l'autre LIVRE

Le grant écart ou les 51 nouvelles de la joie de vivre

de Pierre DEBAUCHE

Ces 51 « nouvelles du front » constituent un objet littéraire non identifié. Pierre Debauche y pratique le grand écart entre constat de l’absurde folie des hommes et exercice de la joie de vivre. Il se livre dans un cheminement narratif fulgurant qui nous conduit, des anecdotes de l’enfance, d’une vie d’homme sans regrets, à l’universalité de la condition humaine.

L’homme fuit les formes figées comme les étiquettes : le poème s’invite, surgit au détour d’un récit, manière d’aphorisme. Sans cesse à l’affût d’expressions singulières, Pierre Debauche défriche de nouveaux sentiers qu’il arpente en homme libre. C’est en faux naïf – il faut être un petit peu dupe, se plaît-il à rappeler – qu’il accueille l’altérité comme une chance sans cesse renouvelée de créer du sens.

Héritier d’une éducation paternelle déterminante, Pierre Debauche écrit comme il joue ou met en scène, dans une invitation permanente à l’apprentissage du désir. Il nous mouille jusqu’au cou : ces 51 nouvelles, souvent initiatiques, sont autant de petites vagues qui nous portent et nous jettent dans la vie, éveillant singulie?rement, parfois brutalement, le désir de s’échapper, de fuir le conformisme et la bien-pensance.

Au fil des textes, on entre en belgitude comme en humanité : Pierre Debauche nous entraîne dans cette quête farouche de liberté dont il faut bien payer le prix... Et de reprendre en chœur, avec lui : « Mais qui m’accueillera bordel ? »

Bonus

l'extrait

"Vingt-sept ans passent. Nous sommes au Théâtre Daniel Sorano de Vincennes. On y joue Judith de Friedrich Hebbel. Quand Judith doit trancher la tête d’Holopherne j’ai imaginé tendre une toile parallèle du bord de scène à la cour. La toile est tendue entre deux faisceaux d’épées. Quand derrière cette toile le public voit tomber l’épée de Judith, un assistant jette par derrière un seau de peinture rouge. Et un soleil rouge grandit pendant que Judith et Mirza, Nita Klein et Evelyne Istria, continuent de trembler.

J’étais heureux. Prix de mise en scène. Beaucoup de spectateurs.
Et je me disais : quelle trouvaille ce soleil rouge. Ça me rappelait Apollinaire : « adieu adieu soleil, cou coupé
1». "  Guillaume Apollinaire, Zone, Alcools, 1913.

52 récits drôles et émouvants d’une vie à hauteur d’homme.
Une leçon de désir et de liberté.
Un témoignage incontournable sur l’histoire du théâtre de 1950 à aujourd’hui.

Fiche technique

Prix éditeur : 17,00 €


Collection : Majuscules

Éditeur : IRE DES MARGES (L')

EAN : 9791092173062

ISBN : 979-10-92173-06-2

Parution :

Façonnage : cousu

Pagination : 203 pages