l'autre LIVRE

Biographies / études

Une odyssée judéo-espagnole

Une odyssée judéo-espagnole

de Isaac PAPO

Leçons de vie judéo-espagnoles (LIOR ÉDITIONS) | Paru le 02/05/2019 | 26,00 €

Né à Milan en 1926 dans une famille juive originaire d’Edirne en Thrace, Isaac Papo a fondé et dirigé durant quarante ans le département de neurochirurgie de l’hôpital d’Ancône. En marge de ses activités professionnelles, il s’est intéressé à l’histoire des communautés sépharades des Balkans. Une odyssée judéo-espagnole, d’abord publiée en espagnol, puis en italien constitue la somme de trente
années de recherches, de voyages et de rencontres. Isaac Papo ne se contente pas de restituer la trajectoire de sa famille depuis son long séjour dans l’Empire ottoman jusqu’à ses exils en Italie et en Espagne où elle se réfugie en 1942. Il s’efforce à travers cet exemple de comprendre les ressorts psychologiques du monde judéo-espagnol, d'en restituer tout le charme, fruit de la rencontre entre cultures d'Orient et d'Occident, mais aussi d'en montrer l’inéluctable déclin. D’anecdotes en réflexions, ce sont plus de cent cinquante ans d’histoire européenne qui défilent ainsi sous nos yeux, sans aucune complaisance ni sentimentalisme, mais en sacrifiant à l’impératif biblique « Souviens-toi ! »

L'orphelin du Bosphore

L'orphelin du Bosphore

de Nissim BENEZRA

Leçons de vie judéo-espagnoles (LIOR ÉDITIONS) | Paru le 02/05/2019 | 20,00 €

Tante Sara, épouvantée, inclina son oreille sur la poitrine de sa sœur comme pour l’ausculter : pas le moindre battement de cœur, sa sœur était sans mouvement. Aussitôt, élevant la voix, elle se prit à sangloter bruyamment et à déplorer le sort de la défunte. Il pouvait être dix heures. Aux cris poussés par elle, grand-mère qui gisait sur son grabat comprit que sa cadette n’était plus de ce monde. Une sueur froide parcourut tout son corps. Mourir, c’est déjà un malheur. Laisser derrière soi quatre orphelins dans le dénuement total, sans qu’un proche puisse prendre soin d’eux, c’était la catastrophe... Cette pensée terrifiante terrassa la vieille femme sous le coup. Il y avait à peine une demi-heure que sa cadette avait rendu l’âme au Créateur.

Écrit dans un savoureux français d’Orient, les mémoires de jeunesse de Nissim M. Benezra offrent une vision saisie sur le vif d’Istanbul à la fin de l’Empire ottoman et dans les premières années de la république turque. Malgré le dénuement de l’auteur dans sa prime enfance, on est frappé par son inextinguible soif de vivre, son sens de la dérision et sa vision très personnelle du monde qui font de ce livre l’un des plus émouvants du monde sépharade.

Le chêne de Rhodes

Le chêne de Rhodes

de Vittorio ALHADEFF

Leçons de vie judéo-espagnoles (LIOR ÉDITIONS) | Paru le 02/05/2019 | 20,00 €

Si l'on ne devait disposer que d'un mot pour caractériser le présent livre, ce mot pourrait bien s'écrire : l'étendue.

Étendue spatiale bien évidemment, puisque l'action se poursuit de l'île de Rhodes en Méditerranée orientale, jusqu'en Argentine, en passant longuement par l'Italie et brièvement par la France.

Étendue temporelle puisque le récit s'étend sur nombre de décennies – deux siècles en vérité d'histoire de Rhodes – et nous mène jusqu'à l'aube du XXIe siècle. Et l'un des mérites, non le moindre, de l'auteur est de nous faire parcourir les deux derniers siècles comme si nous les vivions avec lui en quelque sorte.

Mais aussi et surtout étendue de civilisations : depuis le semi-sommeil de la vie traditionnelle judéo-espagnole en fin du XIXe siècle, accentué par l'insularité de Rhodes, jusqu'au diplôme de droit et à l'exercice de la profession d'avocat au niveau le plus élevé en pays de haute culture, l'Italie d'entre les deux guerres.

"Je m'appelais Bui"

de Giovanni-Michel DEL FRANCO

collection amérindienne (Le Chant des Hommes) (CHANT DES HOMMES (LE)) | Paru le 06/03/2019 | 17,00 €

Le 5 octobre 1976, une femme d’environ quarante-huit ans s’éteint prématurément dans un hameau de la petite ville d’Umbertide (Ombrie), en Italie.

Elle a vu le jour à des milliers de kilomètres de là, dans un recoin quasiment inaccessible de la Sierra Madre mexicaine. C’est une Apache, née libre dans l’ultime refuge des survivants de son peuple. Loin des réserves nord-américaines, ils mènent, jusqu’à la fin des années 1930, une existence précaire, à l’écart des villages alentour, suivant un mode de vie périlleux mais qu’ils tiennent à préserver.

Bui, de son nom apache, y naît vers 1928. Elle perd son père et sa mère très jeune, puis sa grand-mère dans l’assaut de leur campement. Elle est, dans les jours suivants, recueillie et adoptée par un couple américain, les Harris. Ils la baptisent Carmela.

Cette enfant de la Sierra Madre se trouve alors projetée dans un monde étranger : elle suit ses parents adoptifs en Californie, avant d’aller habiter en Italie chez leur fille.

Cet ouvrage retrace l’étonnant destin de Bui – Carmela, « una storia affascinante » (une histoire fascinante) selon les mots d’un journaliste italien.

 

Dans l'odeur des livres et le parfum du papier d'Arménie

Dans l'odeur des livres et le parfum du papier d'Arménie

de COLLECTIF

Pousse-Café (CARNETS DU DESSERT DE LUNE (LES)) | Paru le 12/11/2018 | 6,00 €

Entretiens avec Jean-Pierre Canon, libraire bouquiniste à Bruxelles pendant plus de quarante ans à l'enseigne de La Borgne Agasse. Cet entretien réalisé peu avant sa disparition en janvier 2018, relate son parcours de libraire, ses rencontres, amitiés et correspondances avec de nombreux auteurs (Pirotte, Ceupens, Dhôtel...) et revient sur la littérature ouvrière dont il possède un fonds extrêmement riche et varié qui pourrait faire le bonheur des chercheurs et des universitaires.

«  Une boutique de livres d’occasion est le sanctuaire où trouvent refuge toutes les pensées les plus explosives, les plus hérétiques de l’humanité. Là, tels des bandits aux abois, se cache l’audacieuse progéniture de nos cœurs sauvages. Là est entreposé le fruit de nos larcins. Une librairie est une poudrière remplie de dynamite, une pharmacie pleine de poisons, un bar bourré d’alcools, une fumerie d’opium, un repaire de bandits, une île peuplée de sirènes. Là se trouvent les poisons mortels, les drogues pour calmer les douleurs, l’eau de vie qui rend fou, liqueurs et nectars qui enivrent. Là se trouvent concentrés les gémissements de toutes les générations humaines, leurs cris désespérés, les hurlements de tous ceux qu’on enferme, leur triomphante réconciliation. Ah ! le splendide conservatoire de toutes les folies humaines qu’une boutique de livres d’occasion. Tout bon libraire est une personnalité multiple qui réunit en elle tous les extrêmes de la sensibilité humaine. C’est un ascète, un immoraliste, un pornographe, un papiste, un quaker, un communiste, un anarchiste, un iconoclaste et un idolâtre. »

Extrait de Les plaisirs de la littérature, John Cowper Powys, L’Âge d’Homme, 1995

À ARMES ÉGALES

À ARMES ÉGALES

de Caroline GRANIER

RESSOUVENANCES (RESSOUVENANCES) | Paru le 06/10/2018 | 25,00 €

Les enquêtrices dans les polars… Les figures de fliquesses, de privées, de journalistes d’investigation, d’inspectrices sont de plus en plus nombreuses (françaises, européennes ou américaines). Cérébrales, fonceuses, intuitives ou rationnelles, épanouies ou névrosées. Célibataires ou en couple, avec ou sans enfants. Qu’ont-elles en commun ? Un désir d’aventures et une soif de liberté sans limites. Attention : elles sont souvent armées… combatives en tout cas. Car leur place dans un monde encore dominé par les hommes n’est pas acquise. Alors elles agissent et prennent leurs affaires en main : et si elles nous montraient la voie ?
Le polar, univers longtemps conditionné par les hommes et des représentations phallocrates, se féminise. Il constitue ainsi un miroir grossissant de notre société, terrain privilégié pour l’étude des rapports sociaux entre les sexes, et aussi du rapport à la violence. Cet ouvrage interroge ces représentations littéraires à travers le prisme du féminisme. Analysant un important corpus de romans, décrivant de nombreuses héroïnes différentes, il contribue à une réflexion sur la condition des femmes dans la société actuelle. Il témoigne d’interrogations sous-jacentes : l’affirmation doit-elle être identification aux anciens codes de domination ? Ceux-ci sont-ils spécifiquement masculins ? En s’emparant des attributs traditionnels d’une condition masculine déterminée, des femmes les érodent-elles ou, au risque de ne pouvoir s’en affranchir, les répètent-elles ? La violence peut-elle être un outil d’émancipation féministe ? •
Caroline Granier est agrégée et docteure en Lettres modernes ; elle enseigne en lycée. Elle a étudié la littérature anarchiste de la fin du XIXe siècle en France, en interrogeant ses rapports avec l’histoire et les luttes sociales, dans Les Briseurs de formules (Ressouvenances, 2010). Depuis plusieurs années, elle se passionne pour les romans policiers d’aujourd’hui qu’elle étudie sous l’angle du genre.
Elle a bénéficié pour ce livre d’une Bourse découverte du CNL.

Le Paris d'Apollinaire

Le Paris d'Apollinaire

de Franck BALANDIER

Le Paris des écrivains (ALEXANDRINES) | Paru le 05/10/2018 | 12,00 €

Sous le pont Mirabeau coule la Seine / Et nos amours / Faut-il qu’il m’en souvienne / La joie venait toujours après la peine.
C’est à Paris que Guillaume Apollinaire, éternel vagabond, poète de l’errance, se fixe et trouve son équilibre. « Flâneur des deux rives », il y installe sa bohème. Poète, dramaturge, romancier, pornographe, journaliste, mystificateur, parfois même un peu voyou, il sait capter, mieux que personne, la modernité littéraire et artistique de la capitale. Il en est le passeur magnifique.
Apollinaire tisse un réseau d’amitiés solides (Picasso, le meilleur ami, le Douanier Rousseau, Max Jacob, Gide, Cendrars…), et entretient des amours tumultueuses et parfois douloureuses. Il est le meilleur découvreur du surréalisme, dont il invente le nom, et devient le chantre et le précurseur d’une formidable épopée littéraire et artistique. C’est à Paris qu’il vit, qu’il travaille, qu’il aime. Et c’est à Paris qu’il meurt, le 9 novembre 1918, deux jours avant l’armistice, il y a tout juste un siècle.

La Grande Marche du Retour. Témoignages de Palestinien.nes 70 ans après la Nakba

La Grande Marche du Retour. Témoignages de Palestinien.nes 70 ans après la Nakba

de Annie FIORE

Hors collection (COURTE ÉCHELLE/TRANSIT (LA)) | Paru le 10/09/2018 | 22,00 €

Annie Fiore
La Grande Marche du Retour
Témoignages de Palestinien.nes
70 ans après la Nakba


Annie Fiore, journaliste de terrain indépendante spécialisée dans le Moyen-Orient et l’Afrique, a couvert la période de la 1ère Intifada (1987-1993), puis les années post Oslo (1993-2000) pour de nombreux journaux et magazines : L’Humanité  dimanche, Révolution, Le Monde Diplomatique, Jeune Afrique Économie et des contributions ponctuelles à Témoignage Chrétien, L’Humanité, La Terre, U Ribumbu.
Elle a publié en 1994 : Rêves d’Indépendance Chronique du peuple de l’Intifada chez l’Harmattan.
En 2016, près de 30 ans après son premier séjour, elle repart accompagnée de la réalisatrice Muriel Jacoub d’abord dans les camps de réfugiés de Jordanie, puis dans les Territoires palestiniens occupés et en Israël sur les traces et la mémoire des plus de 500 villages vidés de leurs habitants et détruits entre 1948 et 1952 par les colons sionistes puis par l’armée israélienne. Elles recueilleront images et enregistrements pour un film, La clé du sol, réalisé par Muriel Jacoub et ce livre La grande marche du retour qui allie témoignages de réfugiés, chassés de leur village, de leurs enfants et petits-enfants et de précieux rappels historiques.

 

la courte échelle / éditions transit

la courte échelle / éditions transit
ISBN 978-2-917270-20-2                              22 €

 

Le Paris de Rimbaud

Le Paris de Rimbaud

de Jean-Luc STEINMETZ

Le Paris des écrivains (ALEXANDRINES) | Paru le 12/04/2018 | 9,90 €

Rimbaud, que l’on voit toujours en adolescent de Charleville, fut aussi, de 1870 à 1873, un Parisien
temporaire, soucieux de montrer ses vers et de fréquenter les milieux de la poésie nouvelle.
Accueilli par Verlaine qui l’aimera corps et âme, il sera dans la capitale au hasard de nombreux
gîtes occasionnels durant une période des plus troublée : la France occupée, les heures de la
Commune, les débuts houleux de la Troisième République.
Habitué des cafés et des cercles artistiques (les Vilains-Bonshommes, les Zutistes), ami, devenu
vite insupportable, de Charles Cros ou de l’inénarrable Cabaner, il déambula dans le Paris de
l’époque où il tenta de vivre, mal nourri, mal logé, et écrivit certains de ses plus étonnants poèmes.

Le Paris de Maupassant

Le Paris de Maupassant

de Françoise MOBIHAN

Le Paris des écrivains (ALEXANDRINES) | Paru le 12/04/2018 | 9,90 €

« Décidément l’air de Paris ne ressemble à aucun air. Il a un je-ne-sais-quoi de montant, d’excitant, de grisant, qui vous donne une drôle d’envie de gambader et de faire bien autre chose encore. » (Une soirée)
Jeune Normand exilé dans la grande ville, Guy de Maupassant ne s’est jamais vraiment senti chez lui à Paris. Mais il savait que c’était là le « fumier des artistes », le terreau indispensable à leur éclosion.
Après des débuts difficiles, rien ne résiste à ses rêves de gloire : de l’explosion de Boule de suif au succès des derniers romans mondains, l’auteur de Bel-Ami fait à Paris une conquête fulgurante qui le pousse à quitter son IXe arrondissement pour les beaux quartiers de l’Ouest. Un temps sensible à « son air capiteux et vif », amateur de ses plaisirs mais observateur incisif de ses moeurs et contempteur de ses laideurs (ah ! la Tour Eiffel !), il n’y peut apaiser son mal-être, exacerbé par son rythme de vie et la maladie.