l'autre LIVRE

L'ARACHNEEN

L’Arachnéen s’attache à des auteurs, leur donne l’espace et la forme nécessaires au déploiement
 
de leur recherche. L’Arachnéen publie des œuvres, davantage que des livres. Des objets, dans 
 
lesquels le travail de mise en page met en valeur une pensée dense qui voisine, ou pas, avec des 
 
images. Dans l’œuvre de Fernand Deligny, Jean-François Chevrier, Ritwik Ghatak ou Catherine 
 
Coquio, L’Arachnéen voit se dessiner une question existentielle et politique commune, qui 
 
touche à « l’humain » et transite par l’art et la littérature.
Adresse : 109-111 rue des Dames
75017 Paris
Téléphone :0145221377
Site web :http://www.editions-arachneen.fr
Courriel :nous contacter
Diffusion :La Différence
Distribution :Volumen
Représentant légal :Sandra Alvarez de Toledo
Forme juridique :SARL
Nombre de titre au catalogue :14
Spécialités :Littérature Art Sciences humaines
La Septième face du dé

La Septième face du dé

de Fernand DELIGNY

L'ARACHNEEN | Paru le 07/11/2013 | 16,00 €

La Septième face du dé est le second roman de Fernand Deligny après Adrien Lomme (si l’on excepte un roman policier, Anges purs, publié sous le pseudonyme de Vincent Lane).
Du fond de son bureau de Graniers, à Monoblet (Cévennes), parmi les enfants autistes du réseau qu’il a fondé en 1968, il retourne à l’asile d’Armentières où il a vécu et travaillé comme instituteur puis comme éducateur pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le point de départ du roman est une énigme : Gaspard Lamiral, « le Roi, la pièce maîtresse autour de laquelle se joue toute la partie » (Roger Gentis), a disparu sur le champ de bataille, en 1917. En 1930, à l’époque où le roman a lieu, il est là, au milieu de la cour de l’asile, aussi fou qu’un fou peut l’être, perdu dans sa mémoire.
D’autres personnages traversent le récit, dans cet asile où le temps ne passe pas, où les bâtiments sont posés sur le sol de scories noires de l’asile comme sur une mer d’huile. Tous sont des spectres de Gaspard Lamiral ; ils se nomment Dernouville (le surveillant chef, dit « l’amiral »), Demeulenaere, Delannoy, Delarane… Manque Deligny.
Pour tenter de rejoindre Gaspard Lamiral dans l’antan, le narrateur, qui est instituteur à l’asile mais habite sur la Grand’Place, décide d’entrer dans l’asile, et d’y mettre en scène leurs retrouvailles. Le temps bref de la scène durant laquelle Gaspard Lamiral est resté assis en face de lui, une main « posée sur le dos, morte comme ces fleurs de mer qui restent sur le sable quand la marée est repartie », sa silhouette s’est inscrite, projetée sur le « pan de lumière » du mur de la chambre. Autant dire sur la page.
Ce roman étrange, sorte de polar psychanalytique qui laisse entrevoir la place vide occupée par la mort du père – Camille Deligny, tué en 1917 et dont le corps n’a jamais été retrouvé –, est une pièce essentielle de l’œuvre. Au cœur deLa Septième face du dé repose en effet la question de la trace, qui reconduit indéfiniment le travail d’écriture comme la transcription des trajets des enfants autistes, leurs lignes d’erre. Nul livre n’expose avec autant d’évidence la double vocation de Fernand Deligny, éducateur et écrivain.
Cartes et lignes d'erre : Traces du réseau de Fernand Deligny, 1969-1979

Cartes et lignes d'erre : Traces du réseau de Fernand Deligny, 1969-1979

de Sandra ALVAREZ DE TOLEDO & Fernand DELIGNY

L'ARACHNEEN | Paru le 11/04/2013 | 55,00 €

En 1968, Fernand Deligny fonde un réseau de prise en charge d’enfants autistes dans les Cévennes, aux environs de Monoblet. Il propose aux adultes (ouvriers, paysans, étudiants, tous éducateurs non diplômés) qui vivent auprès d’eux jour et nuit de transcrire leurs déplacements et gestes dans les aires de séjour du réseau (des campements à ciel ouvert, des fermes). Ces cartes ne servent ni à comprendre ni à interpréter les comportements des enfants, mais à conserver la trace de leurs lignes d’erre, ces détours pour rien qui révèlent un mode d’être singulier, un autre rapport à l’espace, au temps et à la mémoire, à produire l’image d’un milieu de vie commun aux individus parlants et à ces enfants hors langage… 

Journal de Janmari

Journal de Janmari

de JANMARI

L'ARACHNEEN | Paru le 11/04/2013 | 32,00 €

Jean-Marie J., dit Janmari, a douze ans lorsque Fernand Deligny décide de créer un réseau d’enfants autistes, « autour » de lui, dans les Cévennes, en 1967. L’enfant est mutique, vif, adroit ; il découvre des sources enfouies, attrape les guêpes par les ailes sans les blesser, habite le hameau de sa présence forte et de ses trajets immuables. À la fin de sa vie, Gisèle Durand, présence proche de Janmari, lui tend un cahier à dessin. Jour après jour, il trace des ronds et des vaguelettes ; le moindre geste ou le moindre son de Gisèle Durand l’incite à varier les formes, à inscrire un cercle, un rectangle, puis à reprendre ses motifs. Ce Journal recueille la trace d’un geste primordial, "d’avant la lettre", la pulsation progressivement affaiblie du rythme de la vie et de la poésie.

Le mur de Lisa Pomnenka

Le mur de Lisa Pomnenka

de Otto B. KRAUS & Catherine COQUIO

L'ARACHNEEN | Paru le 21/03/2013 | 24,00 €

Le “block des enfants” faisait partie du “camp des familles tchèques” créé en 1943 à Birkenau. Entreprise perverse inventée afin d’accueillir la Croix-Rouge et de démentir la “rumeur” d’extermination. Les familles y séjournaient pour une durée limitée et étaient anéanties après quelques mois.

«Le Mur de Lisa Pomnenka transpose en fiction une histoire dont l’auteur fut le témoin et l’acteur : celle d’un groupe d’enfants et de jeunes adultes juifs qui, envoyés de Theresienstadt dans le “camp des familles” de Birkenau en décembre 1943, vécurent six mois dans le “block des enfants”. Là, au cœur du leurre qu’était ce camp-vitrine, une activité culturelle se poursuivit en dépit de la perspective de la mort, que les enfants avaient comprise. 
Ce roman raconte les efforts des éducateurs pour les en protéger, et se protéger eux-mêmes. Au-delà de leurs projections sionistes ou marxistes, et d’une révolte avortée, il raconte la survie de l’espoir quelle que fût “sa couleur ou sa forme” 
: il dit qu’une foi étrange dans le présent, aidée des forces de l’art et de l’humour, fit parfois de cette “communauté forcée” une espèce de famille, et cherche la parole poétique dans l’enfance la plus altérée.»
Catherine Coquio

L'Hallucination artistique de William Blake à Sigmar Polke

L'Hallucination artistique de William Blake à Sigmar Polke

de Jean-François CHEVRIER

L'ARACHNEEN | Paru le 18/09/2012 | 48,00 €

L’Hallucination artistique raconte en 18 chapitres l’histoire du rôle qu’a joué l’hallucination dans la création artistique au cours des deux derniers siècles, depuis la naissance de la psychiatrie, au début du XIXe siècle, jusqu’au début du XXIesiècle ; il s’achève avec un chapitre sur l’œuvre du peintre allemand Sigmar Polke, mort en 2010.

L’auteur a opté pour un récit chronologique, de manière à faire apparaître une histoire de l’hallucination, telle qu’elle s’est modifiée à la faveur des événements historiques et des courants de pensée, et telle qu’à son tour elle a influé sur les images et les formes. Les chapitres sont émaillés de citations et d’analyses détaillées des textes, tableaux, gravures, films ; et ils comprennent chacun un cahier iconographique. Tout en suivant une ligne chronologique, l’auteur reconstitue des réseaux de correspondances par-delà l’espace et le temps : Polke se prétend en relation télépathique avec Blake et Max Klinger, Rimbaud critique Turner, Baudelaire fait l’éloge de Meryon contre la vue descriptive, Munch et Strindberg se retrouvent à Paris, Artaud rejoue Nerval, Kafka est hanté par Cervantès et Dostoïevski, Pollock nomme un tableau d’après Joyce, Bruce Conner reprend Dante et Blake à son compte… L’auteur mime la machinerie hallucinatoire, rejoue le principe des associations inconscientes, et tisse ainsi une sidérante toile arachnéenne. 

Ritwik Ghatak des films du bengale

Ritwik Ghatak des films du bengale

de COLLECTIF

L'ARACHNEEN | Paru le 01/01/2011 | 39,00 €

Ritwik Ghatak est considéré comme l’un des plus grands cinéastes indiens (bengalis) du XXe siècle et comme un cinéaste majeur de l’histoire du cinéma, un maître du mélodrame et un grand artiste moderne. Ce livre est le premier qui lui soit consacré en France. Il associe un ensemble de textes de Ghatak sur le cinéma, des études des meilleurs connaisseurs de son œuvre, indiens et français, et une iconographie foisonnante.

En 1947, Ghatak quitte le Bengale oriental, où il est né et où il a grandi, pour Calcutta. Il fait partie de ces dix millions de réfugiés, pour qui l’indépendance de l’Inde signifia violence, misère et exil. Son œuvre cinématographique est à raison età tort associée à cet épisode tragique de l’histoire de l’Inde, la partition du Bengale. Il meurt trente ans plus tard, en 1976, à cinquante ans, ravagé par l’alcool et la maladie, vaincu par trente ans de lutte contre l’establishmentpostcolonial, contre la décadence et la corruption politique et intellectuelle de la middle class dont il est issu, et contre un monde qui dénie le génie de son peuple.

Les Relations du corps

Les Relations du corps

de Jean-François CHEVRIER

L'ARACHNEEN | Paru le 01/01/2011 | 25,00 €

L’auteur aborde le thème des «relations du corps» avec humour, contre le cynisme «post-humain» et le pathos compassionnel. Il dégage deux thèmes : celui de « l’académie hors d’elle-même», et celui du «monstre» altéré sous l’effet des jeux de l’imagination ou de la perception. Son approche privilégie l’esprit de jeu, l’expérimentation, la remise en cause d’une vision du corps stable, centrée sur l’identité et l’appropriation de l’espace. Ce parti pris lui permet d’associer des œuvres historiques majeures (Henri Matisse, Raoul Hausmann, Helen Levitt) et des travaux des années 1970 ou contemporains (John Coplans, Vito Acconci, Klaus Rinke, Marina Ballo Charmet) moins en quête d’objets que d’expériences sur l’espace, le corps et le langage. 

Des territoires

Des territoires

de Jean-François CHEVRIER

L'ARACHNEEN | Paru le 01/01/2011 | 25,00 €

Dans ce recueil, l’auteur met en garde contre l’instrumentalisation artistique de la notion de territoire ; il propose de l’historiciser et de l’éclater en de multiples sens, complémentaires et contradictoires. Le livre associe des analyses thématiques et monographiques. Une des notions clés avancée par l’auteur est celle d’«intimité territoriale», placée à la croisée de l’éthologie, de la géographie, de la sociologie et de l’écologie urbaine. Un ensemble de textes, articulé ironiquement au précédent par un formidable entretien avec l’architecte Rem Koolhaas, s’ordonne autour de la notion de territoire comme «génie du lieu». L’auteur reprend à Raymond Roussel l’idée d’une plongée à l’intérieur de la vue. Il dresse aussi une histoire rapide de la «photogénie urbaine» en insistant sur l’urgence à ne pas dissocier la question des représentations de l’urbain de l’enquête foucaldienne sur le biopouvoir. Trois textes monographiques achèvent le livre : l’un porte sur la normalisation des «aires de jeux» au temps de la globalisation (Peter Friedl), l’autre sur la destruction du territoire américain de la frontière (Robert Adams) et le dernier sur l’investissement anthropologique et psychique de l’espace par le dessin (Barnett Newman).

La Trame et le hasard

La Trame et le hasard

de Jean-François CHEVRIER

L'ARACHNEEN | Paru le 18/03/2010 | 20,00 €

Au début du vingtième siècle, la révélation des ressources de l’inconscient impose le hasard comme une loi ; il interfère dans la trame narrative, introduit des ruptures dans le récit, agit comme le catalyseur de la puissance imaginative, sur la page comme sur la toile. Les effets de la «tentative» mallarméenne, relayée par celle de Marcel Duchamp, se diffusent sans fonder de tradition ni d’école. En quatre essais et un entretien, qui portent sur des œuvres séparées dans le temps et dans l’espace (dont Sigmar Polke, Anni Albers, Sophie Taeuber-Arp, William Burroughs, Herzog et de Meuron), Chevrier file la métaphore de la trame et du hasard par-delà les disciplines et le temps. Cette libre traversée de l’art du XXe siècle comblera les amateurs d’art, de littérature et d’architecture.

Entre les beaux arts et les medias : photographie et art moderne

Entre les beaux arts et les medias : photographie et art moderne

de Jean-François CHEVRIER

L'ARACHNEEN | Paru le 18/03/2010 | 25,00 €

À la fin des années 1980, Jean-François Chevrier organisa deux expositions qui ont fait date?: Une autre objectivité etPhoto-Kunst. Il renouvelait profondément notre compréhension de l’histoire et de la création photographique, en montrant comment la photographie se définit dès son apparition à la fois comme un procédé d’enregistrement et un outil artistique. Le procédé d’enregistrement, qui a bouleversé les pratiques de l’illustration, est à l’origine des médias?; l’outil artistique est venu s’ajouter à tous ceux qui ont fait l’histoire de l’art. Art et technique, art au sens de technique, la photographie se situe, et l’art moderne avec elle, entre les beaux-arts et les médias?: entre un système des beaux-arts fondé sur l’imitation idéalisée de la nature et l’immense domaine de l’information et du divertissement médiatiques. L’auteur montre comment des artistes photographes (Albers, les Becher, Richter, Pistoletto, Mulas, Faigenbaum...) s’emparèrent d’une forme historique, le tableau, utilisée depuis des siècles, par les peintres. Appliquée à des images produites mécaniquement, avec une machine d’enregistrement, le tableau devint la forme hybride par excellence, où deux régimes d’images se mêlent de manière instable et polémique.

Walker evans dans le temps et dans l'histoire

Walker evans dans le temps et dans l'histoire

de Jean-François CHEVRIER

L'ARACHNEEN | Paru le 18/03/2010 | 25,00 €

Ce recueil constitue la première étude monographique approfondie de l’œuvre du grand photographe américain Walker Evans (1903-1975) menée par un auteur non américain. Le premier texte est une analyse image par image du célèbre livre American Photographs (1938). Le texte suivant commente un reportage réalisé par Evans sur le parti communiste américain pour le magazine Fortune en 1934 (l’auteur soulève des questions inédites sur les rapports d’Evans à la représentation des corps et du «?commun?», au peuple et à l’idéologie américaine). L’auteur analyse ensuite le faux vrai dialogue entre Evans et Henri Cartier-Bresson autour de leurs images d’Amérique, puis la réception de l’œuvre d’Evans par les artistes américains des années 1960, et ses échos dans les travaux photographiques de Dan Graham. Dans le dernier texte, il met en relation de manière inédite Many Are Called (1966), le livre constitué de portraits anonymes pris dans le métro new-yorkais à la fin des années 1930, et les portraits dramatiques, «?anti-pop?», d’Andy Warhol.

Proust et la Photographie la Résurrection de Venise

Proust et la Photographie la Résurrection de Venise

de Jean-François CHEVRIER

L'ARACHNEEN | Paru le 21/04/2009 | 20,00 €

Proust et la photographie fut en quelque sorte écrit (en 1982) contre La Chambre claire de Roland Barthes, contre la définition de la photographie comme «énigme fascinante et funèbre» du deuil et de la mélancolie, contre l’interprétation littéraire et esthétique de la photographie. Jean-François Chevrier propose une analogie entre la mémoire involontaire, à l’origine de la vocation littéraire de l’auteur de La Recherche, et les mécanismes inconscients à l’œuvre dans la photographie.

En écho à la réminiscence centrale de La Recherche, celle du baptistère de Saint-Marc, un second ensemble est ajouté, intitulé «La résurrection de Venise» et constitué de fragments, de détails arrachés aux œuvres : un brouillon de Proust qui explicite le phénomène «chimique » de la réminiscence ; une séquence de croquis, d’aquarelles et de daguerréotypes de Venise de l’historien de l’art anglais John Ruskin ; une lettre adressée par Proust en 1903 à Illan de Casa Fuerte, en séjour à Venise avec sa mère. Jean-François Chevrier entre dans ce réseau de correspondances, et souligne la place caractéristique de la lettre dans l’élaboration d’une écriture qui, en 1903, «s’agite dans les ténèbres».

L'Arachnéen et autres textes

L'Arachnéen et autres textes

de Fernand DELIGNY

L'ARACHNEEN | Paru le 02/10/2008 | 25,00 €

L’Arachnéen (1981) est un essai sur le thème du réseau. Deligny vit alors dans les Cévennes, où il a créé un ensemble de lieux de prise en charge informelle d’enfants autistes. Qu’est-ce qu’un espace perçu hors langage ? Quelle est la forme d’un déplacement sans but ? Comment exister aux yeux de ceux qui ne nous regardent pas ? Telles sont quelques-unes des questions soulevées par des enfants qui ne parlent pas, vibrent aux éclats de l’eau et attrapent les guêpes par les ailes sans les blesser. La seconde partie de l’ouvrage, intitulée «Quand le bonhomme n’y est pas», ouvre une perspective inattendue sur les liens entre son approche respectueuse, non invasive, sans interprétation ni «interpellation» de l’autisme, et la psychanalyse ; entre l’espace-temps silencieux des aires de séjour, ouvert à l’agir et aux «circonstances», et la séance psychanalytique censée accueillir l’«inouï». Deligny invite ici la pensée de Lacan, et leur commune acception d’un réel hors langage, ineffable.

Fernand Deligny Oeuvres

Fernand Deligny Oeuvres

de COLLECTIF

L'ARACHNEEN | Paru le 19/09/2007 | 58,00 €

Ce recueil des Œuvres de Fernand Deligny (1913-1996) paraît un peu plus de dix ans après sa mort. Il reconstitue en 1848 pages de textes, images, fac-similés, les étapes d’une trajectoire qui conduisit cet éducateur sans patente de la lutte contre l’institution « Sauvegarde de l'enfance » à une approche expérimentale de l’autisme. Il rassemble pour la première fois l’essentiel de son œuvre, éditée et inédite : dePavillon 3, ses premières nouvelles (1944), aux textes sur l’image des années 1980. Il s’achève sur quelques pages manuscrites de sa dernière et monumentale tentative autobiographique, L’Enfant de citadelle.

L’écriture fut pour Deligny une activité constante, existentielle, le laboratoire permanent de sa pratique d’éducateur. Ses premiers livres sont des pamphlets contre l’« encastrement » institutionnel et la compassion philanthropique qui animent la politique rééducative de l’après-guerre. À partir de la fin des années 1960, il engage une réflexion anthropologique contre la loi du langage et pour une définition de l’humain a-subjectif, spécifique, dépris de lui-même. Il accueille des enfants autistes dans les Cévennes et invente de toutes pièces un dispositif de prise en charge : un réseau d’aires de séjour, des éducateurs comme lui non-spécialistes, un « coutumier » ritualisé à l’extrême, inspiré de l’agir et de l’immuable autistiques. Il invente une cartographie, les fameuses « lignes d’erre », se saisit du cinéma pour remettre en cause le « point de vue » hégémonique de « l’homme-que-nous-sommes ».

Textes (réédités et inédits), articles, films, sont précédés d’introductions qui les situent à l’intérieur du parcours de Deligny. Accompagnées de cinq textes critiques, de la première chronologie de son œuvre, d’une bibliographie exhaustive, d’une iconographie documentaire et librement interprétative, elles tracent la biographie intellectuelle d’un personnage. Sans chercher à défaire la part de légende qu’il a volontairement entretenue, elles rétablissent une partie des faits historiques sur le fond desquels son action et son œuvre apparaissent dans leur pleine singularité.