l'autre LIVRE

IXE

Salon 2018 : Retrouvez cet éditeur sur le stand A26

iXe s’inscrit dans le paysage d’un féminisme contemporain traversé de lignes de force et de lignes de faille qui dessinent ses perspectives et orientent ses points de vue. La lettre sous laquelle elle s’affiche exprime l’anonymat, le classé secret ou classé obscène, l’indifférenciation et la multiplication, le sexe, la potentialité de la sexuation. iXe endosse cette polysémie troublante en se plaçant par jeu sous le signe neutre de l’algèbre : [iXe = l’inconnue de l’équation]. Elle s’attribue la marque du genre pour la poser en question.

Adresse : 28, boulevard du Nord
77520 Donnemarie-Dontilly
Téléphone :01 60 67 38 14
Site web :http://www.editions-ixe.fr
Courriel :nous contacter
Diffusion :Hobo
Distribution :Makassar
Représentant légal :Oristelle Bonis
Forme juridique :Association
Racine ISBN :9791090062
Nombre de titre au catalogue :36
Tirage moyen :500
Spécialités :essais, témoignages, fiction.
Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin! Petite histoire des résistances de la langue française Nouvelle édition augmentée

Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin! Petite histoire des résistances de la langue française Nouvelle édition augmentée

de Éliane VIENNOT

xx-y-z (IXE) | Paru le 01/12/2017 | 14,00 €

Le long effort des grammairiens pour masculiniser le francais a suscite de vives resistances chez celles et ceux qui, longtemps, ont parle et ecrit cette langue sans appliquer des regles contraires a sa logique. Initiee au xviie siecle, la domination du masculin s’est imposee a la fin du xixe siecle. Depuis, on apprend a l’ecole que « le masculin l’emporte sur le feminin »...

Depuis sa premiere publication en 2014, ce livre a largement contribue a relancer le debat sur les evolutions linguistiques du francais en demontrant, exemples a l’appui, qu’il s’agit non pas tant de « feminiser » la langue que de la « demasculiniser ».

Cette nouvelle edition augmentee explore plus avant les pistes qu’il a ouvertes, en prolongeant la reflexion sur le langage non sexiste (ecriture dite inclusive, regle de proximite, formules epi- cenes, nouveaux pronoms...)..

Eleni Varikas: pour une théorie féministe du politique

Eleni Varikas: pour une théorie féministe du politique

de COLLECTIF

racine de iXe (IXE) | Paru le 01/11/2017 | 19,00 €

Philosophe et polyglotte, Eleni Varikas explore la dimension politique de la domination – la sujetion des femmes et des esclaves, leur exclusion de la democratie, la naturalisation des inegalites et des oppressions. Faisant du genre un «concept voyageur», elle travaille sur la modernite a partir de ses marges avec Hobbes et Locke, Adorno et Benjamin, Virginia Woolf et Hannah Arendt, entre autres sources.

Ce recueil coordonne par Isabelle Clair et Elsa Dorlin invite a repenser le concept d’universalisme a la lumiere de l’inferiorisation des femmes, et celui de la liberte moderne a la lumiere de l’esclavage et de la colonialite.

Pussy Riot Grrrls. Émeutières

Pussy Riot Grrrls. Émeutières

de Manon LABRY

racine de iXe (IXE) | Paru le 01/06/2017 | 18,00 €

Près de vingt-cinq ans separent la ruade punk feministe lancee par les riot grrrls aux Etats-Unis, de la priere punk prononcee a Moscou par les Pussy Riot. Un quart de siecle au cours duquel s’est constitue?e une ve?ritable contre-culture fe?ministe under- ground, qui poursuit la revolution Grrrl Style engagee au debut des annees 1990.

Ses armes ont nom musique, fanzines, manifestes... Elle se re- pand par contagion, portee par un feminisme squatteur de plus en plus inclusif qui explore sans relache les failles du mainstream pour developper sa the?orie radicale de l’action.

Manon Labry retrace ici, sous l’angle des Cultural Studies, la genealogie de ce courant proteiforme qui a su developper une forme de resistance labile, apte a dejouer les visees d’un systeme qui cannibalise ses marges pour les neutraliser.

Déicide, ou la liberté

Déicide, ou la liberté

de Thierry HOQUET

iXe' prime (IXE) | Paru le 01/04/2017 | 15,00 €

Deuxieme conte philosophique de Thierry Hoquet, Deicide ou la liberte fait suite a Sexus nullus, ou l’egalite. Et nous rappelle, avec la meme ironie, que si la loi de 1905 organise la separation de l’Eglise et de l’Etat, elle ne s’applique pas a tout le territoire de la Republique « une et indivisible » : de la Guyane a Mayotte a l’Alsace-Moselle, huit regimes differents s’accommodent tant bien que mal des grands principes de la laicite.

Dieu etouffe Marianne, il n’a pas sa place dans l’espace public clament les partisans du deicide. Oui mais, ricanent les croyants, vouloir tuer Dieu c’est deja reconnaitre son existence...
Leur debat virulent sur la laicite, la place des religions, le fanatisme, la tolerance, la liberte, l’egalite restitue les peurs et les passions de notre epoque troublee.

Un livre grinc?ant, dro?le et profond, avec du verbe et de l’action!

Genre et discriminations

Genre et discriminations

de COLLECTIF

xx-y-z (IXE) | Paru le 01/02/2017 | 18,00 €

Le developpement simultane des etudes sur le genre et des recherches sur les discriminations amene a interroger la definition meme de ces termes et leur imbrication. Si le genre est une categorie d’analyse visant a de naturaliser les differences de sexe et les rapports de domination qui les consacrent, la notion de discrimination qualifie tout traitement prejudiciable fonde sur un critere illegitime – le sexe, par exemple, ou l’age, la classe, l’origine ethnique.

Issu d’un colloque organise en juin 2016 a l’Universite Paris- Diderot, l’ouvrage rassemble des contributions qui, en croisant ces deux approches, ouvrent des pistes nouvelles a la lutte contre les exclusions et les inegalites.

Journal d'une traduction

Journal d'une traduction

de Marie-Hélène DUMAS

fonctions dérivées (IXE) | Paru le 01/11/2016 | 14,00 €

«Traduire, c’est penser entre les langues», ecrit Marie-Helene Dumas. Le livre qu’elle traduisait en tenant ce Journal est La Republique de l’imagination de Nazar Afisi, ou il est beaucoup question de litterature et d’exil – deux themes qui entrent en resonance avec le present quotidien de la traductrice, son histoire, sa memoire.

Porte par le courant des saisons, des lumieres et la derive des souvenirs, le Journal d’une traduction est invitation au voyage – d’une langue a l’autre, au fil d’une traversee entre ici et ailleurs, hier et aujourd’hui, avec l’exil pour toile de fond.

Pax neoliberalia perspectives féministes sur (la réorganisation de) la violence

Pax neoliberalia perspectives féministes sur (la réorganisation de) la violence

de Jules FALQUET

racine de iXe (IXE) | Paru le 01/10/2016 | 15,00 €

Ce livre est un essai sur l’emploi methodique de la coercition au service de la mondialisation ne?olibe?rale. L’instrumentalisation d’une violence en apparence aveugle, mais en re?alite? aussi contro?le?e qu’implacable, dessine le fil rouge reliant entre eux les quatre textes qui le composent.

En revelant les continuites qui rattachent la violence misogyne (au Salvador, au Mexique, au Guatemala) aux me?thodes coercitives militaro-policieres (dans ces quatre pays et en Turquie), l’analyse met a jour les logiques genre?es d’une phase de « gouvernance » mondialisee ici nommee, par antiphrase, Pax neoliberalia.

Sexe, race et pratique du pouvoir

Sexe, race et pratique du pouvoir

de Colette GUILLAUMIN

racine de iXe (IXE) | Paru le 08/05/2016 | 18,00 €

“Sexe” et “race” sont le produit d’un long processus de “spécification” et de “naturalisation” sociales propre aux relations de domination et d’appropriation. Et si construites qu’elles soient, ces deux notions n’en conservent pas moins une réalité sociale pour les personnes (de couleur, de sexe féminin) censées les incarner. Le concept d’appropriation est un élément essentiel apporté par Colette Guillaumin à la théorie des rapports entre les sexes, où le corps même des dominées (et pas seulement leur travail) est l’objet de la mainmise, comme ce fut le cas dans le servage de l’Ancien Régime, dans l’esclavage de plantation, et dans ce que Colette Guillaumin nomme, pour les femmes, le “sexage”: “La parenté de l’institution esclavagiste avec le sexage réside dans l’appropriation sans limites de la force de travail, c’est-à-dire de l’individualité matérielle elle-même.”

Colette Guillaumin, sociologue au CNRS, membre du collectif Questions féministes et cofondatrice de la revue Le Genre humain a enseigné aux universités d’Ottawa et de Montréal.
Elle a publié
L’idéologie raciste. Genèse et langage actuel (1972) et de nombreux articles sur les formes idéologiques qui doublent les rapports de sexe et de race. Beaucoup d’entre eux ont été traduits ou directement publiés dans divers pays, notamment le recueil Racism, sexism, power and ideology. Sexe, race et pratique du pouvoir, ici réédité, rassemble des textes écrits dans les années 1970 et 1980.

Femmes et esclaves

Femmes et esclaves

de Sonia Maria GIACOMINI

xx-y-z (IXE) | Paru le 05/05/2016 | 15,00 €

Le Brésil fut l’un des plus grands pays esclavagistes: 45% des esclaves déplacé·es de l’Afrique vers les Amériques l’ont été dans ce pays, qui, aujourd’hui, est aussi celui qui produit le plus grand nombre de recherches sur l’esclavage. Si importante que soit cette production, elle fait cependant peu de place à la situation des femmes esclaves. À cet égard Femmes et esclaves reste un ouvrage pionnier. Publié pour la première fois en 1988, réédité depuis à deux reprises, il porte sur une période qui va de la fin de la traite négrière (1850) à l’abolition tardive de l’esclavage (1888). L’analyse de matériaux bruts – textes et propositions de loi, articles de presse et petites annonces de vente ou de location d’esclaves –, étayée par la lecture d’ouvrages plus récents sur l’histoire de l’esclavage, livre en creux un tableau cruel de la vie des femmes esclaves.

Sonia Maria Giacomini est anthropologue. Elle enseigne depuis 1980 à l’Université pontificale de Rio de Janeiro, au sein du département en sciences sociales. Ses recherches portent sur les questions de genre et les questions raciales dans la société brésilienne. Elle dirige actuellement le Centre interdisciplinaire de réflexion et de mémoire sur les Afro-descendants.

Point zéro: propagation de la révolution

Point zéro: propagation de la révolution

de Silvia FEDERICI

racine de iXe (IXE) | Paru le 15/02/2016 | 20,00 €

«Mon engagement dans le mouvement des femmes m’a amenée à prendre conscience que la reproduction sociale des êtres humains est au fondement de tout système économique et politique, et que si le monde continue de tourner c’est grâce à l’immense quanti­té de tâches ménagères, payées et non payées, effectuées par les femmes.»

Le point zéro à partir duquel la révolution se propage est celui où de nouveaux rapports sociaux s’imaginent et se créent, déclen­chant une onde qui gagne de proche en proche et renverse les structures de la domination. Ce point zéro, soutient Silvia Federici, est localisé dans la sphère privée, site de la reproduction sociale – celle de la main-d’œuvre et de sa force de travail.

Écrits entre 1974 et 2012, les textes réunis dans ce recueil s’articulent précisément autour du concept de reproduction, déve­lop­pé par un courant du féminisme marxiste dont Silvia Fede­rici se réclame aux côtés de Mariarosa Della Costa, Selma James et Maria Mies.  Elles sont parties d’un constat: tache aveugle de la théorie marxiste, le travail domestique non rémunéré, essentia­lisé, est la partie cachée de l’iceberg de l’accumulation capi­taliste.

D’où la revendication du salaire ménager, portée dans les années 1970 par le Collectif féministe international puis, au fil des ans, l’élargissement de la réflexion à la restructuration des rapports de classe. Le «nouvel ordre mondial» du néolibéralisme, la crise de la dette et les politiques d’ajustement structurel, les délocalisations industrielles ont créé une nouvelle division sexuelle et internationale du travail qui précarise la vie de populations entières et impose aux femmes du «Sud» d’assumer une part croissante du travail reproductif nécessaire au «Nord». L’analyse de la guerre économique ainsi engagée contre les femmes appelle les féministes à combattre ce nouveau colonialisme pour rouvrir la perspective politique de l’émancipation en l’associant à la défense des biens communs.

Née à Parme, en Italie, militante féministe depuis les années 1970, Silvia Federici travaille aux États-Unis. Son essai, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive a été traduit en français en 2014 (Éditions Entremonde).

Penser avec Françoise Collin

Penser avec Françoise Collin

de Dominique FOUGEYROLLAS-SCHWEBEL & Florence ROCHEFORT

racine de iXe (IXE) | Paru le 20/01/2016 | 18,00 €

«Le monde que le féminisme veut contribuer à élaborer ne peut sans danger être identifié à ce qui se maîtrise, fût-ce décliné au féminin. Comme si ne méritait le nom de femme, et d’être humain, que celle qui gagne, agit, produit, transforme.»

 Cet ouvrage invite à découvrir, ou redécouvrir, l’œuvre de Françoise Collin (1928-2012), figure majeure du féminisme européen de la deuxième moitié du xxe siècle, fondatrice de la première revue féministe francophone, Les Cahiers du Grif.

Ses livres, ses articles composent une œuvre éclatée et pourtant très aboutie, inséparable de son cheminement personnel, de son souci constant d’allier le penser et l’agir en un même mouvement. S’y exprime, en toute liberté et responsabilité, la force créatrice de l’écrivaine d’avant-garde comme celle de la philosophe et de l’intellectuelle qui pense, à travers l’étude passionnée d’Hannah Arendt, le féminisme et le politique, et réfléchit avec Blanchot et Levinas à l’art et à l’écriture.

Internationales et pluridisciplinaires, les contributions réunies dans cet ouvrage illustrent des aspects spécifiques de son œuvre. La juxtaposition des points de vue, des lectures, révèle les différents registres d’une pensée qui, dans un constant va-et-vient entre théorie et pratique, réflexion et engagement, s’est déployée à l’écart des écoles, des courants, des systèmes.

Textes de Carmen Boustani, Rosi Braidotti, Geneviève Fraisse, Diane Lamoureux, Martine Leibovici, Mara Montanaro, Florence Rochefort, Marthe Rosenberg, Monique Schneider, Marie-Blanche Tahon, Michèle Zancarini-Fournel.

Ouvrage publié sous la direction de Dominique Fougeyrollas-Schwebel et de Florence Rochefort.

Sexisme, le mot pour le dire!

Sexisme, le mot pour le dire!

de Pauline LEET PITTENGER

la petite ixe (IXE) | Paru le 20/11/2015 | 6,00 €

«Quand un homme dit [...] “j’aimerais avoir le point de vue féminin sur cette question”, ou encore “les femmes ont vraiment une façon merveilleuse de raisonner”, il est aussi condescendant que le raciste qui s’ignore en affirmant que tous les Noirs ont le sens du rythme.»

La scène se passe en 1965, sur un campus de Pennsylvanie. Par une fraîche matinée de novembre, une jeune enseignante, Pauline Leet, prend la parole devant un parterre exclusivement masculin, composé des étudiants de cette université non mixte. Ils l’ont invitée à parler, elle se saisit de l’occasion et lâche le mot devant l’assemblée médusée: SEXISME.

Il n’existait pas, elle le forge pour dénoncer les privilèges attachés à la condition masculine. Cette création géniale précède de peu l’apparition du Women’s Lib. Entré depuis dans l’usage et dans les dictionnaires, le terme cible précisément la domination qu’il entend combattre, en la nommant.

Women's Lands

Women's Lands

de Françoise FLAMANT

fonctions dérivées (IXE) | Paru le 15/10/2015 | 19,00 €

Pour s’affranchir de la domination masculine, les femmes dont la geste est ici retracée ont franchi le pas, pris la tangente et construit ensemble autre chose: tout un monde, toute une vie à elles. Elles ont tenté l’aventure dans l’Ouest des États-Unis, sur des terres reculées où une poignée d’entre elles résident toujours. Elles ont défriché, semé et planté, bâti leurs maisons et leurs abris avec la volonté d’inventer un nouvel art de vivre entre femmes. En quelques années, une vingtaine de terres séparatistes ont ainsi été créées dans la région. Leur multiplication alimentait une vie sociale intense fondée sur la solidarité entre résidentes et visiteuses de passage, sur le respect de la nature, le partage des savoirs, la recherche d’une spiritualité ancrée dans l’immanence, la Terre et le Cosmos.

Que reste-t-il aujourd’hui de ces espaces uniques et de l’utopie qui les a longtemps maintenus vivants? Françoise Flamant s’est plongée dans les archives des Women’s Lands, elle s’est entretenue avec plusieurs des protagonistes de cette histoire à bien des égards fabuleuse. Soutenu par le respect et la sympathie pour le sujet traité, son récit qui mêle descriptions, analyses, témoignages et documents graphiques donne la mesure de l’ambition du projet et de la force des engagements de celles qui y ont participé. C’est une contribution essentielle à l’histoire du féminisme et à celle, par trop occultée, des lesbiennes féministes.

Sociologue et économiste, Françoise Flamant vit aux États-Unis après avoir activement participé au mouvement de libération des femmes en France. Elle a écrit À tire-d’ailes. Itinéraires de féministes radicales des années 1970, et coréalisé avec Veronica Selver le documentaire Raising the roof. Charpentières.

Sexus nullus, ou l'égalité

Sexus nullus, ou l'égalité

de Thierry HOQUET

iXe' prime (IXE) | Paru le 15/05/2015 | 17,00 €

«De la maternelle au baccalauréat, l’école est mixte, les enfants sont élevés ensemble, sur des programmes communs, avec des examens communs. Il est révolu le temps où, pour obtenir le certificat d’études, les filles devaient subir une épreuve de couture et les garçons de travaux manuels. À la majorité, qui est la même pour tout le monde, il n’y a plus en France de service militaire. Tous les citoyens de plus de dix-huit ans ont le droit de vote et paient leurs impôts de la même manière. L’instauration, en 2013, du mariage pour toustes a supprimé le dernier bastion où la différence des sexes pouvait faire sens: aujourd’hui, nos concitoyens et concitoyennes se marient avec la personne de leur choix, à l’exception de leurs consanguins. Ainsi, dans de multiples composantes de la vie publique la République se passe très bien de connaître le sexe des individus. Pourtant, on le fait toujours figurer à l’état civil. Au nom de quoi?»

 

Lancée lors d’une morne campagne présidentielle, l’idée fit son chemin. Et si cet hurluberlu d’Ulysse Riveneuve avait raison? Si le grand problème de l’égalité femme-homme tenait à un si petit détail? À la fixation sur une identité sexuée au demeurant accessoire et sans pertinence pour les actes de la vie civile…

Les médias avaient besoin de nouveau grain à moudre, ils se jetèrent sur la proposition. Et c’est ainsi que les dirigeants politiques et les médecins, juristes, féministes, virilistes, philosophes et psychanalystes, religieux de tous bords et anonymes de tous poils s’engagèrent passionnément dans le débat, et que le vieux pays, arraché à sa morosité, ouvrit au monde la voie de l’égalité universelle.

 

Philosophe, spécialiste de la  philosophie des sciences naturelles et des Lumières, Thierry Hoquet est professeur à l’Université Lyon 3. Dernier ouvrage paru: Cyborg philosophie. Penser les dualismes.

Alors je suis devenue une Indien d'Amérique

Alors je suis devenue une Indien d'Amérique

de Marie DOCHER

fonctions dérivées (IXE) | Paru le 03/10/2014 | 14,00 €

«Progressivement, par petites touches, par petits choix forcés, j’ai glissé de la sensation d’être au cœur de tous les possibles à la certitude d’être à la marge d’un monde étroit.»

Par goût, petite fille, on devient une Indien d’Amérique – on rêve d’espace et d’indépendance, on se met un bandeau sur le front pour tenir ses cheveux longs, on s’habille en pantalon. On ne sait pas, alors, que les Indiens survivent dans des réserves.

Avec le temps, on devient adulte, les choix s’affirment. On encaisse les coups en se disant que c’est le lot commun, on fait sa vie avec une femme et son enfant. Ça va mieux, ça va bien.

Et brutalement, les signaux passent au rouge.

Quand une agence lui a demandé un reportage sur la Manif pour Tous, Marie a dit non. Impossible de les photographier, ces foules qui bannissent les couleurs arc-en-ciel de leur monde en rose et bleu.

À la place, Marie a fouillé dans ses archives, dans ses souvenirs, elle a tatoué sur ses photos la violence des arguments réactionnaires repris par les traditionalistes de tous bords. Son livre, Alors je suis devenue une Indien d’Amérique… fait le récit, en mots et en images, d’une prise de conscience courageuse et lucide qui restitue le choc dans sa brutalité.

À douze ans, Marie Docher veut être photographe et écrivain. À dix-huit ans, elle prend un chemin de traverse et fait une école de commerce. À trente ans, elle crée et dirige une entreprise de communication visuelle. À quarante ans, elle perd tout et en profite pour devenir photographe. À cinquante ans, profondément choquée par les manifestations contre la loi sur le mariage pour tous, elle écrit ce livre.

Requiem pour il et elle

Requiem pour il et elle

de Katy BARASC & Michèle CAUSSE

racine de iXe (IXE) | Paru le 20/09/2014 | 18,00 €

Arpenter les territoires occupés d’une langue qui condamne à l’exil ou au mutisme celles qu’elle voue à incarner la différence…
Dénoncer le coup de force du logos qui leste du poids de la réalité un monde inhospitalier, inhabitable…
Et lui porter le coup de grâce en imaginant tout autre chose : une langue qui délivre les subjectivités des pronominations en IL et ELLE sans pour autant recourir au tour de passe-passe du neutre…
La musique de Requiem est une invitation à la fugue vers un ailleurs vivable. Elle accorde l’aimer et le penser, le dire et le sentir, dans une polyphonie de voix singulières rétives aux règles du discours maître. Ce chant orchestré par Causse et Barasc révèle le manque au creux de la langue, il la fissure, il l’hybride. Ses dernières notes célèbrent la fin ULtime du sujet.

Michèle Causse, dans les polyphonies de son œuvre, a inventé l’écriture de son désir. Lesbienne politique, elle a traversé les « genres » convenus – fables, essais théoriques, théâtre, poèmes – pour faire advenir cet « autre côté de la langue » qui est une « subversion du monde ».
Katy Barasc est philosophe, essayiste et poète. Son champ d’investigation privilégie les écritures nomades où se questionnent les cadres du dire et du penser.

 

Parcours féministe

Parcours féministe

de Françoise COLLIN & Irène KAUFFER

racine de iXe (IXE) | Paru le 22/04/2014 | 19,00 €

Revenant après coup sur l’exercice auquel elle a accepté de se livrer ici, au cours de ses entretiens avec Irène Kaufer, Françoise Collin écrit dans une avant-note à ce livre:

Penser, est-ce répondre à des questions? Ne serait-ce pas plutôt toujours reformuler les questions elles-mêmes, en déplacer les termes et les enchaîner autrement? Comment, en répondant à la demande, formuler à nouveaux frais, sous d’autres angles, en termes abrupts, ce qu’on croyait avoir formulé au cours d’un long itinéraire, inscrit dans des livres et dans des textes, comme dans des initiatives et des actions, au cours des années?
Autant de questions qui la conduisent à revisiter l’évidence de quelques leitmotive fondateurs qui ont rassemblé dès le départ les femmes dans un même mouvement et dont apparaît a posteriori la polysémie: “mon corps est à moi”, “à travail égal salaire égal”, “le privé est politique”, “un enfant si je veux” deviennent ainsi les objets d’une herméneutique. On perçoit combien le “commun” est toujours “comme un”.

Écrivaine, Françoise Collin (1928-2012) était romancière, poète, philosophe. Elle a fondé en 1973 la première revue féministe francophone, Les Cahiers du Grif, et largement contribué à faire découvrir l’œuvre de Hannah Arendt au public de langue française.

 

Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin!

Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin!

de Éliane VIENNOT

xx-y-z (IXE) | Paru le 09/03/2014 | 14,00 €

« Le genre masculin ne sera plus regardé, même dans la grammaire, comme le genre le plus noble, attendu que tous les genres, tous les sexes et tous les êtres doivent être et sont également nobles. »

Requête des dames à l’Assemblée nationale, article 3 du Projet de décret adressé à la Législative, 1792.

Le long effort des grammairiens pour masculiniser le français a suscité de vives résistances chez celles et ceux qui, longtemps, ont parlé et écrit cette langue sans appliquer des règles contraires à sa logique. La domination du genre masculin sur le genre féminin initiée au xviie siècle ne s’est en effet imposée qu’à la fin du xixe avec l’instruction obligatoire. Depuis, des générations d’écolières et d’écoliers répètent inlassablement que « le masculin l’emporte sur le féminin », se préparant ainsi à occuper des places différentes et hiérarchisées dans la société.

Ce livre retrace l’histoire d’une entreprise à la misogynie affirmée ou honteuse, selon les époques. Riche en exemples empruntés aux deux camps, il nous convie à un parcours plein de surprises où l’on en apprend de belles sur la « virilisation » des noms de métier, sur les usages qui prévalaient en matière d’accords, sur l’utilisation des pronoms ou sur les opérations « trans-genre » subies par certains mots.

 

Éliane Viennot est professeure de littérature française de la Renaissance et membre de l'Institut universitaire de France. Spécialiste de Marguerite de Valois et d'autres «femmes d'État» de la Renaissance, elle s’intéresse plus largement aux relations de pouvoir entre les sexes et à leur traitement historiographique sur la longue durée. Militante féministe depuis les années 1970, elle s'est notamment investie dans les campagnes pour le droit à l'avortement, pour la parité et pour l'institutionnalisation des études féministes.

La Barbe

La Barbe

de LA BARBE!

racine de iXe (IXE) | Paru le 09/03/2014 | 16,00 €

"AU PATRIARCAT, LES GRANDS HOMMES RECONNAISSANTS"

Sous cette forme d'interpellation ironique et décalée, des militantes d'un autre genre, chœur de citoyennes affublées de barbes postiches, investissent depuis 2008 les lieux de pouvoir. Le but est clair: ridiculiser, en le rendant visible, l'entre-soi masculin qui s'y perpétue. Car derrière l'impertinence et la légèreté du ton, il y a colère, il y a révolte, face au scandale de la domination masculine dans les arts et la culture, l'économie, l'enseignement, la justice, les médias, l'humanitaire, la politique, les sciences, le sport…

Un livre illustré de dessins et de photos en N&B

 

auteures/autrices

auteures/autrices

de Laurence PRAT

hors collection (IXE) | Paru le 08/03/2014 | 15,00 €

Avec auteures/autrices, série de portraits photographiques, Laurence Prat rend hommage aux féministes publiées aux Éditions iXe. Sa démarche donne à voir, pour  les inscrire dans l'histoire visuelle, les féministes en tant que sujet de leur portrait, de leur représentation de soi, au-delà des lumières genrées auxquelles notre regard est si habitué.

Format: 24 x 16,50 cm, à l'italienne. Nombreuses photographies en couleurs.

L'anatomie politique

L'anatomie politique

de Nicole-Claude MATHIEU

racine de iXe (IXE) | Paru le 15/11/2013 | 20,00 €

Dans toutes les sociétés, et que les acteurs sociaux en soient conscients ou non, la conception du sexe anatomique comporte toujours un aspect stratégique, c’est-à-dire politique, dans l’organisation des relations entre les sexes. Deux questions se posent et se croisent : la conceptualisation du sexe (quel rapport établit-on entre le biologique et le social ?) et la catégorisation des sexes (qu’est-ce qu’un homme, qu’est-ce qu’une femme, qu’est-ce que du masculin, du féminin, de l’unisexe ou du troisième genre... ?).

Si l’oppression des femmes est générale, les idéologies du sexe sont diverses. L’auteur s’est intéressée à ceux et celles qui parlent et à celles qui se taisent, aux métamorphoses subtiles du discours savant, aux interprétations et aux déterminants de la conscience des femmes, aux normes des sociétés et des individus sur le sexe et le genre, et aux tentatives de subversion.

Que ce soit du côté des normes ou du côté des contestataires, et qu’elles disent que le genre traduit, ou symbolise, ou construit le sexe, les idéologies témoignent du sexe social : que l’anatomie est politique.

 

Membre du Laboratoire d’anthropologie sociale de Claude Lévi-Strauss au Collège de France, Nicole-Claude Mathieu était maître de conférences à ’École des hautes études en sciences sociales.

Traduite en sept langues, cofondatrice de la revue Questions féministes, elle a dirigé les ouvrages collectifs L’arraisonnement des femmes. Essais en anthropologie des sexes, et Une maison sans fille est une maison morte. L’anatomie politique, ici rééditée, est une première sélection de ses articles.

Dis Papa, c'était quoi le patriarcat?

Dis Papa, c'était quoi le patriarcat?

de Anne LARUE

xx-y-z (IXE) | Paru le 22/02/2013 | 17,00 €

Voici près de quatre mille ans que les "grands textes fondateurs", les épopées, le tout-venant des chefs-d'œuvre célèbrent la figure du héros en remettant sur le métier le vieux scénario à la gloire d'Un Seul – de sa lignée, de sa vaillance et de sa force. Mais le souffle épique se fait court et cela s'entend dans la langue qui désormais s'insurge contre la fausse neutralité d'un masculin arrogant. La patriarquie a beau contre-attaquer, plus elle résiste, plus son manteau craque aux coutures. Comme le tee-shirt de Spiderman! jubile Geneviève Pruvost dans son avant-propos.

Peintre officielle à l'Université Paris 13-Villetaneuse, Anne Larue y est également professeure de littérature, arts et culture. Elle a publié de nombreux essais (dont La femme est-elle soluble dans l'eau de vaisselle? et Fiction, féminisme et post-modernité. Les voies subversives du roman contemporain à grand succès), ainsi qu'un roman de cyber-fantaisie féministe, La vestale du Calix.

Six Roses

Six Roses

de Isabelle AURICOSTE

iXe' prime (IXE) | Paru le 17/12/2012 | 15,00 €

Les souvenirs qui reviennent me hanter entrent sans frapper à la porte. Je fais avec, depuis bien longtemps. Mais n’y a-t-il pas, accroché au plus grand des chagrins, un désir de vie fragile, tangible, destiné à passer, cet éphémère qu’il me faut saisir malgré moi, prendre avec le reste si je veux exister ?

Elle parle couramment la langue de son administration – celle du personnel politique et des spécialistes qui s'occupent, entre autres sujets de société, des femmes victimes de violences.

La réalité que recouvre ce discours est ancienne et presque oubliée, mais parfois cela revient comme une irritation, une démangeaison. Elle ne supporte pas ça. Elle ne l’a jamais supporté – ces mots, surtout, chargés de passivité et de mépris : la-femme-battue. Elle s’est arc-boutée autour de ce refus. Elle a appris à se tenir. Le dos droit, la tête haute, elle a serré les dents. Elle s’est accrochée, elle a tracé son chemin, elle s’est reconstruite.

« Reconstruite oui, réparée non. » Un jour, il suffit d’une image pour abolir d’un coup la distance parcourue.

Le récit dit le retour du choc, et le besoin d’apaisement. Reste une question : comment s'en sortir ?

Au fait, ça veut dire quoi, s'en sortir ?

Isabelle Auricoste vit et écrit à Paris, chez elle ou dans le train, lors de ses déplacements en région parisienne. Son précédent livre, Retour à Karp, est paru aux Éditions d'Écarts.

 

Théories féministes et queers décoloniales. Interventions Chicanas et Latinas états-uniennes.

Théories féministes et queers décoloniales. Interventions Chicanas et Latinas états-uniennes.

de Paola BACCHETTA & Jules FALQUET

hors collection (IXE) | Paru le 01/07/2012 | 13,00 €

Premiere traduction en francais de plusieurs textes majeurs de la production feministe et queer des Latinas et des Chicanas etats-uniennes.
Avec des articles de Gloria Anzaldua et Cherrie Moraga, coordinatrices de l’ouvrage This bridge called my back, un poeme de Kate Rushin, et des contributions, entre autres, de Norma Alarcon, Chela Sandoval et Maria Lugones.

Ce numero concu pour offrir un apercu de la complexite et de l’heterogeneite des theories et des pratiques feministes et queers of color aux Etats-Unis est precede d’une introduction presentant les theorisations feministes et queers decoloniales initiees par certaines de ces auteures.

Les faits durables

Les faits durables

de Emmanuèle JAWAD

iXe' prime (IXE) | Paru le 16/06/2012 | 16,00 €

RÉPERTORIER LES ÉVÉNEMENTS DE SON TEMPS N'ENTAME EN RIEN LA FICTION

Les faits durables rassemblent

des faits:

  • la voix d'une tonalité grave ne l'autoriserait à s'exprimer publiquement un trouble physique se dégage: les épaules larges le torse sans poitrine apparente la pilosité légère au-dessus de la lèvre supérieure
  • des contestations empruntent les voies urbaines TunisLeCaireLisbonneLondresMexicoTelAvivNewYork
  • L'enquête révèle que les convois d'animaux empaillés furent dans un premier temps réexpédiés par la victime au musée de la Chasse et de la Nature par erreur…

des effets:

  • fausses moustaches barbes postiches ajouts attributs système pileux de synthèse la barbe!

les effets de:

  • Carol, Justine, Angèl,,, Raph.,,,, Juliette,,,,, Caster
  • Alice, Clorinde d'un chant, Shane prénom d'emprunt (il lui rappelait l'héroïne d'une série culte dans les années 2000), d'autres encore et Claude Cahun.

Emmanuèle Jawad vit à Paris. Elle a publié dans les revues ouste, 22 (M)dP, Chroniques errantes et critiques, Boxon, Action restreinte, Propos de campagne, ainsi que sur Remue.net et dans les revues électroniques d'ici là et RotoR. Elle collabore au Cahier critique de poésie du Centre international de poésie de Marseille.

Ilona, ma mère et moi

Ilona, ma mère et moi

de Françoise BASCH

fonctions dérivées (IXE) | Paru le 06/01/2012 | 14,00 €

Enfant pendant la Deuxième Guerre mondiale, Françoise Basch a vécu l'exode, l'absence de son père, une vie de lycéenne à Lyon où s'étaient réfugiés ses grands-parents, Ilona et Victor Basch, et les rencontres toujours trop brèves avec sa mère, Marianne, médecin, obligée de s'installer deux cents kilomètres plus au sud. En 1944, l'assassinat d'Ilona et de Victor par la Milice convainc Marianne d'organiser la fuite de ses deux enfants vers la Suisse.

Pour ce livre voulu en hommage à Marianne, qui assura leur survie à tous en ces temps périlleux et à Ilona, figure féminine plus traditionnelle, Françoise Basch a puisé dans les correspondances familiales en confrontant ce qu'elles restituent de la réalité à ses souvenirs d'enfance. Son travail de mémoire exigeant rend justice à ces femmes, qui en « héroïnes ordinaires » surent déployer d'immenses ressources d'ingéniosité, de courage et d'ironie face au brutal rétrécissement de leurs horizons.

Contribution à l'histoire du genre par l'évocation précise des rôles nouveaux alors assumés par les femmes, Ilona, ma mère et moi revient aussi sur la complexité du rapport personnel à la judéité.

 

Professeur de civilisation britannique à l'Institut Charles V, Françoise Basch a cofondé en 1975 un des premiers groupes d'études féministes en France, le GEF, à l'Université Paris VII. Auteur de plusieurs ouvrages sur l'histoire des femmes et d'une biographie de Victor Basch, elle travaille depuis 2006 à ce récit autobiographique dédié à sa mère.

L'Enchilada

L'Enchilada

de Danielle CHAREST & Christine AUBRéE

iXe' prime (IXE) | Paru le 24/03/2011 | 20,00 €

Je me suis déposée, c’est ainsi que je le perçois,dans une chambre d’hôtel d’une ville immense,mais ce pourrait être aussi bien là où j’étais la semaine dernière, là où je me rendrai. Une enchilada à peine entamée est posée sur mes genoux, entourée d’une serviette en papier.

L’enchilada, dialogue entre texte et photos avec, dans les rôles principaux : Lydie Lee, la commanditaire de l’enquête. Fern alias Fernande, détective à son corps défendant, tenue de bourlinguer de ville en ville. Camille Doctobre, qui a disparu sans laisser de traces. Et, dans les rôles secondaires : le voleur du Lavomatic, des témoins plus ou moins fiables, un père, un ex-mari, des femmes qui vivent leur vie, un illusionniste… Le lieu : la ville, celle-là ou une autre, les hôtels d’ici et d’ailleurs, un autocar, un taxi, les repaires urbains de celles qui se trouvent mieux entre elles. Le temps : une parenthèse, vraiment, mais dilatée aux dimensions du voyage par le perpétuel mouvement d’une pensée qui s’indigne d1e l’effacement des femmes.

Les auteurs : d’origine canadienne (Montréal) Danielle Charest vit à Paris depuis une vingtaine d’années. Elle écrit, beaucoup, notamment des polars dont plusieurs ont été publiés aux Editions du Masque. Christine Aubrée est photographe plasticienne, entre autres occupations. Pour ce projet, passée du mur à la page, de l’espace au livre, elle a travaillé à une autre échelle et sur un autre mouvement de perception.

Avec des photographies en N&B de Christine Aubrée

Les corps, ces objets encombrants: Contribution à la critique féministe des sciences

Les corps, ces objets encombrants: Contribution à la critique féministe des sciences

de Hélène ROUCH

racine de iXe (IXE) | Paru le 06/03/2011 | 18,00 €

Au laboratoire, dans les éprouvettes des biologistes de la reproduction, les cellules sexuelles mâles et femelles sont strictement équivalentes : 1 ovocyte = 1 spermatozoïde, chacun amenant la moitié des gènes du futur embryon. Fruit d’une démarche scientifique qui réduit la complexité à une série de mécanismes simples, cette égalité séduisante fait cependant abstraction du corps et vient paradoxalement renforcer la différence des sexes. En amont de la fécondation in vitro, les organismes féminins sont en effet soumis à des traitements lourds pour fonctionner sur le modèle masculin et produire en abondance des gamètes aisément  manipulables.

Les articles réunis dans ce recueil permettent de suivre à la fois l’évolution des techniques et les interrogations qu’elles suscitent. Qu’il s’agisse de l’économie de la gestation ou de celle de la reproduction, des dérives eugénistes et des prodigieux avantages à attendre des progrès de la science, des égarements moralistes de la bioéthique ou encore, surtout, de l’identité sexuée et de la définition des catégories de sexe, la question du corps est ici au centre du propos. Hélène Rouch l’examine avec insistance dans une perspective clairement située, qui l’a également conduite à jouer un rôle actif dans le développement des études et recherches féministes. Les corps, ces objets encombrants rend justice à cet engagement. Composé de textes écrits sur une période de trente ans, il vise aussi à restituer, pour partie, le parcours intellectuel et politique d’une scientifique à la critique exigeante.

 

Enseignante en biologie, Hélène Rouch fut une des fondatrices du séminaire Limites-Frontières (1980 -1988). Membre du comité scientifique du CNRS constitué à la suite du colloque « Femmes, féminisme, recherches » (1982), elle a contribué à la création de l’Association nationale des études féministes et était rattachée au CEDREF (Paris 7). Elle faisait également partie du collectif éditorial de la « Bibliothèque du féminisme ».

Le chantier littéraire

Le chantier littéraire

de Monique WITTIG

hors collection (IXE) | Paru le 01/11/2010 | 14,00 €

« Les mots sont bien, chacun d’entre eux, comme le Cheval de Troie s’il etait une statue, des choses materielles et en meme temps ils ont un sens. Et c’est parce qu’ils ont un sens, c’est dans leur sens, qu’ils sont abstraits. »

Livre unique dans la production de Monique Wittig, Le chantier litteraire a pour objet le travail meme de l’ecrivain, le processus de fabrication qui a partir du materiau brut des mots transforme le corps solide, opaque, du langage en œuvre concue comme une machine de guerre.

Notes et notices de Benoi?t Auclerc, Yannick Chevalier, Audrey Lasserre, Christine Plante.
Un livre coedite par iXe et les PUL

Catégorie

Catégorie "dames"

de Anaïs BOHUON

xx-y-z (IXE) | Paru le | 18,00 €

Instauré dans les années 1960 par les autorités sportives internationales, le test de féminité vise à distinguer les «vraies femmes» des autres. Quels «autres»? Des hommes qui s'immisceraient en catégorie «Dames» pour y remporter des victoires faciles? Les annales du sport ne gardent pas trace d’un tel cas. En revanche, bien des sportives ont été interdites de compétition car elles ne remplissaient pas les critères censés définir la «féminité».

Ces derniers ont varié au cours du temps: la féminité fut d'abord certifiée sur la base d'un examen gynécologique, puis chromosomique, puis hormonal. Mais la conformation anatomique des organes sexuels est parfois jugée «ambiguë», il existe d’autres formules chromosomiques possibles que «XX» et «XY», et des femmes certifiées «normales» à la suite d’un examen anatomique ou d’une analyse chromosomique peuvent avoir des taux naturels de testostérone  supérieurs à la moyenne.

Le travail d’Anaïs Bohuon cerne une évidence qui embarrasse les autorités sportives: les caractéristiques sexuées s’expriment selon des modalités diverses et la partition des individus en deux catégories de sexe seulement est une fiction idéologique. Son livre révèle aussi que cette vision de la féminité a partie liée avec une histoire politique : celle de l'opposition entre l'Est et l'Ouest, du temps de la Guerre froide, et celle qui organise le partage inéquitable entre pays du Nord et du Sud. Dans le monde du sport, les «vraies femmes» restent conformes à l’idéal occidental de la féminité. La suspicion se porte sur «les autres», qui s’écartent de ce stéréotype.

Anaïs Bohuon est maîtresse de conférences en STAPS (Sciences et Techniques des activités physiques et sportives), à l’Université de Paris Sud 11. Le sport a toujours tenu une grande place dans sa vie, d’abord à travers la pratique de l’athlétisme, puis à travers ses études, la recherche et l’enseignement. Elle travaille sur le sport, le corps,  et le genre, en particulier sur les discours médicaux relatifs au sport féminin et sur la production des normes corporelles sportives féminines.

 

 

 

Loin de chez moi… mais jusqu'où?

Loin de chez moi… mais jusqu'où?

de Pinar SELEK

la petite ixe (IXE) | Paru le | 5,00 €

Loin de chez moi… mais jusqu'où? dit la douleur de l'exil non choisi et, au-delà, l'espérance et le courage d'une femme libre qui a fait siens ces mots de Virginia Woolf: "Mon pays à moi, femme, c'est le monde entier."

Pinar Selek s'est entraînée dès l'enfance à repousser les murs des espaces, réels et imaginaires, qu'elle habitait. Tout en nuances poétiques, son récit explore les tensions entre la nostalgie pour là-bas et l'attirance pour l'ailleurs. Il évoque la familiarité rassurante de la langue et des choses avec lesquelles on a grandi, l'audace qui pousse à se risquer toujours plus loin sur les chemins, et le désarroi devant l'inconnu, après l'arrachement brutal aux êtres et aux lieux. La beauté des rencontres, aussi, et le plaisir pris à tisser des liens dans les marges immenses qui se jouent des frontières.

Pinar Selek est écrivaine et sociologue. Féministe engagée, antimilitariste et pacifiste, elle travaille sur les thématiques de la marginalisation et de l'exclusion. Persécutée par le pouvoir judiciaire, elle a dû quitter son pays, la Turquie, et vit en exil depuis 2009.

Ceci est mon testament

Ceci est mon testament

de Rosa BONHEUR & Suzette ROBICHON

la petite ixe (IXE) | Paru le | 6,00 €

Artiste de renommée internationale, Rosa Bonheur décide, au soir de sa vie, de léguer la totalité de ses biens à sa "sœur de la palette", Anna-Elizabeth Klumpke. Le château de By et son parc, "compris le petit potager", les titres de rente, l'ensemble des œuvres en ses ateliers, tout doit revenir à Anna. Telle est la volonté de Rosa, pour qui "la parfaite amitié" prime sur les liens du sang – et sur les prétentions de sa famille à l'héritage. Elle s'en explique magnifiquement dans la lettre ajoutée à son testament, qui affirme son droit "de tester en faveur d'une compagne artiste". Et pose ainsi, écrit Suzette Robichon dans l'avant-propos, "un acte à l'aune de l'audace et de la liberté dont elle fit preuve toute sa vie".

Le Testament et la Lettre-Testament de Rosa Bonheur s'accompagnent ici d'un article paru dans La Fronde sur ses obsèques, et d'une chronologie la situant dans son époque – la Restauration et le Second Empire, la guerre franco-prussienne et la Commune, le saint-simonisme et l'émergence du féminisme.

Prostitution. 10 bonnes raisons d'être abolitionniste

Prostitution. 10 bonnes raisons d'être abolitionniste

de OSEZ LE FéMINISME

la petite ixe (IXE) | Paru le | 6,50 €

1. Parce que la prostitution tue physiquement

2. Parce que la prostitution tue psychologiquement

3. Parce que la prostitution tue socialement

4. Parce que la prostitution encourage la traite et l'esclavage

5. Parce que la prostitution, c'est le cumul de plusieurs dominations: masculine, de classe et raciste

6. Parce que la prostitution n'est pas un travail

7. Parce que la prostitution n'est pas une libération sexuelle

8. Parce que la prostitution est contraire à la dignité de la personne humaine

9. Parce que la prostitution est un obstacle à l'égalité entre toutes les femmes et tous les hommes

10. Parce qu'on ne naît pas client, on le devient

Le féminisme à l'épreuve des mutations géopolitiques

Le féminisme à l'épreuve des mutations géopolitiques

de Françoise PICQ & Martine STORT

racine de iXe (IXE) | Paru le | 21,00 €

Quels sont les effets, pour les femmes et pour le féminisme, des changements du monde, quarante ans après l’explosion des mouvements de libération des années 1970? Que veulent dire, à l’heure de la mondialisation, «égalité des sexes» et «liberté des femmes»? Comment traduire des mots d’ordre anciens (comme Notre corps nous appartient) dans l’actuelle division internationale et sexuée du travail: travail de production et de reproduction? Entre marchandisation triomphante et retour du religieux que sont devenues les conquêtes faites à partir des années 1970? Qu’est-ce qu’une politique féministe, à l’heure du post (postcommunisme, postcolonialisme, postmodernisme)? Telles sont quelques-unes des questions qui sont posées dans ce livre, issu du congrès féministe international qui s’est tenu à Paris en décembre 2010, comme en scansion finale de la célébration des 40 ans du MLF.

Actualité de ces questions. Actualité des réflexions et des analyses que conduisent, chacune à leur manière mais dans l’affirmation d’une nécessité universelle des droits des femmes, des militantes, des chercheuses, des écrivaines, des syndicalistes venues du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest, au moment où sur la scène du monde des peuples mettent fin à des régimes dictatoriaux et corrompus, et où les femmes, partie prenante et actrices des révolutions, refusent d’être – une fois encore – les oubliées de la démocratie.

Tandis que se dessine une nouvelle visibilité des féministes, cet ouvrage répond à la nécessité des temps présents: considérer l’émancipation des femmes comme un enjeu principal, un enjeu de civilisation, bref la placer au rang du politique.

L'Académie contre la langue française

L'Académie contre la langue française

de Éliane VIENNOT

xx-y-z (IXE) | Paru le | 17,00 €

En trois siècles et demi d’existence, l’Académie a beaucoup travaillé à masculiniser le français. Porte-­bannière des partisans du “genre le plus noble”, ce vestige de la monarchie absolue mène depuis le milieu des années 1980 une croisade contre la “féminisation”, en dépit des besoins langagiers d’une société où l’égalité des sexes progresse – en dépit, surtout, des logiques de la langue française et des évolutions à l’œuvre dans les autres pays francophones. Les “Quarante”, il est vrai, ne sont ni grammairiens, ni linguistes, ni philologues – et pas toujours écrivains. Ce livre retrace leur guerre de trente ans, menée à coup de déclarations aussi péremptoires qu’infondées, réactionnaires et sexistes, face auxquelles les protestations n’ont pas manqué. Il permet également de faire le point sur les objets de ces controverses, et de comprendre pourquoi la France a fini par entamer sa “révolution langagière”… envers et contre les avis des Messieurs-Dames du Quai Conti.

40 ans de slogans féministes

40 ans de slogans féministes

de COLLECTIF

racine de iXe (IXE) | Paru le | 18,00 €

Les quelque 600 slogans ici rassemblés tracent le fil rouge des combats féministes en France entre 1970 et 2010. Paroles vivantes scandées, criées, chantées dans les manifestations, ces “mots de désordre” témoignent de la créativité sans cesse renouvelée des innombrables actrices d’une histoire collective. Ils restituent la spécificité de la culture militante du Mouvement de libération des femmes, l’inventivité et l’impertinent brassage des traditions de lutte qui furent d’emblée sa marque de fabrique.

Cette culture a ses ateliers et ses savoir-faire : forgés au coin d’une langue efficace qui joue volontiers de l’ironie et de l’absurde, les slogans sont aussi des oeuvres graphiques. Ils sont cousus ou dessinés sur des banderoles, collés sur des pancartes, peints sur les vêtements et jusque sur les corps, sur les visages, sur les mains. La manifestation féministe innove dans la longue histoire des rassemblements militants.

La centaine de photos qui rythme les textes présente les multiples facettes de cette contestation ludique et déterminée, réimaginée de manif en manif par celles qui descendent dans la rue revendiquer leurs droits et clamer leur liberté.

Un dossier de textes propose des articles publiés à l’époque sur des manifestations “historiques”, des entretiens avec des militantes d’associations constituées au XXIe siècle, et précise les enjeux et les formes d’une mobilisation toujours actuelle.

 

Slogans, photos et textes ont été choisis et rassemblés par Anne-Marie Faure-Fraisse, cinéaste féministe (collectif Vidéa) – Béatrice Fraenkel, anthropologue de l’écriture (EHESS) – Lydie Rauzier, secrétaire de rédaction, ARCL – et Corinne App, graphiste et féministe (Histoires d’Elles, Collectif femmes contre le viol) qui en a réalisé la mise en pages.

État des lieux

État des lieux

de Éliane VIENNOT

fonctions dérivées (IXE) | Paru le | 16,00 €

Nous retrouvons la nuit liquide d’avant notre naissance, du temps où nos yeux clos ne nous servaient pas à nous reconnaître, où nos bouches ne se parlaient pas, et où nos mains, nos pieds, nos bras, nos visages, nos genoux, dans leurs tâtonnements muets, suffisaient à nous assurer que l’autre était bien là – du temps où la séparation n’existait pas.

A comme Agadir, B comme Berkeley, C comme Caluire…

D'abord, c'est comme un jeu, une proposition ludique qui pourrait s'énoncer ainsi : « Associez à chacune des lettres de l'alphabet un lieu qui vous est familier, racontez ce qu'il vous évoque. »

Vingt-six lettres, comme autant de miroirs tendus à la mémoire pour y capter le reflet de souvenirs dont chacun apporte avec lui la couleur, les odeurs, la lumière d'un lieu particulier. Et le moment qui lui est associé.

L'ordre alphabétique de cette géographie intime bouscule la chronologie en y introduisant hiatus et correspondances. Mis bord à bord les souvenirs de l'enfance, de la maturité, de la jeunesse, tracent un chemin en zigzag à travers le temps de la vie. Les vingt-six récits courts qu’ils inspirent s'écrivent comme la mémoire, toujours, les conserve – au présent. 

 

Eliane Viennot est professeure de littérature française de la Renaissance à l'Université Jean Monnet (Saint-Etienne) et membre de l'Institut universitaire de France. Spécialiste de Marguerite de Valois et d'autres «femmes d'Etat» de la Renaissance, elle s’intéresse plus largement aux relations de pouvoir entre les sexes et à leur traitement historiographique sur la longue durée. Militante féministe depuis les années 1970, elle s'est notamment investie dans les campagnes pour le droit à l'avortement, pour la parité et pour l'institutionnalisation des études féministes.

 

Féminisme et antimilitarisme

Féminisme et antimilitarisme

de Andrée MICHEL

racine de iXe (IXE) | Paru le | 18,00 €

Avant, explique Andrée Michel, je me disais pacifiste. Aujourd'hui je préfère me déclarer antimilitariste pour signifier mon opposition à toutes les opérations menées pour promouvoir la production et la vente d'armements.

Tel est l'engagement intellectuel et militant de la sociologue Andrée Michel, l'une des rares féministes françaises à travailler sur l'articulation du pouvoir d'État avec le complexe militaro-industriel: impulsée par les économistes américains dans les années 1960, l'expression souligne combien la croissance est tributaire de l'industrie de l'armement.

Andrée Michel développe l'analyse en y introduisant les dimensions de la classe et du sexe, ce qui l'amène à qualifier le complexe militaro-industriel de "formation sociale aggravée du patriarcat". Ce modèle a pour conséquences inéluctables une extension des conflits armés et une augmentation des pauvretés qui frappent hommes et femmes, mais stigmatisent durablement les secondes. La militarisation est le produit d'une culture de guerre propre à cette politique du genre qu'est la domination masculine.

Composé de deux parties, "La guerre contre les femmes" et "Résistances féministes", ce recueil associe aux articles scientifiques des communications dans des conférences internationales. Andrée Michel nous y fait partager son admiration pour les femmes qui ont décidé de "définir elles-mêmes leur propre sécurité" dans le contexte de la guerre, notamment en Colombie.

Sociologue, Andrée Michel est l'une des pionnières des études sur le rôle et la place des femmes dans la famille, au travail et dans la société. Entrée au CNRS en 1948, elle adopte très vite une position féministe qu'elle associe à la prise en compte des inégalités de race et de classe. Fondatrice de l'équipe CNRS sur le rôle des sexes, elle est membre de l'Association internationale de sociologie. Ses nombreuses publications connaissent un rayonnement considérable à l'étranger.

Marie

Marie

de COLLECTIF

fonctions dérivées (IXE) | Paru le | 16,00 €

Figure lumineuse du mouvement de libération des femmes, Marie Dedieu disparaissait en octobre 2011, aux mains des pirates somaliens qui l’avaient kidnappée.

Depuis les années 70, l’histoire de Marie s’est mêlée à l’histoire de chacune des sept amies qui signent ce livre. Toutes nous nous sommes engagées dans le même mouvement de lutte de femmes – à un moment ou à un autre. Et c’est là, en faisant "Le Torchon brûle" ou ailleurs, que nous avons rencontré Marie. Son histoire, extraordinaire à plus d’un titre, l’est aussi de ce que nous y avons vécu ensemble.

 Très vite après sa disparition, cela nous a réunies : pour que d’autres puissent la connaître et l’aimer eux aussi, nous lui composerons un livre. Dont la réalisation a tout de suite ressemblé aux entreprises collectives et utopiques de l’époque : avec pour fil conducteur la lecture des textes de Marie, nous avons tissé, au cours de discussions à sept voix, nos interrogations et nos paroles d’alors et d’aujourd’hui avec les siennes.

Journal pré-posthume possible

Journal pré-posthume possible

de Christiane ROCHEFORT

fonctions dérivées (IXE) | Paru le | 20,00 €

“Les jours où je n’écris pas, où je n’essaye même pas, je me sens inutile sur la terre” (25 mars 1986).

“Mais oui j’ai la trouille, bien sûr. Mais je suis très courageuse… Mon courage est aussi violent que ma peur” (2 juin 1986).

 

Christiane Rochefort a tenu ce journal par intermittences, entre 1986 et 1993. L’autrice de Printemps au parking, des Stances à Sophie, d’Une rose pour Morrison aborde alors la vieillesse avec, intact, “un certain état de fureur” qui est la condition de sa lucidité, de son ironie, de sa légèreté profonde. Fureur de vivre et goût de vivre, chez elle puissamment liés, se traduisent en réflexions lapidaires et parfois désespérées sur l’état du monde, en fragments émerveillés devant sa beauté, l’apparition des bourgeons, le vol des martinets, le chant des rossignols ou Mozart.

La concision à laquelle elle atteint ici est admirable, ses notes ont souvent la justesse émouvante ou cinglante du poème. Rochefort qui avait écrit “Ça ne m’intéresse pas de raconter ma vie, je la connais déjà” (Ma vie revue et corrigée par l’auteur) ne tient pas son journal pour garder trace de sa vie, ordonner sa pensée, organiser le cours des choses. Elle écrit sur l’écriture et elle écrit sur des riens, et sur des fulgurances, sur la douleur, sur le courage, sur ce qui alimente le flux créatif ou l’assèche.

Avec des photographies prises par Christiane Rochefort, des dessins de ses ami·es, et un album photo pour la retrouver à différentes périodes, dans différentes activités.