l'autre LIVRE

Christian DE MAUSSION

A défaut d'écho

A défaut d'écho

de Christian DE MAUSSION

Poésie, Pamphlet, Réflexion (5 SENS) | Paru le 05/12/2020 | 11,90 €

Vous savez, nous sommes comme des compagnons de voyage, dans un compartiment de train. Sur un détail, nous engageons la conversation, puis nous nous confions l’un à l’autre comme si nous nous connaissions de toute éternité. Ce que je chuchote à votre oreille, c’est une prière partagée, le culte de la beauté.

A vrai dire, quand je prends le train, j’oublie sa destination. Je regarde par la fenêtre et je ne comprends rien. Je n’insiste pas. J’oriente alors mes yeux vers le compartiment. J’y découvre que ce n’est pas le travail qui fatigue mais l’ennui. Dans un train, en pleine journée, les trois quarts des passagers dorment à moitié.

Je descendrai votre bagage avec plaisir. J’ai l’habitude des sacs volumineux, des belles malles Vuitton de jadis dont j’ai la nostalgie. Au bar du terminus, on commandera quelque chose en attendant un vieux bus.

Je suis un piètre danseur. En revanche, je suis un bon vivant. Je souperai volontiers au restaurant du wagon. Votre apparition en robe de gala me fera forte impression. La soie sur vous m’ensorcèle. Je frôlerai d’une paume distraite votre jolie taille. C’est un art supérieur que de savoir faire une valise.

Christian de Maussion

La littérature l’avait aidé jusque-là, sorti d’embarras, de mille déconfitures. Il imaginait bien qu’elle ne lui serait d’aucun secours pour mourir. Il griffonnait des bouts d’alphabet. Il soignait la forme de crachat, fabriquait son venin sous la dictée d’une peur. Alors il avait su ce que signifiait, ce que révélait à vrai dire un style, une manière d’être seul. Christian de Maussion publie son septième ouvrage, le cinquième chez 5 Sens Editions.

Dancing de la marquise

Dancing de la marquise

de Christian DE MAUSSION

Poésie, Pamphlet, Réflexion (5 SENS) | Paru le 12/03/2020 | 15,30 €

Un roman ? Peut-être. Un autoportrait, plus sûrement, qui fait suite aux précédents. Je me peins dans des élans, des véhémences, des préférences. J’ai des couleurs pour mes penchants, des crayons rouges pour mes dégoûts.

Depuis l'origine, aux abords de l'école, j'aligne des mots devant les choses. Je me décoiffe devant la beauté. Je tranche dans la langue française. Je confectionne des textes, mes petites écritures, comme des recettes de confiture. Je suis sensible à l'écho des bocaux. J'aime le goût de mandarine de ce que j'imagine. J'entasse des milliers de pages de mes séjours dans les nuages. Aujourd'hui, j'ai envie de faire une photographie du dépôt, de tout ce ramassis, de toiser la hauteur des stocks, de métrer le linéaire littéraire.

Après quoi, j'empaquèterai ma marmaille, ficèlerai la marmelade, cachèterai le glorieux magot. J'hésite entre deux titres sur l'enveloppe. Je garde la main sur La cicatrice du brave, référence à la chaude pisse de Flaubert. Mais je me laisse tenter par Fragments d'un sentiment, qui touche aux éclats de balle du journal. Non, ce sera Dancing de la marquise, à cause d’Anna Karina et ses exquises bouderies. Ou bien Culottes courtes et carottes cuites. On verra.

Christian de Maussion

Christian de Maussion est diplômé d’ESCP Europe. Il cofonda l’Institut Multi-Médias. Il présenta ses premiers travaux littéraires à Théâtre Ouvert en lecture publique à Beaubourg, puis participa à la gazette littéraire Matulu. Il fit paraître des textes dans Le Monde, Le Figaro, Les Echos, La Croix, Libération, les Cahiers de l’Herne (Serres, Weil). Dancing de la marquise est le sixième ouvrage qu’il publie, le quatrième édité par 5 Sens Editions.

Fred

Fred

de Christian DE MAUSSION

Fiction (5 SENS) | Paru le 26/10/2019 | 11,90 €

Fred est une abréviation qui retentit comme une détonation. Fred est le portrait d’un ange gardien, le visage morcelé d’un destin. Avec Fred, l’eau n’est pas tiède. On est dans une mer de mots nécessaires. Ressentir interdit de mentir. J’écris à demeure, au milieu de gens qui meurent. J’éprouve une joie à regarder derrière moi, à dessiner une sorte de roi, un artiste sans œuvre. Sans doute le plus grand, le plus secret, le plus sauvage des faiseurs de beauté.

J’ai écrit Fred presque d’une traite, dans un bonheur presque irréel. J’ai rédigé sous sa dictée, exprimé presque sereinement, ses abîmes et ses vertiges. J’ai fait le portrait d’un artiste, non pas méconnu, mais introuvable, d’un artiste insituable, sans autre vocation que l’émerveillement, la contemplation des splendeurs du monde.

Christian de Maussion

Jadis chef d’entreprise, l’auteur a entrepris des chefs-d’œuvre (De Gaulle, Staël). Il a fait paraître des textes dans Le Monde, Le Figaro, La Croix, Libération, Le Quotidien de Paris, Les Echos, L’Idiot International, L’Autre Journal, Les Cahiers de l’Herne (Serres, Weil). Il a participé à l’aventure emblématique de la gazette littéraire Matulu. Le blog A la diable consigne ses vilaines pensées. L’auteur aime lire, écrire, bref ne rien faire.

L'amitié de mes genoux

L'amitié de mes genoux

de Christian DE MAUSSION

Poésie, Pamphlet, Réflexion (5 SENS) | Paru le 16/06/2018 | 10,40 €

Faites un plan. C’est en lisant Nimier, au début des Epées, que je me remémore l’injonction d’adjudant. Faites un plan. Bon sang, oui. Une liste de courses sur un post-it. Ne rien oublier à cause du souci d’exhaustivité. Je compte sur mes doigts. Je numérote les parties. Je charcute tous azimuts. Je veux voir des titres, qu’une seule tête, et des chapitres. Faites un plan. Je désobéis à l’impératif. Je n’ai pas d’idée sur ce que je vais dessiner. Je taille des phrases, je coupe des lianes, je pénètre dans une église sans vitrail. Je joins le pouce et l’index et trace un texte.
Faites un plan. Je perds mes moyens quand on me réveille au petit matin. J’ai le sentiment qu’on me tend une cigarette, qu’il est encore temps de faire une prière, et que si j’obtempère, je me conformerai aux critères d’une meilleure humanité. Je ne trouve pas de plan. J’ai cherché dans mes arrière-pensées. Les heures passent. La pendule tourne. Je n’aime pas les bidules. Je claque des dents. L’Aston Martin de Nimier me fait entrevoir le pire, et le macadam, le chagrin des hommes.
L’amitié de mes genoux est la narration éclatée d’une randonnée. On y rencontre des gaillards au grand regard, des imagiers ciseleurs de beauté, la reine mère la langue française. Ce livre ouvert est le sanctuaire d’un style.

Christian de Maussion

L’auteur ne se souvient pas bien comment il a gagné son pain. En revanche, il se rappelle les temps morts, les heures qu’il a perdues dans les rues de sa vie. Il vit à Paris, s’échappe à l’envi vers l’exquise Italie. L’auteur aime lire, écrire à sa fantaisie, bref ne rien faire, par courtoisie. Il se décoiffe devant Flaubert, Proust ou Mandiargues. Il regarde les visages qui désaltèrent une soif.

La cicatrice du brave

La cicatrice du brave

de Christian DE MAUSSION

Poésie, Pamphlet, Réflexion (5 SENS) | Paru le 04/03/2017 | 12,60 €

La cicatrice du brave

C’est une sorte d’autoportrait, plusieurs fois recommencé, un peu comme Giacometti dit ne pas parvenir à faire une tête. Aussi, je tente à nouveau l’aventure du visage par une autre entrée, une autre émotion, une autre anecdote. Gustave Flaubert est mon maître. Il est ma loi. Il m’enseigne le métier de roi des rois. 

Mon sujet, c’est la langue française. Je ne raconte pas d’histoire. Il faut le savoir. ‘La cicatrice du brave’, c’est ainsi que Flaubert appelle la syphilis de son voyage en Egypte. Mon texte se tient par la force d’un style.

J’ai perdu mon latin, égaré une virginité. Je n’ai plus le temps. Je suis sur les dents. J’ai croisé des visages, mélangé des paysages, des sensations, remué une lèvre sur la joue d’un livre. Je me suis souvenu que la littérature ne courait pas les rues. Je me suis souvenu qu’elle était la plus belle fille du monde. La cicatrice du brave, c’est moi, en toutes lettres. C’est un autoportrait à restituer autant de fois qu’il me reste d’étés.

Christian de Maussion

Jadis chef d’entreprise, l’auteur désormais ouvrier a entrepris des chefs-d’oeuvre (De Gaulle, Staël). Il a fait paraître des textes dans Le Monde, Le Figaro, La Croix, Libération, Le Quotidien de Paris, Les Echos, L’Idiot International, L’Autre Journal, Les Cahiers de L’Herne (Serres, Weil). Il a participé à l’aventure emblématique de la gazette littéraire Matulu. Le blog A la diable consigne ses vilaines pensées. L’auteur aime lire, écrire, bref ne rien faire.