l'autre LIVRE

LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE

Cette maison d’édition indépendante, créée par Antoinette Fouque, est à la fois née et partie prenante active de l'histoire des femmes contemporaine, celle qui a commencé avec les Mouvement de libération des femmes en France et dans le monde.

A ce jour, elle a publié près de 700 titres répartis en une dizaines de collections : fictions, essais, témoignages de vie, documents, écrits d’hier, biographies, livre d’art et de photos.

« La Bibliothèque des voix » a été, en 1980, la première collection de livres-audio en France.

Adresse : 35 rue Jacob
75006 Paris
Téléphone :0142226074
Site web :http://https://www.desfemmes.fr/
Courriel :nous contacter
Diffusion :SOFEDIS
Distribution :SODIS
Représentant légal :Christine Villeneuve
Forme juridique :SARL
Racine ISBN :9782721
Nombre de titre au catalogue :700
Tirage moyen :1500
Azucena ou Les fourmis zinzines

Azucena ou Les fourmis zinzines

de Pinar SELEK

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 07/04/2022 | 14,00 €

Azucena, mince et brune quinqua aux chaussures rouges, semble être chez elle dans le Train bleu reliant Nice et Paris. Elle y dort, y fait des rencontres, s’y protège des menaces parfois lourdes, y agit, aussi, réalisant des missions secrètes. C’est qu’à Nice, elle est au cœur de plusieurs groupes constitués en réseaux informels, amitiés, résistances. Avec les Paranos, elle distribue dans un stand près de la gare, légumes et graines bio aux abonné.e.s, comme s’il s’agissait de contrebande ou de produits illicites. Avec Luna, elle exfiltre des chiens ayant fui leurs maîtres autoritaires ou violents pour commencer une nouvelle vie.
Tout autour d’elle gravite une foule hétéroclite, un rien fantasque, de doux rêveurs qui ne renonceraient pour rien au monde à la mise en pratique de leurs idéaux : Gouel, le marin irlandais, chanteur des rues, Alex, le poète et “prince des poubelles”, Manu, Monique, Nadette, un cheminot syndicaliste, Siranouche ou encore la Chienne noire, son amie…
Quelques-uns sont, tout comme elle, un peu cabossés, mais trouvent dans les liens qui les unissent des raisons d’espérer. Parce que l’espoir n’est pas une option. Tous, comme autant de fourmis invisibles et obstinées creusant des tunnels pour faire déraper, sans violence, notre vieux monde, œuvrent ainsi par l’exemple plutôt que par le discours, à en créer un nouveau, plus libre et lumineux, plus solidaire et plus juste.

« Au premier regard, on ne voyait pas, usées à force de passages, les frontières de cette ville de l’exil et du tourisme, ni les chemins empruntés par les Italiens, les Russes et les Anglais, suivis par les Arméniens, les Arabes, les Juifs, les peuples des Balkans et de l’Afrique. »
« Nice, comme les autres villes, ne fait pas entendre sa voix tant qu’on ne s’est pas blotti contre sa poitrine pour pleurer au moins une fois, tant qu’on ne s’est pas couché dans ses bras. Par bonheur, les Zinzins avaient été nombreux à l’entendre : Gouel le Chanteur des rues, Alex le Prince des poubelles, Manu la fondatrice des Paranos et Azucena la Zinzine aux chaussures rouges, celle qui vient de se présenter comme « Bleue ». P.S.

Artisanes de la Paix

Artisanes de la Paix

de Mona L. SIEGEL

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 31/03/2022 | 20,00 €

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Camille Chaplain

À l’automne 1918, la Première Guerre mondiale à peine terminée, les généraux cèdent la place aux hommes d’État qui doivent définir les termes de l’armistice et ouvrir les négociations de paix. Des femmes politiquement engagées, notamment dans le mouvement pour le suffrage des femmes, n’entendent pas laisser les hommes décider seuls et demandent qu’une délégation soit reçue et admise à la table des négociations alors que doit se tenir Conférence de la paix, à Paris. Le refus du président des États-Unis, Woodrow Wilson, et du Premier ministre britannique, David Lloyd George, n’entame en rien leur détermination à agir : les femmes s’organisent entre elles et se préparent à exiger l’égalité des sexes et la justice sociale ainsi que des mesures pour instaurer une paix durable dans le monde d’après-guerre.
La Conférence de la paix de Paris suscite une vague de militantisme féminin sans précédent, attirant sur la scène internationale des femmes venues du monde entier pour défendre simultanément la paix, la démocratie et les droits des femmes. Tel est le point de départ de cet ouvrage, dont le fil rouge pourrait être que « Nul ne peut se croire autorisé à parler au nom des peuples tant que les femmes seront exclues de la vie politique des nations », selon la formule de la féministe et suffragiste française Marguerite de Witt Schlumberger.

Les femmes des pays engagés dans la Première Guerre mondiale, qui ont dû remplacer dans tous les domaines les hommes partis au front, ont « accompli de grandes choses » et pris conscience de leur valeur. Pour elles, « impossible de revenir en arrière ». La Conférence de la paix se devait de reconnaître pleinement leurs droits. Le combat sera long…
Très documenté et précis dans la relation des faits historiques, Artisanes de la Paix est parsemé de notations sur la personnalité et la vie des femmes dont Mona Siegel fait le portrait, retraçant leur parcours pour s’émanciper des normes imposées par la société et par leur milieu d’origine, mettant en valeur leur capacité à s’organiser dans leur lutte incessante pour les droits des femmes dans tous les domaines – droit de vote, travail salarié, travail domestique, etc. – tant au niveau national qu’au niveau international.

Le livre vient de recevoir aux États-Unis le prix Elise M. Boulding Prize in Peace History.

Le Satellite de l’Amande La Trilogie du Losange - Tome I

Le Satellite de l’Amande La Trilogie du Losange - Tome I

de Françoise d' EAUBONNE

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 17/03/2022 | 15,00 €

Préface d’Élise Thiébaut

À l’orée du XXIe siècle, les femmes transmettent la vie par ectogenèse, sans le concours des hommes. Dans ce contexte, une expédition est envoyée dans l’espace afin d’explorer le mystérieux satellite du soleil Amande. Ariane, la narratrice, participe à cette mission spatiale. Mais sur place, l’énigme s’épaissit: la planète est vivante, au sens propre. L’équipe va de surprise en fascination, nous emportant avec elle. Les péripéties s’enchaînent dans ce roman à rebondissements, de l’auscultation de la planète à la découverte d’une société futuriste bien particulière. Françoise d’Eaubonne, de sa plume foisonnante à l’humour acéré, fait de son space-opéra un magnifique roman symbolique et poétique.
Le Satellite de l’Amande, premier tome de la Trilogie du Losange, et sa suite Les Bergères de l’Apocalypse qui paraît simultanément, sont des intemporels du genre tant la vivacité de l’univers proposé par l’autrice éblouit encore aujourd’hui. Le troisième tome, Un bonheur viril, paraîtra en octobre 2022.

« Une guerre pareille, de cette dimension, si elle avait été le fait des hommes, aurait laissé la terre exsangue. Mais comme elle fut menée et gagnée par des femmes, la cicatrisation se fit à une allure foudroyante. Les arts reprirent leur cours en même temps que les collèges se relevaient de leurs ruines et que la production des produits de première nécessité, accrue à une cadence galopante, se fixait pour but la fin du contingentement la plus rapide possible, pour limiter les dégâts moraux du marché noir. » F.d.E.

Le Satellite de l’Amande a été publié pour la première fois en 1975 aux éditions des femmes-Antoinette Fouque.

Les Bergères de l’Apocalypse La Trilogie du Losange – Tome II

Les Bergères de l’Apocalypse La Trilogie du Losange – Tome II

de Françoise d' EAUBONNE

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 17/03/2022 | 25,00 €

Postface de Nicolas Lontel

Au retour de l’expédition sur le satellite de l’Amande, Ariane amorce une enquête historique sur la guerre des sexes ayant conduit à la société gynocentrique dans laquelle elle vit, Anima. Les Fécondateurs masculins ne sont plus, d’où la question entêtante d’Ariane: « Les enfants mâles, qu’avez-vous fait d’eux ? » À contre- courant des discours officiels, la narratrice s’engage dans la voix tantôt ténue, tantôt vigoureuse de celles qui veulent bien raconter. Ses propres souvenirs lui sont aussi d’une aide précieuse pour retracer le passé. On découvre avec plus de profondeur et de détails l’univers prolifique posé par le tome I de la Trilogie du LosangeLe Satellite de l’Amande. Dans cette épopée délirante à l’humour corrosif, Françoise d’Eaubonne mêle avec finesse les genres, de la science-fiction à l’essai en passant par l’utopie et le postapocalyptique.

«Mes filles, mes reines, mes Mères! Moi, l’enfant sans mère, l’enfant de cinquante ans, je vous remets ma main de guide : guidez-la. Pourquoi craindre que je crache sur vous ? Il est permis à Pompadour de feindre ce crachat, elle est la tête de mort du festin; moi, je ne veux que vous retrouver dans votre sueur, votre sang, votre merde, votre lumière étincelante et sublime jaillie de vos seins et de vos armes et du mouvement incessant de vos bras, nageuses à contre-courant de l’Histoire mâle! Je veux arracher de vos têtes ces oripeaux, ces couronnes de fétus, de vos lèvres ces pipes de plâtre! Votre part de divinité est plus proche de celle de la bête que de ce que l’hagiographie a fait de vous; il y a Anima dans animal. Je vois l’an 10, et les Terreurs, et les Années Rouges ; je vois danser crever hurler flamber dévorer saigner fracasser siffler fendre trouer piétiner mutiler déchiqueter trépigner énucléer crépiter raser édenter galoper embraser dénuder rugir enfouir éventrer rougir et jouir l’Apocalypse de la lutte de sexes. Une seule question, Mères : les enfants mâles, qu’avez-vous fait d’eux ?” F.d.E

Les Bergères de l’Apocalypse, éd. Jean-Claude Simoën, 1977.

La Révolution des filles

La Révolution des filles

de Luciana PEKER

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 10/03/2022 | 22,00 €

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne-Charlotte Chasset
et Ariana Saenz Espinoza

« La Révolution des filles » est une expression popularisée par la journaliste argentine Luciana Peker pour saluer le rôle majeur des jeunes femmes et des adolescentes dans les enjeux des féminismes actuels, tels que la lutte pour le droit à disposer de son corps et celle contre les féminicides.
En partant du débat sur le droit à l’interruption volontaire de grossesse, l’autrice déroule le lien historique et transgénérationnel entre le combat des grands-mères, des mères et celui des filles.
Dans une perspective ouverte sur toute l’Amérique latine, et en donnant la parole à des personnes issues de différentes classes sociales et des milieux les plus divers, elle brosse le portrait exhaustif d’un mouvement de libération des femmes populaire, jeune, laïc et inclusif.
Cet essai d’une remarquable vitalité s’ancre dans une réalité complexe : un continent traversé par de profondes inégalités socioéconomiques et une volonté de contrôle sur le corps des femmes.

Le Contrat

Le Contrat

de Ella BALAERT

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 03/02/2022 | 20,00 €

Le Contrat est un roman baroque, à multiples facettes, miroirs, chausse-trappes et faux semblants, qui poursuit la réflexion de son auteure sur le statut du réel.
Qui signera ? Qui tire les ficelles ? Qui mourra ?

« Impossible, le corps n’oublie rien, mon petit : il accumule les expériences et superpose leurs traces, il sédimente, se stratifie comme les couches géologiques d’une montagne ou se grave comme les écritures successives d’un palimpseste, mais il n’oublie pas. Ceci dit, on peut toujours écrire sur sa peau une histoire qui en recouvre une autre plus ancienne. » E. B.

Ferdaous, une voix en enfer

Ferdaous, une voix en enfer

de Nawal EL SAADAWI

POCHE (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 27/01/2022 | 6,50 €

Traduit de l’arabe par Assia Djebar et Essia Trabelsi

Préface d’Assia Djebar de l’Académie française

Dans une prison du Caire, une femme attend d’être pendue. La veille de son exécution, elle accepte enfin dans sa cellule la psychiatre désireuse de recueillir sa parole, et comprendre son crime. La détenue parle vite : elle sait son heure venue et n’a plus rien à perdre. Elle s’appelle Ferdaous, « Paradis » en arabe, et sa vie n’a été qu’un enfer. D’inceste en violences conjugales, programmée pour devenir prostituée, elle fait payer les hommes pour le mal qu’ils lui infligent. Jusqu’au jour où l’un d’eux le payera de sa vie.

« J’ai tué en révélant la vérité, non en me servant d’un couteau. Ils n’ont pas peur du couteau, c’est la vérité qui les terrifie. Cette foi en la vérité est pour moi comme une braise, qui me donne une force terrible ; elle me pousse à ne pas craindre la mort, à ne craindre ni la vie, ni la faim, ni le froid, ni le néant. » N. E. S.

Tu vis ou tu meurs - Œuvres poétiques (1960-1969)

Tu vis ou tu meurs - Œuvres poétiques (1960-1969)

de Anne SEXTON

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 13/01/2022 | 24,00 €

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sabine Huynh
Présenté par Patricia Godi

Prix Pulitzer en 1967, Tu vis où tu meurs est reconnu comme un chef-d’œuvre.
« Si l’exploration des liens de parenté occupe une place centrale dans la poésie d’Anne Sexton, sa nouveauté réside aussi, fondamentalement, dans la venue à l’écriture de l’autre relation qui a interrogé la psychanalyse, à laquelle la culture androcentrée s’est généralement peu intéressée, contrairement à la relation entre père et fille, entre père et fils, mère et fils : la relation des mères et des filles. Dès lors que le sujet lyrique se situe en tant que fille dans nombre de poèmes, de même qu’en tant que génitrice, l’œuvre entreprend doublement de pallier le silence qui a entouré les généalogies féminines » P.G.
Les quatre recueils présents dans cette édition sont traduits pour la première fois en français par Sabine Huynh, qui a fait de la traduction de l’œuvre d’Anne Sexton un projet de vie. Un cinquième recueil, intitulé Transformations, sera publié prochainement.

« Chaque être en moi est un oiseau.
Je bats toutes mes ailes.
Ils voulaient te retrancher de moi
mais ils ne le feront pas.
Ils disaient que tu étais infiniment vide
mais tu ne l’es pas.
Ils disaient que tu étais si malade que tu agonisais
mais ils avaient tort.
Tu chantes comme une écolière.
Tu n’es pas déchirée. »
A. S., Pour fêter ma matrice

La femme qui a tué les poissons et autres contes

La femme qui a tué les poissons et autres contes

de Clarice LISPECTOR

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 02/12/2021 | 15,00 €

Traduit du portugais (Brésil) par Izabella Borges, Jacques et Teresa Thiériot
Illustré par Julia Chausson

Rappelant les légendes traditionnelles et les contes initiatiques, Clarice Lispector mêle le monde de l’enfance aux destins d’animaux. Ces derniers se voient pris dans un tourbillon d’évènements aussi anodins que mystérieux, inspirés de la vie quotidienne. Ainsi, le titre éponyme de ce recueil revient sur la mort de deux poissons rouges que son fils Paulo lui avait demandé de garder en son absence. Dans Comme si c’était vrai, on croise le chien Ulysse au regard humain, fidèle compagnon de Clarice Lispector, qu’elle ne remplaça jamais après sa mort. C’est avec un mélange exquis d’humour et de simplicité, de douce ironie et d’amour maternel, que C. Lispector déploie l’appréhension sensible et émotionnelle du monde, la recherche du sens ou le renoncement à le trouver. La maternité et l’enfance sont au centre de son œuvre : chez cette autrice incomparable, nulle opposition entre son rôle de mère et son travail d’écrivain. En témoigne son fils cadet, Paulo Gurgel Valente, qui se souvient de sa mère « avec une machine à écrire sur les genoux, tapant avec application au milieu de la pièce principale de la maison, au milieu des bruits des enfants […] ».

Après avoir publié en 2004 La vie intime de Laura suivi du Mystère du lapin pensant, les éditions des femmes-Antoinette Fouque présentent une nouvelle édition de ces deux contes, réunis en un volume auquel viennent s’ajouter deux titres : une nouvelle traduction de La femme qui a tué les poissons (Ramsay, 1990 et Seuil, 1997) et un conte inédit en français et publié pour la première fois, Comme si c’était vrai. Ce recueil est illustré par l’artiste graveuse Julia Chausson.

« Parce qu’au début et au milieu je vais vous raconter des histoires sur les animaux que j’ai eus, pour vous montrer que je ne pourrais pas avoir tué les poissons autrement que sans le faire exprès. J’ai bon espoir qu’à la fin de ce livre vous me connaissiez mieux et que vous m’accordiez le pardon que je demande pour la mort de deux tyrougets” – c’est comme ça qu’on les appelait à la maison, tyrougets” ». C.L

Correspondance

Correspondance

de Clarice LISPECTOR

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 02/12/2021 | 26,00 €

Édition intégrale

Traduit du portugais (Brésil) par Didier Lamaison, Claudia Poncioni et Paulina Roitman

Après les éditions complètes des Chroniques (2019) et des Nouvelles (2017), voici celle de la Correspondance de Clarice Lispector, qui offre pour la première fois en un seul volume près de 300 lettres de l’une des plus grandes écrivaines de son temps. Cette nouvelle édition, publiée au Brésil en septembre 2020, rassemble la correspondance publiée par les éditions des femmes-Antoinette Fouque dans les recueils Mes Chéries (2015) et Lettres près du cœur (2016), celle publiée par les éditions Payot-Rivages en 2012 sous le titre Le seul moyen de vivre, dans une nouvelle traduction, à laquelle s’ajoutent plus de 70 lettres inédites à la valeur historique inestimable. Ainsi l’on parcourt 37 années de vie d’une épistolière qui en vécut 57, dont une quinzaine loin de son pays.

Il y a d’abord les lettres adressées au premier cercle de ses proches : mari, sœurs, fils, apparenté·e·s. L’autrice y exprime la quotidienneté sans le moindre apprêt d’une existence expatriée d’épouse attentionnée, de mère attentive, de femme… L’écriture en est ici déconcertante par sa spontanéité et sa connexion directe au réel, chez une écrivaine réputée pour sa sophistication et son extrême auto-surveillance. « Vous voulez m’apprendre qu’il pleut ? Dites : « Il pleut ».

Il y a ensuite les lettres adressées à un deuxième cercle, celui de ses amitiés littéraires. Soit un nombre conséquent de destinataires contemporains de Clarice, qui ont illustré la vie littéraire brésilienne très brillante pendant ces trois décennies (Lúcio Cardoso, Fernando Sabino. João Cabral de Melo Neto et Lêdo Ivo, Mário de Andrade, ou encore Rubem Braga, Lygia Fagundes…). La vocation littéraire de Clarice, les angoisses et les mystères de la création, les servitudes de l’écriture, les certitudes et les impasses de la pensée nourrissent les interrogations qu’elle adresse à ces grands esprits.

Enfin, il y a les lettres pouvant être qualifiées de professionnelles, où l’on voit l’autrice se préoccuper, avec un acharnement émouvant, du sort de ses œuvres, qui dépend d’abord des instances éditoriales, puis de ceux qui en sont les premiers récepteurs : les journalistes. L’importance « énorme » (Clarice adore cet adjectif) qu’elle y attache se révèle, entre autres, par son échange, en français, de quatre lettres avec P. de Lescure, alors directeur des éditions Plon, à propos de la première traduction de Près du cœur sauvage. Par l’incroyable profondeur de l’interprétation qu’elle nous livre de son propre texte, l’autrice nous donne une exceptionnelle leçon d’auto-exégèse.

Ainsi cette édition qui vient compléter le cycle de publication de ses œuvres par les éditions des femmes-Antoinette Fouque, constitue une pièce essentielle du puzzle claricien.

Au-delà de nos larmes

Au-delà de nos larmes

de Tatiana MUKANIRE BANDALIRE

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 18/11/2021 | 12,00 €

République démocratique du Congo (alors appelée Zaïre), 1996. Une guerre éclate dans les hauts plateaux de l’Est du pays, voisin du Rwanda. La population bascule brutalement dans l’horreur, un cauchemar incessant, fait de conflits armés successifs depuis près de trois décennies. Les habitants, dans leurs villages et sur les routes, subissent frontalement le choc des violences de toutes sortes perpétrées par des rebelles, insurgés de l’armée, militaires, policiers, voleurs…, hommes ivres du pouvoir et de la puissance que leur donnent les armes. Parmi les exactions : les viols et mutilations sexuelles, au pouvoir de destruction ravageur, aggravé pour de nombreuses victimes par une obligation au silence. Mais Tatiana Mukanire parle, en son propre nom et au nom d’autres femmes victimes.

« Nous avons en nous cette envie de vivre. Nous l’avons prouvé en nous battant pour notre survie, en nous accrochant à la vie. Nous avons été esclaves sexuelles, nous avons été enterrées vivantes quand nous ne pouvions plus satisfaire les besoins de nos ravisseurs. Nous avons été ligotées à un arbre au fond de la forêt. Nous avons été violées presque chaque heure. Nous avons perdu connaissance. Plusieurs fois, nous nous sommes crues mortes, mais au fond de nous subsistait l’espoir de respirer à nouveau et de revivre. » T. M. B.

Notre sang -Discours et prophéties sur la politique sexuelle

Notre sang -Discours et prophéties sur la politique sexuelle

de Andrea DWORKIN

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 18/11/2021 | 14,00 €

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Camille Chaplain et Harmony Devillard

Figure de proue du féminisme américain, Andrea Dworkin a été prise pour cible de la haine antiféministe. Le milieu de l’édition américaine lui reproche le manque de « féminité » de son écriture, directe et sans compromis, qui choque et décille les consciences. Pour survivre, elle se tourne vers l’art oratoire et se déplace de campus en associations, où elle suscite l’admiration, la colère et le débat.

Publié en 1976 aux États-Unis, enrichi en 1981 d’une nouvelle préface, ce recueil rassemble neuf de ses discours. L’autrice y aborde des problématiques aussi diverses que l’art, le rapport des filles à leur mère, la chasse aux sorcières, le lesbianisme, la non-violence et l’histoire « amérikaine ». Toutes visent le même objectif : un appel à la sororité afin de galvaniser les femmes dans la lutte contre la domination masculine, jusqu’à son abolition totale

Le Courage des rêveuses

Le Courage des rêveuses

de Jacqueline MERVILLE

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 14/10/2021 | 10,00 €

Au sein d’un paysage lunaire et désertique, une femme s’échappe d’un camp où elle a été enfermée à la suite de l’explosion d’un Site qui l’a violemment contaminée. Elle y a subi des expérimentations scientifiques et s’est fait passer pour morte afin de s’évader. La narratrice à l’identité sibylline marche en quête de liberté et de remémoration. Au fil de son cheminement, les souvenirs refont surface par bribes nébuleuses.
Le texte est empreint d’événements tels que l’enfer de la Shoah ou encore le Tsunami qu’elle a relaté avec une grande justesse dans son ouvrage The Black Sunday, 26 décembre 2004 (des femmes-Antoinette Fouque, 2005). Sans être mentionnée, l’évocation de la pandémie du Covid-19 révèle l’humanisme profond et singulier de l’autrice. La rêveuse finit par se réveiller, mais le songe est d’une actualité percutante.

« J’ignore ce qu’est devenu le monde dont je me souviens.
De ma mémoire je me méfie aussi. Est-ce bien la mienne ? Suis-je vraiment celle que je pense être à cause d’images, de détails, de sensations, revenus si soudainement dans le camp ? Est-ce une guérison ou encore une manifestation de la contamination ? Suis-je encore sous surveillance ? Il faudrait que je puisse parler avec celles et ceux qui n’ont pas eu la tête lessivée. Alors je saurais que le monde dont je me souviens est réellement le monde où j’ai vécu. Ma seule certitude est que je marche, je marche, je marche mais où ? » J. M.

En pays assoiffé

En pays assoiffé

de Emna BELHAJ YAHIA

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 10/06/2021 | 18,00 €

Le récit retisse le fil de la vie de cinq générations de femmes en Tunisie. À travers l’émancipation des femmes et le retour de bâton de l’islamisme sous sa forme la plus extrême : le terrorisme enraciné dans la haine des femmes. Il y a toujours de l’espoir cependant, mais il vient surtout des femmes.
D’emblée, ce roman nous embarque avec Nojoum, vieille dame aveugle que sa petite-fille questionne sur son histoire. Nous savons, dès les premières pages, qu’elles sont liées par un « Évènement » qu’elles ont vécu ensemble quelques années plus tôt, en réalité, on l’apprendra un peu plus tard, l’attentat du musée du Bardo à Tunis, où elles se trouvaient en visite.

« Juste après l’Événement, Nojoum avait éprouvé l’irrépressible désir de faire le plus grand mal qu’on pût imaginer. Mais comment s’y prendre? Elle n’arrivait pas à pleurer, avait l’âme lourde de méchanceté, rêvait de se venger en griffant, mordant, étripant, entendait la colère souffler sans arrêt au-dedans d’elle. Il lui poussait des crochets, elle avait envie d’être féroce et s’agrippait à cette envie pour se prouver qu’elle n’avait pas été anéantie. Sentir la méchanceté crépiter en elle, c’était tuer l’Événement, s’en évader. » E.B.Y.

La mélodie sans les paroles

La mélodie sans les paroles

de Catherine BENHAMOU

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 03/06/2021 | 12,00 €

Librement inspirée par la vie d’Emily Dickinson (1830-1886), aujourd’hui considérée comme l’une des plus grandes poétesses anglo-saxonnes, La mélodie sans les paroles retrace le parcours d’une créatrice au XIXe siècle, en Amérique, alors que les femmes n’avaient pas encore le droit de vote et appartenaient corps et âme à leur mari. Consciente de son génie, elle va s’enfoncer dans la claustration et le silence. Autrice d’environ 1 800 poèmes et plus de 1 000 lettres, Emily Dickinson n’a pas été publiée de son vivant. Pourtant, son premier recueil connut immédiatement un succès phénoménal.

« Je suis dix – ma force est décuplée – alors je retiens tout et j’observe par l’entrebâillement – c’est à ce moment-là que les mots arrivent – il faut juste leur obéir – c’est comme un torrent qui recouvre tout – les mêmes mots qui ont allumé le feu se transforment en torrent pour le contenir – vous voyez je le savais je ne dois pas en parler – ça vous inquiète » C. B.

La malcastrée

La malcastrée

de Emma SANTOS

POCHE (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 13/05/2021 | 6,50 €

On est au début des années 1970. La Malcastrée raconte, en la faisant remonter à l’enfance, la maltraitance exercée par les institutions psychiatriques. Celle-ci est illustrée de manière saisissante par le sort d’enfants trisomiques que la narratrice est chargée d’attacher à leurs sièges toute la journée… Avant qu’elle ne retourne la situation en les détachant tous, libérant leurs mouvements au risque de sa propre vie. Ainsi se succèdent des moments-limites, traversés dans la souffrance et dans une solitude impitoyable. Au rythme d’une écriture pulsionnelle, l’autrice décrit les traitements chimiques destructeurs, les avortements forcés, l’abandon par l’homme aimé, l’interdit d’écrire. Et finalement l’expulsion, une forme douloureuse de libération, payée très cher par le suicide d’une compagne d’infortune. Emma Santos qualifie son deuxième livre de témoignage, « écrit avec beaucoup de rage et de révolte ».

Comme si de rien n’était

Comme si de rien n’était

de Alina NELEGA

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 08/04/2021 | 22,00 €

Traduit du roumain par Florica Courriol

« En écrivant, elle se dit qu’elle réussira à mieux comprendre – en inter­changeant le personnage de Nana avec celui d’un garçon, peut­-être, avec Dani ou Mits, par exemple, ce serait plus facile – ah non, ce ne se­rait pas plus facile. Elle devrait s’instruire davantage sur les corps et les émotions, comprendre pourquoi son ventre est serré, nœud de désirs et d’inquiétudes, elle les reconnaît bien, ils sont clairs ces mots, mais elle a peur de les exprimer. Ah, si elle pouvait courir, voler, se jeter sur le sable chaud d’une mer, écouter, éperdue, le bruit des vagues. Elle s’imagine les vagues et au­ dessus, la montagne. » A.N.

Cristina traverse son adolescence dans les années 1980, durant la dernière décennie de la dictature roumaine. Élève dans un lycée de province, elle s’éprend d’une camarade de classe issue d’un milieu plus élevé et se découvre une passion pour l’écriture. Mais les diktats imposés par le régime lui barrent le chemin. Jeune adulte, elle s’efforce de naviguer entre les contraintes politiques, familiales et sociales qui pèsent sur les femmes. Elle essaie d’écrire, jonglant entre précarité, censure et autocensure. Avec un humour corrosif, les plus subtils rouages de l’oppression sont mis à nu.

« Alina Nelega a chamboulé avec Comme si de rien n’était les habitudes littéraires roumaines par un sujet peu abordé jusque ­là : l’homosexualité féminine. Placé dans un cadre historique précis, mais qui s’éloigne du souvenir des Roumains – la dernière décennie du «règne » Ceausescu -, le livre se présente comme un arrêt sur image de toute la société roumaine. Il y est question de la fameuse Securitate, du contrôle de la sexua­lité par le Parti, de pénurie, de corruption, de relations interethniques en Transylvanie – où se déroule principalement la narration -, d’abus politiques, de révolte étouffée. Il y est question d’amour et de féminité mais surtout de liberté. »

Inventions du souvenir

Inventions du souvenir

de Silvina OCAMPO

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 08/04/2021 | 16,00 €

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Picard
Édition d’Ernesto Montequin

« Mais ses péchés à elle
étaient très différents,
aussi différents que les personnes sont différentes. Sa mère, pure et joyeuse,
son père sombre et sévère,
sa cousine dévergondée et audacieuse,
sa nourrice saine et dévote.
Comment aurait-elle pu, dans cette liste
de péchés arbitraires, trouver le sien,
personnel et subtil,
si opposé aux manières de ses proches. »
S.O.

Inventions du souvenir, autobiographie de l’enfance de Silvina Ocampo, a été publiée à titre posthume en 2006 en Argentine, grâce au travail du critique et traducteur Ernesto Montequin sur les manuscrits laissés par l’écrivaine. Dans un entretien pour le journal Clarin en 1979, Silvina Ocampo évoquait son attachement aux expériences de l’enfance et livrait l’origine et les clés de lecture d’une œuvre alors déjà bien avancée : « Je suis en train de préparer une histoire que j’appelle prénatale, écrite en presque vers, mais qui n’est pas un poème. Il s’agit d’un livre où prédomine mon instinct. »

La Retenue

La Retenue

de Corinne GRANDEMANGE

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 11/03/2021 | 14,00 €

Le récit déployé dans La Retenue est le fruit d’un long travail de cicatrisation, mené par une femme qui a su trouver la force de briser le silence auquel toute victime d’inceste se trouve confrontée. Une omerta relayée par les membres d’une famille sans repères, et qui à chaque instant menace de détruire les ressources psychiques les plus vitales de l’enfant, de l’adolescente, enfin de la femme.
Avec un courage lucide et une écriture incisive, elle revient sur les agressions sexuelles et viols commis à répétition par son oncle dans le silence assourdissant des adultes. Elle parvient à déconstruire l’étau resserré autour de la victime et s’engage, après avoir suivi une psychanalyse, dans un parcours professionnel orienté vers la protection de l’enfance. Car l’inceste irrigue en secret toute la société, des récits comme celui-ci ouvrent la voie vers une réflexion collective d’une absolue nécessité.

« Lorsque j’ai dit à ma grand-mère ce qui se passait, juste avant mes quatorze ans, une bombe a explosé. Une déflagration définitive, et pourtant je n’ai pas tout raconté, juste ce qui s’était passé durant l’année en cours. Je craignais de lui faire davantage de mal en énonçant la vérité, en lui révélant que le viol se répétait depuis sept années.
Sa réaction, dans le lieu clos de la voiture a été fracassante :
– Tu l’as bien cherché.
En sauvant son cœur de maman qui apprenait le pire sur la conduite de son fils préféré, elle m’a détruite. Pour survivre, j’ai passé quarante ans à donner le change. » C. G.

Tihya - La légende des papillons aux ailes déployées

Tihya - La légende des papillons aux ailes déployées

de Nadia CHAFIK

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 04/02/2021 | 18,00 €

Dans un petit hameau du majestueux Bouyblane, chaîne de montagnes aux neiges éternelles désignées comme « papillons aux ailes déployées », Nanna Tuda divertit ses petits-enfants pendant les longues nuits d’hiver. L’histoire qu’elle raconte soir après soir est celle de Tihya, la belle guerrière qui, fédérant les tribus berbères, défendit farouchement la liberté, notamment religieuse, de son peuple face à la conquête arabo-musulmane alors que déclinait la puissance de Rome. Et ce, sans cesser d’être une femme, une amante et une mère… Une histoire dans laquelle certains reconnaîtront celle de Dihya, la Kahéna, guerrière des Aurès, transformée par les siècles et des générations de conteuses. Si l’histoire et la fiction s’interpénètrent si harmonieusement, c’est que la puissance du récit y est savamment travaillée, faite de ruptures et d’attente, d’interruptions drôles et malicieuses, et de variantes dont la richesse et l’inventivité se sont bonifiées avec les générations.

« Hommes, femmes et enfants, tous ceux qui écoutent l’histoire de Tihya, Nanna Tuda les introduit dans une belle et tragique aventure ; celle d’un destin. Céleste, légère, la guerrière des Aït Ufella chante ses amours, pleure ses illusions. Elle retient ses peurs, montre son courage, déverse sa colère. C’est ainsi qu’elle se laisse raconter durant les veillées de glace et de gelées. C’est un peu l’écho de sa voix que l’on entend monter dans les montagnes lorsqu’il se fond dans la nuit profonde et calme. » N.C

L’odeur d’un père

L’odeur d’un père

de Catherine WEINZAEPFLEN

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 14/01/2021 | 12,00 €

Suivant la trace de sa mémoire olfactive, l’autrice fait ressurgir les fragments d’une enfance tiraillée entre plusieurs pôles. À l’âge de onze ans, elle quitte Strasbourg où sa mère s’est installée avec elle après avoir soudainement quitté le foyer conjugal, et se rend en Centrafrique pour passer les vacances scolaires dans la maison que son père partage avec sa nouvelle épouse au bord d’un lac. Quoi que jouissant de prérogatives coloniales, il y mène une vie simple. L’odeur du père est celle, opiniâtre et agressive, de l’aftershave Gillette Bleu mêlé à la lotion Pantène contre la chute de cheveux ; mais aussi, plus douce, la fragrance du savon Camay rose. Livre de réconciliation autant que « Lettre au père », ce récit à la première personne porte un regard rétrospectif humain sur le déclin d’une figure paternelle, sans en épargner les aspects les plus brutaux. À l’horizon, les vestiges du temps passé à Bangui, berceau d’une enfance africaine débordante de vitalité, à jamais présente dans la chair du souvenir.

« Quand j’ai onze ans je ne sais pas trop a? quoi c?a sert, un pe?re. Toi tu as l’air de le savoir, moi j’ai beaucoup de mal a? trouver une position de fille. Tout me semble faux : la fac?on dont tu me re?primandes, l’affection que tu revendiques comme un du?. Tu as l’air since?re, moi je ne sais plus qui je suis. » C.W.

Génésique Féminologie III

Génésique Féminologie III

de Antoinette FOUQUE

POCHE (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 07/01/2021 | 7,00 €

«La pensée qui m’a poussée à agir, en créant le Mouvement de libération des femmes en octobre 1968 avec Monique Wittig et Josiane Chanel, questionne depuis quarante-quatre ans […] la compétence de procréation de toute femme comme productrice de richesse, comme moteur de l’évolution de l’Homo erectus à aujourd’hui. On vient de retrouver une petite Vénus paléolithique : la plus ancienne représentation du corps féminin connue, jumelle d’une œuvre de Louise Bourgeois, antérieure à sa mise au jour. J’ai plus de souvenirs que si j’avais 35 000 ans… Mémoire, archive, archéologie, histoire vivante, la gestation comme expérience biopoétique. Libérer la libido creandi de chaque femme, c’est donner sens, signification et orientation, à ce qui vient, à l’Avenir. Du creux du corps à la sculpture la plus accomplie, de l’œuvre d’être à l’œuvre d’art, la génésique, à la fois nature et culture, transcende la capacité spécifique des femmes en compétence symbolique, en mouvement de civilisation. » A.F.

Gravidanza Féminologie II

Gravidanza Féminologie II

de Antoinette FOUQUE

POCHE (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 07/01/2021 | 10,00 €

Préface d’Alain Touraine

La pensée et l’action pionnières d’Antoinette Fouque ont imprégné le monde contemporain d’une conception positive de la différence des sexes et de l’existence des femmes. De tous ses livres, Gravidanza qui réunit plus d’une trentaine d’écrits, d’interventions, d’entretiens entre 1968 et 2007, est sans doute celui dans lequel la cofondatrice du Mouvement de libération des femmes développe le plus longuement ses propositions psychanalytiques. Elle y critique la théorie freudienne de « l’envie de pénis » chez les petites filles en affirmant l’existence d’une envie d’utérus chez les hommes qui se traduit notamment par la tentative de maîtriser et de contrôler ce qui leur échappe : la procréation. Elle y déconstruit l’affirmation d’une libido unique, mâle, qui donne lieu au célèbre postulat de Lacan « La femme n’existe pas », rappelle que les femmes, avec une sereine insistance, continuent le mouvement infini de l’humanité. Elle expose comment, au plan politique, une démocratie paritaire permettrait à l’humanité, enfin adulte et féconde, d’accéder à sa maturité.

« Au début, cette voix, je ne l’avais pas bien perçue, tant elle était couverte par le bruit des campagnes et des polémiques. Mais depuis ma première lecture de Il y a deux sexes, je l’ai constamment entendue, plus nette, plus audible que les autres. C’est une voix à la fois insistante et retenue, chargée de passion, pleine d’une imagination créatrice, et révélatrice de secrets, une voix que je n’ai trouvée que dans Rimbaud… Ce que j’essaie de dire ici va beaucoup plus loin que reconnaître l’importance d’une des tendances du féminisme ; il s’agit de percevoir le passage, faut-il dire la mutation, d’une culture à une autre, dans laquelle ce nouveau féminisme a joué un rôle central. » Alain Touraine (Préface)

Qui êtes-vous, Antoinette Fouque ? Entretiens avec Christophe Bourseiller

Qui êtes-vous, Antoinette Fouque ? Entretiens avec Christophe Bourseiller

de Christophe BOURSEILLER

POCHE (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 07/01/2021 | 6,50 €

Facilement accessibles, courts et synthétiques, plus qu’une introduction à Antoinette Fouque, ces entretiens sont un témoignage unique sur la vie, la pensée et le parcours de l’une des plus importantes militantes et intellectuelles d’aujourd’hui. Ils permettent de découvrir ou de redécouvrir une des pensées contemporaines les plus anticonformistes et les plus créatrices sur le rôle des femmes dans le monde actuel et l’alternative dont elles sont porteuses à travers l’expérience de la procréation.
Christophe Bourseiller présente ainsi l’ouvrage « On sait que le mouvement des femmes se divise depuis l’origine en deux branches. La première privilégie le social et milite pour les droits des femmes. La seconde est plus philosophique. Elle s’interroge : qu’est-ce qu’une femme ? C’est tout le travail d’Antoinette Fouque. En quoi consiste l’être-femme ? […] Tout se tient dans le saut qualitatif. On change de registre. On interroge la substance. […] Peut-on concevoir recherche plus enthousiasmante ? Il en va de notre avenir à tous ».

Qui êtes-vous, Antoinette Fouque ? Entretiens avec Christophe Bourseiller, Bourin, 2009

Coffret Clarice Lispector La Passion selon G.H.  L’Heure de l’e?toile

Coffret Clarice Lispector La Passion selon G.H. L’Heure de l’e?toile

de Clarice LISPECTOR

POCHE (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 22/10/2020 | 15,00 €

Traduit du portugais (Bre?sil) par : Paulina Roitman et Didier Lamaison (La Passion selon G.H.)
Marguerite Wu?nscher et Sylvie Durastanti (L’Heure de l’e?toile)

Prix : 15 €
Ebook : 10,99 €

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Coffret anniversaire, a? l’occasion du centenaire de la naissance de Clarice Lispector, contenant :

La Passion selon G. H. est un classique incontournable de la litte?rature bre?silienne contemporaine, dont l’intrigue repose sur quelques e?le?ments a? peine : un e?ve?nement apparemment banal fait irruption dans le cours habituel des jours et provoque un se?isme inte?rieur foudroyant. G.H., une artiste vivant a? Copacabana, quartier chic de la ville de Rio de Janeiro, pe?ne?tre pour la nettoyer dans la chambre de l’employe?e de maison a? la suite de son de?part. La pie?ce est impeccable mais elle y de?couvre dans un placard une e?norme blatte qu’en vain elle tente d’e?craser d’un coup de porte. Face a? l’insecte agonisant, G.H. plonge dans une crise existentielle qui la me?nera par strates successives jusqu’aux confins de la Cre?ation, par-dela? les limbes du langage et de l’inconscient. Ce voyage immobile constitue sans doute l’une des pages les plus saisissantes de la litte?rature du XXe sie?cle.
La Passion selon G.H., le roman le plus ce?le?bre de Clarice Lispector, est re?e?dite? dans une nouvelle traduction de Paulina Roitman et Didier Lamaison tandis qu’une adaptation cine?matographique du re?alisateur bre?silien Luiz Fernando Carvalho, avec l’actrice Maria Fernanda Ca?ndido, sort en salle.

L’Heure de l’e?toile Sur le sort de cette femme sans charme et sans esprit du Nordeste bre?silien, le narrateur de L’Heure de l’e?toile semble s’attendrir autant que perdre patience. Autour d’elle gravitent des avides et des ambitieux qui ne lui donneront rien. En observateur distant, l’auteur fictif s’acquitte d’une lourde ta?che: faire le re?cit de cette vie mise?rable et sans amour, qui tiendrait en un souffle. Il re?ve?le l’absurdite? de son existence, mais aussi le joyau paradoxal qui se cache derrie?re l’aspect insignifiant de la vie.
L’Heure de l’e?toile, dernier livre de Clarice Lispector paru de son vivant, a e?galement fait l’objet d’une adaptation au cine?ma par Suzana Amaral en 1985. La pre?sente e?dition est suivie d’un texte ine?dit de son fils, Paulo Gurgel Valente, e?crit a? l’occasion du Centenaire de la naissance de sa me?re.

Un livret illustre? de photos et de fac-simile?s ine?dits de ses manuscrits.

Le sens du calendrier

Le sens du calendrier

de Nathalie LÉGER-CRESSON

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 15/10/2020 | 15,00 €

« L’amour a fait naufrage. À Paris, sous les toits, la narratrice grave son calendrier comme Robinson Crusoé. Elle échafaude aussi d’audacieuses architectures de petites cuillers ou note des idées pour faire fortune. Dans son hamac, elle accueille enfants ou amants, échos du dehors, rêves ou cauchemars du dedans.
Ce livre est son journal doux-amer, tissant réalisme, poésie et contes cruels. Il s’adresse à celui/celle qui lira peut-être (dis, tu es là ?).
Rien ne s’efface, tout s’entrechoque au fil de quatre saisons plus une : quinze ans après, en 2020, tout a changé. Mais le temps joue des coïncidences, et la réalité avec la fiction. » N.L.C.

Poissons rouges et autres bêtes aussi féroces

Poissons rouges et autres bêtes aussi féroces

de Ella BALAERT

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 08/10/2020 | 15,00 €

Préface de Georges-Olivier Châteaureynaud

Poissons rouges et autres bêtes aussi féroces rassemble des nouvelles qui se présentent sous la forme d’un bestiaire dans lequel le fantastique entraîne moins le lecteur/la lectrice sur les voies du surnaturel, qu’il ne déchiffre les pulsions secrètes et les recoins obscurs du cœur humain.
Dans cet autre monde qui s’ouvre, on explore en réalité ce monde-ci, traversé de féroces conflits puissants/pauvres, femmes/hommes, enfants/adultes, racismes, guerres.
Mais notre monde y est augmenté de sa face obscure, où l’humour est noir, où les êtres sont hybrides et les frontières poreuses entre l’humain et l’animal, le rêve et la réalité, le moi et l’autre, la vie et la mort.
Au sein de ce dispositif, qu’Ella Balaert mène de bout en bout avec brio, la place du langage se veut paradoxale : malgré la nomination patiente des êtres et des choses (dans les nouvelles L’oieLe bernard-l’ermiteLa 6ème amibe, entre autres) il échoue à ordonner ce monde. Quoiqu’on en dise, il y reste de l’innommable, facteur de désordre, de chaos, si possible dérangeant et c’est tant mieux, car telle est la vertu de l’art de désordonner, de déranger, de poser au lecteur ou à la lectrice, tel un sphinx, l’énigme à laquelle il lui appartiendra de répondre, librement.

« Ensuite elle ôte ses vêtements un à un et elle entre dans la mer. Hors saison, hors temps, elle ne sent pas les morsures du froid. Elle nage vers les oiseaux silencieux, elle nage sous les flots bleus et parmi les flocons ailés blancs, piquetés de noir au bout de la queue et le bec rouge sang. Elle se baigne parmi les mouettes, majestueuse. Mieux : royale. Elles se posent sur ses épaules, sur ses mains. Une ou deux lui picorent le bout des seins. Elle rit. La mer lèche ses plaies. » E.B.
« Je tiens que le réel est présent dans chacune des nouvelles fantastiques d’Ella Balaert avec une acuité et une prégnance qui font défaut à beaucoup, sinon à la plupart des auteurs réalistes. » G-O.C.

Ret samadhi - Au-delà de la frontière

Ret samadhi - Au-delà de la frontière

de Geetanjali SHREE

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 19/03/2020 | 25,00 €

Traduit du hindi (Inde) par Annie Montaut

Ret samadhi est l’histoire d’Amma, mère, grand-mère et veuve de 80 ans, qui sans un mot abandonne un beau jour la maisonnée de son fils aîné, où elle habitait selon la tradition. Hébergée par sa fille, une écrivaine très indépendante, elle découvre une nouvelle forme de liberté et d’amour. Amma s’ouvre alors au monde et à elle-même, aidée dans sa métamorphose par une curieuse aide-soignante, Rosy, une transgenre qu’elle semble connaître depuis toujours. Lorsque cette profonde amitié est brutalement interrompue, l’octogénaire aussi fantasque qu’attachante part pour le Pakistan sur les traces d’un mystérieux passé, entraînant sa fille dans cette folle aventure.
Ce roman hors du commun, qui offre un portrait foisonnant de la culture indienne et s’inscrit dans la grande histoire de la Partition, fait vaciller les frontières : celles entre normalité et étrangeté, rêve et réalité, passé et présent, corps et esprit, et bien d’autres encore.
Dans l’écriture de Geetanjali Shree, monologue intérieur, dialogue et narration polyphonique s’entremêlent sans couture apparente. Humour, tragique et poésie se superposent, jouant sur les sonorités et les rythmes d’une façon parfois vertigineuse, que la remarquable traduction d’Annie Montaut a su restituer. Un très grand livre.

« Une histoire va se raconter. Ce sera une histoire en même temps complète et incomplète, comme il en va des histoires. C’est une histoire intéressante. Il y a une frontière, et des femmes, qui viennent, s’en vont, traversent, tout du long. Une frontière et des femmes, et l’histoire se fabrique toute seule. Même, il suffit de la femme. C’est une histoire. Un déclic. Après, l’histoire s’envole au vent qui souffle. À l’herbe qui pousse, poussant le corps à prendre le vent, et le soleil aussi quand il se couche, il allume les myriades de bougies de l’histoire, à foison, pour les piquer contre les nuages, et tous ils se joignent à la balade. » G.S.

Ses yeux d’eau

Ses yeux d’eau

de Conceiçao EVARISTO

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 19/03/2020 | 15,00 €

Traduit du portugais (Brésil) par Izabella Borges
Préface d’Izabella Borges

Ses yeux d’eau, recueil de 15 nouvelles dont la première – hommage de l’autrice à sa mère – donne son titre au livre, raconte les destins de femmes, d’enfants et d’hommes des favelas, tous d’origine afro-brésilienne, qui affrontent courageusement la misère, la violence ou le vide de leur quotidien dans un désir vital de s’en sortir sans toutefois toujours y parvenir.

«Parfois, en fin d’après-midi, avant que la nuit ne devienne maîtresse du temps, elle s’asseyait sur le seuil de la porte et, ensemble, nous contemplions la danse des nuages dans le ciel. Les uns se transformaient en moutons ; les autres, en chiots ; d’autres encore, en géants endormis. Il y en avait qui restaient des nuages ou des barbes-à-papa. Ma mère étirait alors son bras jusqu’au ciel, capturait ce nuage, le coupait en tout petits morceaux et les mettait rapidement dans nos bouches. Il fallait faire vite avant que le nuage ne se dissolve et que nos rêves ne se dispersent avec lui. Mais de quelle couleur étaient les yeux de ma mère ? » C. E.

Clit Révolution - Manuel d’activisme féministe

Clit Révolution - Manuel d’activisme féministe

de Sarah CONSTANTIN & Elvire DUVELLE-CHARLES

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 12/03/2020 | 17,00 €

« Je suis féministe, je voudrais faire quelque chose de concret mais je ne sais pas par où commencer. Vous avez des conseils ? » En voyant ce genre de message s’accumuler sur leurs réseaux sociaux, les deux activistes féministes Sarah Constantin et Elvire Duvelle-Charles ont compris qu’il manquait un livre. Un manuel pratique pour guider la nouvelle génération de féministes dans l’activisme. Leur expliquer comment transformer leurs idées en actions concrètes.
Construit en neuf chapitres (« Se révolutionner soi-même » ; « Recouvrir les murs »…), ce livre se présente comme une boîte à outils pour transmettre les techniques des activistes féministes autour du monde et permettre à chacune de trouver le mode d’action qui lui convient le mieux, en tenant compte également du contexte historique et sociétal.

Ce livre s’inscrit dans la ligne directe de ce qu’elles ont déjà commencé à bâtir avec leur série documentaire Clit Révolution, un road-trip autour du monde pour lever les tabous autour de la sexualité féminine. Ce travail leur a permis de donner corps à une communauté de femmes qui osent revendiquer leur sexualité pour changer les mentalités de la société et créer un débat public. À leur contact, elles se sont enrichies de nouveaux savoirs et ont appris de nouvelles méthodes d’activisme toutes plus étonnantes et créatives les unes que les autres. Elles sont aujourd’hui suivies par plus de 95 000 personnes sur Instagram.

Sarah Constantin et Elvire Duvelle-Charles sont journalistes et activistes féministes. Elles se sont rencontrées au sein de Femen. Depuis leur entrée dans l’activisme en 2012, elles ont décliné leurs modes d’action pour se faire entendre : happenings seins nus, parodie de clip de rap, affichage sauvage…
Leur dernier fait d’armes : Clit Révolution, une série documentaire diffusée sur France TV Slash dans laquelle elles partent aux quatre coins du monde à la rencontre d’activistes qui réconcilient sexualité joyeuse et empouvoirement.

Relégation

Relégation

de Chantal CHAWAF

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 23/05/2019 | 12,00 €

« Mes pages de cahier noircies d’écriture à la main sont le symptôme de mes journées entières de confinement où, à l’épreuve du dehors, je ne sors de ma prison que par procuration, en épiant, sans interruption, en comptabilisant les entrées et les sorties, en écoutant s’ébattre le monde extérieur auquel du fin fond de mon dépérissement, je crois me relier, m’inventant le bonheur des autres, leur vie de famille, leur vie de couple, en prolongement de la banalité des propos que j’écoute monter du macadam.
Par esquisses, par petites touches filtrées par l’oreille, je synthétise une banlieue auditive, les dictions. Peut-on peindre à l’aquarelle la sonorité des voix ? » C.C.

MLF-psychanalyse et politique 1968-2018 50 ans de libération des femmes Volume I – Les premières années

MLF-psychanalyse et politique 1968-2018 50 ans de libération des femmes Volume I – Les premières années

de Collectif MLF

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 01/03/2018 | 15,00 €

Il y a cinquante ans, en 1968, naissait en France le Mouvement de libération des femmes (MLF) qui allait transformer radicalement la société, la culture et la conception que les femmes et les hommes ont d’eux-mêmes et de leurs relations réciproques.
Au cœur de ce mouvement qu’elle a cofondé, Antoinette Fouque a créé une pratique de pensée
et d’action inédite, Psychanalyse et politique, qui en a fait l’originalité et la modernité. MLF- Psychanalyse et politique, 50 ans de libération des femmes, entend transmettre la vitalité et l’énergie transformatrice de cette pratique qui a lié de manière inédite l’inconscient et l’histoire, le subjectif et le politique.

Volume 1 : les premières années
À travers des archives retrouvées, des témoignages, des documents tirés de l’oubli, le premier volume de cet ouvrage documente et restitue à l’Histoire le moment le plus créateur et le plus fécond d’un mouvement dont l’oralité a été la première expression. On y suit l’élaboration d’une pratique pionnière qui, en articulant engagement politique, inconscient et révolution intime, procréation et création, a levé la censure sur le corps des femmes et libéré une parole jusque-là enfouie.

Volume 2 : la plus longue des révolutions
Le second volume commence dans les années 1974-1975, temps de maturation, d’inventions et d’accomplissements qui n’ont jamais cessé. Il retrace le mouvement de pensée autour de la différence des sexes initié par Antoinette Fouque et l’apport qui est le sien à la théorie psychanalytique, aux sciences humaines, à la philosophie, à la politique et à la culture contemporaine.
Ce faisant, MLF-Psychanalyse et politique – 50 ans de libération des femmes contribue à éclairer la genèse du temps que nous vivons et à transmettre aux jeunes générations la mémoire d’un mouvement dont elles sont si évidemment les héritières.

L’impérialisme du phallus

L’impérialisme du phallus

de Collectif MLF

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 01/04/2016 | 12,00 €

Jean-Joseph Goux, Laurence Zordan, Roger Dadoun,
Collectif Psychanalyse et Politique

Penser avec Antoinette Fouque : Cette nouvelle collection s’inscrit dans le mouvement de pensée qu’a initié Antoinette Fouque en donnant en 1968 au Mouvement de Libération des Femmes la pratique de recherche Psychanalyse et Politique. Chaque volume individuel ou collectif s’organisera autour de l’un des concepts originaux qu’elle a élaborés pour « lever le refoulement sur le savoir forclos des femmes ». « L’impérialisme du phallus » est le premier d’entre eux.

« Je nommais alors libido 2 ces couches de la préhistoire et de l’après-histoire, ces territoires situés en-deçà et au-delà de l’Empire phallique, un Empire incontournable, fondateur de notre Histoire, mais désormais en décadence, irrésistiblement en marche vers sa chute, sa fin. » A.F.

Ce livre est issu d’une table ronde qui s’est déroulée en octobre 2015 aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois autour du thème : « Les Empires ». Lors de cette rencontre, Jean-Joseph Goux, philosophe, professeur émérite à l’université de Rice (États-Unis), Laurence Zordan, philosophe, écrivaine, Roger Dadoun, psychanalyste, philosophe, et le Collectif Psychanalyse et politique ont développé ce qu’évoque pour eux cet impérialisme particulier, le plus étendu et le plus durable qui ait jamais existé dans l’Histoire et sur lequel s’étayent tous les autres. Des textes d’Antoinette Fouque viennent compléter ces interventions.

Penser avec Antoinette Fouque

Penser avec Antoinette Fouque

de Collectif MLF

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 02/05/2008 | 13,25 €

Un livre composé de contributions autour de la pensée et de l’action d’Antoinette Fouque, en résonances, en échos, en questionnements.

« “En réalité, dans l’humain, les quatre éléments n’en font qu’un : la chair, le cinquième élément. Et la chair pense. C’est la pensée première, la pensée primaire ou archiarchaïque”. Après avoir lu ces mots d’Antoinette Fouque, j’ai été plus attentif, en moi, à ces pensées errantes, informes, qui ne se dégageaient pas de l’opacité charnelle où elles prenaient naissance. Pensées larvaires, mais qui, lorsqu’elles se condensent, vont susciter les mots qui leur donneront consistance, contour et forme. Remarque adventice : il est passionnant d’observer ce travail de la pensée qui intervient en elle-même. » Charles Juliet

Les auteurs :
Alain Touraine, sociologue, Directeur d’études à l’EHESS, Jean-Joseph Goux, philosophe et professeur à l’université de Rice (USA), Charles Juliet, écrivain, poète, Laurence Zordan, ancienne élève de l’École normale supérieure et de l’ENA, agrégée de Philosophie, écrivaine, François Guery, philosophe, professeur à l’université de Lyon, Roger Dadoun, philosophe et psychanalyste, professeur de Littérature comparée à l’université de Paris VII, Karim Benmiloud, maître de conférences à l’université Bordeaux III, Docteur ès-lettres et Directeur de recherches, Jean-Pierre Sag, psychanalyste, maître de conférences à Paris I, Patricia Rossi psychologue, psychanalyste, Anne-Marie Planeix, agrégée de Philosophie, militante de l’Alliance des Femmes pour la Démocratie.

Osnabrück

Osnabrück

de Hélène CIXOUS

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 01/06/1999 | 15,75 €

« Il est déjà parti depuis longtemps ce livre, depuis Osnabrück, Hanovre, la ville du Traité de Westphalie (1648) et de ma famille Jonas (1840-1942), il parcourt le mystère des temps sur les quatre continents qui supportent l’histoire de ma mère et l’intéressent également, au départ il devait remonter ma mère en tous les sens depuis les sources des sources jusqu’à l’embouchure de la rue Saint-Gothard, en respectant son cours multiple et renversant, car c’est bien elle de sembler finir par commencer ou pour commencer ne pas finir jamais. » H.C.

Osnabrück c’est l’épopée d’Ève, la mère d’Hélène, la mère-jeune fille. C’est aussi le livre de toute mère pour la fille, le livre de la fille autour de la mère, ma terre qui brille et menace de disparaître.

OR - les lettres de mon père

OR - les lettres de mon père

de Hélène CIXOUS

Hors Collection (LES ÉDITIONS DES FEMMES - ANTOINETTE FOUQUE) | Paru le 01/06/1997 | 12,75 €

« Je n’ai jamais reçu de lettres de mon père, ni de son vivant, ni de sa mort, pendant quarante ans pas une lettre pensai-je à peine et doucement, sans remuer les lèvres de crainte de chasser par un frémissement le passé encore posé sur le coin de la table, les ailes à demi fermées encore pour quelques instants. Quelque chose de doux et de silencieux va s’en aller et ne jamais revenir.
Et voici devant moi entassées par centaines ses apparitions, je les vois respirer, sous la poudre de poussière des centaines de lèvres, et elles vont s’ouvrir, un geste de moi, elles vont laisser échapper la voix de mon père le vrai, celle dont je n’avais jamais vu les traits, le pas est vif, la courbe nette. […] Et maintenant modestes puissantes nombreuses elles attendent entassées dans le carton marque BébéConfort un geste de ma part, les recueillerai-je, les accueillerai-je, les lettres de mon père. » H.C.