l'autre LIVRE

Marie COSNAY

Surveillances

Surveillances

de COLLECTIF

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 11/05/2016 | 16,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Fut un temps où la sauvegarde de nos vies (sauvegarde au sens informatique qu’on lui prête aujourd’hui) était l’apanage des artistes, et notamment des écrivains. Mais, à l’heure de la surveillance de masse, des réseaux sociaux et des algorithmes invasifs, si nos vies sont suivies en temps réel, serons-nous encore capables de les écrire ? Née dans un contexte sécuritaire particulier où, de New York à Paris, sous prétexte de lutter efficacement contre le terrorisme, l’état d’urgence est devenu la norme, cette question nous concerne tous.

Parce que la pratique de l’écriture se heurte tout particulièrement à ces enjeux, et dans le prolongement d’un symposium organisé en novembre 2014 dans le cadre du Festival du Film de Lisbonne sur le thème « Créateurs et surveillance », Céline Curiol et Philippe Aigrain ont invité dix écrivains contemporains à donner corps à cette question.

D’Orwell à Amazon en passant par les drones espions, Noémi Lefebvre, Christian Garcin, Marie Cosnay, Céline Curiol, Claro, Carole Zalberg, Bertrand Leclair, Miracle Jones, Cécile Portier, Isabelle Garron, Catherine Dufour et Philippe Aigrain s’en remettent à la fiction et au langage pour nous ouvrir les yeux.

Sanza lettere (road movie)

Sanza lettere (road movie)

de Marie COSNAY

Alimage (ATTENTE (L')) | Paru le 07/04/2015 | 13,00 €

Un basculement intime au moment d’un basculement politique, on a vu le temps fléchir, on ne peut pas faire autre chose qu’espérer. La narratrice prend la route, rencontre des réfugiés dans une forêt de l’Aude, un voleur de bateau en Méditerranée, une infirmière peu conforme à confondre et des squatteurs à Besançon. C’est ça : la narratrice tente de se frotter au monde, de le rencontrer – mais voilà, cela semble vain. Restent les étapes nommées, les Gertrude Stein, Dashiell Hammet, Pere Gimferrer, Jean-Patrick Manchette et Virgile.

    C’est un road movie, une fuite, une fille, la narratrice a bel et bien l’impression qu’elle fuit un crime qu’elle a commis et oublié, un corps gît au centre d’une pièce ; au bout de la course, au moment du retour, c’est elle-même la narratrice qui se retrouve allongée au sol, au centre – et si quelqu’un court encore dehors, en liberté, dans le monde bel et bien rejoint, c’est une sorte de sœur, de double : « court, sandales aux pieds traversant les territoires les muscles bandés le cœur vif et la force du taureau, une qui est sans fatigue ».

L'Allée du bout du monde

L'Allée du bout du monde

de Marie COSNAY

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 25/07/2012 | 11,98 €

D’abord ce texte pour la beauté de sa prose.

Beauté violente. Et tout ce qu’on y reconnaît du monde, le nôtre : la nuit sauvage des villes, les gares quand on en a perdu le nom, les bords d’autoroute et ces discussions face à face quand le lendemain les yeux qu’on revoit n’ont plus de nom ni de visage.

J’ai souvent pensé au début du Bruit et la fureur, de Faulkner : Benjy voit et pense dans un temps simultané, juxtaposé, où tout se chavauche. Et qui pour ne pas savoir, même s’il faut s’en défendre pour que tienne la vie au quotidien, qu’il n’y a pas de vraie séparation entre le rêve et le réel ?