l'autre LIVRE

PUBLIE.NET

Créé à l'origine par François Bon et animé aujourd'hui par une nouvelle équipe, publie.net est un éditeur de littérature contemporaine ancré dans la création qui s'écrit et se partage sur le Web. À partir de ce vivier, nous développons des objets éditoriaux diffusés à la fois en livres papier, en livres numériques et en réalisations sur le Web. publie.net ne travaille qu'à compte d'éditeur, accompagne le mûrissement éditorial des livres sélectionnés et les porte à destination de publics divers. En complément à la vente des livres, nous développement des offres d'abonnement à destination des particuliers et bibliothèques avec un mode de rémunération associé pour les auteurs.

Fort d'un catalogue construit pendant des années de près de 600 titres en numérique et plus de cent en papier émanant de plus de 250 auteurs, nous publions aujourd'hui environ 25 titres par an dont 20 en livres papier. Dans l'esprit des mouvements littéraires qui fleurissent sur ou avec le Web, nous organisons des événements, lectures et performances. Voir nos nouveautés et prochaines parutions sur notre site.

Adresse : 251 rue du plan d'Encombes
34090 Montpellier
Téléphone :06 23 89 71 82
Site web :http://www.publie.net
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Diffusion :autodiffusion
Distribution :Hachette
Représentant légal :Philippe Aigrain
Forme juridique :SAS
Racine ISBN :978-2-37177
Nombre de titre au catalogue :120
Spécialités :Littérature contemporaine Poésie Photo / Littérature Théâtre
À même la peau

À même la peau

de Anne SAVELLI

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 15/11/2017 | 13,00 €

Bien corsetés, ce serait donc ce que nous sommes, et le monde de l’éveil celui de toutes les frontières ? Squelette, peau, graisse, muscle, poil, cheveux, langue, sans oublier la façon dont nous fûmes nourris, bercés, rassurés, rejetés, éduqués, testés, amoindris, jugés, excités, refroidis : tout cela nous circonscrirait à une forme, une seule, inamovible ?

Comment vivre au plus près des corps ? Ce diptyque, Anne Savelli l’a écrit à leur contact. Tout contre. Né d’une collaboration avec la compagnie de danse Pièces détachées, c’est un roman double qui prend comme point de fixation la peau, les os, les muscles dans ce qu’ils ont de plus minéral, parfois, mais aussi de plus volatile. Ballet de mouvements qui écrivent autant qu’ils inventent leur rapport à l’autre et au monde, d’une part ; de l’autre, vertige de la fixité dans une série stroboscopique de photographies qui puisent autant dans les zones d’ombre du modèle que dans son éclat. En creux, c’est tout un monde de luxe, de perfection physique et de domination qui va se déployer et dont le récit tentera de reconstruire, d’assembler, de réécrire l’identité dans une forme proche de l’enquête fragmentée. C’est l’histoire d’un corps qui s’effondre, toujours. C’est aussi le lieu choisi pour une élévation d’une grande poésie.

La crise, suivi de Je ne me souviens pas

La crise, suivi de Je ne me souviens pas

de Joachim SÉNÉ

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 11/10/2017 | 12,00 €

La crise est partout, tout le temps. Dans les écrans de nos flux d’information en continu, dans les journaux, dans la parole surveillée des passants se rendant au travail — quand ils en ont encore un. On la retrouve taguée sur un mur de la ville, comme dans ce cri qui a motivé l’écriture de ce livre : la crise c’est chaque fin de moi(s).

À la fois drôle et glaçant, micro journal du temps qui passe, exploration par la langue d’une situation brutale, anticipation politique et poétique, roman fragmentaire frénétique, La crise, suivie du postapocalyptique Je ne me souviens pas, est un remède contre tous les éléments de langage désespérants de notre époque.

À la manière d’un pirate informatique, Joachim Séné fait œuvre d’insoumission littéraire.

Sanguines

Sanguines

de Gabriel FRANCK

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 25/01/2017 | 10,50 €

Le portrait de deux hommes, Janvier et Joseph Sang, pas vraiment marginaux mais vivants à l’écart, « marqués bizarrement d’une certaine sérénité dans l’affliction », égarés dans leur propre vie, cherchant à se faire discret jusqu’à l’oubli. Leur rencontre inopinée avec une jeune femme, Helen Faraday, va les sortir brusquement de leur trajectoire en pointillé, de leurs rôles préétablis en toute indifférence.

La déambulation nocturne de ces trois silhouettes dessinées à la hâte « longeant sans relâche les rebords d’une géographie morcelée et toujours sur le point de les précipiter dans le vide » nous laisse entrevoir les formes évasives et instables d’une ville nocturne, déserte et désolée.

Sanguines décrit « ce jour qui d’une certaine manière ne devait jamais finir et restera à jamais comme inachevé, ininterrompu » et parvient à nous restituer avec élégance et justesse, le « bruit du visible » et « la fragilité d’un lien naissant noué à la faveur de la nuit et à l’abri des regards ».

Journal de la crise (2007)

Journal de la crise (2007)

de Laurent GRISEL

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 30/11/2016 | 24,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


« Ce qui est aigu, dans le moment que nous vivons (…), c’est la conjonction de trois crises : financière, écologique, géopolitique. »

Entamé début 2006, dans un deuxième tome qui peut tout aussi bien être lu indépendamment du précédent, le journal de Laurent Grisel nous fait entendre le bruit sourd des faillites et des férocités qui annoncent et préparent ce que les médias nommeront « la crise de 2008 ». Très documenté, toujours limpide malgré la complexité des mécanismes qu’il décrypte, le Journal déjoue les manipulations médiatiques à l’oeuvre dans les discours politiques et économiques qui continuent d’avoir cours aujourd’hui. Banqueroutes, mais aussi élection d’un président d’extrême droite en France, découverte de l’ampleur de l’économie invisible (celle des produits dérivés et de la spéculation) et de son emprise sur l’économie visible, assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan, luttes et désespoirs ouvriers, conséquences des dérèglements climatiques sur la vie humaine et non humaine, autant de fils qui sont suivis et noués au cours de cette année charnière. L’écriture du journal, fine, régulière, dont l’objet n’est rien de moins que la compréhension d’un monde en fusion, recèle des moments plus sereins de vie personnelle : voyage au Japon, notes prises le long de l’écriture de livres en gestation, parmi lesquels le Journal lui-même dont l’architecture commence à prendre forme. Un geste politique, sensible, littéraire et citoyen.

Millimètres

Millimètres

de François BONNEAU

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 02/11/2016 | 12,00 €

À PARAÎTRE LE 2 NOVEMBRE 2016

Ce livre sera alors disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


C’est une voix en lutte contre la pensée qui décortique, la pensée qui règle et organise le monde, la ville, notre présent. Mais on ne mène pas cette lutte à distance : on va tout auprès,tout contre de ce qui plie, craque, grince, tranche. On bat la mesure.

Et on oppose le corps. La langue de François Bonneau est charnelle, composée d’odeurs, de peaux, de membres et de chiens, de frottements. Tout se passe bien sûr dans le micro, dans le menu. Henri Michaux est allé déjà dans ces zones, avec ses Meidosems : en agrandissant notre regard, on découvre des mondes inédits à figurer. Ainsi les Millimètres : on ne sait exactement ce que c’est, mais cela passe entre les corps, entre les temps, comme des déplis microscopiques.

Le tissage même du texte est millimétré. Chaque fragment porte un numéro (1.1, ou 5.3, par exemple) dont les nombres (avant et après le point) correspondent à deux paramètres qui se combinent et forment une sorte de table chiffrée où les fragments se disposent. On peut lire le texte horizontalement (c’est-à-dire linéairement) ou bien verticalement (en suivant les liens internes associés aux nombres). On peut aussi créer notre propre parcours éclaté en suivant les associations de mots-liens.

Mais les Mllimètres, ce n’est pas seulement de l’écrit : c’est aussi de la création sonore et vocale. Des expérimentations originales, fortes, dévoyantes, où on sent le sérieux d’une recherche et d’une implication littéraires.

Cette publication est le résultat d’un véritable travail collectif (création epub Gwen Catalá), pour la carte interactive qui permet une navigation innovante dans textes et sons.

Belle façon pour François Bonneau, rencontré à Poitiers en 2006 en même temps que Cécile Charpentier (qui prête aussi sa voix ici), de faire son entrée chez publie.net.

Mahigan Lepage

Ce qu'il faut

Ce qu'il faut

de Corinne LOVERA VITALI

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 19/10/2016 | 17,00 €

À PARAÎTRE LE 19 OCTOBRE 2016

Ce livre sera alors disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Corinne Lovera Vitali a composé ce livre sur près de vingt ans. Il semble pourtant avoir été écrit comme il se lit, dans une forme d’urgence. Pas celle de la précipitation mais celle de la nécessité intérieure, sous le flux tendu du va-et-vient dans le temps devenu “suspendu” le long de dix-neuf chapitres d’une écriture fluide comme la vie.Comme une photographie, ce livre nous saisit. Il nous dit ce qui a lieu et que peut-être nous ignorons, la disparition de sa famille, la mort de son enfant, une vie commune que l’auteur est “la seule à prolonger”. Mais il exhume surtout tout ce qui nous relie, et nous relie aussi à ceux qui ne sont plus. Il nous accompagne là où certains livres, rares, peuvent nous obliger à nous enfoncer. Il nous fait rencontrer des êtres, qu’ils soient vivants ou morts, nous donnant ainsi l’occasion unique d’éprouver l’épaisseur du temps et la volupté de l’instant, l’éternel dans l’éphémère.

Ce qu’il faut pourrait être une tombe, c’est un souffle.

La vie verticale

La vie verticale

de Lou SARABADZIC

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 05/10/2016 | 23,00 €

À PARAÎTRE LE 5 OCTOBRE 2016

Ce livre sera alors disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


À huit ans, on a cru que j’avais un problème de surdité. Je faisais trop répéter les gens.

À dix ans, on a cru que j’avais un problème de vessie. J’allais toujours aux toilettes avant de partir. Même si je venais d’y aller trois minutes avant. Si quelqu’un disait : « on y va », je devais y aller.

À douze ans, on a pensé que j’aimais bien emmerder le monde.

À quatorze ans, on a cru que je faisais des insomnies.

À seize ans, on a cru que j’avais un organisme capable de ne jamais grossir, même en mangeant des pizzas froides ou des tranches de pain à chaque repas que je me préparais seule.

À dix-huit ans, on m’a félicitée de réussir aussi bien.

À vingt ans, on a loué ma persévérance.

À vingt-deux ans, on a dit qu’en fait j’étais juste têtue comme pas possible, que ça en devenait chiant à la fin.

À vingt-quatre ans, j’ai cru moi-même que c’était juste de la volonté, de l’ambition, et un rapport constructif au stress.

À vingt-six ans, on a cru que j’étais addict au travail.

À vingt-huit ans, je suis née presque adulte en lettres étrangères.

Big Bang City

Big Bang City

de Mahigan LEPAGE

La machine ronde (PUBLIE.NET) | Paru le 21/09/2016 | 28,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


L’Asie. Les villes monstres. Des noms qui sonnent comme des poèmes ou étranglent comme des cris.

Quand Mahigan Lepage laisse derrière lui l’Amérique du Nord pour le continent asiatique, il couve ce projet : parcourir et surtout écrire les mégapoles en expansion. Ce sera Manille, Jakarta, Beijing, Shanghai, Kolkata, Delhi, Mumbai et Bangkok. D’une petite hutong aux larges boulevards sans nom, d’une nuit à dormir dans une rue de Kolkata à la fièvre qui terrasse, devant l’agitation d’un carrefour ou face à un corps nu allongé sur le béton, de l’intérieur d’un taxi ou sous les néons d’un girlie bar, Big Bang City tisse un récit éclaté et exaltant ; il faut lire la table des matières, qui est déjà poème. Jazz d’un arpenteur des villes, le texte imprime un rythme fascinant et reconstruit peu à peu l’explosion des cités et du territoire.
Carnets de voyages remplis d’images et de sons, écrits au jour le jour dans les chambres d’hôtel et les cafés des villes, Big Bang City mêle l’irrésistible et étrange désir de lecture à celui, non moins étonnant, d’aventure et de réel.

S.M

Dedans dehors

Dedans dehors

de Arnaud RYKNER

ThTr (PUBLIE.NET) | Paru le 14/09/2016 | 11,00 €

Une pièce tendue dans la parole : des personnages (des voix plutôt, des corps pris dans le drame de la langue) disent en leur solitude un mot après l’autre le théâtre d’un franchissement. Passer du dedans au dehors nomme ce geste d'écrire et de parler, désigne le théâtre comme ce mouvement même, radical et physique. Passage de seuil : du silence au vacarme, de l’intériorité vers le monde posé de l’autre côté de la scène ou de la page, du passé à l’imminence de sa déchirure à venir, de la haine à l’amour comme il est impossible de le dire, de l'homme à la femme, et de l'enfant au cadavre, du corps de l'acteur à l'acteur de sa voix. Et en tout, un théâtre qui travaille à l’os du langage : briser les convenances pour en arracher la présence et nous la donner.

L'incessant

L'incessant

de Jacques ANCET

L'inadvertance (PUBLIE.NET) | Paru le 25/05/2016 | 13,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


« … Livre ouvert, où tout peut entrer » ce sont les mots par lesquels Jacques Ancet présente L’Incessant , première séquence de prose lyrique ouvrant le cycle plus ample encore qu’est l’Obéissance au vent.

D’entrée, « des voix mêlées entretissées » emmènent leur lecteur « où dedans et dehors ne sont qu’un seul instant », quand bien même ne demeureraient seuls que « le fil cassé des phrases », « les mots (…) inaccessibles », « toutes ces choses penchées glissant en un éboulement sans fin ».

Un devenir, oui, assurément, et où tout s’écoule, et les reflets qui s’élèvent depuis une vitre sur le fond obscur des jours montrent alors des corps, leur visage, une main à son lent travail d’œuvrer.

La mémoire des visages

La mémoire des visages

de Jacques ANCET

L'inadvertance (PUBLIE.NET) | Paru le 25/05/2016 | 15,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Comme un voyage, « au jour le jour du mystère d’exister ». Et nous conviés ici à accompagner ces voix, leurs pas dans les jours, qui résonnent ou se tiennent, silencieux, au plus près des bruits du monde – qui sont là, et leur musique de toujours. De se tenir dans les ombres ou les heures, les voix deviennent des visages, nos visages multiples et uns, à l’écoute de ce qui surgit des jours. En soi, une « dictée », un « éboulement obscur » se laissent entendre. Presque saisir. Et proches.

Autour, le bruit du monde ne cesse pas, tout au contraire : « clapotis d’eau », « ce bleu, cette transparence », des passages – autant d’instants comme sauvés : un enfant, un matin, la fin d’une après-midi d’été. Un insecte passe, de l’autre côté de la vitre un feuillage tremble. L’encre finit de sécher sur la page où la main la dépose, et tout à côté, le halo d’une lampe.

Surveillances

Surveillances

de COLLECTIF

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 11/05/2016 | 16,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Fut un temps où la sauvegarde de nos vies (sauvegarde au sens informatique qu’on lui prête aujourd’hui) était l’apanage des artistes, et notamment des écrivains. Mais, à l’heure de la surveillance de masse, des réseaux sociaux et des algorithmes invasifs, si nos vies sont suivies en temps réel, serons-nous encore capables de les écrire ? Née dans un contexte sécuritaire particulier où, de New York à Paris, sous prétexte de lutter efficacement contre le terrorisme, l’état d’urgence est devenu la norme, cette question nous concerne tous.

Parce que la pratique de l’écriture se heurte tout particulièrement à ces enjeux, et dans le prolongement d’un symposium organisé en novembre 2014 dans le cadre du Festival du Film de Lisbonne sur le thème « Créateurs et surveillance », Céline Curiol et Philippe Aigrain ont invité dix écrivains contemporains à donner corps à cette question.

D’Orwell à Amazon en passant par les drones espions, Noémi Lefebvre, Christian Garcin, Marie Cosnay, Céline Curiol, Claro, Carole Zalberg, Bertrand Leclair, Miracle Jones, Cécile Portier, Isabelle Garron, Catherine Dufour et Philippe Aigrain s’en remettent à la fiction et au langage pour nous ouvrir les yeux.

Une armée d'amants

Une armée d'amants

de Juliana SPAHR & David BUUCK

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 13/04/2016 | 15,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Koki et Panda Dément sont deux poètes médiocres. Ensemble, ils décident de concocter la recette d'une poésie nouvelle et révolutionnaire capable de réellement changer le monde. Mais comment peut-on écrire de la poésie engagée à une époque où la poésie semble avoir perdu sa capacité à bousculer l'ordre établi ? S'ensuit alors un voyage entre les extrêmes. Récit à la fois sérieux et absurde, poétique et narratif, drôle et grave, naïf et savant, c'est un exutoire salvateur pour qui peine à supporter le monde tel qu'il est devenu. Son écriture éclairée prend aux tripes et chaque partie du livre se révèle progressivement dans un crescendo irrésistible d'évocations rock, pop et utopiques. Entre Raymond Carver, Pasolini et Patti Smith, Une armée d'amants est un OVNI d'aujourd'hui et demain pour apprendre, désapprendre, réapprendre à jouir, rien de moins. — Guillaume Vissac

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Aigrain — Publication originale : AN ARMY OF LOVERS, Juliana Spahr et David Buuck, © City Light Publishers, 2013, ISBN 978-00-87286-929-4

Local Héros

Local Héros

de Benoît VINCENT

Publie Rock (PUBLIE.NET) | Paru le 30/03/2016 | 11,50 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


MK (Mark Knopfler), guitare héros venu de la terrificque mer du Nord, est un Perceval rock. Sa table ronde à lui s'appelle la dèche : Dire Straits est son nom. Comme son aïeul avant lui, il a aperçu le Graal et n'a rien su en faire, (non) geste qui le condamne à l'entre-deux. Il échoue à la fois à rester anonyme et se méprend sur ce qu'il doit faire de ce nom. Il échoue à nous émouvoir complètement et ne parvient pas à nous irriter tout à fait. Restent aujourd'hui les vestiges de qui aurait pu, aurait dû devenir l'un des grands rendez-vous des années quatre-vingt et qui n'a été qu'un long malentendu. De succès en succès, c'est l'histoire d'une trajectoire qui oscille entre l'oubli et la gloire, entre le vide et le plein, entre le ratage artisanal et la grâce professionnelle (ou l'inverse). Une aventure littéraire et musicale écrite en creux dont le rock est la langue.

La saga de Mô, tome 4 : Tabarka

La saga de Mô, tome 4 : Tabarka

de Michel TORRES

Publie Noir (PUBLIE.NET) | Paru le 24/03/2016 | 16,50 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


« La fascination des serpents, mon pauvre Mô, tu t’embarques sur une de ces galères... Il y a longtemps que cela ne t’était pas arrivé. Trop calme le pépère, tu te croyais hors du coup, définitivement à l’abri, froid, et te voilà reparti, et pas qu’un peu, attends, la totale, avec fièvre, frissons et adrénaline. Remarque, avec les emmerdes à venir, l’adrénaline, mets-la de côté, tu en auras besoin. » Mô a vieilli. Il lui aura fallu vingt ans pour digérer son voyage infernal sur l’étang d’encre. Il se croit pacifié, rangé des voitures, il tisse sa toile, tranquille et sans accroc. Mais dans l’ombre de son paradis, ressurgit sans crier gare la valse des embrouilles. Main dans la main avec une inquiétante Chinoise, il rôde et bataille avec des mafieux russes, trafique avec ses vieux copains et sème à tire-larigot des cadavres dans son sillage. Une nouvelle course dopée à l’héroïne qui sent l’amour à mort et la vengeance sauvage. Conte ethnographique hyperréaliste et roman noir, ce quatrième épisode constitue une excellente porte d’entrée à La Saga de Mô.

Avant que la ville brûle

Avant que la ville brûle

de Cosmas POLITIS

Grèce (PUBLIE.NET) | Paru le 24/02/2016 | 22,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Smyrne, grande ville d’Asie Mineure, cosmopolite et enchanteresse, disparue en 1922 dans un gigantesque incendie, revit tout entière dans ce roman atypique, à la fois traditionnel et moderniste, devenu un classique en Grèce. Cosmas Polìtis y déroule ses histoires avec une virtuosité de conteur oriental, entremêlant lyrisme, ironie et merveilleux, accumulant les trouvailles dont voici la plus belle sans doute : tout au long du roman, le nom de la Ville n’est jamais prononcé – alors que lieux et personnages sont minutieusement nommés. Comme si ce nom était trop présent pour qu’il soit besoin de le dire ; comme s’il était trop douloureux, ou trop sacré. Qu’on la remarque ou non, cette absence du nom installe peu à peu un vide étrange sous les mots, contribuant à l’envoûtement lent que le livre peu à peu suscite.

Traduction de Michel Volkovitch. Publié avec le soutien du CNL.

Oblique

Oblique

de Christine JEANNEY

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 10/02/2016 | 15,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


« Comme le désir sexuel, la mémoire ne s'arrête jamais », écrit Annie Ernaux dans Les années. « Elle apparie les morts aux vivants, les êtres réels aux imaginaires, le rêve à l'histoire. » L'oblique est un regard que l'on jette derrière soi, à un moment donné, pour pouvoir repartir. La mémoire est notre béquille. S'asseoir à côté de quelqu'un qui raconte en un souffle les trajectoires familiales, et c'est tout un flux d'images et de paroles qui se déploie, non pas à la vitesse de la lumière mais à la vitesse de la mémoire. Cette voix en nous-mêmes prête à conter la légende familiale et les drames du passé, l'écho des souvenirs, le staccato du flux photographique, nous la portons car « il reste des séquelles des autres corps » en nous. Oblique est l'un de ces livres qui savent à la fois fragmenter la mémoire comme les petits morceaux aimantés de Ligeti et lui donner l'élan du souffle unique, la tension tenue d'une injonction mythologique : ne te retourne pas.

« Je n’ai pas raconté d’histoires. La vie est un fouillis qui tourne en tenant sur son cœur un morceau de la valse de Sibelius, parfaitement triste et parfaitement inimitable. »
Le cercle du rivage

Le cercle du rivage

de Laure MORALI & Chris FRIEL

Horizons (PUBLIE.NET) | Paru le 06/01/2016 | 18,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Le Cercle du rivage est un voyage, une marche lente et aiguisée sur le fil de nos sens et de nos perceptions intimes. Un voyage vers notre renaissance.

Un grain d’éternité, précieux, battu par les marées et le vent du large.

Et que nous protégeons précieusement dans l’alcôve de nos mains.

Louise Imagine

Climats

Climats

de Laurent GRISEL

L'inadvertance (PUBLIE.NET) | Paru le 24/11/2015 | 9,50 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Ce livre fait partie de la sélection du Prix des Découvreurs 2016-2017.

Laurent Grisel a composé Climats à la demande de l'écrivain Cécile Wajsbrot. Ce texte audacieux « prend la question du climat sous tous ses aspects : physique, psychologique, politique et financier » indique l'auteur. Son poème rejoint l'ambition des anciens poèmes didactiques dans lesquels poésie et science s'allient, pour nous donner une plus ample vision du monde. Écoutons cette épopée qui sous tous les climats dresse en héros les Indiens Munduruku ou Hansen « le rigoureux, l'émotif » ; ou simplement la Nature elle-même dans sa puissance, dans son silence bruissant. Écoutons ce chant rythmé qui offre à l'homme tout simplement une possibilité de futur. Au fond il faut un poème pour que la conscience de l'Éternité (« la mer allée/ avec le soleil ») puisse nous en montrer la fragilité et qu'elle nous éveille à une pleine conscience de notre humanité : il nous reste à sentir, comprendre et agir. Un très beau texte dont la portée forte nous touche. Ce poème, au-delà de ce qu'il dit, tient dans ce qu'il est.

François Rannou

Mondeling

Mondeling

de Guillaume VISSAC & Nunku NISHIMURA

Horizons (PUBLIE.NET) | Paru le 24/11/2015 | 22,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Fruit du travail du photographe Junku Nishimura et de l’écrivain Guillaume Vissac, Mondeling nous immerge dans un univers nocturne, à la fois fascinant, inquiétant, désespérément sombre, et follement humain.

Parce que la nuit colle à nos peaux et à nos âmes.

Parce que les mots se diluent et flambent dans l’alcool.

Parce que nous sommes humains.

Louise Imagine

Les longs silences

Les longs silences

de Cécile PORTIER

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 04/11/2015 | 13,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


En février 2014, à la suite d’un burn out, Cécile Portier entre pour trois semaines en clinique psychiatrique. Pendant ce temps de soins, elle éprouve le besoin de noter les sensations qui la traversent, d’écrire ce lieu et ceux qu’elle y rencontre. Elle enregistre par l’écriture le flux des conversations, des sons, de ses propres pensées (« La pensée est-elle un organe ? Avoir mal en pensant, est-ce mal penser, est-ce une maladie ? »). Elle note le déroulement des heures et des gestes, le « temps qui passe en spirale, en entrelacs, en rond, en n’importe quelle forme qui ne soit ni droite ni orientée », les journées qui se répètent inexorablement, « des horaires pour tout : l'heure des repas, l'heure des médicaments, l'heure des activités, l'heure de fermeture du salon commun. Il y a des horaires pour tout qui font qu'on sait facilement sur quoi bute notre attente ». Les activités, les ateliers dessin, presse, et l’heure du goûter. « De nos vies nous ne voyons que les mécanismes ». Le sentiment d’étrangeté du lieu, le sentiment, même, d’en être étrangère, font place au constat que cette intimité non choisie est un partage. La description de l’endroit (sa terrasse, son jardin, le salon, les chambres), nous montre l’envers de ces « lieux de fatigue ». Elle n’a, à première vue, rien en commun avec ceux-là qui sont ici en même temps qu’elle, mais le seul fait d’avoir été défaillants les rapproche. Elle comprend que cette défaillance n’est pas que personnelle, qu’elle est l’écho, le symptôme peut-être, d’un fait social. « Dans ma chambre du pavillon, le lino est troué par endroits. Tout le monde a le droit d'avoir des failles ». Elle déjoue tous les poncifs du témoignage ou du récit d'expérience, et d'un trait vif, direct, précis, dénonce les mécanismes de notre quotidien. « Écrire ici c’est repasser toujours par les mêmes points, oublier l’exigence d’avancer vers quelque part ». Cécile Portier enregistre au plus ras de ce qui se passe, du temps qui ne passe pas. Et toujours, ce refus de se laisser enfermer, jusque dans ce qu’on attend d’elle.

Soleil gasoil

Soleil gasoil

de Sébastien MENARD

La machine ronde (PUBLIE.NET) | Paru le 28/10/2015 | 26,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Les images qu’induit la route, quand on arpente les plaines de l’Est ou que l’on roule en taxi vers Damas dont on ne sait encore que le nom. Les sensations, surtout : la poussière à la traîne des bus, le son des caoutchoucs sur l’asphalte, l’odeur du diesel brûlé. Il y a les bribes de réel saisies à la volée pendant les virées au Maghreb, en Europe de l’Est, au Proche-Orient. Et il y a les cris de violence proférée quand on a dû rentrer bosser et que cette vie nous meure. L’immense force de ce texte, c’est d’arriver à faire lever toute cette matière éparse, à ras le sol, normalement ignorée, et à lui donner forme et éclat. Du gasoil, faire soleil. Soleil gasoil. Le premier livre de Sébastien Ménard, qui écrit en continu sur diafragm.net. Un livre-repère pour une génération et le renouvellement du road book.

La Saga de Mô: tome 3, L'étang d'encre

La Saga de Mô: tome 3, L'étang d'encre

de Michel TORRES

Publie Noir (PUBLIE.NET) | Paru le 09/09/2015 | 16,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


« Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ! »

Indécis, ils s’assirent d’abord sur la coque et observèrent un moment le passage continu des spectres à l’assaut des rives de l’Enfer dans la clarté diffuse qui provenait de nulle part : pas de soleil, de lune ou d’étoiles dans ces parages.

L’Histoire ne mourant jamais, de l’étang de Thau à l’Enfer de Dante, arrivée brutale de l’oncle Henri, le dernier des pourris, la pire des raclures. À ses côtés, Mô, dilué dans le désespoir comme on se perd dans un brouillard façon Zyklon B, s’aventure à l’aveugle dans les neuf cercles fantasmagoriques peuplés de damnés nazis et de diables cornus. Comment ne pas le suivre dans cet Enfer tatoué de croix gammées quand on sait qu’il va faire la lumière sur la part d’ombre qui l’agite depuis son enfance ? Lancé dans ce cauchemar comme un chien dans un jeu de quilles, dans l’obscurité et la douleur, Mô découvre qu’il n’y a pas de limites à l’horreur.

Navigations: Sur les traces d'Eugen...

Navigations: Sur les traces d'Eugen...

de Marcello VITALI-ROSATI

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 22/06/2015 | 22,00 €

Ce n'est pas seulement une expérimentation littéraire, c'est aussi et d'abord un grand texte, une formidable mise en abîme, forgée dans la chaleur italienne (sable, café, barbecue et cigare) et sous la neige montréalaise (flocons suspendus dans l'air, défiant la gravité), une fenêtre ouverte sur le souvenir d'un étudiant en philosophie, né à Florence, amoureux de H., ami de Peppe le poète, qui traverse les frontières sans bataille — c’est volontairement qu’il laisse des minuscules à tout ce qui touche de près ou de loin aux nationalités —, parti vivre à Pise, puis à Paris, puis à Montréal, et qui un jour rencontra Eugen, celui qui devint « personne itinérante » comme on dit au Québec, qui avait quitté la Roumanie dans le but d'atteindre le Canada en se cachant dans le container d'un cargo, qui dissimula ses papiers dans une gare à Belgrade pour échapper à la police, perdit son identité mais pas la volonté farouche de parvenir à ses fins, Eugen qui était fou comme un personnage de Kusturica, et qui compta jour après jour les kilomètres qui le séparaient de son rêve en buvant de la mauvaise bière volée chez Lidl. Réussira-t-il ?

Monkey's requiem

Monkey's requiem

de Matthieu HERVE

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 16/06/2015 | 16,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Nous sommes à Arles, le 18 mars 1888. Nous sommes à Saragosse. Nous sommes à Londres. Nous sommes en novembre 1887, à Paris. Nous sommes en Slovénie, au Maroc. Nous sommes à Valparaiso, nous sommes au nord de la Suède, en 1889, nous sommes à Porto. Nous sommes à Belleville. Nous sommes à Séville, en Irlande, dans les Balkans. Nous sommes en 2007, en 1992, en 1964, en 1940. Nous sommes partout, nous sommes tout le temps, guidés par le décortiqueur de vies qu’est Matthieu Hervé, qui prend la casquette d’un biographe marionnettiste, et fait se croiser au gré des époques et des pays, des hommes et des femmes qui s’aiment, écrivent, peignent, souffrent, fuient, trompent, se trompent, philosophent, font du cinéma, du cirque, voyagent, luttent contre la maladie, découvrent la poésie, l’architecture, l’art, la mélancolie, le tragique, le silence, espèrent, jouent, jouissent et meurent, chacun dans leur petit monde, dans leur petit espace-temps à eux, qui enfin éclosent, émergent, et surprennent comme autant de gigantesques monuments qu’on croiserait au détour d’une ruelle. Et peut-être que tous ceux-là ne forment en fait qu’une seule et même personne, pourquoi pas un jeune homme solitaire assis à la table d’un bar, qui écoute ce qui se passe autour de lui, qui murmure tout bas, et qui construit son petit théâtre personnel : côté cour et côté jardin, ses personnages alignés, entrant en scène chacun leur tour, un peu solennels, attendant que l’autre ait fini de vivre ce qu’il devait vivre ; en face, son public, les lecteurs ; dans la fosse, l’orchestre et son chef, un singe en queue-de-pie ; et puis l’écho du monde comme souffleur.

L'appel de Londres

L'appel de Londres

de Philippe CASTELNEAU

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 29/05/2015 | 11,50 €

L’appel de Londres est à la fois géographique et musical : au prétexte d’une visite de quelques jours, Philippe Castelneau élabore un journal de ses déambulations londoniennes. Mais les villes que l’on arpente sont, comme souvent, nappées de souvenirs, et l’écriture se mélange aux récits de l’enfance, de l’adolescence, au saut dans le vide de l’âge adulte.

À l’instar d’un certain Docteur bien connu des amateurs de séries télé britanniques, Philippe Castelneau sonde le temps et l’espace, invoque Dylan Thomas et Sid Vicious, croise Alan Moore et les Beatles, se souvient d’Oscar Wilde et des Smiths. La ville elle-même est une errance : arpenter Londres et c’est Tokyo qu’on revoit, c’est Paris qu’on respire, Manchester qu’on fredonne. Philippe Castelneau s’approprie les codes de Publie.rock et se sert à son tour de la musique et de la culture pop comme d’une langue pour se raconter lui, en creux, avec pudeur et élégance, dans un voyage sincère, vivant.

Gracieuse dans ce désert

Gracieuse dans ce désert

de Zyranna ZATELI

Grèce (PUBLIE.NET) | Paru le 27/05/2015 | 16,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Le monde de Zatèli, c’est son passé, son enfance avant tout, le coin de Grèce du Nord où elle l’a vécue, petite ville et campagne autour ; c’est les années 50 et 60, reconnaissables à certains détails — mais lieux et époques se fondent en partie dans une sorte de brume intemporelle. Si dans Gracieuse… le récit à la troisième personne tend à remplacer le « je » — signe que les romans futurs se rapprochent —, celle qui raconte l’histoire, qui en fut l’héroïne ou le témoin, est toujours une enfant, une jeune fille ou une jeune femme derrière lesquelles on devine l’auteure, entourée souvent d’une foule de frères et sœurs, d’autres grandes familles voisines, d’originaux divers, de fous et de folles, avec leurs cancans et leurs mystères.

Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d'avant et d'après

Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d'avant et d'après

de Laurent GRISEL

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 12/05/2015 | 20,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Tout a commencé par une grève des instituteurs pour des augmentations de salaire.

Avec ce premier tome d’un journal tenu au jour le jour depuis le 5 janvier 2006, Laurent Grisel explore ces années noires de crise planétaire. Se confrontant aux sources les plus diverses, presse internationale, agences financières, fils d’information des associations de solidarité, blogues, publications de chercheurs indépendants, il trie et décrypte le flot continu des nouvelles désorientantes.

Politiques d’extrême-droite non dissimulées, crimes de guerre, licenciements massifs et manipulations financières, brouillages sémantiques, c’est par un subtil entrelacement des causes et conséquences qu’il explore et éclaire peu à peu le changement de civilisation en cours, dans toutes ses dimensions. Ses analyses combattent mot à mot la propagande qui assourdit, qui martèle ces discours pourtant usés. À ses côtés, on envisage les ressorts des affrontements en cours, des attaques contre notre existence même, et l’affirmation de nos vies en est d’autant plus forte.

Un ouvrage d’une clarté remarquable. Un livre d’écrivain, assurément.

Ma mère est lamentable

Ma mère est lamentable

de Julien BOUTONNIER

L'inadvertance (PUBLIE.NET) | Paru le 04/05/2015 | 12,50 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Ce poème est le récit fragmenté d’une perte. Des photos viennent donner apparemment un semblant de réalité à un parcours intérieur marqué par la douleur. Et le cri. Quand j’ai lu le manuscrit de Julien Boutonnier, c’est ce qu’immédiatement j’ai senti. Mais, le relisant, voici les quelques remarques qu’il a suscitées en moi.

  1. Le cri désigne la perte de la mère. L’absence subie comme un fléau (peste au crabe) se combat dans les mots contre les motsmorts qui coupent le souffle. Boutonnier trouve sa voix dans les lettres manquantes qu’il faut vocaliser autrement pour pouvoir dire le nom imprononçable.
  2. En ce sens, il n’est pas question d’histoire individuelle seulement, vous l’aurez compris. Il s’agit de tenter de saisir l’espace à vif de la mort à l’œuvre en nous, en nous tous.
  3. Et les photos ne sont là que pour nous montrer que la réalité de ce qui se lit et se donne à entendre ne peut se voir, sauf dans le défaut de ce que toute image exhibe, dans ce qu’elle dé-montre.
  4. Il faut pour donner corps à tout cela une construction rigoureuse, exigeante. Julien Boutonnier y parvient avec un sens des rythmes et un feeling à toute épreuve.
  5. C’est donc un livre remarquable, bouleversant.

Maintenant, précipitez-vous, ayez la curiosité aiguisée, à vos liseuses !

François Rannou

Note : il faut saluer le travail remarquable de Jean-Yves Fick dans la mise au point du manuscrit et sa relecture.

Passée par ici

Passée par ici

de Maryse HACHE

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 23/04/2015 | 11,50 €

Passée par ici, ancré dans la vie et déjà posé sur la mort, n’est pas une chronique mais un récit. Un récit de la traversée des apparences et des réalités de l’hôpital telles que doit les affronter celui ou celle (celle en l’occurrence) qui ne veut abandonner ni l’espoir ni la gouverne de sa propre vie. Car c’est bien de cela dont il est question dans ce récit qui emprunte les formes de la poésie et celles de l’analyse anthropologique : comment maintenir sa dignité quand tout tend à la laminer, au pire, ou à l’ignorer, au mieux. Quand Maryse Hache compose ce récit, pour le Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin, cette odyssée hospitalière, qu’elle vivra à pleines dents comme une aventure, date, pour elle, de deux petites années après qu’un jour du bel automne 2005 elle entende « il faut enlever ce rein ». Opérations, chirurgienne et chirurgiens, infirmières, oncologues, douleurs, attentes, elle entend en être de tout cela complice, voire sujet et surtout pas objet. Ce combat qu’elle mènera jusqu’au bout se joue aussi bien dans les discussions avec les soignants que dans les gestes du quotidien : « pourquoi frapper avant d’entrer si vous n’attendez pas la réponse avant de le faire ? ». Mais ce texte n’est pas seulement une narration du quotidien d’un patient, il est aussi, et surtout, un récit poétique des relations humaines qui se tissent dans ce monde où la maladie est la grande régulatrice mais dont il convient cependant de refréner les tentatives d’hégémonie. Il faut parfois travailler au corps et à l’âme ceux qui soignent pour qu’ils le fassent comme elle voulait qu’ils le fassent : avec respect et attention. Alors la poésie couvre de louanges ceux-là qui le font d’emblée ou acceptent enfin de le faire. Et cingle parfois ceux qui ne veulent pas. Jusqu’au bout (elle mourra en octobre 2012) c’est la vie qui a prévalu, la vie et la poésie et l’écriture et les autres.

Nos guerres indiennes

Nos guerres indiennes

de Benoît JEANTET

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 06/04/2015 | 9,50 €

Écrire, mais comment et raconter, à quoi bon ? Dans les récits qui composent Nos guerres indiennes, Benoit Jeantet interroge, d’une séquence l’autre, ce qui reste. Ce qui de tout demeure quand les blancs peu à peu dévorent le continu des souvenirs.

Vieillir. Avoir été. Avoir vécu. Le lisant, on entre dans le geste de feuilleter un album d’images « flash­back / flash­forward ». On ne sait trop comment l’ordonner, ni l’entendre, et pourtant entre les pages, la vie. Son continu. Discontinué. Du présent se restitue, même passé, ou manqué. Quoi qu’il arrive, on sait qu’il est inévitable que les blancs l’emportent. Peu à peu, ils percent et délavent en sépia de plus en plus pâles les images. Celles où tous nous nous tenons. Mais « dans la règle du jeu debout », on aura au moins retrouvé l’île de Ré, la forêt, ses arbres, la réserve, la noyée que cherchait la solitude aux bords d’une rivière, le vacarme des boulevards, il/elle, ces aimé(e)s. Un peu d’éternité pliée, et à force, percée. Transpercée. Quelque chose comme d’une mélancolie, le sable du temps et ses éclats.

« À part ça, son truc ? La micro­nouvelle » dit l’un des récits. Ce qui n’empêche pas le livre de construire le continu multiple d’une écriture. Liée et rompue. De celles qu’on ne quitte qu’à regret, une fois le livre refermé sur sa question.

La saga de Mô, tome 2 : Aristide

La saga de Mô, tome 2 : Aristide

de Michel TORRES

Publie Noir (PUBLIE.NET) | Paru le 09/12/2014 | 15,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Au bout de la jetée : la fin du voyage, le domaine que j’aurais voulu sans partage, de l’eau, des bêtes marines, des oiseaux et de la sauvagine.

Sur cette frontière, un cyclope, le phare des Onglous, veille de son œil rouge le Canal du Midi et mon étang de Thau. Au loin, la colline de Sète allume ses milliers de lanternes et les vagues se brisent à nos pieds sur les rochers. Du haut de mes vingt ans, me voilà chef de bande : à ma gauche Aristide, le géant simplet, qui m’est tombé dans les bras comme un grand gamin quand le vieux Manuel s’est pendu ; à ma droite, Malika, notre lionne boiteuse, notre amoureuse, arrivée sans crier gare et chamboulant notre fragile équilibre. Ça sonne paisible, mais dans la nuit habitée de la lagune, autour de notre cabane de bric et de broc, un monstre rôde et des gamines s’évaporent dans la nature…

Retrouvez Mô dans le deuxième tome de cette saga à la croisée du polar et du fantastique : adieu l’enfance adieu les vignes, voici venu le temps de la plongée et de l’aventure, du doute et de l’obscurité…

Les jeûneurs

Les jeûneurs

de Clotilde ESCALLE

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 10/11/2014 | 15,50 €

Si l'on pouvait photographier le monde après le monde, l'onirisme au paroxysme, les derniers survivants, à quoi ferions-nous face ? Sans doute aux mots de Clotilde Escalle prenant vie et errant dans les déserts fantasmagoriques de Dali. Nous verrions...

Du sable. À perte de vue. Un monde au bord du précipice, désormais à l'abandon, desséché, aride. Un père qui meurt. Un cadavre à retrouver. Une maison qui recèle des trésors, un fils qui dessine sous nos yeux le récit qui s'anime, qui redonne des couleurs à la vie d'autrefois.

Des jeûneurs qui errent, aspirant le monde et les souvenirs, marchant dans le désert-sanctuaire, chassant les derniers survivants, immortels dans leurs corps de parchemin.

Une forteresse. Une fabrique, machine vivante tout droit sortie d'un vieux film de science-fiction. Des robots. Des pensées-graines. Des passerelles entre le désert d'ici et le monde d'autrefois. Des morts qui parlent, une douleur de marbre, un monde métallique.

Une plongée dans une littérature où l'on doit mettre de côté toute rationalité et faire confiance à ce qui défile devant nos yeux : votre imagination, aux mains tout entière des jeûneurs, sera votre meilleur guide dans ces contrées fantomatiques.

On y retrouve un petit goût d'Une Épidémie, de Fabien Clouette, quelque chose d'étrangement ailleurs.

La saga de Mô, tome 1 : La meneuse

La saga de Mô, tome 1 : La meneuse

de Michel TORRES

Publie Noir (PUBLIE.NET) | Paru le 11/06/2014 | 15,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Vendange 1960.
Le soleil se couche rouge.
Le conteur, Mô, un gamin de douze ans à la langue bien pendue, entêté comme personne, démêle les fils d’un polar haletant, labyrinthe en forme de cauchemar éveillé. Avec son ami Aristide, géant microcéphale à cervelle de moineau, et sa bande de gosses effrontés, il rôde dans le noir et s’interroge : qui a tué la belle Meneuse ?
La horde poussiéreuse des vendangeurs, hantée de dangereux secrets, suit les sillons que creuse le sang dans les vignes. Dans le marais et sur l’île interdite, quand survient la nuit, veillent les sentinelles aux crânes de morts. Mais quel est donc cet étrange endroit où règne le réalisme magique ?
L’ethnographie sanglante d’un microcosme sudiste.
Le début d’un long conte noir, l’enfance d’une vie : la Saga de Mô.

Ce volume est le premier d’une série de six titres, à la croisée du polar et du fantastique, et qui seront publiés en numérique et papier.

Comment va le monde avec toi

Comment va le monde avec toi

de Laure MORALI

La machine ronde (PUBLIE.NET) | Paru le 01/08/2013 | 11,50 €

C'est d'abord un chant de retour. Une femme revient sur une île de Bretagne, dans le paysage de mer où elle a grandi. Elle habite sous un phare, et la nuit ravive les fantômes. Entre le pays et soi, désormais, un décalage, par toutes ces années d'Amérique collées sur la peau. Alors lancer des mots à la mer, par petits éclats, comme les messages des sémaphores. Une adresse à un aïeul, un capitaine qui est allé se perdre à l'ouest aussi, longtemps avant. Et le reflux des souvenirs, premières amours, cassures et dérives, pour s'éclairer où il y a eu partage des eaux, entre rester et s'en aller. "Tout ce que nous aurions pu faire si nous n'étions pas partis au loin est resté là, inachevé. Les fantômes ne sont pas des morts, ce sont des vies que nous avons laissées en suspens."

Les faux-monnayeurs, relectures

Les faux-monnayeurs, relectures

de Hélène BATY-DELALANDE

publie.net (PUBLIE.NET) | Paru le 20/02/2013 | 13,98 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Roman carrefour, roman indémodable, à la transition du symbolisme vers le moderne, expérimentation essentielle à l’aube du XXe siècle, on n’en pas fini avec Les Faux-Monnayeurs, comme en témoigne le choix de ce livre pour les baccalauréats littéraires 2017 et 2018. Récit proliférant, greffe de personnages, fiction par ellipse, mises en abîme, tout ce qu’on décrypte ici vaut pour l’expérience d’écrire aujourd’hui. Sous la direction d’Hélène Baty-Delalande (Paris VII/Cerilac), huit chercheurs en explorent la poétique et les signes, enfin la figure même d’André Gide parmi nous..

Le Silence des chiens

Le Silence des chiens

de Jacques ANCET

L'inadvertance (PUBLIE.NET) | Paru le 25/10/2012 | 15,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Une phrase, une seule phrase pour contenir ce Silence des chiens de Jacques Ancet. Une longue phrase, déroulée, se dépliant en souffle, en rythme, qui fait que l’on ne se trouve plus devant le texte, mais bien à l’intérieur de lui, pris dans ses pliures, son flux, et porté par son mouvement.

C’est un texte, au sens élargi. Il contient les images quotidiennes, les gestes simples et l’invisible pensée qui les porte, résurgences, sensations, interactions, autour de ce “tu” qui avance et veut dire.

Ce souffle crescendo et décrescendo emporte.

Il nous déplace de l’anodin à l’indicible, du particulier à l’universel avec une facilité déconcertante. Peu importe qu’il n’y ait qu’une seule phrase ou plusieurs, le propos n’est pas celui d’une performance qui serait seulement acrobatique. Il s’agit bien de chair, de sang, d’émotions, d’humanité (ou d’inhumanité) en marche.

La Tendresse

La Tendresse

de Jacques ANCET

L'inadvertance (PUBLIE.NET) | Paru le 06/09/2012 | 13,00 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Une litanie poétique, de très longues phrases et peut-être une seule phrase coupée par de respirations qui forme des pans ou des parties. D’entrée, on partage une sorte de gestation mystérieuse, dialogue secret d’une femme enceinte avec un « un » diffus. Puis se poursuit l’étirement de ce fil qui lie le « un » à soi, et La Tendresse s’explore dans cette capacité à surmonter la séparation, à en déjouer les vides et les trous noirs quand le « un » devient autre que soi, ces moments où l’on peut réussir à conserver des bribes, la gratitude exprimée à la vie, sous-jacente. Des pensées qui traversent ce que voit le regard et ce qu’entend l’oreille, cris d’enfants, l’espace de la nuit, des figures maigres et misérables, dans la tête posée sur la main, dans le geste d’écrire, « les mots sont une lente procession d’insectes, j’entends leur grésillement ». Le cycle complet : 1. L'incessant 2. La mémoire des visages 3. Le silence des chiens 4. La tendresse L'ensemble du cycle est disponible et papier et numérique.

Cuisine

Cuisine

de Antoine EMAZ

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 02/08/2012 | 15,98 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Antoine Emaz est sans conteste un des plus denses poètes d’aujourd’hui en France. Travail dans la matière langue jusqu’à l’os, via la plaie, via les jours (pour reprendre quelques-uns de ses titres), dans la ligne de Reverdy et André du Bouchet qu’il commente le plus souvent. Mais pour arriver à ces éclats que sont ses livres, depuis Lichen, lichen et Cambouis, Antoine Emaz a accepté de confier l’autre face de ses écrits : dans les jours et le vivre, dans le travail d’enseigner, dans ses parcours de lecture. Ici, on parle du jardin, du ciel, de la glycine, comme on parle de la maison, du repas qu’on prépare, de la classe qu’on va faire. Mais il parle aussi de rock, ou de Rimbaud, ou des suicides à France-Télécom. L’oeuvre unique que constitue Antoine Emaz est désormais établie sur ces deux registres : la poésie, et ce qui mène à la poésie, ce qu’elle est de travail sur soi : « Où soulever quoi pour que ça déplace de la langue ? »

L'Allée du bout du monde

L'Allée du bout du monde

de Marie COSNAY

Temps réel (PUBLIE.NET) | Paru le 25/07/2012 | 11,98 €

D’abord ce texte pour la beauté de sa prose.

Beauté violente. Et tout ce qu’on y reconnaît du monde, le nôtre : la nuit sauvage des villes, les gares quand on en a perdu le nom, les bords d’autoroute et ces discussions face à face quand le lendemain les yeux qu’on revoit n’ont plus de nom ni de visage.

J’ai souvent pensé au début du Bruit et la fureur, de Faulkner : Benjy voit et pense dans un temps simultané, juxtaposé, où tout se chavauche. Et qui pour ne pas savoir, même s’il faut s’en défendre pour que tienne la vie au quotidien, qu’il n’y a pas de vraie séparation entre le rêve et le réel ?

Ali et Ramazan

Ali et Ramazan

de Perihan MAGDEN

Turquie (PUBLIE.NET) | Paru le | 15,98 €

Ce livre est disponible à l'autre LIVRE, 13 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris du mardi au samedi de 11h à 19h.


Ali et Ramazan sont deux enfants. Ils sont orphelins. Ils se rencontrent dans la cour de pierre dans un orphelinat d'Istanbul. Ils tombent amoureux. Depuis leur naissance jusqu'à leurs dix-huit ans, quand ils se retrouvent à la rue. Du service militaire au manque d'emploi. Ali et Ramazan vivent et tentent de survivre dans cette ville qui leur est cruelle. Pas très longtemps. Ils meurent tragiquement. Tout ce qu'il nous reste de ces garçons, ce sont des coupures de journaux que Perihan Ma?den ravive. À travers les pages de ce court roman, à coups de phrases brèves, de ponctuation déconcertante et d'émotion, sans jamais tomber dans le sentimentalisme, Ma?den redonne vie à ces enfants de la page trois.

Et le génie de Perihan Ma?den est de raconter ces vies, parfois trop courtes comme c’est le cas pour Ali et Ramazan, sans pathos ni utiliser de clichés. Perihan Ma?den nous montre l’humain et non la victime. Elle ne veut pas que l’on pleure sur le sort de ces personnages, elle nous pousse à nous rappeler que nous sommes avant tout humains.

Photo de couverture papier : © Annakarin Quinto

Photo de couverture numérique : © Burak Çevik