l'autre LIVRE

MANUCIUS

Salon 2018 : Retrouvez cet éditeur sur le stand B25

Histoire
Au début du XVIe siècle, Aldo Manuzio dit Manuce, humaniste vénitien, fonde sa propre imprimerie. Il inaugure ce qui sera plus tard appelé la «dynastie des Aldes» et lance un programme de publications qui va fournir quelques-uns des plus beaux volumes de l’histoire de l’édition. Dans la tradition de la Renaissance il se concentre sur les auteurs de l’antiquité et met à disposition les auteurs grecs et latins classiques dont il respecte scrupuleusement le texte original afin de laisser le lecteur «converser librement avec les morts glorieux». Les volumes produits par son imprimerie portaient la fameuse marque au dauphin, symbole d’agilité, enlacé autour d’une ancre (repris dans le logo de la maison), symbolisant la stabilité et qu’entourait le nom «ALDVS» en deux syllabes. La devise des Aldes étant Festina lente autrement dit «hâte-toi lentement» qualité sans nul doute précieuse en matière d’édition…
Mais cet humaniste distingué ne va pas se contenter d’exhumer pour large part la culture gréco-latine, il va également s’entourer des plus fameux intellectuels de son temps et créer ce que l’on pourrait aujourd’hui appeler le premier comité de lecture. Autour d’Érasme ou d’Alberto Pio, il décidera collégialement des publications à venir et construire un catalogue unanimement reconnu. 


Projet éditorial
La circulation des livres est déterminée par la rotation accélérée des stocks, l’usage intensif du pilon, et la multiplication infinie de « livres événements ». Les éditions Manucius s’inscrivent dans une autre perspective. Elles se sont donné pour tâche de faire découvrir ou redécouvrir des textes expulsés du circuit marchand assujetti à la seule loi de la rentabilité à court terme et donc de fait interdits au public. Les grands domaines de la pensée sont explorés – art, philosophie, littérature, politique – dans des ouvrages de facture soignée à des prix abordables.

Les éditions Manucius ont été fondées en 2003. Depuis, le catalogue a été enrichi de plus de 120 titres.

Adresse : 40, rue de Montmorency
75003 Paris
Téléphone :09 51 50 39 55
Fax :09 59 48 72 46
Site web :http://www.manucius.com
Courriel :nous contacter
Diffusion :harmonia mundi
Distribution :harmonia mundi
Représentant légal :Mathilde Ribot
Forme juridique :SARL
Racine ISBN :978-2-84578
Nombre de titre au catalogue :120
Tirage moyen :1000
L'argot des voleurs

L'argot des voleurs

de E. F. VIDOCQ

Le Philologue (Manucius) | Paru le 15/10/2007 | 10,00 €

«Il n'est pas de langue plus énergique, plus colorée que celle de ce monde souterrain qui, depuis l'origine des empires à capitale, s'agite dans les caves, dans le troisième-dessous des sociétés.
Chaque mot de ce langage est une image brutale, ingénieuse ou terrible. Une culotte est une montante. En argot on ne dort pas, on pionce. Remarquez avec quelle énergie ce verne exprime le sommeil particulier, la bête traquée, fatiguée, défiante, appelée Voleur.
Tout est farouche dans cet idiome. Les syllabes qui commencent ou qui finissent, les mots sont âpres et étonnent singulièrement. Une femme est une largue. Et quelle poésie! la paille est la plume de Beauce. Le mot minuit est rendu par cette périphrase: douze plombes crossent! Cà ne donne-t-il pas le frisson?
L'argot va toujours, d'ailleurs! il suit la civilisation, il la talonne, il s'enrichit d'expressions nouvelles à chaque nouvelle invention. Les novateurs modernes écrivent des théories pâteuses, filandreuses et nébuleuses, ou des romans philanthropiques; mais le voleur pratique! il est clair comme un fait, il est logique comme un coup-de-poing.
Et quel style!...»

Le Dément de la Maison Bleue / Bas les masques !

Le Dément de la Maison Bleue / Bas les masques !

de Gustave LE ROUGE

Aventures & Mystères (MANUCIUS) | Paru le 06/07/2007 | 10,14 €

« Dans ce silence profond, dans ces épaisses ténèbres, il entendait les battements de son coeur sonner à grands coups sourds dans sa poitrine. Il lui sembla ensuite que des voix chuchotaient à son oreille. En même temps, l'obscurité s'animait de toutes sortes de figures grimaçantes dont l'aspect se modifiait sans cesse [...]. C'était, à certains instants, comme des milliers de mouches de feu douées d'un rapide mouvement de vibration ; puis ces points lumineux se réunirent pour former d'innombrables mains sanglantes, qui toutes se tendaient vers son visage et le désignaient de l'index tendu, comme pour dire : « C'est lui ! » [...] Aux mains sanglantes qui tournoyaient comme des oiseaux de mauvais augure, avaient succédé des faces grimaçantes, qui le regardaient avec de hideux sourires, et parmi lesquelles il reconnaissait les physionomies de quelques-unes de ses victimes. Il aperçut au premier rang Pablo Hernandez, qui s'avançait en donnant le bras au chimiste Maubreuil. Tous deux avaient le visage d'une couleur cadavérique, mais leurs prunelles rayonnaient d'un éclat insoutenable, d'une cruelle fixité ; et la contemplation de ces regards avait, pour l'assassin, quelque chose de si terrible qu'il finit par perdre connaissance. »

La Dame aux scabieuses / La tour fiévreuse

La Dame aux scabieuses / La tour fiévreuse

de Gustave LE ROUGE

Aventures & Mystères (MANUCIUS) | Paru le 20/06/2007 | 10,20 €

« Pendant le récit de la jeune fille, des nuages couleur de suie et de soufre avaient peu à peu envahi toute l'étendue du ciel. Un brouillard d'une odeur fétide avait complètement submergé les marécages. On n'apercevait plus la tour fiévreuse. L'atmosphère était devenue étouffante. On eût dit l'haleine ardente qui s'échappe de la gueule d'un four. [...] Il y eut un sourd grondement de tonnerre, des gerbes d'éclairs d'un vert aveuglant s'éparpillèrent aux quatre coins du ciel comme les boîtes d'un gigantesque feu d'artifice ; le soleil lança d'entre deux nuages un dernier et macabre rayon blanchâtre puis disparut complètement ; la pluie s'était mise à tomber, non pas par gouttes plus ou moins larges, mais par seaux, par jets de la grosseur du poignet ; ce n'était plus une averse, c'était un déluge. [...] Puis, comme il arrive dans ces brusques ouragans, il y eut une accalmie et, pendant quelques minutes, ce fut presque le silence. C'est alors qu'avec une épouvante qu'ils ne purent dissimuler lord Burydan et ses amis entendirent distinctement le son lointain d'une cloche. Jupiter claquait des dents, ses cheveux s'étaient hérissés sur sa tête. — La cloche de la tour fiévreuse, balbutia-t-il en tremblant de tous ses membres. »

La Fleur du sommeil / Le buste aux yeux d'émeraude

La Fleur du sommeil / Le buste aux yeux d'émeraude

de Gustave LE ROUGE

Aventures & Mystères (MANUCIUS) | Paru le 07/06/2007 | 10,20 €

« [...] Une auto, couverte d'une couche de poussière qui attestait une longue route, vint stopper en face de la porte de l'embarcadère. Deux hommes en descendirent. C'étaient lord Astor Burydan et son ami Agénor. Tous déux paraissaient en proie à une vive surexcitation. Lord Burydan traversa les salles en quelques enjambées, se rua sur le quai, et apercevant le chef de gare, il se précipita vers lui. — Sir, lui dit-il d'une voix pleine d'angoisse, le train de New York est-il parti ? [...] — Vous n'avez pas de chance, répondit-il flegmatiquement, il y a quelques minutes à peine que le train a quitté la gare. Tenez, en regardant bien, on le distingue encore. Il va franchir le signal qui se trouve en tête du pont de l'Estacade. Il n'eut pas le temps d'achever sa phrase : une gerbe de flammes livides monta dans le ciel, montrant, pendant l'espace d'un éclair, la ville, les campagnes et le double ruban d'acier de la voie ferrée. Puis une détonation formidable retentit. Le signal rouge avait disparu, comme éteint par un souffle invisible, et, à la place du pont et du train, il n'y avait plus qu'un grand nuage blanchâtre qui montait en tourbillonnant vers le ciel où resplendissait la pleine lune. »

Coeur de gitane / La croisière du Gorill-Club

Coeur de gitane / La croisière du Gorill-Club

de Gustave LE ROUGE

Aventures & Mystères (MANUCIUS) | Paru le 18/04/2007 | 10,20 €

« Tout d'abord, ils ne virent pas bien ce que renfermaient ces armoires ; mais, quand ils s'en furent approchés, ils reculèrent avec un frisson de dégoût et d'horreur. [. ]. Il y avait là des centaines d'organes, des corps entiers conservés en apparence dans toute leur fraîcheur par des procédés inconnus. Immergés dans de vastes bocaux, [. ], des cœurs palpitaient au milieu d'un liquide incolore, des poumons s'enflaient et se dégonflaient avec un bruit haletant, des masses d'entrailles bleues et vertes se tordaient, encore agitées des mouvements reptiliens qui accompagnent la digestion chez les êtres vivants. Il y avait encore, [. ] des fœtus vivants dont les vaisseaux ombilicaux étaient prolongés par des tubes de caoutchouc qui venaient aboutir à une étrange pompe de cristal, pleine de sang tiède. Rapopoff, pendant tout cet examen, donnait les signes de la plus vive terreur [. ]. Tout à coup, il se rejeta en arrière, avec un véritable hurlement. [. ] Il montrait du doigt une vitrine dans laquelle M. Bondonnat, stupéfié d'épouvante à son tour, aperçut son exacte ressemblance, son double, un autre Bondonnat en chair et en os, qui, admirablement embaumé, semblait le contempler avec un sourire tranquille. »

Le Cottage hanté / Le portrait de Lucrèce Borgia

Le Cottage hanté / Le portrait de Lucrèce Borgia

de Gustave LE ROUGE

Aventures & Mystères (MANUCIUS) | Paru le 13/03/2007 | 10,20 €

« Dans la surexcitation du péril ou de l'angoisse, l'assassin eut une inspiration désespérée et macabre. Eh bien, oui, ce serait Balthazar Buxton lui-même qui tendrait à travers le guichet le jeton libérateur ! C'était là le seul moyen, il n'y en avait pas d'autre ! Et encore fallait-il se hâter ! Il empoigna ce petit cadavre léger comme une plume, il le rapprocha du guichet, donnant à la main, encore souple, la forme qu'il fallait, engageant — à peine — entre les deux doigts le jeton pour qu'il tombât facilement, et, en proie à une angoisse atroce, il se cacha derrière le cadavre qu'il soutenait sous les aisselles d'une main ; de l'autre main il tenait le poignet du mort, tout prêt à le pousser d'un coup sec, assez rapide pour que le jeton tombât. Fritz avait frappé au guichet. [...] Par la plus inconcevable chance, ce stratagème, [...] eut un succès complet. Le gardien vit d'un coup d'oeil distrait la main squelettique pousser le jeton et se retirer précipitamment. [...] L'instant d'après, la porte à coulisse s'ouvrait, et Fritz Kramm, guidé par un des hommes, arrivait sans encombre jusqu'à l'auto qui l'attendait. Il n'avait eu garde d'oublier les cinq chèques de chacun deux cent mille dollars, payables à la caisse de la Central Bank. »

Un drame au Lunatic-Asylum / L'automobile fantôme

Un drame au Lunatic-Asylum / L'automobile fantôme

de Gustave LE ROUGE

Aventures & Mystères (MANUCIUS) | Paru le 07/02/2007 | 10,20 €

« Les folles mirent le couvert, chacun prit place à table, et bientôt la réunion présenta le spectacle le plus vif et le plus animé. À la grande surprise de lord Burydan, qui s'en donnait à coeur joie, [...] les hommes offraient à boire à leurs voisines et leur passaient les plats avec une politesse exquise ; on se fut cru dans la salle d'une table d'hôte ordinaire ; mais à mesure que les fumées du vin montaient à ces cerveaux déséquilibrés, les changements se produisent dans l'attitude des invités. On n'était pas arrivé au dessert que l'homme-chat sautait sur la table, faisait le gros dos en exécutant toute une gamme de miaulements les plus réjouissants du monde. L'homme-automobile, qui se promenait toute la journée emmailloté de pneumatiques, réclamait à grands cris du benzonaphtol. On lui fit avaler un siphon d'eau de Seltz et il déclara qu'il avait son plein d'essence et qu'il allait bientôt partir. Une grosse dame, qui se croyait changée en gigot de mouton, offrait un couteau et une fourchette à ses voisins pour leur permettre de goûter un morceau de son épaule dodue. Quelques charitables folles, songeant aux blessés de la guerre balkanique, transformaient activement en charpie la nappe et les serviettes damassées de Mr. Palmers. »

Le Secret de l'île des pendus / Les chevaliers du chloroforme

Le Secret de l'île des pendus / Les chevaliers du chloroforme

de Gustave LE ROUGE

Aventures & Mystères (MANUCIUS) | Paru le 10/01/2007 | 10,20 €

« — Emile, dit-il nonchalamment, apportez-moi cent mètres de boudin. Emile crut avoir mal entendu et se redressa tout effaré : — Vous dites ? bégaya-t-il. — Parfaitement, cent mètres de boudin, qualité supérieure ; je paie comptant, seulement je tiens à une chose, c'est que le boudin soit d'un seul morceau. — Mais, milord. — Arrangez-vous ! [. ] Mais si, dans dix minutes, je ne suis pas servi, je ne remettrai plus les pieds dans cette baraque ! [. ] Un grand silence s'était fait dans la taverne. Très calme, milord Bamboche avait pris un havane bagué d'or, puis, ayant placé son chronomètre à côté de lui, il attendait. [. ] La neuvième minute ne s'était pas écoulée qu'une gigantesque rumeur s'éleva. Dans la brume du matin une file d'hommes s'avançait, jeunes et joufflus, comme de vrais garçons charcutiers qu'ils étaient, et portant sur les épaules un interminable câble noir. En tête, Emile s'avançait la face rayonnante d'un juste orgueil. [. ] — Maintenant, reprit l'Anglais, Emile distribuera, à toutes les personnes qui en feront la demande, vingt-cinq centimètres de boudin et une coupe de champagne. [. ] — Vive Milord Bamboche ! hurla la foule. »

Le Sculpteur de chair humaine / Les Lords de la Main Rouge

Le Sculpteur de chair humaine / Les Lords de la Main Rouge

de Gustave LE ROUGE

Aventures & Mystères (MANUCIUS) | Paru le 27/11/2006 | 10,20 €

« Tout d'abord, [. ] le docteur prit un moulage des deux sujets, et les deux moulages dressés sur deux socles furent revêtus, grâce à la photographie, des couleurs, des teintes exactes de la vie. A l'aide d'injections de paraffine chaude, faites sous l'épiderme, il pourvut le faciès un peu maigre de Baruch des rondeurs que possédait le visage de Joë ; [. ]. La ressemblance des deux physionomies commença à s'accuser de façon frappante. Ses bras squelettiques retroussés jusqu'aux coudes, Cornélius travaillait avec une ardeur fébrile. Taillant en pleine matière vivante, ajoutant et retranchant suivant le besoin, c'était vraiment alors qu'il méritait son surnom de sculpteur de chair humaine. »