMANN-LÉVY (CALMANN-LÉVY) | Paru le 16/01/2008 | 18,00 €

Il y a trente ans, le jeune lieutenant Anatoli Koroliov - le héros de ce roman - fut envoyé comme juge d'instruction au bataillon disciplinaire de Bichkil, dans l'Oural, où il passa deux ans.

Ni dissident ni tortionnaire, le lieutenant Koroliov est un observateur " décalé " de la violence. Pour survivre dans cet univers de force brute et absurde, il écrit, la nuit, un " roman chimère, nuée d'orage gothique " sur le peintre Hieronymus Bosch, dont nous ne connaissons à peu près rien. Le souvenir est mêlé à la fiction, le grotesque se met au service du témoignage, le mystère médiéval fait place à l'autobiographie...

Les voix s'entrelacent au fil du récit : Bosch, ses proches, ses biographes, ses disciples, Koroliov, ses supérieurs... Le tout formant un labyrinthe où l'humour sert de fil d'Ariane. Comment survivre dans un univers où règnent la brutalité, l'absurde, la dégradation de l'humain ? L'art sauve-t-il, ou précipite-t-il la fin ? Le lieutenant Koroliov finit par être libéré. Mais l'est-il vraiment ?

Anatoli Koroliov est né en 1946 en Sibérie.

Auteur de nombreux romans, de pièces de théâtre et d'essais littéraires, il est considéré par la critique comme l'un des représentants de la littérature postmoderne. La Tête de Gogol, son premier roman traduit en français, a été publié en 2005 aux éditions Calmann-Lévy. Il a reçu en Italie le prix Penne, après Umberto Eco.

Des gens désenchantés

Des gens désenchantés

de Panteleïmon ROMANOV

Lettres d'ailleurs (GINKGO) | Paru le 01/06/2006 | 15,00 €

Ces nouvelles forment la suite naturelle du premier recueil Des gens sans importance qui nous avait fait découvrir une œuvre fondée sur l’observation tendre et subtile de personnages modestes. Pas des héros, pas encore des victimes, qui vont se trouver confrontés à une réalité où l’absurde se transforme peu à peu en oppression rampante, puis en terreur.
Panteléïmon Romanov (1884-1938) est né dans la famille d’un petit employé à Patrovskoïe (village russe proche de la ville de Toula). Après des études de droit, il s’installe à Moscou en 1919 et se consacre à l’écriture. Très vite reconnu comme l’un des écrivains les plus talentueux de sa génération, il fut, dans les années 1930, victime de la censure qui n’appréciait ni l’ironie de ses écrits ni sa lucidité de Cassandre.