l'autre LIVRE

Poésie

Aspérités

Aspérités

de Pascal FEYAERTS

COUDRIER (LE) (COUDRIER (LE)) | Paru le 01/07/2020 | 16,00 €

Tel le « Nu descendant l’escalier » de Marcel Duchamp, le temps semble se rétrécir pour Pascal Feyaerts au mouvement d’un présent arrêté.

S’il vit dans le passé, c’est à l’état de deuil. La perte est immanente, constitutive de son état d’esprit. Le présent se dilue dans l’esseulement, ne se connaît à vivre qu’au titre de point de départ d’un futur sans perspective.

Ne reste que le corps pour aspérité sensible, l’âme pelée au vent. Aussi esquisse-t-il à travers le poème la transcendance qui lui permettra de surmonter l’angoisse que suscite en lui l’empilement des jours.

Qu’est-ce qu’un présent, qu’une durée qui ne se connaît plus pour durable, sinon la projection dans l’éternité pour approfondissement de l’instant ?

Reste l’éclat de temps que la fulgurance d’une image fixe dans l’éternel présent, la séduction du « bel aujourd’hui » (Mallarmé).

(Extrait de la préface de Jean-Michel Aubevert)

L'intranquille 18

L'intranquille 18

de COLLECTIF

L'INTRANQUILLE (ATELIER DE L'AGNEAU ÉDITEUR) | Paru le 30/06/2020 | 18,00 €

Bestiole-moi Pupille

Bestiole-moi Pupille

de Edith AZAM

POESIE (TÊTE À L'ENVERS (LA)) | Paru le 18/06/2020 | 16,00 €

"Pupille peur
peur tête éclate.
D’une façon comme d’une autre  personne n’y échappe.
À regarder les trous on n’y échappe pas. Bestiole à l’intérieur ça bouffe.
Les yeux
ça mange le visage
ça s’attaque à la chair.
Bestiole couche dans Pupille.
Pupille voudrait la parole
Bestiole viole tout langage.
Il ne reste de sens :
que silence.
Bestiole viole tout langage.
Il ne reste de sens :
que silence."

« Sa poésie dévoile. Elle ne se cache pas derrière les mots : c’est la langue à fleur de peau, à fleur de chair, sans masque et sans armure.
Une écriture qui percute le centre des émotions. Une écriture d’ultra-sensible à l’autre, à soi, au monde. » Agnès Houdart

Barque pierre

Barque pierre

de Frédérique de CARVALHO

Pas de côté (ISABELLE SAUVAGE) | Paru le 12/06/2020 | 18,00 €

« cette fois la barque était / de pierre / un granit échoué entre lande / et forêt »

 

Barque pierre est né de la résidence, à l’automne 2019, de Frédérique de Carvalho
à l’ancienne poste de Plounéour-Ménez, au cœur des monts d’Arrée, « pays d’attache » où
« la lande aura dressé / la table » d’écrire, la « bogue hérissée de l’instant » à portée du carnet.

 

La narratrice, « elle », se retournant tel Orphée sur une Eurydice pourtant « déjà morte »,
se retrouve confrontée, comme convoquée, à un corps à corps avec une mémoire — l’enfance, la mère, le « désir ensablé ». Une voix s’impose et occupe l’« obscur » de la langue,
« elle dit » comme malgré elle, elle se demande « de quelle mémoire revenir et si c’est possible ». Par le biais d’accroches comme autant de didascalies sont notés l’entremêlement des espaces et des temps (de grammaire, de durée ou de saison), sont posés les remarques, injonctions ou apartés qui façonnent un geste de parole — où l’écriture, « lieu soustrait »,
est espace et désir.

 

« elle dit que son travail de vivre est de bouger les immobiles / elle dit de déplacer la pierre / elle ne sait pas comment »

Rêve sur rêve

Rêve sur rêve

de Martine AUDET

fibre.s (TÊTE À L'ENVERS (LA)) | Paru le 11/05/2020 | 6,00 €

Il me faut des écarts

pour plus de beauté.

 

Il me faut des orages qui,

se mêlant aux pierres,

refusent d'éclater.

 

8 pages dépliables en affichette, format plié 12 ×16 cm, ouvert 48 ×32 cm dépliable en affichette

ouvert 48×32 cm. Plis et déplis...

La Garde de nuit (Réparer les soignants)

La Garde de nuit (Réparer les soignants)

de Laurent THINÈS

Z4 Editions (Z4 EDITIONS) | Paru le 06/04/2020 | 14,00 €

La Garde de Nuit retrace la lente descente aux enfers d’un médecin hospitalier écrasé entre charge de travail et charge mentale puis écartelé entre vœu d’Hospitalité et course à la rentabilité. L’intrigue de ce récit épique fait naître une réflexion contemporaine sur la condition Humaine au travers de la vie d’un soignant tentant de survivre à un univers encore médiéval, à la fois fascinant, complexe, beau et violent. Au fil de l’histoire, une question vient à nous tarauder: la passion et la poésie pourront-elles le sauver ? Car ce recueil est aussi une ode à tous ceux qui disparaissent chaque année dans les flammes de la Consomption.

Les tisserands

Ici, au cœur de la Tour, nous sommes soigneurs, soigneuses au continu à filer.

Aux fils de nos ordinateurs, au fil blanc du lit de leurs rivières, aux files d’attente impatientes, au fil de nos canaux brancardiers, aux files angoissées et patientes, au fil des perfusions d’éther, au fil des lames argentées, aux fils des chairs allongées, au fil des décisions vitales, aux fils   des pinces à cautériser, au fil des gestes salvateurs, aux fils à suturer les corps, au fil des conversations triviales, au fil de perles d’humanité, aux fils de soie du sacerdoce, aux fils de ceux qui nous dandinent, au fil de nos vies qui aussi filent, nos corps et nos âmes s’effilochent au gré de la navette     du quotidien circulant sans trêve entre nos mains ouvrieuses.

Et nous dévidons nos fuseaux de vie sur les métiers à retisser celle des autres.

Au bras du Ciel

Au bras du Ciel

de Pierre ECH-ARDOUR

EDITIONS DE L'AIGRETTE (EDITIONS DE L'AIGRETTE) | Paru le 26/03/2020 | 16,00 €

Ébauche d'un Tristan

Ébauche d'un Tristan

de Jean-Claude PECKER

Z4 Editions (Z4 EDITIONS) | Paru le 26/03/2020 | 18,00 €

L’auteur est astrophysicien ; s’il est aussi poète, c’est plutôt par accident, voir par ennui. Les petites pièces qui composent ce recueil ont été écrites pour passer le temps… En métro, entre deux stations, à l’Académie, pendant un discours trop long, dans son lit, quand il se tourne et se retourne sans arriver à dormir. Trois lignes ici, un sonnet là… Parfois un seul vers – pas le temps d’en faire plus ! Ces petites pièces ont été assemblées en cinq livres. L’auteur a tenté de rattacher   ces cinq parties à la légende médiévale de Tristan et Iseult, une histoire qui par bien des côtés, est aussi celle de l’auteur. Si ces associations peuvent sembler parfois quelque peu arbitraires, elles évoquent toutes plus ou moins, le cheminement amoureux d’un auteur tourmenté.

La nuit tombe toujours à son heure

La nuit tombe toujours à son heure

de Denis WETTERWALD

Z4 Editions (Z4 EDITIONS) | Paru le 20/03/2020 | 12,00 €

écrire / non pour lutter contre l’oubli / mais pour perforer l’avenir
Chanteur à ses débuts, avec 4 disques enregistrés dont le dernier avec Bernard Lubat, Denis Wetterwald s’est tourné vers le théâtre en tant que comédien et auteur dont D.W. et son Orchestre récompensé dans plusieurs festivals. Il a aussi adapté pour la scène des textes d’auteurs qu’il aime particulièrement Alexandre Vialatte, Joseph Delteil, Jorn Riel ou Imants Ziedonis, poète letton dont il a traduit un choix de poèmes avec Anita Klavins. Auteur de plusieurs livres sur les écrivains qu’il admire, il a publié de nombreux recueils de poèmes chez différents éditeurs Voix d’Encre, Éditions du Cygne, de Villèle et en 2019 Aurore…Pavillon K chez Z4 éditions.

La séquestration du carbone

La séquestration du carbone

de VALERY MOLET

Nouvelle Marge (NOUVELLE MARGE) | Paru le 16/03/2020 | 13,00 €

La poésie est la forme de la séquestration la plus aboutie. Elle emprisonne ce qui est désagrégé, en fonction de l’angle de la caméra et du caméraman, parfois ivre, il faut en convenir. Maître Eckhart pensait que le néant procédait de la distance, condition sine qua non de l’accomplissement de soi en Dieu. Pour Valéry Molet, cette leçon doit être agrémentée des bagarres de rue, de la tentation suicidaire excluant le désespoir, de l’amour sans ménagement et des mille historiettes de la vie quotidienne, qui sont comme la tartine du rien chevauché par le diablotin du pas-grand-chose. La poésie n’aime pas la nature : un sonnet peut-il protéger un hanneton ? Sûrement pas, ici, les pierres ne pensent pas, le poète n’est pas l’envoyé de l’Etre et la splendeur sémantique ne dissimule pas ce qu’il y a de pire dans les pensées. À quoi reconnaît-on un poète ? Il se moque de lui-même et des lecteurs. C’est une plaisanterie de plaies ouvertes.

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