l'autre LIVRE

VER À SOIE (LE)

Salon 2018 : Retrouvez cet éditeur sur le stand A25

Lorsque je vois ces deux êtres, qui ont abandonné un monde l'un pour l'autre, je me sens humble en face d'un pareil amour. Le fruit en sera précieux - aussi merveilleux qu'un jade. Quant à leur enfant, je suis perplexe. Il devra se créer lui-même sa voie. L'Est et l'Ouest, fondus en lui, le méconnaîtront et le répudieront l'un et l'autre. Je crois cependant que s'il hérite de l'énergie de ses parents, il saura comprendre ces deux mondes et triomphera.
(Pearl Buck, Vent d'Est, Vent d'Ouest).

 

L'originalité des éditions Le Ver à Soie réside autant dans le format des textes proposés (des textes également courts, ne dépassant pas 50.000 signes, mais possiblement illustrés), que dans le fait de construire un catalogue autour de l'exploration de ces zones non « géographiques » et souvent déterritorialisées que sont les espaces minorés du vaste continent de l'écriture contemporaine, où les textes – quelle que soit leur langue d'écriture -, ne s'appréhendent pas comme de simples variations sur le voyage, mais comme des invitations sans cesse renouvelées à concevoir l'écriture comme le témoignage d'une quête, d'un déplacement ou d'un décentrement propres aux multiples formes de l'expérience exilique. Nous ne nous posons pas la question de savoir ce qu'est l'exil, car notre but n'est pas de souscrire ou de participer à la création d'une ontologie. Nous voudrions comprendre comment il se comporte et quelles sont les multiples manières, y compris modernes, dont on en produit.

 

Qu'il s'agisse donc de considérer les seuils, les marges, les espaces de mixité, les situations de précarité, les groupes de population minorés, la manière dont nous utilisons le travail ou d'autres prétextes pour excuser et justifier notre inhumanité, les mémoires effacées, les joies de la résilience, « l'entre » des langues, les traductions du réel, les grandes histoires de petits objets, les enseignements de la parole enfantine ou ceux des passeurs d'humanités, les textes seront courts pour commencer. Quant à la langue française, elle ne sera qu'une possibilité, tant il s'agira de valoriser les traductions, de et vers d'autres langues, sans limitations de frontières ou d'origines.

Adresse : 63, rue de Paris
94220 Charenton-le-pont
Téléphone :+ 33 6 59 02 96
Site web :http://www.leverasoie.com
Courriel :nous contacter
Représentant légal :Virginie Symaniec
Forme juridique :Auto-entrepreneur
Racine ISBN :979-10-92364
Nombre de titre au catalogue :6
Tirage moyen :5
Anonyme

Anonyme

de Luc FIVET

200 000 signes (VER À SOIE (LE)) | Paru le 15/03/2018 | 18,00 €

Avec Anonyme, Luc Fivet renoue avec un de ses genres de prédilection : le roman noir. Dans ce thriller social aux accents kafkaïens, un homme ordinaire, comptable de son état, découvre un autre homme en survêtement qui patiente devant la porte de sa maison. Celui-ci lui demande un euro pour le laisser rentrer chez lui. Juste un euro. Le prenant pour un clochard, le comptable lui tend une pièce et ouvre la porte. L’autre le suit dans le vestibule. La descente aux enfers a commencé. Mené à un rythme haletant, Anonyme décrit un monde où la chute peut frapper n’importe qui, à tout moment. Elle peut être rapide, parfois cocasse, mais les règles sont claires et les rôles bien définis. Chacun joue son jeu avec les cartes dont il dispose. Mais les dettes se paient cash. La mise de départ : un euro.

Café Hyène : un plan d'accompagnement

Café Hyène : un plan d'accompagnement

de Jana BENOVA

100 000 signes (VER À SOIE (LE)) | Paru le 20/03/2015 | 15,00 €

Café Hyena est une mosaïque atypique d'observations, de perceptions, de réflexions et de souvenirs. Elza, son amie Rebeka et leurs deux compagnons, Ian et Elfman, se rencontrent régulièrement dans un café branché du centre-ville de Bratislava pour passer discuter, lire et boire. Dans ce café, fréquenté par les touristes et les gens aisés, on les prend pour des étudiants. Ils viennent du quartier de Petržalka, une des plus grandes cités hlm d'Europe « Où les murs jouent de la musique et parlent. Et où le temps est immatériel. Là, vous pouvez rencontrer des créatures que le monde pense disparues, éteintes. Les bonnes et mauvaises ». Pour Elza, Petržalka est l'endroit « d'où elle ne pourra jamais s'échapper », elle doit protéger la personne aimée qui s'y trouve coincée, elle doit continuer sur cette route appelée Petržalka : un voyage qui peut mener à la folie ou à la mort.

Voir aussi La collection 100 000 signes sur le site du Ver à soie

Couteau tranchant pour un coeur tendre

Couteau tranchant pour un coeur tendre

de Maria RYBAKOVA

Le Russe cosmopolite (VER À SOIE (LE)) | Paru le | 18,00 €

Roman tango sur l'amour passion et la jalousie meurtrière, traduit du russe par Galia Ackerman avec le soutien de l'Institut de la traduction de Moscou.

Format : 14 x 20
ISBN : 979-10-92364-21-7
Prix : 18 euros
Disponible depuis le 28 janvier 2016

Cette histoire parle d’un fleuve, d’une femme tombée amoureuse de ce fleuve, et de leur fils devenu voleur avant de connaître une triste fin. Si on les juge, que diront-ils pour se justifier ? La femme balbutiera : j’ai aimé. Son fils dira : j’ai eu foi. Les eaux du fleuve garderont le silence, mais la loi n’a pas de prise sur elles. À la fin, le voleur voudra écouter le tic-tac d’une montre. La femme demandera la clémence pour son mari, mais oubliera complètement son fils. Le fleuve continuera de couler et pleurera ceux qui sombrèrent dans ses eaux. Ayant pleuré tout son soûl, il se desséchera et s’enlisera dans le sable, et les hommes marcheront dans son lit aride. Je crois aux mots, comme un voyageur fait confiance au fleuve quand il s’y engage en barque. Les mots me portent, et la forêt de la vie des autres se dresse des deux côtés. Où accosterai-je ? Où est celui qui me murmurait des mots d’amour la nuit ? Je ne me souviens ni de son nom ni de la ville où cela s’est passé. En se retournant, le voyageur remarque qu’il ne reconnaît plus le chemin qu’il a parcouru.

La Déesse des vers à soie.

La Déesse des vers à soie.

de ANONYME

Minuscules (VER À SOIE (LE)) | Paru le 03/09/2014 | 14,00 €

Cannü vit avec son père dans un village. Ils possèdent un cheval un peu particulier qui comprend le langage des hommes. Un jour, le père de Cannü doit s'absenter pour traiter une affaire, mais les jours passent, et il ne revient pas. Cannü demande au cheval de partir à sa recherche, seulement voilà : le cheval est amoureux de la jeune fille et celle-ci lui fait la promesse de l'épouser s'il parvient à retrouver son père...

La Déesse des vers à soie est une adaptation d'un conte traditionnel chinois sur l'exil et la résilience. On y apprend comment une jeune femme réussit à transformer sa tristesse en apportant la richesse aux petites gens et en créant le plus beau fil qui soit.

Elza Lacotte est plasticienne, diplômée de l'École régionale des Beaux-Arts de Rennes (2007) et félicitée lors de l'obtention du Diplôme Supérieur d'Expression Plastique à l'École européenne et supérieure de l'Image de Poitiers (2009). Elle est actuellement installée à Clermont-Ferrand, où elle exerce les activités de graphiste, de plasticienne et de sérigraphe. Passionnée de cartographie et de littérature, elle oriente sa pratique artistique sur l'imaginaire, le voyage et la quête.

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Le dernier bateau pour Yokohama

Le dernier bateau pour Yokohama

de Michel WASSERMAN & Nassrine AZIMI

Hors collection (VER À SOIE (LE)) | Paru le 20/06/2013 | 14,00 €

Le dernier bateau pour Yokohama. Les Sirota : une odyssée culturelle et politique, de Michel Wasserman & Nassrine Azimi. Illustration de couverture : Elza Lacotte.

Ce livre dit la tragédie et la grandeur du vingtième siècle. Il traite du passage de relais entre un père et sa fille, au plus haut niveau d'action artistique et politique. Échappant à la tourmente nazie, Leo Sirota, virtuose à l'égal des plus grands, forma au cours des années trente l'élite des pianistes japonais. Sa fille Beate, élevée au Japon dont elle possédait parfaitement la langue, rédigea à 22 ans auprès de MacArthur l'article décisif sur l'égalité des sexes dans la constitution pacifique élaborée par l'occupant. Rentrée aux États-Unis en 1947, elle se consacra pendant près d'un demi-siècle à sensibiliser le grand public américain aux traditions théâtrales de l'Asie. Elle nous a quittés le 30 décembre 2012, suscitant un hommage planétaire.

Michel Wasserman enseigne à l'université Ritsumeikan, à Kyôto. Rien de ce qui relève dans l'archipel du théâtre et de la musique ne lui échappe. Haut fonctionnaire aux Nations Unies en poste à Hiroshima, Nassrine Azimi fut une amie proche de Beate Sirota.

Désordre

Désordre

de Einar SCHLEEF

Les Germanophonies (VER À SOIE (LE)) | Paru le 05/12/2014 | 15,00 €

Publié avec le soutien du Centre National du Livre, le concours de la Région Île de France et en association avec la compagnie inExtremis.

Recueil de récits d’un exilé de la RDA, enfermé à Berlin, face à son mur intérieur et à son passé emmuré.

Préface de Elfriede Jelinek

© Illustration de couverture: ADAGP, Paris 2014, Einar Schleef, Selbst in Bademantel (Autoportrait en peignoir), années 1980.


Date de disponibilité : 5 décembre 2014
ISBN : 979-10-92364-13-2
Prix : 15 euros

Oublier. Quand j'écris là j'y arrive, maux de tête à cause du martèlement, là je ne dois pas penser, là martèlent les tempes. Je cours jusqu'au métro, roule Porte de Kottbuss et fonce jusqu'au Mur. En vis-à-vis lumière et eau. Là je reprends mon calme, vois le poste frontière, lui moi, je fais demi-tour vers la maison. Souvent je me représente cela, qu'il tire, je ressens le tir en moi, la tempe s'ouvre, mon sang se répand sur la poitrine, je bascule en moi-même. Sable dans la bouche je tombe de côté. Un petit pas de trop suffit pour cela, bienvenue.

"Il n'y a eu que deux génies en Allemagne après la guerre, à l'Ouest Fassbinder, à l'Est Schleef. Tous deux étaient insatiables, mais seulement pour pouvoir donner d'autant plus. À la fin, ils se sont donnés eux-mêmes".

Elfriede Jelinek, 2001

"Einar Schleef appartient aux quelques êtres humains qu'il m'arrive d'envier. Ses travaux dans les divers domaines de l'art font toujours sauter le cadre et, dans tous les cas, mettent l'art – où ce que l'on entend sous ce terme – en question. Ils appartiennent à la matière dont sont faits les rêves du siècle, ses cauchemars aussi. (...) La première qualité de sa littérature est la renaissance du conteur dans l'esprit de la langue – qui est d'abord le parler, un affront contre la « littérature », contre l'écriture. Il sait avec Kafka que l'art est une affaire du peuple. Parmi les morts, c'est Kleist qui lui est le plus proche – un poète sans peuple".

Heiner Müller

Einar Schleef, disparu à 57 ans en 2001, était un artiste culte en Allemagne : ses talents d'auteur, de peintre, de metteur en scène, de scénographe, voire de photographe, ont marqué tant la scène théâtrale que la littérature allemandes. Homme de théâtre avant tout, mais également auteur, peintre et photographe, ce créateur – figure majeure et déjà mythique de la scène artistique allemande au cours de ces trente dernières années – demeure encore peu connu au-delà des frontières germanophones.

Les Enfants d'Alendrier

Les Enfants d'Alendrier

de Alhierd BACHAREVIC

200 000 signes (VER À SOIE (LE)) | Paru le 11/10/2018 | 18,00 €

Premier roman traduit du biélorussien en français, Les Enfants d'Alendrier pourrait ne narrer que l'histoire de deux enfants en fuite, après que leur père les a libérés d'un camp de redressement où on les avait enfermés pour les "soigner" de leur "drôle" d'accent impropre au sein de La Grande Langue littéraire. Mais Les Enfants d'Alendrier sont aussi l'histoire d'une fuite en avant dans la question de la langue en Biélorussie, où le lecteur devra, comme dans un conte, affronter Baba Iaga - ou bien serait-ce la sorcière d'Hansel et Gretel ? -, et nombre d'adultes prêts, comme elle, à les croquer tout cru ; mais aussi apprendre à évoluer, comme les Biélorussiens, entre les langues, ici présentées dans tous leurs états :

"À cette époque déjà, ce docteur en devenir se passionnait pour la biologie. C’était sa matière préférée. Même si son institutrice ne lui plaisait pas trop, il suivait ses cours complémentaires. L’institutrice en savait peu. Il en voulait plus. L’institutrice ne parlait pas non plus correctement. Il brûlait toujours d’envie de la corriger. Mais une ou deux choses de sa vie dépendaient directement d’elle. Il regardait sa bouche, son dentier et voulait savoir ce qu’il y avait derrière. Les professeurs, ce sont ceux qui ont le droit de prononcer des sons et de dire des mots sans que personne ne puisse les interrompre. Il aimait écouter l’instructeur militaire, celui-là n’était pas d’ici, il parlait proprement et distinctement, comme on frappe sur un tambour – mais la vie dans la petite ville avait commencé à le corrompre. Il faisait de plus en plus souvent des fautes de prononciation en parlant comme les vieilles du marché. Il ressentait physiquement de la douleur, comme si on lui avait luxé un bras ou brûlé un dessin sur la peau à l’aide d’une loupe – c’était un de leurs jeux à l’école. Mais d’où venait le son ? Comment naissait-il ? Quels obstacles devait-il franchir pour être entendu, prononcé ? Des lèvres de l’institutrice sortait La Langue. Et le docteur avait très envie de la recevoir comme elle le méritait".

Les esprits moldaves voyagent-ils toujours en bus vers l'Ukraine ?

Les esprits moldaves voyagent-ils toujours en bus vers l'Ukraine ?

de Vala L. VOLKINA

Sam e-zdat (VER À SOIE (LE)) | Paru le 10/06/2013 | 16,00 €

"J'ai aimé ce livre plein d'imagination... Il en faut, comme il faut du talent pour faire un livre d'un long voyage en bus. Bravo l'auteur! J'ai par ailleurs toujours eu envie de voyager en Europe de l'Est, persuadé que ce voyage [en car] serait tout autre que le même parcours en avion. En lisant ce livre, à 80 ans, j'ai un peu réalisé mon rêve. Soyez persuadée que je mettrai tout mon cœur à assurer au Ver à soie la diffusion qu'il mérite" (envoyé par Guy, le 18.07.2013 de Roubaix).

 

Les Esprits moldaves voyagent-ils toujours en bus vers l'Ukraine ? de Vala L. Volkina. Illustré par Elza Lacotte.

 

« Il avait suffi que le chauffeur principal passe la première pour qu'un silence religieux s'installe parmi les passagers. Chacun avait commencé à pousser mentalement, et dans sa langue, le gros équipage. Comme ce n'était pas le moment de maigrir, j'avais commencé à grignoter scrupuleusement des noix de cajou, pendant que mon voisin, bien plus corpulent que moi, s'était littéralement jeté sur son sac pour en tirer un repas complet. Après avoir poussé un soupir de satisfaction rien qu'à la vue de son entrée, il se décida à se présenter : « Bonjour, je suis Roumain ! » Puis, sans transition, Roumain sortit une grosse cuillère à soupe de la poche intérieure de sa veste pour laper un énorme framboisier en voie de décongélation. Il se demandait bien ce qui me prenait, à moi, une Française, de partir en Ukraine. Moi aussi, au fond, à cet instant précis, je me le demandais bien... ».


Ce livre est désormais également disponible en version e-pub.

 

Fjall, aux confins du monde

Fjall, aux confins du monde

de Soler TRISTAN

50 000 signes (VER À SOIE (LE)) | Paru le 15/10/2015 | 16,00 €

Qui est-il, Fjall, cet homme errant sur la toundra arctique hantée par les bêtes ? Ayant dû fuir - mais quoi ? - il s’est adapté en ermite polaire au monde sauvage. Il s’est chamanisé, joue avec les esprits animaux, danse sur la glace, invoque les chants qui apaisent, trace les graffitis magiques dans la neige. Est-il un rescapé des massacres, ou le songe des adolescents chercheurs d’art pour s’inventer, contre le présent technologique, les nuits blanches du septentrion comme utopie ? Un inquiétant et débonnaire double lointain ? Ou bien ce qu’il reste en nous de la violence des hordes, des métamorphoses de nos mémoires ? « Fjall, c’est le nom de l’homme. Il laisse la chouette s’abriter sur la poutre. Il lui raconte toutes sortes de choses, les mots qu’il n’a jamais accepté de prononcer pour aucun humain. D’ailleurs il s’agit, dans ces discours, de la méchanceté des hommes, de leur bêtise à comprendre ce que lui, Fjall, et désormais la chouette, savent sur la nature de l’existence ». (Voir aussi notre entretien avec l'auteur)
 

Gertrud, Monologue pour Choeur de Femmes

Gertrud, Monologue pour Choeur de Femmes

de Einar SCHLEEF

Les Germanophonies (VER À SOIE (LE)) | Paru le 30/11/2016 | 20,00 €

Gertrud, Monologue pour chœur de femmes, traduit de l’allemand par Marie-Luce Bonfanti et Crista Mittelsteiner
accompagné de Gertrud – Bribes de mémoire, création musicale pour 6 comédiennes et instruments de Henry Fourès
Postface d’Elfriede Jelinek.
Illustration : © Adagp, Paris, 2016. Schleef Einar, Selbstildnis, Ende der 60er Jahre.
ISBN : 979-10-92364-25-5
Format : 140 x 180 mm
Nombre de pages : 86
Prix public : 20 euros
Disponible le 30 novembre 2016

Je tâtonne sur une vaste surface, mes yeux collés, pieds nus, cendre entre doigts de pieds, ma robe courte, brune, élimée, me cogne les jambes. Mon châle à poussier autour de la tête, je suis amaigrie, les seins creux, ma robe semble être une blouse brune une vague blouse brune, nouée avec une corde, la desserrer tant elle coupe profondément dans la chair, sens ma peau, sillons et côtes, frotte les yeux penchée en avant, la crasse tient bon, paupières collent, les nuages doivent être sombres, s’ils dérivent, se baisser jusqu’au sol, ma main le touche, je sens de la cendre, mais ça doit remonter à une éternité, quelque chose travaille en moi, pousse en avant, mais qui est-ce. Je frappe la poitrine et tâtonne à nouveau. Si j’avais un bâton. Des bâtiments à l’horizon. Ou une lumière. Ça brille doucement, vaguement, oui je sens déjà les rayons sur le visage. Mes cheveux sont blancs, je trébuche, la cendre est tendre. Doucement. Les nuages semblent dériver vraiment rapidement. De la fumée. Derrière du jaune, c’est le soleil. Mais pourquoi ça ne se précise pas. Pluie commence. Silence, juste un fin goutte-à-goutte, pourquoi la cendre ne se mouille pas. Ça viendrait des bâtiments, dans les étages se reflète le soleil, voilà pourquoi il ne m’atteint que de temps en temps.

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Ce livre est publié avec le soutien du Centre national du livre, le concours de la région Île de France, et en association avec la compagnie inExtremis.

Une première présentation de ce texte inédit a eu lieu lors d’un après-midi d’hommage à Einar Schleef sous la direction de Crista Mittelsteiner, intitulée J’étais là, mais le théâtre était parti, lors du Festival d’Avignon 2008 dans le cadre des Rencontres d’Été à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon. La traduction de ce texte a également bénéficié de l’aide de Transfert Théâtral, du CnT et du CNES-Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon.

Ce livre-CD a reçu le Label « Rue du Conservatoire », association des élèves et anciens élèves du CNSAD.

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La création musicale pour 6 comédiennes et instruments de Henry Fourès qui accompagne ce livre a fait l’objet d’une commande de Le Ver à soie, Virginie Symaniec éditrice. Elle a bénéficié des soutiens de l’Adami, de la Cité de la Voix, de Musique Française d’Aujourd’hui (MFA) et du Goethe Institut. Elle a été réalisée en coproduction avec la Compagnie inExtremis et le Gmem - Centre National de Création Musicale de Marseille.

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Tous nos remerciements vont également aux généreux donateurs qui ont soutenu la réalisation de ce projet exceptionnel.

 

Irrévocable !

Irrévocable !

de Sorin DUMITRESCU

Hors collection (VER À SOIE (LE)) | Paru le 27/10/2015 | 20,00 €

Malgré les engagements internationaux pris par la Roumanie lors de la ratification de l’Acte constitutif de l’UNESCO et de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies, Sorin Dumitrescu, Directeur de la Division des sciences de l’eau de l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Sciences et la Culture (UNESCO), fut retenu dans son pays par le régime dictatorial de Nicolae Ceau?escu entre 1976 et 1978 : une période pendant laquelle il fut sujet à une longue série de pressions et de harcèlements. Pour la première fois, et contrairement aux dispositions de l’article VI de l’Acte  constitutif auquel il avait souscrit, un gouvernement membre de l’Organisation « assignait à résidence » un fonctionnaire international dans son pays d’origine, l’empêchant ainsi d’accomplir la mission que lui avait confiée l’UNESCO. Pour la première fois également, le Directeur général de l’UNESCO se trouvait dans l’impossibilité d’assurer son autorité sur un fonctionnaire de l’Organisation, en conformité avec les obligations qui résultaient pour lui de l’engagement qu’il avait souscrit au moment de sa nomination.

C’est d’abord ce combat acharné contre le régime communiste dictatorial que raconte ce livre. Pendant deux ans, Sorin Dumitrescu va devoir déjouer un à un tous les pièges que lui tend la Securitate. C’est ainsi qu’au fil de situations authentiques qui ne manquent pourtant pas de rappeler les grandes heures du récit d’espionnage, l’auteur déroule sous nos yeux la véritable partie d’échecs qui l’oppose au gouvernement roumain et à Ceau?escu  personnellement pour parvenir à sortir de son pays et recouvrer son droit à accomplir ses devoirs de fonctionnaire international. Pourtant, au-delà du récit détaillé des stratégies ubuesques de la dictature roumaine à son égard, c’est aussi à la découverte de l’histoire récente autant que passionnante de l’UNESCO que ce livre nous entraîne. Un livre, dans lequel on ne se lasse pas non plus de découvrir avec étonnement le caractère arbitraire et parfois tout aussi ubuesque des règles auxquelles les demandeurs d’asile pouvaient être confrontés dans la France des années 1980.

Voir aussi http://www.leverasoie.com/index.php/collection-hors-collection

Ja obvinjaju! O diktature Nursultana Nazarbaeva

Ja obvinjaju! O diktature Nursultana Nazarbaeva

de Viktor KHRAPOUNOV

Tam@izdat (VER À SOIE (LE)) | Paru le 31/01/2014 | 20,00 €

Livre en langue russe :

Viktor Khrapounov, ancien maire d’Almaty (Kazakhstan) et ancien ministre de différents gouvernements de Noursoultan Nazarbaev nous offre un récit autobiographique et haletant, où sa propre histoire s'inscrit dans celle de son pays. Il retrace ainsi vingt ans d’un régime de plus en plus dictatorial, comparé à un cancer qui ronge sa nation. Peu de livres sont consacrés au Kazakhastan, encore moins vu de l'intérieur des arcanes du pouvoir. Mais au-delà même de l’histoire de ce pays, ce livre permet de mieux comprendre les réalités complexes des sociétés postsoviétiques.

Mamou

Mamou

de Angi MáTé

50 000 signes (VER À SOIE (LE)) | Paru le 25/03/2013 | 16,00 €

Mamou d'Angi Máté, texte traduit du hongrois par Zsuzsa Kosza. Illustration de première de couverture & jardin sur les genoux, Danka Hojcusova. Illustrations intérieures, Elza Lacotte.
 

Mamou n'est pas un livre pour enfants, mais un livre sur l'enfance. Une adulte prend la voix de la petite fille qu'elle a été pour nous convier dans l'univers insolite du désamour. Élevée par mamou, sa grand-mère au visage plissé, elle ouvre des yeux curieux sur un monde d'adultes hostile, étroit et dépourvu de féerie. Elle y oppose l'immensité de ses terrains de jeux enchantés, son langage imagé, ses plaisirs incongrus, sa naïveté, son regard innocent et avide de comprendre ce que nul ne prend la peine de lui expliquer. Pour trouver sa place dans ce monde, il faut le transformer : peut-on aimer autre chose que les cimetières et les enterrements ? Des petits jardins peuvent-ils pousser sur les genoux ? L'hiver commence-t-il dans les marmites? Peut-on faire des mouillettes avec ses couettes dans son chagrin ou aller chatouiller les pieds des saints dans les églises pour voir si cela leur ferait du bien, si cela les rendrait moins tristes ? Peut-on être aussi grande que l'oubli en soi ? Tout semble possible, tant que mamou est là, tant que l'on peut continuer à être soi, tant que la mort de ceux qu'on aime ne nous oblige pas à devenir autre.

Marche ou rêve

Marche ou rêve

de Luc FIVET

200 000 signes (VER À SOIE (LE)) | Paru le 15/10/2015 | 18,00 €

Marche ou rêve de Luc Fivet
Format : 12 x 18,5
ISBN : 979-10-92364-18-7
Disponible le 15 octobre 2015

« Marche ou rêve raconte l’odyssée de deux Sénégalais sans-papiers en France, le pays des droits de l’homme – blanc de préférence. C’est un roman sur la quête de la liberté, mais aussi sur la difficulté de conserver sa dignité à partir du moment où on est considéré comme un citoyen de seconde zone. Ce récit mêle à la fois l’humour, qui est omniprésent dans le style plutôt original du narrateur, et la noirceur car la réalité n’est jamais drôle pour des hommes perpétuellement en fuite. Toutes les anecdotes racontées sont malheureusement authentiques » (Voir aussi notre entretien avec Luc Fivet).

Extrait de l'épilogue :

« Alors, je me suis lancé. En bon nègre, j’ai noirci des pages. C’était difficile au début, j’écrivais lentement en soignant le tracé de mes caractères. J’osais à peine composer une phrase entière de peur de quitter la marge. C’était mon domaine réservé depuis deux ans, la marge, ça crée des réflexes. Puis j’ai vu les mots s’aligner les uns derrière les autres, passer à la ligne et s’étirer de nouveau, le mouvement était doux et léger comme le fil d’une canne à pêche qui suit le courant et repart en amont une fois sa course achevée. Les souvenirs ont surgi à la surface avec les sensations, les idées et les images, et tout s’est enchaîné, j’ai commencé à écrire à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, j’ai revécu la traversée de l’océan et l’arrivée sur les Champs-Élysées et le travail sur les tours de la Défense et l’amour de Lucie et l’enfer du centre de rétention et la séance au Parlement et puis l’incroyable enthousiasme des foules pendant que Boubacar reprenait vie sous ma plume en même temps que ses éclats de rire et de colère, jusqu’à l’explosion finale ».
 

Mindel'Saudade

Mindel'Saudade

de Geoffroy LARCHER

200 000 signes (VER À SOIE (LE)) | Paru le 31/03/2017 | 18,00 €

Genre : roman
Format : 140 x 200
Nombre de pages : 138
Prix public : 18 euros
Disponible depuis le 31 mars 2017

Je roule sous la lune sur les pavés asymétriques. Les arbres rassis qui bordent la route ont pour seule végétation des sacs en plastique prisonniers dans leurs branches. Ils ondulent dans la brise comme de petits fantômes qui iraient danser au bal du samedi soir. Voilà un petit peu du Cap Vert.

Mindel’Saudade est un conte humoristique aux personnages atypiques : autour d’Isolino, 33 ans, seul croquemort de l’île de Sao Vicente, il y a le père Manuel, prêtre pervers, qui, bien que mort ne peut se taire. Il y a aussi un drôle d’oiseau, mi aristo mi clodo, qui lui offrira ce dont il n’osait plus rêver. Et il y a enfin Lila, qu’il a connue à l’orphelinat, devenue une prostituée qui s’assume :

« Bon… écoute, si tu veux être riche, Isolino, suffit qu’on s’associe tous les deux. Je parle pas de copuler et de faire une ribambelle de gniards, non. Mais peins ton corbillard en rose, gare-le avec moi dedans à côté du cercle nautique, et tu verras qu’en une nuit, je me ferai ce que tu te fais en un mois. Toi, t’auras qu’à t’occuper de la communication de l’aéroport aux hôtels et on partagera fifty-fifty ! »

Baigné par de singulières télé-novelas, Mindel’Saudade, parle de l’âme du Cap Vert, de ses mornas, de ses saveurs et parfums, mais aussi de son ancienne ville coloniale, et des capverdiens surtout, peuple fier à la timidité insulaire pleine de malice.

Mon cousin Hugo

Mon cousin Hugo

de Coco DES AMéRIQUES

Minuscules (VER À SOIE (LE)) | Paru le 22/10/2013 | 18,00 €

Dans ma famille, à part Papa et Maman, Grand-Père et Grand-Mère, il y a mon cousin Hugo. Moi, je l'aime bien mon cousin Hugo, mais c'est dommage, je ne le vois pas souvent parce qu'il habite très loin. Si loin qu'il faut traverser tout un océan et un morceau de continent pour lui rendre visite.
 

Il vit en Amérique Latine, dans un pays qui s'appelle le Chili.
 

Tous les ans, on s'appelle pour Noël et c'est ainsi qu'en discutant avec lui, j'ai découvert qu'au Chili, les choses ne se passent pas exactement comme ici...
 

Tout d'abord, là-bas, il n'est pas la même heure que chez nous à Paris.
 

Autrement dit, quand il est huit heures et que Maman me dit d'aller au lit, pour mon cousin Hugo, c'est encore l'après-midi et il peut continuer à jouer avec ses amis. Incroyable, non ? Heureusement, Maman m'a tout expliqué. Vous allez voir, c'est pas compliqué !

Novgorod ou la Russie oubliée

Novgorod ou la Russie oubliée

de Philippe FRISON & Olga SEVASTYANOVA

Histoires effacées (VER À SOIE (LE)) | Paru le 20/03/2015 | 59,00 €

Le présent ouvrage réunit les contributions de spécialistes universitaires, aussi bien nord-américains qu'européens, en une synthèse agrémentée de diverses cartes et illustrations, qui voudrait présenter au grand public les différentes facettes de cette page d'histoire remarquable, mais trop souvent oubliée, du Nord-est de la Rous' médiévale. Du XIIe au XVe siècles, Novgorod-la-Grande, dont le territoire s'étendait jusqu'à la mer Blanche et à l'Oural, était au carrefour des mondes scandinave, occidental, mongol et byzantin. Elle traitait quasiment d'égal à égal avec les puissances commerciales et politiques de son temps. Elle fut à la fois un important foyer culturel, artistique aussi bien qu'économique, un incontournable comptoir de la Hanse, et un centre dont les produits (fourrures, cire...) étaient diffusés dans toute l'Europe. De nombreux monastères marquèrent la cité de leur empreinte et les arts virent fleurir une école d'icônes, une tradition musicale propre, un genre particulier d'épopée : les bylines, notamment celle du négociant Sadko, joueur de gousli auprès du roi des mers.

Pendant les trois siècles que dura son rayonnement, la ville avait connu un régime républicain original, formé par un gouvernement mixte associant les boyards aux assemblées populaires, sans le soutien duquel le prince ne pouvait prendre aucune mesure importante. Elle se dota même, par la suite, d'un organe d'État représentatif indépendant, le vetché, qui choisissait et révoquait son prince, désignait son archevêque : un système de contre-pouvoirs, appuyé sur une diplomatie qui pratiquait une politique de bascule, dans le souci de préserver l'indépendance de la cité, d'assurer sa prospérité, de favoriser son rayonnement. Suscitant pourtant la convoitise de ses voisins (chevaliers teutoniques, Suédois, Lituaniens et principautés russes alentour), elle fut finalement conquise par la Moscovie en 1478.

Que reste-t-il aujourd'hui de cette page originale et méconnue de l'histoire européenne ? La démocratie est parfois présentée comme source de désordre et d'anarchie, si bien qu'une certaine école laisse entendre qu'elle ne serait pas adaptée à la Russie, censée devoir être gouvernée d'une main de fer. Au contraire, le livre tend à montrer, à travers son approche plurielle et décentralisée, que les Russes ont connu une expérience prolongée de la démocratie, qui mérite d'être largement valorisée auprès du grand public. Et ce livre de suggérer que, cette histoire, si elle n'était plus oubliée, pourrait peut-être permettre un jour à la Russie de se tourner à nouveau vers Novgorod.

Voir aussi La Collection Histoires effacées sur le site du Ver à soie

Le Petit arbre Plume. Bien loin de chez soi

Le Petit arbre Plume. Bien loin de chez soi

de Pascale GRACIET

Minuscules (VER À SOIE (LE)) | Paru le 09/02/2018 | 18,00 €

Dans une immense forêt vivaient de très nombreuses familles d'arbres. Les petites graines qu'ils avaient produites et éparpillées tout autour d'eux avec beaucoup de délicatesse et d'amour donnaient naissance à de fragiles tiges. Ces tiges se transformaient rapidement en arbrisseaux et les familles d'arbres grossissaient. Ainsi, leur forêt était devenue la plus grande forêt du monde et c'est là que poussait tranquillement Plume, jusqu'à ce qu'une tempête ne l'emporte bien loin de chez lui...

Pascale Graciet

Je suis petite-fille de grands-parents belges qui, suite aux affres de la Seconde Guerre mondiale, ont fui leur pays natal pour l’Afrique noire. Leur voyage les a conduits en Algérie, où ils s’installent avant d’être de nouveau contraints à l’exil en 1962. Je suis donc, née dans le sud-ouest de la France, à Bayonne, en 1971. J’y ai grandi, avec l’étrange sensation d’être là sans être de là, étrangère chez moi, avant de rejoindre la Guyane en 2001, où le coup de foudre fut instantané et où je trouvais enfin ma place dans cette mosaïque de populations venues des quatre coins de la planète. Je trouvais enfin mon chez moi, jusqu’à ce que, en 2008, l’ombre du destin ne vienne de nouveau frapper à ma porte. Avais-je reçu l’exil en héritage ? À mon tour je vivais le déchirement du départ forcé, tout quitter, tout laisser sans retour possible. Aujourd’hui, après bien des années de réflexion, c’est dans mon sud-ouest natal que j’ai posé mes valises. Enfin libérée, j’y construis avec mon compagnon la vie paisible à laquelle je n’ai eu accès qu’après tant d’années.

Le Petit Bala. La légende de la solitude

Le Petit Bala. La légende de la solitude

de Ridvan DIBRA

100 000 signes (VER À SOIE (LE)) | Paru le 26/02/2018 | 15,00 €

Revisitant le sujet d’une ancienne chanson populaire balkanique, Ridvan Dibra nous livre ici un roman psychologique sur l’exclusion, la solitude et la vengeance aux accents parfois œdipiens. Dans un style épuré et très oral, il plonge le lecteur dans les pensées et la psychologie tourmentées du jeune Bala qui, depuis la mort inexpliquée et brutale de son père, semble s’être définitivement isolé d’un entourage non moins hostile. Convaincu qu’il s’agit d’un meurtre et qu’il ne connaît que trop bien l’identité de l’assassin de son père, le petit Bala consacre son temps à fantasmer sa vengeance :

SVIATAJA RUS (SAINTE RUSSIE)

SVIATAJA RUS (SAINTE RUSSIE)

de Alain BESANçON

Tam@izdat (VER À SOIE (LE)) | Paru le 31/01/2014 | 20,00 €

Livre en langue russe :

C'est un véritable socle pour la réflexion que nous offre cet ouvrage. Cet essai, traduit en russe par Galia Ackerman, sous la rédaction de Wladimir Berelowitch, est un livre très important qui traite de questions essentielles : quelle est l'influence de la religion orthodoxe sur le cours de l'histoire russe ? Comment et pourquoi le régime communiste a fait usage des pratiques héritées du régime tsariste, sans qu'il y ait une continuité entre l'ancienne Russie et la Russie communiste ? Quelles sont les raisons de l'attitude si passionnelle des Français à l'égard de la Russie ? C'est un voyage vertigineux auquel nous convie cet ouvrage, qui commence dans la théologie apophatique byzantine et se termine par une analyse du livre de Carrère, Limonov.

 

Un jour j'ai dû marcher dans l'herbe tendre

Un jour j'ai dû marcher dans l'herbe tendre

de Carolina SCHUTTI

Les Germanophonies (VER À SOIE (LE)) | Paru le 09/02/2018 | 15,00 €

Un village dans l'ombre et une tante qui ne parle pas du passé: c'est dans ce monde que, du jour au lendemain, Maïa se retrouve plongée. Avec la mort prématurée de sa mère biélorussienne, c'est aussi sa langue qui se perd. Maïa ne comprend pas la tante qui désormais s'occupe d'elle. Dans la maison isolée, il n'y a pas beaucoup de distractions pour cette petite fille introvertie. Marek, un ancien travailleur forcé polonais, est le seul chez qui elle trouve chaleur et affection. La musique de la langue qu'il parle réveille en elle les souvenirs de ses propres racines oubliées, de la langue perdue de sa petite enfance : « Je ne suis pas revenue, je n’ai pas pu, on m’a donné une matriochka qui ressemble beaucoup à la vieille, à celle que ma tante peut-être avait cachée ou jetée. Je l’ai ouverte et j’ai posé toutes les poupées les unes à côté des autres. Des scènes de conte sont peintes sur leurs ventres, mais maintenant, lorsque ces histoires me reviennent en mémoire, cela me rend triste. En même temps que ma mère, j’ai perdu ma langue, les phrases pour souhaiter bonne nuit et les phrases pour consoler, ces paroles qui berçaient comme une douce vague, cette langue comme une île qui n’existait que pour nous deux et sur laquelle nous voguions à travers la ville, de la boulangerie au terrain de jeux. Un seau, une pelle, un petit pain, je ne me souviens plus avec quels mots allemands je suis arrivée chez ma tante. Et à présent : des phrases pour consoler qui viennent du dictionnaire, des phrases pour consoler enregistrées sur magnétophone, mais le bercement n’est plus là, les phrases restent oubliées. »

Une Ile en Hiver

Une Ile en Hiver

de Sonia RISTIC

200 000 signes (VER À SOIE (LE)) | Paru le 30/11/2016 | 18,00 €

En montant sur ce bateau, je ne savais encore rien. Je ne pouvais m’imaginer qu’embarquer sur le Marco Polo, c’était traverser le miroir. Je suis monté à bord du Marco Polo et je me suis cogné aux regards des passagers. Personne ne parlait. Dans la cabine, ils étaient tous assis, alignés, silencieux, étonnamment paisibles. Et ils me regardaient.

Dans leurs yeux, il n’y avait pas d’animosité. Aucune curiosité non plus. Rien. Et pourtant, ils me regardaient, tous.

Lorsque j’ai salué d’un signe de tête, les têtes se sont inclinées en cadence pour me répondre. J’ai cherché un regard pour y prendre appui, mais dans tous les yeux il y avait la même chose. De la bienveillance, un peu d’amusement et des tonnes de mémoire. Une infinité d’images dans ces regards, tellement qu’il n’y avait plus de place pour les mots. Et puis, c’était comme s’ils savaient quelque chose dont je ne pouvais pas me douter, comme s’ils partageaient un secret que je ne pourrais jamais percer.

Née en 1972 à Belgrade, Sonia Ristic a grandi entre l'ex-Yougoslavie et l'Afrique. Elle vit à Paris depuis 1991. Après des études de Lettres et de Théâtre, elle travaille comme comédienne, assistante à la mise en scène, mais aussi avec des ONG importantes (France Libertés, FIDH, CCFD) autour des guerres en ex-Yougoslavie et de la défense des Droits de l’Homme. Dans les années 2000, elle fait partie du collectif du Théâtre de Verre, et crée sa compagnie, Seulement pour les fous. Elle encadre régulièrement des ateliers d’écriture et de jeu en France et à l’étranger. La plupart de ses textes ont été publiés, créés ou mis en ondes. Elle a notamment bénéficié de bourses du CNL (2005, 2008 et 2014), de la DMDTS (2006), du CNT (2007), de Beaumarchais/SACD (2008), de la région Île de France (2010 et 2011), du Conseil Général du 93 (2013), et a été plusieurs fois primée pour ses textes.

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