l'autre LIVRE

PÉTRA

Comme l'attestent leurs collections, dirigées par un ou plusieurs spécialistes et/ou un comité scientifique, les éditions Pétra, priviligient l'approche transdisciplinaire, seule capable à leurs yeux de sortir des sentiers battus. Depuis 2001, date de leur création, leurs thèmes de prédilection sont les sciences humaines et sociales, les littératures française, étrangère, comparée et jeunesse, philosophie, avec parfois une focale tels les îles, les pays post-soviétiques, l'Asie centrale, les Tsiganes, la mémoire, l'éducation, etc. Elles ont ouvert, depuis 2010, un espace librairie qui accueillent des éditeurs amis ainsi que des ouvrages proches de leurs collections.

Adresse : 12 rue de la Réunion
75020 Paris
Téléphone :01 43 71 41 30
Fax :01 43 70 62 25
Site web :http://www.editionspetra.fr
Courriel :nous contacter
Diffusion :Autodiffusion
Distribution :Autodistribution
Représentant légal :Yasser Kattou
Forme juridique :SARL
Racine ISBN :978-2-84743
Nombre de titre au catalogue :200
Tirage moyen :500
Spécialités :Sciences humaines Littérature française Littérature étrangère Littérature jeunesse poésie
Table rase et paysage

Table rase et paysage

de Denis DELBAERE

Esthétique appliquée (PÉTRA) | Paru le 04/10/2016 | 25,00 €

Plus que tout autre sans doute, notre temps requiert un remodelage volontariste et planifié des territoires afin de répondre aux défis socio-environnementaux actuels. Mais nos sociétés démocratiques sont largement privées des moyens politiques d’une telle ambition depuis qu’elles ont remis en question la légitimité de la techno-structure planiste qui, de 1950 à 1975, à aménagé efficacement, autoritairement et aussi aveuglement l’essentiel des espaces que nous partageons aujourd’hui – grands ensembles de logement et zones commerciales, réseau autoroutier et transports publics à grande vitesse, bases de loisir et secteurs sauvegardés des centres villes, équipements sportifs et pôles universitaires.

Un demi siècle après ces grands chantiers généralement accusés d’avoir défiguré les territoires, il est temps de dresser un bilan de ces « paysages de la modernité », afin d’évaluer le legs du planisme et d’imaginer son renouveau critique. Si, en effet, bien des ouvrages construits par le planisme se dégrade et subissent l’agressivité de plans de rénovation urbaine fondés sur cette même logique de table rase qu’ils reprochent aux urbanistes des années de croissance d’avoir employée, en revanche les espaces publics, les plantations et les reliefs sommairement et massivement esquissés alors arrivent désormais à maturité pour qui sait les regarder.

En mobilisant les outils des sciences du paysage et en les confrontant à l’exploration d’une vingtaine de paysages emblématiques de la modernité, l’auteur montre la diversité et la qualité insoupçonnées des paysages induits plutôt que produits par le planisme, et suggère comment ce « degré zéro du paysage » pourrait bien composer l’armature écologique et urbaine des territoires en transition.

 

La vie d'une femme rom (tsigane)

La vie d'une femme rom (tsigane)

de Stefka STEFANOVA NIKOLOVA

Textes en contexte (PÉTRA) | Paru le 29/09/2016 | 16,00 €

Avec DVD Le Voyage d'une femme tsigane, film de Cécile Canut, produit par tutti quanti (2010 - 18 mn)

Préface et traduction du bulgare par Cécile CANUT


Cécile Canut, linguiste (université Paris-Descartes) et cinéaste, partage par intermittence la vie de la famille de Stefka. Depuis 2007, elle a engagé avec quelques habitants de Nadejda un travail filmique collectif (Derrière le mur) ainsi que la traduction et la publication en français des textes inédits de Stefka S. Nikolova.
Cette démarche s?inscrit dans une réflexion sur les formes de subjectivations artistiques et politiques dont Stefka S. Nikolova est une incarnation exemplaire. Le film Le Voyage d?une femme tsigane a été réalisé en 2009, entre Sliven et Sozopol (Bulgarie).



RÉSUMÉ
Stefka S. Nikolova vit dans le quartier Nadejda, « L?Espérance », à la périphérie de Sliven (Bulgarie), réputé
jadis pour la valeur de ses musiciens. Isolé du reste de la ville par un mur construit tout autour du quartier dans
les années 70 afin de cacher les habitants tsiganes aux regards extérieurs, le « Ghetto », comme certains  l?appellent, regroupe actuellement plus de 20 000 personnes. Le chômage et la pauvreté, depuis 1989, gagnent inexorablement les habitants qui fuient vers des fortunes incertaines. Supportant mal de voir son lieu d?enfance partir à la dérive, Stefka, mère de famille que rien ne prédestinait à l?écriture, s?est mise à composer des textes sur sa vie avec l?espoir que quelqu?un, quelque part, l?entende et change la situation. Âgée de 42 ans, Stefka S. Nikolova a longtemps caché ses manuscrits avant de les montrer, puis d?en accepter la publication à l?étranger.


SYNOPSIS du DVD LE VOYAGE D'UNE FEMME TSIGANE
Tout commence par un rendez?vous. Le pays traversé, ses cadres accumulés par la vitre d’un car pour rejoindre une gare. Stefka Stefanova Nikolova attend le train. Depuis combien de temps dans les murmures et les bruits du quartier qui, lui, ne la quitte pas.
Stefka dans le train file à travers la campagne et par la vitre regarde. Il y a les paysages et il y a les gens. L’en?dehors des voix, des chants. Et des pensées qui l’accompagnent. Des présences vont et viennent dans l’espace suspendu des regards, ou le confinement d’un carnet refermé sur ce qu’elle écrit. Les mots qui ne seront pas dits.
La mer est au bout du voyage. Que promet-elle, la mer, si ce n’est d’être là tout entière, images et sons ensemble. L’ostination des vagues et la brise insistante. Le jour insensiblement tombe. La mer ressasse. Qu’y aurait?il après. Tout recommence aussi par un rendez?vous.
Images et sons: Cécile Canut.
Montage : Alain Hobé.
Format : DVCAM.
Production : tutti quanti films.
19’/2010.
 

Un silence de pierre et de cendre

Un silence de pierre et de cendre

de Murielle PARADELLE

Méandre (PÉTRA) | Paru le 23/08/2016 | 22,00 €

À travers les soubresauts d’une enquête difficile, le lecteur de ce roman policier est convié à entreprendre une plongée au cœur même du génocide comme crime d’extermination, pour essayer d’en comprendre les ressorts, la logique, le déroulement et de réfléchir sur des questions telles que la justice après la Catastrophe, la vengeance, le pardon, la culpabilité et l’innocence, la complicité par abstention, l’héritage du génocide, la transmission de la mémoire, le deuil impossible faute de corps à honorer, et, surtout, l’indifférence. Un crime qui se construit sur la déshumanisation de la victime à partir de l’inhumanité du tortionnaire, mais qui laisse, pourtant, le dernier mot à cette humanité, celle qui, même blessée, survit malgré tout, contre toute attente, contre toute espérance, contre toute probabilité. 

Professeure à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa (Canada), Muriel Paradelle enseigne un cours portant sur les défis et les difficultés que rencontre la justice, dès lors qu’il lui revient de se saisir de crimes commis dans le cadre de politiques d’États qui usent de la violence extrême pour terroriser ou anéantir une partie de leur population (génocides, crimes contre l’humanité, nettoyages ethniques, recours à la torture et à la disparition comme moyens de contrôle). Ce premier roman représente, pour elle, une manière de diffuser, autrement que par le biais de la recherche scientifique, le fruit de son travail et de sa réflexion, de même, aussi, qu’une manière autre de témoigner, lorsque le chercheur/romancier devient le témoin du témoin, et, à ce titre, héritier, lui aussi, de la violence extrême.
 

Îléité. Perspectives littéraires sur le vécu insulaire

Îléité. Perspectives littéraires sur le vécu insulaire

de Bénédicte ANDRÉ

Des îles (PÉTRA) | Paru le 10/08/2016 | 20,00 €

De par l’empreinte historique et géographique du colonialisme, de nombreuses interrogations relatives au champ des Island Studies se retrouvent dans les recherches portant sur le postcolonial. Loin d’avoir alimenté de nouvelles conversations interdisciplinaires, ces points communs dissimulent en réalité des désaccords idéologiques et méthodologiques notables, notamment par rapport à la place octroyée aux études littéraires qui, si elles ont permis l’émergence de la critique postcoloniale, manquent encore cruellement de visibilité au sein des Island Studies. C’est pour pallier ce manque et poser les jalons méthodologiques de la discipline émergente des Island Literary Studies qu’Îléité se propose de présenter de nouvelles perspectives littéraires sur l’espace réel-et-imaginé des îles. 
Trois intentions président à ce projet : faire connaître la perspective des Island Studies à la communauté scientifique francophone ; démontrer qu’un dialogue entre lesdites études et la critique littéraire peut non seule-ment avoir lieu mais qu’il permet de repenser, entre autres, les rapports entre identité et autreté ; conceptualiser le vécu insulaire dans un cadre historique bien précis, celui des anciennes colonies françaises. Plutôt que de mettre en lumière les pratiques sociales (spatiales) inhérentes aux formes comme a pu le faire Henri Lefebvre, cette étude s’intéressera à la textualisation de l’expérience sensible de ces pratiques, notamment à celle de la liminalité à travers les œuvres de trois auteurs insulaires : Gisèle Pineau (Guadeloupe), Axel Gauvin (La Réunion) et Claudine Jacques (Nouvelle-Calédonie).

Pensée de l'archipel et lieux de passage

Pensée de l'archipel et lieux de passage

de Dominique FARIA

Des îles (PÉTRA) | Paru le 05/08/2016 | 28,00 €

Douze auteurs ont ici pour ambition de penser l'archipel : ensemble d'îles. Au-delà de la réalité géographique, en particulier des Açores, on découvre une entité complexe où l'imaginaire et la rationalité font jouer simultanément le pluriel et l'unité, la discontinuité fragmentaire et la contiguïté réticulaire. On pensera l'archipel en tant qu'il aide à penser le monde. Une diversité d'approches alterne ainsi les archipels philosophiques, artistiques, ethnologiques et littéraires en multipliant les croisements possibles et les rapprochements nécessaires entre les îles que nous sommes et la relation qui nous invente.

Regards sur les cinémas du Maghreb

Regards sur les cinémas du Maghreb

de Denise BRAHIMI

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 05/08/2016 | 22,00 €

Ce recueil de 20 articles, écrits pendant une dizaine d’années (2004-2014), met en valeur des aspects révélateurs d’une identité propre aux cinématographies du Maghreb. Certaines constantes se sont imposées, permettant un regroupement en trois ensembles.
Apparaît d’abord l’importance de la question des femmes ou du féminin. Le statut particulier des femmes maghrébines puise sa source dans un patriarcat ancien, dont les traits caractéristiques ont fait preuve d’une remarquable longévité. Mais on verra aussi au fil des articles une forte évolution chronologique dont les effets sont d’abord positifs avant la catastrophe qu’a été le surgissement du terrorisme intégriste. 
Cependant le plus grand nombre des articles ici réunis entrent dans la vaste rubrique Histoire, politique et société.  Les cinéastes maghrébins travaillent dans l’urgence d’une histoire dévorante, où les souvenirs d’un proche passé violent sont rejoints par l’évocation de nouvelles violences non moins présentes et agissantes. La production cinématographique maghrébine les dénonce sans réserve, alors même qu’elles sont parfois ou souvent le fait du pouvoir officiel. La dimension critique de ces cinémas est considérable, elle est pour ainsi dire leur raison d’être. 
Réalisateurs, réalisatrices : tel est le titre qui s’est imposé pour la troisième partie du recueil, car les pays du Maghreb se caractérisent aussi par la force des individualités qui s’y affirment. C’est bien la preuve qu’il s’agit d’artistes, qui imposent à l’évidence leur savoir-faire  cinématographique. 

Ce livre est le second volet d’un diptyque commencé par la publication en 2015, aux éditions Pétra, d’un premier recueil d’articles intitulé  Images du Maghreb dans la littérature. Denise Brahimi, universitaire et critique qui s’intéresse au Maghreb depuis les années 60 du siècle dernier, en a en effet exploré la réalité humaine aussi bien à travers les livres qu’à travers les films. En 2009 elle a publié un ouvrage intitulé 50 ans de cinéma maghrébin.

Dictionnaire français-kirghiz kirghiz-français

Dictionnaire français-kirghiz kirghiz-français

de COLLECTIF

IFEAC (PÉTRA) | Paru le 06/07/2016 | 20,00 €

Ce dictionnaire est une publication de l’Institut français d’études sur l’Asie centrale (ifeac). Fidèle à sa mission de promotion des échanges scientifiques entre la France et l’Asie centrale, l’ifeac met à la disposition du public un nouvel ouvrage usuel d’intérêt général : le dictionnaire français-kirghiz-français, qui s’ajoute à la série de dictionnaires déjà publiés par l’ifeac pour l’ouzbek et le tadjik.

Langue officielle du Kirghizstan, le kirghiz est l’une des nombreuses langues turciques d’Asie centrale et il couvre une aire linguistique qui s’étend au-delà des frontières du Kirghizstan puisqu’il est parlé par les communautés kirghizes du Kazakhstan, d’Ouzbékistan, du Tadjikistan, d’Afghanistan et de Chine

Premier dictionnaire entre le kirghiz et le français, cet ouvrage sera utile aux écoliers, lycéens et étudiants de français du Kirghizstan et aux étudiants de kirghiz en France, mais également aux touristes de plus en plus nombreux à découvrir « la petite Suisse » de l’Asie centrale.

Retour des corps, parcours des âmes. Exhumations et deuils collectifs dans le monde hispanophone

Retour des corps, parcours des âmes. Exhumations et deuils collectifs dans le monde hispanophone

de Anne-Marie LOSONCZY & Valérie ROBIN AZEVEDO

Les cadavres dans les violences de masse et les génocides (PÉTRA) | Paru le 10/05/2016 | 25,00 €

En Espagne comme en Amérique latine, à l’issue de longues périodes de conflits armés, les ouvertures de charniers se sont multipliées ces dernières années. L’objectif de ces exhumations est triple : rendre leur dignité aux défunts, apaiser leurs familles et permettre la réconciliation nationale. Les traces des individus assassinés constituent en effet des supports matériels et symboliques des mémoires collectives de la guerre. Mais comment se déroule la prise en charge médico-légale ou l’encadrement religieux des restes humains et des objets ainsi mis au jour ? Comment ré-inhume-t-on ceux qui furent des fantômes pendant si longtemps ?

Retour des corps, parcours des âmes vise à éclairer la façon dont les rites funéraires et les imaginaires de la mort violente se recomposent de nos jours en Espagne, au Guatemala, au Pérou ou en Colombie. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage, nourries de longues enquêtes de terrain, étudient ainsi les exhumations et les ré-inhumations dans leur triple dimension anthropologique : sociopolitique, culturelle et symbolique, trop souvent traitées séparément. Retour des corps, parcours des âmes donne ainsi à voir leur articulation et éclaire les multiples enjeux contemporains de rituels funéraires emblématiques des sociétés marquées par la violence et pourtant jusqu’ici peu étudiés.

 

Dirigé par Anne-Marie Losonczy et Valérie Robin Azevedo

 

Avec les contributions d’Arianna Cecconi, Dorothée Delacroix, Clara Duterme, Francisco Ferrandiz, Anne-Marie Losonczy, Valérie Robin Azevedo, Victoria Sanford.

Cahier photographique de 8 pages.

Les Armoires du Temps

Les Armoires du Temps

de Anguéliki GARIDIS

Méandre (PÉTRA) | Paru le 10/05/2016 | 23,00 €

Archéologue de la mémoire, l'auteur tente de reconstituer l'histoire de deux familles, l'une grecque, l'autre roumaine. Dans ce texte hybride, mêlant souvenirs, correspondances et recherches historiques, c'est une véritable enquête de détective qui est menée, à partir de fragments d'informations.

S'inspirant des cahiers secrets de sa grand-mère, elle évoque la Transylvanie au début du XXe siècle, un arrière-grand-père d'une violence extrême, un jeune couple – ses grands-parents – qui, pour échapper à la pauvreté, s'exile en France et participe à la Résistance.

La Résistance caractérise aussi la famille grecque pendant la guerre contre les Italiens et les Allemands, puis tout au long de la guerre civile qui a suivi, mal connue en France. À travers les lettres – pour la plupart censurées – et les témoignages des rares survivants d'une famille déchirée, est décrite la vie des détenus – en prison ou en déportation dans les îles, sacrifiés au nom de la peur du communisme et jugés dans des procès montés de toutes pièces – et celle de leur famille, restée à Athènes, qui souffre, mais ne peut accepter le choix des prisonniers, à qui il aurait suffi, parfois, de signer l'abjuration de leurs idées pour être libérés.

Messagère de la mémoire, Anguéliki Garidis, fille de l'un de ces jeunes gens prisonniers pendant de longues années, mêle ses souvenirs d'enfant pendant la dictature des Colonels (1967-1974) et l'exil à Paris, à sa quête pour comprendre notamment les destins dramatiques de son père, de ses tantes et de leurs amis, écartelés entre leur idéal et leurs doutes.

Ces voix multiples font naître une interrogation sur la notion même de mémoire et au travers de la "petite" histoire de ces familles, c'est la grande Histoire qui est en jeu.

 

Anguéliki Garidis est docteur en sémiologie du texte et de l'image. Auteur du livre Les Anges du désir. Figures de l'Angeau XXe siècle (Albin Michel, 1996), de catalogues d'art, d'articles divers ainsi que de traductions (sciences humaines et poésie), elle a enseigné les lettres dans le secondaire, dirigé des séminaires à l'Université Européenne de la Recherche et a été détachée en Grèce à l'Institut Français d'Athènes. Elle est depuis vingt ans la directrice artistique du magazine en ligne ArtMag.com.

 

Le Corsaire de Rio

Le Corsaire de Rio

de Antônio TORRES

Voix d'ailleurs (PÉTRA) | Paru le 09/05/2016 | 18,00 €

Le 12 septembre 1711, profitant d'une brume épaisse qui empêchait les canons portugais de l'atteindre, le corsaire malouin Duguay-Trouin pénètre dans la baie de Rio de Janeiro, à la tête d'une escadre de 17 navires, 750 canons et plus de 5 000 hommes et, pendant cinquante jours, va assiéger l'une des villes les plus convoitées de l'empire colonial lusitanien, puis y régner en seigneur absolu. « Enfreignant les conventions et le protocole littéraire, le corsaire de Louis XIV et Antonio Torres, personnages de ce roman, s'entretiennent en tête-à-tête, se faisant les yeux doux tout au long de ce récit, comme s'ils vivaient à la même époque et se connaissaient depuis trois cents ans. Revivant les expériences propres à leur nation respective, ils se racontent l'un l'autre avec suffisamment d'art et d'invention pour tenir le lecteur en haleine de la première à la dernière page. » Lidia Jorge

Antonio Torres est né en 1940, à Junco, petite ville du Sertao, à l'intérieur de l'état de Bahia (Brésil). À l'âge de 20 ans, il part pour São Paulo exercer le métier de journaliste, puis de rédacteur publicitaire. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont onze romans, parmi lesquels Cette terre (1984), son grand succès, traduit en français et en une dizaine d'autres langues. En 1998, il reçoit du gouvernement français la médaille de Chevalier des Arts et Lettres et, en 2013, il est élu à l'Académie Brésilienne des Lettres. Actuellement, il vit aux environs de Rio de Janeiro. Par sa diversité thématique et stylistique, Antonio Torres est l'un des auteurs les plus originaux de la littérature brésilienne contemporaine.

Dominique Stoenesco a été professeur de portugais dans l'enseignement public en France et a publié plusieurs traductions d'écrivains et poètes lusophones. Cofondateur de la revue Latitudes-Cahiers Lusophones, il est membre correspondant de l'Académie des Lettres de Bahia et collabore à plusieurs revues et journaux.

Filmer l'Orient. Politique des nationalités et cinéma en URSS (1917-1938)

Filmer l'Orient. Politique des nationalités et cinéma en URSS (1917-1938)

de Gabrielle CHOMENTOWSKI

Centre-Asie (PÉTRA) | Paru le 02/05/2016 | 30,00 €

Dès les premières années qui suivent la révolution de 1917, les bolcheviks ont à coeur de communiquer avec les différentes populations de l'ancien empire de Russie qui ont été fortement discriminées sous les Tsars. Des centaines de peuples aux langues, aux religions et aux traditions différente cohabitent dans les territoires de l'ex-empire reconquis par les Soviétiques. Dans une situation politique très instable, il est alors urgent de légitimer, auprès de tous, ce nouveau pouvoir venu de Moscou et d'informer de la politique égalitariste engagée par Lénine sur le plan des nationalités. Le "grand muet", comme est alors appelé le cinéma, est invité à jouer un rôle essentiel dans cette tâche.

Dans ce but, une structure cinématographique, Vostokkino - le Cinéma oriental - est conçue en 1926 afin de représenter "de manière authentique" les Orientaux dans les films, de développer le réseau de distribution de cinéma auprès de ces populations, mais surtout de les former aux métiers du cinéma. Tombé dans l'oubli, Vostokkino a pourtant produit plus d'une centaine de films de genres divers (fiction, actualité, film ethnographique, film d'éducation politique, film d'enseignement). Sa disparition, en 1935, correspond d'une part à la fin de la politique de promotion des identités nationales et, d'autre part, à la centralisation qui s'est accompagnée de la mise au pas des structures cinématographiques des républiques et régions nationales.

Cet ouvrage, fondé sur le dépouillement de nombreux documents d'archives soviétiques, de la presse de l'époque et de l'analyse de films inédits, revient donc sur cette histoire méconnue qui a pourtant suscité un intérêt incroyable dans la société soviétique au tournant des années vingt et trente. Il donne à penser à travers l'objet cinéma les rapports interethniques dans l'URSS du premier stalinisme, l'organisation des institutions artistiques et politiques et à réévaluer la puissance de la propagande par les films.  Il permet enfin de restituer l'histoire d'une aventure cinématographique, celle de Vostokkino, dont la grande majorité des films a aujourd'hui disparu, et de rappeler le destin de ces cinéastes, confirmés ou apprentis, qui pour beaucoup ont disparu dans les grandes purges de la fin des années trente.

Cahier photographique de 16 pages N&B

 

Mise en scène des Roms en Bulgarie. Petites manipulations médiatiques ordinaires

Mise en scène des Roms en Bulgarie. Petites manipulations médiatiques ordinaires

de COLLECTIF

Textes en contexte (PÉTRA) | Paru le 04/04/2016 | 20,00 €

Le discrédit jeté sur les dénommés « Tsiganes » ou « Roms » en Bulgarie se manifeste de différentes manières : si ces derniers font l’objet de discours dépréciatifs comme dans bien d’autres pays d’Europe, leur situation résulte d’une histoire spécifique. Les figures de l’anathème qui tendent à les exclure de la vie publique au nom de leur « nature » supposée sont particulièrement activées dans les médias. Alors que de nouvelles voix critiques se font entendre du côté des jeunes journalistes notamment, la mise en scène d’un groupe renvoyé à des stéréotypes récurrents ne cesse d’être véhiculée dans l’espace public. Ce livre prend appui sur trois exemples d’émissions télévisuelles récentes, afin de décrypter les enjeux de la mise en mots et en images des Roms visant à leur criminalisation. L’analyse de ces enjeux politiques est enrichie par les points de vue de plusieurs femmes roms (recueillis par Gueorgui Jetchev) et des textes de Stefka Stefanova Nikolova, auteur de La Vie d’une femme rom (tsigane), une des premières résistantes à la stigmatisation dont son quartier fait l’objet.

 

Cécile Canut, réalisatrice et sociolinguiste, professeure à l’université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité (Cerlis), travaille sur la circulation des discours socio-politiques en liens aux pratiques langagières de personnes en situation de mobilité. Elle a engagé, depuis plus de dix ans, un travail artistique (série documentaire, traduction de textes, publications) avec les femmes roms du ghetto de Nadejda à Sliven en Bulgarie où elle se rend régulièrement. Elle a traduit et préfacé les textes de Stefka Stefanova Nikolova, La Vie d’une femmes rom (tsigane) chez Petra. Par ailleurs, elle a dirigé le projet La Migration prise aux mots et publié plusieurs ouvrages portant sur l’inventivité langagière, discursive et artistique en Afrique. Dans ce cadre, elle a réalisé le film L’Île des femmes (tutti quanti films). Elle est aussi à l’origine d’une réflexion critique sur la notion de langue (Une langue sans qualité, Le Spectre identitaire).

Gueorgui Jetchev est professeur de linguistique française à l’université St Kliment Ohridski (Sofia, Bulgarie).

Le premier des fils

Le premier des fils

de Isabelle NAIL

Méandre (PÉTRA) | Paru le 19/03/2016 | 22,00 €

Le premier des fils, né avec le siècle en 1901, avait fini par disparaître des mémoires, englouti dans l’inconscient familial. Une trace de son histoire avait cependant subsisté, quelque peu déformée... Après une enquête minutieuse, celle dont le prénom contenait celui du fils oublié, reconstitua et imagina sa vie.

Elle relata d’abord l’histoire d’un enfant marqué par la pauvreté, les deuils et les chagrins de sa mère, puis décrivit comment la jeunesse le cueillit  rebelle et l’entraîna en prison pour une montre volée, puis pour des coups et blessures. Après cette première peine, il en connut une bien plus cruelle encore avec son incorporation dans les Bataillons d’Afrique en guerre contre les tribus Berbères, au Maroc colonial. Après avoir trempé dans le sang des batailles, il fut précipité dans l’enfer de Biribi, avec les soldats-bagnards.

 

Isabelle Nail, née à Angers, est analyste jungienne et praticienne de la psychogénéalogie, elle vit près de l’océan, dans le Sud-Ouest de la France. Elle est également auteure de plusieurs romans, pièces de théâtre et essais.

 

Etude sur Thomas Hardy

Etude sur Thomas Hardy

de David Herbert LAWRENCE

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 19/03/2016 | 25,00 €

Texte traduit, introduit et annoté par Sylvain Floc'h

 

Septembre 1914

Pourquoi l’Europe s’engouffre-t-elle dans la guerre ?

L’Avoir a-t-il supplanté l’Être ?

Faut-il préférer la sécurité du chou à l’abandon scandaleux du coquelicot ?

Pourquoi Thomas Hardy tient-il à décapiter ses aristocrates ?

La jouissance du Phénix existerait-elle sans extinction ?

L’Amour du Nouveau Testament vient-il abolir la Loi de l’Ancien ?

Dieu-le-Père est-il un autre nom de la Grande Déesse ?

En consumant la Chair par la Lumière, l’art occidental scelle-t-il sa propre disparition ?

À sa manière inimitable, Lawrence propose ici des réponses originales à toutes ces questions et construit sa philosophie comme un Gai Savoir.

 

Sylvain Floc’h, le traducteur, est Professeur émérite de littérature anglaise et comparée. Spécialiste de D. H. Lawrence, il a publié une traduction de l’Intégrale de ses Poèmes (éd. l’Âge d’Homme, 918 p.), une étude sur Women in Love (Le Crépuscule des déesses, éd. du Temps), un ouvrage sur Tess d’Urberville de Thomas Hardy (Sous le silence du ciel, éd. Vallongues), et une préface à La Bien-aimée (éd. Circé). Il vient de faire paraître Initiation et littérature (Detrad, 2015) et Comme une poussière d’or : l’alchimie et le néant dans Cent ans de solitude de G. G. Marquez (éd. Cosmogone, 2016).

Aristote, Heidegger, Pessoa : l'appel de l'anthropologie

Aristote, Heidegger, Pessoa : l'appel de l'anthropologie

de Albert PIETTE

Anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 15/02/2016 | 16,00 €

Aristote, Heidegger, Pessoa : trois lectures qui ont accompagné Albert Piette ces dernières années. Il y est question de singularité, d’existence et de réalité, pour chercher une anthropologie qui aurait son « objet », et qui ne serait pas celui d’autres disciplines. Celui-ci ne serait pas une partie de l’être humain, ni un ensemble d’êtres humains. Ce serait l’existence des hommes, des unités individuelles ou des volumes d’être. Aristote est posé alors en fondateur de l’anthropologie, plutôt qu’Hérodote habituellement placé en tête des histoires de l’anthropologie (sociale et culturelle). Théories, thématiques et méthodes se précisent au fur et à mesure de la lecture de ces trois auteurs qu’Albert Piette interprète à partir de sa quête d’une anthropologie empirique et théorique.

 

Albert Piette est Professeur au département d’anthropologie de l’Université Paris Ouest Nanterre et membre du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (CNRS).

Des jours, en s'en allant

Des jours, en s'en allant

de Marcel MIGOZZI

L'Oiseau des runes (PÉTRA) | Paru le 15/02/2016 | 12,00 €

Je le devinais, sais.

La blessure précède le bonheur, le suit.

 

S’enténèbrent les échecs

Et les regrets, lichens humains.

Seins blets, la main

Renonce, automne, déjà soir.

 

Mais sous les feuilles d’un figuier à filles

Se détache le souvenir

D’une poitrine perlée sous la laine.

 

Marcel Migozzi est né à Toulon, rue de la Fraternité, dans une famille ouvrière d’origine corse. Il lui restera toujours fidèle. Instituteur et poète, il a fondé son écriture sur le regard rapproché du silence, sur l’exigence sereine d’un mieux à vivre ou à mourir dans la fertilité de mots rabotés, sarclés, dépaysagés et sensible à l’humus comme à l’humain. Son œuvre a été célébrée par les prix Jean Malrieu, Antonin Artaud et Des Charmettes/Jean-Jacques Rousseau.

A la méridienne

A la méridienne

de Jeanine SALESSE

L'Oiseau des runes (PÉTRA) | Paru le 10/02/2016 | 14,00 €

À travers l’automne, l’impatience du printemps, déjà. La force qu’il remue pour planter mes phrases dans la page en bulbes fertiles, dégage un sourire dans le jour morne.

Le regard erre par là-haut. Jamais les pas ne s’y égarent. Ceux de ta mère filent entre les fruitiers, se perdent dans les effluves affaiblis des roses. Regarde : elle cueille des physalis, ravie de ce rouge orangé sous les pommiers. Le jardin en flamberait comme longtemps il s’est couvert de la cendrée d’une vivace infatigable. Le silence bruit des pas en allés. On continue de s’émerveiller : le rouge nous régénère.

 

Jeanine Salesse vit dans le Val-de-Marne où elle a exercé la profession d’institutrice avec passion. Elle se met à l’œuvre après de longues randonnées familiales ou solitaires. Ses pas vibrent de mots, de souvenirs, d’échos enchâssés dans le mouvement, celui d’écrire et celui de marcher. Elle a publié, à ce jour, de nombreux recueils dont le plus récent : L’épaule du paysage chez Tarabuste. Des anthologies ont souligné sa présence poétique. Elle a été l’invitée de la Biennale des poètes en Val-de-Marne.

Océans

Océans

de Jean-Paul LE BIHAN

Omphalos (PÉTRA) | Paru le 10/02/2016 | 15,00 €

 Les jupes de la mer

 Ont engendré le monde

 

D’océans de terre, en océans de mer, Jean-Paul Le Bihan, professeur et archéologue, fouille le limon des mots dans ses premiers poèmes. Son parcours oscille des montagnes de l’Altaï à sa terre bretonne d’origine où l’île d’Ouessant occupe une place prépondérante. Fervent de peinture et de littérature, il nous offre un panorama de paysages et de réflexions qui se teinte, dans les heures de veille, au profond de la nuit, d’un humanisme qui nous interroge et nous retient.

Les eaux-delà du Danube. Etudes d'ethnologie balkanique

Les eaux-delà du Danube. Etudes d'ethnologie balkanique

de Marianne MESNIL & Assia POPOVA

Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement (PÉTRA) | Paru le 28/01/2016 | 28,00 €

Après l’effondrement du Bloc soviétique, il a été beaucoup question des Balkans, que ce soit à travers l’image resurgie de la « poudrière » et des horreurs de la guerre, ou celle de cette « autre Europe » candidate à l’adhésion à « l’Union ». Mais le terme même de « Balkans » suscite des interrogations et controverses sur la définition, tant géographique que culturelle, qu’on en donne.

Dans ce livre, on a tenté de dissiper quelques stéréotypes en abordant la « question balkanique » par une approche ethno-anthropologique et à travers les thèmes les plus variés, pouvant aller de simples objets du quotidien (un four mobile, un ustensile servant à faire le café), aux récits paysans sur l’origine d’animaux ou de fleurs. Et, par ailleurs, en prenant en compte la dimension historique de ces mêmes régions, on a voulu mettre en valeur certains traits communs donnant lieu à une « culture balkanique » qui affirme sa spécificité face à l’Occident.

 

Marianne Mesnil a reçu une formation d’ethno-anthropologue à l’Université Libre de Bruxelles. Elle est spécialisée dans l’étude de la Roumanie où elle s’est rendue pour la première fois comme étudiante, en 1967. Elle a ensuite fait de nombreux séjours sur le terrain durant toute la période marquée par le régime de Ceauce?cu. Elle est aujourd’hui professeur honoraire de l’ULB où elle a enseigné l’anthropologie de l’Europe.

Assia Popova a suivi un enseignement à l’École de Linguistique et d’Ethnologie de Sofia et de Moscou et a complété sa formation d’anthropologue à Paris où elle a été chercheur au CNRS.

Les deux auteurs se sont rencontrées dans les années 1980 sur ce terrain commun de l’ethno-anthropologie des Balkans. Dès ce moment, elles ont élaboré le projet d’une étude comparative de ces régions. Les eaux-delà du Danube présentées ici sont, pour une bonne part, le résultat de cette recherche commune.

Ethique et esthétique de l'ironie chez José Rodrigues Miguéis

Ethique et esthétique de l'ironie chez José Rodrigues Miguéis

de Georges DA COSTA

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 15/01/2016 | 29,00 €

L'écrivain José Rodrigues Miguéis (1901-1980) quitte le Portugal de Salazar en 1935 et, malgré quelques tentatives de retour, passe la plus grande partie de sa vie en exil aux États-Unis. Si, d'un côté, les préoccupations éthiques du militant politique imprègnent fortement des récits où l'ironie classique et satirique est un instrument privilégié, de l'autre, l'écrivain met régulièrement en scène ses doutes et questionnements usant d'une autre ironie, romantique et/ou moderne. La fiction migueisienne, régulièrement caractérisée par l'ambiguïté (jeu avec les conventions littéraires), affirme à la fois l'adhésion à des valeurs et à une réalité vécue mais aussi la mise à distance amère et lucide de celles-ci. Le paradoxe constitutif de toute ironie – dire simultanément l'adhésion et la mise à distance – est ainsi exacerbée par la présence de ces deux ironies contradictoires qui apparaissent comme les deux faces littéraires d'un même drame identitaire, celui de l'écrivain exilé.

Dans la Préface, le professeur et écrivain Onésimo Almeida souligne la nouveauté et l'originalité de cette étude dans la bibliographie consacrée à José Rodrigues Miguéis, en particulier sa « capacité à délimiter et à analyser rigoureusement et avec lucidité les questions, puis sur elles argumenter dans un style épuré, transparent et attractif », ce qui en fait « un modèle » à suivre.

Maître de conférences en langue, littérature et civilisation portugaises à l'Université de Caen Normandie depuis 2012, Georges Da Costa a été, pendant près de vingt ans, enseignant de mathématiques et sciences physiques dans le secondaire. Il est membre de l'Équipe de recherche sur les littératures, les Imaginaires et les Sociétés (ERLIS, Université de Caen Normandie) et du Centre de Recherches sur les Pays Lusophones (CREPAL, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3). Il est également le co-fondateur de l'association Autres Brésils (www.autresbresils.net).

L'eau en Asie centrale. Enjeux et défis contemporains

L'eau en Asie centrale. Enjeux et défis contemporains

de Alain CARIOU

Cahiers d'Asie centrale (PÉTRA) | Paru le 22/12/2015 | 30,00 €

L’Asie centrale est terre de contrastes et de paradoxes. Comme son nom l’indique, cette Asie se situe au cœur du continent le plus massif, ce qui lui confère sa tonalité aride bien reconnaissable à l’extension des vastes étendues désertiques. En dépit de cette aridité continentale, la région n’est pas pour autant dépourvue d’eau, car de puissants fleuves la traversent et fécondent des cités entourées d’oasis parfois millénaires et de vastes périmètres irrigués développés depuis plus d’un demi-siècle. Ce singulier paradoxe de l’abondance de l’eau au cœur de l’immensité aride tient à l’existence d’un puissant encadrement montagnard méridional étiré de la Caspienne à la Chine. Les montagnes jouent le rôle de château d’eau pour les territoires de plaine et de piémont où se concentrent les sociétés humaines.

Pour autant, la question de l’eau en Asie centrale est désormais source de préoccupations. Sa disponibilité ne cesse de diminuer sous l’effet combiné de la croissance démographique, des progrès du développement urbain et des activités extractives. Il en résulte une inéluctable augmentation de la mobilisation de la ressource ainsi qu’une dégradation de la qualité des eaux, avec l’accroissement des rejets. La pénurie se mesure à l’aune de la disparition des écosystèmes humides (région de l’Aral, du Balkhach et du bas Tarim) et au recul des terres irriguées dans certaines régions d’Ouzbékistan, du Turkménistan et du Xinjiang.

Cette menace du manque d’eau exacerbe les réactions concurrentielles entre secteurs économiques (agriculture irriguée, hydroélectricité, demande urbaine ou industrielle), mais surtout entre États. Comme l’eau en Asie centrale a surtout pour caractéristique d’être internationale en raison de l’existence de nombreux cours d’eau transfrontaliers, la question du partage de l’eau est source de tensions. Il règne à l’heure actuelle une lutte d’intérêt entre les États montagnards de l’amont (Kirghizstan, Tadjikistan), pourvoyeurs de la ressource, et les États de l’aval, surtout consommateurs de la ressource (Ouzbékistan, Turkménistan, Kazakhstan).

Ce numéro présente huit contributions qui explorent la problématique générale de la gestion de la ressource, laquelle nécessite de se pencher sur les acteurs, les usages, les pratiques et les territoires de l’eau. Les analyses riches et variées sont portées par des chercheurs occidentaux et centrasiatiques qui recouvrent un large spectre disciplinaire (géographie, histoire contemporaine, économie, ethnologie, anthropologie, science politique, droit international). Elles invitent à débattre des tensions liées à l’eau qui relèvent surtout d’une crise de gouvernance.

 

Alain Cariou est maître de conférences à l’Université Paris IV-Sorbonne, spécialiste des questions d’environnement, d’aménagement et de développement dans les régions arides, notamment en Asie centrale et au Moyen-Orient.

Texte-île - île-texte

Texte-île - île-texte

de Jacques ISOLERY

Fert'îles (PÉTRA) | Paru le 16/12/2015 | 25,00 €

Dans L’Inassouvissement, Witkiewicz faire dire au jeune Genezyp Kapen : « Moi, j’aime la littérature, car pour moi, il y a là plus de vie que dans ma propre existence. La vie est là, plus concentrée qu’elle ne le sera jamais dans la réalité. Le prix de cette condensation est l’irréalité… ». Il ne manque certes pas de termes pour désigner ce phénomène de condensation qu’opère l’œuvre d’art : nature concentrée ou gullivérisée, modèle réduit, maquette, miniature, microcosme...

L’art, écrivait Valéry, restitue un maximum (de référents, de sensations…) par un minimum de moyens sensibles, il est « un modèle fini d’un mode infini ». Or, il se trouve que ce sont là les termes mêmes qui, très souvent, cherchent à caractériser l’insularité : du maximum contenu dans un minimum...

De l’œuvre à l’île, les images, analogies et métaphores présentent d’ailleurs un étonnant pouvoir de réversibilité. Concentration, condensation, réduction, miniaturisation : au sein de la diversité des textes et des genres, certains relèvent plus spécifiquement de l’analogie monadique, d’autres de l’archipel ou d’une pensée continentalisée. Inversement, les îles ne sont-elles que des « textes-îles », des réalités exclusivement soumises à des systèmes de modélisation ? Qu’en est-il de la valeur de ces analogies terme à terme entre espace insulaire et texte littéraire ?

Le Roman d'Henri IV. La jeunesse du roi

Le Roman d'Henri IV. La jeunesse du roi

de Heinrich MANN

Voix d'ailleurs (PÉTRA) | Paru le 19/11/2015 | 30,00 €

Traduit de l'allemand par Albert Kohn

Préface de François Bayrou

Présentation de Lionel Richard

Postface de Hans Harje

"S'il n'est que littérature adaptée à l'histoire, ou histoire adaptée à la littérature, le roman historique déçoit. On ne sait ce qui agace le plus - une vérité limitée au costume, à la superficie, ou l'absence de vérité interne, d'inspiration. D'un Jules César, d'une Cléopâtre, nous attendons autre chose encore que les actes connus, les gestes convenus. L'histoire les a haussés à un plan où ils excitent notre attente, restent vivants, toujours capables de pensées, de volontés étonnantes. Il n'est que d'aller dans leur ligne, et plus avant. Ainsi Shakespeare. Ainsi, à la façon shakespearienne, Heinrich Mann. L'essentiel de ce roman d'une époque où tout était rmis en question est que l'auteur remet à son tour tout en question. Et cela à la façon du XXe siècle, dans la mesure où elle s'apparente à celle du XVIe.

Nombre de problèmes aujourd'hui sont les mêmes qu'alors, ou plutôt aujourd'hui comme alors tout devient problème."

Félix Bertaux, compte rendu de "La jeunesse du roi Henri IV", La Nouvelle Revue Française, novembre 1935.

Gotthard Günther

Gotthard Günther

de Gotthard GÜNTHER

Anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 10/11/2015 | 19,00 €

Gotthard Günther (1900-1984), philosophe, métaphysicien et logicien allemand, fut assistant d'Arnold Gehlen à l'Université de Leipzig dans les années trente, puis émigra sous le nazisme aux États-Unis où il découvrit la cybernétique et la littérature de science-fiction et développa ses travaux au seind'un laboratoire pluridisciplinaire de l'Université de l'Illinois. Fondateur d'une logique transclassique polyvalente, il sera le premier à mettre en relation les idées et concepts de la philosophie idéaliste classique avec les questions soulevées par la logique moderne, la cybernétique et les premières percées de l'informatique. On lui doit une oeuvre (encore trop peu connue dans laquelle il se propose de dépasser l'antagonisme traditionnel entre idéalisme et matérialisme, entre le monde objectif et la subjectivité, et cela en créant une logique des opérations de la conscience. Le choix des textes présentés ici permettra de se familiariser avec cette pensée originale et avec la biographie de son auteur.
 

Danièle Laurin, qui a rassemblé et traduit de l'allemand les textes présentés dans cet ouvrage), est professeur agrégé d'allemand et a été en poste de 2000 à 2013 en Langues Étrangères Appliquées et Master des métiers de la traduction à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour.

Daniel Verney, le préfacier, ancien élève de l'École Polytechnique, est ingénieur en création de logiciels et poursuit des recherches en algorithmique, en sémantique et en épistémologie. C'est dans ces perspectives qu'il explore la pensée de Gotthard Günther.

Pirate du bitume

Pirate du bitume

de Thomas SAUVADET

Méandre (PÉTRA) | Paru le 10/11/2015 | 15,00 €

En marchant dans les pas d’un gamin de la rue nourri à la vache enragée du Hard Discount, en suivant le parcours d’un adolescent fasciné par la culture des gangs américains, à travers l’itinéraire d’un pirate d’aujourd’hui, ce roman éclaire l’une des réalités sociales les plus dures de la société française. C’est l’histoire d’une jeunesse coincée entre la peur et la pitié, d’une jeunesse écartelée avec le cœur en Afrique, l’estomac en Europe et le regard tourné vers les bas-fonds de la grande Amérique. Une jeunesse qui meurt d’envie de croquer toutes les richesses de la société du spectacle, des mirages au milieu du désert. Une jeunesse qui accouche d’un monstre : le grand banditisme des cités HLM.

Sociologue, enseignant-chercheur à l’Université Paris Est Créteil, auteur de plusieurs ouvrages (Le capital guerrier : concurrence et solidarité entre jeunes de cité, Paris, Armand Colin, 2006 ; Jeunes dangereux, jeunes en danger, Paris, Dilecta, 2006), Thomas Sauvadet travaille depuis une quinzaine d’années dans les quartiers de logements sociaux de la région parisienne, observant et décrivant la jeunesse « de rue » : des jeunes hommes issus des familles les plus pauvres de leur quartier, des immigrations les plus pauvres, et pour lesquels l’espace public, « la rue », est un lieu de vie et non un simple lieu de passage entre les tours d’une cité-dortoir.

La guerre et après...

La guerre et après...

de Colette KLEIN

Méandre (PÉTRA) | Paru le 30/10/2015 | 25,00 €

La guerre et après…, n’est pas un roman mais un document dans lequel s’entre-croisent un journal de deuil, la recherche de l’auteur qui tente de déceler dans ses origines son obsession de la mort incarnée dans un destin qui trouve ses racines dans L'Histoire, et le journal de guerre que son père a rédigé au retour de ses années de captivité. Document primordial qui met en évidence les traumatismes engendrés par la guerre, servi par l’écriture de Colette Klein.

L'auteur s'interroge, et interroge le lecteur, sur la nécessité de survivre dans un monde dominé par la guerre, tout en construisant, malgré elle, une œuvre qui inscrit sa mémoire individuelle dans le livre de la mémoire universelle.

 

Poète et peintre, romancière, auteur dramatique, Colette Klein, née en 1950, a créé en 2008 Concerto pour marées et silence, revue qui met à l’honneur la poésie contemporaine. Elle est également active dans divers cercles littéraires et a collaboré de nombreuses années à la revue Phréatique. Auteur d’un livre de nouvelles, elle a de même publié 13 recueils de poèmes dont plusieurs aux Éditions Alain-Lucien Benoit. Le plus récent Mémoire tuméfiée suivi de Lettres de Narcisse à l’ange a été publié aux Éditions Editinter.

Temoigner par l'Image

Temoigner par l'Image

de Paul BERNARD-NOURAUD & Luba JURGENSON

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 27/10/2015 | 27,00 €

Les violences de masse du XXe siècle ont donné lieu à un immense corpus d'images. Peintures, dessins, récits graphiques, objets peints : images testimoniales, mémorielles, documentaires et artistiques, réalisées dans des camps et lieux de réclusion clandestinement ou sous contrainte, ou de mémoire après-coup: face aux régimes génocidaires ou répressifs, l'image constitue un espace essentiel d'élaboration des événements extrêmes ainsi que de transmission de vécus traumatiques ou de données documentaires. À la fois, donc, lieu de construction de l'événement et de soi, mais aussi archive historique, cette production visuelle n'a été à ce jour que peu étudiée de manière spécifique en comparaison avec les recherches consacrées au témoignage littéraire.
Né du constat de cette carence, le présent recueil constitue un premier pas pour une réflexion pluridisciplinaire sur ce corpus polymorphe. Il s'agit de cerner les différentes façons de témoigner par l'image, mais aussi de soustraire cette interrogation - sans perdre de vue le problème du statut des œuvres - à la seule emprise du testimonial pour donner une place à la complexité des démarches artistiques et des contextes.
Ces huit contributions explorent des images portant sur la Shoah, le Goulag et l'institution psychiatrique soviétique, le génocide des Tustsi au Rwanda et celui perpétré par les Khmers rouges au Cambodge, la dictature argentine.

 

Paul Bernard-Nouraud est doctorant en théorie et histoire de l'art au sein du Centre de Recherche sur les Arts et le Langage (CRAL, EHESS) et à Paris IV, auteur, entre autres, d'un essai sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès ("Les Ombres solitaires", 2012) et d'un essai sur la figure du "musulman" dans les camps de concentration nazis ("Figurer l'autre", 2013).

Luba Jurgenson est maître de conférences à Paris IV (Eur'ORBEMICRAL). Elle a publié notamment "L'Expérience concentrationnaire est-elle dicible?" (2003), "Création et tyrannie" (2009) et, en collaboration, "Le Goulag en héritage, pour une anthropologie de la trace" (2009), "Des témoins aux héritiers, la Shoah et la culture européenne" (2012), "Le Tourisme mémoriel en Europe centrale et orientale" (2013).

 

Usagers Assistance(s) Contreparties

Usagers Assistance(s) Contreparties

de COLLECTIF

Éducation, art du possible (PÉTRA) | Paru le 15/10/2015 | 20,00 €

Ouvrage coordonné par
Michèle Becquemin, Marie Bonici, Jean-Bernard Chebroux

Si les politiques actuelles voient dans les usagers l’incarnation d’un renouveau démocratique fondé sur la participation, les références à l’assistance (dite aujourd’hui aide sociale) sont souvent péjoratives (assistanat),  voire déclarées contraires au nouvel esprit de la solidarité. Dans le domaine de l’insertion, avec le passage du RMI au RSA, l’exigence d’une contrepartie à fournir par les personnes secourues relance cette question ancienne, jamais dépassée.  

Issue de la Révolution française suivant le principe de « la dette sacrée de la nation » envers les plus démunis, la logique d’assistance a connu des  crises chroniques de légitimité. C’est encore le cas actuellement avec la crise massive de l’emploi qui réactive les débats sur le rapport entre travail et assistance. Dans ce contexte, l’objectif de cet ouvrage est d’apporter des éclairages sur  les recompositions contemporaines de cette forme de solidarité et de ses secteurs clés : l’insertion, certes, mais aussi, l’enfance et la famille, la vieillesse, le handicap, l’hébergement social…

En quoi la promotion des usagers, l’activation des dépenses sociales, la contractualisation et l’individualisation toujours plus poussée des suivis sociaux transforment-t-elles les pratiques d’assistance ? C’est tout un pan du travail social qui est analysé dans ce livre suivant différentes perspectives, historiques, sociologiques, juridiques ou cliniques, avec, en libre appui, la pensée de Robert Castel.    

 

Cet ouvrage est publié dans le cadre du mouvement Printemps Castel. Quand Robert Castel nous aide à penser le travail social (2014-2016). Michèle Becquemin, Marie Bonici et Jean-Bernard Chebroux, membres du LIRTES à l’Université Paris Est Créteil en ont assuré la réalisation. Il composé des contributions de Dominique Argoud, Isabelle Astier, Colette Bec, Michèle Becquemin, Flore Capelier, Raymonde Samuel, Martine Trapon, Christophe Trombert et de Cédric Frétigné pour la postface.

Le voyage manouche, c'est ma vie!

Le voyage manouche, c'est ma vie!

de COLLECTIF

Romané Chavé (PÉTRA) | Paru le 01/10/2015 | 23,00 €

Préface d'Alain Reyniers

Né d'une rencontre entre Clara et Paul Carriot d'une part, Gika et son mari Gratien, d'autre part, ce livre est à la fois l'histoire d'une existence singulière et un témoignage fort sur un mode de pensée, un mode de transmission de savoir-faire ancestraux et une capacité d'adaptation exemplaire aux bouleversements de l'existence. Il ne rapport pas une vie de bohème comme on s'y attend et comme la mémoire collective l'entend, errante, vagabonde et sans but. Il montre une autre réalité : comment se structure la vie quotidienne de Gika au fil des âges, et comment, pour elle, le Voyage concilie permanence et continuité dans un monde de ruptures et de transitions.

Gika, manouche d'Auvergne "née au bord de la route", n'a de cesse de repartir sur les chemins du Mont Dore ou sur les plages du Boulonnais. Si elle a accepté - ce qui ne va pas de soi -, de livrer une partie de son coeur, elle veut aussi que soyons tristes lorsqu'elle est triste, gais quand elle est gaie, heureux dans elle est heureuse, et si, somme toute, rires et pleurs alternent le récit, ils bercent et scandent à leurs rythmes la vie du lecteur. Les terribles descriptions de l'enfance en Auvergne, les aléas de la chine dans les Combrailles, le dur apprentissage de la condition ouvrière dans l'Est de la France, les chagrins terribles dont elle ne parle jamais, mais que l'on devine présents, n'y font rien. Ces événements n'ont pas de prise sur la résilience dont Gika nous fait la démonstration éclatante...

Clara et Paul Carriot sont les auteurs de plusieurs livres. La Plume du Sergent Major qui retrace en pleine guerre des Vosges (1914-1915) la correspondance entre un père et sa fille (Kruch, 1999) ; Le Charme et la Source, ouvrage dans lequel est décrite la vie paysage dans un village de Champagne au siècle précédent (CRDP Reims, 2001) ; Mes recettes champenoises (Bonneton, 2006).

La vie en deux

La vie en deux

de Nathalie ORTAR

Europes : Terrains et sociétés (PÉTRA) | Paru le 24/09/2015 | 23,00 €

Familles françaises et britanniques face à la mobilité géographique professionnelle

La grande mobilité géographique professionnelle qui implique pour un individu de résider et de travailler dans des lieux distants de plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres, reste un phénomène social mal connu.
Pourtant, cette mobilité spatiale singulière, emblématique de notre modernité, transforme profondément le quotidien privé et professionnel des travailleurs mobiles, et impose des façons de vivre et de travailler bien spécifiques intégrant l'éloignement géographique, l'absence, mais aussi des séparations et des retours récurrents. L'apprentissage et le vécu de la grande mobilité participent ainsi d'enjeux portant aussi bien sur les usages et les représentations de l'espace et du temps, que sur des négociations entre diverses appartenances familiales, territoriales et professionnelles.
"La vie en deux" est l'un des premiers ouvrages consacré en France à la grande mobilité et à ses effets sociaux. Prenant appui sur une longue enquête qualitative effectuée auprès des familles françaises et britanniques confrontées quotidiennement aux effets du travail à distance, cet ouvrage a pour ambition de documenter à la fois les raisons qui furent à l'origine de la grande mobilité professionnelle, et l'incidence de celle-ci sur la vie du groupe familial. "La vie en deux" propose à cet égard de replacer les salariés au cœur des multiples scènes de leur quotidien pour appréhender comment ces différents moments participent à la construction de l'identité des travailleurs mobiles et de leur famille, en interrogeant le sens donné au travail au loin dans ces trajectoires de vie.

Ethnologue, chargée de recherche du ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, Nathalie Ortar est membre du Laboratoire d'Économie des Transports de l'ENTPE. Ses recherches actuelles portent sur les transformations contemporaines des modes d'habiter.

Mémoires d'un mauvais sujet

Mémoires d'un mauvais sujet

de Éric FOUGÈRE

Méandre (PÉTRA) | Paru le 19/08/2015 | 22,00 €

"Je suis le cinquième enfant d'un capitaine d'infanterie tué quand j'avais dix-sept ans. Mes frères et sœurs avaient fondé sur ce décès des espérances entretenues par le notaire. Or on eut des dettes à me reprocher. Tout l'argent de la succession ne serait pas assez pour payer les excès que j'appelais mes succès. D'un commun accord on décida ma mère à me mettre hors de portée de me nuire à moi-même et de causer du tort à quiconque. On l'informa d'une ordonnance aux termes de laquelle il était permis de faire exiler les mauvais sujets de famille aux parents dont les enfants seraient tombés dans des cas de dérèglement capables d'exposer leur honneur et tranquillité. Je garde en mémoire les mots de cette ordonnance. Cinq années de ma vie sont enfermées là-dedans. Ces années prises à ma liberté je veux les rendre à la vie."
C'est l'histoire véridique et formidable de la déportation vers la Désirade de soixante-dix libertins livrés par leurs familles au bon plaisir du roi. Les bouches et les sorts ont été scellés par lettres de cachet mais l'un des indésirables a témoigné de l'île où sont déjà des esclaves et des lépreux. Sa mémoire à vif est attisée par des pensées brûlantes. Il est pris dans un filet d'événements (guerre de Sept ans, cession du Canada, colonisation de la Guyane à Kourou) qui donnent à comprendre ce qu'est la mer : un mur. Au bout du compte aussi : la liberté. Le "mauvais sujet" du récit qu'on va lire est quelqu'un dont les emprisonnements (de Bicêtre au bagne en passant par les îles d'Amérique) ne font pas oublier,

Éric Fougère a écrit Retour des choses aux éditions Pétra. Ses livres et ses articles ont en commun l'espace insulaire, exploré dans la littérature et dans l'histoire avec un intérêt particulier pour l'enfermement sous toutes ses formes.

 

Philosophies et non-philosophie de la traduction

Philosophies et non-philosophie de la traduction

de Sathya RAO

Transphilosophiques (PÉTRA) | Paru le 17/08/2015 | 28,00 €

Si les relations entre traduction et philosophie ont fait l'objet de nombreux travaux, rares sont ceux qui se sont attachés à en décrire le fonctionnement. C'est précisément la tâche que se donne cet ouvrage en tirant parti du cadre méthodologique offert par la non-philosophie laruellienne. À partir d'une analyse serrée d'un corpus de traductologies diversifiées (Berman, Ladmiral, Meschonnic, Mounin, Quine, Ricoeur, Schleiermacher, etc.), il s'agira de comprendre, dans un premier temps, comment la suffisance philosophique borne l'imaginaire traductologique, le restreignant à une série de tropes (doublet, dialectique, continuité, tournant) dont il ne peut s'extirper et qui constituent l'inconscient philosophique de la traductologie. Dans un second temps, nous formulerons les bases d'une théorie non-philosophique de la traduction en traitant les traductologies précédemment critiquées au moyen de procédures propres à la non-philosophie. Nous dériverons ainsi un certain nombre de termes et d'axiomes constitutifs d'une traductologie d'un nouveau genre que l'on pourra qualifier d'appauvrie, à savoir la tradu-fiction.

Sathya Rao enseigne le français et la traduction au département de Modern Languages and Cultural Studies (MLCS) de l'université de l'Alberta au Canada. Récipiendaire du prix Vinay et Darbelnet de l'Association Canadienne de Traductologie (ACT) en 2006, il est l'auteur d'une cinquantaine d'articles sur la théorie de la traduction et les littératures francophones parus dans divers journaux académiques (Meta, TTR, Nouvelles études francophones, etc.) et ouvrages spécialisés. Il est le fondateur de la revue en ligne Alternative Francophone et de la base de données Canadian Minority Media Database.
 


 

Quand papa joue

Quand papa joue

de Albert PIETTE

Méandre Jeunesse (PÉTRA) | Paru le 06/08/2015 | 15,00 €

Quand je rentre de l'école, j'ai toujours envie d'un bon goûter. Papa l'aura-t-il préparé?

Après que va-t-il se passer? Je suis parfois fatiguée: est-ce que je me reposerai? Et papa, comment sera-t-il? Est-ce qu'il travaillera à son bureau? Voudra-t-il jouer? A quoi?

 

Albert Piette enseigne l'anthropologie aux "grands". Il a écrit plusieurs livres sur les détails de la vie.

Marie-Romaine Picot est une jeune illustratrice. Elle vit actuellement dans les Landes.

Souvenirs d'une baladine

Souvenirs d'une baladine

de Eva REYBAZ-DEBIONE

Méandre (PÉTRA) | Paru le 03/06/2015 | 25,00 €

Tout commence à Alger, à la fin des années cinquante, avec la naissance d’un amour fou entre la narratrice et un acteur-metteur en scène renommé, André Reybaz, leur mariage, leur vie à Paris où l’on croise Jean-Pierre Léaud enfant, Claude Nougaro à ses débuts, le grand Camus et tant d’autres. Dans le même temps que naissent les Centres Dramatiques décentralisés chers à son époux, Eva vient à « l’art dramatique insensiblement, par imprégnation lente ». Mais c’est après avoir assisté aux répétitions des Possédés, adaptés et mis en scène par Camus, qu’elle pourra dire que « l’impalpable mystère du théâtre m’avait frôlée. » Frôlé seulement, car la jeune fille devenue femme refuse de se donner corps et âme au théâtre, comme le souhaite cet homme tant aimé qui fait de son épouse « son actrice, son œuvre » et qui ne vit que « pour le théâtre dans la peau d’Eva ».

Eva Reybaz-Debione est une conteuse, elle sait rendre avec vivacité, sensualité et enthousiasme les joies pures d’un samedi à la campagne ou d’une journée à la mer, les coulisses et la scène, l’extraordinaire effervescence d’une première, la manière dont se font et se défont les choses, les êtres, les amours. Un hymne au théâtre, à ceux qui le portent et à la vie.

Un archéologue en Russie au temps de Boris Eltsine

Un archéologue en Russie au temps de Boris Eltsine

de Jean-Paul LE BIHAN

Journaux (PÉTRA) | Paru le 19/05/2015 | 25,00 €

Ce journal personnel fut tenu par l’auteur, chaque nuit, au fil de deux campagnes d’un mois de fouille archéologique de kourganes, près du delta du Don, en 1996 et 1997. Chargé d’expérimenter, avec un, puis deux archéologues français, des méthodes nouvelles de fouille et d’enregistrement des données, il évoque, outre le travail réalisé, la nature des relations entretenues avec ses collègues russes. Les difficultés d’adaptation des méthodes, de communication et compréhension entre les chercheurs français et russes sont vécues, de plus en plus douloureusement, entre espoir et colère, au fil d’un échec relatif engendré par des raisons aussi évidentes que difficiles à cerner. La Russie d’Elstine et le colossal choc culturel et socio-économique que vit la Russie des années 1990 sont toujours en toile de fond d’une aventure mettant en scène des amitiés sincères qui ne résistent guère à la situation et au manque de dialogue explicite. Il faudra à l’auteur, obstiné et confiant, plus de dix années pour comprendre les causes et la nature de cet échec, dont il nous fait part dans son introduction.

 

Né en 1944 à Saint-Brieuc, Jean-Paul Le Bihan, professeur d’histoire-géographie au lycée de Quimper, pratique l’archéologie à titre bénévole depuis 1970. Il devient archéologue de la Ville de Quimper en 1983, jusqu’en 2009, année de sa retraite. Depuis 1990, il dirige le Centre de recherche archéologique du Finistère. Il consacre ses recherches à la commune de Quimper et, depuis 1988, au site protohistorique et antique de Mez-Notariou sur l’île d’Ouessant. Il dirige ainsi deux collections de synthèse : Archéologie de Quimper, matériaux pour servir l’Histoire et Archéologie d’une île à la pointe de l’Europe Ouessant, après avoir monté les expositions internationales dédiées Au temps des Celtes et à Rome face aux Barbares en 1986 et 1993 au Centre culturel de l’Abbaye de Daoulas.

Il développe une recherche méthodologique applicable aux sites complexes et, sur ce thème, entame en 1996 collaboration et échanges réguliers avec une équipe d’archéologues du sud de la Russie, puis, à partir de  1998, avec les chercheurs de l’université de Rostov-sur-le-Don. En 2010, il publie Un archéologue, entretiens imaginaires à Rostov, en édition bilingue, avant d’aborder la littérature avec Cheveux d’ange.

 

Sous nos yeux

Sous nos yeux

de Lawrence JOSEPH

Voix d'ailleurs (PÉTRA) | Paru le 01/05/2015 | 22,00 €

Publiée aux États-Unis en 1993, Sous nos yeux est une oeuvre littéralement visionnaire. Préfigurant il y a vingt ans déjà les conflits qui déchirent notre monde et les économies en crise, Lawrence Joseph nous entraîne dans les profondeurs d'une réalité dérangeante et nous confronte aux paradoxes de la société moderne, sans concession pour son propre regard. Pour autant, rien n'est perdu. L'art du poète nous ramène à la surface, à notre conscience, à notre confiance en cet autre qui nous accompagne ; les images violentes, presque hallucinatoires du présent ou de la mémoire cèdent la place aux cercles lumineux, réfraction de la lumière, et la poussière des villes se métamorphose dans l'atmosphère vaporeuse, la brume du quotidien de New York ou d'ailleurs.

Détaché de tout mouvement ou école, sans pour autant renier ses racines – ce recueil en porte les traces –, Lawrence Joseph ne laisse personne indifférent et nous invite avec force à observer ce que nous avons tout simplement sous nos yeux.

 

Lawrence Joseph est né à Détroit en 1948. Catholiques syriens et libanais, ses grands-parents comptent parmi les premiers émigrants arabo-américains de Détroit. Après des études de littérature anglaise, puis des études juridiques, il fait ses premières armes à la Cour Suprême du Michigan, avant d'enseigner le droit à l'Université de Détroit. Installé à New York en 1981, il enseigne le droit à St John's University Law School depuis 1987.

Catherine Pierre-Bon traduit de l'anglais et l'italien. La traduction de ce recueil et des poèmes publiés dans les revues Europe, Mâche-Laurier, Siècle 21, Confluences poétiques ou la revue en ligne Poezibao, est le fruit d'une collaboration étroite avec l'auteur depuis plus de vingt ans.

 

L'imaginaire du mot

L'imaginaire du mot "slave" dans les langues française et allemande, entre dictionnaires et romans

de Cécile GAUTHIER

Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement (PÉTRA) | Paru le 22/04/2015 | 28,00 €

Dans quel lointain Orient, entre mysticisme et parfum de scandale, "l'âme slave" plonge-t-elle ses racines? À quoi tient "le charme slave", usé "jusqu'au trognon" selon René Crevel, mais source évidente de romanesque, comme le montre son succès au tournant du XXe siècle, de Jules Verne à Thomas Mann? Et pourquoi les savants français accusent-ils les Allemands d'avoir dégradés le glorieux nom des Slaves, et d'en avoir fait le honteux synonyme d'"esclave"?

Entre dictionnaires et romans, l'examen du mot "slave" s'avère exemplaire des enjeux idéologiques et politiques propres au geste de nomination, déterminant dans la construction identitaire de la communauté. L'imaginaire de ce nom sulfureux oscille entre outrance exotique dans le corpus français (Lorrain, Vogüé, Leroux, Delteil, Radiguet, Rolland, Kessel...), et sa réticence, voire refoulement, dans le corpus germantique (Sacher-Masoch, Rilke, Roth, Brod, Mauthner, Broch, Werfel...). Ce voyage dans l'histoire du mot trouve son prolongement dans l'étude des rêveries suscitées par la langue slave, langue "primitive", incomprise et désirable, mais susceptible de devenir l'arme de combat du Slave esclave révolté.

Ce "récit du Slave", lié à la consolidation des savoirs linguistique et anthropologique au XIXe siècle, met donc en lumière la violence grandissante dans les rapports entre les "nations" et les "races" en Europe à l'orée du XXe siècle : les représentations de cet inquiétant "Aryen oriental", figure hybride de l'altérité intérieure (croisant en partie l'altérité juive), nous donnent à lire tout un pan de l'histoire des tensions nationalistes qui éclatent lors de la Première Guerre mondiale.

 

Cécile GAUTHIER est maître de conférences en littérature comparée à l'Université de Reims Champagne-Ardennes. Elle travaille sur les transferts culturels franco-germano-slaves, la construction des identités nationales et linguistiques, le mythe de la langue matenrelle, les problématiques liées au multilinguisme et à la traduction.

L'île de la Possession. Archipel Crozet - Terres australes et antarctiques françaises. Ethnologie d'une île déserte

L'île de la Possession. Archipel Crozet - Terres australes et antarctiques françaises. Ethnologie d'une île déserte

de Alain BAQUIER

Des îles (PÉTRA) | Paru le 13/04/2015 | 22,00 €

Depuis 1964, chaque année, une nouvelle « mission » composée de trente personnes tout au plus est dépêchée pour un an sur l’île inhabitée de la Possession, située au sud de l’océan Indien, dans les Terres australes et antarctiques françaises, afin d’y affirmer la souveraineté nationale et d’y conduire des activités scientifiques.

Une île déserte ne l’est plus dès que l’on pose le pied dessus. L’humanité s’y reconstitue dans une absence et un excès à la fois, hors de « la société » mais plus qu’ailleurs en société. Le « bout du monde » est une limite et un extrait, un concentré dans un décor approprié, extrême et virginal. Dans ce laboratoire in vivo, un phénomène qui y demeure exceptionnel s’y montre le cas échéant avec une clarté qui l’est autant : le processus du bouc émissaire, dont la menace a inspiré le folklore local.

 

 

Alain Baquier est docteur en ethnologie, chercheur associé au Laboratoire d’anthropologie et de psychologie cognitives et sociales (LAPCOS), Université de Nice. Le présent travail résulte d’un programme de recherche de l’Institut polaire français (IPEV). L’auteur s’y appuie sur une observation participante de plusieurs mois et sur l’analyse des archives des lieux.

Souvenirs d'un officier ottoman (1914-1923)

Souvenirs d'un officier ottoman (1914-1923)

de Faik TONGUÇ

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 09/04/2015 | 28,00 €

Si la guerre de 1914-1918 sur le Front Ouest est bien connue, qu'en est-il du conflit qui opposa, sur le Front du Caucase, la Russie, alliée de la France, et l'Empire ottoman, allié de l'Allemagne? La disparition de ces empires, dès 1918, a fait sombrer dans l'oubli la guerre cruelle que ces Puissances se sont livrée, dans des montagnes glaciales en hiver et écrasées de chaleur en été.

Cette traduction des souvenirs d'un officier turc, Faik Tonguç, ouvre de nouvelles perspectives pour le lecteur français. La période d'instruction, l'arrivée au front, les combats, le froid, la faim, les héros et les incompétents: les carnets du jeune chef de section d'infanterie décrivent d'une plume vivante et parfois acérée, la vie des combattants au jour le jour en en rappelant les particularités mais aussi l'universalité. L'auteur, fait prisonnier, relate la lente déportation jusqu'en Russie du Nord, le camp de prisonniers, l'évasion puis le retour dans sa patrie. Une fois en Turquie, dans un pays à l'économie ruinée, il faut se résoudre à vivre et à pratiquer des métiers de hasard. Couvrant la période de 1914 à 1923 (Premier conflit mondial puis Guerre d'indépendance), ces carnets nous entraînent dans une évocation de première main des rêves et de l'existence de la jeunesse turque contemporaine de Mustafa Kemal.

La deuxième vie des objets. Recyclage et récupération dans les sociétés contemporaines

La deuxième vie des objets. Recyclage et récupération dans les sociétés contemporaines

de Elisabeth ANSTETT & Nathalie ORTAR

Matière à recycler (PÉTRA) | Paru le 01/04/2015 | 22,00 €

 

Les crises économiques qui touchent les sociétés de consommation, les conséquences de la surexploitation des ressources naturelles, tout autant que l'émergence d'un impératif de développement durable ont partout favorisé l'apparition de pratiques de récupération et de réutilisation d'objets et de matériaux usagés. Malgré leur grand nombre et leur diversité, ces pratiques restent pourtant encore peu documentées et peu questionnées par les sciences humaines et sociales.

Or les logiques qui président au tri, à la collecte et au réemploi de rebuts ou de matériaux déqualifiés, mettent en lumière la modification de rapports économiques ou sociaux tout autant que des changements de systèmes de valeurs. Elles amènent à se demander comment, où et quand l'on passe du déchet à l'objet ré-appropriable et selon quelles modalités notamment culturelles, sociales et sexuées s'effectuent ces transformations.

Prenant appui sur des situations de recyclage observées en France, en Europe ou ailleurs dans le monde, cet ouvrage qui associe anthropologues, sociologues et géographes, propose de s'attacher à la "deuxième vie" des objets en montrant que ces pratiques de récupération et de réemploi sont révélatrices des transformations les plus récentes de nos sociétés.

 

Avec les contributions d'Élisabeth Anstett, Jérémie Cavé, Aurélie Dehling, Anne Gagnebien et Akila Nedjar-Guerre, Valérie Guillard, Cecilia Montero Mortola, Nathalie Ortar, Stavroula Pipyrou et Manuel Valentin.

La ville durable controversée

La ville durable controversée

de Jérôme BOISSONADE

Pragmatismes (PÉTRA) | Paru le 19/03/2015 | 32,00 €

Les projets urbains qui invoquent la "ville durable" sont-ils à la hauteur des enjeux contemporains? La promesse d'éco-quartiers montrant la voie d'une "transition écologique" répond-elle aux préoccupations économiques, sociales et environnementales portées notamment par de multiples acteurs de la société civile? Les "éco-techniques", proposées pour donner un vernis écologique aux bâtiments, peuvent-elles inverser les conséquences négatives du régime de développement dominant? Le greenwashing des projets urbains est-il une dérive de la "ville durable" ou une conséquence logique? Dans les discours, il s'agit encore et toujours de changer les comportements par une pédagogie des "petits gestes" auxquels chacun doit prêter attention, jusque dans sa salle de bains. Un tel gouvernement des conduites peut-il susciter l'adhésion des "simples citoyens"? Les dispositifs de débat public qui accompagnent les projets d'aménagement sont-ils à la mesure des enjeux démocratiques posés par ces projets?

Cet ouvrage collectif interroge les usages de la matrice du développement durable dans les espaces urbains. Il rassemble les travaux de recherches qui, dans leur diversité, ont en commun de prendre au sérieux les critiques formulées par les acteurs eux-mêmes, saisis dans ce qui les lie à leurs milieux et leurs formes de vie. Ces critiques de la "ville durable", énoncée publiquement comme un "bien en soi", sont soumises à de multiples épreuves. Quelles prises faut-il construire pour donner une portée à ces mouvements critiques qui naissent au coeur des expériences et des pratiques urbaines les plus ordinaires?

Le livre ouvre une discussion théorique et pragmatique sur la place de la critique dans le développement durable. Il explore la fabrique des prises de la critique, en s'appuyant sur des enquêtes dont les terrains sont français et internationaux, tendus entre géo-politiques urbaines et politiques locales. Inspiré par l'anthropologie et la sociologie de la perception, l'ouvrage réinsère la question politique dans les agencements pratiques que vivent les personnes et les groupes, traçant les contours de résistances ordinaires, ou parfois très singulières, qui échappent aux instruments d'une gouvernementalité verticale par la ville durable.

Les auteurs : Pierre-Arnaud Barthel, Caroline Barthelemy, Christophe Beaurain, Christophe Beslay, Jérôme Boissonade, Valérie Clerc, Ludivine Damay, Miguel Donate Sastre, Rémi Eliçabe, Guillaume Faburel, Philippe Genestier, Romain Gournet, Amandine Guilbert, Anne-Sophie Haeringer, Caroline Lejeune, Marie-Hélène Lizée, Raul Marquez Porras, Laetitia Overney, Eric Pautard, Pascal Philifert, Hélène Reigner, Camille Roche, Pablo Romero Naguera, Delphine Varlet, Bruno Villalba, Marie-Christine Zelem.

Divinités incarnées

Divinités incarnées

de Arnaud HALLOY

Anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 19/03/2015 | 26,00 €

Si la transe de possession religieuse a d'ores et déjà fait l'objet d'innombrables études, dans de nombreuses disicplines, très peu d'entre elles ont cherché à montrer comment les personnes l'apprennent, ni ce qu'elles ont effectivement besoin d'apprendre pour revêtir la peau des esprits, des dieux ou des ancêtres. L'objectif premier de ce livre consiste à mettre au jour les ressorts socio-cognitifs du processus d'apprentissage de cette forme fascinante d'expérience du divin à partir d'une immersion ethnographique dans le Xangô, un culte afro-brésilien du nord-est du Brésil. Une piste en particulier y sera exploitée: celle des émotions. Comment rendre compte de la dynamique entre la dimension profondément intime et pleinement publique de la possession, entre le caractère imprévisible et normatif de ce "théatre vécu" qui ponctue le quotidien de plusieurs centaines de milliers de Brésiliens? La réponse que suggère cette étude, construite à partir du croisement de données ethnographiques et des connaissances sur les émotions issues des sciences et neurosciences affectives contemporaines, est qu'une part essentielle de la possession procède d'une forme d'apprentissage émotionnel.

Formé à l'université libre de Bruxelles (ULB), Arnaud Halloy est maître de conférences en ethnologie à l'université de Nice Sophia Antipolis et membre du laboratoires d'anthropologie et psychologie cognitives et sociales (LAPCOS, E.A.7278). Ses recherches portent sur l'expérience sensible et l'élaboration culturelle de formes d'expertise, qu'il interroge à travers un dialogue entre méthodes ethnographiques et modèles analytiques issus des sciences cognitives et des sciences sociales.

Poésie brésilienne et résonances françaises

Poésie brésilienne et résonances françaises

de Maria Luiza BERWANGER DA SILVA

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 19/03/2015 | 15,00 €

Conçu sous le signe de l'étude de l'atérité française, Poésie brésilienne et résonances françaises est un recueil de textes présentés depis 1992 lors de congrès, de colloques et de journées de travail sur la poésie symboliste et contemporaine dans ses rapports à la litérature française. Au-delà de leur diversité, ces textes ont pour fil conducteur l'examen des différentes figures de la présence française dans la production du Brésil, à la lumière d'une perspective comparatiste. Ils dessinent un paysage métissé entre ces deux littératures sans que les accents brésiliens cessent de se faire entendre et ne se perdent dans le canon national: comme l'écrivait le poète Mario de Andrade, "l'influence française a été bénéfique, celle qui nous équilibre le plus, celle qui permet l'exercice de notre vérité psychologique, celle qui exige le moins de renoncement de nous-mêmes".

 

Maria Luiza Berwanger da Silva est professeur de lettres au département de littérature comparée de l'Université Fédérale du Rio Grande do Sul et du Centre Universitaire Unilasalle de Canoas-Porto Alegre. Auteur de deux livres sur la question de l'altérité française : Paisagens Reinventadas - Traços Franceses nos Simbolismo Sul - Rio - Grandense [Paysages réinventés - Traces françaises dans le symbolisme du Sud du Brésil], (Porto Alegre, UFRGS, 1999) et Paisagens do Dom e da Troca (Paysages du don et de l'échange] (Porto Alegre, Literalis, 2009), elle a également publié un grand nombre d'articles au Brésil, en France et à l'étranger sur la littérature brésilienne et sa relation avec l'Autre français.

Cultures latino-américaines et poétique de l'émulation

Cultures latino-américaines et poétique de l'émulation

de Joao Cezar DE CASTRO ROCHA

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 19/03/2015 | 25,00 €

Ce livre a pour ambition de mettre en lumière des affinités électives entre la théorie mimétique, développée par René Girard, et un ensemble de procédés esthétiques et intellectuels qui composent un nouveau cadre théorique, la poétique de l'émulation, et qui caractérisent la force des cultures shakespeariennes, autrement dit des cultures ne pouvant se définir qu'à travers le regard de l'Autre.

De fait, le défi de la mimesis définit le noyau à partir duquel se constituent les cultures latino-américaines ou, plus généralement, les cultures formées dans des contextes non-hégémoniques. Voilà un principe de base qui définit les stratégies des cultures latino-américaines, car toutes ses sont développées en inventant des manières de s'approprier l'Autre, lequel, dans un premier temps du moins, leur a été imposé violemment.

Pour développer ces hypothèses, la première partie sera consacrée à des questions théoriques liées au défi de la mimesis: Nous explorerons ce défi par une étude de cas : la centralité de l'exil dans l'imaginaire brésilien. Enfin, la troisième partie sera centré sur des aspects prégnants de la littérature brésilienne contemporaine.

 

Joao Cezar de Castro Rocha est essayiste et professeur de littérature comparée à l'Université de l'état de Rio de Janeiro (UERJ). Il a notamment écrit "Machado de Assis: por uma poética da emulaçao" (Civilizaçao Brasileira, 2013), récompensé par le Prix de la critique et de l'histoire littéraire de l'Académie Brésilienne des Lettres, et traduit en anglais sous le titre "Machado de Assis: Toward a Poetics of Emulation" (Michigan State University Press, 2015); ou encore "Culturas shakespearianas? Teoria Mimética y América Latina" (Universidad Iberoamericana/ITESO, 2014), ainsi que "Les Origines de la culture" (Prix Aujourd'hui, 2004), co-écrit avec René Girard et Pierpaollo Antonello. Il a organisé près d'une vingtaine de titres et collabore régulièrement avec la presse.
François Weigel, qui a traduit du portugais du Brésil en français l'ouvrage, est journaliste, traducteur et doctorant à l'Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand (Laboratoire du CELIS), où il prépare une thèse sur la littérature brésilienne contemporaine.

Littérature française-Littératures lusophones: regards croisés

Littérature française-Littératures lusophones: regards croisés

de Pierre RIVAS

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 19/03/2015 | 25,00 €

Les littératures lusophones - Portugal, Brésil, Cap-Vert - ont séduit quelques-uns des écrivains français les plus inspirés; des réseaux d'amitié se sont tissés, des échanges et des découvertes favorisés par des revues comme Les Cahiers du Sud; des passeurs insiprés: Valery Larbaud, Pierre Hourcade; Casais Monteiro, auteur de la première étude sur Jules Supervielle accueille et publie Henri Michaux. Armand Guibert internationalisera le nom de Fernando Pessoa. Une veine plus régionaliste, voire exotique, trouve dans l'oeuvre de Jorge Amado un lectorat plus réticent face au modernisme (Mario de Andrade); mais le Brésil marque la littérature française de son ascendant (Cendrars, Michaux, Péret). La poésie cap-verdienne, trop méconnue, cherche et trouve son identité dans la dilacération entre insularité et nécessité de l'ailleurs.

On s'attachera d'abord aux préalables théoriques : latinité, salazarisme, avant-garde, construction des littératures nationales, chemins croisés, éléments du lusitanisme français et signification de la francophonie lusophone.

 

Pierre Rivas a enseigné la littérature comparée à l'Université de Paris-Ouest Nanterre La Défense. Passeur lui aussi, il a coordonné plusieurs numéros sur ces thèmes pour la revue Europe et fait paraître au Brésil Encontro entre literaturas: França, Portugal, Brasil (Hucitec, 1995) et Dialogos interculturais (Hucitec, 2005).

Mon cher cannibale

Mon cher cannibale

de Antônio TORRES

Voix d'ailleurs (PÉTRA) | Paru le 13/03/2015 | 15,00 €

"Il était une fois un Indien. C'était dans les années 1500, au siècle des grands navigateurs - et des grands Indiens. Comme ils ne maîtrisaient pas l'écriture, il n'est resté de leur destin que des légendes, le peu de choses que nous savons d'eux nous le devons aux récits souvent invraisemblables de ces Blancs, empreints d'exagération et de suspicion, un délire fou dont n'est pas exempt le narrateur qui vous parle (héritier du sang des premiers et des affabulations des seconds) et qui s'en va puiser aux sources d'antan, dans les vieux bouquins fleurant le romantisme tardif, pour s'exposer, torse nu, tel un néoromantique anachronique, aux piques de l'histoire officielle, cette vieille dame très digne, soumise aux retouches dictées par notre indignation. Mais en vérité, c'est un héros dont la mémoire s'est perdue au fil du temps, malgré le territoire dans lequel il a inscrit sa légende".

Antônio Torres est né en 1940, à Junco, petite ville du sertao, à l'intérieur de l'état de Bahia (Brésil). À l'âge de 20 ans, il part pour Sao Paulo exercer le métier de journaliste, puis s'engage comme rédacteur publicitaire. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont onze romans, parmi lesquelles "Cette terre" (1984), son grand succès, traduit en français et en une dizaine d'autres langues. En 1998, il reçoit du gouvernement français la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres et en 2013 il est élu à l'Académie Bréslienne des Lettres. Actuellement, il vit dans les environs de Rio de Janeiro. Par sa diversité thématique et stylistique, Antônio Torres est l'un des auteurs les plus originaux de la littérature brésilienne contemporaine.

Dominique Stoenesco, après avoir été professeur de portugais pendant plus de trente ans dans l'enseignement public en France, a publié plusieurs traductions d'écrivains et poètes lusophones. Auteur de la Petite Anthologie du Cap-Vert et co-fondateur de la revue Latitudes - Cahiers lusophones, il est membre correspondant de l'Académie des Lettres de Bahia.

Littérature et société en Asie centrale

Littérature et société en Asie centrale

de Gulnara AITPAEVA & Marc TOUTANT

Cahiers d'Asie centrale (PÉTRA) | Paru le 12/03/2015 | 30,00 €

La littérature de ce que l’on a convenu d’appeler « l’Asie centrale » a été composée dans une grande variété de langages sur un vaste territoire qui inclut non seulement les cinq républiques de l’ex-Union soviétique (Turkménistan, Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan), mais aussi l’Azerbaïdjan, l’Afghanistan, la Mongolie, le Tibet, le Népal, le Bhoutan, ainsi que certaines régions de la Russie et de la Chine (la région autonome ouïgoure du Xinjiang pour ne citer qu’elle). Inutile de dire que les oeuvres produites dans ce vaste ensemble forment une somme considérable de matériaux, à la fois écrits et oraux, qui auraient peut-être requis davantage d’attention que celle que l’on leur a accordée jusqu’ici, au moins dans les recherches réalisées en Occident. Compte tenu du déficit de publications dans ce domaine, le fait que les Cahiers d’Asie centrale consacrent un numéro à ce sujet mérite toute notre attention.

Mais ce volume est certainement plus qu’une contribution à l’étude de la littérature centrasiatique. En se concentrant sur les défis sociétaux tels qu’ils se reflètent dans la production littéraire, cet ouvrage aimerait bien entendu apporter des réponses, mais aussi des nouvelles formes de questionnements sur la façon dont les différentes sociétés et les populations de cette aire ont représenté leur propre cheminement historique. Avec la perspective d’étudier comment la littérature pouvait être utilisée telle une véritable source historiographique, et plus généralement avec l’intention d’évaluer le niveau d’intrication de la littérature avec la société qui la produit, les différents contributeurs ont consacré une attention particulière au problème des relations établies entre culture et pouvoir. A cet égard, la période historique ici considérée s’étend du xve siècle jusqu’à nos jours. Elle commence avec la fin de l’époque médiévale, lorsque la Renaissance Timouride offre ses plus belles heures, et s’achève avec la situation de la littérature kirghize contemporaine, incluant dans l’intervalle l’époque pré-moderne envisagée du point de vue des écrits mystiques d’un poète du Turkestan oriental, ainsi que la période de la colonisation russe et l’ère soviétique qui lui succède directement.

 

Gulnara Aitpaeva dirige le Centre culturel et de recherche Aigine à Bichkek, Kirghizstan. Elle travaille dans la sphère académique mais également dans la gestion de projets et programmes relatifs au folklore, à la culture et à la littérature kirghizes. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages en russe et en anglais.

Marc Toutant est chercheur associé au Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (cetobac, Paris) et post-doctorant à l’Université libre d’Amsterdam. Ses recherches portent sur l’histoire culturelle de l’Asie centrale. Son dernier ouvrage est Un empire de mots. Pouvoir, culture et soufisme à l’époque des derniers Timourides au miroir de la Khamsa de Mi?r ‘Ali? Shi?r Nawa?’i? (Louvain : Peeters, 2015, sous presse).

Désordre scolaire. L'école, les familles et les dispositifs relais

Désordre scolaire. L'école, les familles et les dispositifs relais

de COLLECTIF

Éducation, art du possible (PÉTRA) | Paru le 23/02/2015 | 25,00 €

Nés dans les années 1990, les "dispositifs relais" ont pour mission de prendre en charge les collégiens en ruptures scolaires. Loin de se centrer sur le seul rattrapage scolaire, ces dispositifs mènent une action éducative sur les collégiens et interviennent auprès des familles qu'ils cherchent à impliquer dans le travail de remédiation. En ce sens, ils s'inscrivent dans l'histoire des dispositifs créés par les politiques publiques pour encadrer et transformer les pratiques familiales les moins conformes.
Tout en s'attachant à restituer les pratiques et les logiques institutionnelles, le livre rend compte des relations complexes qu'entretiennent les familles de milieux populaires et les dispositifs de lutte contre le "désordre" scolaire. Il éclaire ainsi les façons dont se structurent les relations de ces familles aux institutions d'encadrement et de socialisation. Il analyse en outre les rapports entre les divers acteurs des dispositifs, notamment la rencontre entre éducateurs et enseignants et ses effets sur les relations avec les parents des collégiens.
L'articulation des logiques institutionnelles et des modes d'appropriation par les familles permet aux auteurs d'éviter deux écueils: ne voir dans ces politiques sociales et leurs dispositifs qu'une forme de contrôle social; ou ne voir, à l'inverse, que l'aide et l'accompagnement mis en avant par les acteurs institutionnels, qui ferait oublier l'asymétrie des positions entre enseignants ou éducateurs et familles.
Le livre restitue de façon vivante le résultat d'une longue enquête, menée par observations, entretiens, questionnaires et archives, auprès des professionnels, des familles et des élèves.

Martine KHERROUBI, Mathias MILLET et Daniel THIN sont sociologues, tous trois spécialistes des questions d'éducation et des milieux populaires. Ils sont respectivement chercheurs au CERLIS (CNRS - Université Paris Descartes), à CITERES (CNRS - Université de Tours) et à TRIANGLE (CNRS/Université Lyon 2).

Folies et raisons d'une université: Paris 8

Folies et raisons d'une université: Paris 8

de COLLECTIF

Éducation, art du possible (PÉTRA) | Paru le 18/02/2015 | 35,00 €

Université critique jusqu'à être révolutionnaire, université pratique, intervenant en permanence sur ses environnements, université en recherche, d'actions parfois plus que des avoirs académiques, université théoricienne où chacun évoque en permanence épistémologie et paradigmes dans un brouhaha conceptuel qui en effraie plus d'un. Les images de Vincennes sont multiples et cette multiplicité s'ajoutera à l'image d'abcès de fixation des gauchistes, de ghetto rouge, d'université des travailleurs, des étrangers et des réfugiés, d'université d'une élite un peu mondaine qu'on ne désigne pas encore sous le nom de "bobos" – sans compter celle d'université de banlieue après le déménagement à Saint-Denis, puis d'université des sans-papiers.

Nous avons tenté d'éviter la nostalgie des uns d'un "paradis perdu" qu'a été le Vincennes des débuts, ou le ressassement, chez d'autres, d'une différence devenue fictive, mais toujours revendiquée au nom de cet héritage, pour nous poser une seule question: l'histoire de cette université Paris 8 peut-elle, encore aujourd'hui, nous aider à répondre aux questions d'aujourd'hui?

José Saramago et l'Alentejo : entre réalité et fiction

José Saramago et l'Alentejo : entre réalité et fiction

de Maria Graciete BESSE

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 09/02/2015 | 15,00 €

À partir de l'étude de eux ouvrages importants de José Saramago – Relevé de terre (1980) et Pérégrinations portugaises (1981) –, cet essai s'interroge sur les relations étroites entre le réel et la fiction dans la représentation de l'Alentejo. L'écrivain fait appel à un riche travail intertextuel qui convoque sans cesse la tradition érudite et populaire, de façon à configurer l'espace physique et mental de cette région du sud du Portugal.

 

Maria Graciete Besse occupe la chaire de Portugais à la Sorbonne (Paris IV), depuis 2004 et dirige le Séminaire d'Études Lusophones au sein du CRIMIC (Centre de Recherche Interdisciplinaire sur les Mondes Ibériques Contemporains).

Elle a publié pusieurs ouvrages de critique littéraire dont on citera, parmi d'autres, Littérature portugaise, Edisud, 2006 ; Partager les lucioles - réflexions sur la littérature portugaise (sous presse); Lidia Jorge et le sol du monde. Une écriture de l'éthique au féminin (sous presse). Responsable de l'organisation de plusieurs colloques internationaux, elle a coordonné notamment la publication de Cultures lusophones et hispanophones : Penser la Relation, Indigo côté Femmes, 2010 ; Eduardo Lourenço et la passion de l'humain, Ed. Lusophone, 2013.

Elle poursuit une carrière d'écrivain, avec plusieurs ouvrages de poésie et de fiction parus au Portugal depuis 1983.

Moscou-Caucase. Migrations et diasporas dans l'espace post-soviétique

Moscou-Caucase. Migrations et diasporas dans l'espace post-soviétique

de Adeline BRAUX

Centre-Asie (PÉTRA) | Paru le 29/01/2015 | 30,00 €

Lorsque l'Union soviétique disparaît, nombre d'observateurs s'interrogent sur un possible déferlement des masses ex-soviétiques en Europe et aux États-Unis, sans prendre en compte un phénomène pourtant bien connu en Occident : l'immigration. La Russie est ainsi très rapidement devenue un grand pays d'accueil pour nombre d'anciens citoyens soviétiques en raison de l'instabilité politique et socio-économique dans l'ex-URSS.

L'immigration des ressortissants des pays du Caucase du Sud (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie) peut désormais être étudiée sur près d'un quart de siècle. Elle repose notamment sur des réseaux dont certains ont été constitués bien avant la disparition de l'URSS puis prolongés par les migrations intervenues après 1991. Perçue au départ comme une migration temporaire, masculine, elle s'est transformée en une migration d'installation. Dès lors, bien que le sentiment de contingence anime les esprits et influe sur les comportements, comment peut-on penser le durable et ses conséquences?

Le double cadre de référence induit par la migration façonne non seulement les communautés concernées mais également la société russe et, au-delà, les relations régionales. Le phénomène migratoire dans l'espace post-soviétique apparaît en effet comme un puissant vecteur d'intégration et de régionalisation qui contribue à maintenir des liens, le plus souvent informels, entre ancien centre et anciennes périphéries, et à jeter des ponts inexistants auparavant.

 

Adeline Braux est responsable de l'Observatoire du Caucase, antenne de l'Institut français d'études anatoliennes (IFEA-Istanbul) basée à Bakou. Ses recherches actuelles portent sur les migrations post-soviétiques en Turquie et sur les reconfigurations migratoires dans l'espace sud-caucasien.

Retour à Samarqand. Voyage en Ouzbékistan de nos jours

Retour à Samarqand. Voyage en Ouzbékistan de nos jours

de BABUR

Méandre (PÉTRA) | Paru le 29/01/2015 | 18,00 €

Ce récit se veut une approche critique de quelques réalités de l'Ouzbékistan, pays très mal connu du public en dehors de son visage touristique lié à un riche passé. La signature du texte du nom de Babur met en lumière un personnage historique très connu dans cette région du monde. Ses Mémoires, Le Livre de Babur, est un classique de cette aire culturelle. La vision de l'Ouzbékistan actuel à travers ses yeux est aussi une réflexion sur la modernité. Ce n'est pas le regard du Persan de Montesquieu (même si celui-ci porte le nom d'Usbek!) car Babur fait partie de la civilisation même qu'il découvre, et il en fait même doublement partie puisqu'il y figure encore comme mythe. Mais, comme lui, son regard est sans complaisance envers la situation d'oppression dont souffrent ses compatriotes actuels. Son voyage le mènera, à partir de Kabul, à Tachkent et à Samarqand en passant dans plusieurs villes, miroir chacune des problèmes de son pays en notre XXIe siècle.

Images du Maghreb dans la littérature

Images du Maghreb dans la littérature

de Denise BRAHIMI

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 19/01/2015 | 25,00 €

Ce recueil d'articles est présenté selon l'ordre chronologique de l'histoire du Maghreb.

Dans la première partie se trouvent évoqués des ouvrages qui concernent les Régences de Tunis et d'Alger ainsi que le royaume du Maroc avant la colonisation.

La deuxième partie regroupe des auteurs qui ont écrit sur le Maghreb à l'époque coloniale, qu'ils soient d'origine maghrébine ou européenne. On y trouvera donc aussi bien des études sur Isabelle Eberhardt que sur Taos Amrouche et sur Albert Camus autant que sur Mouloud Feraoun.

La troisième partie est celle du Maghreb indépendant, représenté par des écrivains autochtones, souvent des plus connus, voire célèbres, qu'il s'agisse de Kateb Yacine, d'Assia Djebar ou de Mohammed Dib.

C'est donc un véritable panorama qui se déroule sous les yeux du lecteur, remontant des siècles en arrière pour s'achever à l'époque la plus actuelle.

Rien de confidentiel, disent-ils

Rien de confidentiel, disent-ils

de Emmanuelle PITTAU

Méandre (PÉTRA) | Paru le 13/11/2014 | 15,00 €

« Sans m’en apercevoir, j’ai glissé vers ce puits infini, esseulée que j’étais par les prémices de la dépression puis par la violence blanche de ma maladie. Dépossédée de ma propre vie. Un voile s’est posé sur mon cœur et mon corps. »

 

J’ai voulu mourir. J’ai voulu m’extraire d’un vide qui m’aspirait vers la folie. Je devais me débattre contre la fulgurance de mes maux. Alors, jour après jour, j’ai jeté les mots de l’indicible sur le papier, pour me relever et ne pas sombrer tout à fait.

 

L’écriture de la douleur s’est dévoilée comme une catharsis. Je cherchais à mettre du sens sur une existence disloquée par les angoisses. Vint la valse des hôpitaux de secteur, peuplés de soignants dont la seule réponse à ma souffrance fut l’enfermement, l’indifférence et le mépris. J’ai dû lutter pour recouvrer une humanité qu’ils m’avaient volée. Écrire, pour rester accrochée à la vie, coûte que coûte. Et puis, à force, je fus habitée par un espoir auquel je ne croyais plus.

 

Nouvelle déflagration. Mort de ma mère. Il me faut arracher à l’oubli des souvenirs qui se dérobent, partis avec elle. Écrire, à nouveau. Et au détour d’une phrase, me laisser cueillir par la poésie des mots, qui s’annonce comme un retour à la vie.

Comme un, Commune

Comme un, Commune

de Bruno BACHMANN

Méandre (PÉTRA) | Paru le 13/11/2014 | 25,00 €

Déporté en Nouvelle-Calédonie pour son activisme sous la Commune de Paris, l’Alsacien Théo Fischer écrit, afin de ne pas sombrer dans la folie, à sa femme, Madeleine, et à son fils, Alexandre, dont il est sans nouvelles depuis le 21 mai 1871. Typographe devenu franc-tireur sous le siège de Paris puis secrétaire de rédaction au Journal officiel de la Commune , Théo nous narre sa rencontre avec sa farouche amazone, son amitié pour François, déserteur exilé au Brésil, la découverte de son frère d’Algérie grâce au musicien Francisco Salvador Daniel, ses altercations musclées avec les policiers Gautier et Mattei, ses combats de rue contre « Oreille-Cassée » et ses sbires – Théo a appris la savate avec le communeux Joseph Charlemont notamment… –, ses missions contre les ulhans aux côtés des Garibaldiens du XIIIe

Madeleine et Théo nous entraînent dans le Paris de la Commune, quand le peuple, adulte et « las des tyrans », monte à l’assaut du ciel, réinvente la démocratie, sépare l’Église de l’État, rend l’instruction publique gratuite, laïque et obligatoire, instaure l’égalité salariale entre les hommes et les femmes. Autant de mesures politiques censurées par la IIIe République, héritière des bourreaux versaillais.

Avec le clan Fischer, nous croisons la route de Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Gustave Courbet, Eugène Pottier, Jean-Baptiste Clément, Élisée Reclus, Émile Zola, Victor Hugo, Georges Clemenceau, Nadar, mais aussi l’anarchiste Mikhaïl Bakounine, que Théo et ses camarades protégeront du terroriste Netchaïev. Madeleine et Théo nous font redécouvrir Charles Delescluze, Arthur Arnould, Eugène Varlin, Théophile Ferré, Nathalie LeMel, Louise Michel, figures intègres et attachantes d’un Paris révolutionnaire qui illuminera le monde de sa clarté humaniste au point d’être la référence des révolutions du XXe siècle, qui souvent la trahiront en pensant la venger. Mais le martyre de la Commune, dont s’est nourrie la légende rouge chère aux marxistes orthodoxes, vaut en définitive moins que son dynamisme innovateur, joyeux et fraternel qu’illustrent avec esprit Madeleine, Théo, Jeanne, Joseph, Lukas, Henry Bauër, un des fils d’Alexandre Dumas. Dumas ! Et si Comme un, Commune, était avant tout un roman de cape et d’épée ?

Le Kazakhstan en mutation

Le Kazakhstan en mutation

de Catherine POUJOL

Cahiers d'Asie centrale (PÉTRA) | Paru le 30/09/2014 | 30,00 €

Peu connue dans nos contrées, l'histoire des steppes kazakhes nous interpelle. Elle nous fascine par le puissant appel au voyage qu'elle suscite en Europe depuis le Moyen Âge, comme par l'énigme géopolitique qu'elle continue de poser depuis le début du XXe siècle, quant à sa réalité et son impact dans l'histoire de ses voisins.
Conçu comme une succession de terroirs parfois difficilement identifiables, l'espace kazakh résiste à l'analyse des structures de pouvoir, des échanges, des flux économiques, des contraintes sociales, des permanences culturelles, telle qu'on la pratique pour les sociétés sédentaires voisines de Transoxiane, comme de Russie ou de Chine. Il faut donc s'efforcer de combler ces lacunes, au moins d'y contribuer, car il existe une nouvelle école d'études kazakhes qui, à l'échelle locale comme internationale a porté ses fruits depuis deux décennies. La tâche est ardue tant elle est d'envergure, par le silence des sources, sur de nombreuses questions et leur forme parfois difficilement exploitable scientifiquement. C'est pourquoi il faut privilégier les études "micro-régionales" ponctuelles, sur des thèmes précis, tout en croisant des approches différentes : historique, politique, sociologique, démographique, anthropologique.
C'est le but du présent ouvrage qui a toute sa place dans la prestigieuse bibliographie des Cahiers d'Asie centrale. Offrir au lecteur occidental soucieux de mieux connaître ce nouvel État du Kazakhstan surgi des décombres de l'URSS, en plein essor économique aujourd'hui, un détour historique par le XIXe siècle et le début du XXe, afin d'éclairer ce qui fonde sa personnalité spécifique dans le concert des nations contemporaines.
Dédié à Nurbulat Massanov, disparu prématurément le 6 octobre 2006, ce recueil dirigé par Catherine Poujol rassemble, outre les dédicaces d'Irina Erofeeva et de Vincent Fourniau et un article d'érudition de Nurbulat Massanov, les contributions de plusieurs spécialistes du monde kazakh, historiens et anthropologues: Kassym Aouelbekov, Laure du Teilhet, Xavier Hallez, Marlène Laruelle, Isabelle Ohayon, Sébastien Peyrouse, Laura Yerekesheva, qui, en une succession de chapitres très documentés, offrent au lecteur français, un livre rare, s'appuyant sur un corpus de sources difficilement accessibles et pourtant fort utiles pour découvrir la richesse historique et culturelle d'un pays et d'un territoire encore largement méconnus.

Catherine Poujol est professeur des universités à l'Institut national des langues et civilisations orientales et l'auteur de nombreuses publications sur l'Asie centrale. Son dernier ouvrage est L'Asie centrale, au carrefour des mondes, Paris, Ellipses, 2013.


Biographie de l'auteur:Caractères:Ouvrir la

Tunisie. Carnets d'une révolution

Tunisie. Carnets d'une révolution

de Mondher KILANI

Terrains et théories anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 25/09/2014 | 25,00 €

Cet ouvrage veut faire entendre les voix qui se sont exprimées lors de la Révolution tunisienne. Il restitue la parole qui a occupé l'espace public, la conversation et la bienveillance qui ont circulé entre les citoyens, le bien commun qui les a réunis.

Il s'attache ensuite à comprendre les enjeux soulevés par la transition politique. Les uns ont transformé l'islam en une biopolitique visant le contrôle de la population. Les autres ne sont parvenus ni à ré-enchanter la société ni à proposer de nouveaux modes de se gouverner.

Plusieurs catégories de la population, notamment les jeunes, les pauvres et les artistes, sans oublier la forte mobilisation des femmes de toutes conditions, se sont montrées plus créatives. Leurs revendications ont renoué avec l'exigence d'autonomie, à l'origine du soulèvement de la multitude.

Pour démêler cette histoire en train de se faire, l'auteur a porté sa vue sur les citoyens ordinaires. C'est en rapportant les expériences individuelles, que l'on raconte en même temps l'histoire du présente, et peut-être l'histoire à venir.

 

Mondher Kilani est anthropologue, professeur à l'Université de Lausanne. Il a effectué des recherches en Europe, en Afrique, en Asie et dans le Pacifique. Ses réflexions actuelles portent sur la guerre et la violence extrême; la religion et la laïcité; les identités et les politiques d'exclusion. Dernier ouvrage paru: "Pour un universalisme critique" (Paris, La Découverte, 2014).

Pouvoir et santé en Ouzbékistan

Pouvoir et santé en Ouzbékistan

de Sophie HOHMANN

Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement (PÉTRA) | Paru le 07/07/2014 | 27,00 €

Cet ouvrage porte sur la gestion de la santé et sur les stratégies de recours aux différents systèmes thérapeutiques en Ouzbékistan depuis la colonisation jusqu'aux recompositions post-soviétiques. En s'appuyant sur des sources orales et les matériaux disponibles émanant de disciplines complémentaires comme l'histoire, la sociologie, la démographie et l'anthropologie, cet ouvrage retrace la construction de la santé publique en Ouzbékistan à partir de l'époque coloniale, tout en s'attachant à mettre en perspective la colonisation russe avec d'autres expériences coloniales. Il montre qu'après avoir déployé une organisation spécifique très ramifiée et un temps efficace, le système de santé soviétique n'a pas su se réformer et la fin de l'URSS en 1991 précipitera son effondrement. Les répercussions sur les populations seront irréversibles et durables. Le vide institutionnel légué par la dislocation de l'URSS va permettre de facto une reconfiguration de l'espace thérapeutique, des pratiques et des rapports de pouvoir entre les instances de soins et le politique. Se profile alors un processus de "re-traditionalisation" de la médecine dans un contexte de réappropriation identitaire.

À travers l'analyse de la relation entre ces différents acteurs, le pouvoir et les individus, cet ouvrage discerne les continuités qui n'apparaissent pas toujours de manière évidente lorsque l'on s'intéresse au rôle social de la médecine ainsi qu'à l'autonomie des modes de fonctionnement dans l'espace post-soviétique.

Sophie Hohmann est diplômée de l'Institut des Langues et Civilisations Orientales. Elle est docteur en sciences sociales de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris) et membre du Centre d'études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC, EHESS). Elle travaille sur les transformations sociales et démographiques en privilégiant une approche pluridisciplinaire. Depuis quelques années, elle étudie les migrations de travail dans les Suds Post-soviétiques (Asie centrale et Caucase du Sud). Elle a publié La Mortalité chez les jeunes enfants en Ouzbékistan (2010).

Roman de l'île et robinsonnade ontologique

Roman de l'île et robinsonnade ontologique

de Florence LOJACONO

Des îles (PÉTRA) | Paru le 06/06/2014 | 28,00 €

Qu’y a-t-il de commun entre par exemple La Tête coupable de Romain Gary, L’Île à midi de Julio Cortázar et Nouvelles du paradis de David Lodge ? L’île bien sûr. Mais pas seulement. L’île, d’ailleurs, peut aussi bien être une cité dortoir de la banlieue de Barcelone comme dans Les Mers du sud de Manuel Vázquez Montalbán ou un terrain vague aux abords de Londres comme L’Île de béton de J. G. Ballard. Ce que ces textes ont en commun avec d’autres comme Voyage à Rodrigues de J. M. G. Le Clézio et L’Île du jour d’avant d’Umberto Eco, ce n’est pas l’île, mais la médiation du désir de l’île. Le protagoniste est attiré par une île qui lui a été désignée par un désir antérieur, le désir d’un prédécesseur. Une fois sur l’île, il n’agit pas en Robinson et d’ailleurs l’île est rarement déserte. Au terme d’une évolution spirituelle qui le mènera d’une angoisse tenace à l’acceptation sans reste d’un présent pacifié, le protagoniste choisira l’île comme modèle de vie. Tel est le fonctionnement de la robinsonnade ontologique.

La pointure du symbole

La pointure du symbole

de Jean-Yves BÉZIAU

Transphilosophiques (PÉTRA) | Paru le 22/05/2014 | 28,00 €

Dans un texte désormais célèbre, Ferdinand de Saussure insiste sur l’arbitraire du signe dont il vante les qualités. Toutefois il s’avère que le symbole, signe non arbitraire, dans la mesure où il existe un rapport entre ce qui représente et ce qui est représenté, joue un rôle fondamental dans la plupart des activités humaines, qu’elles soient scientifiques, artistiques ou religieuses. C’est cette dimension symbolique, sa portée, son fonctionnement et sa signification dans des domaines aussi variés que la chimie, la théologie, les mathématiques, le code de la route et bien d’autres qui est l’objet du livre La Pointure du symbole.

Jean-Yves Béziau, franco-suisse, est docteur en logique mathématique et docteur en philosophie. Il a poursuivi des recherches en France, au Brésil, en Suisse, aux États-Unis (UCLA et Stanford), en Pologne et développé la logique universelle. Éditeur-en-chef de la revue Logica Universalis et de la collection Studies in Universal Logic (Springer), il est actuellement professeur à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro et membre de l’Académie brésilienne de Philosophie.

Hommage à Fernando Pessoa. Essais, études et poèmes réunis par Robert Bréchon

Hommage à Fernando Pessoa. Essais, études et poèmes réunis par Robert Bréchon

de Robert BRéCHON

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 01/04/2014 | 27,00 €

"Nous venons d'horizons différents et la plupart d'entre nous sont Français, mais il y a plusieurs étrangers, certains sont des universitaires, d'autres pas. Chacun de nous, pour rendre hommage au poète que nous aimons, a librement choisi son genre, son sujet, son style. Ce qui fait l'unité de l'hommage, c'est notre commune ferveur. On trouvera ici des essais, textes littéraires personnels, voire engagés, où l'émotion est parfois visible; des études de type plus universitaire, fruits de recherches rigoureuses, érudites, spécialisées; et des poèmes, ce qui est assurément une manière appropriée de revisiter Pessoa".

C'est ainsi que Robert Bréchon présentait le livre inédit que nous publions aujourd'hui.

 

Agrégé de lettres classiques, Robert Bréchon a mené une carrière d'enseignant, de proviseur de lycée et de conseiller culturel. Il a commencé par publier des études littéraires, dès la fin des années 50 : MIchaux (1959 et 2005), le surréalisme et la Condition humaine d'André Malraux (1971), l'Âge d'homme de Michel Leiris (1973), en même temps qu'il publiait ses recueils de poèmes, dont le dernier, Échos, reflets, mirages (2003). Robert Bréchon s'est employé à faire connaître en France l'oeuvre de Pessoa, d'abord chez Christian Bourgois avec Eduardo Prado Coelho à partir de 1988 et en participant à la publication, en 2001, de l'oeuvre poétique de Pessoa dans La Pléiade. Il a publié sur Pessoa plusieurs biographies : Étrange étranger (1996), L'innombrable. Un tombeau pour Pessoa (2001), Fernando Pessoa, le voyageur immobile (2002), Pessoa, le poète intranquille (2008).

Robert Bréchon nous a quittés en 2012. L'écho de sa voix continue à résonner dans ce recueil qu'il n'a pas eu le bonheur de voir publié de son vivant, mais dont l'élaboration a contribué à embellir les dernières années de sa vie.

La Fragilite des Liens Marchands. Sociologie de la Sous-Traitance Internationale

La Fragilite des Liens Marchands. Sociologie de la Sous-Traitance Internationale

de Alina SURUBARU

Europes : Terrains et sociétés (PÉTRA) | Paru le 20/03/2014 | 22,00 €

La fragilité des liens marchands explore les différentes formes d’incertitude qui structurent les relations de sous-traitance internationale. Reposant sur une enquête menée auprès des producteurs roumains de l’habillement de 2005 à 2008, cet ouvrage montre comment se sont transformées les rencontres d’affaires dans ce secteur à partir des années 1970. Avant 1989, l’État communiste joue un rôle déterminant dans la confrontation de l’offre et de la demande. La transition post-communiste semble bouleverser les routines établies sous l’économie planifiée, en ouvrant de nouvelles opportunités de profit. Les entreprises multinationales, de plus en plus nombreuses à établir des relations commerciales en Europe de l’Est, restent les principales gagnantes de ces processus. Mais les producteurs roumains tirent aussi leur épingle du jeu, car leur capacité à peser sur les règles du jeu contractuel s’avère particulièrement importante.

Mettant au cœur de son analyse la question de la durabilité des engagements entre les multinationales et leurs sous-traitants, La fragilité des liens marchands apporte une contribution importante à la sociologie économique. Au-delà de la description du fonctionnement d’un marché particulier, cette recherche permet en effet d’éclairer les spécificités du lien marchand.

 

Alina Surubaru est sociologue, enseignant-chercheur contractuel à l’École des Mines de Nantes et membre de la Chaire « Recherches en Sûreté Organisation Hommes » consacrée aux relations de sous-traitance dans les industries à risque.

Pessoa, le Sujet Eclate

Pessoa, le Sujet Eclate

de Leyla PERRONE-MOISES

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 20/03/2014 | 25,00 €

Critique de formation française, Leyla Perrone-Moisés a vécu en France dans les années 1970, celle des mutations de la théorie littéraire, de la linguistique structurale et de la psychanalyse lacanienne. Cette inflexion l’a conduite à privilégier chez Pessoa la question du sujet. Sa lecture des hétéronymes ne se fonde plus sur l’inventivité du poète mais sur l’expérience profonde et douloureuse du manque d’un moi essentiel. En fait, pendant toute sa vie et dans la plupart de ses textes, Pessoa a exprimé la sensation de n’être personne.

« En se divisant en plusieurs moi, il a exhibé la faille sur laquelle nous établissons notre être, comme être de langage. En laissant ces différents moi comme des éléments autonomes d’un ensemble ouvert, comme des parties d’un tout qu’on ne peut pas appréhender, il signala la fragmentation ontologique du sujet moderne ».

La plupart des textes réunis ici ont été écrit en français : articles dans des revues, catalogues d’exposition, communications dans divers colloques consacrés au poète en France ou à l’étranger.

Eduardo Lourenço, dans sa Préface, souligne l’originalité de cette lecture du poète, « comme le non-existant et super existant Pessoa, que Leyla, telle une Pythie moderne, décrit et interpelle en tant que labyrinthique recherche d’un soi-même “en deçà du Moi et au-delà de l’Autre”, recherche qui ne sera jamais la solution pour son intrinsèque non-identité, mais oscillation réitérée et voyage qui poétiquement et mythiquement configurent le parfait absent de soi-même et du monde ».

 

Professeur émérite à l’Université de São Paulo, Brésil, Leyla Perrone-Moisés a enseigné dans plusieurs universités à l’étranger. Professeur invité ou associé, à l’Université de Paris IV, à l’École Pratique des Hautes Études en Sciences Sociales, à l’Université de Montréal et à l’Université de Yale. Elle a organisé la première édition brésilienne du Livre de l’intranquillité (Livro do desassossego, São Paulo, Brasiliense, 1988). Son livre Fernando Pessoa – Aquém do eu, além do outro (São Paulo, Martins Fontes, 1982), a été réédité, augmenté, en 2003. Elle a collaboré au dictionnaire Fernando Pessoa e o modernismo português (éd. Fernando Cabral Martins, Lisboa, Caminho, 2008). Elle a coordonné par ailleurs les œuvres complètes de Barthes au Brésil et publié des travaux décisifs sur la modernité française : Lautréamont, Blanchot, Butor, etc.

Engagement, Langue et Litterature. le Champ Litteraire Kurde en Turquie (1980-2000)

Engagement, Langue et Litterature. le Champ Litteraire Kurde en Turquie (1980-2000)

de Clémence SCALBERT YÜCEL

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 20/03/2014 | 32,00 €

Quels sont les liens entre littérature et politique ? Comment se constitue un milieu littéraire minoritaire ? Peut-il s’autonomiser du politique ? Quelles sont ces relations avec la littérature et les milieux littéraires nationaux ? Ces questionnements sont au cœur de cet ouvrage qui analyse la formation d’un milieu littéraire kurde au tournant du XXIe siècle en Turquie. L’interdiction de la langue kurde a profondément marqué le développement et les répertoires du mouvement national kurde, comme le processus de création littéraire dans cette langue. L’ouvrage propose ainsi un retour sur l’évolution des politiques linguistiques dans le pays qui affecte l’outil de création littéraire. Il montre ensuite comment ce petit milieu littéraire, d’abord en exil, en lien organique avec les cercles militants, grandit, intègre l’espace turc et travaille à sa dépolitisation. Analysant les acteurs, les débats et les conflits qui animent ce milieu depuis les années 1980 à 2010, l’ouvrage offre aussi une perspective nouvelle sur le mouvement national kurde d’une part et sur une littérature encore peu connue en Turquie d’autre part.

 

Clémence Scalbert Yücel est diplômée de l’Université Paris IV-La Sorbonne et de l’INALCO. Elle est enseignante chercheuse et directrice du Centre d’études kurdes à l’Université d’Exeter (Institute of Arab and Islamic Studies). Elle a dirigé un numéro spécial de Nationalities Papers sur le thème de l’"Autonomie des petites littératures" (2012), et codirigé avec Jordi Tejel Gorgas un numéro d’Études Rurales sur le thème "Violence, Urbanité et Ruralité au Kurdistan" (2011).

Experts et Faussaires. pour une Sociologie de la Perception

Experts et Faussaires. pour une Sociologie de la Perception

de Christian BESSY & Francis CHATEAURAYNAUD

Pragmatismes (PÉTRA) | Paru le 20/03/2014 | 32,00 €

Voici un livre, Experts et faussaires, publié une première fois en 1995. Analysant les épreuves d’authentification de nos sociétés contemporaines, il n’a rien perdu de son acuité. Affaires et controverses n’ont cessé de se déployer dans les arènes publiques : les cas de fraudes, de contrefaçons et de faux se succèdent avec, à chaque fois, des surprises et des innovations, dans de nouvelles configurations technologiques et normatives. Si de faux clonages de cellules souches (affaire Hwang) n’étaient guère possibles au début des années 1990, ils surviennent à la suite d’une longue série de fraudes scientifiques ; les manipulations spectaculaires associées aux noms de Kerviel, Madoff ou Goldman-Sachs ont enrichi une collection déjà florissante de scandales financiers ; quant aux enjeux de la contrefaçon, ils ont depuis longtemps dépassé les questions de produits de luxe pour toucher les médicaments, les ordinateurs, les pièces d’avion et même les centrales nucléaires… Et, bien sûr, au milieu du cortège, surgissent de nouveaux «faussaires de génie» défrayant la chronique des milieux de l’art.

Mensonges, escroqueries, piratages ou simples canulars, ce sont là des pratiques normalement anticipées par les dispositifs de protection et de contrôle destinés à les rendre illicites – mais jamais complètement impossibles. L’épreuve du faux conduit ainsi à regarder autrement les instruments et les normes, qu’il ne s’agit plus de saisir in abstracto mais à travers l’activité des experts et des faussaires. Pour saisir les détournements qui naissent dans la mise en œuvre quotidienne des objets et des agencements qui les encadrent, l’ouvrage élabore une théorie subtile de la perception, entendue comme un art de la prise sur le monde.

Cette réédition est accompagnée d’une préface et d’une postface des auteurs.

 

Christian Bessy est économiste, directeur de recherche au CNRS, à l’IDHE (ENS Cachan). Travaillant sur les institutions et les théories de la valeur, il a notamment publié aux Éditions Droit et Société, La contractualisation de la relation de travail en 2007 et codirigé un ouvrage collectif intitulé Droit et régulations des activités économiques (2011).

Francis Chateauraynaud est sociologue, directeur d’études à l’EHESS (Paris). Au sein du Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive, il mène des travaux consacrés à la dynamique des alertes et des controverses. Aux Éditions Pétra, il a déjà publié Argumenter dans un champ de forces. Essai de balistique sociologique (2011).

Des Chiens Aupres des Hommes. Quand l'Anthropologue Observe Aussi l'Animal

Des Chiens Aupres des Hommes. Quand l'Anthropologue Observe Aussi l'Animal

de Marion VICART

Anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 14/03/2014 | 28,00 €

Des chiens en sciences de l’homme ? L’idée pourrait paraître incongrue. C’est pourtant sous la forme d’un pari épistémologique que se donnent à lire les réflexions ouvertes dans cet ouvrage. Celui-ci part du postulat qu’il est anthropologiquement possible et pertinent d’étudier les hommes et les animaux côte à côte. Cette posture radicale fait d’emblée émerger une difficulté pour l’anthropologue : Comment observer le chien comme une présence située ? Comment l’étudier dans les spécificités de son existence ? Marion Vicart entend répondre à ces questions par la mise en œuvre d’un dispositif méthodologique spécifique, la phénoménographie équitable. C’est ainsi que l’ouvrage nous emmène par exemple à la découverte de la journée d’un chien. Mais l’étude de l’animal doit-elle se faire au détriment d’une étude de l’humain ? Ainsi, à mesure que se découvre l’« équitabilité méthodologique », ce sont d’autres chiens mais aussi d’autres hommes qui apparaissent dans leurs modes de présence, de coprésence et d’actions. De ces analyses phénoménographiques ressort une stimulante découverte : en dépit des spécificités de leur existence, l’homme et le chien partagent un mode de présence mineur fondé sur la distraction et le relâchement. Au terme de cet essai d’anthropologie équitable, ce sont d’autres interrogations qui sont soulevées : à quoi ces connaissances sur le chien vont-elles bien pouvoir nous servir ? Comment leur donner un statut analytique légitime dans la recherche ? Que peuvent-elles bien apporter aux sciences sociales ? L’exemple du chien permet ainsi de montrer comment le rôle joué par la nouvelle présence des animaux peut véritablement aider à repenser le projet descriptif, et celui plus fondamental, de l’anthropologie.

 

Marion Vicart, est docteur en sociologie de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris), spécialisée dans l’étude des êtres humains et animaux. Elle enseigne depuis quelques années les méthodes d’enquêtes ethnographiques dans plusieurs universités et a par ailleurs réalisé diverses missions scientifiques sur le thème du vivant en ville et sur la cohabitation homme-animal.

Manifeste pour une Strategie Experimentale

Manifeste pour une Strategie Experimentale

de Michel FILIPPI

Acta Stoica scientiarum (PÉTRA) | Paru le 10/03/2014 | 22,00 €

Ce livre part du constat de l’existence d’innombrables livres et récits à propos de la Stratégie, activité humaine, sans que la Stratégie ait pu se constituer comme science, avoir un objet d’expérimentation. À l’aube du XXIe siècle, la Stratégie est encore comprise, expliquée de différents points de vue, la psychologie, la sociologie, la géopolitique, le stratège comme génie, à partir de la compilation de préceptes et de bonnes pratiques, mais jamais comme activité humaine autonome. La conséquence est que toute stratégie ne peut se tester que sur le terrain, dans l’instant, sans être certain que le jugement apporté par le test soit valide d’une manière générale. Ce livre est un essai pour construire l’objet expérimental de la Stratégie qui en fera une science autonome.

 

Michel Filippi est un philosophe expérimentaliste qui travaille la Philosophie comme partie du Réel, s’appuyant sur lui, interagissant avec lui et faite à partir du Réel comme une construction qui doit être efficace pour tenir dans le Réel. Cela revient à modéliser la rencontre du Réel selon la Nature et du Réel selon l’humain d’une façon telle que nous puissions tous explorer le Réel, nous installer en ses lieux, y vivre et concevoir en lui des devenirs variés et étendus selon un Temps et un Espace conçus.

Les Possibilites d'une Ile

Les Possibilites d'une Ile

de Ana Clara SANTOS & Maria de Jesus CABRAL

Des îles (PÉTRA) | Paru le 30/01/2014 | 28,00 €

L’insularité constitue le pivot de tout un foisonnement symbolique et sémantique.

Il y a toujours une autre île possible. Lanzarote n’est pas pour rien le lieu d’élection d’un roman de Michel Houellebecq. On sait que les Canaries, via bien des sectateurs de l’idée de bonheur et d’île inaccessible, ont passé pour être les îles Fortunées chères à l’Antiquité voire une survivance émergée de l’Atlantide. Avec Umberto Eco, l’île est celle du jour d’avant. Comme si le regressus ad insulam était un processus ab initio. Comme si le manque était la condition première et que l’île était la réalité de ce manque. Et d’abord une page blanche, un mur immaculé qui renvoie le regard à sa source objective et neutre – extériorisée dans son effacement. Mais la réalité de l’île est toujours déjà là qui nous double. Où la distance est sans commune mesure avec aucune étendue. Au cœur des choses, et pourtant sans fond, l’île est un espace où l’homme est prisonnier d’un regard antérieur omniprésent qui crée partout ce qu’on voit, condamnant le spectateur à n’être qu’un témoin de ce qui disparaît. L’écueil est de croire à l’objectivité du réel. Seule est vraie l’illusion des apparences. Un suprême artifice est de révéler les paysages à leur espace, et surtout la lumière à son ombre. Un défi : donner de la profondeur à tant de surface, une épaisseur à tant d’apparence, et leur trouver des raisons d’apparaître en les escamotant dans l’abstraction.

Les dix-huit études réunies dans cet ouvrage explorent la manière dont est représentée, vécue ou problématisée l’île, à travers un large spectre d’œuvres qui, traversant les époques, en ont revisité les seuils et les marges, dessiné des configurations nouvelles, interrogé des dynamiques conceptuelles, artistiques et identitaires. Lieu d’une restitution sémantique impossible autant que nécessaire, l’île est une référence commune à tous les hommes. Comment leur parle-t-elle d’utopie ?

 

Maria de Jesus CABRAL enseigne la langue et la littérature françaises à l’université de Coimbra (Portugal). Elle est l’auteure de Mallarmé hors frontières. Des défis de l’œuvre au filon symbolique du théâtre maeterlinckien (2007) et a coédité récemment Lumières de Camus (2012), Art et création chez Théophile Gautier (2013), Lire, de près, de loin. Close reading versus distant reading (à paraître en 2014).

 

Ana Clara SANTOS enseigne la langue et la littérature françaises à l’université de l’Algarve (Portugal). Elle a dirigé Relações literárias franco-peninsulares (2005), Descontinuidades e confluências de olhares nos estudos francófonos (2010), Art et création chez Théophile Gautier (2013) et Palco da Ilusão teatral no teatro europeu (2013).

Territoires en Partage. Politiques du Passé et Expérience de Cohabitation en Transylvanie

Territoires en Partage. Politiques du Passé et Expérience de Cohabitation en Transylvanie

de Bianca BOTEA

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 13/12/2013 | 28,00 €

Bianca Botea est maître de conférences en ethnologie à l’Université Lumière Lyon 2 (Centre de Recherches et d’Études Anthropologiques). Elle mène actuellement des recherches en Roumanie et en France sur les transformations des espaces urbains en lien avec les problématiques mémorielles.

 

La fabrication de la Transylvanie comme paysage mémoriel et patrimonial s’enracine dans un événement historique ancien, un changement de frontières étatiques en 1920. Ce dernier a fait émerger des narrations officielles différentes voire conflictuelles rattachées à deux constructions nationales et à deux pays voisins. Que reste-t-il aujourd’hui de cette mémoire historique renvoyant à une expérience nationale traumatique, d’une part, et à un haut-lieu d’histoire et de gloire nationales, d’autre part ? Comment un espace à contours flous et sans assise administrative donne-t-il lieu à une catégorie sensible et performative ? À l’heure de l’élargissement européen, cette réflexion ne relève plus uniquement d’une logique de changement de frontières mais révèle des tensions relatives à la cohabitation sur un même territoire d’une diversité de populations. Cet ouvrage, fondé sur une recherche réalisée principalement dans la ville de Cluj-Napoca en Roumanie, nous mène à travers plusieurs lieux, musées, fêtes urbaines, structures associatives, espaces ordinaires de la ville qui, aujourd’hui, participent de ce paysage mémoriel et patrimonial compétitif se déployant à une échelle locale, nationale, transfrontalière et transnationale. Là, peuvent s’observer des phénomènes de production ou d’actualisation du passé, permettant de s’interroger sur les dynamiques de renouvellement du nationalisme, du régionalisme et de l’ethnicité en Europe, ainsi que des conceptions du territoire associées à ces pratiques. Enfin, ils mettent en avant la complexité des processus de fabrication de l’espace public en contexte plurilinguistique et pluriconfessionnel.

 

Des humains et des matériaux. Ethnographie d'une filière textile artisanale au Laos

Des humains et des matériaux. Ethnographie d'une filière textile artisanale au Laos

de Annabel VALLARD

Anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 10/12/2013 | 30,00 €

Comment se fabrique, s’échange et se porte un textile vestimentaire au Laos ? Cette question liminaire en tête, l’auteure propose une ethnographie fine de l’une des filières artisanales reliant des villages spécialisés dans le tissage commercial à la plus grande place de marché du pays, le marché du matin de Vientiane. En suivant le fil et les femmes qui le mettent en forme et le manipulent, elle s’attache à restituer d’une manière aussi minutieuse que vivante les façons humaines de faire du et avec le textile ainsi que les enjeux socioéconomiques qui mobilisent ces mondes.

Le long de ce voyage travaillé dans l’épaisseur des choses, le textile se révèle avant tout comme un artefact qui enveloppe à tout instant les humains. La fascination qu’il exerce sur nous tient ainsi à cette proximité qu’il entretient au plus près de notre peau, à son omniprésence et à l’extrême diversité de ses concrétisations. En tant que tel, il focalise de longue date l’attention des sciences humaines et sociales et se prête à une réflexion d’ordre anthropologique sur les rapports que les humains entretiennent au monde. Et, tandis que la plupart des études voient les étoffes du Laos et d’ailleurs comme un objet de parure, une surface de projections symboliques ou encore une matière transformée par la technique, l’auteure propose de les envisager plutôt comme un objet-matière ambigu qui ne se laisse pas saisir d’un bloc. Elle explore ainsi les modalités et les tonalités par lesquelles nous nous affectons mutuellement dans une intimité partagée, des brins aux vestiaires, des métiers à tisser au port des vêtements.

En proposant de penser les humains dans leur rapport sensible au monde et le textile comme un matériau aux propriétés toujours affleurant à expérimenter et à ressentir, cet ouvrage pose les premiers jalons d’une anthropologie des matériaux.

 

Anthropologue, Annabel Vallard, est chargée de recherches postdoctorales au FNRS et membre du Laboratoire d’Anthropologie des Mondes Contemporains (LAMC) de l’Université libre de Bruxelles. Après le fil, le tissu et le vêtement, elle s’intéresse aux filaments de soie et aux gemmes dans différents pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est (Japon, Thaïlande, Laos).

Cités imaginaires

Cités imaginaires

de Éric LEROY DU CARDONNOY

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 29/11/2013 | 26,00 €

Ce recueil s’intéresse, dans une perspective pluridisciplinaire, à différentes formes de cités imaginaires : le but est de comprendre dans quelle mesure les représentations imaginaires, créations de l’esprit, déterminent la perception de la réalité au lieu d’en être un simple supplément. Les contributions sont agencées en deux parties qui se répondent – « Non-lieu de la cité » et « architectures de l’imaginaire » – afin de mettre en valeur le côté u-topique – au sens premier du terme – de ces cités ainsi que la construction qu’elles représentent. Qu’il s’agisse de la littérature, de la peinture ou de l’architecture, les cités imaginées par les hommes ont toujours revêtu une fonction compensatoire, prescriptive ou visionnaire et ont été le reflet de l’organisation intellectuelle de leurs concepteurs. Cependant, peu d’ouvrages ont, dans une thématique transversale, envisagé l’interaction entre monde imaginaire et monde réel : ce volume rassemble les contributions d’universitaires de différentes sphères culturelles européennes afin de dresser un panorama de ce paysage si particulier que sont les cités imaginaires à travers les âges et les représentations et identités collectives auxquelles elles ont pu donner naissance.

Éric Leroy du Cardonnoy, ancien élève de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, agrégé d’allemand, est Professeur de littérature et civilisation des pays de langue allemande à l’Université de Caen Basse-Normandie. Après une thèse (Peter Lang 1997) consacrée aux formes d’écriture brève chez Elias Canetti (Prix Nobel de littérature 1984), il s’est tourné vers le XIXe siècle pour réfléchir aux relations entre événements historiques et représentations collectives des pays germaniques dans une Europe oscillant entre restauration et conservatisme d’une part, progressisme et mutations culturelles d’autre part.  En 2013 sortira Adalbert Stifter : la lettre et le monde ou les limites de la littérature, Paris, Belin, Collection « Voix allemandes » (dir. Michel Espagne).

Le tourisme mémoriel en Europe centrale et orientale

Le tourisme mémoriel en Europe centrale et orientale

de Delphine BECHTEL & Luba JURGENSON

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 29/11/2013 | 28,00 €

 

Le XXe siècle a connu des violences extrêmes, de la Shoah aux purifications ethniques et aux déplacements forcés de populations entières. La carte de l’Europe et de ses populations a subi une recomposition drastique durant et après la Seconde Guerre mondiale.

Après 1989, avec l’ouverture des frontières, est apparu un tourisme nostalgique et mémoriel : le retour des expulsés sur les lieux perdus de leur enfance, mais aussi celui de survivants ou de victimes de persécutions qui reviennent sur les lieux du désastre et des violences commises par ou dans le sillage des régimes totalitaires.

Ce tourisme de la mémoire, parfois nommé aussi « tourisme noir », se dirige d’une part vers les lieux de la destruction (Auschwitz, Treblinka) ou de la répression (des prisons, des camps d’internement), mais aussi vers les villes ou les localités où l’histoire familiale s’est cassée. Les « touristes du souvenir » recherchent les traces non pas d’une enfance heureuse, mais au contraire, d’une brisure, d’un traumatisme, d’une mémoire qui hante leur présent et qu’ils cherchent à exorciser. Ils cherchent à reconstituer une partie d’une histoire familiale ou individuelle perdue, parfois sur plusieurs générations. La quête de cette mémoire meurtrie est souvent devenue un élément constitutif de l’identité en Europe centrale et orientale après 1989.

 

Delphine Bechtel est maître de conférences HDR à l’Université Paris-Sorbonne. Elle est spécialiste des cultures allemande, yiddish et centre-européennes. Elle a notamment publié La Renaissance culturelle juive en Europe centrale et orientale 1897-1930 et codirigé un volume sur Les villes multiculturelles en Europe centrale, tous deux parus chez Belin.

Luba Jurgenson est maître de conférences HDR à l’Université Paris-Sorbonne. Elle est spécialiste de la représentation des violences extrêmes du XXe siècle. Elle a notamment publié Création et Tyrannie URSS / 1917-1991 aux Éditions Sulliver et a codirigé le volume Des témoins aux héritiers. L’écriture de la Shoah et la culture européenne, aux Editions Petra.

 

 

Tchétchènes : une diaspora en guerre

Tchétchènes : une diaspora en guerre

de Laurent VINATIER

Monde en migrations (PÉTRA) | Paru le 21/11/2013 | 23,00 €

Ouvrage ayant bénéficié d'une Bourse d'écriture du Centre National du Livre

Le 8 mars 2005, lors d’une opération des forces russes de sécurité, Aslan Maskhadov, le commandant en chef de la résistance tchétchène séparatiste, président légitime élu en 1997 au cours d’un scrutin reconnu par la communauté internationale, est abattu dans le sous-sol d’une maison. Les autorités de Russie confisquent alors le corps, conservé dans un lieu tenu secret. Son fils, Anzor, réfugié à Bakou, réagit et s’engage dans un vaste mouvement de mobilisations politico-humanitaires au niveau international espérant ainsi forcer Moscou à revenir sur sa décision. Rien à ses yeux ne peut justifier que ce père, héros de la Tchétchénie indépendante, ne puisse se voir offrir des funérailles dignes sur la terre qu’il a honorée.
C’est le point de départ de l’ouvrage, écrit à la manière d’un essai narratif. La quête d’Anzor, à la fois personnelle et politique, se déploie au gré du parcours migratoire d’une poignée d’exilés. On suit plus particulièrement cinq jeunes hommes, entre 20 et 30 ans, issus de l’intelligentsia, en route entre la Russie qu’ils sont contraints de quitter et l’Occident qu’ils veulent intégrer. Au fil de courts chapitres, consacrés principalement à l’un ou à l’autre, leur trajectoire se dessine et leur vie nouvelle prend forme.

Laurent Vinatier est consultant et chercheur associé à l’Institut Thomas More (Paris). Docteur de l’Institut d’Études politiques de Paris, il a travaillé, sous la direction d’Olivier Roy, sur les processus de restructuration politico-identitaire au sein des communautés tchétchènes en exil après 1999. Spécialiste des affaires politiques internationales et plus particulièrement celles afférentes à l’ex-Union Soviétique, il est auteur de plusieurs ouvrages : L’islamisme en Asie centrale (Armand Colin, 2002), Russie l’impasse tchétchène (Armand Colin, 2007) et Russie : de Poutine à Medvedev (Unicomm, 2008). Il s’intéresse aujourd’hui aux réseaux salafistes globaux convergeant à l’heure actuelle vers la Syrie.

Ethnographier les sens

Ethnographier les sens

de Paul-Louis COLON

Anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 14/11/2013 | 26,00 €

Ce livre part du constat  d’un intérêt croissant pour les sens en anthropologie et en sociologie, sous une diversité de thématiques et de perspectives théoriques. Rendre compte de cette variété tout en posant  des repères pour faciliter les convergences, voilà l’objectif des contributions rassemblées dans cet ouvrage, qui se place sous le signe de la rencontre : entre auteurs parmi les meilleurs spécialistes des questions sensorielles, entre thématiques, entre traditions de recherches francophones et anglophones, entre préoccupations théoriques et démarches méthodologiques, entre analyse des sens et analyse par les sens. Au centre des interrogations, l’expérience sensorielle, comme condition, enjeu et limite indépassable de toute enquête de terrain.

Ont participé à ce volume :
Joël Candau - Paul-Louis Colon - Olivier Féraud - Marie-Luce Gélard - Arnaud Halloy - Tim Ingold - Anthony Pecqueux - Véronique Servais - Jean-Paul Thibaud - Bénédicte de Villers - Olivier Wathelet.

Ouvrage coordonné par :
Paul-Louis COLON, doctorant aspirant F.R.S.-FNRS au Laboratoire d’Anthropologie Sociale et Culturelle (LASC) de l’Université de Liège. Sa thèse porte sur une ethnographie du vécu des nuisances sonores et des mobilisations citoyennes en matière de bruit envi-ronnemental. Il travaille également à mise en œuvre d’un dispositif de monitoring participatif de l’environnement sonore.

Genre, migrations et emplois domestiques en France et en Italie. Construction de la non-qualification et de l'altérité ethnique

Genre, migrations et emplois domestiques en France et en Italie. Construction de la non-qualification et de l'altérité ethnique

de Francesca SCRINZI

intersectionS (PÉTRA) | Paru le 14/11/2013 | 25,00 €

Dans de nombreux pays d’Europe, l’expansion des emplois domestiques (aide aux personnes âgées, ménage) s’articule autour de la progression des migrations internationales. L’externalisation du travail gratuit, traditionnellement accompli par les femmes dans les familles, a créé un besoin d’emplois non qualifiés et flexibles, auquel répondent des travailleurs et travailleuses migrant.e.s. Ce livre examine les processus par lesquels ces emplois féminisés sont construits comme non qualifiés, au regard de l’articulation des rapports sociaux de sexe, de classe et du racisme. À travers l’analyse ethnographique des pratiques de recrutement, de placement et de formation professionnelle des employé.e.s domestiques migrant.e.s, il montre le rôle crucial du racisme dans les nouveaux arrangements de la division sexuelle du travail, dans deux sociétés aussi différentes à cet égard que la France et l’Italie. Un de ses apports originaux est d’éclaircir les mécanismes de la discrimination raciste dans l’aide à domicile en France, et leurs implications du point de vue de la professionnalisation de ces emplois.

Francesca Scrinzi est Maître de conférences en sociologie à l’Université de Glasgow, Royaume-Uni, et membre du laboratoire CRESPPA/GTM Genre Travail Mobilités, CNRS. Elle travaille depuis quinze ans sur les migrations, le racisme et le travail dans une perspective de genre. Elle s’intéresse actuellement aux rapports sociaux de sexe dans les partis « anti-immigration » en Europe, dans le cadre d’un projet financé par le Conseil Européen de la Recherche : « Gendering Activism in Populist Radical Right Parties. A Comparative Study of Women’s and Men’s Participation in the Northern League (Italy) and the National Front (France) », 2012-2014,. Parmi ses dernières publications : « Gender, Migration and the Ambiguous Enterprise of Professionalizing Domestic Service », Feminist Review et « Masculinities and the International Division of Care », Men and Masculinities.

Retour à Tabarka

Retour à Tabarka

de Bernard CLESCA

Pierres écrites (PÉTRA) | Paru le 13/11/2013 | 15,00 €

Pourquoi le narrateur, une fois "la sépulture des siences refermée", désire-t-il entreprendre un retour rédempteur sur les lieux lumineux de son enfance, Taliouine au Maroc, Tabarka en Tunisie? Projeté pour exorciser une "blessure", ce voyage devient une idée fixe. Incessant questionnement sur les peines infligées par la vie, scandé par les allées et venues entre Paris et la Franche-Comté, autre "terre d'enfance", la promesse de ce pèlerinage, dont les impressions s'entremêlent, semble permettre à l'auteur d'échapper au désespoir. Or les retrouvailles avec les "phares de l'enfance" sont souvent différées. À mesure qu'approche l'échéance du départ, l'inquiétude se fait plus vive : l'enfant de Tabarka sera-t-il au rendez-vous?

Un beau texte littéraire sur la nostalgie et l'apaisement d'un homme réconcilié avec lui-même.

Renouveau culturel et diversité nationale au Kazakhstan

Renouveau culturel et diversité nationale au Kazakhstan

de Yves-Marie DAVENEL

Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement (PÉTRA) | Paru le 25/09/2013 | 25,00 €

Après la dissolution de l’URSS en 1991, la jeune république du Kazakhstan, vaste territoire peuplé de plus d’une centaine de groupes ethniques, a favorisé la nationalité titulaire kazakhe tout en développant un discours sur la concorde interethnique et le respect de la diversité nationale. Deux décennies plus tard, le chef de l’État annonçait l’avènement prochain d’une nation civique kazakhstanaise.
S’appuyant sur une analyse des discours et une observation des pratiques des autorités et des militants engagés dans les processus de « renaissance culturelle », cet ouvrage met en lumière les contradictions sous-jacentes au processus de construction d’un État-nation pluriethnique,oscillant entre des pratiques officieuses de préférence
nationale et un discours officiel promouvant une conception civique de la nation.
À partir d’une étude de cas centrée sur les militants des centres socioculturels tatars, l’auteur analyse les mécanismes et les stratégies d’intégration déployés pour s’adapter à la nouvelle donne politique et économique. Il montre comment le « renouveau culturel » soulève la question de la participation citoyenne dans un contexte postsoviétique autoritaire.

 

Yves-Marie Davenel est anthropologue, chercheur associé au Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales à l’École des hautes études en sciences sociales. Spécialiste de l’Asie centrale et du Kazakhstan, ses recherches portent sur les relations interethniques, le renouveau culturel et les questions de citoyenneté. Il a récemment publié « Cultural mobilization in post-Soviet Kazakhstan:crossed views from the State and from non-titular nationalities» dans Central Asian Survey.

 

Lazare !

Lazare !

de Gabor SCHEIN

Voix d'ailleurs (PÉTRA) | Paru le 23/09/2013 | 15,00 €

LAZARE ! de Gabor SCHEIN

Traduit du hongrois par Clara ROYER

 

"Il n'y a plus rien, sinon le temps devenu vacuité entre nous. Et je veux quand même un corps, je veux raconter ton corps."

Lettre au père qui vient de mourir, Lazare ! est aussi la trahison d'un fils qui brave le silence de quatre générations d'une famille juive de Hongrie.

 

Gabor Schein, l'auteur, né en 1969, est poète et romancier. Il traduit en hongrois la poésie de Rainer Maria Rilke, Paul Celan et Ingeborg Bachmann. Lazare! est son deuxième roman. Couronné par le prestigieux prix Milan Füst en Hongrie, il a été traduit en allemand, anglais, et bulgare.

Clara Royer est écrivain, traductrice et enseigne l'histoire de l'Europe centrale et la littérature hongroise à l'université Paris-Sorbonne.

Le droit saisi au vif

Le droit saisi au vif

de Marie-Angèle HERMITTE

Pragmatismes (PÉTRA) | Paru le 12/06/2013 | 29,00 €

Marie-Angèle Hermitte est juriste, directeur de recherche au CNRS, directeur d’études à l’EHESS. Elle a publié en 1996 Le Sang et le droit. Essai sur la transfusion sanguine (Le Seuil) et est l’auteur de nombreux articles dont « Le fondement juridique d’une société des sciences et des techniques par les crises et les risques» (2007) et «La nature, sujet de droit?» (2011).

Directeur d’études à l’EHESS, où il a fondé le Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive, Francis Chateauraynaud développe une sociologie des alertes et des controverses. Son dernier ouvrage est intitulé
Argumenter dans un champ de forces. Essai de balistique sociologique (aux Editions Pétra, 2011).


RÉSUMÉ

L’un dit, – on les voyait surgir tout d’un coup, les clones, le prion, les transgènes !
L’autre répond, – c’était intrigant !
Marie-Angèle Hermitte revisite quarante ans de recherches menées sur les frontières du droit au fil d’une série d’entretiens avec Francis Chateauraynaud. Si le rapport biologie-droit domine la conversation, le développement économique et ses limites, les mécanismes de marché et les valeurs non marchandes, les phénomènes de concurrence, les rapports Nord-Sud et les propriétés intellectuelles plantent le décor, un « écosystème » dans lequel s’installent les biotechnologies naissantes. Marie-Angèle Hermitte évoque les mutations de la recherche et des terrains aussi différents que l’industrie française ou les villages malgaches. Elle présente sa vision du droit comme un « autre monde », déformation subtile du « vrai monde ». Comme si le droit organisait l’ordonnancement de tout ce qui surgit d’un côté du miroir et doit trouver
sa place de l’autre côté. Parmi les objets de droit, il faudra mettre à leur juste place l’ADN, les cellules, les variétés végétales, les ondes électromagnétiques, l’atmosphère…
Mais comment recevoir, ou refuser, les aspirants à la qualité de sujets de
droit, ceux qui prennent une figure humaine, comme les générations futures ou ces entités discutées que sont les embryons et les foetus, mais aussi les non-humains parmi lesquels la diversité biologique et tous les êtres végétaux ou animaux qu’elle abrite ? Imprégnée d’un monde enchanté qui lui inspire une forme d’animisme juridique, Marie-Angèle Hermitte dessine le droit comme une architecture en perpétuel renouvellement où circulent sujets et objets.

Qu'est-ce que la littérature comparée?

Qu'est-ce que la littérature comparée?

de Fernand BALDENSPERGER

Littérature comparée / Archives (PÉTRA) | Paru le 01/06/2013 | 12,00 €


Préface de Jean Adrians

L'initiateur de ce choix de textes, Jean Adrians, a enseigné la Littérature comparée pendant près de 40 ans à l'Université Libre d'Almelo, en Hollande. Professeur honoraire, il s'est retiré dans un village du Sud de la France, à l'écart de toute sollicitation universitaire. Son avant-propos a été traduit du néerlandais par sa compagne, Hedwige-Marie Magnen.


La "mondialisation" rend familières aux Européens les civilisations qui leur étaient naguère les plus exotiques. Ouverte sur la culture universelle, la Littérature comparée devrait donc avoir le vent en poupe. Mais il n'est pas facile de garder le jugement critique en éveil sous les assauts d'un cosmopolitisme de pacotille et l'obstinée mise en spectacle de la superficialité intellectuelle. Où que ce soit, les étudiants semblent peu attirés par cette discipline. Raison évidente de les inviter à mieux savoir ce qu'elle est, en leur donnant à découvrir quelques écrits de base de l'un de ses fondateurs en France, et l'un de ses maîtres: Fernand Baldensperger (1871-1958). Des années 1920 à 1934, ce dernier lui consacra son enseignement à la Sorbonne.
 

L'institution mondiale du dopage

L'institution mondiale du dopage

de Julie DEMESLAY

Pragmatismes (PÉTRA) | Paru le 18/05/2013 | 0,32 €

Ancienne doctorante de l’Université Paris-Ouest (Nanterre), Julie Demeslay est Maître de Conférences à la faculté de Sciences de l’Éducation, Sciences Sociales (SESS) et Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS) de l’Université Paris-Est (Créteil Val-de-Marne). Elle est également associée au Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive de l’EHESS.


1963, Uriage-les-Bains : réunis en congrès, des médecins et des spécialistes du sport appellent à l’unification des réglementations sportives en matière de lutte contre le dopage. Trente ans plus tard, les premiers scandales éclatent et les affaires se multiplient, mettant au jour les dysfonctionnements de réglementations internationales aussi cacophoniques que dépassées. Pour y mettre fin, une Agence Mondiale Antidopage (AMA) est créée en 1999. Sa mission : harmoniser les réglementations et encadrer au plus près l’activité de ceux qui œuvrent aux nouveaux dispositifs de contrôle et de prévention. Mais qu’est-ce qu’harmoniser veut dire ? Comment s’y prendre pour identifier des substances et des pratiques illicites, fixer des technologies biomédicales, créer des formes de collaboration et gérer les conflits éventuels ?
Faire une sociologie de l’harmonisation conduit à entrer au cœur du travail politique et technique réalisé sous l’égide de l’AMA. Une documentation couvrant près de cinquante ans d’histoire politique du dopage à l’échelle mondiale rend visible la série des alertes, des controverses et des processus de décision qui ont marqué la trajectoire normative des mondes du sport. Avec la création de l’AMA, puis l’élaboration du Code mondial antidopage, se transforment sous nos yeux les cadres institutionnels dans lesquels évoluent des acteurs dotés de valeurs et d’intérêts différents. Dans cette configuration sociale particulière, chacun d’eux tente d’articuler au mieux, sans toujours parvenir à éviter les disputes et les crises, des principes axiologiques, des dispositifs techniques et des pratiques corporelles. L’harmonisation apparaît dès lors comme la quête d’un équilibre subtil entre la réinterprétation locale des règles et les contraintes supposées uni-verselles des instances de surveillance et de contrôle.

James et Elizabeth Cook en leurs lettres d'Océanie (roman épistolaire)

James et Elizabeth Cook en leurs lettres d'Océanie (roman épistolaire)

de Michel BIDEAUX

Méandre (PÉTRA) | Paru le 10/04/2013 | 22,00 €

3, puis 3 et encore 4 : dix années au cours desquelles Elizabeth Cook veille sur leurs six enfants pendant que James circuit le globe, va chercher Vénus à Tahiti, s'assure que le continent austral est un leurre, mais voudrait croire que le passage au nord de l'Amérique n'en est pas. Ils ne savent l'un de l'autre que ce que leur apprennent des lettres jetées au hasard des partances ou des escales, exposées au coups de mer et aux contretemps des arrivées ou des départs. Quand le Discovery du capitaine King lui rapporte quelques reliques de son mari que les Hawaïens ont massacré un an plus tôt par malentendu, Elizabeth s'enfouit dans un demi-siècle de veuvage.

Le choeur des biographes vous l'assure : les lettres, toutes les lettres, ont été livrées par elle à la cheminée.

Mais à Nouméa, obstiné comme le caillou où il a pris racine, un jeune Caldoche n'en croit rien. Pour lui, cette correspondance se doit d'exister. Il n'y manque en effet que la preuve.

 

 

Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud (1957-62), et titulaire d'une agrégation de lettres modernes (1962), Michel Bideaux enseigne dans différentes universités au Canada (1966-1976), en Italie (1976-1978) puis à Montpellier (depuis 1978). C'est dans cette dernière ville qu'il soutient son doctorat d'État en 1987. Professeur émérite de l'Université Paul-Valéry (Montpellier) depuis 1999, il fréquente entre autres les mers australes. Il a établi diverses éditions critiques, notamment Voyage d'Italie. 1606 (Slatkine), Jacques Cartier. Relations (P.U. de Montréal), Bougainville. Voyage autour du monde (PUPS), ainsi qu'une anthologie, Européens en voyage (1500-1800) (PUPS).

D'Istanbul en exils

D'Istanbul en exils

de Diana CANETTI

Méandre (PÉTRA) | Paru le 01/04/2013 | 18,00 €


Diana Canetti est née à Istanbul, en 1943, d'un père juif originaire d'Espagne et d'une mère grecque. Après une scolarité à Notre-Dame-de-Sion, elle part étudier à Vienne en 1974. Elle s'installe par la suite à Düsseldorf où elle sera journaliste pour la radio. Elle voyage en Afrique, en Israël, en France où elle passera quelques années avant de rentrer en Allemagne. Ella a publié en allemand, en 1972, Eine Art von Verrückheit. Tagebuch einer Jugend et, en 1974, le Cercle d'Orient aux éditions Europaverlag à Vienne.



RÉSUMÉ

Diana Canetti est née à Istanbul, d'un père juif turc et d'une mère gréco-espagnole orthodoxe. Sa vie commence sous les meilleurs auspices, malgré la Seconde Guerre mondiale: ses parents ont fait un mariage d'amour et les affaires de son père sont florissantes. Mais l'harmonie du couple se lézarde, sa mère fait du "Cercle d'Orient" et ses tables de jeux sa seconde maion où elle côtoie la société huppée et cosmopolite stambouliote. Son frère et elle sont mis en pension. Les pogroms contre les minorités non-musulmanes, la crise économiques font éclater le couple et l'ensemble de sa famille, qui se retrouve dispersée de par le monde. Restée seule, Diana Canetti n'aura de cesse de concilier sa vie de femme, sa vocation d'écrivain et de journaliste ainsi que ses origines aux racines multiples. Elle s'ouvre à la culture française et c'est en français qu'elle écrit ce témoignage d'une enfant puis d'une adulte en proie à l'éloignement et au déracinement.

Pathé-Baby

Pathé-Baby

de Antonio de ALCANTARA MACHADO

Voix d'ailleurs (PÉTRA) | Paru le 21/03/2013 | 22,00 €

En 1925, un jeune Brésilien visite Portugal, France, Angleterre, Italie et Espagne. Il rédige sur le fait, pour la presse, des impressions de voyage qu'il rassemble en 1926 en un beau volume illustré et télégraphiquement préfacé par Oswald de Andrade, l'agitateur du "futurisme" local et prompt découvreur de talents. En touriste pressé et impertinent, dans un style coupé, rapide et synthétique, il inverse la perspective exotique habituelle pour s'amuser de l'Europe, ses aspects pittoresques ou incongrus, ses attraits touristiques un peu galvaudés et son patrimoine étouffant. Il moque surtout les réflexes culturels, l'imaginaire et le regard brésilien (comme latino-américain) d'alors sur le vieux continent. Un essai de désapprentissage reçu comme une réussite exemplaire au sein du groupe moderniste. Caméra Pathé-Baby, guide Baedeker et méthode Berlitz: voir l'Europe, vite!

 

Antonio de ALCÂNTARA MACHADO (1901-1935), actif dans le journalisme dès le début des années 1920, exerce la codirection des revues modernistes Terra roxa e autras terras (1926) et Revista de Antropofagia (1928-1939). Bras, Bexiga et Barra Funda (1927) et Laranja da China (1928), nouvelles inspirées du monde urbain et populaire de Sao Paulo, le consacrent comme un prosateur essentiel de sa génération. Mort précocément, il laisse un roman inachevé, queqlues fictions inédites et une oeuvre critique importante.

 

Antoine CHAREYRE mène des recherches sur la poésie et la littérature des avant-gardes historiques, en France, en Europe... Comme traducteur, il s'attache principalement à faire connaître le Modernisme brésilien et a déjà donné des volumes d'Oswald de Andrade, Luis Aranha et Sergio Milliet.

 

Préfacé par Oswald de ANDRADE.

 

Illustré par PAIM.

 

Ouvrage publié avec le soutien du ministère de la Culture brésilien / Fondation Bibliothèque nationale

Le cercle des homards : Hoëdic, une île entre rumeur et naufrage : ethnographie d'une catastrophe maritime

Le cercle des homards : Hoëdic, une île entre rumeur et naufrage : ethnographie d'une catastrophe maritime

de Patrick MACQUAIRE

Des îles (PÉTRA) | Paru le 01/03/2013 | 22,00 €

Patrick Macquaire est éducateur spécialisé, anthropologue formé à l’EHESS Paris, directeur d’une Structure d’Insertion par l’Économique. Il s’est principalement consacré à la mise en œuvre d’opérations de développement social urbain et à la création de structures associatives. Il est l’organisateur des Rencontres Internationales de Mosaïque à Chartres. Dernier livre paru : Le Quartier Picassiette, un essai de transformation sociale à Chartres (Paris, L’Harmattan, 2008).


Le 14 juin 1931, le « Saint-Philibert », un vapeur affrété par l’Union des Coopérateurs, quitte Nantes pour une excursion à Noirmoutier. Il sombre au retour, dans la baie de Bourgneuf, devant la bouée du Châtelier. Cinq cents passagers issus du mouvement ouvrier, des syndicalistes, des militants libres penseurs disparaissent dans les flots. La mer garde les dépouilles des victimes. Le deuil impossible provoque un véritable séisme dans le corps social tout entier. On parle alors de ce Titanic breton disparu dans les vagues menaçantes des années trente. L’annonce de toutes les catastrophes.
Le deuil entravé donne naissance à de nombreuses calomnies, à des rumeurs : les passagers ont forcé le capitaine à prendre la mer contre son gré… Les consommateurs ont trouvé des bijoux dans les homards pêchés sur la côte… Le conflit social et politique se déchaîne. Il oppose les mouvements catholiques aux mouvements anticléricaux. À Paris, les Camelots du Roi de Charles Maurras invectivent Aristide Briand, élu de Nantes, rapporteur de la loi de séparation de l’Église et de l’État. L’artisan de la paix est pris à partie. Le vent se lève à l’horizon. La vieille Europe renoue avec ses démons. La vague sombre des années trente submerge toute une partie de la côte atlantique.
Sur l’île d’Hoëdic les pêcheurs ne parviennent plus à vendre leurs homards. Ils ont dévoré les victimes du « Saint-Philibert », dit la rumeur. Commence alors un long exode. L’île perd la quasi-totalité de ses habitants en l’espace d’une saison. Quelques pêcheurs reviennent pour confier à l’auteur leur mémoire de cette époque brutale. Une époque de tensions et de ruptures qui rappelle celle que nous traversons aujourd’hui. Un récit rythmé par des rencontres inattendues à Hoëdic, à Nantes. L’histoire d’une communauté oubliée. Un drame enseveli pour cent ans sous les lois de protection de la justice. Patrick Macquaire nous livre un récit qui n’est pas sans rappeler la gestion des tensions et des conflits qu’il évoque dans « Le Quartier Picassiette ». Il tente ici, dans un simple récit, de montrer comment la rumeur transforme le réel pour lui substituer la violence.

Parlons théâtre

Parlons théâtre

de Jean POMMIER

Méandre (PÉTRA) | Paru le 15/02/2013 | 22,00 €

Comédien depuis le début des années 1940, Jean Pommier a joué avec les plus grands metteurs en scène : Copeau, Dullin, Jean-Louis Barrault, Barsacq, Jean-Marie Serrault, Georges Wilson...

Jean, Aline et Catherine habitent un même immeuble - Jean depuis 60 ans –, rue Boulard, dans le 14e arrondissement de Paris. Au cours de dîners amicaux, Jean leur raconte... sa vie de théâtre, les personnes rencontrées, les tournages, les différences entre théâtre et cinéma, mais aussi l'évolution du quartier et de leur maison, toute une histoire, toute une vie.

À quatre-vingt-dix ans passés, Jean Pommier exerce toujours son métier de comédien.

Une institution juive dans la République, l'Oeuvre de Secours aux Enfants : Pour une histoire du service social et de la protection de l'enfance

Une institution juive dans la République, l'Oeuvre de Secours aux Enfants : Pour une histoire du service social et de la protection de l'enfance

de Michèle BECQUEMIN

Éducation, art du possible (PÉTRA) | Paru le 01/01/2013 | 25,00 €

Avec la collaboration de :
Françoise Cattanéo, Sarra Chaïeb et Claire Cossée


Les travaux ont été dirigés par Michèle Becquemin, chercheure au laboratoire REV-CIRCEFT de l’Université Paris Est Créteil (UPEC) avec l’aide technique de Françoise Cattanéo, ancienne directrice du service d’action éducative en milieu ouvert de l’OSE Île-de-France. L’ouvrage
bénéficie de la contribution de Claire Cossée, chercheure au REV-CIRCEFT (UPEC) et de Sarra Chaïeb, doctorante au laboratoire Cultures et Sociétés en Europe de l’Université de Strasbourg.
La recherche a fait l’objet d’une convention UPEC-OSE et a progressé grâce aux conseils scientifiques de Joëlle Allouche (CNRS), Michel Chauvière (CNRS) et Catherine Delcroix (Université de Strasbourg)




Née en Russie en 1912, l’Œuvre de Secours aux Enfants s’implante en France dans les années 1930 dans le but de contribuer au relèvement social du peuple juif par une philanthropie hygiéniste. Après avoir sauvé des milliers d’enfants juifs durant la Shoah, l’organisation construit sa nouvelle légitimité dans l’après-guerre en révisant ses idéaux et en négociant son orientation avec les pouvoirs publics. Cet ouvrage retrace les différentes étapes et les principaux enjeux de la recomposition identitaire de l’OSE. Le focus est placé sur le développement d’un « service d’action psycho-sociale » au sein de l’OSE, après 1945, et sur la participation de l’association à l’expansion de la protection de l’enfance jusqu’à nos jours.
L’analyse sociologique de l’évolution du service social de l’OSE dévoile des processus intriqués : les chevauchements des cibles de l’action publique entre enfants à protéger et familles à aider ; le passage de l’hygiénisme philanthropique à l’action sociale professionnelle; les concurrences entre des hommes, cadres éducatifs, et des femmes, assistantes sociales en quête de reconnaissance. Elle révèle les stratégies institutionnelles autour d’une spécificité juive face aux pressions des autorités publiques avec, notamment, l’élaboration d’une approche socioculturelle en direction des familles réfugiées, rapatriées ou émigrées, dites «transplantées». Elle éclaire enfin quelques questions pendantes. Pourquoi le service social de l’OSE a-t-il été considéré précurseur, voire pilote dans l’application des textes de 1958 et de 1959 sur la protection de l’enfance, en région parisienne ? Quelles sont les raisons de l’ouverture de l’Œuvre aux enfants de familles non juives au cours des années 1990 ?
L’objectif de ce travail, qui repose principalement sur l’étude des archives de l’institution et sur les témoignages de professionnels, est d’éclairer le présent à la lumière du passé. C’est un pan original de l’histoire de la protection de l’enfance qui est ainsi reconstitué.

L'universel à vue d'oeil

L'universel à vue d'oeil

de Sophie HOUDART

Anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 01/01/2013 | 25,00 €


Sophie Houdart est anthropologue, chercheure au CNRS (Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative, UMR 7186). Elle est spécialiste du Japon et s’intéresse particulièrement aux modes de construction et pratiques locales de la modernité ainsi qu’au thème de la création et de l’innovation. Elle a enquêté, ces dernières années, dans les milieux de l’architecture et de l’art numérique. Elle a publié, entre autres, La Cour des miracles. Ethnologie d’un laboratoire japonais (CNRS Editions, 2008), et Kuma Kengo. Une monographie décalée (Ed. Donner Lieu, 2009), ainsi que de nombreux articles consacrés notamment aux pratiques scientifiques et aux pratiques architecturales.


Comment élabore-t-on, ici et là, quelque chose qui vaille pour le monde ? C’est la question qui guide l’auteur lorsqu’elle entreprend de suivre le montage d’une Exposition universelle (celle qui a lieu au Japon en 2005), et de comprendre les procédures qui permettent à une proposition, au départ se donnant à lire comme locale, d’être homologuée comme universelle. Quels sont les opérateurs universels ? Comment s’invente, se met en place, se présente, se négocie, un universel sur le temps court (une dizaine d’années) ? Avant son ouverture en mars 2005, l’Expo universelle est saisie comme un projet qui, tout en s’inscrivant dans la lignée d’autres événements constitutifs de l’histoire de la modernité japonaise, annonce une rupture – avec la modernité occidentale précisément. L’auteur narre ainsi une des vies intermédiaires qu’a connues l’Expo, à un moment où elle s’affichait comme une alternative à l’universalisme dominant. « Au-delà du développement – À la redécouverte de la sagesse de la nature » : telle que l’Expo était conçue, elle portait l’idée que le Japon est aujourd’hui en mesure de proposer au monde sa propre universalité, fondée sur ce que les Japonais revendiquent depuis longtemps comme leur étant spécifique à bien des égards : une relation harmonieuse à l’environnement naturel. La constitution de ce nouvel universel se lit ainsi dans la laborieuse maturation du projet, dans les heurts et les résistances qu’il rencontre, dans les efforts qu’en contrepoint déploie l’équipe des concepteurs d’alors pour les résorber.
 

Les évadés de Curie

Les évadés de Curie

de Ewen et Hélène Élisabeth

Méandre Jeunesse (PÉTRA) | Paru le 01/12/2012 | 12,00 €

 

Préface d'Hélène Elisabeth

Postface des Dr Daniel Orbach et Marie-Odile Serinet : "Qu'est-ce qu'un cancer, docteur?"

 

Hélène Élisabeth est la maman d'Ewen. Dans une vie antérieure, elle était juriste. Elle a habité dans divers pays (Australie, Kirghizstan, Azerbaïdjan, Zambie, États-Unis) et aime marcher, faire du vélo, écrire (Journal d'une jeune fille irlandaise, Pétra, 2008 et Mwendabaï - avec des élèves de l'école française de Lusaka - Zambie -, Pétra, août 2011).
http://helene-elisabeth.com

 

 

Ewen a un secret que nul ne connaît. Il sort la nuit se promener dans les rues de Paris.
Ewen ne vit ps chez lui mais à l'Institut Curie, car il a un cancer et ce n'est pas drôle tous les jours. Lorsque Benjamin est hospitalisé à son tour et partage sa chambre, Ewen décide de lui révéler son secret. Ensemble ils s'évadent chaque soir pour des aventures à l'insu de tous. Sauf du terrible Alcibiade qui voit d'un mauvais oeil ces deux enfants empiéter sur son territoire.

 

 

EXTRAIT :

Le secret


Je m’appelle Ewen et j’ai 8 ans et demi. J’aime bien jouer au foot mais ça fait longtemps que je n’ai pas couru après un ballon. Normalement je suis toujours de bonne humeur mais en ce moment je suis souvent triste et parfois j’ai peur.
J’ai des yeux noisette avec du vert et mes cheveux sont châtain foncé, souples, presque bouclés. Ils étaient bouclés. Là je suis tout chauve parce que j’ai un cancer.
Avant, j’étais un garçon comme les autres et un jour (un mercredi, 16 mars à 14 heures 45 minutes et 33 secondes) alors que je trottinais sur la pelouse de mon école, CRAC, l’os de ma jambe s’est cassé. Comme on ne pouvait pas me soigner à l’hôpital de Lusaka (en Zambie, là où j’habitais depuis deux ans), un avion sanitaire est venu me chercher pour m’emmener en Afrique du Sud. L’avion était chouette, l’arrivée en ambulance avec la sirène aussi. Mais quand deux mois plus tard on m’a annoncé que c’était un cancer, ce n’était plus drôle du tout.
C’est comme ça que je suis arrivé en France pour me faire soigner à l’Institut Curie. Le premier jour à l’hôpital, le Dr Legrand m’a tout expliqué, comme à un grand. Je l’aime bien parce qu’il a de l’humour et qu’il m’explique tout ce qu’il faut savoir sur la maladie et le traitement. Je n’aime pas les gens qui me parlent comme si j’étais un bébé.
Aujourd’hui c’est vendredi, c’est le premier jour de ma 26e cure de chimio à Curie. Dans l’ascenseur, j’appuie sur le 5 « Pédiatrie » et je ne pense qu’à une seule chose : tourner les talons (dans mon cas ce serait plutôt tourner les roues car je suis en fauteuil roulant). Mais ce matin, c’est différent car la semaine dernière je me suis fait un ami.
Il est nouveau dans le service (il a encore ses cheveux). Il y a des nouveaux tous les jours dans le service. Des grands, des petits, des filles, des garçons et même des bébés. Benjamin est spécial, il a mon âge, il aime le foot, la géographie, les échecs et le cricket, comme moi. Alors je sens qu’on va s’amuser tous les deux, surtout que nous sommes dans la même chambre.
La semaine dernière je ne lui ai rien dit, mais aujourd’hui je vais lui révéler mon secret. Un grand secret que je n’ai dit à personne. Je n’ai pas marché depuis que je me suis cassé la jambe, il y a huit mois. Ce n’est pas vraiment moi qui me suis cassé la jambe, c’est mon cancer. Je me déplace en fauteuil roulant mais maintenant je fais de la rééducation et j’apprends à marcher à nouveau. J’ai une jambe toute neuve à l’intérieur. Une prothèse de hanche, un fémur en titane et un genou artificiel. Officiellement je ne me déplace qu’en fauteuil roulant. Mon secret, le voici : je m’entraîne à marcher tout seul, le soir dans ma chambre quand tout le monde dort. Personne ne le sait, je ne le dis surtout pas à Faustine et Valérie (mes kinés), ça me permet d’avoir un plus gros secret encore : la nuit, je m’évade de l’hôpital. Mais tout seul ce n’est pas drôle, c’est pour ça que je suis content d’avoir rencontré Benjamin. J’espère que ce n’est pas une poule mouillée.

Cadavres impensables, cadavres impensés : Approches méthodologiques du traitement des corps dans les violences de masse et les génocides

Cadavres impensables, cadavres impensés : Approches méthodologiques du traitement des corps dans les violences de masse et les génocides

de Elisabeth ANSTETT & Jean-Marc DREYFUS

Les cadavres dans les violences de masse et les génocides (PÉTRA) | Paru le 01/11/2012 | 22,00 €

Malgré un important corpus documentaire produit dans le champ des Genocide Studies – et de façon assez paradoxale si l’on songe à la façon dont se sont déployées les études sur le corps – la question du sort fait aux cadavres dans les violences de masse demeure encore un sujet largement inexploré. Le corps représente, certes, une thématique transversale des sciences sociales, mais s’il est considéré dans tous ses états tant qu’il est vivant, il disparaît largement de l’attention des chercheurs une fois mort. Seuls les archéologues et les anthropologues spécialistes du champ funéraire se sont pen-chés sur l’investissement social, religieux ou politique dont le corps mort fait l’objet en contexte de production massive de cadavres. Ce volume rassemble des contributions d’historiens, de juristes et d’anthropologues qui se sont demandé pourquoi les restes humains et les cadavres présents en grand nombre constituent encore l’impensé, voire le tabou, des recherches menées sur les génocides et les violences extrêmes, et comment leurs disciplines respectives abordent ces objets singuliers.

Les ombres solitaires : Essai sur la pièce de théâtre Dans la solitude des champs de coton, de Bernard-Marie Koltès

Les ombres solitaires : Essai sur la pièce de théâtre Dans la solitude des champs de coton, de Bernard-Marie Koltès

de Paul BERNARD-NOURAUD

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 01/10/2012 | 28,00 €


Après avoir étudié le théâtre à l'Université Libre de Bruxelles et à l'Université de Séville, Paul Bernard-Nouraud est actuellement doctorant en Théorie de l'Art et du Langage à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris.


Dans la solitude des champs de coton, la pièce majeure de Bernard-Marie Koltès, met en scène la venue de deux hommes, le Dealer et le Client. Dans l’espace de leur rencontre, entre hostilité et rapprochement, se joue le commerce du temps, un commerce qui, peu à peu, rappelle au spectateur que les hommes entre eux sont liés par une obligation réciproque, qu’ils sont tenus par la dette. Dans la solitude des champs de coton donne à voir cet événement de l’endettement mutuel qui porte en lui aussi bien les promesses de l’entente que celles de la tragédie. En inscrivant l’œuvre dramatique de Koltès dans la perspective d’une généalogie de la dette au théâtre, notamment au travers des pensées de Paul Ricœur et d’Emmanuel Levinas, cet essai tente de préciser les voies singulières que Dans la solitude des champs de coton emprunte pour faire retentir cet immémoré mémorable de la dette. Car en effet, chaque fois que le texte est porté sur une scène à la parole, celle-ci ravive la mémoire assoupie de la dette ; comme s’il revenait aux ombres du théâtre d’exposer cette ombre de la dette qui lie et délie les hommes de leur solitude.

Le genre au coeur des migrations

Le genre au coeur des migrations

de Claire COSSÉE

intersectionS (PÉTRA) | Paru le 01/09/2012 | 29,00 €

Sous la direction de :
Claire Cossée, Adelina Miranda, Nouria Ouali,Djaouida Séhili

Préface de :
Mirjana Morokvasic

Contributions de :
Ilke Adam, Christine Catarino, Gily Coene, Stéphanie Condon, Claire Cossée, Jules Falquet, Eleonore Kofman, Emmanuelle Lada, Sara Maria Lara Flores, Adelina Miranda, Nasima Moujoud, Alexandra Oprea, Laura Oso, Nouria Ouali, Laurence Roulleau-Berger, Djaouida Séhili




Depuis plusieurs décennies, des recherches de plus en plus nombreuses se sont attachées non seulement à déconstruire les analyses androcentrées des migrations, mais aussi à engager un travail de reconceptualisation sur ces thématiques. Il s'agit aujourd'hui de prendre acte de ce mouvement, constaté dans différents pays et disciplines, et de soulgner ses apports à l'analyse des recompositions des dynamiques migratoires contemporaines. En quoi le renversement de perspectives, tant théoriques que méthodologiques, qu'induit une approche des migrations dans une perspective de genre permet-il de mieux appréhender les différentes formes des phénomènes migratoires ainsi que les dynamiques de transformations des sociétés contemporaines?
La plupart de ces articles sont issus du colloque "Le genre au coeur des migrations", l'un des moments clés dans la constitution du corpus "genre et migration", que ce volume entend restituer. Nous espérons que cet ouvrage contribuera effectivement à placer le genre au coeur des migrations dans la recherche encore trop souvent menée au masculin neutre.

 

Epistémologie des frontières

Epistémologie des frontières

de COLLECTIF

Transphilosophiques (PÉTRA) | Paru le 01/07/2012 | 29,00 €


Sous la direction d'Anne-Françoise SCHMID

Contributions de :
Jean-Yves BÉZIAU - Léo COUTELLEC - Jean-Claude DUMONCEL - Michel FILIPPI - François LARUELLE - Julie LECLÈRE - Mai LEQUAN - Anne-Françoise SCHMID - Franck VARENNE




Cet ouvrage propose une discussion du concept de frontières tel qu'il organise les relations entre philosophies et sciences, et celles, intrascientifiques, qui règlent l'interdisciplinarité. À l'époque où cette dernière devient la règle grâce aux méthodes de modélisation, il importe de comprendre les multiples rôles de frontières, leur effacement, leur réapparition comme fiction. Les différents usages des frontières ne s'excluent pas. Au contraire, ils se complètent pour modifier la représentation des sciences.
On examinera ces fonctions de la frontière, d'une part comme séparation et union de grands domaines (philosophie et science, philosophie et philosophie de la Nature, philosophie et mathématiques), d'autre part comme mise en oeuvre des problèmes de modélisation, de conception en ingénierie, d'éthique technologique. Dans ce second volet, la question des questions ontologiques entre langage formel et langage orienté-objet ouvrira directement sur les rapports des frontières au réel, permettant de les évaluer chaque fois entre réalisme et fiction.

Des témoins aux héritiers, l'écriture de la Shoah et la culture européenne

Des témoins aux héritiers, l'écriture de la Shoah et la culture européenne

de Luba JURGENSON & Alexandre PRSTOJEVIC

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 01/05/2012 | 29,00 €

Ce recueil regroupant les contributions de seize chercheurs est une tentative de penser l'écriture de la shoah dans son historicité, à la fois comme événement objectivement survenu dans le passé, expérience personnelle de celui qui y a pris part, récit que la science en fait et mémoire qui modèle la culture dans laquelle cette transmission s'inscrit. L'axe principal d'interrogation est celui du rapport entre l'événement survenu, sa mise en récit (historiographique, testimoniale, littéraire) et la culture. À partir des oeuvres portant sur l'extermination des Juifs d'Europe perpétrée pendant la Seconde Guerre mondiale, des spécialistes venant d'horizons divers – historiographie, littérature, mais aussi sociologie, esthétique, philosophie, histoire de l'art – tentent de saisir dans un dialogue interdisciplinaire la logique des rapports complexes entre plusieurs formes de connaissance et de transmission de la Shoah. Il s'agit ici de rendre compte non plus des conditions qui ont rendu possible un tel événement, mais de la manière dont il est vécu, puis narrativisé, ainsi que du cadre même de son émergence. Comment une expérience historique (celle du témoin, du survivant) aboutit-elle à une connaissance partagée par tous? Quelle en est la "gestion" symbolique pratiquée par nos institutions? Enfin, comment une expérience historique devient-elle, pour le lecteur aussi une expérience artistique? Quand et comment s'opère le passage du dire testimonial à un récit clairement formé à partir d'un projet poétique? Quelles conséquences ce passage a pour la connaissance de la Shoah? Enfin, peut-on parler d'une poétique des récits de la Shoah?

Pessoa, le passant intégral

Pessoa, le passant intégral

de Elisabeth GODFRID

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 01/05/2012 | 12,00 €

PRÉFACE DE ROBERT BRÉCHON

 

Elisabeth Godfrid, philosophe au CNRS, écrit sur l'inventivité dans l'art et le politique. Elle a publié un essai, Humour du lâcher-prise, aux Éditions d'écarts, et un recueil de nouvelles, La limite c'est le ciel, aux éditions D'un noir si bleu.


"Qui est moi? Qu'est-ce donc que cet intervalle entre moi-même et moi?" (Pessoa)
L'idée d'intervalle, qui traverse l'oeuvre de Pessoa, conjugue trois dimensions affectives, le vide comme douleur de ce qui a été perdu, générant nostalgie, l'"entre" comme foyer de rêve, plaisir d'un retour au passé, l'"entre-deux" comme prison dont il ne peut s'échapper. D'où, dans les poèmes et "Le Livre de l'intranquillité", deux lignes de tension dont la contrariété va s'inscrire au coeur-même d'une spiritualité tendue à la fois par le christianisme et le judaïsme de la Kabbale: aspiration à la fusion dans une dissonance irréductible.
Le Quint-Empire reste rêve, et la solitude tristesse et chance d'une écriture infinie.

 

Le prix du marché

Le prix du marché

de Marie PLESSZ

Europes : Terrains et sociétés (PÉTRA) | Paru le 18/03/2012 | 20,00 €

 
 
Préface de François BAFOIL

Marie Plessz est sociologue. Elle est chercheur à l'INRA (unité Alimentation et sciences sociales) et chercheur associée à l'Observatoire sociologique du changement où elle avait préparé sa thèse sous la direction d'Alain Chenu. Elle poursuit à présent ses analyses du changement social et des inégalités à propos de la consommation alimentaire.

 

Le coût social de la sortie du communisme a été élevé en Europe centrale, mais qui précisément a payé le prix du passage à l'économie de marché? Dans quelle mesure cet événement historique majeur a-t-il effectivement bouleversé les trajectoires individuelles, et redistribué les chances sociales? Sur un marché du travail en profonde mutation mais également en crise, valait-il mieux être jeune ou vieux en 1989? Alors que toutes les sociétés occidentales affrontent crise économique et changement social accéléré, Marie Plessz s'appuie sur le cas postcommuniste pour proposer une analyse sociologique des inégalités d'emploi et de leurs transformations sur le long terme.
Le Prix du marché relève en effet un double défi. D'une part, l'auteur y compare trois pays, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque. D'autre part, elle resitue la transformation postcommuniste dans l'histoire sociale et économique de chaque société depuis la Seconde Guerre mondiale. Grâce à cette double comparaison dans le temps et dans l'espace, elle met en évidence des ruptures de tendances antérieures à 1989 et spécifiques à chaque société. La réussite professionnelle des hommes et des femmes nés vers 1960 se révèle ainsi durablement affectée, en bien ou en mal selon le pays, jusque dans les années 2000.
L'ouvrage est donc tout à la fois une ambitieuse synthèse, riche de nombreuses informations statistiques pour les trois pays et sur une longue période, et une enquête sociologique rigoureuse pour expliquer les formes spécifiques des inégalités d'emploi en Europe centrale.

La sanction éducative : Une recherche-action

La sanction éducative : Une recherche-action

de Luca PALTRINIERI

Pédagogie et sciences humaines (PÉTRA) | Paru le 01/03/2012 | 19,00 €

Luca Paltrinieri est docteur en philosophie de l'École normale supérieure de Lyon et de l'Université de Pise. Il est actuellement Chargé de recherche au Centre sur l'innovation et la recherche pédagogique de Paris. Il enseigne par ailleurs la philosophie contemporaine à l'École normale supérieure de Paris, la Psychosociologie et l'Histoire de l'éducation à l'Université de Paris 8. Il est membre du CIEPFC (ENS Ulm) et du Centre Michel Foucault, auteur de nombreux articles et d'un ouvrage sur la pensée de Michel Foucault (L'Expérience du concept, Publications de la Sorbonne, 2012).


Que signifie sanctionner dans l'institution scolaire? Pourquoi la sanction y est-elle devenue synonyme de "punition", plutôt que d'"évaluation"? Quel individu s'agit-il de former en sanctionnant des conduites déviantes à l'école?
Ces questions ne sont pas abordées ici du point de vue classique d'une sociologie de l'éducation, mais à partir de l'étude d'un cas particulier: une recherche-action conduite par l'auteur et un groupe de chercheurs dans deux classes de seconde d'une école de la banlieue parisienne. La description de cette expérience et de ses enjeux institutionnels devient alors occasion d'une réflexion philosophique et pédagogique sur le rapport à l'autorité, l'autonomie et l'émancipation dans l'institution scolaire.
Se situant dans la continuité des pédagogies institutionnelle et coopérative, ce livre s'adresse à ceux et celles qui ne se résignent pas à croire que l'école n'est qu'une fabrique de l'employabilité. L'éducation ne peut être émancipatrice qu'à condition d'apprendre aux jeunes à construire eux-mêmes les institutions qu'ils habitent.

La tradition de l'intégration : Une ethnologie des Roms Gabori dans les années 2000

La tradition de l'intégration : Une ethnologie des Roms Gabori dans les années 2000

de Martin OLIVERA

Romané Chavé (PÉTRA) | Paru le 01/02/2012 | 32,00 €

Cahier central: cartes, photographies et illustrations originales de Sébastien de CAZENOVE.


Martin OLIVERA est ethnologue, docteur de l'Université Paris Ouest. Spécialiste de la Roumanie, il est membre de l'Observatoire européen Urba-rom et formateur en Seine-Saint-Denis. Il a notamment publié Roms de Roumanie: la diversité méconnue (Etudes Tsiganes, n° 38, 2009) et Roms en (bidon)villes (Éditions Rue d'Ulm, 2011).




Entre exotisme et misérabilisme, les discours sur les Roms de Roumanie alternent inlassablement depuis une vingtaine d'années. Par une plongée dans l'intimité des Gabori de Transylvanie, ce livre invite à un nouveau regard. Martin Olivera y donne à voir l'inventivité socioculturelle rom dans son épaisseur et son dynamisme quotidien. Au fil des portraits, des anecdotes et des descriptions, on saisit comment l'affirmation identitaire gabor est fondamentalement liée à l'intégration de ces Roms, à l'histoire régionale et à l'environnement humain, de même que cette idée originale motive au quotidien leur intégration locale.
Au-delà des Roms, cet ouvrage permet finalement de saisir la manière dont "les hommes vivent en société et produisent de la société pour vivre", selon la formule de Maurice Godelier. Et cela même dans un pays ayant connu nombre de difficultés au cours de l'interminable "transition post-communiste".

La Construction idéologique slave orientale : Langues, races et nations dans la Russie du XIXème siècle

La Construction idéologique slave orientale : Langues, races et nations dans la Russie du XIXème siècle

de Virginie SYMANIEC

Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement (PÉTRA) | Paru le 01/01/2012 | 36,00 €

Virginie Symaniec est docteure de l'Institut d'Études théâtrales de Paris III et habilitée à diriger des recherches en sciences Sociales de Paris. Elle est l'auteure de nombreuses contributions sur les relations entre culture et politique en Russie, en Biélorussie et dans les républiques du Caucase.

CET OUVRAGE A BÉNÉFICIÉ D'UNE AIDE À L'ÉCRITURE ATTRIBUÉE PAR LE CENTRE NATIONAL DU LIVRE


RÉSUMÉ
Comment a-t-on patiemment élaboré les principales entités modernes qui fondent aujourd'hui les trois piliers de la slavicité orientale (Russie, Biélorussie, Ukraine)? Comment a-t-on fini par légitimer l'existence de frontières entre elles dans ce qui, pour le XVIIIe siècle, appartenait aussi au vaste domaine de la langue ruthène? Dans ce livre qui décrit pas à pas et de façon minutieuse la manière dont, tout au long du XIXe siècle, la notion de langue a été instrumentalisée au miroir des thèses de l'école de raciologie européenne pour créer, puis pour élargir, la notion de "race russe", Virginie Symaniec montre ce qui a motivé l'invention de la Biélorussie. Regardera-t-on l'image de ce pays de la même manière après avoir lu ce livre, qui nous révèle que, loin d'être une terra incognita ou un pays méconnu, sa création à cet endroit de l'espace mer Baltique-mer Noire a été, au contraire, l'enjeu de réelles stratégies de conquête, elles-mêmes sources d'âpres débats entre savants des grandes puissances? C'est ainsi une véritable plongée dans l'histoire européenne des idées que nous propose La Construction idéologique slave orientale, où l'on percevra l'importance du bagage de luttes, de conflits, de ressentiments, voire de haines que quelques mots peuvent charrier lorsqu'ils sont invoqués dans le déni quasi total de leur histoire.

Fernando Pessoa et le Quint-Empire de l'amour : Quête du désir et alter-sexualité

Fernando Pessoa et le Quint-Empire de l'amour : Quête du désir et alter-sexualité

de Anibal FRIAS

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 01/01/2012 | 30,00 €


Préface de Robert BRÉCHON


Chercheur en anthropologie et en littérature, Anibal Frias est docteur en ethnologie et diplômé de philosophie, de sociologie et d’arabe. Il est affilié à plusieurs centres de recherche européens: LAS (Collège de France), IEMO (Université nouvelle de Lisbonne), CEIS20 (Université de Coimbra), et IHU (Université de Salamanque).

 

En poète du soupçon, Fernando Pessoa se joue des identités, des corps, des sexualités afin d’«être tout de toutes les manières». Son Odyssée littéraire est trop souvent ramenée à un théâtre cérébral, à une oeuvre sans corps, à un désir refoulé. En vers ou en prose, avec le "Livre de l’intranquillité", son aventure nous transporte au coeur du Désir, dans ses flux et reflux, depuis les fêlures de son moi et la multiplicité de son être. Les sensations voyageuses du poète

libèrent les potentialités d’une création pleine, jusqu’à une réinvention de soi.
Pessoa a esquissé un «cycle du sentiment amoureux» qu’il ordonne poétiquement en cinq «empires», de
la Grèce d’Antinoüs à la Modernité pan-érotique, et où se déploie la figure variable et évolutive d’Éros. La dernière étape, nommée « Quint-Empire », est le règne d’Antéros. Ce personnage divinisé incarne, dans un futur rêvé, un Outre-Amour néopaïen –
un Amour à la fois autre et projeté au-delà de la sexualité et des divisions en genres. Cet ouvrage inaugure une lecture approfondie de ce Cycle, en
souligne la richesse poétique et la portée intellectuelle au regard d’autres écrits majeurs, et établit
qu’Antéros est le nom personnifié d’un singulier et universel Quint-Empire de l’Amour à bâtir.
Anibal Frias innove en faisant dialoguer Pessoa avec Proust, Merleau-Ponty, Rimbaud, Foucault, Freud ou Nietzsche. Son étude originale apporte une contribution décisive, et critique, au tout nouveau paradigme des études pessoennes, fondé sur la corporéité, le gender, la sexualité. Elle se veut aussi
une traversée claire et vivante de l’oeuvre connue, et surtout méconnue, d’un écrivain qui s’est voulu « toute une littérature ».
 

La définition des identités

La définition des identités

de Carole FERRET

Cahiers d'Asie centrale (PÉTRA) | Paru le 21/12/2011 | 30,00 €


Sous la direction de Carole Ferret et Arnaud Ruffier

Carole Ferret et Arnaud Ruffier ont été pensionnaires scientifiques de l’Institut français d’études sur l’Asie centrale. C. Ferret est docteur en ethnologie et anthropologie sociale, chargée de recherche au CNRS. A. Ruffier est docteur en anthropologie sociale et culturelle, ancien élève de l’EHESS.


Que signifie être Sarte, Kirghize, Tatar, membre de telle mahalla, de telle corporation, de tel lignage, originaire de telle vallée ou de tel aoul en Asie centrale contemporaine ? Ce numéro 19-20 des Cahiers d’Asie centrale consacré à la définition des identités tente de jeter un éclairage nouveau sur la question. Il analyse différents aspects de la construction identitaire dans plusieurs pays de la zone concernée : Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Turkménistan, mais aussi Iran, Afghanistan, Azerbaïdjan, principalement au cours des XXe et XXIe siècles.
Si le terme identité a été largement galvaudé ces dernières années, la question identitaire revêt une acuité toute particulière sur le terrain centrasiatique. Sur quels éléments se sont construits et se construisent encore les identités collectives en Asie centrale ? Comment ces éléments se combinent-ils entre eux ? Quel rôle y joue l’État ? Quelle place est réservée aux minorités ? L’identité est-elle essentiellement liée à l’appartenance à un territoire ? Comment certains artefacts culturels sont-ils exploités pour aiguiser la conscience identitaire ?
À la recherche d’un équilibre entre les tenants de l’école soviétique, naguère adeptes d’une conception essentialiste de l’ethnos, et les chercheurs occidentaux, actuellement enclins à une position constructiviste, vingt chercheurs – occidentaux et centrasiatiques – tentent de répondre à ces questions, en démêlant les multiples composantes de l’identité et leur imbrication.
L’ensemble du volume permet de comprendre que, sans être des créations ex-nihilo totalement artificielles, les identités collectives centrasiatiques, toujours multidimensionnelles, ont été manipulées et se sont construites par des processus de simplification et de modélisation, consistant à gommer certaines différences pour en accentuer d’autres et à remplacer des structures complexes et enchevêtrées par des structures plus simples et plus lisibles, juxtaposées ou emboîtées.



 

L'usage de l'ile

L'usage de l'ile

de Nathalie BERNARDIE-TAHIR

Des îles (PÉTRA) | Paru le 01/10/2011 | 35,00 €

Nathalie Bernardie-Tahir est agrégée et professeur de géographie à l'Université de Limoges. Elle étudie les différentes formes de la mondialisation et de la production identitaire dans les petits espaces insulaires. Elle mène des recherches en Méditerranée (Malte) et dans l'océan indien (Zanzibar). Elle est l'auteure d'une trentaine d'articles scientifiques sur le fait insulaire et a écrit, co-dirigé et dirigé trois ouvrages: Malte, parfum d'Europe, souffle d'Afrique (CRET, 1999), Les Dynamiques contemporaines des petits espaces insulaires (Karthala, 2005), L'autre Zanzibar, Géographie d'une contre-insularité (Karthala, 2008).


C'est aujourd'hui devenu un poncif: l'île enchante et fait rêver les foules occidentales, mais elle est également utile pour le géographe en représentant bien plus qu'un lieu commode pour l'analyse. Si par certains côtés la notion d'utilité peut paraître iconoclaste en sciences humaines, elle semble pourtant bien féconde pour comprendre l'étonnante attractivité et permanence de l'île dans la recherche géographique. Car l'île n'est pas toujours restée un simple support territorial de l'observation géographique; elle est intervenue de manière souvent très remarquable dans le questionnement épistémologique, se plaçant parfois même au coeur des débats idéologiques et intellectuels qui ont surgi autour de la question de la finalité de la géographie. Par ailleurs, nombre d'îles sont des condensés de mondialisation et offrent dès lors une grille de lecture particulièrement utile et instructive pour analyser et comprendre le procès mondialisant dans toutes ses expressions. Enfin, l'autre usage essentiel de l'île réside dans sa capacité à éclairer l'expérience et la production de l'altérité en fournissant la possibilité de réfléchir réellement et métaphoriquement à l'Ailleurs et à l'Autre.
Alors oui, les îles font rêver, incontestablement, et tant mieux d'ailleurs, mais elles ne se limitent pas à cela, elles forment des lieux et des objets particulièrement éclairants et opérants pour les deux principaux enjeux contemporains: l'avancée de la mondialisation d'une part, et la progression du désir de différenciation d'autre part, tous deux porteurs de certains espoirs, mais tous deux capables des pires dérives.
 

De la relation pédagogique et du rapport aux savoirs : Un journal de thèse

De la relation pédagogique et du rapport aux savoirs : Un journal de thèse

de Augustin MUTUALE

Journaux (PÉTRA) | Paru le 01/10/2011 | 25,00 €

PREFACE DE REMI HESS

 

Augustin Mutuale est docteur en sciences de l'éducation et en philosophie. Il enseigne à l'Université de Saint-Denis et à l'Institut Supérieur de Pédagogie de Paris


Écrire un mémoire ou une thèse est une aventure. C'est un voyage au long cours dans les lectures, les idées, le terrain, l'effort pour organiser une pensée.
Tenir le journal de cette aventure est nécessaire pour garder les traces d'un cheminement que la mémoire refoulerait sans cette discipline volontaire de l'auto-observation au jour le jour.
Le journal de thèse d'Augustin Mutuale suit la construction de sa pensée. Il pourra inspirer toute personne qui vit l'expérience d'écrire un mémoire, une thèse, un livre.
Il a également pour objectif de constituer un outil de travail pour tout étudiant qui débute dans la tenue d'un journal.

 

Portraits : Esquisses anthropographiques

Portraits : Esquisses anthropographiques

de Josiane MASSARD-VINCENT

Anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 01/09/2011 | 22,00 €

SOUS LA DIRECTION DE 

Josiane Massard-Vincent est chargée de recherche au CNRS (Laboratoire d'anthropologie urbaine - Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain).

Sylvaine Camelin est maître de conférences à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense.

Christine Jungen est chargée de recherche au CNRS (Laboratoire d'anthropologie urbaine - Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain).

 

Qu'est-ce que l'ethnologie au format "portrait"?
Comment l'ethnologue se fait-il portraitiste?
Comment écrire un portrait?

C'est à cet exercice que se livrent les chercheurs réunis dans cet ouvrage. Leurs neuf portraits sont autant d'explorations de l'écriture de l'expérience humaine. Ils expérimentent, ce faisant, une modalité d'anthropographie, forme possible de connaissance anthropologique. Empruntant à l'image picturale ou photographique certains de ses paramètres (cadrage, focale, point de vue, champ et hors-champ...), chaque portrait est une composition qui entend restituer (plutôt qu'analyser), évoquer (plutôt qu'élucider) des modalités de présence au monde. Émerge alors un sujet avec sa parole, son corps, ses émotions et sa relation à l'auteur.
Ces portraits sont une invitation au voyage, faite de bribes d'humanités, de vies situées: chacun nous parle d'une manière d'exister, ni représentative ni exemplaire, mais ancrée dans un temps, un lieu donnés. Chacun nous parle, aussi, de singularités, de personnes, qui une fois le livre refermé continuent de vivre

 

Le jour où les robots mangeront des pommes : Conversations avec un Geminoïd

Le jour où les robots mangeront des pommes : Conversations avec un Geminoïd

de Emmanuel GRIMAUD

Anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 01/09/2011 | 20,00 €


Emmanuel Grimaud est anthropologue (CNRS-LESC), il a reçu la médaille de bronze du CNRS en 2011.

Zaven Paré est artiste et fut lauréat de la bourse de la Japan Society for Promotion of Science en 2010.

 

En 2006, le roboticien japonais Hiroshi Ishiguro fit sensation avec l’un des robots les plus réalistes jamais conçus. Baptisé le Geminoïd car il était fait à l’image de son concepteur, ce robot devient en quelques années une star parmi les humanoïdes, attirant des chercheurs de tous horizons travaillant sur l’apparence humaine. Faut-il que les robots nous ressemblent? De quoi voulons-nous nous entourer? Que gagne-ton à cultiver la confusion entre l’homme et la machine ou comment faire pour la dépasser? Autant de questions que nous pose de manière accrue cet essai écrit par un artiste et un anthropologue. Pour comprendre l’originalité du Geminoïd, il fallait l’inscrire dans un double héritage, celui des sciences mais aussi celui des arts. Les auteurs déploient ici un dispositif original, inspiré autant par l’enquête ethnographique que par le théâtre, multipliant expériences et conversations avec le Geminoïd, afin de dénouer les fils complexes qui le font exister. Le livre éclaire plus largement la manière dont nous pouvons nous attacher, quasiment malgré nous, à des créatures artificielles à apparence humaine. Débutant comme une tentative, banale dans un laboratoire de robotique, pour établir une communication avec un robot, l’expérience monte peu à peu en puissance. Le laboratoire devient un étrange théâtre qui finit par bousculer les certitudes des expérimentateurs eux-mêmes sur ce qu’être robot veut dire.

Mwendabaï

Mwendabaï

de ECOLE FRANçAISE DE LUSAKA

Méandre Jeunesse (PÉTRA) | Paru le 02/05/2011 | 12,00 €

Des îles sur le lac Kariba, un tambour qui parle, trois gouttes d'eau, une Parisienne sur une île déserte, une orpheline, des poissons qui disparaissent, un bateau, une sorcière et surtout MWENDABAI, la chauve-souris qui parle...

Les auteurs habitent à Lusaka, en Zambie, et suivent leur scolarité à l'École française par l'intermédiaire du CNED.

 


EXTRAITS DE LA PREFACE

Ce livre est le résultat d'un projet mené durant un an approximativement par sept collégiens demeurant à Lusaka, en Zambie. L'École française de Lusaka est l'une des plus petites écoles françaises à l'étranger, puisqu'elle compte soixante-dix élèves en primaire et seulement neuf entre la sixième et la terminale. [...]
L'idée du livre est partie d'une fresque que les élèves de l'école primaire ont réalisée sur l'un des murs de l'enceinte de l'établissement. Chacun des conteurs a sélectionné un détail de cette fresque pour inventer son histoire, histoire qui devait répondre à divers critères qui confèrent son unité à cet ouvrage.
Les histoires se déroulent toutes sur le lac Kariba, le plus grand lac artificiel au monde; un peu notre mer à nous. Il est suffisamment grand pour que le regard s'y perde et insuffle la sensation d'immensité de la grande bleue. Quant aux personnages principaux, ils habitent sur une île ou ses abords. [...]
La chauve-souris de Kasanka constitue le fil rouge des septs nouvelles. Personnage secondaire, son rôle est toutefois important dans chacun des récits. Mwendabaï n'a pas été choisie au hasard. Nos jeunes auteurs ont eu la chance de partir en voyage de classe inoubliable au nord de la Zambie, à Kasanka. Situé au sud-ouest de la plaine de Bangweulu, le parc national de Kasanka accueille chaque année la plus grande migration au monde de chauve-souris: 8 à 10 millions de ces chiroptères frugivores s'y rassemblent de mi-octobre à mi-décembre.
Ce livre est une ouverture sur la Zambie, pays méconnu mais passionnant. Nos sept conteurs ont souhaité faire connaître aux jeunes lecteurs francophones, le pays dans lequel ils vivent, à travers ses us et coutumes, ses contes et ses chants.
[...]

Hélène Élisabeth
Tutrice de français à l'École française Champollion de Lusaka
Auteur aux éditions Pétra de "Journal d'une jeune fille irlandaise" (2008).





DEBUT DU PREMIER CONTE

"Mulenga l'enfant tambour"
Par Papa Sengho (originaire du Sénégal)


Cette histoire se passe dans un petit village sur une île du lac Kariba en Zambie. La Zambie, c'est ce grand pays coincé entre le Congo, l'Angola, le Botswana, le Zimbabwe, le Mozambique et la Tanzanie. Dans ce village vivait un guerrier nommé Mulenga. Il était célèbre et aimé des villageois. Le chef du village, Chipo, l'avait adopté quand il était tout petit. Son nom n'a pas toujours été Mulenga. Il était né sous le nom de Jean-Baptiste, mais ça Chipo ne le savait pas. L'enfant était né en France et voyageait avec ses parents quand l'avion qui les transportait s'écrasa dans la région. Jean-Baptiste Mulenga fut le seul survivant. Hélas pour lui, Ikishi (1), qui se promenait avec son tambour, fut attiré par les cris de l'enfant. Le sorcier le récupéra et le mit dans son tambour. Il passait de village en village et chaque fois qu'il tapait sur le tambour, celui-ci se mettait à parler. Tout le monde était étonné d'entendre un tambour magique qui imitait si bien la voix d'un enfant. Un jour, Chipo qui était parti chasser avec ses deux gardes entendit appeler à l'aide. Il se laissa guider jusqu'à la maison d'Ikishi. Là, il demanda au sorcier de soulever son tambour mais Ikishi prit peur et voulu s'échapper. Heureusement, les deux gardes l'arrêtèrent et Chipo délivra l'enfant. Rentré au village, il le présenta aux villageois en leur demandant de le considérer comme son fils. Chipo avait déjà un garçon nommé Tembo. Or en grandissant, Tembo devint mauvais, fainéant et colérique. Il n'aimait pas Mulenga car son père le considérait comme son fils préféré.

Lorsque Chipo fut vieux et qu'il sentit ses forces diminuer, il appela son fils Tembo.
"Bonjour mon fils.
– Bonjour père.
– J'aimerais discuter avec toi car nous devons éclaircir certaines choses.
– Je vous écoute père.
– Je sens que je vais mourir et je voudrais que Mulenga devienne le chef de notre village.
– Mais pourquoi lui, père? Je le déteste. Cet honneur me revient!
– Tembo, tu ne peux pas devenir le chef de notre village, et au fond de toi tu le sais très bien. Pour survivre, notre tribu a besoin d'un chef courageux et travailleur. Tu n'as pas ces qualités."

Tembo était très fâché. Il ne dit rien mais il avait une idée derrière la tête.



(1) ikishi-Kishi ou encore Sikishikishi est un personnage de contes populaires africains. Parfois représenté sous la forme d'un monstre. C'est un guérisseur qui se promène de village en village avec son tam-tam. Personnage malfaisant, Ikishi-Kishi enferme des enfants dans son tam-tam et les oblige à chanter, ce qui lui permet de prétendre que son instrument est magique puisqu'il peut parler.

Les grandes figures de la pédagogie

Les grandes figures de la pédagogie

de Augustin MUTUALE

Pédagogie et sciences humaines (PÉTRA) | Paru le 01/05/2011 | 25,00 €

Augustin MUTUALE, Docteur en philosophie et en sciences de l’éducation,enseigne à l’université Paris VIII et à l’Institut Supérieur de Pédagogie. Il est chercheur à l’OFAJ depuis 2000.

Gabriele WEIGAND, Professeure à la faculté de philosophie et de pédagogie et vice-présidente de l’université de l’Éducation à Karlsruhe. Elle enseigne aussi à l’Université Paris VIII et à l’Institut Supérieur de Pédagogie. Depuis 1985, elle co-dirige des programmes à l’OFAJ.



Cet ouvrage a pour objectif de présenter des pédagogues qu’il est essentiel de connaître lorsqu'on se prépare au métier d'enseignant ou si l'on travaille déjà dans le domaine éducatif. Pour chaque pédagogue, le lecteur rencontrera des références et des concepts liés à d’autres figures qui ont intéressé, influencé, voire combattu le pédagogue en question.
Voyage initiatique en compagnie de grandes figures de la pédagogie, cette présentation se situe résolument dans une perspective de philosophie et d'histoire de l'éducation. Plus qu'un savoir sur des pédagogues ou sur l'histoire de la pédagogie, elle se veut une introduction aux questions pédagogiques primordiales d'aujourd'hui. Dans cette optique, ont été choisis des représentants de la pédagogie que l’on peut considérer comme des penseurs classiques en pédagogie. « Classique » signifie ici que leurs idées sont toujours d'une grande actualité pour les chercheurs et les praticiens. Ils ont réfléchi sur le concept même d’éducation. Pourquoi doit-on enseigner ? Pour qui, par qui et comment ? À la suite de Quintilien, ils ont rédigé des discours pédagogiques et réfléchi sur la relation pédagogique et le rapport aux savoirs. Même s'ils n’apportent pas nécessairement des recettes simples, ces pédagogues formulent des idées pouvant permettre de trouver des réponses aux questions urgentes et aux problèmes quotidiens en matière éducative.
Ces pédagogues partagent une même communauté de référence. Ils ont proposé à leurs contemporains un moment pédagogique prenant en compte les autres moments de l’institution éducative et du sujet de l’éducation. Ils ont ainsi été attentifs à une école émancipatrice, ouverte à tous les enfants, quelle que soit leur condition sociale.
L’originalité de cet ouvrage réside dans le fait que les auteurs ont pris le parti de ne pas seulement décrire, explorer ou mettre en lumière les figures pédagogiques mais également de les interroger, de les contester ou encore de les soutenir. Ils ont en commun avec ces pédagogues la passion de la personne et de son éducation tout au long de la vie.
 

Argumenter dans un champ de forces : Essai de balistique sociologique

Argumenter dans un champ de forces : Essai de balistique sociologique

de Francis CHATEAURAYNAUD

Pragmatismes (PÉTRA) | Paru le 01/05/2011 | 32,00 €

Francis Chateauraynaud est sociologue, directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Fondateur du Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive, il mène des travaux sur les risques sanitaires, les controverses publiques et les conflits politiques. Il a déjà publié : aux éditions Métailié, La Faute professionnelle (1991) puis Experts et faussaires (avec Christian Bessy en 1995) ; aux éditions de l’EHESS, Les Sombres précurseurs (avec Didier Torny, en 1999) ; et chez CNRS-Éditions, Prospéro – Une technologie littéraire pour les sciences humaines (2003).

Le surgissement de controverses ou de causes collectives dans l’espace public est souvent traité comme le produit de stratégies médiatiques ou d’instrumentalisations politiques, par lesquelles des groupes parviennent à imposer des enjeux et modifier un rapport de forces. Mais comment des porteurs de cause peuvent-ils atteindre des cibles souvent hors de portée ? A travers l’analyse de multiples dossiers, cet ouvrage modifie le regard porté sur les processus de mobilisation qui sous-tendent la constitution des problèmes publics. Contribuant au renouvellement des méthodes de la sociologie pragmatique, il s’intéresse aux longs processus par lesquels se forment et se déforment des jeux d’acteurs et d’arguments dont la portée change au fil du temps. Exposée dans toutes ses conséquences théoriques, cette démarche articule une sociologie argumentative, qui prend au sérieux la formation des arguments, et une balistique sociologique décrivant à la fois les trajectoires visées par les acteurs et les trajectoires effectivement produites au fil des confrontations.
Comment naissent de nouveaux arguments et comment résistent-ils à la critique ? Peuvent-ils circuler sans altération, une fois propulsés dans des univers turbulents, livrés aux jeux de pouvoirs qui affectent durablement le sens des causes et des mobilisations ? Comment se distribuent les capacités d’expertise et quelles sont les formes de légitimité ou d’autorité reconnues par les protagonistes ? Comment se forme l’accord sur les preuves et comment s’élaborent les visions du futur ? Pour examiner ces questions, l’auteur prend appui sur de nombreux dossiers controversés, du nucléaire aux OGM, de l’amiante aux nanotechnologies, des pandémies virales au changement climatique, ou encore sur des mouvements sociaux comme les intermittents du spectacle ou les chercheurs en colère.
 

Une jeune havraise dans la guerre des grands

Une jeune havraise dans la guerre des grands

de Jeannine LETULLE

Méandre (PÉTRA) | Paru le 01/12/2010 | 20,00 €

Grâce à son talent de conteuse, son sens des dialogues et son don d'observation, Jeannine Letulle nous plonge en 1940, alors qu'elle n'a que six ans et que la guerre éclate, la privant de sa jeunesse. Car c'est soudain les bombes, l'exode, la dislocation familiale, la prison, les camps, la faim, la maladie, la mort, puis l'après-guerre dans le champ de ruines qu'est le Havre. Seule fille pour cinq garçons et un père machistes, Jeannine trouvera auprès de sa mère un soutien et un amour indéfectibles.

L'architecture comme paysage, Alvaro Siza

L'architecture comme paysage, Alvaro Siza

de Laurence KIMMEL

Esthétique appliquée (PÉTRA) | Paru le 01/10/2010 | 25,00 €

 

Laurence Kimmel est architecte, docteur en esthétique de l'université Paris X Nanterre, enseignante à l'École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles et à l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Normandie (Rouen).


RÉSUMÉ

Quelle esthétique s'esquisse dans les architectures et sculptures qui construisent un sens par des éléments proches et lointains, des plans qui limitent et cadrent, des lignes qui creusent la profondeur, jusqu'à l'horizon, certaines architectures créant une expérience de l'"Espace du paysage"?
L'auteur propose un parcours à travers des bâtiments de l'architecte portugais Alvaro Siza, de Le Corbusier, Daniel Libeskind, Zaha Hadid, Rem Koolhaas, en comparaison avec des sculptures et des installations modernes et contemporaines, et à la lumière d'écrits de philosophes.

Education(s) et réseaux de sociabilité : Parcours de jeunes en difficulté

Education(s) et réseaux de sociabilité : Parcours de jeunes en difficulté

de Catherine DELCROIX

Éducation, art du possible (PÉTRA) | Paru le 01/09/2010 | 23,00 €


Catherine Delcroix est professeure de sociologie, directrice du Centre d'Études et de Recherches sur l'Intervention Sociale (CERIS) et du Master "Intervention sociale, conflit et développement", Université de Strasbourg (Uds), Laboratoire Cultures et Sociétés en Europe (LCSE) CNRS-MISHA.


La rédaction de cet ouvrage a été dirigée par Catherine Delcroix avec le concours d'Elisabeth Callu.

Contributions de :
Claudine Auger, Farid Benfodil, Fatima Bouzembil, Francis Brugaillère, Élisabeth Callu, Marité Cornée, Catherine Delcroix, Anne Joubert, Mina Kezzi, Marie Lafosse, Catherine Miramon, Micheline Moura, Jean-Paul Pujol, Sylvie Roussel, Éliane Viarouge.



RÉSUMÉ

Aider des adolescents "en grande difficulté" à s'inscrire dans une trajectoire d'insertion est un enjeu de taille pour les éducateurs. Ces derniers prêtent-ils suffisamment attention au rôle stimulant ou protecteur que joue souvent leur réseau social, adultes ou jeunes de leur âge rencontrés dans l'entourage familial, le voisinage, le monde scolaire... ou les multiples organismes s'adressant à la jeunesse?
Une recherche-action menée avec cinq équipes socio-éducatives a permis d'identifier dans l'histoire d'une vingtaine dejeunes avec lesquels elles avaient travaillé et qui s'en étaient sortis, l'importance cruciale de personnes jusque là restées invisibles aux yeux de ces professionnels: une tante, un religieux, un artisan, un enseignant, un préfet, une copine... Cette découverte, effectuée par des éducateurs devenus pour un temps chercheurs, souligne l'enjeu que constituent pour eux le repérage de ces personnes ressources, membres de l'entourage des jeunes, et la coopération avec elles: celui d'une action éducative plus efficace et plus durable. En cela, elle ouvre de nouvelles perspectives pour la "coéducation" des adolescents.
 

Robinson et compagnie : Aspects de l'insularité politique de Thomas More à Michel Tournier

Robinson et compagnie : Aspects de l'insularité politique de Thomas More à Michel Tournier

de Jean-Michel RACAULT

Des îles (PÉTRA) | Paru le 01/08/2010 | 29,00 €

Professeur émérite des Universités, Jean-Michel Racault a consacré l'essentiel de ses recherches aux îles en littérature (L'Insularité, thématique et représentation, en collaboration avec J.-C. Marimoutou, Paris, L'Harmattan, 1995; Mémoires du Grand Océan. Des relations de voyages aux littératures de l'océan Indien, Paris, PUPS, 2007) et à l'histoire des genres "insulaires" aux XVIIe et XVIIIe siècles (L'Utopie narrative, 1675-1761, Oxford, The Voltaire Foundation, 1991; Nulle part et ses environs. Aux confins de l'utopie littéraire classique, 1657-1802, Paris, PUPS, 2003. Il vit à l'île de la Réunion depuis 1972.



La civilisation des loisirs a fait de l'île un fantasme hédoniste, évocateur de vacances et de soleil, en rupture avec les contraintes de la "vraie vie" soumise à la norme sociale et à la nécessité du travail. L'imaginaire littéraire de l'âge classique n'a pas ignoré ces rêveries qui assimilent le site insulaire à une nouvelle version du Paradis Terrestre et son habitant à un nouvel Adam. Mais l'île dans la fiction est aussi un lieu expérimental, un laboratoire dont la réalité continentale est le véritable point d'application.
Au fil des textes, chronologiquement répartis entre le début de la Renaissance et l'aube des "temps postmodernes", ce livre souhaite montrer que les histoires d'îles lointaines parlent en fait du contexte social le plus proche, que même déserte une île est un espace politique où s'élabore une réflexion sur le droit de propriété et les fondements du pouvoir, sur la légitimité et l'usurpation, sur les divers types de gouvernement et les meilleurs modèles de société.
De L'Utopie de Thomas More (1516), qui inaugure une tradition en déplaçant la réflexion sur la société réelle dans une île imaginaire, à Vendredi ou les limbes du Pacifique, de Michel Tournier (1967), où la mise en cause au moins apparente de l'Occident accompagne l'effacement du politique, en passant par le Robinson Crusoe de Daniel Defoe (1719), qui donne à la fiction de l'île son scénario-type et son héros emblématique, on suivra ainsi l'émergence, le développement et les transformations de la fable insulaire.
 

Journal d'outre-mort

Journal d'outre-mort

de Jeanne BRESCIANI

Pierres écrites (PÉTRA) | Paru le 01/07/2010 | 18,00 €

Jeanne Bresciani, originaire de Corse, vit et travaille à Paris.
Elle a déjà publié quatre ouvrages :
Affriques, aux éditions Tierce, Paris, 1981.
La Danse de ténèbres, aux éditions Fus’Art, Bordeaux, 1997.
Deux rue de la Marine, en collaboration avec Hélène Bresciani, aux éditions Vents Contraires, Aix-en-Provence, 1999.
Les Vestiges de Janvier, aux éditions Pétra, décembre 2004.
ainsi que divers textes, notamment :
– « Doublures », "Fragmentaires", 1982.
– « Troubles de mémoire », "Lieu commun", 1984.



Paris, juillet 1997 : mort de l'écrivain Maxime Desroches dont la plume reprend vie à travers les souvenirs de Vanina Ventiseri, une amie corse avec laquelle il avait « une étrange relation ». Grâce à elle, il poursuit son travail d'écriture inachevé « de concert avec elle, en italiques invisibles ». Vanina passe outre la mort de Maxime, et ce dialogue d'« outre-mort » inspire aux deux protagonistes diverses réflexions sur la mort, l'au-delà, l'amour, l'amitié et l'acte d'écrire. Le style élégiaque et ciselé de Jeanne Bresciani rend parfaitement la puissance évocatrice et la force vitale de l'écriture, que même la mort ne peut annihiler, et nous tient en haleine jusqu'à la révélation finale du secret métaphysique que détient Vanina et qui provoque l'interrogation essentielle sur le sens de la vie et de la mort : « J'attends peut-être aussi qu'elle me livre, à son insu, le secret qu'elle semble retenir à propos d'une expérience peu commune ». Dans ce récit intelligent, érudit, sensible, profond, empreint de mystère métaphysique et émaillé d'humour, l'auteur joue avec brio des différentes tonalités de voix qui se répondent et offre une réflexion profonde et originale sur ses thèmes de prédilection, la mort, la mémoire, la mélancolie, née de la nostalgie, et aussi la difficulté d'écrire.




EXTRAITS


Journal posthume de Maxime :

« Présent ! » Me suis-je écrié, comme à l’école ou à l’armée, en un réflexe oublieux des circonstances, tandis que le prêtre commençant son oraison funèbre prononçait les paroles du Christ : « Quand tu étais jeune tu bouclais toi-même ta ceinture et tu partais où tu voulais, bientôt un autre t’entourera de cordes et te conduira là où tu ne voudras pas aller »… Ils ont entouré de cordes mon cercueil et l’ont fait descendre dans la terre de ce petit cimetière, juste en face de ma maison. « Comme c’est pratique ! » Avais-je ironisé de mon vivant au moment de notre installation en Provence, dans ce village inconnu, avec pour voisinage immédiat ces morts qui n’étaient pas de mes familiers mais qui le deviendraient à fréquenter leurs tombes, déchiffrant leurs noms anonymes, l’énigme de leur regard à travers quelques portraits, imaginant leur histoire… J’ai compté mes proches, mes amis : ils étaient moins nombreux que ces défunts. La saison ne s’y prêtait pas. Certains étaient encore en vacances, d’autres m’avaient précédé dans la tombe : « Après vous mon cher… Oh ! Je n’en ferai rien »… À ces extrémités s’arrêtent les courbettes et la courtoisie… On avait beau me dire que cette fois « j’avais la main », j’aurais bien volontiers passé mon tour mais « La main était au mort. » Je n’y échappai point.
Autrefois, dans mes déserts tourmentés, j’envisageais la mort comme un remède, sachant qu’elle se cachait derrière les mots tel un squelette de papier et je ne m’intéressais qu’à tenter de la débusquer pour ne pas me faire surprendre, explorant à ses heures le silence et l’ombre, guettant dans le miroir son approche furtive, flattant sa convoitise en m’offrant corps et âme, en proie à de macabres obsessions. Je me rendais insupportable pour attirer son attention, agitant le chiffon rouge de mon sang, de ma douleur, sous ses naseaux d’animal sombre, inévitable… Mais le coup fatal ne venait pas.
Je n’étais sûr que d’une chose : que nous serions pardonnés par le fait même d’être morts. (pp. 17-18)


Journal de Vanina :

Je revois une vieille école délabrée où des arbres juvéniles semblaient pousser avec nous. Ils agitaient leur chevelure abondante pour nous faire signe dès le matin, offrant la résistance de leur tronc et de leurs branches à nos jeunes corps avides et maladroits, aux ailes soudain plus grandes que le nid… Si seulement, je pouvais encore ressentir l’intensité de l’enfant que j’étais qui faisait son miel d’une phrase ou d’un événement… Revivre d’un regard à travers la tache d’huile qui s’élargissait sur un sac de papier brun contenant quelques noix qui avivaient sa gourmandise, soupeser à pleines mains les cornets de jujubes acidulés et croquants, lustrés de convoitise, admirer envieuse les « gamines des rues » croquant à belles dents les petits tubes en verre remplis de coco Boer, pour ne rien perdre, au mépris des blessures, de cette poudre brune délicieuse, aux saveurs de réglisse, recrachant au loin le verre se mêlant au magma de morve, de salive noire et de sang, lèvres et langue coupées par un plaisir plus fort que l’interdit… La mort déjà mordait leurs bouches tendres et moqueuses et je ne savais alors de la poudre, de leur insolence joyeuse ou de leur mépris, ce qui me fascinait tant… (p. 31)


Lorsque je t’ai connu, il y avait déjà longtemps que tu ne sortais quasiment plus de chez toi, que tu préférais les pages à tes verts pâturages. On t’avait consacré écrivain d’avant-garde et il te fallait en répondre.
Tu t’enfermais chez toi, dans une pièce unique, rideaux tirés, et je me souviens, avec une impression d’effroi, du cri muet d’une plante verte de ton salon, tordue de désespoir, collée contre la vitre pour recevoir le faible rayon d’un pâle soleil d’hiver : noire et desséchée, elle tentait de s’arracher vainement à son pot de terre pour boire ce filet de lumière que tu lui refusais. Était-ce ta vengeance contre une nature qui ne t’aurait pas livré tous ses secrets ou n’avais-tu de regards que pour toi-même ? Des jours, des années à écrire, à cultiver la précision, l’art de l’introspection, à te prendre inlassablement dans l’objectif de ta chambre noire…
Tu n’avais plus que des aventures intérieures à décrire. Il fallait que tu laisses l’instant éternel te frôler au plus près, que tu permettes à l’épée, à la lance d’Achille ou à la plume acérée de t’adouber près du cœur, quand la raison se tait, pour te figer en quelque phrase de cristal, chevalier de la nuit, Don Quichotte de la syntaxe avec la mort pour Dulcinée…
Tu avais oublié la voix des fleuves et des rivières mais tu ouvrais les vannes de la musique dans le lit de tes solitudes. Purcell ou Monteverdi, tu te laissais emporter par leur flux cuivré, donnant libre cours à ta folie silencieuse dont tu suivais la trace sur la page tel un sismographe sensible aux moindres écarts de notes, aux tremblements de la chair… Pourtant de tous les fleuves sacrés c’est le bourbon qui eut raison de toi.
As-tu recréé, dans l’au-delà, ton intérieur, ta chambre, en rajoutant quelques nouveaux livres dont un seul coup d’œil t’aurait livré le contenu ? La mort est prévenante, pourvu que tu lui cèdes, elle te facilite la vie.
Récemment, j’ai lu qu’un vieux bibliothécaire, mort depuis longtemps continuait à hanter les lieux de son travail. C’est une jeune lectrice qui aurait aperçu son fantôme. Les obsessions des morts hantent toujours les vivants. Sans doute est-ce cette routine post-mortem qui demeure la plus difficile à combattre et que l’on nomme possession… (pp. 65-66)

Propositions anthropologiques : Pour refonder la discipline

Propositions anthropologiques : Pour refonder la discipline

de Albert PIETTE

Anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 01/05/2010 | 30,00 €


Albert Piette est professeur à l'Université d'Amiens et membre de l'Institut Marcel Mauss (EHESS-CNRS). Ses deux derniers ouvrages, L'Acte d'exister. Une phénoménographie de la présence (Socrate Editions) et Anthropologie existentiale (Éditions Pétra) s'inscrivent dans l'élaboration de ce nouveau projet anthropologique.


Des propositions anthropologiques? Qu'est-ce que cela veut dire? Ce sont des réflexions théoriques, des descriptions de situations, des programmes d'enquêtes, des notes de lecture, avec un objectif commun: ne pas gaspiller le terme "anthropologie", repenser une discipline qui ne soit ni sociologie, ni ethnologie, lui conférer des orientations théoriques, thématiques et méthodologiques. Ce livre déploie ainsi un ensemble de sujets, qui constituent l'univers anthropologique d'Albert Piette, peuplé d'hommes, "Homo sapiens sapiens", de Néandertaliens, de singes, de dieux et de sociétés, d'êtres et d'existences, d'activité et de passivité, de philosophie et de méthodologie, de phénoménographie et de croyance, d'instants et d'évolution. Une diversité qui constitue le beau privilège mais la grande difficulté de l'anthropologie, pour qu'elle soit empirique et générale. C'est un livre destiné à tous ceux qui s'intéressent aux sciences humaines et sociales ou qui s'interrogent sur l'être humain et la spécificité anthropologique.
 

Les langues ne sont pas des choses : Discours sur la langue et souffrance identitaire en Europe centrale et orientale

Les langues ne sont pas des choses : Discours sur la langue et souffrance identitaire en Europe centrale et orientale

de Patrick SERIOT

Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement (PÉTRA) | Paru le 09/04/2010 | 28,00 €

Préface de Virginie SYMANIEC

Patrick Sériot est titulaire de la chaire de linguistique slave à l’Université de Lausanne. Ses nombreux travaux ont d’abord porté sur l’analyse du discours politique en Union Soviétique. Il est maintenant spécialiste de l’histoire et de l’épistémologie du discours sur la langue en Europe centrale et orientale et dirige le CRECLECO, le Centre de recherche en épistémologie des discours sur la linguistique d’Europe centrale et orientale, qui, outre les grands classiques de la linguistique, se consacre à de nombreuses recherches comparatistes et interdisciplinaires sur l’analyse des idéologies, des identités et des instrumentalisations de l’ethnicité au travers des discours sur les langues.

Il y a bien des façons d’étudier une culture étrangère. Les historiens, les sociologues, les spécialistes de sciences politiques, de géopolitique, de droit international, de stratégie militaire, d’économie, de démographie, d’histoire de l’art, de littérature, ont accumulé sur l’Europe orientale une somme de connaissances considérable. Il reste pourtant tout un pan de réalité encore mal élucidé, qui mérite une attention soutenue, phénomènes d’autant plus importants qu’ils sont là, ouverts et offerts à tous les regards pour qui sait les voir, telle la lettre volée d’Edgar Poe : le rapport à la langue, fondement supposé de la communauté. Un universitaire ne peut pas grand chose à la marche du monde, mais il a un devoir civique d’apporter, par son accès à des sources mal connues et à des méthodes renouvelées d’investigation et de comparaison, sa pierre à un édifice qui nous concerne tous : dissiper les ténèbres de l’ignorance… Peut-être serons-nous alors un peu moins sourds et aveugles à cette « autre Europe » qui ne laisse pas d’être un autre nous-mêmes, ou notre part ignorée d’« Européens de l’Ouest » ?

Husserl, Leroi-Gourhan et la préhistoire

Husserl, Leroi-Gourhan et la préhistoire

de Bénédicte DE VILLERS

Anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 01/03/2010 | 22,00 €

Bénédicte de Villers est docteur en philosophie de l’Université de Louvain. Après avoir été assistante chargée d’enseignement aux Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles, elle est à présent assistante et chercheuse en anthropologie de la communication homme/animal à Liège (LASC), et s’engage par ailleurs dans des pratiques de terrain.
 


RÉSUMÉ

D’optique philosophique, cet ouvrage est une mise en perspective de deux auteurs que tout semble séparer : Edmond Husserl, père d’une phénoménologie transcendantale de la conscience, et André Leroi-Gourhan, ethnologue et préhistorien. Une fois opérées les mises au point méthodologiques de rigueur, un dialogue s’établit entre Husserl et Leroi-Gourhan autour des « objets de la préhistoire » : ossements, cailloux taillés, traces d’ocre, de feu, d’habitats, objets gravés ou peints. Procédant par « zigzags », de la phénoménologie à la préhistoire et inversement, Bénédicte de Villers entend se tenir au plus près de la matérialité de ces objets préhistoriques et les décrire. En même temps, ceux-ci s’avèrent les seuls indices de subjectivités humaines d’autrefois et de leurs cultures. L’ambivalence des objets de la préhistoire constitue donc aussi toute leur richesse. L’« ontologie préhistorique » qui se construit dans ces pages, à la croisée des perspectives phénoménologiques et préhistoriques, vise ainsi à poser d’une façon originale la question de la « différence anthropologique » et des origines de l’homme.
 

Dynamiques migratoires et changements sociétaux en Asie centrale

Dynamiques migratoires et changements sociétaux en Asie centrale

de Marlène LARUELLE

Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement (PÉTRA) | Paru le 01/02/2010 | 28,00 €

Aujourd'hui, plusieurs millions de Tadjiks, Kirghizes et Ouzbeks travaillent de manière saisonnière en Russie et au Kazakhstan. Ce volume réunit des politologues, des sociologues et des anthropologues qui, par leur approche pluridisciplinaire basée sur des recherches de terrain, s'interrogent sur ces migrations massives et cherchent à les inscrire dans les changements sociétaux à l'oeuvre depuis deux décennies en Asie centrale. Ces migrations se posent en matrice des transformations économiques, sociales, potentiellement politiques, mais également, plus largement, identitaires que connaît la région : changements dans la composition nationale des Etats, modification du paysage urbain, négociations entre Etats pourvoyeurs et Etats receveurs, modification des rapports de genre, construction de nouveaux imaginaires migratoires. Les migrants transforment leur société d'origine : même dominés, dépendants du bon-vouloir de leurs passeurs, les individus donnent sens à la migration dans leur parcours de vie et élaborent à travers elle des stratégies de mise en valeur. L'installation dans la mobilité comme norme sociale valorisée, la naissance de solidarités à la fois infra- et supra-étatiques, la déterritorialisation des espaces nationaux contribuent à modifier en profondeur le tissu social centre-asiatique.

Nâzim Hikmet : Héritage et modernité

Nâzim Hikmet : Héritage et modernité

de COLLECTIF

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 01/01/2010 | 25,00 €


SOUS LA DIRECTION DE Michel BOZDEMIR, professeur des universités à l’INALCO. Auteur de nombreux ouvrages sur la langue et société turques, il poursuit ses recherches au sein de l’ERISM-ERMOM, « l’Équipe de recherche interdisciplinaire sur les sociétés musulmanes méditerranéennes » dont il est fondateur.

SOUS LA DIRECTION DE Timour MUHIDINE, chargé de cours de littérature turque à l’INALCO. Chercheur en littérature comparée et traducteur, il travaille sur la littérature turque contemporaine et dirige la collection « Lettres turques » chez Actes Sud.



Cet ouvrage collectif consacré au poète Nâz?m Hikmet (1902-1963) reprend une partie des actes du colloque tenu à Paris en 2002 pour célébrer le centenaire de la naissance de l’artiste, augmenté de plusieurs contributions inédites, concernant en particulier sa réception en Italie, Espagne, Pologne, etc. et de documents iconographiques rares.
Cet ouvrage synthétique présente le bilan des recherches le concernant – l’œuvre du romancier et du dramaturge est aussi abordée – au niveau turc et européen. Une bibliographie très complète accompagne l’ouvrage.

Un patrimoine sous influences: Usages politiques, religieux et identitaires de l'image dans le monde slave

Un patrimoine sous influences: Usages politiques, religieux et identitaires de l'image dans le monde slave

de Elisabeth ANSTETT

Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement (PÉTRA) | Paru le 01/11/2009 | 24,00 €

SOUS LA DIRECTION d'Élisabeth ANSTETT, anthropologue, chargée de recherches au CNRS, membre de l’IRIS et associée au Laboratoire d’Analyse des Problèmes Sociaux et de l’Action Collective du département de sociologie de l’Université de Bordeaux 2. Auteur notamment d’Une Atlantide russe. Anthropologie de la mémoire en Russie postsoviétique (La Découverte, 2007), elle a récemment dirigé (en collaboration avec Luba Jurgenson) Le Goulag en héritage, pour une anthropologie de la trace (Pétra, 2009). Avec Caroline Dufy et Ronan Hervouet, elle dirige la collection Europes : terrains et sociétés, aux éditions Pétra.

COORDINATION d'Aurélie ROUGET-GARMA, diplômée d’histoire mais aussi de langue et civilisation tchèques. Collabore au sein de l’UFR d’Études slaves de l’Université Paris-Sorbonne à l’édition des revues
Cahiers slaves et Cultures d’Europe centrale. Elle est également la traductrice avec Arnault Maréchal et Hana ?íhová-Allendes de Contes tchèques : Cheveux d’Or, Paris, L’École des loisirs, 2002.

CONTRIBUTIONS :

Tatiana BENFOUGHAL est muséographe et anthropologue, chargée de conservation au Musée de l’Homme-MNHN. Elle a notamment dirigé Couleurs d’Ukraine, peinture sous verre d’Anastasia Rak (Éditions MNHN-Musée de l’Homme, 1999). Conservatrice, spécialiste des mondes slaves mais aussi sahariens, elle a également dirigé en 2006 (en collaboration avec Sébastien Boulay) une livraison spéciale du Journal des Africanistes consacrée aux transformations de la culture matérielle saharienne, intitulée : Sahara : identités et mutations sociales en objets.

Benjamin GUICHARD est historien, doctorant à l’Université Paris I. Il achève actuellement une thèse sur la censure en Russie au tournant du XIXe et du XXe siècle.

Lubomir HOSEJKO est historien et critique de cinéma. Il est l’auteur de l’ouvrage de référence Histoire du cinéma ukrainien 1896-1995 (Éditions A Die, 2001), traduit et publié en ukrainien en 2005. Membre de l’union des cinéastes d’Ukraine, il est également le créateur et l’animateur des Soirées du Cinéma Ukrainien à Paris.

Charles STÉPANOFF est anthropologue, maître de conférences à l’École Pratique des Hautes Études. Traducteur et rédacteur, collaborateur des éditions Magellan, il a participé à l’édition de nombreux ouvrages sur le monde russe. Spécialisme du chamanisme dans le monde sibérien, il est également réalisateur de films documentaires dont Esprit nouveau (73 mn, Paris, 2004).

Galina VALTCHINOVA est anthropologue et historienne, directrice de recherches à l’Académie des sciences de Bulgarie. Elle est notamment l’auteur de Laudae Znepolensia ; Religion et identité locale en Bulgarie Occidentale [en Bulgare, résumé français], (Éditions de l’Académie Bulgare des Sciences, 1999) et de Prophétesses et clairvoyantes dans les Balkans au XXe siècle [en Bulgare, résumé anglais] (Éditions de l’Université St. Kliment Okhridski, 2006).



Précieuses et partout reconnues parce qu'exceptionnelles, les images produites par le monde slave représentent un patrimoine tout à fait original, pourtant soumis à de très fortes influences.
En effet, leurs fonctions mnémoniques, didactiques ou leur capacité à faire naître l'émotion, ont depuis longtemps été utilisées pour faciliter la diffusion de la foi, inculquer la morale ou transmettre un sentiment patriotique.
En suivant l'idée que les images constituent - selon les conceptions de l'historien de l'art Aby Warburg - une part essentielle de la mémoire des sociétés, "Un patrimoine sous influences" vise donc à restituer les influences politiques, religieuses ou culturelles auxquelles des formes iconographiques ont été - et sont encore - soumises dans le monde slave, et à mettre en lumière les logiques historiques, économiques et sociales qui les régissent.

Un rêve de Beyoglu

Un rêve de Beyoglu

de Demir ÖZLÜ

Voix d'ailleurs (PÉTRA) | Paru le 01/09/2009 | 9,00 €

Traduit du turc par Célin VURALER

 

Né en 1935 à Istanbul, résidant alternativement à Stockholm et en Turquie, Demir Özlü s'impose dès la fin des années 1950 comme le principal représentant d'une littérature de l'angoisse existentielle. Ses recueils de nouvelles puis la trilogie des villes, Un rêve de Beyoglu (1985), Hallucination à Berlin (1987) et Canaux (1991) pousuivent cette thématique.


Fasciné par les ombres du passé cosmopolite de la ville, sous la houlette du Comte de Lautréamont et de la Nadja d'André Breton, le narrateur de cette errance sentimentale et architecturale plonge dans les mystères des quartiers francs d'Istanbul. Entre le Péra d'autrefois et le Beyoglu d'aujourd'hui, il fait l'expérience de la solitude et croise un amour aussi sombre que les façades des immeubles rongés par le temps...
 

Anthropologie existentiale

Anthropologie existentiale

de Albert PIETTE

Anthropologiques (PÉTRA) | Paru le 01/09/2009 | 20,00 €

Professeur à l’Université de Paris X - NanterreMembre du Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative (Paris Nanterre - CNRS) et membre de l'Institut Marcel Mauss (EHESS-CNRS).

Il est également le directeur de la collection "Anthropologiques"; Cette collection est partie d’un constat. Les sciences sociales qui ont pour objet d’étudier la vie collective des individus se détournent, au cours du processus de recherche, de ce qui est pourtant la cible inéluctable de leur regard : l’homme comme présent et existant. Ainsi, à travers cette collection, l’objectif est de promouvoir des ouvrages qui, sur base du savoir-faire méthodologique des sciences sociales, en particulier d’observations rapprochées, entrent en résonance avec d’autres disciplines comme la philosophie, les sciences cognitives, la préhistoire, l’éthologie ou la primatologie, pour construire une anthropologie, science de l’homme.



Depuis plusieurs années, en photographiant les détails de la vie, en réfléchissant su rles méthodes d'observation ou en analysant le fait religieux, Albert Piette construit un travail véritablement anthropologique qui affronte directement la spécificité humaine plutôt que la diversité des cultures.
Dans ce livre, il commence par une comparaison des modes de présence des hommes et des singes et constate que la particularité des humains est la présence-absence et l'attention détachée. L'homme serait-il le seul animal à être minimal? Albert Piette s'interroge alors sur les origines de cette caractéristique à travers un détour dans les sites préhistoriques, commes les abris d'Homo erectus et les sépultures de l'Homme de Neandertal. Progressivement, les étapes-clés de la généalogie de la minimalité apparaissent : l'habitat, les objets, la perception subsidiaire, le langage, le marquage social et l'acte de croire. Albert Piette fait ensuite de cette caractéristique humaine un argument pour repenser l'anthropologie selon deux axes principaux: la méthode phénoménologique à travers l'observation rapprochée du cours de l'existence des hommes mais aussi d'autres êtres (comme les dieux, la société ou les animaux) et l'anthropologie existentiale comme théorie des modes d'exister, articulant action et présence.
Le livre se termine par une "rêverie" anthropologique qui montre l'enjeu éthique de ne pas oublier cette originalité de l'homme minimal et la nécessité d'une pédagogie de la minimalité.
 

Jean-Luc Moulène

Jean-Luc Moulène

de Nathalie DELBARD

Esthétique appliquée (PÉTRA) | Paru le 01/05/2009 | 25,00 €


Nathalie Delbard est maître de conférences en Arts Plastiques et membre du CEAC (Centre d’Etude des Arts Contemporains) à l’Université Lille 3.


Qu’est-ce qui relie la photographie d’un arbre ou d’une fleur, à celle d’une prostituée ou d’un faux billet de banque?? C’est au creux de cette simple interrogation, constat d’un « grand écart » apparent dans l’œuvre de Jean-Luc Moulène, que cet ouvrage trouve son origine. S’il est unanimement reconnu au travail de l’artiste sa dimension politique – les Objets de grève ayant largement et légitimement contribué à ce qu’il en soit ainsi – quelle place donner en effet à ces autres images, ancrées dans un rapport au monde ordinaire, qui tiennent cependant une place essentielle dans la démarche de J.-L. Moulène??
L’auteur propose ici un premier ouvrage de synthèse sur l’œuvre photographique de Jean-Luc Moulène, une œuvre trop peu envisagée jusqu’alors dans sa cohérence générale, ?alors même qu’elle constitue l’une des plus déterminantes de ces dernières décennies.
 

Le Goulag en héritage : Pour une anthropologie de la trace

Le Goulag en héritage : Pour une anthropologie de la trace

de Elisabeth ANSTETT & Luba JURGENSON

Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement (PÉTRA) | Paru le 01/01/2009 | 24,00 €

Contributions de :
Elisabeth Anstett, Pavel Chinsky, Elena Jemkova, Luba Jurgenson, Nadine Marie-Schwartzenberg, Hélène Ménégaldo, Ivan Panikarov, Geneviève Piron, Arseni Roguinski, Leona Toker, Nicolas Werth



L'objectif de cet ouvrage est de s'intéresser aux traces matérielles et symboliques du Goulag, à ces traces qui ont façonné, affecté ou influencé les façons de dire et de faire la mémoire des camps, de réfléchir à leurs formes, leur nature et leurs implications.
Nous avons choisi de nous arrêter sur la question de la trace, dans la mesure où elle présente une pertinence toute particulière dans le contexte contemporain des recherches réalisées par les sciences politiques, le droit, la littérature ou l'anthropologie sur les violences de masse du XXe sicle, bien au-delà du seul exemple soviétique.
Car ce collectif ne souhaite pas seulement procéder à un premier inventaire des traces qu'a laissées le Goulag, il propose aussi de s'engager dans une réflexion commune sur les problèmes méthodologiques que pose un tel objet et les perspectives qu'il fait naître.

Heinrich Mann : Le Roman d'Henri IV et les relations d'amitié avec Félix Bertaux

Heinrich Mann : Le Roman d'Henri IV et les relations d'amitié avec Félix Bertaux

de Hans HARTJE

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le 01/01/2009 | 25,00 €


Textes réunis par Hans HARTJE


La gloire de Thomas Mann (1875-1955), le romancier de La Montagne magique (1924) et prix Nobel de littérature en 1929, a rejeté dans l’ombre l’œuvre de son frère aîné, Heinrich (1871-1950). Or celui-ci, francophile et démocrate, admirateur des idées révolutionnaires de 1789, était dans l’entre-deux-guerres l’un des écrivains allemands les plus célèbres, et pas seulement en tant qu’auteur de Professeur Unrat, roman de 1905 adapté très librement au cinéma en 1929-30 par Josef von Sternberg sous le titre L’Ange bleu, avec Marlène Dietrich. Dans le public lettré français, sa réputation était même bien plus grande que celle de Thomas, grâce surtout au germaniste Félix Bertaux à qui il doit sa « rencontre », au cours d’une visite commune du château de Pau en 1927, avec le roi Henri IV « que son époque qualifiait de grand ».
Aussi, en 1933, est-ce en France qu’il émigre d’abord pour fuir l’Allemagne nazie. Il y écrit notamment, réfugié à Nice, Le Roman de Henri IV (2 volumes parus en 1935 et 1938, à Amsterdam), une œuvre s’appuyant sur l’Histoire tout en étant, via un parallèle aussi audacieux que pertinent, un roman engagé contre le Nazisme. Ayant gagné les États-Unis en 1940, il est mort en Californie le 12 mars 1950, alors qu’il s’apprêtait à rentrer en Allemagne où il avait été élu, l’année précédente, président de l’Académie des Arts de Berlin-Est.
 

Quelles hiérarchies sociales en Europe ?

Quelles hiérarchies sociales en Europe ?

de Elisabeth ANSTETT & Caroline DUFY

Europes : Terrains et sociétés (PÉTRA) | Paru le 01/01/2009 | 20,00 €


Contributions de :
Élisabeth Anstett, Murielle Bègue, Pierre-Marie Chauvin, Caroline Dufy, Jeanne Hersant, Ronan Hervouet, Cécile Plessard, Marie Plessz, Fabien Reix et Alina Surubaru.


À travers le thème des hiérarchies sociales, cet ouvrage collectif aborde les questions de l'identité et de la composition de l'espace social européen. Les auteurs s'interrogent sur la mobilité sociale, les dynamiques statutaires, l'importance des réseaux sociaux et les conséquences politiques du déclassement social dans différentes sociétés européennes.
La spécificité et l'originalité de cet ouvrage résident dans la variété des terrains d'enquête (Espagne, France, Grande-Bretagne, Grèce, Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Russie), les méthodes utilisées, l'actualité des données récoltées, le caractère inédit des contributions rassemblées et le comparatisme mené à un double niveau, au sein des textes et entre les contributions
 

Introduction aux sciences génériques

Introduction aux sciences génériques

de François LARUELLE

Transphilosophiques (PÉTRA) | Paru le 01/09/2008 | 20,00 €

François Laruelle, professeur émérite de l'Unversité de Paris X-Nanterre, est le fondateur de la "non-philosophie" et a publié une vingtaine d'ouvrages dont Une biographie de l'homme ordinaire (Aubier), Principes de la non-philosophie (PUF), Éthique de l'étranger"(Kimé), La Lutte et l'utopie à la fin des temps philosophiques (Kimé), Mystique non-philosophique (L'Harmattan).



Le terme de "générique" a toujours fait entendre d'autres nuances que philosophiques, il a même servi à renouveler voire à renverser la philosophie. Il s'oppose selon les cas à général et à universel, à global et à particulier, à total et à singulier. Sa nouvelle jeunesse est dans la phénoménologie de la vie courante, quelconque, moyenne ou ordinaire, dans la pratique réelle du "métissage" des connaissances. Il cherche à se faire une place dans le commerce des biens de consommation, dans la production épistémologique des savoirs, et pas seulement à travailler à la marge de l'ontologie.
Sur cette base d'exemples, on décrit certains usages nouveaux de ce prédicat puis on forge le concept radical d'une Science Générique - fusion de la science et du sujet sous la science. Cette science-sujet est non positive, se consomme comme science de la philosophie et prend ainsi le relais de la "non-philosophie". De descriptif, le générique devient un nouvel enjeu entre les penseurs qui s'en servent pour défendre une fois de plus la suffisance philosophique et ceux qui se décident enfin à mettre la philosophie sous la condition déterminante d'une vraie science subjective.

Journal d'une jeune fille irlandaise (1845-1847)

Journal d'une jeune fille irlandaise (1845-1847)

de Hélène Élisabeth

Méandre (PÉTRA) | Paru le 01/06/2008 | 19,00 €


Née en 1968, Hélène Elisabeth réside la majeure partie de son enfance en Allemagne puis à Tahiti à l'adolescence. Elle interrompt une première sa carrière pour un séjour de plusieurs mois en Australie. De retour en France comme juriste d'entreprise, elle effectue divers aller-retour entre Paris et Bischkek (Kirghizstan) et séjourne à Bakou le temps d'une saison.
Hélène Elisabeth vit aujurd'hui aux Etats-Unis, où elle se consacre à l'écriture et à sa petite famille (quatre enfants et un mari hors du commun).



À travers le journal d'une jeune fille aisée en quête d'indépendance, ce roman retrace l'histoire et les conséquences de la Grande Famine ("An Gorta Mor" en gaélique) qui frappa l'Irlande entre 1845 et 1849, entraînant la mort de près d'un million de personnes.
Au fil des pages, le lecteur partage le destin de la famille d'Ann Mahoney et le sort des deux millions d'Irlandais embarqués au péril de leur vie à la recherche d'une vie meilleure au-delà des océans, en l'occurrence ici l'Australie et ses quatre mois de voyage en mer où la mort règne au quotidien.

 

William James : Psychologie et cognition

William James : Psychologie et cognition

de COLLECTIF & Claude DEBRU

Transphilosophiques (PÉTRA) | Paru le 01/03/2008 | 22,00 €

Contributions de :

Pierre Buser est professeur de neurophysiologie à l’Université Pierre et Marie Curie, membre de l’Académie des sciences.

Claude Debru est professeur de philosophie des sciences à l’École normale supérieure, correspondant de l’Académie des sciences.

Mathias Girel, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie, est membre du Centre de recherches sur le pragmatisme et la philosophie analytique à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

Marc Jeannerod est professeur de neurophysiologie à la Faculté de Médecine de l’Université Claude Bernard de Lyon, membre de l’Académie des sciences.

Pierre Livet est professeur de philosophie des sciences à l’Université de Provence à Aix-en-Provence.

Michel Meulders est professeur émérite de neurophysiologie et Prorecteur honoraire à l’Université catholique de Louvain, ancien président de l’Académie royale de médecine de Belgique, membre Associé étranger à l’Académie nationale de médecine de France.


Les Principes de Psychologie (1890) de William James sont un chef-d’oeuvre philosophique et une somme de la psychologie du XIXe siècle. Son cadre philosophique, le cérébralisme, lui sert à imaginer des conjectures hardies, à concevoir des modèles novateurs, à formuler de manière brillante et visionnaire des problèmes et des hypothèses portant sur les mécanismes physiologiques de la vie mentale.
Des scientifiques, spécialistes des neurosciences et de la cognition, de même que des philosophes, proches de la psychologie et des neurosciences, réévaluent l’apport de James à la lumière des acquis du XXe siècle.

D'une édification l'autre : Socialisme et nation dans l'espace (post)-communiste

D'une édification l'autre : Socialisme et nation dans l'espace (post)-communiste

de Marlène LARUELLE & Catherine SERVANT

Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement (PÉTRA) | Paru le 01/01/2008 | 29,00 €

Frédéric BERTRAND est docteur en anthropologie sociale, affilié au laboratoire ATOTEM (Université de Bordeaux II), associé au groupe de recherche "Discours sur le déterminisme ethnique en Russie post-soviétique" (Institut Européen Est-Ouest, ENS-LSH), directeur du Collège universitaire Français de Saint-Pétesbourg en 2000-2002. Ses recherches sur l'anthropologie soviétique et post-soviétique traitent, au travers d'une approche réflexive, des enjeux de l'écriture de l'histoire disciplinaire et du régime d'historicité de l'anthropologie en Russie. Il a publié "L'anthropologie soviétique des années 20-30. Configuration d'une rupture" (Presses Universitaires de Bordeaux, 2002) et une dizaine d'articles dont : "Le Temps des autres et le temps des siens: l'anthropologie soviétique et post-soviétique dans ses rapports problématiques à la temporalité" ("Slavica occitania", n°22, 2006); "Les Enjeux de l'image dans l'anthropologie soviétique des années 20-30" ("Annales HSS", n°1, janvier-février 2006).

Étienne BOISSERIE est maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Paris), en charge des enseignements d'histoire tchèque, slovaque et centre-européenne, docteur en histoire de l'INALCO, diplômé en droit public et international, membre du Centre d'étude de l'Europe médiane (CEEM). Auteur de plusieurs articles et études sur l'histoire et l'historiographie slovaques, il a également publié les ouvrages: "Un conflit entre normes européennes et mémoires nationales: la question magyare en Roumanie et en Slovaquie 1993-1997" (Paris, L'Harmattan, 2003) et (en co-direction avec Catherine Servant) "La Slovaquie face à ses héritages: horizons critiques de la culture slovaque contemporaine" (Paris, L'Harmattan, 2004).

Magda CARNECI est poète, essayiste, docteur en histoire de l'art (EHESS, Paris, 1997), chercheur à l'Institut d'Histoire de l'Art de l'Académie roumaine jusqu'en 2001, lectrice de roumain à l'INALCO (Paris) de 2001 à 2005, membre du CEEM. Elle est à présent directrice de l'Institut Culturel Roumain de Paris. Son champ d'intérêt scientifique reste les arts visuels en Europe de l'Est au cours du XXe siècle, de l'avant-garde au postmodernisme. Elle est l'auteur de plusieurs livres d'art dont "Art of the 1980s in Eastern Europe. Texts on Postmodernism" (Bucarest, Paralela 45, 1999, en anglais) et "Artele plastice în România 1945-1989" [Les Arts plastiques en Roumanie 1945-1989] (Bucarest, Meridiane, 2000). Elle est également la co-éditrice du volume collectif "Perspectives roumaines. Du postcommunisme à l'intégration européenne" (L'Harmattan, 2004), et, très récemment, l'auteur de "Art et pouvoir en Roumanie 1945-1989" (Paris, L'Harmattan, 2007).

Bruno DRWESKI est maître de conférences HDR à l'INALCO, secrétaire scientifique du Centre d'étude de l'Europe médiane, historien, politologue, professeur (invité) de l'Université de Rzeszow (Pologne). Entre autres, il est l'auteur de "La Biélorussie" (Presses Universitaires de France, 1993), "Le 'Petit parlement biélorussien' - les Biélorussiens au parlement polonais de 1922 à 1930" (Paris, L'Harmattan, 2002), et il a dirigé "Octobre 1917: causes, impact, prolongements" (Presses Universitaires de France, 1999). Parmi ses derniers articles : "Nationalisme, Etat et société. La Pologne à l'ombre du Maréchal Pilsudski" et "Pologne-Russie: Mythes, réalités et perspectives" in F. Bafoil (dir.), "La Pologne" (Paris, Fayard-CERI, 2007).

Marlène LARUELLE est docteur de l'Institut national des langues et civilisations orientales (Paris), rattachée à l'équipe pédagogique de la spécialité Russie-CEI au sein du master de recherche de l'IEP de Paris et chercheur associée au Centre d'étude des mondes russe, caucasien et centre-européen (EHESS-CNRS). Elle travaille en philosophie politique sur les idéologies nationalistes dans l'espace post-soviétique, principalement en Russie et en Asie centrale. Elle a publié, entre autres, "L'idéologie eurasiste russe ou comment penser l'empire" (Paris, L'Harmattan, 1999), "Mythe aryen et rêve impérial dans la Russie du XIXe siècle" (Paris, CNRS-Editions, 2005), "La Quête d'une identité impériale. Le néo eurasisme dans la Russie contemporaine" (Paris, Petra, 2007). Elle a co-écrit avec Sébastien Peyrouse deux livres sur l'Asie centrale: "Les Russes du Kazakhstan. Identités nationales et nouveaux Etats dans l'espace post-soviétique" (Paris, Maisonneuve et Larose, 2004) et "Asie centrale, la dérive autoritaire" (Paris, Autrement-CERI, 2006).

Nicolaï MITROKHIN est collaborateur scientifique de l'association Mémorial, spécialiste des questions religieuses et du nationalisme russe. Il est l'auteur, entre autres ouvrages, de "Russkaâ partiâ: Dvizenie russkih nacionalistov v ssr 1953-1985" [Le Parti russe: le mouvement des nationalistes russes en URSS, 1953-1985] (Moscou, NLO, 2003) et "Russkaâ pravoslavnaâ cerkov': sovremennoe sostoânie i aktual'nye problemy" [L'Eglise orthodoxe russe: état des lieux et problèmes actuels] (Moscou, NLO, 2004). Il a également publié de nombreux articles et rapports sur la situation des droits de l'homme, en particulier des droits religieux, en Russie et en Asie centrale. Il travaille actuellement en Allemagne, dans le cadre d'une bourse de la Fondation Humboldt, sur les archives du Parti communiste d'Union soviétique.

Silvia SERRANO est maître de conférences en science politique à la faculté de droit et de science politique de l'Université d'Auvergne et chercheur au Centre d'étude des mondes russe, caucasien et centre-européen (EHESS-CNRS). Ses recherches actuelles portent sur les recompositions géopololitiques aux marches méridionales de l'espace post-soviétique, notamment le Caucase méridional, et sur les nouvelles religiosités au Caucase: islam mondialisé, émergence des religions chrétiennes prosélytes, place de l'Eglise dans la société géorgienne contemporaine. Elle est auteur, notamment, de "Géorgie. Sortie d'empire" (Paris, CNRS-Editions, 2007), et co-auteur (avec A. Le Huérou, A. Merlin et A. Regamey) de "La Tchéchénie, une affaire intérieure? Russes et Tchétchènes dans l'étau de la guerre" (Paris, CERI-Autrement, 2005).

Catherine SERVANT est maître de conférences de littérature tchèque à l'INALCO, diplômée en histoire et en lettres, docteur de l'EHESS (Paris), membre du Centre d'étude de l'Europe médiane. Outre une vingtaine d'articles portant sur l'histoire littéraire, culturelle et intellectuelle des pays tchèques et de la Tchécoslovaquie (XIXe et XXe siècles), elle a publié en 2000, aux Presses universitaires de Montpellier, "Critique et nation. La naissance de la critique dans les lettres tchèques (1860-1890)", et co-dirigé avec Etienne Boisserie "La Slovaquie face à ses héritages: horizons critiques de la culture slovaque contemporaine (Paris, L'Harmattan, 2004). A l'occasion des Belles Etrangères tchèques (1999), dont elle assurait le conseil littéraire, elle a coordonné l'anthologie "Treize écrivains tchèques" (Ed. de l'Aube, 1999) et publié "Nouvelles pragoises", anthologie de nouvelles du XXe siècle (Paris, L'Esprit des Péninsules, 1999). Elle est aussi traductrice littéraire du tchèque et du slovaque.

Virginie SYMANIEC est docteur de l'Institut d'Etudes Théâtrales de l'Université de Paris III. Elle a soutenu sous la direction de Martine de Rougemont une thèse intitulée "Des dramaturgies biélorusiennes à la dramaturgie biélorusienne soviétique: une tragédie de pouvoir" (2000). Auteur de nombreux articles sur les relations entre culture et politique en Biolorussie, et boursière de la Fondation Nationale de la Recherche Suisse, elle poursuit actuellement sa formation postdoctorale en épistémologie comparée des discours sur les langues d'Europe centrale et orientale au Département d'Etudes Slavesde l'Université de Lausanne, sous la direction de Patrick Sériot.

Yves TOMIC est ingénieur d'études à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (Université de Paris X-Nanterre), chercheur associé au Laboratoire d'analyse des systèmes politiques (CNRS, Université de Paris X-Nanterre), co-fondateur de la revue "Balkanique" et de l'Association française d'études sur les Balkans. Il est l'auteur de "La Serbie du prince Milos à Milosevic" (Bruxelles, Peter Lang, 2003) et a publié, entre autres articles: "Du réveil national au 'réveil' religieux? Le cas de la Serbie au tournant du XXIe siècle" ("Balkanique", vol. IX, n°1-2, décembre 2005); "La Vie politique en Serbie de 1987 à 2004: une chronologie" ("Revue d'études contemporatives Est-Ouest", vol. 35, n°1-2, 2004); "La Dérive autoritaire et nationaliste en Serbie: 1987-2000", in S. Yerasimos (dir.), "Le Retour des Balkans, 1991-2001 (Paris, Autrement, 2002).

Alexandre VERKHOVSKI dirigie le Centre d'information et d'analyse spécialisé sur les questions religieuses (SOVA), basé à Moscou, et compte parmi les fondateurs du centre d'analyses politiques Panorama. Spécialiste de l'Eglise orthodoxe russe, il a publié "Politiceskoe pravoslavie. Russkie pravoslavnye nacionalisty i fundamentalisty, 1995-2001" [L'Orthodoxie politique. Les nationalistes et fondamentalistes orthodoxes russes, 1995-2001] (SOVA, 2003). Il a co-écrit de nombreux ouvrages et articles consacrés aux différents courants nationalistes russes publiés par Panorama, notamment (avec E. Mikhaïlovkaïa et V. Pribylovski) "Rossiâ Putina. Pristratnyi Vzglâd" [Regard biaisé sur la Russie de Poutine], 2003. Il a également dirigé plusieurs recueils collectifs, dont : "Cena nevavisti.Nacionalizm v Rossii i protivodejstvie rasistkim predstupleniâm" [Le Prix de la haine. Le nationalisme en Russie et l'opposition aux crimes racistes] 2005; "Putâni nesvobody" [Les chemins de la non-liberté], 2005; Demokratiâ vertikali [Démocratie de la verticale], 2006.


La fréquente cristallisation intellectuelle et politique des anciens pays de l'Est autour du thème de la nation réactive-t-elle aujourd'hui des problématiques nationales nées au XIXe siècle, et restées en suspens pendant un intermède communiste de durée variable, ou peut-elle être considérée comme la survivance d'un ensemble d'idées et de valeurs entretenues par les différents régimes communistes mêmes?
En se proposant d'explorer les liens entre construction de la nation et construction du socialisme, cet ouvrage collectif réunit des dix-neuvièmistes et des vingtièmistes, des historiens et des spécialistes d'histoire culturelle, intellectuelle et artistique, afin d'amorcer un travail comparatiste entre les aires que l'on s'emploie trop rarement à rapprocher, l'Europe centrale et les Etats (post-)soviétiques.
Les investigations présentées ici portent en premier lieu sur les régimes communistes, contraints de s'adapter aux contextes nationaux et conduits à développer eux-mêmes, à différentes échelles, un nationalisme s'inscrivant dans une certaine continuité, légataire singulier d'un imaginaire national construit au XIXe siècle - et nullement en rupture avec ce dernier. Or, une telle réflexion tend aussi vers l'époque contemporaine et la nouvelle carte européenne née de la chute du rideau de fer : de la construction du socialisme à la (re)construction de la nation.

Au pied de l'échafaud

Au pied de l'échafaud

de Pierre ESPERBÉ

Méandre (PÉTRA) | Paru le 15/10/2007 | 18,00 €

Poète, auteur dramatique, parolier, Pierre Esperbé, né en 1924, a collaboré à plusieurs radios associatives. Depuis 1991, il a présenté sur Radio Aligre (93.1) plusieurs émissions et il anime actuellement "Paroles et chansons" afin de promouvoir des auteurs et compositeurs de la chanson francophone. Il a récemment publié chez L'Harmattan, Des histoires de Paris et La Presse: à croire ou à laisser.


La guillotine doit être déplacée, elle incommode les habitants à proximité immédiate. Elle attendra d'ailleurs son lot de condamnés amenés par charrettes. Les procès se font expéditifs. Les accusateurs d'hier peuvent d'un coup devenir les accusés du jour et les exécutés du soir. Paris mêle bourreaux et victimes, qui se retrouvent alternativement face à la guillotine, dans cette triste interprétation de ce magnifique idéal exprimé dans la Déclaration des Droits de l'Homme. Robespierre règne encore sur l'Assemblée mais jusqu'à quand? La foule parisienne conserve le goût du sang, alors que quelques députés apeurés redressent la tête. Jean-Baptiste, Philippe et Henri font partie de cette Convention. Quelle est leur place et surtout quelles sont leurs motivations dans ce jeu politique où la mort peut les surprendre au coin de la rue, et l'amour aussi?
 

Retour des choses (Instantanes de voyage)

Retour des choses (Instantanes de voyage)

de Éric FOUGÈRE

Pierres écrites (PÉTRA) | Paru le 14/10/2007 | 17,50 €

 

Eric Fougère est l’auteur d’une dizaine de livres ayant en commun l’usage et la poésie de lieux qui le conduisent à vivre une géographie du déplacement, d’Amérique du Sud en Océanie, des Comores aux Antilles où il enseigne et réside actuellement.


L’auteur a vu dans le voyage un moyen de prendre au mot les choses. Une question se pose en effet : qu’est-ce qu’il advient des choses en passant dans les mots ? Par-delà le récit de voyage et le tableau de mœurs, au-delà du journal intime et d’impressions, le but est moins de faire des rencontres ou de renseigner sur des pays que de se demander si le réel est encore possible, et comment s’en saisir, afin d’aussitôt s’en détacher. Car une condition de voyage en même temps que d’écriture est la distance. On ne s’en va que pour disparaître. On ne revient que pour se découvrir. Aussi lira-t-on ces instantanés pris sur le vif à des morceaux de continents comme autant de miniatures où le réel est en définitive abstrait des réalités qui lui donnent une importance ; ou comme on pourra, puisque ce n’est pas nous qui créons, mais le monde incréé qui nous construit.

Les recherches en sciences humaines et sociales dans les écoles d'ingénieurs

Les recherches en sciences humaines et sociales dans les écoles d'ingénieurs

de Michel FAUCHEUX

Acta Stoica (PÉTRA) | Paru le 01/03/2007 | 22,00 €


Cet ouvrage vise à parcourir l'espace des recherches en sciences humaines et sociales dans les écoles d'ingénieurs. En effet, si les voies d'entrée dans ce type de recherches sont variables ou multiples, pour autant, elles dessinent des champs de réflexion, les contours d'une épistémologie voire d'une rationalité semblables. Elles mettent également en oeuvre les éléments d'une méthodologie récurrente.
Ce qui est en jeu dans la réflexion développée dans cet ouvrage, c'est bien, en effet, de déblayer le champ d'un espace de savoir encore largement inexploré qui constitue un enjeu nouveau de connaissance, celui des recherches en sciences humaines et sociales dans les écoles d'ingénieurs.

La quête d'une identité impériale. Le néo-eurasisme dans la Russie contemporaine

La quête d'une identité impériale. Le néo-eurasisme dans la Russie contemporaine

de Marlène LARUELLE

Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement (PÉTRA) | Paru le 01/01/2007 | 27,00 €

Marlène Laruelle est politiste et sociologue, spécialiste de l’Asie centrale et de la partie extrême-orientale de la Russie. Senior Research Fellow au Central Asia and Caucasus Institute (SAIS, Johns Hopkins University, Washington D.C.), elle est également chercheur associé au Centre d'études des mondes russes, caucasiens et centre-européen (CERCEC)  et à l’Observatoire des États post-soviétiques (INALCO). Elle est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur ces thèmes et co-directrice de la collection "Sociétés et cultures post-soviétiques en mouvement" aux éditions Pétra.

 

Le néo-eurasisme est l'idéologie la plus travaillée des différents courants de pensée conservateurs qui émergent dans les années 1990 en Russie. Il prône la réunification de l'espace post-soviétique et le retour de la Russie à une politique de "grande puissance".
Ses grands doctrinaires (Lev Gumilev, Alexandre Panarin, Alexandre Dugin) ont une influence conséquente sur la vie intellectuelle russe. Le référent néo-eurasiste se développe également dans les milieux académiques et politiques de républiques comme le Kazakhstan ou le Tatarstan, ainsi que dans les institutions de représentation de l'islam post-soviétique.
Bien qu'il soit parfois présenté comme étant aux marges du nationalisme russe, le néo-eurasisme en est, d'une certaine manière, le coeur doctrinal: idéologie de la restauration, il défend l'autoritarisme politique par des arguments culturalistes. Il prône une vision essentialiste des nations, de leur conflictualité, et constitue à ce titre la version russe des grands courants du fondamentalisme culturel qui touchent l'ensemble de la planète aujourd'hui.

Les notions de métaphore et d'analogie dans les épistémologies des modèles et des simulations

Les notions de métaphore et d'analogie dans les épistémologies des modèles et des simulations

de Franck VARENNE

Acta Stoica (PÉTRA) | Paru le 01/01/2006 | 12,00 €

Maître de conférences en philosophie de la connaissance (section 17), Université de Rouen (France). Co-créateur de la Licence intensive "Humanités et Monde Contemporain" de l'Université de Rouen, avec Anne Vial-Logeay et Marc Deramaix. Directeur du département de philosophie de 2009 à 2011. Chercheur rattaché au Groupe d'Etude des Méthodes de l'Analyse Sociologique de la Sorbonne (GEMASS - UMR 8598 / CNRS / Paris 4 - Sorbonne). Membre du "Comité de Pilotage" du RNSC (Réseau National des Systèmes Complexes). Membre chercheur associé de l'Institut des Systèmes Complexes - Paris- Île-de-France (ISC-PIF). Membre de l'Institute for Complex Systems in Normandy (ISCN).

 

Le développement considérable des simulations informatiques dans les sciences contemporaines impose une remise à plat des épistémologies des modèles. Franck Varenne propose de revenir sur les limites des notions de métaphore et d'analogie pour penser les modèles, en particulier quand il s'agit des modèles composés, des pluri-modèles et des modèles de simulation (à objets ou à agents), tels qu'ils se développent depuis une dizaine d'années. Il suggère que le paradigme linguistique, à l'oeuvre aussi bien dans la pensée analytique anglo-saxonne que dans la pensée dialectique et pragmatique continentale, trouve ses limites manifestes devant les nouveaux usages épistémiques de telles simulations. Il propose que l'histoire et la philosophie des sciences contemporaine en prennent désormais toute la mesure.
Sa conférence est suivie de la retranscription d'un débat fourni, d'abord oral, puis écrit, tel qu'il s'est prolongé, dans les mois qui ont suivi, avec plusieurs personnalités qui réfléchissent sur les modèles, sur les formalisations et sur la science contemporaine. On y verra quelques objections mais aussi beaucoup de points d'accord. Ce débat est l'occasion pour l'auteur d'expliquer davantage son approche et d'ouvrir encore la réflexion, aussi bien avec les scientifiques, les historiens qu'avec les philosophes.

Comparer, catégoriser, faire sens : L’analogie, des figures du discours aux discours à propos des figures

Comparer, catégoriser, faire sens : L’analogie, des figures du discours aux discours à propos des figures

de Igor BABOU

Acta Stoica (PÉTRA) | Paru le 01/01/2006 | 12,00 €


Igor Babou est maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication à l'ENS-LSH de Lyon et membre du Laboratoire C2So (ENS-LSH). Ses recherches portent entre autres sur les discours médiatiques à la télévision. A ce titre, il a pubié en 2004 Le Cerveau vu par la télévision (PUF).


L'analogie est un mode de raisonnement courant qui repose sur la similitude de rapports entre deux ordres de phénomènes hétérogènes: il s'agit de trouver de l'identique sous le divers. De par sa proximité avec la métaphore, l'analogie a été régulièrement critiquée tant par les sciences de la nature que par la philosophie ou les sciences sociales: elle ferait au mieux partie d'un stade pré-scientifique de la pensée, et au pire elle relèverait d'impostures intellectuelles dans ses utilisations contemporaines. Pourtant, lorsqu'on distingue entre les différents statuts de l'analogie, et sous certaines conditions d'utilisation, on peut y trouver des ressources théoriques et empiriques tout à fait légitimes.
A partir d'exemples pris dans l'analyse de la vulgarisation scientifique à la télévision, on montrera comment l'identification d'analogies (ou plutôt d'homologies structurelles) peut éclairer la recherche en communication sur certains aspects des relations entre science et société.

Protection de l'enfance et placement familial : La Fondation Grancher : De l'hygiénisme à la suppléance parentale

Protection de l'enfance et placement familial : La Fondation Grancher : De l'hygiénisme à la suppléance parentale

de Michèle BECQUEMIN

Éducation, art du possible (PÉTRA) | Paru le 01/09/2005 | 22,00 €


Préface de Catherine ROLLET
 

Michèle Becquemin est éducatrice de formation initiale. Elle est actuellement sociologue, maître de conférence associée à l'Université Paris XII Créteil et membre du Groupe de recherche Ecole, Travail et institutions de l'université Paris VIII.



En retraçant l'histoire du placement familial de la Fondation Grancher, cet ouvrage met en lumière de façon significative les enjeux démographiques, politiques et professionnels qui ont traversé l'un des secteurs les plus anciens de la protection de l'enfance.
En 1903, Joseph Grancher, un médecin spécialiste des maladies respiratoires, proche collaborateur de Louis Pasteur, crée une association intitulée "Oeuvre de préservation de l'enfance contre la tuberculose". Le régime républicain est alors à peine stabilisé; les radicaux au gouvernement doivent faire face au déficit démographique et aux problèmes de la classe ouvrière écrasée par les contraintes du salariat. C'est dans le mouvement de réforme sociale, où les hygiénistes solidaristes jouent un rôle moteur, que se situe l'entreprise de Joseph Grancher. Elle consiste à préserver de la tuberculose des enfants non contaminés, issus des familles ouvrières parisiennes malades, en les plaçant dans des familles d'accueil en Sologne, avec l'intention de contribuer à repeupler cette région. A l'époque, il n'existe ni traitement efficace de la maladie, ni disposition légale autorisant le placement sanitaire préventif. Les agents de l'Oeuvre devront donc convaincre les familles de se séparer de leurs enfants pour des durées éventuellement très longues. L'institution de Joseph Grancher deviendra un modèle qui sera reproduit, sous la forme de filiales autonomes animées par des médecins, dans tous les départements de France, avec le soutien des pouvoirs publics. A la fin des années 1960, la tuberculose étant quasiment éradiquée, l'Oeuvre Grancher réorientera son action vers la protection de l'enfance en danger grâce à l'implication de pédopsychiatres psychanalystes inspirés par les conceptions du Dr Myriam David. Devenue Fondation d'utilité publique en 2001, cette institution reçoit aujourd'hui deux cent trente enfants dans ses services de placement familial situés en Sologne, à Chartres et à Paris.
Cette monographie a été réalisée à partir des archives de la Fondation Grancher et de l'Institut Pasteur ; elle est illustrée de témoignages de membres de la Fondation. L'analyse socio-historique met en relief les interactions entre l'institution, les familles, les professions concernées et les instances politico-législatives dans le processus de gain et de maintien d'une légitimité d'ation publique.

 

La révolution symbolique : La constitution de l'écriture symbolique mathématique

La révolution symbolique : La constitution de l'écriture symbolique mathématique

de Michel SERFATI

Transphilosophiques (PÉTRA) | Paru le 01/05/2005 | 32,00 €

Michel Serfati est docteur ès-sciences mathématiques et docteur en philosophie. Ses travaux concernent en particulier les supports algébriques des logiques à plusieurs valeurs, la philosophie de l’écriture symbolique mathématique et l’histoire des mathématiques au XVIIe siècle. Professeur honoraire de chaire supérieure de mathématiques, il dirige depuis de très nombreuses années le séminaire d’épistémologie et d’histoire des idées mathématiques de l’IREM de l’Université Paris VII, qui se tient à l’Institut Henri Poincaré, à Paris. Il est aussi organisateur de nombreux colloques d’histoire et de philosophie des mathématiques, et auteur ou éditeur d’ouvrages dans ces deux disciplines.


Cet ouvrage de philosophie, d’épistémologie, et d’histoire des mathématiques est d’abord consacré à décrire la constitution de l'écriture symbolique mathématique. Il est construit autour de la thèse de doctorat de philosophie soutenue par son auteur – un mathématicien professionnel – et d’une critique argumentée d’un certain platonisme «spontané». Le premier objectif est de cerner épistémologiquement le passage historique entre les périodes grecque et médiévale, où tout s’écrit et se calcule dans la langue naturelle, aux écritures symboliques raffinées, semblables aux écritures modernes, de la fin du XVIIe siècle. L’ouvrage démontre qu’il s’est agi, non pas simplement d’un «changement de notations», mais bien d’une «révolution symbolique», décisive et historiquement datée. Les mathématiques empruntèrent des voies conceptuellement neuves après cet «avènement symbolique» dix-septiémiste –, dès lors ainsi situé à la racine des mathématiques modernes et contemporaines. Au travers des contributions des trois protagonistes essentiels, Viète, Descartes, et Leibniz, l’ouvrage analyse, à propos de divers signes (telle la «lettre»), les avatars de leurs occurrences et de leur constitution, puis les motifs profonds de leur triomphe ultime ou de leur abandon. Il montre ensuite en quoi l'avènement de l’écriture symbolique a contribué à l'invention en mathématiques même, tâchant ainsi d’éclairer la nature intime de ce «pouvoir de créer» chez les mathématiciens qu’évoque Dedekind et que relève Cavaillès.

Les Vestiges de Janvier

Les Vestiges de Janvier

de Jeanne BRESCIANI

Pierres écrites (PÉTRA) | Paru le 01/12/2004 | 16,00 €

Jeanne Bresciani, qui vit et travaille à Paris, a publié son premier récit, Affriques, en 1981. Elle a obtenu le « Prix du livre corse », de langue française, en 2002, avec le Deux, rue de la Marine, écrit en collaboration avec sa sœur, Hélène Bresciani, publié aux éditions « Les vents contraires ». Les Vestiges de Janvier est son quatrième ouvrage.


Le narrateur principal, Giambattista Bellingeri, homme d'une soixantaine d'années et romancier connu sous le pseudonyme de Janvier, revient à Rome où il a séjourné quelques années auparavant, à la Villa Médicis, afin de reconstituer l'histoire d\'amour tragique de ses amis disparus : Charles Janvier et Vanina Ventiseri. Charles vient de mourir et Vanina, depuis quelque temps, n'a plus donné signe de vie, jusqu'au "coup de théâtre" final...
En écrivant leur histoire, c'est son propre passé douloureux que Janvier va livrer. Tous les vestiges mémoriels d'une vie, les vestiges de l'enfance, les événements marquants ou mineurs, les citations d'auteurs, les réflexions personnelles, les amours perdues, les non-dits, les drames, les secrets de famille... Ces fragments vont se rassembler peu à peu sous sa plume sensible et poétique, tissant des correspondances entre vie et mort, réalité et fiction.

Philosophie de l'interdisciplinarité : Correspondance (1999-204) sur la recherche scientifique, la modélisation et les objets complexes

Philosophie de l'interdisciplinarité : Correspondance (1999-204) sur la recherche scientifique, la modélisation et les objets complexes

de Jean-Marie LEGAY & Anne-Françoise SCHMID

Transphilosophiques (PÉTRA) | Paru le 01/11/2004 | 25,00 €

Jean-Marie Legay, fut Professeur émérite honoraire à l'Université Claude Bernard-Lyon 1, UMR C.N.R.S. 5558 "Biométrie et Biologie évolutive".

Anne-Françoise Schmid, est Maître de Conférences à l'Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Lyon, membre de l'UMR C.N.R.S. 7117 "Laboratoire de Philosophie et d'Histoire des Sciences - Archives Henri Poincaré", Universitéde Nancy 2.


Voici une philosophie et un exercice d’interdisciplinarité effective. Un biologiste et une philosophe se soumettent aux conditions d’un échange épistolaire sur les problèmes rémanents mais non explicitement formulés de la pratique scientifique et philosophique contemporaine. C’est une expérience privilégiée, car les présupposés ordinaires de l’épistémologie voient la science déjà faite et le philosophe en situation d’interrogation. Un autre style est ici proposé, une expérience de science et de philosophie, qui redistribue plus équitablement la pensée. Il y est question du simple, du compliqué, du complexe, de décision, de pluridisciplinarité à l’occasion d’objets contemporains, que décrivent des méthodes de modélisation et pas seulement des théories.
Ce livre tente de reconstruire à propos des sciences et des philosophies de nouvelles relations sans qu’il soit fait appel à l’autorité et aux normes de la philosophie.
 

La philosophie telle quelle : Suivie de Conversation apocryphe entre Bergson et Russell

La philosophie telle quelle : Suivie de Conversation apocryphe entre Bergson et Russell

de Jean-Claude DUMONCEL

Transphilosophiques (PÉTRA) | Paru le 01/06/2004 | 25,00 €


  • Né le 18 juillet 1944 à Bricquebec (Manche).
  • Doctorat d’Etat en philosophie pour une thèse sur Le système de Whitehead & la philosophie analytique (Nantes, 1987).
  • A été chargé de cours en logique, esthétique, histoire des mathématiques et philosophie des mathématiques à l’Université de Caen.
  • Professeur au Centre d’Etudes Théologiques de Caen où il enseigne la logique et la philosophie de la nature.
  • Collabore régulièrement à la revue History and Philosophy of Logic.
  • Membre de l’équipe Academos du CNRS aux Archives Henri Poincaré de Nancy.
  • Membre correspondant de l’Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Caen.
  • Membre fondateur de la Société Normande de Philosophie.
  • A publié entre autres :

    Le jeu de Wittgenstein (PUF, 1991),
    Le Symbole d’Hécate : Philosophie deleuzienne et roman proustien (HYX, 1996),
    La tradition de la Mathesis Universalis : Platon, Leibniz, Russell (Unebévue-éditeur, 2002),
    Philosophie des mathématiques (Ellipses, 2002),
    La philosophie telle quelle (Pétra, 2004),
    Deleuze face à face (M-éditer, 20o9).

    Whitehead ou le Cosmos torrentiel (en collaboration avec Michel Weber, Chromatika, 2010)

  • En préparation : Cavaillès et Lauman : Mémoire, Mathématiques et Résistance (Mille Sources).
  • A écrit un roman, Le testament du professeur Sigelson, inédit.

 

Comment produire un concept de la Philosophie qui soit à la fois celui des Problèmes qu'elle affronte et celui de son Histoire ? À cette interrogation répond le concept de Philosophie Telle quelle, où sont aux prises deux définitions de la philosophie, selon que son objet se trouve dans les Transcendantaux ou les Multiplicités.
La pensée se révèle alors tracée de singularités dans un schématisme universel, comme si un seul et même personnage virtuel s'appelait Er chez Platon, Sextus chez Leibniz et Smith chez Wittgenstein. L'élan ainsi trouvé, les Problèmes s'articulent sur une Méthode que domine l'expérience du Voir-comme wittgensteinien, se subordonnant les technicités de la Philosophie Analytique.
En contrepoint fictif, la Conversation de Russell avec Bergson, permet de pénétrer dans les soubassements dont dépend l'exercice de la pensée contemporaine.

Bourdieu et Laruelle : Sociologie réflexive et non-philosophie

Bourdieu et Laruelle : Sociologie réflexive et non-philosophie

de Éric MOLLET

Transphilosophiques (PÉTRA) | Paru le 01/06/2003 | 25,00 €

Philosophie et sociologie apparaissent aujourd'hui parfois comme deux sœurs ennemies entre lesquelles le dialogue est difficile, voire impossible. Lorsque l'indifférence n'est pas de mise, chacune prétend récupérer, assujettir ou assimiler l'autre. Pourquoi le débat entre ces deux disciplines prend-il inévitablement la forme d'un dialogue de sourds dans lequel les mêmes arguments reviennent sans cesse ? À la philosophie revient le droit de discuter de la scientificité de la sociologie ; à la sociologie celui de la pertinence de la philosophie. Mais, en fait, chacune entend restreindre le domaine d'application de l'autre, en limiter les prétentions pour, en définitive, l'asservir et l'utiliser en vue de ses propres fins.
Faute d'une définition rigoureuse et d'une connaissance réelle de la philosophie, cette lutte intestine n'est pas près de prendre fin. Au contraire, l'opposition se nourrit de cette ignorance et l'alimente.
L'ambition de ce livre est double. Il est d'abord une tentative d'explicitation des problèmes et des enjeux théoriques qui alimentent le débat entre philosophie et sociologie sans pour autant prétendre y mettre un terme. Il est, ensuite, par la forme même de son exposition, une introduction aux pensées de P. Bourdieu et de F. Laruelle. Ces deux penseurs ont en commun d'avoir cherché à élaborer un savoir sur la philosophie, de penser la philosophie plutôt que de penser philosophiquement.

 

Que peut la peinture pour l'esthétique ?

Que peut la peinture pour l'esthétique ?

de Gilbert KIEFFER

Transphilosophiques (PÉTRA) | Paru le 01/01/2003 | 25,00 €


Gilbert Kieffer est artiste peintre et docteur en philosophie de l'Université de Paris X Nanterre. Né en France en 1953, il a passé de longues années à l'île de la Réunion. Fasciné par le volcanisme et la mythologie de pétrification des formes, il a réalisé des polyptyques de grande dimension. Il a vécu six années à Lima, au Pérou, rencontré le tellurisme désertique et aérien des Andes, la mystique précolombienne et le monde des Incas. Actuellement il vit et travaille au San Salvador (Amérique centrale), dans le monde des Anciens Mayas…


Tous les peintres sont potentiellement philosophes, parce que leurs effets sont bien souvent des matérialisations techniques de rêveries. Quand un peintre passe des heures à lisser les couches de couleurs, qu'il essaie de donner certains reflets de surface ou de profondeur, il fait toujours et avant tout un travail de méditation. Il le fait sur la matière qu'il utilise, le miroir-palette, l'amalgame dont il vient d'expérimenter la propriété particulière, la matière qu'il cherche à représenter ; il le fait en saisissant du même mouvement sa vie propre, et en la traduisant dans ce langage technique qui deviendra son style. Tout est technique au fond, mais la technique elle-même est inspiration, méditation, rêverie.
La question est la suivante, si l’art pense, a-t-il besoin de raisonner ? Et si par l’abus de la comparaison on affirme qu’il raisonne, a-t-il besoin de mots pour le faire ? Ne peut-il le faire en images par exemple ? L’art a-t-il besoin de l’esthétique ? Et l’esthétique a-t-elle besoin de mots, voilà la vraie question ? Il est inutile de se demander si l’esthétique a besoin de philosophie, puisque l’esthétique est d’essence philosophique. 

Que peut la philosophie des sciences ? (Transphilosophiques)

Que peut la philosophie des sciences ? (Transphilosophiques)

de Anne-Françoise SCHMID

Transphilosophiques (PÉTRA) | Paru le | 22,00 €

Maître de Conférences d'épistémologie, HDR HC, Qualifiée aux fonctions de professeur des Universités par les sections 17 (philosophie) et 72 (Epistémologie, histoire des sciences et des techniques), Membre nommé, puis élu (2011) à la section 72 du CNU (Epistémologie, histoire des sciences et des techniques), Professeur invité au Collège de Belgique (Académie Royale des Sciences) en 2009, 2011, 2012.

 

L'épistémologie n'a pas occulté la philosophie des sciences. Depuis que les sciences sont devenues multiples, relativement autonomes et interconnectées, la philosophie des sciences a retrouvé droit de cité à côté de l'épistémologie. Elle donne les conditions philosophiques élémentaires d'application de l'épistémologie aux pratiques scientifiques.
L'étudiant débutant scientifique ou philosophe trouvera ici une introduction et un guide dans la philosophie des sciences illustré par des exemples historiques peu habituels; l'étudiant avancé y trouvera un accès aux problèmes posés par les sciences contemporaines (minimalisme et complexité), ainsi que des hypothèses pour comprendre l'intrication des disciplines scientifiques et philosophiques.

Littérature française-Littératures lusophones: regards croisés

Littérature française-Littératures lusophones: regards croisés

de Pierre RIVAS

Littérature comparée / Histoire et critique (PÉTRA) | Paru le | 27,00 €

Les littératures lusophones - Portugal, Brésil, Cap-Vert - ont séduit quelques-uns des écrivains français les plus inspirés; des réseaux d'amitié se sont tissés, des échanges et des découvertes favorisés par des revues comme Les Cahiers du Sud; des passeurs insiprés: Valery Larbaud, Pierre Hourcade; Casais Monteiro, auteur de la première étude sur Jules Supervielle accueille et publie Henri Michaux. Armand Guibert internationalisera le nom de Fernando Pessoa. Une veine plus régionaliste, voire exotique, trouve dans l'oeuvre de Jorge Amado un lectorat plus réticent face au modernisme (Mario de Andrade); mais le Brésil marque la littérature française de son ascendant (Cendrars, Michaux, Péret). La poésie cap-verdienne, trop méconnue, cherche et trouve son identité dans la dilacération entre insularité et nécessité de l'ailleurs.

On s'attachera d'abord aux préalables théoriques : latinité, salazarisme, avant-garde, construction des littératures nationales, chemins croisés, éléments du lusitanisme français et signification de la francophonie lusophone.