l'autre LIVRE

ÖMER SEYFETTIN

Lâlé la blanche

Lâlé la blanche

de ÖMER SEYFETTIN

Écriturques (TURQUOISE) | Paru le 01/03/2014 | 20,00 €

 

Lire Ömer Seyfettin est un choc. Le choc de la guerre et des bouleversements liés à l’agonie de l’Empire ottoman. Choc de l’ancien qui se meurt sans que n’émerge le neuf. Choc des mots qui, pour la première fois en Turquie, ­plongent dans le grand bain de la prose et de ce réel tissé d’atrocités, de violences, trempé de ­couleurs, de sons et d’émotions intenses. Jeune nouvelliste, Ömer ­Seyfettin nous entraine avec lui dans la matière traumatique et fascinante des Balkans, de l’Anatolie du début du XXe siècle. Il meurt à 36 ans, terrassé par le diabète et l’Histoire. Si elle n’a pas raison de la maladie, son incroyable énergie littéraire produit des anticorps face à l’anéan­tissement promis alors aux Turcs et à la Turquie. Ömer Seyfettin n’écrit pas pour ­vivre mais pour survivre. Il secoue le joug de la vieille langue ottomane et y fait entrer par effraction la nouveauté et la violence du monde. Il taille dans les mots comme le réel taille dans la vie. Son ambition? ­Donner une langue et une identité à son peuple, les fondements d’une nation, ce ­berceau du progrès. Écrivain révolutionnaire, ce grand lecteur de Maupassant pose de solides fondations à la littérature moderne turque. Un formidable témoignage sur le destin de ce pays.

 
 
Ömer Seyfettin est considéré comme le père de la nouvelle en langue turque. Né en 1884 à Balîkesir (Anatolie occidentale), il devient officier de l’armée ­ottomane. La découverte des auteurs français réalistes de la fin du XIXe siècle éveille sa vocation littéraire, et sa vie se place très tôt sous le double signe de la guerre et de l’écriture. Témoin de l’effondrement ottoman, il devient partisan de l’émergence d’une Turquie nationale et œuvre à substituer un turc moderne à la vieille langue ottomane. En 1912, lorsque la guerre des Balkans éclate, il est mobilisé et fait prisonnier par les Grecs. Il rentre à ïstanbul un an plus tard et se voue alors complètement à son œuvre. De 1913 à 1920, il produit plus de cent cinquante nouvelles qui plongent dans la réalité des Balkans et de ­l’Anatolie du début du XXe siècle, mêlant fiction et souvenirs dans une ­écriture forte et dépouillée. Il s’éteint le 6 mars 1920, à l’âge de 36 ans.