l'autre LIVRE

Anibal FRIAS

Fernando Pessoa et le Quint-Empire de l'amour : Quête du désir et alter-sexualité

Fernando Pessoa et le Quint-Empire de l'amour : Quête du désir et alter-sexualité

de Anibal FRIAS

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 01/01/2012 | 30,00 €


Préface de Robert BRÉCHON


Chercheur en anthropologie et en littérature, Anibal Frias est docteur en ethnologie et diplômé de philosophie, de sociologie et d’arabe. Il est affilié à plusieurs centres de recherche européens: LAS (Collège de France), IEMO (Université nouvelle de Lisbonne), CEIS20 (Université de Coimbra), et IHU (Université de Salamanque).

 

En poète du soupçon, Fernando Pessoa se joue des identités, des corps, des sexualités afin d’«être tout de toutes les manières». Son Odyssée littéraire est trop souvent ramenée à un théâtre cérébral, à une oeuvre sans corps, à un désir refoulé. En vers ou en prose, avec le "Livre de l’intranquillité", son aventure nous transporte au coeur du Désir, dans ses flux et reflux, depuis les fêlures de son moi et la multiplicité de son être. Les sensations voyageuses du poète

libèrent les potentialités d’une création pleine, jusqu’à une réinvention de soi.
Pessoa a esquissé un «cycle du sentiment amoureux» qu’il ordonne poétiquement en cinq «empires», de
la Grèce d’Antinoüs à la Modernité pan-érotique, et où se déploie la figure variable et évolutive d’Éros. La dernière étape, nommée « Quint-Empire », est le règne d’Antéros. Ce personnage divinisé incarne, dans un futur rêvé, un Outre-Amour néopaïen –
un Amour à la fois autre et projeté au-delà de la sexualité et des divisions en genres. Cet ouvrage inaugure une lecture approfondie de ce Cycle, en
souligne la richesse poétique et la portée intellectuelle au regard d’autres écrits majeurs, et établit
qu’Antéros est le nom personnifié d’un singulier et universel Quint-Empire de l’Amour à bâtir.
Anibal Frias innove en faisant dialoguer Pessoa avec Proust, Merleau-Ponty, Rimbaud, Foucault, Freud ou Nietzsche. Son étude originale apporte une contribution décisive, et critique, au tout nouveau paradigme des études pessoennes, fondé sur la corporéité, le gender, la sexualité. Elle se veut aussi
une traversée claire et vivante de l’oeuvre connue, et surtout méconnue, d’un écrivain qui s’est voulu « toute une littérature ».