l'autre LIVRE

Claude RÉTAT

L'anarchie au prétoire, Vienne, 1er mai 1890 - Une insurrection et ses juges

L'anarchie au prétoire, Vienne, 1er mai 1890 - Une insurrection et ses juges

de Claude RÉTAT

Grands essais (BLEU AUTOUR) | Paru le 07/04/2022 | 29,00 €

La première célébration, en 1890, du 1er mai en France eut lieu sous haute surveillance policière. Une petite ville échappe : à Vienne, en Isère, surgit le spectre de l’anarchie, de la « foule » hors contrôle, hommes, femmes, enfants… La grève éclate, le maire est malmené, le commissaire « abîmé », une fabrique de drap pillée. Un mot flamboie : « Prenez, c’est à vous ! »
L’avant-veille, deux orateurs de renom étaient venus chauffer les esprits : Louise Michel et Alexandre Tennevin, un cogneur.
Tennevin et les « meneurs » locaux, Pierre Martin en tête, sont condamnés en août par la cour d’assises de Grenoble. Louise Michel, écartée du procès, déclarée folle, menacée d’internement, se multiplie d’autant plus par la parole et par la plume (conférences, mémoires, romans, poésie…).
Qui, de l’accusateur ou des accusés, tient la sellette ? Qui définit l’événement ? Émeute ? Révolution ? Affirmation du « droit à l’existence », première lueur du « banquet de la vie » pour tous ? « Les bêtes du bois peuvent boire à la source, on fera de même » (Louise Michel).
Qui pèse les faits et les valeurs ? Qui pose les mots — quels mots, avec quelles images, quels rythmes ? Au procès, puis par les écrits, c’est tout un art anarchiste de l’éloquence qui se déploie, un style, un souffle. Au-delà, à travers la mémoire, les récits et les recréations (Pierre Martin, Élisée Reclus, Louise Michel…), le sens et l’épopée s’élaborent, la société, la nature et la justice se réinventent.
Claude Rétat accompagne cet essai d’un dossier de textes & témoignages (brochure des anarchistes sur le procès de 1890, presse, dossier judiciaire et autres archives, parmi lesquelles les rapports de police sur les conférences de Louise Michel) et d’une riche iconographie.

La Révolution en contant

La Révolution en contant

de Claude RÉTAT

Classiques Bleu autour (BLEU AUTOUR) | Paru le 15/04/2019 | 32,00 €

Ce que le lecteur va découvrir, ce n’est pas seulement un corpus de fictions, de récits, de scénarios dont il ne soupçonnait pas l’étendue, mais à quel point « conter » est ici névralgique, pour Louise Michel (1830-1905) et dans sa fin de siècle.
Aujourd’hui encore, par un préjugé tenace, la Louise Michel qui écrit ne peut être qu’un auteur d’histoire : on oublie l’écrivain. Or il faudrait au moins ajouter un “s” à “histoire”. Si le vainqueur écrit l’histoire ou pense l’écrire, le vaincu écrit des histoires – si vraies qu’elles s’élaborent en légende – pour exprimer l’autre côté, le souterrain, l’utopie, ce qui n’est pas encore, la Révolution.
Chez elle, le rêve et l’action ne font qu’un, l’histoire et l’imaginaire résonnent. Et quel imaginaire ! Amie du symbole et du frisson, Louise Michel puise en romantique dans le tréfonds légendaire pour l’infléchir : Haute-Marne dont elle était native, monde kanak où elle fut déportée, Bretagne qui la fascine, Paris glauque de la fin du XIXe siècle, même veillée !
Ses contes sont peuplés de vrais ogres, de Barbes Bleues de chair et de sang, tel Gilles de Rais ; ce sont des contes de la puanteur, de la dévoration, de la nécrophilie, de la consommation de chair plus ou moins fraîche ; ce sont des mondes qui s’engloutissent… mais aussi des mondes qui s’éveillent, des harmonies de la nature et des cosmogonies.
Les uns sont connus, comme les légendes kanak, ou méconnus, comme Le Livre du Jour de l’An, pour les enfants (jamais réédité) ; d’autres, retrouvés sur les manuscrits ou dans la presse du temps, sont inédits. Rigoureusement présentés et annotés par Claude Rétat, ils sont ici réunis pour la première fois. Cessant d’être épars et cloisonnés, ils peuvent communiquer et nous parler.

Art vaincra !

Art vaincra !

de Claude RÉTAT

La petite collection (BLEU AUTOUR) | Paru le 15/03/2019 | 15,00 €

Connaît-on bien Louise Michel ? La célèbre communarde, la fameuse anarchiste, la Grande Citoyenne (1830-1905), oui. Mais l’écrivain et l’« artiste en révolution » ? L’inventrice du « clavier d’outre-rêve », d’un méga-orgue, d’une harpe aux nerfs vivants, de concerts cosmogoniques, l’amie du symbole et du frisson ? Mais l’Insurgée immergée dans l’art total, qui veut recréer le monde et la beauté, synonyme pour elle de révolution, antithèse du politique ?
Puisant à des sources méconnues, s’appuyant sur des textes et images inédits, Claude Rétat, au rebours des clichés réducteurs, nous ouvre un point de vue neuf sur Louise Michel chez qui le rêve et l’action, l’artiste et la révolutionnaire ne font qu’un : l’histoire et l’imaginaire entrent en résonance.