l'autre LIVRE

Shaun LEVIN

Le Garçon en polaroïds

Le Garçon en polaroïds

de Shaun LEVIN

Des villes et des vies (SIGNES ET BALISES) | Paru le 17/11/2017 | 11,00 €

Seize photographies prises à la volée, extraites de l’album de famille, et seize textes qui disent l’enfance : l’amour indicible pour le père, le déracinement, les questions sur l’identité.
Un livre qui mêle l’intime et l’exil, la famille et la solitude, le souvenir lancinant et le flash éblouissant, dans une langue à la fois concise et concrète, tendre et virulente.
Shaun Levin est né et a grandi en Afrique du Sud  dans les années 60. Son adolescence s’est déroulée en Israël et, devenu adulte, il s’est installé à Londres. Son œuvre – nouvelles, romans, chroniques –, qui fait la part belle aux thèmes de l’exil et de l’identité, est marquée par une écriture d’une grande poésie et d’une forte sensibilité. Le public français a le plaisir de la découvrir depuis quelques années grâce au travail d’Étienne Gomez, qui sait rendre à la perfection les finesses de ces explorations intimes.

Un voyage à Arras : vie et mort d'Isaac Rosenberg

Un voyage à Arras : vie et mort d'Isaac Rosenberg

de Shaun LEVIN

Christophe Lucquin Éditeur (CHRISTOPHE LUCQUIN ÉDITEUR) | Paru le 06/11/2014 | 16,00 €

Il était jeune, il était pauvre, il était juif, il se sentait poète, artiste et poète, il vivait à Londres, à ­Whitechapel.

Shaun Levin évoque ici le destin d’Isaac Rosenberg, peintre et poète britannique mort dans les tranchées en 1918.
Né dans une famille de Juifs émigrés d’Europe de l’Est, installé dans l’East End de Londres, il est très tôt tourmenté par des aspirations artistiques aussi évidentes aux yeux des siens que difficiles à réaliser dans un tel dénuement.

Dans ces deux récits d’une intensité qui confine parfois au poème en prose, Shaun Levin évoque la vie et la mort d’Isaac ­Rosenberg sous deux aspects très différents.

La première partie, « Esquisses », retrace son parcours à travers une série de tableaux centrés sur sa vie à Londres, partagée entre apprentissage dans un atelier de gravure et études à la Slade, on le suit au fil de rencontres décisives et expériences infructueuses, d’affinités avec les Juifs communistes et anarchistes de Whitechapel et l’on observe son aspiration à une vie de gloire et de luxe.

« Note ce que je te dis », disait-il à Morley le doigt en l’air comme en manière d’avertissement. « Note bien ce que je te dis », disait-il tard dans la nuit, pris de boisson dans Brady Street alors qu’ils sortaient du Carpenter’s Arms. « À ma mort, je compterai parmi les poètes anglais. »

La deuxième partie, « Méditation », évoque le pèlerinage du narrateur sur la tombe d’Isaac Rosenberg à côté d’Arras. Le narrateur, lui-même appelé Shaun Levin, a entendu parler d’Isaac Rosenberg comme d’« un grand poète juif » sur le BBC World Service dans sa jeunesse.

Cet hommage de Shaun Levin est moins inspiré par un « devoir de mémoire » que par un élan de fraternité qui fait aussitôt d’Isaac Rosenberg une figure éminemment contemporaine. L’auteur s’identifie à Isaac Rosenberg, car ce dernier avait un statut et des aspirations qui ressemblaient aux siennes.

« C’est que j’ai constaté qu’on pouvait être juif, artiste, et célébré sur le BBC World Service. »

Isaac Rosenberg a laissé derrière lui ce que l’Angleterre a produit de plus singulier et de plus visionnaire de toute la Première Guerre mondiale.

« Ironiquement, Isaac Rosenberg avait trouvé dans la guerre le matériau esthétique par excellence… »