l'autre LIVRE

Saïd MOHAMED

Le Cafard hérétique n° 10

Le Cafard hérétique n° 10

de COLLECTIF

Revue (LUNATIQUE) | Paru le 16/03/2018 | 15,00 €

Ce numéro s’est élaboré sur la base d’une sélection de tableaux de Gilles Ascaso et de Saïd Mohamed. Mêlant, avec la désinvolture qui lui est désormais coutumière, genres littéraires, thèmes et écritures, Le Cafard hérétique partage ses pages entre talents confirmés – qu’il lui plaît de suivre et d’encourager – et voix nouvelles, grinçantes ou graciles.

Le Cafard hérétique n°10 ne déroge pas à la règle : couleur (peinture), saveur (écriture)... que du bonheur (lecture) !

Monsieur Ernesto

Monsieur Ernesto

de Saïd MOHAMED

36e Deux Sous (LUNATIQUE) | Paru le 04/07/2015 | 5,00 €

« Monsieur Ernesto », baptisé ainsi par les habitués de Chez Nicole, eu égard au béret enfoncé jusqu’aux oreilles qu’il portait en permanence et à son art de tout contester. Longtemps il a réclamé le « monsieur » devant son pseudonyme. Quand un voisin de bar le hélait d’un « Ernesto, viens boire un coup », il corrigeait : « Non, Ernesto ne veut pas boire un coup... Mais, monsieur Ernesto accepte volontiers qu’on l’invite à déguster un verre de grand cru. »

Le vin des crapauds

Le vin des crapauds

de Saïd MOHAMED

Pièces Montées (LES CARNETS DU DESSERT DE LUNE) | Paru le 06/03/2017 | 18,00 €

Le livre : Pas dit qu’on en boirait de ce vin là, mais on a bien envie d’en savoir plus, alors on ouvre la bouteille… Et d’entrée, c’est l’uppercut, un relent d’enfance qui marche au pas et de pourriture tranquille… Et on sait très vite que oui, nous allons boire tout notre saoul, parce que voici venu l’heure du néant, et Saïd Mohamed en dix lignes nous crache le portrait du monde et ses victoires qui ne sont que défaites/Des noces d’étreintes de sang et de merde.

Un uppercut crescendo, et on n’en sort pas indemne.

Le vin des crapauds a vieilli pendant 21 ans dans la cave du poète, et il a le goût acide d’un mauvais vin nouveau, sans doute parce que le malheur, la violence, la bêtise, l’ignorance, les injustices, sont toujours les mêmes, en grappes lourdes, noires, amères, toujours plus grosses et grasses.

Nous récoltons sur nos mains le sang de nos enfants, / Tandis que nos maitres boivent le divin nectar / Des bénéfices de cette boue pétrie aux alliances vénales

Le poème ici fait sauter le bouchon de la bouteille, celle du vin des fous, du vin des nausées, du vin dont s’enivrent ceux qui ont trop vu œuvrer les bouchers adulés par un bétail sans mémoire. Il ne s’adresse même plus à ceux-là mais à l’acier lui-même, non sans ironie.

Bel acier cherche ta voie dans les entrailles, / La viande chaude et le sang doux. / Couvre-toi de gloire, bel acier.

Le vin des crapauds, pauvres crapauds, c’est pour trinquer et vomir à tous les morts pour rien, qui pavent les siècles de leurs chairs pourries.

Je voulais du vin et du silence, dit le poète, mais puisqu’il faut supporter le vain des maux, voilà le vin des mots rances.

Il faut le boire, comme on dit, jusqu’à la lie et faire la nique d’un rire sans dents aux horreurs, car du poète c'est le lot que de la guerre/ devoir encore extraire l'or de l'amour, nommer l’innommable et égrener les mots magiques, envers et contre, envers et contre… Des cendres de l’espoir, on peut toujours tracer des signes. Vraiment ?

Le poète ici, dérisoire manchot face à un énième tsunami de ténèbres, s’écroule de lui-même.

Je ne suis pas ignoble, j'ai honte de vivre. © Cathy Garcia, le 9 novembre 2017

Les auteurs :

Saïd Mohamed est né en Basse-Normandie d’un père berbère, terrassier et alcoolique et d’une mère tourangelle lavandière et asociale. Nomade dans l’âme, il est tour à tour, ouvrier imprimeur, voyageur, éditeur, enseignant à l’école Estienne. A aussi publié en poésie au Dé bleu et à Décharge dans la collection Polder, aux éditions Tarabuste. Il a obtenu le prix Poésimage en 1995 pour Lettres Mortes, le prix CoPo pour l’éponge des mots en 2014. Boursier du CNL en 2015. Son blog : http://ressacs.hautetfort.com

Bob De Groof est peintre, collagiste, graveur-imprimeur, et photographe. Il a fait des assemblages, installations, du street art et a sculpté des totems.?Des expositions de ses œuvres ont eu lieu en Belgique, France, en Allemagne, aux Pays-Bas et aux États-Unis. À travers les années, il a exposé une quarantaine de fois individuellement et a participé à une cinquantaine d’expositions de groupe. Ses travaux se trouvent entres autres dans des collections de pays aussi divers que les États-Unis, la Russie et le Maroc. Faisant la connaissance de Saïd Mohamed pendant leur collaboration respective au fanzine KITOKO JUNGLE MAGAZINE, plus récemment ils ont décidé de réaliser un vieux rêve : la réédition et illustration du poème apocalyptique « Le Vin des Crapaud » écrit par Saïd.?Son site : http://www.bobdegroof.eu/tekst/engels/welkom.htm

 

Passage des Indes

Passage des Indes

de Saïd MOHAMED

Récit de voyage (ARTISANS VOYAGEURS) | Paru le 01/12/2016 | 14,00 €

Quand à l’occasion d’une mutation professionnelle, Saïd Mohamed pose ses valises du côté de Pondichéry, c’est sûr, son regard verra et sa plume dira des choses différentes de ce que l’on peut trouver dans bien des guides ou des récits pour touristes goguenards. 
Avec ce voyageur-narrateur on croise des familles d’intouchables, on côtoie mendiants et lépreux, on passe un moment dans une salle de cinéma, film Bollywood garanti : romantisme dégoulinant et sensualité bien trop suggestive à l’écran pour une jeunesse à la libido bridée. On se retrouve au cœur d’un mariage où le Blanc fait figure de porte-bonheur. Au marché aux poissons, les femmes vendent leur camelote à même le sol. L’orphelinat de sœur Dolorès ne manque ni de surprises ni d’enseignements. Ajoutez un petit tour aux urgences ou dans un commissariat… Tout cela ne manque pas de surprendre ou d’étonner comme ces scènes rapportées dans les gares, les trains ou les bus, qui « non contents de rouler à tombeaux grands ouverts sur des chaussées défoncées, se tirent la bourre ».
Monsieur Mohamed, citoyen français, découvre l’exil, « ressentant ce que peut ressentir un étranger dont la civilisation d’origine est à l’opposé de celle dans laquelle il se trouve parachuté. [...] Plus rien n’a de sens ». 
« Tout le vernis s’effrite, tombe. Rien ne résiste à ce maelström ».
« La raison, le cartésianisme, il est urgent d’en faire un paquet juste bon pour la déchetterie. Ça, c’était l’autre civilisation, cela n’a plus cours en ces lieux. »

Jours de liesse

Jours de liesse

de Saïd MOHAMED

Pleine Lune (LES CARNETS DU DESSERT DE LUNE) | Paru le 26/02/2015 | 13,00 €

Le livre : (extrait de la préface) Le cours du fleuve ne renonce pas à son lit. Saïd Mohamed écrit le peuple avec brutalité, crudité, férocité. Les pauvres sont des gueux, des mendiants, des loqueteux. Les pauvres sont des femelles et des putains. Il décrit impitoyablement ces hommes et femmes perclus dans leur misère. Ce n’est pas pour se mettre à l’écart ou les prendre de haut, bien au contraire, il s’inclut dans cette masse sordide pour mieux en tirer les ferments de splendeur qu’il sait y dénicher. Qui mieux que Saïd décrira l’âpreté de la vie, dans ses contradictions intestines, avec ses horreurs et ses beautés ? (…)

Marrakech, Paris, Istanbul, New York… métropoles saisonnières de l’univers, Saïd Mohamed court le globe, sa poésie blottie dans le havresac. Je n’ai peur de rien dans ce monde. Les hommes ont la même destination. Extrait de la préface de Jacques Morin

Les auteurs: Saïd Mohamed est né en Basse-Normandie d’un père berbère, terrassier et alcoolique et d’une mère tourangelle lavandière et asociale. Nomade dans l’âme, il est tour à tour, ouvrier imprimeur, voyageur, éditeur, chômeur, enseignant. Il a obtenu le prix Poésimage en 1995 pour Lettres Mortes et le Prix CoPo 2014 pour L’éponge des mots.

Coline Bruges-Renard est née en 1952. Après des études d’arts graphiques et d’arts plastiques, elle s’est consacrée à la peinture et au dessin tout en enseignant à l’École Estienne. Depuis 2012, installation d’un atelier de sérigraphie et mise en place de deux structures de micro-édition (Odonata édition et Dérive Hâtive édition). Expose régulièrement depuis 2000.

L'éponge des mots

L'éponge des mots

de Saïd MOHAMED

Pleine Lune (LES CARNETS DU DESSERT DE LUNE) | Paru le 02/11/2012 | 12,00 €

 

Inventer une langue nouvelle : non une trahison impudique, des mots dessins d’ailes, roulements de boogies qui courent sur la ligne et ramènent en surface les images, visages sans muscles, les formes naissant à l’espoir, la lumière précise aiguisée, l’amertume des citrons confits.

Une langue d’odeurs et de couleurs qui prolongera les moments jaillis du big-bang d’avant la forme d’homme.

Questions ajoutées aux autres questions avec pour seule réponse le doute.

Une langue dont la trame ne soit un autre bâillon pour étouffer dans la folle course à l’ordinaire.

 

Saïd Mohamed est né en Basse-Normandie d’un père berbère, terrassier et alcoolique et d’une mère tourangelle lavandière et asociale. Nomade dans l’âme, il est tour à tour, ouvrier imprimeur, voyageur, éditeur, chômeur, enseignant. Il a obtenu : Le prix Poésimage en 1995 pour Lettres Mortes. Chez le même éditeur il a publié Souffles en 2006.

Bénédicte Mercier pratique en autodidacte la photographie depuis sa communion, jour où on lui offrit un appareil photo. S’est achetée un Canon A1 avec ses premières économies. Depuis elle est restée une fidèle de Canon. Après des séjours au Portugal et au  Maroc, elle a vécu six mois en Inde loin des circuits touristiques. Ce périple dans l’Inde du Sud lui a permis de découvrir de nouveaux horizons photographiques. 

Souffles

Souffles

de Saïd MOHAMED

Pleine Lune (LES CARNETS DU DESSERT DE LUNE) | Paru le 06/06/2006 | 10,50 €

Sans doute que les poèmes de Saïd Mohamed ne sont pas seuls à mettre plein dedans leurs pieds dans la difficulté que c’est vivre et parler le vivre en se saisissant de sa matière la plus populaire. Cela se fait, en général, plus souvent par le roman que par le poème, mais de Villon à Yvar Ch’Vavar, en passant par Gaston Couté, Baudelaire, Perros, William Cliff, ou Verheggen, les « petits fauves de papier » autour du « thème » ne manquent pas. Les poèmes de Saïd Mohamed me semblent plus bruts de décoffrage que beaucoup d’autres, et moins enclins à jouer avec les mots qui leur viennent (sans toutefois manquer de discernement sur leur désir d’être des poèmes salis par la vie, ni d’un savoir sourire, amertume encore, de leur  prétention aussi à frôler des vérités douloureuses). Cela n’empêche pas pour autant que cette parole « s’attache des souvenirs pour s’inventer une trace à sa vie dans la douceur de l’écriture ». © James Sacré

Les auteurs : Saïd Mohamed est né en Basse-Normandie d’un père berbère, terrassier et alcoolique et d’une mère tourangelle lavandière et asociale. Nomade dans l’âme, il est tour à tour, ouvrier imprimeur, voyageur, éditeur, chômeur, enseignant. Il a obtenu : Le prix Poésimage en 1995 pour Lettres Mortes. Anto expose depuis 1995 en Allemagne, Angleterre, Espagne, États-Unis France, Suisse, dans des galeries d’Art Contemporain, d’Art Brut et d’Art Singulier.