l'autre LIVRE

Benjamin PERET

Les couilles enragées

Les couilles enragées

de Benjamin PERET

Prairial (PRAIRIAL) | Paru le 01/11/2015 | 8,00 €

Ce conte frénétique de Benjamin Péret, où perroquets, montres et miroirs baisent et jouissent à qui mieux mieux, devait paraître en 1928 chez l’éditeur clandestin René Bonnel, comme L’histoire de l’œil, de Bataille, et Le con d’Irène, d’Aragon. Mais les premières feuilles imprimées sont saisies par la police, empêchant la publication. 

Neuf poèmes extraits du livre paraissent l’année suivante, avec des textes d’Aragon et des photos de Man Ray, dans la plaquette 1929. Il faudra attendre 1954 pour une première édition complète chez Éric Losfeld, sous le pseudonyme de Satyremont et sous le titre Les rouilles encagées

Le « grand dessin / arbre généalogique » d’Yves Tanguy prévu à l’origine ayant semble-t-il disparu, nous avons demandé à Killoffer de nous en livrer son interprétation.

Dans la zone torride du Brésil

Dans la zone torride du Brésil

de Benjamin PERET

Micheline (CHEMIN DE FER) | Paru le 23/09/2014 | 15,00 €

“Bondissant de racine en souche pour s’affaler en grinçant dans des flaques qu’on dirait de sauce tomate, la jeep, tel un cheval monté pour la première fois, s’élance sur une piste se glissant dans une forêt si dense que l’œil, à trois pas, ne perçoit plus qu’un mur végétal. En moins d’un quart d’heure nous avons atteint le campement indien dont la proximité nous a déjà été signalée par deux douzaines d’enfants nus et rieurs qui ont jailli des fourrés pour saluer notre passage de grands cris joyeux et de gestes de bienvenue. Enfin la jeep s’immobilise dans une clairière que les Indiens ont ouverte ou agrandie dans la forêt.”

 

En 1956, Benjamin Péret séjourne à deux reprises chez les Indiens du Brésil, dont il partage l'habitat naturel et le quotidien. 

Dans la zone torride du Brésil réunit le récit de ce voyage et les photographies inédites qu'il en ramena, réalisant ainsi le projet qu'appelait de ses vœux le poète surréaliste à la fin de sa vie. S'y ajoute un article, inédit en français, qu'il publia dans le magazine brésilien Manchete

 

“Benjamin Péret regarde vivre les Indiens dans leurs difficiles conditions matérielles avec la délicatesse respectueuse de celui qui sait combien l’échafaudage de leur mode d’existence est fragile. Précieuses sont leurs manières propres de lutter contre la nature, de prêter considération aux autres, de laisser éclater de grandes bouffées de joie vive, de se comporter au quotidien avec leurs enfants, leurs femmes, de donner un sens légendaire aux événements. 

L’aptitude à la surprise de Péret lui-même n’est évidemment pas pour rien dans l’intérêt de son récit, qui joue à merveille du proche et du lointain, pour faire entrer le lecteur dans la zone torride du Brésil. Comment, sans son aide, nous engagerions-nous sur ces chemins gonflés “comme des boas repus”?? Qui d’autre nous ferait voir, comme lui, jusqu’aux entrailles spongieuses de la forêt, ces fleurs “à l’aspect inquiétant de foie de veau avarié”??” 

Jérôme Duwa