l'autre LIVRE

MURMURE (LE)

Salon 2018 : Retrouvez cet éditeur sur le stand C18

Les Éditions du Murmure ont pour volonté de s’ouvrir à des cultures, des minorités ou plus simplement des auteurs encore non traduits ou restés dans l’ombre. D’autre part, elles désirent promouvoir certains travaux universitaires en sciences humaines et lettres.

Adresse : 9, allée des marronniers
21800 Neuilly-lès-Dijon
Téléphone :0686576827
Site web :http://www.editions-du-murmure.fr/
Courriel :nous contacter
Diffusion :Hobo Diffusion
Distribution :Makassar
Représentant légal :David Demartis & Jérôme Martin
Forme juridique :SARL
Racine ISBN :2-915-099 et
Nombre de titre au catalogue :65
Tirage moyen :600
Spécialités :Essais Poésie bilingue étrangère Littérature
Rencontres

Rencontres

de Jeanne CRESSANGES

LE MURMURE (MURMURE (LE)) | Paru le 15/12/2014 | 14,00 €

Ce recueil de nouvelles évoque le thème de la rencontre vu au travers du prisme féminin. Les rencontres, qu’elles soient attendues ou inopinées, redoutées ou espérées, sculptent le quotidien de chacun, décident des peines et des joies. La dimension du plaisir est évidemment sous-jacente.

Invasion Zombie

Invasion Zombie

de Antonio Dominguez LEIVA

Borderline (MURMURE (LE)) | Paru le 27/06/2013 | 7,00 €

Il est peu d'images aussi marquantes, dans le cadre de l'esthétique contemporaine de l'extrême, que la surenchère transmédiatique et véritablement planétaire des morts vivants. Après une décennie (1985-1995) qui avait connue la "fin du zombie" dans le média qui lui avait été jusque-là le plus propice - le cinéma -, la créature, fidèle à elle-même, renaît de plus belle au tournant du nouveau millénaire, envahissant les plus divers recoins de l'iconosphère globale. 

Face à une telle invasion, et en syntonie avec la prolifération de "zombie studies", le temps est venu de s'attaquer de front aux morts-vivants, et de rendre compte des mythèmes et des motifs essentiels qui configurent leur esthétique.

Messaline, impératrice et putain

Messaline, impératrice et putain

de Antonio Dominguez LEIVA

U-Limit (MURMURE (LE)) | Paru le | 24,50 €

Malgré l’éclat légendaire de son nom, Messaline reste une grande inconnue que tous croient connaître. C’est pourtant à un voyage véritablement extraordinaire que les discrètes, mais fascinantes, traces de l’impératrice nous invitent. Personnification d’un vice, la luxure, et du genre féminin, Messaline est peu à peu devenue un des principaux mythes érotiques de l’Occident jusqu’à incarner la plus sulfureuse des femmes fatales. Fusion vivante de féminité et sexualité mais aussi d’Éros et Thanatos, Messaline occupe une place de choix, même si bien souvent occultée et souterraine, dans l’imaginaire occidental qui en est à la fois rebuté et envoûté. Elle-même marginale, elle aura hanté la lisière des « mauvais genres », alimentant une poétique du mauvais goût (du kitsch à l’obscène, en passant par la comédie vulgaire), mais aussi des œuvres fortes en marge du canon, obsédées par sa présence enchanteresse (Sade, Jarry, Casanova, Graves, etc.). Elle règne ainsi sur de vastes pans de notre imaginaire culturel, des opéras baroques aux romans archéologiques de la fin-de-siècle, des manuels sexologiques aux nympho-romans les plus pulp, de l’historiographie aux pornopéplums de la révolution sexuelle. Traçant par sa scandaleuse présence une traînée de stupre s’étendant de l’Antiquité jusqu’à notre paradoxale hypermodernité, elle relie dans une perspective souvent étonnante les dessous de la tradition classique qui ne nous a jamais réellement quittés, et, plus important sans doute, elle dessine en creux l’histoire de la répression du désir féminin et, partant, de la féminité elle-même.

De là son triomphe inattendu dans nos sociétés post-disciplinaires, qui croient en avoir fini avec elle mais sont toutes entières fascinées par la splendeur dévergondée de ses lointaines héritières, les néo-nymphos qui, de la musique pop au porno hard sillonnent la culture de masses du Village Global. Dans cette disparition paradoxale qui se lit comme un triomphe sans égal, affranchie de la damnatio memoriae qui pendant deux mille ans avait couvert son image d’opprobre, Messaline aura-t-elle enfin trouvé le bonheur ?

Les Forteresses de l'oubli

Les Forteresses de l'oubli

de Serge MONCOMBLE

en dehors (MURMURE (LE)) | Paru le | 13,00 €

Alors que tant de livres sont présentés de manière identifiée, voire calibrée, Serge Moncomble écrit Les Forteresses de l'oubli, éminemment fidèle à l'esthétique romantique refusant la séparation des genres au nom de la complexité de la vie. Ce n'est pas seulement par ce refus que Serge Moncomble est romantique, c'est aussi par une forme de sensibilité. Il y a belle lurette, heureusement, que l'on ne parle plus de « nouveaux romantiques ». Mais, hors de toute école et de toute mode, peut survenir un météorite méritant l'adjectif.

Ce livre mêle le poème, le récit, l'imprécation, la prose poétique, passe de la phrase nominale à la phrase-fleuve, de l'économie de mots à l'élan lyrique. D'autres écrivains ont ainsi dans le même livre changé de genre et de mètre. Parfois avec une préoccupation expérimentale ou le souci de prouver une virtuosité multiforme. Ici, rien de formel, rien de gratuit. La diversité des écritures répond au projet même du livre, à la personnalité de Joseph Dardanel qui se cherche, cherche sa forme, sa justification. Son père, enfant abandonné, fut placé par l'Assistance publique dans le Morvan. Ou plutôt déplacé. N'est-il pas né à Drancy, ville tristement célèbre pour d'autres déportations ? Cet abandon, cette ignorance des origines, cette illégitimité initiale ont empoisonné la vie de Joseph Dardanel, voyageur sur la terre, exilé de sa propre vie. Ses années d'internat ont été vécues sous le signe de l'abandon, malédiction qui pèse sur la famille et impose une grille d'interprétation. Les Forteresses de l'oubli nous font entrer dans d'autres forteresses, asiles, pensionnats, hôpitaux, où l'on accueille de pauvres hères pour en protéger la société plus que pour les protéger d'eux-mêmes. Murs, dortoirs, couloirs, médecins, prêtres, maîtres, gardiens… Le monde est bien fait.

Un autre événement a fêlé l'existence de Joseph Dardanel, la mort à la naissance d'un frère aîné, victime du forceps d'un médecin-boucher. « Comment mériter de survivre, là où l'autre avait échoué ? » Et le livre s'achève sur les retrouvailles sa fille dont on apprend l'existence à la dernière page. Encore une ellipse ou éclipse.

Serge Moncomble n'écrit pas, loin s'en faut, comme Marguerite Audoux. Pourtant, je sens une parenté entre Les Forteresses de l'oubli et Marie-Claire. Par la sympathie profonde, vraie, avec les pauvres gens. Pauvres au sens économique du terme, mais autrement démunis, pauvres en mémoire, pauvres en mots, pauvres en récits qui les justifieraient. Peut-être plus grave encore que la misère ou la maladie génétique, la lacune historique se transmet chez ces êtres qui ne peuvent rassembler des vies en lambeaux, la leur et celle de leurs ascendants. Gens sans arbres généalogiques bien dessinés, bien encadrés, sans portraits d'ancêtres, sans biographies, sans nécrologies. Les autres, les gens installés et disposant d'un pouvoir, reçoivent dans le livre des volées de révolte et de mépris. Ainsi que l'époque où ils vivent, hypocrite et frelatée. Mais Serge Moncomble écrit aussi des pages de douceur, pour évoquer le paradis perdu du Morvan, ses bois, ses eaux, ses fougères…

Ni récit d'une vie, et pour cause, ni analyse clinique d'un mal-être, ce livre approche de la plus belle manière un problème majeur, celui de la transmission ou de la non-transmission d'une histoire entre générations. Il inverse la formule « les gens heureux n'ont pas d'histoire » pour faire ressentir cette autre vérité : « les gens sans histoire sont malheureux ». Il a le grand mérite de donner une forme littéraire à cette douleur, avec lyrisme, rage et tendresse.

Michel Besnier