l'autre LIVRE

FÉDÉROP

Salon 2018 : Retrouvez cet éditeur sur le stand B01

 

Les éditions fédérop sont nées à Lyon en 1975. Nées des rêves et de l’obstination de Bernard Lesfargues, poète et traducteur. Il était entouré d’amis qui avaient tous en commun d’être partisans d’un fédéralisme européen – d’où le nom de « fédérop ».

Occitan, très attaché à sa langue, Bernard Lesfargues eut à cœur de défendre les langues des minorités, il créa une collection de langue occitane qui réunit des auteurs tels que Robert Lafont, Bernard Manciet, Jean-Yves Casanova, Pierre Bec, Max Rouquette, Alem Surre-Garcia, Philippe Gardy… Il fut également le premier en France à publier les auteurs d’expression catalane : Quim Monzó et Baltasar Porcel.

Après avoir repris la collection Solaire, les éditions fédérop se sont attachées à faire découvrir des poètes d’expression française et étrangère, en créant la collection Paul Froment. Dans cette collection, en 1976, fut publié pour la première fois en français le grand poète espagnol, Vicente Aleixandre, (Prix Nobel 1977), suivirent Yannis Ritsos, Julio Llamazares, Franco Fortini, entre autres.

Reprises en 1999 par Bernadette Paringaux, les éditions fédérop, maintenant implantées en Périgord, entendent poursuivre dans la voie tracée par Bernard Lesfargues.

Elles continuent de publier des poètes français ou étrangers, des ouvrages en occitan en version bilingue, ainsi que des auteurs catalans ; des romans, récits, nouvelles et essais d’auteurs français ou étrangers, entre autres : John Burroughs (L’art de voir les choses) et Ralph W. Emerson. Elles publient également des textes de littérature de voyage, notamment dans la collection « Chemins du Monde ». En 2011, elles ont créé la collection Troubadours qui se donne pour but de populariser la poésie des troubadours occitans. 

Adresse : Le Pont du Rôle
1, avenue du Périgord
24680 Gardonne
Téléphone :05 53 27 80 95
Fax :05 53 27 80 72
Site web :http://www.federop.com
Courriel :nous contacter
Distribution :Comptoir-SPE
Représentant légal :Paringaux Bernadette
Forme juridique :EURL
Racine ISBN :978-2-85792
Nombre de titre au catalogue :163
Tirage moyen :500
Spécialités :Poésie Romans-Récits-Essais Littérature occitane Littérature de voyage Textes fédéralistes
Le dernier charron

Le dernier charron

de Jean-Paul LOUBES

Récits (FÉDÉROP) | Paru le 15/11/2018 | 15,00 €

Un homme apprend la surprenante Inscription à l’Inventaire des Bâtiments de France des ruines de l’abbaye du village de son enfance. L’édifice au toit effondré n’est autre que la « maison » où, enfant, il a vécu. Il revient alors hanter les ruines du grand vaisseau soudain promu au rang de Patrimoine et tente de retrouver dans ces décombres les bribes de son passé. Recueillant de pauvres vestiges ensevelis sous des épaisseurs de terre, le voilà
engagé dans ce qu’il nomme « une archéologie de soi-même ».
Jean le « dernier charron » habitait avec sa famille dans l’immense nef du XIIe siècle qui résonnait des notes claires de l’enclume et du bruit des machines. Le récit fait ressurgir ce grand-père et ramène à la surface le film d’un autre temps. Des personnages disparus ressurgissent et, avec eux, le temps de la
liberté, de la civilisation des cabanes, de l’enfance. Un maître d’œuvre cistercien, Guillaume Balz, apparaît dans le récit, reliant les bâtisseurs du Moyen Âge au labeur du dernier charron, dans ces murs où jadis nonnes et religieux ont prononcé leurs vœux.
Dans l’église réduite à de hauts murs envahis par le lierre, le narrateur médite sur ces mots de Mauriac : « Pourquoi ne pas aimer notre enfance, pourquoi cette hargne contre ce qui nous a enrichis… pourquoi ne pas s’en remettre à l’amour dont nous sommes sortis ? »

 

Haut & Fort

Haut & Fort

de Bertran DE BORN

Troubadours (FÉDÉROP) | Paru le 28/05/2018 | 15,00 €

Bertran de Born, voilà bien un personnage complexe ! De prime abord, modeste sire – lui-même se dit simple vavasseur – il devient châtelain (dominus, maître de chevaliers) vers 1185 par la grâce du roi-duc Henri II Plantagenêt. Mais il est aussi (et surtout) poète comme le furent avant lui Guilhem, le duc des Aquitains ou Ebles le “Chanteur”, vicomte de Ventadour. La poésie pratiquée comme un exercice noble et essentiellement destinée aux cours seigneuriales. Et d’emblée, ce “chant” de Bertran n’est pas passé inaperçu. À côté de quelques cançons (prononcer “cansou”) amoureuses, ce qui a forgé saréputation, ce sont ses nombreux sirventés, poèmes politiques et/ou guerriers, une sorte de “rap” avant l’heure, mais avec un art consommé de l’écrit et une dimension lyrique remarquable.
Le choix de textes proposé dans cet ouvrage se veut le reflet de cet art et de cette culture littéraire d’un petit seigneur de la seconde moitié du XIIe siècle qui a côtoyé les personnages les plus puissants de son époque. Il tente de suivre la chronologie de cette création originale.


Jean-Pierre Thuillat est médiéviste de formation, poète et éd iteur de poètes. Directeur de la revue Friches, Cahiers de Poésie Verte, fondée en 1983, il se tient au carrefour des trois routes qui conduisent aux troubadours : celle de l’histoire médiévale, celle de la poésie et celle de la langue occitane.

 

Voix éclatées (de 14 à 18)

Voix éclatées (de 14 à 18)

de Patrick QUILLIER

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 25/05/2018 | 25,00 €

Une guerre se terminait voilà cent ans, appelée désormais la Grande Guerre, et déclarée avec une sotte imprudence comme la dernière. Seule la mort en fut victorieuse. À peine vingt ans plus tard, le monde fut recouvert de bruits et de fureurs, et se déchaîna une volonté démente et sans précédent d’extermination massive. Pourtant les combats de 1914-1918 sont restés présents dans les esprits, pourtant la mémoire de cette hécatombe a perduré, non seulement dans les reliques familiales, mais dans les bibliothèques, les films, les musiques, jusqu’à prendre place parmi les grands mythes.  

C’est à la hauteur de ce mythe que se hisse un poète, Patrick Quillier, qui a dû consacrer un grand pan de sa vie  à Voix éclatées, cette épopée dont l’ampleur, l’intensité et la force poétique confirment que la Grande Guerre continue d’occuper les consciences. La lecture de ce vaste Monument aux Morts redonne au fracas des obus, aux cadavres enfouis dans la boue des tranchées, aux hurlements des blessés, un bouleversant regain d’angoisse et d’épouvante. L’écriture à la fois réaliste et poétique de ce thrène offert à l’humble piétaille arrachée à sa jeunesse, restitue ce que fut la souffrance des corps et des âmes, sacrifiés au profit illusoire des nations.

 

                                                                    Frédéric Jacques Temple

 

Patrick Quillier est poète, compositeur, traducteur, notamment de poésie de langue portugaise, notamment de Fernando Pessoa, dont il est l’éditeur des Œuvres poétiques dans la collection Pléiade. Professeur de Littérature générale et comparée à l’Université Côte d’Azur, il travaille sur l’écoute (du monde, du corps, du for intérieur, des vivants et des morts).

À l'envers du buvard

À l'envers du buvard

de Madeleine LENOBLE

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 28/02/2018 | 11,00 €

Et si le bonheur c’était cette journée de plaisirs simples, un ciel si pur, si bleu dans la trouée de feuillages, le marché du matin, l’odeur des fruits de saison, le jambon à goûter offert en chiffonnade, les voix joyeuses, les rires, et ce ciel si bleu, si pur.


Madeleine Lenoble est native de la campagne limousine. Au gré de mutations dans la Fonction Publique, Paris, Alger, Arras, Agen, Créteil seront villes étapes. Bordeaux, enfin lui est une longue escale. Poète et aussi engagée dans la vie sociale, sa sensibilité aux êtres et à la nature lui a donné sans jamais s’éparpiller l’envie d’expressions multiples. Le théâtre, la peinture, l’écriture
seront ses temps de respiration et d’ouverture au monde.

 

La Dame-Graal

La Dame-Graal

de Rigaud DE BARBEZIEUX

Troubadours (FÉDÉROP) | Paru le 13/09/2017 | 14,00 €

Je suis comme Perceval
Qui, du temps qu’il vivait,
Fut bouche bée en voyant
La Lance et le Graal au point
Qu’il ne sut jamais
En demander le rôle,
Je suis tout comme lui,
Mieux-que-Dame, quand je vois votre corps…

    « Nous sommes en cette Aquitaine ducale du XIIe siècle, 
vibrante encore des chansons de Guillaume Le Troubadour, son comte-duc. Nous sommes en ces terres bouillonnantes tenues  depuis 1137 par sa petite-fille, la grande Aliénor.
    Entre Bordeaux et Poitiers, Barbezieux se dresse.
   C’est là que s’inscrit et que s’embrase la fabuleuse aventure érotico-poétique d’un autre poète de langue d’oc. L’histoire de l’art troubadouresque le retient sous le nom de Rigaud de Barbezieux. […] Le chant de Barbezieux est celui du don total, désespéré, du don à perte. Le chant de Barbezieux est celui d’une douleur sans égale, s’unissant, puisque aucune autre étreinte n’est possible, au souffle entraînant de la mort. Le chant de Barbezieux est celui d’une fascination inquiète et résolue, insondable comme la vraie foi. »
                                             Extraits de la présentation de Katy Bernard 

   « Il se délectait beaucoup à faire dans ses chansons des comparaisons avec des bêtes et des oiseaux et des hommes, et avec le soleil et les étoiles, pour dire plus de nouvelles choses qu’un autre n’eût dites… »
                                             Extrait de sa vida « vie poétique », Anonyme, XIIIe siècle

Chroniques de l'éphémère

Chroniques de l'éphémère

de Guilhem JOANJORDI

Récits (FÉDÉROP) | Paru le 25/02/2017 | 13,00 €

« Le tram est un espace mouvant. Dans le tram, à l’attitude, à la gestuelle, à la parole, les caractères transparaissent. Entre le privé et le public, le sujet extérieur peut sans doute contempler là un état de la société française à travers sa langue, son vêtement, son attitude. Et puis, entre un départ et une arrivée, c’est un lieu vide que l’on peut remplir à sa guise. Liberté totale de la vie des friches, des interstices. Un temps hors du temps. Un lieu hors des lieux. » 
                Guilhem Joanjordi


Pendant toute une année, le Bordelais Guilhem Joanjordi a noté chaque jour dans un carnet avec une extrême minutie, tout ce qu’il voyait et entendait lors de ses trajets dans le tramway de Bordeaux. Il postait régulièrement sur Facebook des extraits de ses chroniques. Séduites par l’originalité de la démarche, par la qualité de l’écriture, par le plaisir que manifestait l’auteur à les écrire et l’humour, parfois grinçant, l’ironie, dont il faisait usage, les éditions fédérop ont souhaité les publier.

Guilhem Joanjordi vit dans les environs de Bordeaux. Il a été longtemps professeur d’occitan en collège et en lycée. Pratiquant l’équitation et l’aïkido, à ces deux arts il a volé les techniques de l’éphémère et les stratégies des temps, le goût du souffle et de la connexion avec le mouvement. Pyrénéiste, amateur de thé , il est aussi lecteur des troubadours et auteur de tankas. 

Notre dernière innocence

Notre dernière innocence

de Jean-Paul LOUBES

Essais (FÉDÉROP) | Paru le 23/02/2017 | 14,00 €

Bébert, le chat de Céline, réputé « le chat le plus célèbre de la littérature ». Quatre-vingt-douze fois cité dans Rigodon, le dernier livre désespéré de Céline. Tyke, le chat de Jack 
Kerouac, désespéré lui aussi lorsque Lawrence Ferlinghetti lui annonce : « Ta mère a écrit. Elle dit que ton chat est mort. » Et George Steiner, dévasté par la nouvelle de la mort de sa chienne Rowena ! Ce n’est pas tout : cette « Lettre à l’éléphant » de Romain Gary : « … il est bien vrai que vous représentez à mes yeux un symbole de pureté et un rêve naïf, celui d’un monde où l’homme et la bête vivraient pacifiquement ensemble. »
Il y avait là de quoi se détourner un moment des humains et regarder du côté des animaux… 
Comment j’ai plongé là-dedans ? C’est Tom. Tom le chat, qui m’a obligé à écrire ce livre. Dans son regard rivé au mien il y avait cette injonction de dire la condition des animaux et d’évoquer tous ceux qui avaient compris leurs souffrances et ressentaient pour eux un sentiment profond de fraternité : les écrivains tels que Jack Kerouac, Romain Gary, Louis-
Ferdinand Céline, Marguerite Yourcenar, Élizabeth de Fontenay et tant d’autres. 
                    J.P. Loubes

Écrivain voyageur, Jean-Paul Loubes a entrepris de saisir par l’écriture une connaissance poétique du monde. Ses récits de voyage, ses recueils de poésie et de nouvelles emmenaient le lecteur dans la Chine du Fleuve Jaune, sur la Route de Samarcande, dans les îles de l’Atlantique Nord, ou sur les traces de Jack Kerouac. La rencontre avec Tom le chat, le conduit dans ce livre à interroger les amitiés d’écrivains célèbres avec les animaux, – notre dernière innocence. Jean-Paul Loubes vit entre le littoral atlantique et sa maison des Pyrénées.

Ne rien perdre, ne rien oublier

Ne rien perdre, ne rien oublier

de Gabriel Mwènè OKOUNDJI

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 19/02/2017 | 12,00 €

Existence ! ainsi nommée faute de mieux 
Telle est l’offrande, notre venue au monde
– que sait-on de cette énigme ! 

****

Un jour une voix annoncera : Mwènè  Okoundji n’est plus
Ma belle mort fera-t-elle éclater les accents du chant-pleuré ?
– avant l’obscur, accomplir le poème !

****

L’un dira : il était de ceux restés longtemps loin de la patrie
Un autre dira : il est de ceux qui frottent de leur front 
                            [le sol natal 
– à toute mort, son bavardage !

****

L’un dira : il a cherché en vain dans la prière les grâces de l’énigme 
Un autre dira : ses pieds ont marché dans la solitude à la limite
                            [des soleils
 – le silence de la muette aura le dernier mot !


Gabriel Mwènè Okoundji est né au Congo. Sa poésie prend 
racine pour l’essentiel dans la cosmogonie de sa terre natale. 
Il vit dans la région bordelaise, exerce la profession de Psychologue clinicien en hôpital où il est par ailleurs Délégué à la culture en matière de politique Culture et Santé.

Les mots rouges

Les mots rouges

de Baptiste PIZZINAT

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 01/12/2016 | 10,00 €

Les vivants – mais qui sont-ils ? – prétendent que tout cela est trop personnel. Ils pensent que tu n’es pas leur soeur, et que ces mots sont nos affaires.

Mais pourquoi, dès lors, restent-ils la gorge nouée ?

Le regard perdu
dans le reflet de tes cheveux noirs
lisses
comme ces anges
qui ne laissent pas de trace
mais des apparitions.

 

Baptiste Pizzinat est né à Agen en 1982. Diplômé de l’Université de Montréal, et docteur en sociologie de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, il a notamment enseigné à l’Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, ainsi qu’à l’Université Bordeaux Montaigne. Il vit aujourd’hui à Paris.

 

Fou d'amour

Fou d'amour

de Bernard DE VENTADOUR

Troubadours (FÉDÉROP) | Paru le 23/06/2016 | 16,00 €

Né en Limousin, Bernart de Ventadorn est « le troubadour le plus lyrique du XIIe siècle et l’un des plus grands poètes de l’amour de tous les temps ». Ainsi le définit Moshe Lazar, auteur de la dernière édition complète des Chansons d’amour. D’une ampleur considérable, son œuvre nous est connue par quarante-quatre poèmes conservés, essentiellement des cansos, dont dix-huit avec musique notée.

            Devenu l’image-type du troubadour amoureux, c’est un virtuose incomparable dans la création des motifs qui forgeront, au-delà de la lyrique médiévale, l’art poétique occidental. Mais aujourd’hui, sa célébrité a quelque chose d’une fiction litté-raire dans la mesure où l’occitan ancien est peu accessible aux lecteurs. D’où l’intérêt de mettre à leur disposition un abrégé substantiel de l’œuvre de Bernard, avec les traductions et les commentaires utiles.

Majestés

Majestés

de François GRAVELINE

Nouvelles (FÉDÉROP) | Paru le 29/03/2016 | 14,00 €

« Les mots ont été ma pauvreté. J’étais fasciné, humilié par ceux qui usaient de mots savants, rares, littéraires, de mots qui vous distinguent, des mots que je n’avais pas, qui ne seraient jamais les miens. Des mots qui m’échappaient. Je me taisais, j’écoutais et lorsqu’il me fallait parler, j’avais l’impression de n’être vêtu que de haillons. Aujourd’hui, je me sens riche, riche de mes mots et fort ; ce sont les mêmes qu’avant, ordinaires, mots de tous les jours, de tout le monde mais ceux-là sont un pain quotidien, un bien commun sur les lèvres, sur les langues, tirant leur force d’être dits et
redits, partagés, leur joie d’être sans cesse employés, au travail. Hosties du sens s’ils n’étaient aussi notre mal commun. Les mots de la cruauté, nous les savons tous. »

                            F.G.

 

Cœur tellurique

Cœur tellurique

de Feijóo LOPITO

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 10/03/2016 | 14,00 €

Héritière de la parole ancestrale des griots, mais aussi des grandes voix africaines du siècle dernier, la poésie de J.A.S.
Lopito Feijóo K. est, comme le dit Gabriel Okoundji dans sa préface, « un chant qui résonne gravement sur les territoires de l’Angola, s’indigne, interpelle, pointe du doigt l’évidente évidence que l’œil peine à voir, témoigne avec vigueur et élan du mystère de la faune et de la flore que délivre la forêt touffue du Bassin du Congo, invoque à voix nue les bruissements qui
détournent le murmure de l’homme »… Le lecteur de Cœur
tellurique est donc invité « à entendre battre autrement le pouls de l’identité nègre » à travers « l’émotion capitale » qui émane d’une poésie dont le « verbe porte le souffle » selon la cadence du rythme du tam-tam.

J.A.S. Lopito Feijóo K. est né en 1963 à Malanje (Angola). Il a étudié le Droit à l’Université Agostinho Neto de Luanda et fut député à l’Assemblée Nationale de la République d’Angola.
Poète et critique littéraire, il a enseigné la littérature angolaise. Il est membre fondateur de la bjll (Brigada Jovem de Literatura de Luanda) et du Collectif des travailleurs littéraires ohandanji, ainsi que de l’Union des Écrivains Angolais (uea). Il est actuellement président de la sadia (Société Angolaise du Droit d’Auteur,) et dirige la Gazeta dos Autores, organe de cette institution. Membre correspondant de différentes académies étrangères, il collabore à des publications d’Angola, Portugal, Espagne, Brésil, États-Unis, Mozambique, Nigéria, etc.
Cœur Tellurique est son premier ouvrage à paraître en français.

 

Eloge de Gilgamesh

Eloge de Gilgamesh

de Joël CORNUAULT

Essais (FÉDÉROP) | Paru le 10/12/2015 | 11,00 €

 Gilgamesh est le premier héros de légende dont nous pouvons savoir qu’il fut suffisamment attaché aux évidences terrestres pour souhaiter ne jamais mourir. C’est en lui, nous ont confié les poètes babyloniens, que naquit le désir éperdu de trouver l’immortalité. D’abord connue pour comporter un récit comparable à celui du Déluge dans la Bible, son épopée mérite de l’être autant – plus, à mon gré – parce que Gilgamesh est le héros du dépassement et parce qu’il voulut percer le secret de la vie éternelle.“Lorsque les dieux ont formé l’humanité, pour les hommes ils ont établi la mort, la vie ils l’ont gardée entre leurs mains”.  Cette quête que l’on retrouve dans les mythes où il s’agit pour l’être humain de vaincre le temps, nous est restée entièrement compréhensible quarante siècles plus tard. »
Le chant qui nous rapporte les aventures de Gilgamesh, roi de la cité sumérienne d’Uruk, fait de lui le héros d’un grand poème tragique, reconstitué sous le titre d’Épopée de Gilgamesh. Ce texte est l’une des premières
œuvres d’imagination que les hommes aient fixée par l’écriture. Tout semble nous séparer de Gilgamesh et des Sumériens vêtus de peaux de chèvres. Pourtant, la quête du roi d’Uruk peut aujourd’hui encore servir de support à nos méditations.

 

Tunisité

Tunisité

de Aymen HACEN

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 08/10/2015 | 13,00 €

« Je me suis permis de forger le mot polème pour dire que, à mes yeux, la poésie est à la fois politique et polémique. Pour beaucoup de mes amis poètes, penseurs et écrivains, la poésie est ?– comme tout discours – obligatoirement politique. Cela est d’autant plus vrai que nous n’employons jamais impunément les mots, notamment lorsque l’Histoire en marche surprend les poètes leur montrant qu’ils n’ont pas été les citoyens qu’ils
devaient être. Encore moins les visionnaires qu’ils prétendaient toujours être. Tunisité veut dépasser tout cela parce que l’expérience politique et révolutionnaire tunisienne a été la seule concluante de ce qu’on a convenu d’appeler les “printemps arabes”. Que ce polème l’accompagne, la célèbre et en soit l’hymne… »
A. H.

 

Comme une soif d'être homme, encore.

Comme une soif d'être homme, encore.

de Gabriel Mwènè OKOUNDJI

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 27/05/2015 | 23,00 €

Cette anthologie inclut un nombre significatif – mais elle ne les contient pas tous – de textes poétiques publiés dans différents ouvrages, depuis Cycle d’un ciel bleu (1996) jusqu’aux Chants de la graine semée (2014). Les poèmes ici retenus ont fait l’objet d’une relecture par l’auteur, au cours de laquelle il a apporté parfois de substantielles modifications allant de l’épure au remaniement de vers, voire à la réécriture.

Voyage dans le bleu

Voyage dans le bleu

de Chantal DETCHERRY

Chemins du monde (FÉDÉROP) | Paru le 15/04/2015 | 25,00 €

Vous sentez dans l'air un puissant parfum végétal, concentré, aromatique. Vous croyez entendre un air de violon. Vous commencez à vous perdre dans les ruelles tortueuses. Vous vous attendrissez sur les formes rondes des maisons et des églises, sur la maraude des chats que vous rencontrez avant les habitants. Il y a là quelque chose d'indéfinissable, la transparence de l'air, l'intelligence d'un lieu. Vous êtes pris. Yeux et pieds et mains et corps tout entier dans le bleu.

 Au gré des saisons et des années, une voyageuse nous confie les images et les souvenirs liés à ses nombreux séjours dans les îles grecques. Scènes de village et moments contemplatifs se succèdent, émotion et malice se mélangent, et quelquefois même, dans l’éclatante lumière de l’Égée, l’étrangeté vient nous surprendre. Au travers de textes brefs, de nouvelles, de haïkus, se dessine une Grèce modeste, profonde, souvent mystérieuse, toujours vivante et attachante, entre un prestigieux passé et un incertain présent.

Écrivain-voyageur, poète et romancière, Chantal Detcherry nous entraîne avec elle dans ses pérégrinations, de livre en livre : après l’Inde, le Sahara et le Népal, c’est aujourd’hui vers les îles grecques qu’elle nous conduit, nous dévoilant leurs territoires secrets.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Loup amoureux

Le Loup amoureux

de Peire VIDAL

Troubadours (FÉDÉROP) | Paru le 30/10/2014 | 14,00 €

Et si on m’appelle « Loup »
Ne m’en sens pas déshonoré
Ni que sur moi les bergers crient
Ni d’être par eux pourchassé ;
J’aime bien mieux bois et buissons
Que ne fais de palais ni maison,
Et joyeusement j’irai vers elle
Parmi le gel, le vent, la neige.

Peire Vidal (1150 ?- 1210 ?) était fils d’un « pelissier  », un fourreur de Toulouse, mais toutes les anecdotes qui ont trait à son existence nous disent qu’il fréquenta plutôt les cours, les chevaliers et surtout leurs dames. Homme du Sud-Ouest il a beaucoup voyagé. On le trouve à Marseille, en Italie, en Espagne, à Chypre et même en Hongrie, mais la Provence, la Proensa est sa terre d’élection : cette terre « entre le Rhône et Vence/enclose entre mer et Durance ».
[…] Peire Vidal, c’est la vitalité du désir jointe à l’extravagance du comportement et il nous touche toujours, comme un frère peut-être, homme comme nous imparfait, vantard fantasque et impénitent chasseur, ayant toujours en tête la quête et la conquête du bonheur. 
        (extraits de la préface de Francis Combes)

Le merle de la ville captive

Le merle de la ville captive

de Moncef MEZGHANNI

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 11/07/2014 | 14,00 €

Pas d’eau dans le robinet
il n’a pas trouvé de l’eau dans le réfrigérateur
………………………………….
Il a trouvé de la bière
(il s’est rasé la barbe avec sa mousse
une barbe enivrée
a poussé)

« La poésie de Moncef Mezghanni est authentique et par là même unique. N’en déplaise aux ignares qui rient quand le poète récite ses vers, mais le rire, qui n’est que « du mécanique plaqué sur du vivant » (Bergson), est une solution, voire la solution devant les drames et les tragédies que l’Homme vit au quotidien. Ne soyons donc pas naïfs ; l’ancien Directeur de la Maison de la Poésie de Tunisie n’est ni un poétereau ni un clown. Ceux qui s’y connaissent en poésie, chez nous en Tunisie, partout dans le Monde arabe et aux quatre coins du monde, peuvent en témoigner : ce que Moncef Mezghanni a réalisé, depuis la parution de Grappes de la joie vide, en 1981, jusqu’à la parution de Ici la Tunisie, le Journal en 2012, en passant par Graines et affections, en 2010, relève non seulement de la prouesse poétique mais
encore de la révolution. »
                        Aymen Hacen

Né en 1954 à Sfax, en Tunisie, Moncef Mezghanni compte parmi les figures les plus emblématiques de la poésie arabe des trente dernières années.?Très médiatisé et connu du grand public, il est parmi les rares poètes tunisiens à s’expatrier hors des frontières, notamment au Moyen-Orient.

Ce petit volume, composé de textes représentatifs du poète, est le premier à être traduit en français.
 

Odes et autres poèmes

Odes et autres poèmes

de Bernard LESFARGUES

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 01/07/2014 | 12,00 €

Les poèmes qu’on va lire dans le présent recueil ont été écrits tout au long de sa vie par le poète Bernard Lesfargues mais n’avaient, jusqu’à ce jour, jamais été publiés et, pour reprendre ses propres termes, « dormaient au fond des tiroirs ». Il les a relus, retapés, corrigés et les jugeant « pour le moins estimables » a souhaité que quelques-uns d’entre eux soient publiés.
Contrairement à ceux qui figurent dans ses précédents ouvrages Cap d’aiga, Còr prendre, La brasa e lo fuòc brandal, Brageirac e autres luòcs… pour n’en citer que quelques-uns, ils sont écrits directement en français et non en occitan, sa « langue du sud ».  
    
Né en 1924 à Bergerac, Bernard Lesfargues poète, traducteur de l’espagnol et du catalan a fondé en 1975 à Lyon les éditions fédérop qu’il a
dirigées jusqu’en 1999. Il s’est tout spécialement attaché à la défense et à la promotion des littératures des langues dites « minoritaires » telles que l’occitan et le catalan.   
 

Chants de la graine semée

Chants de la graine semée

de Gabriel Mwènè OKOUNDJI

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 11/02/2014 | 16,00 €

 

                Tu me demandes :

– À quoi peut ressembler le visage du sage ?

               Je te réponds :

 – Sois toute chose sans chercher toujours le pourquoi.

               Tu me demandes :

 – Quel esprit, quel grand souffle composent son visage ?

               Je te réponds :

– Le sage a le visage que ton rêve fait naître à la parole.

 

« Chez Gabriel Okoundji, la création poétique tire sa légitimité d’être, tout à la fois, transmission et partage. Pressante invitation à maintenir vive une identité en constant péril. Donc, à puiser à la même source, à étancher une commune soif.  Il y va de la pérennité mémoriale d’un peuple. »

                                                                                    Michel Suffran

 

Le poète Gabriel Mwènè Okoundji a reçu pour l’ensemble de son œuvre le Grand Prix littéraire d’Afrique noire (2010) et le Prix spécial Poésie de l’Académie nationale des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux (2011). Chants de la graine semée est son treizième livre.

 

Elisée Reclus, géographe et poète

Elisée Reclus, géographe et poète

de Joël CORNUAULT

Essais (FÉDÉROP) | Paru le 03/02/2014 | 10,00 €

 

     Voyageur au long cours, anarchiste, pédagogue-né, géographe d’une envergure exceptionnelle, Elisée Reclus (1830-1905) est l’auteur internationalement réputé de la Géographie universelle (1876-1894).

     Mais sait-on qu’il fut aussi promeneur de ruisseaux, piéton des montagnes, rêveur de plaines ? Sait-on que ce savant, profondément occupé de l’humain, fut un écrivain à part entière ?

     C’est ce que montre le présent essai, à partir de deux œuvres d’Elisée Reclus tombées dans l’oubli : Histoire d’un ruisseau (1869) et Histoire d’une montagne (1880). De cette rencontre enthousiaste est né, non pas une biographie ou une étude académique, mais un hommage fervent à l’auteur de l’Homme et la terre (1905).

Le Néant et la joie

Le Néant et la joie

de Guillaume D'AQUITAINE

Troubadours (FÉDÉROP) | Paru le 05/09/2013 | 14,00 €

 

Guillaume, Guillem dans la langue de ses chansons, la langue d’oc, est le septième comte de Poitiers et le neuvième duc d’Aquitaine. Il est le grand-père d’Aliénor, l’arrière-grand-père de Richard Cœur de Lion et de Jean sans Terre, l’ancêtre de Saint Louis.
Il est aussi le premier troubadour de l’Histoire. 
Onze chansons nous restent de lui.
Elles nous font voyager, entre fin’amor et paillardise, farce et renoncement, joie et néant, dans un univers à facettes au cœur duquel s’impose la personnalité atypique de ce grand seigneur chanteur à l’esprit d’avant-garde : 
 
Farai un vers de dreit nien :
Non er de mi ni d’autra gen,
Non er d’amor ni de joven,
Ni de ren au,
Qu’enans fo trobatz en dormen
Sus un chivau.
 
Je fais un chant de pur néant :
Il n’est de moi ni de nul autre,
Il n’est d’amour ni de jeunesse,
Ni de rien d’autre,
Puisqu’il fut trouvé en dormant
Sur un cheval.
 
– Poèmes traduits de l'occitan par Katy Bernard,
maître de conférences d’occitan à l’Université Michel de Montaigne, Bordeaux 3 –
 
Une si longue attente

Une si longue attente

de Robert JAMIESON & Barbara LAING

Correspondance (FÉDÉROP) | Paru le 08/07/2013 | 14,00 €

 

Mon intention était de ne vous écrire qu’après avoir reçu ma nomination pour Sandness – mais depuis la dernière fois où je vous ai vue, vous avez pris une telle place dans mes pensées que je ne puis différer plus longtemps.
[…] 
Mon amour pour vous je l’ai protégé avec le même soin jaloux que mettent les avares à surveiller leur or. Je l’ai gardé caché dans les recoins de mon âme. Je le tenais pour trop sacré pour le révéler aux mortels – la crainte que vous n’y répondiez pas, ma détermination de ne me marier qu’une fois assuré de pouvoir entretenir une épouse dans une certaine aisance, me poussaient à vous le cacher.
 
Robert Jamieson et Barbara Laing, deux jeunes gens des îles Shetland, se sont écrit des dizaines et des dizaines de lettres d’amour pendant trois ans et demi jusqu’à leur mariage le 6 août 1861. 
 
Des lettres d’amour certes, mais des lettres – et c’est en cela qu’elles nous touchent plus particulièrement –, qui nous parlent aussi de leur vie aux Shetland au XIXe siècle : faire la classe, aller à l’église, assister à des mariages, travailler dans les champs, organiser des soirées musicales, lire – de la poésie, des romans, des journaux, des magazines –, dans ces îles, situées en pleine mer du Nord et qui nous paraissent si loin de tout.
 
– Lettres traduites de l'anglais [Shetland] par Jean-Paul Blot –
 
L'amour au féminin

L'amour au féminin

de FEMMES-TROUBADOURS

Troubadours (FÉDÉROP) | Paru le 11/06/2013 | 15,00 €

 

Cet ouvrage, axé sur les trobairitz, moins connues que les troubadours, permettra au lecteur de se faire une idée d’une lyrique féminine qui, bien qu’à l’ombre de la production masculine, n’en est pas moins spécifique et originale.
Le fait remarquable pour l’époque est que les femmes (les femmes de la haute société, bien sûr) aient eu elles aussi accès à cet univers socio-poétique, somme toute assez clos, qu’était le monde troubadouresque ; qu’elles s’y soient intégrées en jouant tour à tour leur triple rôle : celui de dòmna dominatrice, de déesse poétiquement chantée et d’auditrice complaisante…
L’existence des trobairitz implique une certaine égalité, une parité (paratge) en amour : entre les sexes, entre les classes, entre les sentiments ; l’amant-poète quémandeur de merci (mercé) devient le cavalier (chevalier) qu’elle peut, au moins symboliquement, tenir nu dans ses bras, comme le proclame la plus célèbre des trobairitz, la Comtesse de Die.
 
– Chansons traduites de l'occitan par Pierre Bec –
 
Tout n'est pas si noir

Tout n'est pas si noir

de Jean-Paul LOUBES

Nouvelles (FÉDÉROP) | Paru le 02/04/2013 | 14,00 €

 

Yan Montserrat traverse la vie armé d’un solide pessimisme. Il cultive cependant l’art de s’émerveiller de certaines rencontres, une sorte d’aptitude à la joie lui fait saisir les pépites que charrient parfois les flots d’une modernité désespérante. Car si l’on y regarde de très près, c’est vrai que tout n’est pas si noir
Dans ses ouvrages précédents Jean-Paul Loubes tentait par le voyage des « plans d’évasion possible pour échapper aux barbelés?» de notre époque (Du bon usage des îles, fédérop, 2006), ou s’intéressait aux souffrances d’un personnage en butte à la société moderne (Je ne suis pas Jack Kérouac, fédérop, 2009).
 
Dans la nouvelle “B & B”, une manifestation monstre des partisans du livre vient réveiller un Ministre de la Culture somnolant sous les ors de la République. Une aventure qui risquait de sombrer dans la vulgarité est sauvée in extremis par un sursaut de dignité dans “Tout n’est pas si noir”. Le ridicule du poète éclate avec “Le haïku de Sidonio Santos” lors d’un salon du livre. “C’est triste quand même” évoque avec cruauté la scène où des amis d’enfance conduisent l’un des leurs à sa dernière demeure, occasion de mesurer, comme Hemingway le faisait remarquer avec raison, que « toutes les histoires, si elles sont menées assez loin, se terminent par la mort ». 
 
Par ses récits, ses recueils de poésie et de nouvelles, ainsi que ses ouvrages d’ethno-architecture, Jean-Paul Loubes a entrepris de saisir par l’écriture une connaissance poétique du monde. Dans Tout n’est pas si noir, l’écrivain s’accroche obstinément au réel dans une tentative de « réhabilitation anthropologique » d’une époque qui nous maltraite. Architecte et anthropologue, il vit et écrit près du rivage atlantique et dans les Pyrénées ariégeoises.
 
Sans nom tu serais lumière

Sans nom tu serais lumière

de Tomi KONTIO

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 27/03/2013 | 14,00 €

 

Né en 1966 à Helsinki, Tomi Kontio est un des poètes les plus appréciés de sa génération, comme en témoignent les nombreux prix qui ont déjà couronné son œuvre. 
Aujourd’hui, les poèmes de Tomi Kontio sont parus en traductions multiples – anglais, allemand, espagnol, polonais, tchèque, hongrois et estonien. Sans nom tu serais lumière est sa première publication en français.
 
Tomi Kontio a publié romans, nouvelles, contes, poèmes. Si on lui demande quelle est sa catégorie première d’écriture, il cite volontiers Baudelaire : « Sois toujours poète, même en prose. » 
Pour lui, « la poésie génère une façon différente de regarder la réalité qui nous entoure : elle donne une coloration nouvelle, plus profonde. À vrai dire, la poésie véritable est derrière les mots. Les mots sont des masques illustrés, décorés, qui nous ravissent comme dans les pièces de masques du théâtre asiatique. Puis vient l’instant suivant, le niveau second de perception, quand on voit au-delà du masque, on pénètre au cœur du poème, là où est le souffle, l’esprit. »
(Extrait de l’interview publiée dans le journal Etsijä – Le Chercheur?– par Mikko Huotari et Miira Sippola.)
 
– Poèmes traduits du finnois par Gabriel Rebourcet –
Voyages et Fleurs

Voyages et Fleurs

de Mercè RODOREDA

Nouvelles (FÉDÉROP) | Paru le 29/01/2013 | 14,00 €

 

« Si l’on me demandait quel est, de mes livres, celui que je voudrais sauver d’un incendie, je choisirais celui-ci. »
Mercè Rodoreda
 
Voici donc les Villages d’un pays de Cocagne à l’envers, à tous égards villages envoûtés, d’inspiration fantastique. Et voici les Fleurs, où Mercè Rodoreda se fait la botaniste d’une flore de fantaisie noire. Ces contes sont des « résumés absolus de l’oeuvre tout entière », comme le dit Bernard Lesfargues dans sa postface. Mercè Rodoreda déploie un humour grinçant qui ne cache rien de moral ou de satirique, mais manifeste, devant les désastres de son temps et, peut-être, du genre humain, un désarroi abandonné au sentiment de l’absurde. Son imaginaire semble osciller, pour la cruauté, entre celui de Swift, d’Ambrose Bierce et d’Edgar Poe et, pour le macabre, celui de Goya et du graveur mexicain Posada. Il est servi, et ses désillusions rachetées, par un sens personnel des mots qui 
explique le pouvoir émerveillant de ces contes de sorcière plutôt que de fée.
 
Née à Barcelone en 1908, Mercè Rodoreda souvent nommée « la grande dame de la littérature catalane » est l’un des auteurs catalans les plus connus à l’étranger. Mariée à l’âge de vingt ans, elle se réfugia dans la littérature pour oublier l’échec de son union. Pendant la guerre civile espagnole, elle collabora avec le Commissariat de la Generalitat et dut s’exiler en 1939, notamment à Genève. Elle y demeura jusqu’en 1972 avant de rentrer en Catalogne. Elle s’installe à Romanyà de la Selva, où elle se fait construire une belle maison et y cultive des fleurs. C’est là qu’elle écrit Viatges i Flors, son dernier ouvrage publié, alors que ses jours sont comptés. Elle meurt en 1983.
 
Per camins / Cheminements

Per camins / Cheminements

de Joan-Pau CREISSAC

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 21/06/2012 | 14,00 €

 

     Vignes du bas pays ou pelouses du Causse, le poète marche dans son pays et tente d’exprimer l’émotion de l’instant, la sensation éphémère, le sentiment qui se trouve trop à l’étroit dans le cœur et le dilate aux dimensions de l’infini. Le titre nous en avertit : la marche, condition et image de l’écriture, est le fil conducteur du recueil. Or toute marche est quête. La quête poétique de Joan-Pau Creissac est ambitieuse dans son projet et humble dans sa forme : poésie énumérative et litanique, pas après pas, répertoire des choses à portée de main, des émotions à portée de cœur. Que le poète se parle à lui-même, qu’il interpelle les paysages comme s’ils avaient une âme (l’Aigoual, le Rhône) ou invoque en demi-confidence d’évanescents destinataires, le poème est un fragment de monologue intérieur au tu omniprésent. Après Correspondéncias, paru voici plus de vingt ans aux mêmes éditions, Per camins est lui aussi un inventaire du monde, mais teinté cette fois-ci de mélancolie, d’inquiétude et de doute, comme si « le lieu de culture et de poésie » auquel aspire le poète était ressenti comme définitivement utopique :
          La terre te parle
          les paroles cependant s’éteignent.
          Nous restera-t-il seulement la mémoire ?
                                                                                              Jean-Claude Forêt
 
     Joan-Pau Creissac né en 1955 à Montpellier, vigneron coopérateur à Montpeyroux, village en piémont du Causse du Larzac, est l’un des animateurs des éditions Jorn fondées en 1980, consacrées à la poésie occitane contemporaine. Il a publié un recueil de poèmes en 1988, Correspondéncia, paru aux éditions fédérop. Lauréat du Prix Jaufre Rudel en 1989, membre du Pen Club de Langue d’Oc.
 
– Poèmes traduits de l'occitan par l'auteur et Jean-Guilhem Rouquette –
Fin'amor et folie du verbe

Fin'amor et folie du verbe

de Arnaut DANIEL

Troubadours (FÉDÉROP) | Paru le 01/06/2012 | 14,00 €

 

Ce petit livre n’est pas une nouvelle édition critique d’Arnaut Daniel, dont il existe déjà d’excellents spécimens, notamment en Italie ; il sort sciemment du cercle des spécialistes (d’où l’absence de références bibliographiques et de notes critiques) et vise surtout le grand public pour lui permettre d’accéder à un grand poète d’oc du Moyen Âge, hermétique et brillant, dont ses contemporains disaient qu’il écrivait des mots fous impossibles à comprendre et à apprendre. Ce chantre de la fin’ amor troubadouresque fut en effet avant tout un véritable artisan du verbe, et à ce titre, l’un des maîtres de Dante, de Pétrarque, et jusqu’au poète américain Ezra Pound. 
Les textes sont précédés d’une brève introduction et suivis d’un glossaire final sur la terminologie signifiante de l’érotique courtoise. Mais leur nouveauté essentielle est dans leur traduction, qui n’est pas philologique, mais rythmée et poétique, c’est-à-dire qu’elle tente de respecter la mesure du vers original et une prosodie complexe : au prix évidemment de la littéralité linguistique. 
 
Pierre Bec, spécialiste de littérature et linguistique occitanes, professeur honoraire à l’Université de Poitiers, a été directeur du Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale, et professeur associé des universités de Lisbonne et d’Athens (USA). 
A publié, en occitan, des poèmes, des recueils de nouvelles, un roman, Sebastian, aux éditions fédérop.
 
La Force de gravité

La Force de gravité

de Francesc SERES

Nouvelles (FÉDÉROP) | Paru le 02/01/2012 | 17,50 €

 

     Des camionneurs, des ouvriers métallurgistes, un apiculteur, une guérisseuse, de jeunes coureurs cyclistes qui s’épuisent chaque dimanche à gagner une course, un garde forestier solitaire, un jeune drogué qui se meurt, un médecin d’un village de montagne…, tels sont quelques-uns des personnages, parmi d’autres, qui apparaissent dans les dix-sept nouvelles de La Force de gravité, toutes situées dans la Catalogne des trente dernières années : la Catalogne de l’intérieur, dévastée par les incendies de forêt, celle de la Costa Brava, où les pêcheurs ne pêchent plus et qui, pour survivre, n’ont d’autre moyen que de vendre aux touristes étrangers des souvenirs dérisoires fabriqués pour la plupart en Chine ; ou celle encore de Barcelone, ville grouillante de monde, avec son port immense, labyrinthe de quais où les hommes semblent bien peu de chose, écrasés par la présence des grues, des conteneurs et des chariots élévateurs.
Pour chacun des personnages de Francesc Serés, la vie n’est rien d’autre qu’efforts incessants pour s’opposer à la force de gravité…
 
Né en 1972 à Saidí en Aragon, Francesc Serés a étudié les Beaux-Arts et l’anthropologie. Il réside dans le village de El Sallent, situé dans la région volcanique de la Garrotxa. En 2000, il publie son premier roman Els ventres de la terra. La critique voit immédiatement en lui un écrivain plein d’avenir, jugement qui se confirme lorsque paraissent les années suivantes les trois romans qui seront réunis en 2003, sous le titre De fems i de marbres. En 2006, paraît La força de la gravetat aux éditions Quaderns Crema, ouvrage pour lequel l’auteur obtient le Prix de la Critique Serra d’Or et le Prix national de littérature de la Generalitat de Catalunya. En 2010, il est distingué par le Prix Ville de Barcelone de Littérature en langue catalane pour Contes russos. La Force de gravité est son premier ouvrage à paraître en français.
 
Chansons pour un amour lointain

Chansons pour un amour lointain

de Jaufre RUDEL

Troubadours (FÉDÉROP) | Paru le 18/05/2011 | 12,00 €

 

Jaufre Rudel, le troubadour de Blaye, gagne à être connu. Depuis le treizième siècle au plus tard, on le connaît surtout par la légende qui l’a toujours devancé. Car ses quelques chansons, longtemps consignées uniquement dans des manuscrits, n’ont pas souvent été accessibles à ceux qui l’ont chanté à leur tour, depuis Pétrarque au quatorzième siècle jusqu’à Edmond Rostand à la fin du dix-neuvième.

Pour la première fois, les chansons occitanes de Jaufre Rudel, tant de fois glosées et traduites en prose tout au long du vingtième siècle, revoient le jour sous forme de poésie française. Voici une adaptation de l’ensemble des chansons attribuables au troubadour dans une nouvelle version qui est l’œuvre du poète Yves Leclair.

À la suite de Georges Ribemont-Dessaignes et Jacques Roubaud, deux autres poètes qui ont tourné quelques chansons du troubadour en français, nous retrouvons Jaufre Rudel qui maintenant dans une édition intégrale nous parle ici en tant que poète français comme jamais auparavant. Le grand public pourra enfin écouter le troubadour de Blaye dans une jeune et fringante version : empruntant la voix d’Yves Leclair, voici Jaufre Rudel notre contemporain.

                                                                                                          Roy Rosenstein,The American University of Paris

– Présentation de Roy Rosenstein –

– Préface et adaptation d'Yves Leclair –

Le cinquième vent

Le cinquième vent

de Catherine SANCHEZ

Romans (FÉDÉROP) | Paru le 18/03/2011 | 17,00 €

 

     La maison resterait telle que, vide, sans confort et sans meubles, avec son odeur de sel et de moisi, de poussière et de passé, avec le délabrement menaçant, avec la rouille et les fissures. Bref, avec cet arrêt obligatoire sur l’itinéraire du temps, où tous les deux, sans se consulter, avaient été débarqués.

     Une femme, vers le milieu de sa vie, revient dans la villa de son enfance, sur la côte Atlantique, pour faire le point et panser ses plaies. La maison est vide et menacée d’ensablement. Un compagnon inattendu, plus jeune qu’elle, y séjournera aussi, et leur relation circonspecte, tendue, mais profonde, prendra l’aspect d’un voyage intérieur effectué en échos, depuis la cave jusqu’aux mansardes. Cette demeure vaste, vétuste, ventée, véritable héroïne du roman, recèle aussi ses mystères. Le parcours y devient un arrêt du temps, inévitable, sur fond de dunes mouvantes et de grondement océan.

     Catherine Sanchez est née en 1951 à Bordeaux. Après des études de Lettres, elle publie son premier recueil de poésie en 1977, consacrant là une pratique de l’écriture entamée dans l’enfance. Ensuite, entre les Pyrénées et l’Atlantique, elle ne cesse d’écrire, nouvelles, romans, essais, poésie, tout en expérimentant l’univers varié de la danse, à travers diverses techniques, et menant à bien des spectacles pendant une quinzaine d’années. Aujourd’hui, après avoir quitté le fond de la forêt des Landes, elle vit (comme toujours en autarcie énergétique) au bord de l’océan, où elle anime le Café littéraire de Lacanau.

 
Les Travaux et les Jours

Les Travaux et les Jours

de Ralph Waldo EMERSON

Essais (FÉDÉROP) | Paru le 04/11/2010 | 14,00 €

 

     “De nombreux faits concourent à montrer que nous devons chercher notre salut au-delà de la vapeur, la photographie, les ballons ou l’astronomie. Ces outils ont des propriétés contestables. Ce sont des réactifs. Les machines sont agressives. Le tisserand devient une toile, le machiniste une machine. Si vous n’utilisez pas les outils, ce sont eux qui vous utilisent. Tous les outils sont, en un sens, tranchants et dangereux. Un homme construit une belle maison, il a désormais un maître et du travail pour la vie : il lui faut la meubler, veiller sur elle, la montrer et la maintenir en bon état, pour le restant de ses jours. Un homme jouit d’une certaine réputation, dès lors il n’est plus libre, mais doit s’en accommoder. Tel autre peint un tableau ou écrit un livre, et le succès est la pire chose qui puisse lui arriver. J’ai vu l’autre jour un brave homme, jusque-là aussi libre que le faucon ou le renard du désert, qui fabriquait un cabinet pour y ranger des coquillages, des œufs, des minéraux, et des oiseaux empaillés. Il était facile de voir qu’il prenait plaisir à se forger de jolies chaînes.”
                                                                                                     Ralph W.?Emerson
 
     « Les essais de Ralph Waldo Emerson (1803-1882) réunis ici datent presque tous du milieu du XIXe siècle, c’est-à-dire de ce “golden day”, dont ils illustrent l’esprit et les projets, ainsi que les inquiétudes dans une société lancée à marche forcée vers les moyens et les instruments au détriment de l’être. Un espace et un temps où Emerson disait?: “Nous n’avons pas besoin d’hommes artificiels, qui pour de l’argent peuvent accomplir n’importe quelle prouesse littéraire ou professionnelle. […] Ce qui a été fait de mieux dans le monde – les œuvres de génie – n’a rien coûté”. 
     […] Il me semble que le lecteur peut quasiment tout ignorer de l’histoire de la société et du sentiment de la nature aux États-Unis, ainsi que du moment où celui-ci se sépare de l’idée européenne de nature, et ne s’en laisser pas moins directement toucher par une voix qui évoque quelques unes des questions brûlantes de la vie, et qui traversent le temps.?» 
 
– Introduction de Joël Cornuault –
– Traduction de Jean-Paul Blot –
 
Paysage de lune froide et autres poèmes

Paysage de lune froide et autres poèmes

de Carmen YAñEZ

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 12/07/2010 | 15,00 €

 

     Parole qui pétrit le pain.
     Parole habitée de mémoire.
     Parole métisse d’une présence
     sur la terre et sur les pierres.
     Voici ce que je suis :
     Une petite flamme sous la manche
     du voisin aveugle.
 
     « La poésie de Carmen Yáñez possède l’étrange éclat des petites choses élémentaires, la luminosité pure des cieux ouverts sous lesquels elle a vécu, la texture incomparable du pain qu’offrent les paysans sans penser qu’il s’agit d’un acte de générosité, car le destin du pain est d’arriver à la bouche de ceux qui l’attendent. »
                                                                                   Luis Sepúlveda
 
      Née au Chili en 1952, Carmen Yáñez a commencé à militer très tôt au sein de la gauche chilienne, à la fin des années soixante. C’est à cette époque qu’elle rencontre Luis Sepúlveda qu’elle épouse en 1971. Suite au coup d’État de Pinochet, le 11 septembre 1973, elle continue ses activités politiques. En octobre 1975, elle est emprisonnée à la Villa Grimaldi, centre de détention et de torture tristement célèbre durant la dictature. Elle s’exile en Suède en 1981, recommence une nouvelle vie et publie ses premiers poèmes. Elle retrouve Luis Sepúlveda et s’installe avec lui, en 1997, à Gijón, en Espagne. Elle est l’auteur de plusieurs recueils de poésie, traduits notamment en suédois, français et italien. 
 
Cet ouvrage est accompagné d’un disque comprenant les poèmes en espagnol (Chili) lus par Carmen Yáñez.
 
– Poèmes traduits par Patrick Lavaud –
Le Chant du vent ou du roseau et autres poèmes

Le Chant du vent ou du roseau et autres poèmes

de Xi DU

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 22/02/2010 | 14,00 €

 

          Nous inventons des termes,
          pour saisir la beauté dans les veines de la nature.
          Mais tu danses sur la pointe d’une aiguille,
          pas besoin d’instrument,
          s’il y a la lumière, s’il y a la source,
          il y aura toujours ta grâce légère.
 
     Les impressions que suggère l’observation d’un papillon sont difficiles à retranscrire de façon exacte. Légèreté, délicatesse... Le papillon possède ces qualités et les exprime naturellement. Le poète, lui, a besoin de ces instruments que sont les mots. Dans un certain nombre de poèmes réunis dans ce recueil, Xi Du nous invite à observer et à apprécier le monde qui l’entoure. Originaire de la province côtière du Zhejiang, au sud-est de la Chine, il passe sa jeunesse dans les montagnes, dans les champs et au bord des rivières. Les paysages l’impressionnent et forment sa sensibilité. Aux années de jeunesse à la campagne succède la vie citadine à Pékin. Ces modes de vie distincts fournissent différentes sources d’inspiration. La ville est le lieu de la solitude et du froid hivernal. La vie quotidienne est évoquée par les scènes banales et les activités d’une journée à la maison, les événements contemporains par l’annonce à la radio de la mort d’Yitzhak Rabin. La nostalgie du pays natal est éveillée par la présence de la pluie, de la lune.
 
     Xi Du est né en 1967, au moment de la Révolution culturelle. Dès l’enfance, il est initié à la littérature. À treize ans, il découvre la poésie chinoise classique et la littérature occidentale. Après des études de langue et de littérature chinoises à l’université de Pékin, il travaille dans une maison d’édition. Il vit aujourd’hui à Pékin. Poète et critique littéraire, il est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes et d’un essai.
L'Espace désert

L'Espace désert

de Pere GIMFERRER

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 13/12/2009 | 13,00 €

 

     Né en 1945, poète, traducteur et critique littéraire, Pere Gimferrer a fait des études de Droit et de Lettres à l’université de Barcelone. Écrivain précoce, –  il publie son premier livre à l’âge de dix-sept ans – il écrit d’abord comme tant d’autres écrivains catalans sous la dictature franquiste en castillan Malienus (1962), Mensaje del tetrarca (1963), Arde el mar (1966) qui marque toute une génération de lecteurs et sera traduit en 1981 chez Seghers sous le titre de Mer embrasée, et La muerte en Beverly Hills (1968).
     C’est en 1970 que Pere Gimferrer publie son premier recueil en catalan Els Miralls (les Miroirs), suivi de Foc cec (Feu aveugle) en 1973, et c’est en 1977 que paraît L’espai desert (L’Espace désert) aussitôt salué par la critique, l’auteur se voyant décerner le Prix Josep Carner de l’Institut d’Estudis Catalans et La Lettre d’or attribuée au meilleur livre catalan de l’année.
     Depuis, l’œuvre de l’écrivain n’a cessé de s’enrichir tant dans le domaine de la poésie que dans celui de l’essai ou du roman. Il a consacré de magnifiques monographies sur l’art d’Antoni Tápies, Max Ernst, Joan Miró, Henri de Toulouse-Lautrec, Giorgio De Chirico (toutes traduites en français). Il est membre de la Real Academia Española depuis 1985 et a reçu, entre autres, le Premio Nacional de Literatura, le Premio Nacional de Literatura de la Generalitat de Catalunya, et en 2000 le Premio Reina Sofía de Poesía Iberoamericana.
 
Chez les Tibétains

Chez les Tibétains

de Isabella BIRD

Littérature de voyage (FÉDÉROP) | Paru le 14/10/2008 | 14,00 €

 

 
     De la douzaine de récits de voyage aux quatre coins du monde qui ont fait d’Isabella L. Bird (1831-1904) l’une des voyageuses les plus célèbres de son temps et de l’histoire, un seul était, à ce jour, disponible en français. La présente traduction répare une singulière injustice en même temps qu’elle confirme l’intérêt accru, en France, pour la littérature de voyage au sens anglais du terme. 
     Si l’on excepte le voyage qu’elle entreprit en Amérique du Nord dans sa jeunesse, Isabella L. Bird ne devint voyageuse que passée la quarantaine. Auparavant, quasi invalide, vieille fille, elle s’occupa de ses parents puis de sa soeur. À la mort des premiers, les médecins ayant recommandé le voyage comme remède à ses problèmes de dos et, sans doute, à son état semi-dépressif, elle parcourt le monde (Australie, Hawaï, États-Unis, Japon, Chine, Vietnam, Singapour, Malaisie) de 1872 à 1880, jusqu’à la mort de sa sœur Henrietta. Alors seulement, profondément affectée, elle accepte, à cinquante ans, d’épouser John Bishop, un médecin d’Édimbourg qui la courtisait depuis de nombreuses années, et semble enfin s’assagir. Le voyage au Tibet en 1889 est le premier de la seconde série de voyages qu’elle fera, essentiellement en Orient et en Extrême-Orient, entre la mort du docteur en 1886 (la vie conjugale n’aura duré que cinq ans à peine) et sa propre mort en 1904. La voyageuse intrépide qui part à la conquête de l’Himalaya et des zones les plus reculées du Ladakh dans Chez les Tibétains, est donc une femme de cinquante-huit ans !
 
Extrait de l'introduction de Jean-Yves Le Disez
Maître de Conférences en anglais
Université de Bretagne occidental, Brest
 
Angles morts

Angles morts

de Àlex SUSANNA

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 19/09/2008 | 15,00 €

 

     Sept ans après avoir défendu l’utilité de l’Inutile poésie, Àlex Susanna nous surprend à nouveau avec un recueil de poèmes dont l’image suggestive des « angles morts » constitue le principal réactif. Comme dans ses livres précédents, mais dans celui-ci plus encore, il nous montre ce que l’art dérobe à la vie – ici les prétextes sont des plus variés et inattendus : depuis un chapiteau érotique préroman jusqu’à un opéra contemporain en passant par une nature morte de Morandi ou un roman de Philip Roth –, et inversement, comment la vie se fait plus douce et s’ordonne sous l’effet de l’art.

Se prévalant d’une épigraphe significative de Philippe Jaccottet « Qu’est-ce que le regard ? [...] Un rapace », le poète aiguise son regard et le déplace dans les recoins et les méandres de la réalité les plus insoupçonnés et les plus proches pour nous la faire découvrir depuis des angles qui, si morts soient-ils, n’en sont pas moins vivants que d’autres, puisque c’est en eux que le sens se tapit.

     Àlex Susanna (Barcelone 1957) a été directeur des éditions Columna, directeur culturel de l’Institut Ramon Llull. Il dirige actuellement la Fondation Caixa Catalunya à La Pedrera de Barcelona.

     Il a publié plusieurs recueils de poésie dont certains ont été traduits en français : Palais d’hiver in Carnet vénitien (Mare Nostrum, 1993), Principe du froid (Les Cahiers de Royaumont, Créaphis, 1998), Les Cernes du temps (fédérop, 1999), et Inutile poésie (fédérop, 2001). Il a traduit : Le con d’Irène de Louis Aragon, Monsieur Teste de Paul Valéry, Calligrammes d’Apollinaire, les Four Quartets de T.S. Eliot. En 1984, il a fondé le Festival international de Poésie de Barcelone, qu’il a dirigé jusqu’en 2000. Son œuvre a été traduite en de nombreuses langues. Il est membre de l’Académie européenne de Poésie et en 2008 a été nommé Chevalier des Arts et des Lettres.

Poèmas en prose

Poèmas en prose

de Max ROUQUETTE

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 21/05/2008 | 15,00 €

 

 
 
     Cette paix séculaire. Cette paix de mille ans. Et même plus. Qui se berce doucement dans la vague molle. Qui se réchauffe au matin. Qui s’assoupit à la torpeur de l’après-midi. Et qui écoute, la nuit, dans les pins, chanter le rossignol et les cris des paons réveillés. Réveillés par l’antique peur descendue au long des siècles dans leurs veines. Celle de toute l’espèce, dans les vallées du temps. Et qui n’oublie pas de se réveiller chaque nuit.
     Cette paix de Maguelone, où l’enfant de la nuit joue à faire glisser le sable dans sa paume. Comme s’il était, lui, le sablier de l’histoire.
 
     Écrits pour la plupart entre 2000 et 2005 (date de la mort de l’écrivain), ces Poèmes en prose commencent presque toujours comme des notes jetées sur la papier, mais ils se transforment aussitôt en tableaux vertigineux, dont les perspectives, à peine suggérées, ouvrent grand sur les mystères et les enchantements d’un monde dont on ne soupçonnait guère l’existence, et plus encore la présence, invisible mais bien réelle, à nos côtés. Rouquette, comme dans le reste de son œuvre, est ici un incomparable déchiffreur. Ses capacités à comprendre le secret des choses et des êtres autour de lui se transforment immédiatement en images et en musiques qui nous mettent de plain-pied avec ce qu’il a vu et ressenti, et dont il a su restituer la force et la profondeur. 
                                                                                        Philippe Gardy
 
      Max Rouquette (1908-2005) est né à Argelliers, petit village des garrigues montpelliéraines au pied du causse du Larzac. Son œuvre de prosateur (la série des Vert Paradis, et plusieurs romans), de poète, de dramaturge (dont une Médée occitane) et d’essayiste (il a accompagné le regard de nombreux photographes), est immense. Poète et musicien de la langue occitane, il n’a de cesse d’initier ses lecteurs à ce chant universel qui nous rattache aux vibrations infinies du monde.
 
– Poèmes traduits de l’occitan par Philippe Gardy et Jean-Guilhem Rouquette –
 

 

Une racine entre deux pierres: le Népal

Une racine entre deux pierres: le Népal

de Chantal DETCHERRY & Philippe VERCAEMER

Littérature de voyage (FÉDÉROP) | Paru le 29/03/2008 | 28,00 €

 

     « Pays funambule qui s’efforce de danser sur un fil tendu entre ses deux énormes voisins », tel apparaît le Népal, auquel « a été assignée cette tâche d’accompagner le très grand effort qu’a fait la Terre pour se soulever, se hisser jusqu’au ciel. » Les dieux n’y ont pas encore tout à fait quitté les hommes, qui leur consacrent de multiples fêtes. Pays complexe, pluriel (beaucoup de dieux, de cultures différentes, de paysages contrastés) et par là même fragile (menacé par la guerre intérieure, par une grande pauvreté), pris aujourd’hui dans les affres de l’Histoire : les auteurs ont été les témoins, au cours de ces dix dernières années, des événements dramatiques qui l’ont secoué. Le Népal, qui se sépare lentement de sa très ancienne monarchie, « dernier royaume hindou de la planète », est en passe de devenir une république.
     Un homme et une femme prêtent ici leurs deux voix pour faire entendre comment le Népal parle à l’imagination. Ces textes variés où l’on reconnaîtra chacun à sa sensibilité, ses prédilections, son écriture, se répondent et composent un livre dont l’unité résulte d’un projet commun, qui est de l’ordre du poétique.
 
     Chantal Detcherry enseigne la littérature française à l’université Michel de Montaigne de Bordeaux. Elle est l’auteur de romans dont Riches Heures, de poésies, et de textes de voyage, dont notamment Dans la main de l’Inde, Saisons de sable, , et Les Larmes du Tibet. (éditions fédérop).
 
     Philippe Vercaemer a enseigné la littérature française dans les universités de Brazzaville (République du Congo), Pointe-à-Pitre (Antilles), Wuhan (République populaire de Chine) et Bordeaux. Il a publié un récit, La Déesse, (éditions Le Radeau de la Méduse) et diverses études sur des textes littéraires consacrés au voyage.
 
– Ouvrage illustré de photographies de Chantal Detcherry –
 

 

Prière aux ancêtres

Prière aux ancêtres

de Gabriel Mwènè OKOUNDJI

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 07/02/2008 | 18,00 €

 

          Mémoire, mémoire, oh! que le temps a vieilli dans mes rides
          d’un ciel à l’autre, mes souvenirs se couvrent de vieillesse
          il fait noir, la nuit comme un fleuve qui coule a gagné sur le jour
          et les ténèbres emportent dans leurs flots les rêves de ma jeunesse.
 
     « Ce que les Occitans entendent dans la poésie d’Okoundji, c’est tout simplement la force et le souffle d’une langue qui monte du plus profond d’une terre, d’un peuple, et qui, au terme d’un parcours millénaire, aboutit à cette profération essentielle à hauteur d’univers... Y a-t-il, aujourd’hui, beaucoup de poésies plus universelles que celle-ci, issue de la terre de Mpana, au Congo, – celle d’un poète qui, au rythme du cœur ancestral, avance “dans les dimensions du monde” ? »
                                                                        J-P. Tardiu
 
Avec pour bannière les mots de la conteuse Ampili mêlés de ceux du vieux sage Mpampou, le poète chemine au fil de ses publications, dans une profonde voie où la parole devenue lanterne, féconde la lumière qui aide à la traversée des sentiers de l’existence et ce faisant, vivifie l’esprit de tout mortel qui l’entend. En effet, nous dit Gabriel Mwènè Okoundji, c’est par la parole poétique, inspirée ou initiée, que pénètre la lucidité dans l’âme humaine. Dans la démarche singulière de l’auteur, il est question d’une poésie d’initiation héritée de sa lointaine terre natale et qui consiste à observer une parole dans ce qu’elle révèle de souffle, entre le signe et le symbole, entre le chant et le pleur, entre le conte et la légende, c’est-à-dire, entre la métaphore et l’énigme, en d’autres termes, entre l’aube et le crépuscule.
 
      Gabriel Mwènè Okoundji, né au Congo-Brazzaville, est aujourd’hui une figure majeure de la nouvelle génération des poètes africains. Il a publié plusieurs ouvrages parmi lesquels : Vent fou me frappe (fédérop),  L’âme blessée d’un éléphant noir (William Blake and Co.) et Au matin de la parole (fédérop).
     Parallèlement à sa quête poétique, il est psychologue clinicien titulaire à l’hôpital Charles Perrens, et chargé d’enseignement à l’université. Il vit et travaille dans la région bordelaise.
 
version bilingue français/occitan
traduction en occitan de Joan-Pèire Tardiu
 

 

L'Art de voir les choses

L'Art de voir les choses

de John BURROUGHS

Essais (FÉDÉROP) | Paru le 27/10/2007 | 14,00 €

 

« Dénicher un oiseau ou quelque animal, découvrir un nid, n’est pas difficile si vous faites leur siège ; mais découvrir ce que vous ne cherchiez pas, surprendre les clignements et les frémissements timides, voir le spectacle qui se joue partout au second plan (...) voilà ce qui s’appelle être un bon observateur et posséder “un oeil aussi exercé que le toucher d’un aveugle” – un toucher capable de distinguer entre un cheval blanc et un cheval noir. »

Né en 1837, John Burroughs, chaînon manquant de nos lectures américaines du XIXe siècle, était à sa mort en 1921, l’écrivain-naturaliste le plus célèbre des États-Unis. L’égal de John Muir, il avait des lecteurs plus nombreux que Henry David Thoreau, deux hommes dont il se rapproche par son amour de la nature, de la marche et de la vie simple. Négligée pendant un certain nombre d’années, on recommença à lire l’oeuvre de « Jean-des-oiseaux » à la fin des années 1950. Lire John Burroughs, c’est faire naître en soi un double sentiment – d’espoir et de désespoir : l’espoir d’établir quelque jour une relation équilibrée entre l’homme et la nature ; le désespoir devant la reptation planétaire de la ville-banlieue, qui détruit cette relation au nom de l’économie, de l’emploi, du désenclavement, du développement, et autres étranges idoles tourbillonnantes.

Ses belles descriptions de sa région natale reposent sur un sens aigu de l’observation, un « art de voir les choses », qui se combine à une réflexion permanente sur la meilleure façon possible de vivre. La maison natale de John Burroughs dans l’État de New York abrite aujourd’hui un musée, des écoles portent son nom, ainsi qu’une association et un prix littéraire.

                                                                                                      Joël Cornuault

– Pages choisies et traduites par Joël Cornuault –

Le Poids vivant de la parole

Le Poids vivant de la parole

de Armel GUERNE

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 06/10/2007 | 15,00 €

 

     « Même si la plupart de ceux qui en font ne s’en doutent guère, il en coûte beaucoup d’écrire un livre et c’est un acte grave. Une œuvre, dès qu’on ne la tient plus pour un feuillet dans l’effarante cataracte de papier imprimé qui s’abat chaque matin sur la France, on doit se demander quel est son acte sur la terre ; et non seulement de quel esprit elle procède, mais aussi et peut-être surtout, dans l’angoissante tragédie de nos jours, quels esprits et quels cœurs elle encourage et décourage. Les temps sont trop tendus, où nous vivons si mal, et l’essentiel y est trop manifes­tement en péril, si près de chavirer bientôt, pour que – quelle que puisse bien être l’éloquence du prédicateur – si quelqu’un d’entre nous prend sur soi de gravir les degrés qui le mettent en chaire au-dessus du silence, nous ne l’attendions pas à l’efficace de sa parole. Et puisque nous sommes tous prisonniers de la même prison, de ce compagnon qui s’est mis au-dessus de nous pour prendre la parole, et à qui nous prêtons quelque chose de nous, peut-être un irremplaçable instant du temps humain de notre âme, pour l’entendre, c’est un enseignement utile ou un vrai pas vers la délivrance que nous attendons, non pas un bavardage qui épaississe la cloison ou une rhétorique qui nous distraie, fût-ce un instant, et nous détourne des verrous qui nous séparent du salut. Nous entendons en définitive qu’il n’abuse en aucune façon ni de notre misère ni de la sienne…»  
                                                                                                 Armel Guerne
 
 
     Poète, essayiste et traducteur, Armel Guerne est né en 1911 à Morges (canton de Vaud).?Il publie son premier ouvrage, Oraux, en 1934. Engagé dans la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, il est arrêté par la Gestapo, mais réussit à s’évader du train qui l’emmène à Buchenwald, et rejoint Londres. Rentré en France, il traduit de nombreux auteurs?: Novalis, Rilke, Hölderlin, les frères Grimm, Melville, Virginia Woolf, Dürrenmatt, Lao Tseu et Kawabata…pour n’en citer que quelques-uns, tout en poursuivant son œuvre personnelle. Il compte parmi ses amis Mounir Hafez, André Masson, Georges Bernanos, Cioran enfin avec qui il entretient pendant une vingtaine d’années une longue correspondance. Il meurt en 1980 à Marmande, à quelques kilomètres du moulin à vent de Tourtrès en Lot-et-Garonne, où en 1961 il avait choisi de se retirer.
 
Nœuds

Nœuds

de Ana Marques GASTãO

Beaux Livres (FÉDÉROP) | Paru le 25/04/2007 | 25,00 €

 

     “Dans la poésie de Ana Marques Gastão, se reflète, véhiculée sous une forme expressionniste, la dramatisation des compositions de Paula Rego, qui poursuit ainsi une sorte de corps syllabique. Celui-ci se révèle à lui-même en tant que corps souffrant, à travers de multiples images qui se déplacent de la description vers une invention symbolique capable de rendre flou ce que l’on décrit. Ces beaux poèmes exigeants oscillent entre l’imagination et l’image perturbée.”
                              (Fernando Guimarães)
 
Ana Marques Gastão (née en1962, à Lisbonne, Portugal) est poète, rédactrice culturelle du quotidien Diário de Notícias et critique littéraire. Avocate, elle est diplômée de l’Université Catholique du Portugal, Faculté des Sciences Humaines. Elle a écrit Tempo de Morrer, Tempo de Viver (Temps de mourir, Temps de vivre) (1998), Terra sem Mãe (Terre sans mère) (2000), Três Vezes Deus (Trois fois Dieu), en collaboration avec António Rego Chaves et Armando Silva Carvalho (2001), Nocturnos (Nocturnes) 2002, et Nós/Nudos (Nœuds) 2004. Elle figure dans plusieurs anthologies et a représenté le Portugal dans différents événements internationaux. Elle a publié au Brésil une anthologie personnelle intitulée A Definição da Noite (La définition de la nuit) Escrituras, 2003.

– Poèmes traduits par Catherine Dumas –

Temps et Lieux

Temps et Lieux

de Stefaan VAN DEN BREMT

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 07/06/2006 | 15,00 €

 

     Entre le plat pays de ses origines et une destination qu’il aimerait situer en terre romane, le poète flamand Stefaan van den Bremt, né en Belgique néerlandophone en 1941, poursuit son parcours de pèlerin des mots. Dans la suite de poèmes, intitulée « Voix des terres basses », qui forme le noyau central de cette anthologie, un grand nombre de voix se heurtent ou se rencontrent. Cette approche polyphonique lui permet de rassembler des motifs qu’il confronte dans leurs discordances, et auxquels il fait subir toute une série de modifications et de transpositions. Les voix se complètent et se contrent, sans que jamais aucune d’entre elles n’arrive à étouffer les autres. L’histoire s’allie au mythe, la musique au mot, la péripétie individuelle à l’aventure collective, la question à la réponse toute provisoire et déjà prête à soulever la question en retour. Un critique flamand a observé que « ce plaidoyer passionné pour la polyphonie est à la fois une identité, une poétique et une éthique ».
 
Poète, traducteur et essayiste, Stefaan van den Bremt a travaillé aussi pour le théâtre et la chanson. Jusqu’à ce jour, il est l’auteur de dix-huit recueils de poésie en néerlandais. En français, sous le titre Toast, un choix de poèmes était paru à Marseille aux éditions Autres Temps, en 1995. Plus récemment, en 2002, on a pu lire, dans la collection « Escales du Nord » chez Le Castor Astral, Racines d’un Nuage. Dans la nouvelle anthologie personnelle qu’il présente ici et dont il a assuré lui-même la traduction (avec le concours de Frans De Haes), Stefaan van den Bremt complète ce panorama en se situant dans l’espace-temps poétique qui est le sien.
 
– Poèmes traduits du néerlandais par l'auteur et Frans de Haes –
Passion ou la mort d'Alissa

Passion ou la mort d'Alissa

de Emilia DVORIANOVA

Romans (FÉDÉROP) | Paru le 22/02/2006 | 18,00 €

 

      « … vint alors le temps de l’Érotisme suprême…
     Il embrassa Alissa, effleura de ses lèvres les cheveux, l’oreille, en goûta avec la langue l’amertume à peine perceptible, et descendit sur la peau tendre du corps, frontière de la tendresse irréalisable et source de soif éternelle, et dans le temps suspendu, il embrassait le moindre petit poil, le moindre relief, si tendrement qu’il sentit sa chair défaillir, le monde entier défaillit dans l’attente, jusqu’à ce qu’enfin, il entende sa voix. »
 
     Un meurtre a lieu un Vendredi saint : Alissa est tuée. Arrivé sur les lieux du crime, le juge d’instruction écoute les dépositions des témoins, Yo et Sebastian, ainsi que les aveux complets et spontanés de l’assassin (Yossif). Un procès est ouvert. Tout à coup, un inconnu en uniforme de policier fait irruption dans la maison et donne l’ordre que l’on interrompe l’enquête jusqu’au dimanche de Pâques : n’y aurait-il pas quelque bluff là-dessous, comment peut-on tuer un Vendredi saint, quand les morts ressuscitent le dimanche de Pâques ?…
      Le roman PASSION ou la mort d’Alissa transporte le lecteur dans une atmosphère énigmatique où le criminel se mêle à l’érotique, où le mystérieux se fond dans le réel, où verbe, musique, spirituel et quotidien se croisent et se fuient, interprétant un « Art de la Fugue ». 
 
Emilia Dvorianova est née en 1958 à Sofia. Elle a étudié le piano et la  philosophie et elle est actuellement responsable du programme « écriture littéraire » à la Nouvelle Université bulgare.
C’est l’un des écrivains les plus remarqués de la nouvelle génération, grâce à ses romans PASSION ou la mort d’Alissa, La Velata, et Madame G. 
 
Passion ou la mort d'Alissa a obtenu en Bulgarie le Prix du meilleur roman 1996
 
– roman traduit du bulgare par Marie Vrinat –
La Mer

La Mer

de Blai BONET

Romans (FÉDÉROP) | Paru le 27/05/2003 | 20,00 €

 

      Après avoir vécu, enfants –  et subi dans leur chair et leur âme – la guerre civile espagnole, voici les deux principaux protagonistes de ce roman, Manuel Tur et Andreu Ramallo, enfermés dans l’espace clos d’un sanatorium, sur l’île de Majorque, où ils se retrouvent à nouveau confrontés à la mort.
     Traumatisés par la cruauté humaine, tourmentés par leur sexualité, pris entre l’amour et la haine, entre Dieu et le péché, ils feront le mal jusqu’au meurtre, jusqu’au suicide.
 
     La Mer, roman réaliste et métaphysique à la fois, est l’une des œuvres majeures de la littérature catalane des Baléares.
 
     Blai Bonet est né à Santanyí (Majorque) en 1926. Après des études au séminaire, qu’il abandonne pour raison de santé – il est atteint de tuberculose –, il passe plusieurs années au sanatorium de Caubet. C’est là qu’il écrira de 1947 à 1948 son grand roman de sept cents pages, La Mer. En 1958, paraît une version abrégée de ce roman. En 1997, Blai Bonet meurt dans son village natal. Deux ans plus tard, La Mer est porté à l’écran par Agustí Villaronga. Le film obtient, au Festival de Berlin 2000, le prix Manfred Salzgeber.
 
– Roman traduit du catalan par Mathilde Bensoussan – 
L'île Flaubert

L'île Flaubert

de Miquel Àngel RIERA

Romans (FÉDÉROP) | Paru le 03/04/2003 | 18,00 €

 

     Comment un célibataire timoré, professeur de littérature en mal de reconnaissance officielle, a-t-il pu en venir à vivre en solitaire sur une petite île majorquine, rebaptisée Île Flaubert par référence à son projet personnel, aussi ambitieux que la construction d’une œuvre d’art ? Au fil d’un récit à la fois lacunaire et répétitif, revenant constamment sur le passé du personnage, on apprend bien vite que c’est la découverte du pouvoir destructeur du temps, à l’occasion de la mort de sa mère, qui l’a amené à rompre avec les conventions sociales et les commodités matérielles pour adopter ce mode de vie peu commun. Se passant pour ainsi dire de sommeil, ne se rendant au village côtier que pour se ravitailler et satisfaire ses besoins sexuels, il pense duper la mort en étirant le temps à l’infini. Et lorsqu’il prendra conscience de sa dégradation physique, il imaginera encore, à l’intérieur d’une autre logique dérisoire, un moyen d’échapper à l’inéluctable. 
     Biographie d’un « homme zéro », L’Île Flaubert évoque en toile de fond une société majorquine comme intemporelle, aussi peu touchée par les événements historiques que par l’invasion touristique: pêcheurs bornés, aristocratie décadente, bourgeoisie pétrie de conformisme.
 
     L’œuvre de Miquel Àngel Riera (Manacor, 1930 – Palma, 1996), romancier et poète majorquin de langue catalane, a été couronnée de nombreux prix littéraires prestigieux, dont pour la seule Île Flaubert (1990) les prix Josep Pla, Ciutat de Barcelona, Joan Crexells, et Premi de la Crítica.
 
– roman traduit du catalan par Denise Boyer et Núria Oliver –
Sonnets suivi de Chant à un dieu minéral

Sonnets suivi de Chant à un dieu minéral

de Jorge CUESTA

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 18/03/2003 | 15,00 €

 

     Jorge Cuesta, né à Córdoba, ville de la province de Veracruz, au Mexique, s’est suicidé dans sa cellule de l’hôpital psychiatrique de Tlalpan, à Mexico, en 1942. Chimiste, critique, directeur de revue, poète, il a su conjuguer, dans sa courte vie, bien des talents, pas toujours reconnus à leur juste valeur. Son anthologie de la poésie mexicaine, parue en 1928, est malmenée par la critique, il est assigné en justice en 1932 pour sa revue Examen et scandalise aussi par sa liaison puis son mariage, en 1931, avec Guadalupe Marín, ex-épouse de Diego Rivera.

     Il a fallu attendre la publication des œuvres complètes, pour mesurer pleinement l’importance et la cohérence de l’écriture poétique de J. Cuesta qui, de 1927 à 1942, n’a publié qu’une poignée de sonnets dans quelques revues littéraires, comme Contemporáneos ou Taller. Chant à un dieu minéral est publié peu après sa mort, en hommage ultime. Cette poésie est inscrite dans la double lignée du siècle d’or espagnol et du symbolisme français : d’un côté, une réflexion sur l’évanescence – passage du temps, mort, disparition du rêve, fuite de l’amour –, de l’autre, sur l’acte de langage et la création poétique, gage d’éternité. Son écriture repose sur une conception que résume la formule « forma es fondo ». Si c’est le penseur, qu’en 1950, Octavio Paz salue dans Le labyrinthe de la solitude, depuis les années 80, les travaux de recherche se multiplient à propos de sa poésie. Puisse la présente édition contribuer à la diffusion d’une écriture poétique sans concession, dont la rigueur laisse entendre le son cristallin de la parole décantée.

Annick Allaigre-Duny est Professeur à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Roland Léthier est psychanalyste à Paris. Tous deux ont animé entre 1997 et 2001, dans le cadre de l’école lacanienne de psychanalyse, un sémi-naire sur Jorge Cuesta.

Le Testament de l'eau douce

Le Testament de l'eau douce

de Marcelle DELPASTRE

Romans (FÉDÉROP) | Paru le 27/09/2001 | 18,00 €

     Je m’enfonce à l’assaut de l’être inconnaissable dont je ne sais rien dire qui ne soit pas totalement des mots. Est-ce donc ce dieu-là dont j’ai soif ? Il me fallait un dieu planté au bout de ce désert comme un arbre. Il me fallait un dieu qui fût un arbre, les bras ouverts et tout chargé de fruits. Il me fallait un dieu qu’on pût toucher, sentir et voir ; que le vent des paroles se joue à ses feuillages ; un dieu qui tienne dans le sol, les ongles accrochés aux roches, les pieds abondants de chair et de sève ; je lui veux des racines, de l’écorce, je veux qu’il transforme lui-même à son ombre ce qui n’est pas en ce qui est, je veux que toute abondante source coule de lui plus sûrement que les moissons sortent de terre ; et que ce ne soit pas seulement en image que la tige jaillisse de graines semées.

 

    Née en 1925 à Germont-de-Chamberet (Corrèze), Marcelle Delpastre a produit jusqu’à sa mort, en 1998, une œuvre immense où la poésie écrite en occitan (limousin) ou en français occupe la plus grande place. Elle est aussi l’auteur de nouvelles, de mémoires, et de travaux d’ethnographie sur la campagne limousine qui l’avait vue naître et qu’elle n’abandonna jamais. 
 
     Écrit en 1957, alors qu’elle avait un peu plus de trente ans, Le Testament de l’eau douce est – selon les propres mots de l’auteur – « composé comme une symphonie en sept textes qui seraient sept mouvements, avec les résonances, les reprises et les correspondances, les accords et les dissonances, les mélodies et le grand mouvement d’orchestre par-dessus les soli qu’on peut observer dans ce genre-là ».
 
Le  Messager et autres poèmes

Le Messager et autres poèmes

de Thomas KINSELLA

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 06/04/2001 | 15,24 €

 

     Né en 1928, Thomas Kinsella est considéré comme l’un des grands poètes irlandais contemporains. Tout d’abord fonctionnaire au Ministère des Finances, il se consacra très jeune à la poésie et publia son premier recueil de poèmes à l’âge de vingt-quatre ans. Élu en 1965 à l’Académie des Lettres d’Irlande, il fut invité, la même année, comme poète en résidence dans une université américaine et commença alors une nouvelle carrière. Il enseigna vingt ans à l’université Temple de Philadelphie, avant de se retirer définitivement en Irlande dans le comté du Wicklow.

     Écrivain, professeur, traducteur — il a traduit des poèmes gaéliques du Moyen Âge, en particulier la célèbre épopée The Tain — Thomas Kinsella fut aussi éditeur : il dirigea The Dolmen Press, puis fonda en 1972, la Peppercanister Press. En 1986, fut publié sous sa direction le New Oxford Book of Irish Verse, aux éditions Oxford University Press.

– Poèmes traduits de l'anglais [Irlande] par Joëlle Cros, Michèle Duclos et Michael Scott –

Les Éloquences du silence

Les Éloquences du silence

de Jep GOUZY

Paul Froment (FÉDÉROP) | Paru le 05/05/2000 | 15,24 €

 

C’était peut-être le moment de parler, et nous n’avons pas parlé. C’était peut-être le moment de chanter, et nous n’avons pas chanté. Un vent léger soufflait, sans aucun bruit, comme une porte bien huilée avec l’huile des olives de mes arbres antiques. Nous paraissions enfermés dans un défi : celui qui parlerait le premier aurait perdu. Eloquences du silence.

     LES ÉLOQUENCES DU SILENCE est un recueil de « proses-poèmes » ainsi que les désigne l’auteur. Je dirais plutôt proses tout court, au sens que le latin ecclésiastique donnait à ce mot à une époque où l’on commençait à peine à balbutier ce qu’on appellerait plus tard les langues romanes. Des proses qui, toutes, disent simplement, avec émotion, avec retenue, une amitié. Une « parfaicte amitié ». Comment ne pas penser à Montaigne ? « L’amitié est jouye à mesure qu’elle est désirée, ne s’elesve, se nourrit, ny ne prend accroissance qu’en la jouyssance comme estant spirituelle, et l’âme s’affinant par l’usage. » L’ami se nommait Francis Català : il était médecin, il était poète... Tel Monsieur de Sainte Colombe qui composa à la mémoire de son épouse un Tombeau des Regrets, Jep Gouzy cisèle un Tombeau à la mémoire de son ami : « Avec des regrets on ne fait pas le monde mais j’aime penser à ce que nous n’avons pas fait et à ce que nous avons, peut-être, perdu. »

                                                                                                          Bernard Lesfargues

     Jep Gouzy est né en 1933. Il a enseigné l’espagnol et a été chargé de cours de psychologie de groupe à l’université de Pau, la ville où il réside. Son œuvre littéraire est abondante, importante : poèmes, nouvelles, romans. En français, mais plus encore en catalan. Il est reconnu à Barcelone, où on l’édite. À l’instar de Jordi Père Cerdà, Jep Gouzy nous donne à lire ce qui s’écrit de mieux et ce qui est le mieux écrit dans la langue vernaculaire de la Catalogne-Nord.

– Proses-poèmes traduits du catalan [France] par Renée Sallaberry –

Le Corps du délit

Le Corps du délit

de Yves BOISSELEAU

Beaux Livres (FÉDÉROP) | Paru le | 25,00 €

 

     ... Une folie du corps où s’exprime enfin le désir innocent et heureux ! Si impérieux qu’il abolit l’idée même de la mort ! Ainsi rien n’est plus charmant, rien n’est plus grisant, rien n’est plus gai que le début des Noces. La mort n’existe pas. L’amour de Figaro pour Suzanne l’a vaincue d’avance. Ils ont une éternité de vie devant eux… pendant cinq minutes encore. Mais gare au comte, Figaro !

     Les textes en prose d’Yves Boisseleau invitent le lecteur à une promenade poétique et ludique autour du mot corps et de sa riche polysémie. Expériences réelles, évocations littéraires, picturales ou musicales constituent le point de départ de ces variations entre vagabondage du sens et détournement culturel.

    La peinture de Christian Gardair, place en regard de ces poèmes des tableaux qui sont aussi des variations. Sa peinture ne peut exister, écrit Jean-Michel Maulpoix, que sur le mode sériel, chaque tableau en appelant d’autres à sa suite. Variations dans la répétition, ce sont autant d’affirmations de sa liberté. Tout l’art, dit-il volontiers, est dans la vigueur du parti-pris. Ainsi l’artiste met à son tour le texte en mouvement, lui donne du jeu en élargissant son espace.

Dialogue lumineux d’un peintre et d’un poète qui a déjà publié des carnets de voyage au Chili (Tableaux Chiliens, éditions Cosmigonon, Université de Concepción, Chili, 2005).

Né en 1938, Christian Gardair vit dans le Blayais. Entre 1962 et 1964, il fait son apprentissage à Bordeaux, auprès de V.-E. Calcagni. En 1964, sa rencontre avec le peintre Bissière, figure importante de la Nouvelle École de Paris, fut déterminante. Depuis, il travaille sur le motif (au sens cézanien du terme) de l’estuaire de la Gironde. Mais ses pas le conduisent souvent à Paris, rue de Seine, où il possède un petit atelier et où ses toiles sont souvent exposées par la galerie Protée. L’œuvre de Christian Gardair est présente dans de nombreuses collections françaises et étrangères.

Né en 1938, Yves  Boisseleau est agrégé de Lettres. Il est l’auteur de différents travaux universitaires sur Marcel Proust (Charles Swann, Le sentiment d’échec dans la pensée de Marcel Proust). Sa carrière de professeur s’est déroulée en France dans l’Enseignement secondaire et comme professeur invité de l’Université de Mannheim (Allemagne). Il a également publié en 2005 un journal de voyage au Chili, traduit en espagnol (édition bilingue : Tableaux chiliens / Escenarios chilenos, Editions Cosmigonon, Concepcion, Chili). Il a collaboré à différentes revues pour des articles sur Jonathan Littell (Les Bienveillantes : une position ironique) ou Vicente Pérez Rosales (Un américain dans la région de Bordeaux : une enquête de Vicente Pérez Rosales en 1830).