l'autre LIVRE

Pierre LAURENDEAU

Ayyam

Ayyam

de Gaspard DE LA NOCHE & Pierre LAURENDEAU

Lettres d'ici (GINKGO) | Paru le 07/03/2019 | 9,00 €

Une héroïne prête à toutes les soumissions...
Sous des dehors de femme du monde (elle vit à Passy et fréquente les boutiques chics de Neuilly), Ayyam mène une double vie : épouse de Camille l’homme d’affaires le jour, elle devient le soir une sorte d’escort de luxe, star du putanat de Monsieur Max, son maître et mentor, qui l’utilise au gré de sa fantaisie et de ses combines.
Ces trois longues nouvelles nous font découvrir : les débuts d’Ayyam au Caire, alors que, simple lycéenne, elle devient l’objet de jeux pervers entre le proviseur et sa secrétaire (Gaspard de la Noche) ; une mission stanbouliote aussi sportive que perverse (Gaspard de la Noche) ; enfin, une rude expérience au coeur d’un glacier groenlandais (Pierre Charmoz).
À la fois libre et très soumise, Ayyam est une héroïne des temps modernes, née sous la plume talentueuse de Gaspard de la Noche, qui la prête volontiers à ses ami(e)s écrivains.

Petit Lexique de la modernitude

Petit Lexique de la modernitude

de Jean-Marie AUDIGNON & Pierre LAURENDEAU

Lettres d'ici (GINKGO) | Paru le 20/04/2018 | 9,00 €

« ASCENSEUR SOCIAL. – Éco. Outil moderne parfois utilisé par des personnes d’extraction modeste afin d’atteindre, métaphoriquement, le haut du panier. Ainsi l’ouvrier et l’employé, poussant leurs compétences au-delà du possible, forçant la déférence envers la hiérarchie, après avoir habilement éliminé leurs rivaux, faisant parfois le détour par un syndicalisme de connivence, se glisseront-ils bientôt dans l’uniforme tant envié du chef de service ! Notons que cette cabine qui monte et qui descend peut être à plusieurs vitesses : « Si elle prend l’ascenseur social, c’est en mode express. » (Le 1, 21/9/2016)… Hélas ! l’appareil est souvent en panne : « Le Rouge et le Noir, de Stendhal, est le premier roman de la panne de l’ascenseur social. » (Le Monde, 19/11/2012). Nous voici bien loin de l’époque pré-électrique où, pour s’élever dans la société, on avait recours à la bonne vieille échelle sociale. ¶ Comme l’écrit un blogueur en un joli télescopage de métaphores : « L’ascenseur social, c’est un peu le canot du Titanic. »
GLAMPING. – Angl., néol. À la décharge la tente canadienne de nos jeunes années, en compagnie de la « Cabanon » pourrie de papa. Au xxie siècle, le glamping – association de « glamour » et de « camping » – fait recette : yourte mongole dans le bocage normand ; roulotte façon tzigane pour sillonner la Creuse ; cabane dans les branches d’une forêt tricentenaire ; igloo creusé avec les dents. À des tarifs de séjour en navette spatiale, sans eau chaude ni électricité. Toilettes sèches de rigueur. Les bobos en raffolent. »

Un répertoire ironique entre novlangue et boboïtude
En établissant leur liste (non exhaustive) au hasard des rencontres et des lectures, Jean-Marie Audignon et Pierre Laurendeau ont dressé un portrait amusé des outrances langagières de la « modernitude » : création de franglismes et de néologismes reflétant une évolution permanente des us et des coutumes de nos contemporains ; remise au goût du jour de métaphores et d’antonomases vieilles comme le (vieux) monde. Michel Guérard les accompagne ici en proposant rien moins qu’un nouveau code de la (dé)route langagière
« Une balade stimulante et drolatique dans la jungle de la modernité. »
Jean-Loup Chiflet.

 

Jean-Marie Audignon est né à Bordeaux au xxe siècle. Il a été successivement instituteur, contrôleur des impôts, vendeur de bonbons des Vosges puis de journaux sur le pavé parisien, guide d’aveugles, enquêteur à l’Office national d’immigration, électricien du bâtiment, relecteur à L’Express puis correcteur à Sud-Ouest. Il vit actuellement dans une cité ostréicole du Bassin d’Arcachon. A participé à La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, de Pierre Desproges et Jean-Louis Fournier, écrit quelques portraits pour Le Monde Dimanche, ainsi que des sketchs pour Merci Bernard (FR3), de Jean-Michel Ribes.


Angevin de naissance mais montagnard de coeur, Pierre Laurendeau s’est installé dans les Hautes-Alpes en 2012 après avoir successivement usé de nombreux métiers : arroseur de pelouses, surveillant d’externat, fabricant de bibliothèques, correcteur, éditeur, chargé de cours à l’université. Exerce désormais sa retraite à temps plein.
Au cours de sa courte vie, semée d’expériences parfois heureuses, il a mis la main à la pâte (à papier) à plus de cinq cents livres.


Michel Guérard, peintre, dessinateur, graphiste, a illustré de nombreux ouvrages. Avec Pierre Laurendeau, il a concocté un manuel de cuisine pour débutants et maladroits (Ginkgo) qui a fait date dans la gastronomie française.
Bibliographie des auteurs en début d’ouvrage.