l'autre LIVRE

COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)

« Nous sommes les abeilles de l’Invisible, écrit Rilke en français à l’un de ses traducteurs. Nous butinons éperdument le miel du visible, pour l’accumuler dans la grande ruche d’or de l’Invisible. »

Un siècle plus tard, la tâche assignée aux écrivains par Rilke reste intacte, et plus actuelle que jamais. Nous entendons les aider à la poursuivre. Aux abeilles, ces ouvrières, il faut une ruche. Elles y travaillent ensemble, dans un incessant va-et-vient entre l’immensité du monde et l’espace intérieur où s’accomplit leur labeur commun.

Les Éditions de La Coopérative, nées en 2015 sous le signe de l’abeille, publient des livres de littérature sur la couverture desquels figure un emblème inspiré d’une gravure du XVIIe siècle représentant une ruche, pour manifester notre confiance dans le travail essentiel et mystérieux de l’œuvre littéraire.

Les livres publiés illustreront peu à peu tous les genres. La poésie y a toute sa place, le roman ou l’aphorisme, l’essai ou le conte également, et même le théâtre. Les auteurs d’aujourd’hui y voisinent avec ceux de la tradition, qu’ils soient à redécouvrir ou qu’il s’agisse de publier des inédits.

Adresse : 214, rue Saint-Maur
75010 PARIS
Téléphone :0142006092
Site web :http://www.editionsdelacooperative.com
Courriel :nous contacter
Diffusion :BLDD
Distribution :BLDD
Représentant légal :Jean-Yves Masson
Forme juridique :SARL
Racine ISBN :979-10-95066
Nombre de titre au catalogue :17
Tirage moyen :400
Spécialités :Roman, poésie, aphorismes, contes, traditions populaires, essais
L'EPISTOLIER D'AUTREFOIS

L'EPISTOLIER D'AUTREFOIS

de GERMONT

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 12/09/2018 | 19,00 €

Etienne, le héros de ce roman, peine à se reconnaître dans la France de son temps. Réduit par sa destinée à une existence solitaire, il se réfugie dans le monde merveilleux de la culture française où il baigne depuis son enfance. Epistolier convaincu, à une époque où l’art épistolaire est en perdition, il écrit des lettres imaginaires à de grands artistes, en se cachant lui-même derrière des identités prestigieuses.
On découvre ainsi des lettres de Jean-Philippe Rameau à Claude Monet, ou d’Hector Berlioz à Jean-Jacques Rousseau. Les voix et les temps se mêlent, s’enrichissent en un dialogue singulier. Loin d’être coupé de son époque, l’Epistolier témoigne d’une inquiétude et d’une révolte qui ne cessent de la remettre en question. Les lettres imaginaires alternent avec les évocations réalistes d’un pays en crise.
En jouant avec les époques diverses de l’histoire de France, ce roman met en perspective les problèmes les plus actuels. En un temps de doute et de relativisme, il rappelle que la culture pleinement vécue et aimée est un monde où la vie prend enfin un sens, et dont la porte peut s’ouvrir à tout instant, alors même qu’il paraît un paradis perdu, un rêve inaccessible.
C’est toute la réalité sensible et inimitable de la civilisation française qu’on retrouve dans ces pages, à travers ses œuvres d’art mais aussi son art de vivre le plus quotidien. Le désarroi de l’Epistolier n’a pas trop de tout cet héritage enchanteur pour trouver un réconfort devant la fragilité du monde. Mais montrer ce qui est menacé, c’est aussi montrer ce qui peut et doit être sauvé.

Germont est né en 1961. L’Epistolier d’autrefois est son troisième roman aux éditions de la Coopérative.

L'ART DU THÉÂTRE

L'ART DU THÉÂTRE

de Sarah BERNHARDT

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 24/01/2017 | 20,00 €

Et peu à peu je m’identifiais à mon personnage. Je l’habillais avec soin ; je reléguais ma Sarah Bernhardt dans un coin. Je la faisais spectatrice de mon nouveau « moi » ; et j’entrais en scène prête à souffrir, à pleurer, à rire, à aimer, ignorant ce que le « moi » de moi faisait là-haut dans ma loge.

Si les mémoires de Sarah Bernhardt (1844-1923) ont été souvent réédités, on ignore en général qu’à la fin de sa vie la grande comédienne avait entrepris d’écrire un ouvrage où elle transmettrait son expérience aux générations futures d’acteurs et d’amateurs de théâtre. Elle en dicta jusqu’à sa mort les chapitres, qui furent ensuite ordonnés et publiés par Marcel Berger, un des familiers de ses dernières années.
Le lecteur trouvera dans ces pages une mine inépuisable de conseils et d’observations sur le métier de comédien, depuis les impératifs de la voix jusqu’aux détails pratiques du maquillage. Sarah Bernhardt compléta et illustra ce véritable guide de l’art dramatique par une profusion d’anecdotes, où l’on retrouve la drôlerie et la vivacité qui rendirent célèbre sa conversation.
Les illustrations rares, issues d'une collection privée, qui accompagnent la présente édition, restituent à la fois la beauté incomparable de la comédienne et le monde où elle vécut, à travers une galerie de portraits des autres étoiles du théâtre de son époque qu’elle évoque tout au long de ce livre.

L'édition originale de cet ouvrage posthume comportait de nombreuses coquilles. Le texte a fait l'objet pour cette réédition d'un contrôle minutieux. Cette édition s'accompagne d'un répertoire des personnalités et d'un répertoire des oeuvres théâtrales citées qui en font un outil de travail précieux pour les historiens du théâtre et les étudiants en études théâtrales.

TISONS

TISONS

de Gérard BOCHOLIER

Poésie (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 09/02/2018 | 15,00 €

La brûlure du désir et la brûlure de l’absence forment les deux grandes sources d’inspiration de ce livre placé sous le signe du feu, dont la genèse s’est étendue sur de longues années.

La première partie rassemble des poèmes dont chacun fixe la mémoire d’un instant d’extase, d’une rencontre amoureuse faite de trouble et d’émerveillement : « Lumières éteintes / Dans la maison en sursis / Nous avons tendu sur le sol / La toile d’un feu très obscur. » Dans la proximité de Cavafis, de Sandro Penna et de Luis Cernuda, que le poète nomme à bon droit « nos tutélaires », ces poèmes disent avec simplicité la surprise causée par la découverte de l’accord avec le jeune homme désiré.

Mais « comment faire durer le brasier ? » demande un des poèmes de la deuxième partie. Tout aussi incandescente, celle-ci affronte le mystère de la mort et de la séparation et situe l’expérience du désir dans la lumière qui, aux yeux du poète, lui confère sa vérité, celle de la rencontre des âmes par-delà celle des corps. « Mon Dieu / Tu m’accompagnes// La beauté me fait trembler encore / Je la traverse / Comme une vigne vendangée. »

Nourri de la lecture des psaumes, comme les précédents livres de l’auteur, ce recueil s’achève comme un bréviaire d’espérance qui affirme que « La belle aventure de l’âme/ Ne finit pas ».

 

Né en 1947 à Clermont-Ferrand, où il a été professeur de lettres classiques, Gérard Bocholier dirige depuis plus de quarante ans la revue de poésie Arpa. Il est l’auteur d’une trentaine de recueils de poèmes et poursuit une activité infatigable de critique, pendant longtemps dans la NRF et aujourd’hui dans l’hebdomadaire La Vie. Parmi ses derniers essais, citons Le poème comme exercice spirituel (Ad Solem, 2014) et Les chemins tournants de Pierre Reverdy (Tituli, 2016). Parmi ses derniers livres de poésie : Psaumes du bel amour (Ad Solem, 2010), Psaumes de l’espérance (Ad Solem, 2012), Belles saisons obscures (Arfuyen, 2012) et Les étreintes invisibles (L’Herbe qui tremble, 2016).

MAM'ZELLE GNAFRON

MAM'ZELLE GNAFRON

de COLLECTIF

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 19/04/2016 | 21,00 €

Gnafron. – T’as donc pas vu dans les journaux de Paris qu’y paraît que le lyonnais c’est pas du français ?
Guignol. – Et t’as cru ça, grande bête ! Y sont jaloux pasque c’est nous que le parlons le mieux, le français, le plus vieux. Te sais donc pas que nous étions capitale avant eusses ; que nous faisions de vin quand y buvaient pas seulement du râpé ; qu’y avait déjà chez nous une Compagnie des Eaux avec ses tuyaux sur des arqueducs grands comme de cathédrales, que leur Paris était encore qu’un village en bois au bord d’un gaillot si peu conséquent qu’on le traverserait en quatre brassées. Ils ont la langue de tout le monde, ces faiseurs de fufus ; nous, nous parlons comme nos anciens, et le gone qu’en aurait honte, ça serait qu’un mauvais gone, un mauvais Français, un Barrabas, un Judas. T’entends ? Faut pas plus renier son parler que son vin.

Créé au tout début du XIXe siècle par le marionnettiste Laurent Mourguet (1769-1844), Guignol fut pendant plus d’un siècle le porte-parole du petit peuple de Lyon, et surtout des « canuts », les  ouvriers de la soierie. Au plus fort de leur popularité, jusque dans les années 1950-60, Guignol et son inséparable ami Gnafron furent au cœur d’une intense production théâtrale, due à de très nombreux auteurs.
En 1925, la société des Amis de Guignol édita à Lyon, à tirage très limité, un choix des meilleures pièces écrites au cours des soixante années précédentes, pour compléter le premier répertoire « classique » rassemblé par Jean-Baptiste Onofrio en 1865. C’est ce recueil rarissime, plein d’inventions savoureuses, que nous rééditons aujourd’hui.

HISTOIRES ALLÈGRES

HISTOIRES ALLÈGRES

de Carlo COLLODI

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 09/11/2017 | 19,00 €

Tout le monde connaît Pinocchio, de Carlo Collodi, paru en 1883. Les Histoires allègres, publiées pour la première fois en volume en 1887, consistent comme les aventures de la célèbre marionnette en récits écrits à l’origine pour le Giornale per i bambini. On y découvre notamment les aventures de Pipi, le petit singe couleur de rose, considérées elles aussi comme un sommet de l’inventivité inimitable du conteur, et où l’on retrouve le personnage de Pinocchio devenu un jeune garçon.
Cependant le recueil contient d’autres joyaux méconnus, tel Le petit avocat, dont le jeune héros réinterprète à sa manière la façon dont les parents ou les maîtres devraient se comporter envers les enfants. Ou cette Mascarade finale, dans laquelle trois petits garçons résolus à gagner le prix du meilleur déguisement sont persécutés par un diable étrangement familier...
Cette édition est la première traduction intégrale des Histoires allègres en français. Elle comporte la totalité des magistrales gravures d’Enrico Mazzanti qui accompagnaient l’édition originale italienne. Grâce à elles, cet ouvrage constitue un vrai livre pour enfants, mais passionnera également tous les lecteurs adultes de Pinocchio, qui retrouveront dans ces huit histoires de nombreuses correspondances avec le plus célèbre ouvrage de Collodi.

La vie de Carlo Lorenzini (1826-1890) est en soi un roman. Collodi, son pseudonyme, est le nom du village de son enfance. Journaliste, homme de théâtre, combattant du Risorgimento, il doit sa célébrité tardive à ses œuvres pour enfants, où il se révèle comme un maître incontesté de la prose italienne.

UNE PETITE FENÊTRE D'OR

UNE PETITE FENÊTRE D'OR

de Mireille GANSEL

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 21/09/2016 | 19,00 €

C’est un livre qui ne ressemble à aucun autre, gorgé d’images, de paroles glanées au fil des lectures, jalonné de rencontres. Un livre d’errance ou de transhumance, un livre d’émerveillement aussi, dont les quatre parties se composent de chapitres longs ou brefs, écrits dans une langue vibrante et passionnée, où viennent s’insérer tout naturellement quelques poèmes.
De Hanoï à Budapest, de Berlin à Jérusalem, de la guerre du Vietnam à la France d’aujourd’hui, Mireille Gansel a fait de chacun des textes de ce livre le mémorial d’un moment inoubliable, la trace d’une rencontre. On y croisera Yehudi Menuhin, Imre Kertész, Claude Vigée, Aharon Appelfeld, Blaga Dimitrova ou Reiner Kunze (dont elle est la traductrice), ses amis vietnamiens poètes, peintres ou philosophes, mais aussi un vieux berger, un facteur… et beaucoup d’enfants.
Ce ne sont pas des portraits qui les transformeraient en personnages, mais une série d’instantanés qui cernent au plus près le mystère de leur présence : magie du surgissement d’un visage, force d’un geste ou d’une parole qui sont bien souvent des actes de résistance. Du reste, pour Mirelle Gansel, du Baal Chem Tov à Kafka, de Rachi à Nelly Sachs, les grands esprits du passé sont eux aussi pleinement vivants. C’est pourquoi son livre est une admirable leçon de vie.

Traductrice de poètes vietnamiens et allemands (elle a notamment traduit tout l’œuvre poétique de Nelly Sachs ainsi que la correspondance entre Nelly Sachs et Paul Celan), Mireille Gansel a publié récemment aux éditions Calligrammes Larmes de neige (poèmes, 2006), Chronique de la rue Saint-Paul (2010) et Traduire comme transhumer (2012). Elle a longtemps collaboré à La Quinzaine littéraire.

COMME UNE LETTRE

COMME UNE LETTRE

de Mireille GANSEL

Poésie (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 18/05/2017 | 16,00 €

parole du balcon
criée et secrète
dans l’intimité de la ruelle
large comme un bras tendu

Écrits après une longue période de silence, les poèmes de ce recueil ont marqué pour leur auteur une véritable renaissance à la parole, par-delà l’expérience cruciale de la traduction à laquelle elle a consacré une partie de sa vie.
Des poèmes comme des lettres : tournés vers l’autre – destinataire ou lecteur –, beaucoup comportent une date et un lieu. Reflets d’une expérience à chaque fois unique, située dans l’espace et le temps, et qui pourtant semblent s’adresser directement à nous.
Mireille Gansel est un poète de la rencontre. Elle porte sur le monde qui l’entoure un regard attentif à tout ce qui est fragile et menacé, mais aussi à tout ce qui témoigne des forces invincibles de la vie, à tous ceux qui, comme elle, s’attachent à préserver la mémoire des êtres et des lieux.
Plus qu’une poésie du voyage, un art d’habiter le monde.

Traductrice de poètes vietnamiens et allemands (elle a notamment traduit toute l’œuvre poétique de Nelly Sachs ainsi que la correspondance entre Nelly Sachs et Paul Celan), longtemps collaboratrice de La Quinzaine littéraire, Mireille Gansel a publié en 2016 Une petite fenêtre d’or aux éditions de la Coopérative. Elle est également l’auteur de Larmes de neige (poèmes, 2006), Chronique de la rue Saint-Paul (2010) et de Traduire comme transhumer (2012), ouvrage marquant sur la traduction déjà traduit en allemand, en anglais et en italien.

MAISON D'ÂME

MAISON D'ÂME

de Mireille GANSEL

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 12/04/2018 | 15,00 €

Le thème de l’hospitalité traverse toute l’œuvre de Mireille Gansel. Qu’est-ce qu’habiter le monde ? Ce livre s’ouvre sur une voix d’enfant interrogeant l’auteur sur sa maison d’enfance, question qui devient aussitôt le point de départ d’une méditation sur la beauté : « et soudain la beauté est une maison où habiter peut-être la première peut-être la seule ».

Au fil des pages, Mireille Gansel part en quête « de ces beautés qui font le monde habitable ». Son regard se pose sur les lieux mais aussi les êtres qu’elle rencontre. Ceux qui l’ont accueillie, comme tous ces laissés-pour-compte, ces sans-abri au sens immédiat du terme, pour qui la maison représente vraiment un refuge, y compris quand il s’agit d’une île anglaise accueillant chaque année des oiseaux migrateurs. Mais peut-être toute son écriture est-elle aussi une écoute, la quête de mots simples et essentiels offrant un refuge, un abri contre la violence des temps.

C’est à cette écoute que le lecteur est lui-même invité, par la grâce d’une écriture tout en nuance, au plus près du souffle, tendue à l’extrême, parfois aux limites du silence.

Ce livre envoûtant est comme le journal sans dates d’une âme inquiète et attentive qui cherche un lieu d’accueil pour y partager les valeurs essentielles qui font l’humanité.

Traductrice de poètes vietnamiens et allemands (elle a notamment traduit l’œuvre poétique de Nelly Sachs et fait découvrir en France celle du grand poète contemporain Reiner Kunze), longtemps collaboratrice de La Quinzaine littéraire, Mireille Gansel a déjà publié deux livres aux éditions de la Coopérative : Une petite fenêtre d’or et Comme une lettre Elle est également l’auteur de Larmes de neige (poèmes, 2006), Chronique de la rue Saint-Paul (2010) et de Traduire comme transhumer (2012), ouvrage marquant sur la traduction déjà traduit en allemand, en anglais et en italien et en cours de traduction dans plusieurs autres langues.

SONNETS

SONNETS

de GERMONT

Poésie (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 14/10/2015 | 9,00 €

Tu me souris comme le jour se lève
Et tes paroles mystérieuses m’emplissent de joie.
A ces heures ensoleillées je dédie ton souvenir,
J’ai participé à ce moment de ta vie mémorable.


Ce livre a été écrit à l’aube des années 1980, par un jeune homme de vingt et un et vingt-deux ans. Les Sonnets de Germont inaugurent la publication aux éditions de la Coopérative d’une œuvre qui a pris au fil du temps une ampleur considérable, touchant à des genres très divers – poésie, roman, théâtre.

Ce recueil de sonnets en vers libres assonancés constitue un itinéraire en trois étapes : initiation de la jeunesse à la beauté, à l’amour et à la mort. Le poète qui découvre le monde dans sa nouveauté et part à la recherche de son double amoureux est aussi une âme ancienne, où revivent des figures immémoriales dans l’attente et la certitude de la résurrection.

Germont est né en 1961.

BALLADES

BALLADES

de GERMONT

Poésie (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 08/11/2016 | 8,50 €

Le soir s’endort sur mon poème incertain

Mais dehors s’allument les lumières désirables.

La ville sourit aux contempteurs des matins

,Le tumulte berce les ombres qui s’embrassent.

Parmi les heures vivantes les foules passent,

Je crois entendre les respirations qui se confondent dans la nui

tComme le silence s’endort au murmure des vagues,

Paris est une ville pour vivre et mourir.

Les dix-sept Ballades baignent dans une « lumière amoureuse » et sont le mémorial d’une révélation qui embrasse toute la création : « Je suis tombé amoureux du monde entier / le jour où j’ai rencontré ton regard souriant », écrit le poète. La forme de la ballade, souvent illustrée au Moyen Âge et à la Renaissance, notamment par Villon, retrouve ici une nouvelle et surprenante jeunesse, à laquelle contribue l’usage des vers assonancés. L’amour apparaît dans ce livre comme la prémonition d’« un monde plus ouvert et moins désespéré ». Témoignage d’une expérience vécue autour de l’année 1985, les Ballades se révèlent étrangement intemporelles par leur forme comme par leur contenu.

STANCES

STANCES

de GERMONT

Poésie (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 08/11/2016 | 1,10 €

L’âge où les hommes se levaient avec le soleil

Est loin de nous, hélas, nous nous adonnons à d’autres instants.

Mais il faut nous pardonner : l’histoire ayant fini son règne

Nous seuls désormais portons l’immense fardeau du temps.

 

Nous devons nous aimer comme la ville où nous vivons

Car seuls nos regards croisés nous sauvent de l’absence.

Nous sommes le monde et son miroir, et sans cesse nous avançons

Vers le reflet qui seul nous comble – l’avenir est notre présent.

 

Dix poèmes de cent vers assonancés composent les Stances, livre d’amour et de deuil qui n’a, dans la poésie contemporaine, aucun équivalent, ni dans sa forme ni dans ses thèmes. Le jeune poète qui les a écrits en a fait un mémorial de la fin du vingtième siècle et un itinéraire où la souffrance et le désespoir sont victorieusement combattus par le pouvoir lumineux de la poésie. « Il y a de la beauté dans le paysage menacé / De notre amour, de notre pays en proie à l’adversité », écrit l’auteur qui arpente les rues de Paris avec au cœur « la nostalgie de demain ». Celui qui se veut « un regard sur le monde, une savante lumière » est un veilleur dont la fonction est aussi essentielle que cachée.

La poésie de Germont intrigue et retient l’attention par le ton très personnel d’une parole qui n’est nullement obscure et semble même souvent limpide, et qui pourtant, à une lecture attentive, s’avère d’une complexité et d’un raffinement très savants. 

MAXIMES

MAXIMES

de GERMONT

Poésie (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 08/11/2017 | 11,00 €

Mon amour est d’une étrange sorte, il ne vient qu’attiré par
Des poèmes, seules des mains créatrices peuvent caresser son corps
Glorieux et méprisant, et son âme barbare ne sourit tendrement
Qu’aux accents silencieux des chants où s’apaise sa force.

Préfaçant les Maximes de La Rochefoucauld, Roland Barthes soulignait qu’il existe « une affinité particulière entre le vers et la maxime, la communication aphoristique et la communication divinatoire » et qu’il y a dans la maxime « une véritable économie métrique de la pensée, distribuée en temps forts et en temps faibles ». De telles phrases peuvent permettre d’expliquer que Germont ait décidé d’intituler Maximes son quatrième livre de poèmes.

Venant après les Sonnets, les Ballades et les Stances, il clôt la série de ce qu’on peut considérer comme son œuvre de jeunesse. Comme les précédents, il se caractérise par une exploration formelle originale, plus variée encore dans ce volume. Ses quatre parties, chacune de huit poèmes, correspondent à quatre étapes pouvant jalonner toute expérience amoureuse : les Rencontres, les Séparations, les Recherches et les Retrouvailles.

Chaque poème constitue à la fois l’écho d’un moment vécu et une variation autour des sentiments qu’affronte le poète pour son bonheur comme pour son malheur.

LA PART DE FRAGILITÉ

LA PART DE FRAGILITÉ

de GERMONT

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 22/02/2016 | 18,00 €

« Par moments je le regardais, silencieux et figé, et j’aurais cru pour un peu qu’il ne faisait pas partie de la compagnie tapageuse qui l’entourait, qu’il était une simple image, une projection, qui sait, de quelque messager d’une galaxie lointaine apparaissant en trois dimensions. »

La vie de Marc, un homme d’affaires rationnel et conventionnel, semble placée sous le signe du succès, ce qui n’empêche pas une profonde insatisfaction intérieure. Sa rencontre avec Damien le met soudain face au bonheur, mais aussi à sa fragilité. Confronté à l’injustice du destin, saura-t-il défendre son amour ? Il faudra l’intervention d’une femme pour lui ouvrir la possibilité d’une vie meilleure.

Ce roman, où l’émotion et la beauté affleurent à chaque page, peut être lu aussi comme une fable sur les carences et le défaut d’harmonie du monde contemporain, et sur la manière dont il est possible à chacun d’y porter remède en changeant sa vision de la réalité. Explorer l’entrespace, cette dimension essentielle de l’existence humaine, telle est l’aventure qui s’offre ici au lecteur


Germont est né en 1961. Les éditions de la Coopérative ont entrepris la publication de son œuvre en 2015 avec ses Sonnets.

PLAGES NON LOIN DE NANTES

PLAGES NON LOIN DE NANTES

de GERMONT

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 14/03/2017 | 19,50 €

« Je n’ai rencontré qu’une fois Jean Dervage, et je ne lui ai jamais parlé », écrit le narrateur à propos d’un jeune homme dont la beauté le fascine. Mais qui est Jean Dervage ? Tout ce roman est consacré à chercher la réponse à cette question. Celle-ci semble essentielle au narrateur, confronté à l’échec de sa propre vie sentimentale et pourtant rempli d’espoir, au nom d’un « idéalisme » qu’il s’applique à redéfinir.
La jeunesse et la beauté, les deux qualités qui expliquent la séduction qu’il exerce sur ceux qui le rencontrent, ne suffisent pas à définir Jean Dervage. Il en jouit, mais il en est aussi victime, dans sa quête d’un bonheur plus durable qu’elles. A travers deux histoires d’amour, l’une malheureuse, l’autre heureuse, on le voit dépasser peu à peu une conception décevante de la vie et de la réussite.
Dans ce deuxième roman, Germont semble faire le bilan de sa jeunesse à travers l’évocation d’un personnage entrevu au cours de ses propres années d’errances. Le livre apparaît ainsi comme un document sur la vie nocturne de la fin des années 1980. La vie reconstituée du héros, de son enfance à sa première jeunesse, dessine le portrait d’une génération.
La présentation sous l’aspect d’une société secrète du monde marginal des noctambules, et même de la jeunesse de cette époque en général, renouvelle la thématique du roman d’initiation. Nul ne se serait attendu à retrouver les tourments et les subtilités de la Princesse de Clèves dans les boîtes de nuit parisiennes.

SONNETS DE LA PRISON DE MOABIT

SONNETS DE LA PRISON DE MOABIT

de ALBRECHT HAUSHOFER

Poésie (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 18/01/2019 | 20,00 €

Les Sonnets de la prison de Moabit d’Albrecht Haushofer occupent une place particulière dans la poésie allemande du xxe siècle. Né en 1903, professeur d’université, géographe réputé, spécialiste de géopolitique, Haushofer, sans adhérer au Parti nazi, avait occupé des fonctions officielles sous le IIIe Reich. Impliqué, comme bon nombre de ses amis, dans l’attentat manqué contre Hitler du 20 juillet 1944, il fut arrêté et incarcéré à la prison de Moabit, prison berlinoise tenue par les SS. C’est là qu’il composa les quatre-vingts sonnets qu’on retrouva sur lui après sa mort : il fut exécuté avec quatorze autres prisonniers dans la nuit du 22 au 23 avril 1945.
Publiés en 1946, ces Sonnets eurent tout de suite de fervents lecteurs et furent rapidement traduits dans de nombreuses langues. Une première traduction française parut en 1954, mais le texte sur lequel elle se fondait était encore fautif et incomplet. Ce n’est qu’en 1976 qu’une édition fiable vit le jour en Allemagne. Elle a servi de base à la présente nouvelle traduction.
Les Sonnets de la prison de Moabit ne sont pas l’œuvre d’un résistant de la première heure, mais d’un homme qui fait son examen de conscience et s’accuse de ne pas s’être opposé plus tôt à un régime qu’il désapprouvait depuis longtemps, mais en silence. Haushofer n’est tendre ni pour lui-même, ni pour son père, plus gravement compromis que lui. Ces sonnets sont le testament d’un homme qui sait qu’il ne sortira pas vivant de sa cellule : il y passe en revue les épisodes de sa vie, se remémore ses voyages, ses amitiés, ses amours, cherche à prendre exemple sur d’illustres persécutés (de Boèce à Thomas More), et se fraye un chemin vers la sérénité en s’inspirant surtout des sagesses orientales, dont il était familier.
Ce sont les circonstances qui ont fait éclore en Haushofer le poète. Ces quatre-vingts sonnets, aujourd’hui considérés comme un classique en Allemagne, suffisent pour lui assurer une place parmi les voix inoubliables du xxe siècle.

LA FOI TELLE QUE JE L'ENTENDS

LA FOI TELLE QUE JE L'ENTENDS

de Hermann HESSE

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 22/09/2017 | 19,00 €

Dès sa jeunesse, Hermann Hesse a été hanté par les questions portant sur la spiritualité. Il n’a cessé tout au long de sa vie d’aborder ce sujet non seulement dans ses romans et ses nouvelles, mais aussi à travers de nombreux articles et conférences, dans ses poèmes, ainsi que dans sa correspondance.
Ce sont ces prises de position publiques ou privées que Siegfried Unseld, qui fut son ami, son éditeur chez Suhrkamp et l’un des meilleurs connaisseurs de son œuvre, a entrepris de réunir dans le présent livre, quelques années après la mort de Hermann Hesse. Cet ouvrage capital, qui éclaire et complète l’œuvre romanesque, n’avait encore jamais été traduit en français.
On y découvre un précurseur dans la connaissance des spiritualités de l’Extrême-Orient, guettant la parution des traductions qui permirent enfin au public allemand de les découvrir, mettant en garde ses lecteurs contre la mode superficielle du zen en Europe, mais décelant aussi dans la curiosité nouvelle pour les traditions extra-européennes le signe d’un très profond besoin de renouvellement des traditions religieuses.
Élevé dans une foi protestante d’inspiration piétiste, attaché au message chrétien mais profond connaisseur du bouddhisme, Hesse cherche un point de convergence entre les grands courants spirituels avec le sentiment qu’il est urgent de répondre à la crise morale de l’Occident. S’il est vrai que cette crise n’a fait que se confirmer depuis lors, son message est, plus que jamais, actuel.

Hermann Hesse (1877-1962) est l’un des principaux romanciers allemands du vingtième siècle, et aujourd’hui encore l’un des plus lus à travers le monde.  Il a reçu en 1946 le prix Nobel de littérature.

LE LIVRE DES AMIS

LE LIVRE DES AMIS

de Hugo VON HOFMANNSTHAL

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 17/10/2016 | 18,00 €

En 1922, Hofmannsthal publie de manière presque confidentielle Le Livre des Amis, un recueil d’aphorismes qui connaîtra rapidement une diffusion beaucoup plus large que son auteur lui-même ne l’imaginait, et peut-être ne le souhaitait. Dans ces pages, le poète autrichien mêle ses propres pensées, tirées de ses carnets intimes, à celles qu’il a rencontrées chez les auteurs qu’il aime le plus. Les "amis" que désigne le titre sont donc aussi bien ses propres lecteurs que les écrivains de tous les temps, qui forment autour de lui une sorte de « collège invisible ».

Le Livre des Amis est un livre magique, dont la profondeur ne se dévoile qu’avec le temps: ceux qui l’ont lu ne cessent d’y revenir. Il est peut-être aussi la meilleure initiation à l’œuvre de Hofmannsthal, grand esprit doublement attaché à sa patrie autrichienne et à la défense de la culture européenne au lendemain de la Première Guerre mondiale. 

Hugo von Hofmannsthal (1874-1929) devint célèbre dans les milieux littéraires viennois à dix-sept ans pour ses premiers poèmes et fut très tôt reconnu dans tous les pays de langue allemande comme l’un des plus grands poètes de son temps. Il cessa assez tôt d’écrire de la poésie pour se consacrer au théâtre, devenant notamment le librettiste des opéras de Richard Strauss, avec qui il fonda le Festival de Salzbourg. Il est également l’auteur de contes (La Femme sans ombre), de nouvelles, d’un roman (Andreas), et de très nombreux essais ou textes en prose inclassables dont le plus connu reste la Lettre de Lord Chandos.

Cette édition s'accompagne de notes indiquant les sources des citations ainsi que d'un index des auteurs cités.

LA FÉE AUX LARMES

LA FÉE AUX LARMES

de Jean-Yves MASSON

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 17/10/2016 | 14,00 €

La nuit était de plus en plus épaisse. De lourds oiseaux nocturnes passaient avec un froissement d’ailes dans le noir ; la lune avait commencé à baisser et sa clarté s’était voilée derrière des nuages. Aurore ne voyait plus bien où elle mettait les pieds. Elle trébucha à plusieurs reprises, poussant un cri chaque fois qu’une branche venait à lui griffer le visage. La nuit semblait interminable, le matin encore bien lointain. Aurore avait maintenant très soif et s’aperçut qu’elle n’avait même pas songé à emporter de quoi boire ; la gorge sèche, elle eut l’impression qu’elle allait mourir là, sans avoir découvert le secret des larmes.
— Hélas ! ma mère, mon père bien-aimés, s’écria Aurore, que n’êtes-vous auprès de moi pour me guider ? Où êtes-vous à présent ? Voyez-vous votre fille qui cherche sans la trouver la fée présidant à toute naissance ? Ne pouvez-vous me faire un signe pour me mettre sur le chemin ? Que ne donnerais-je pour pouvoir verser une larme ! Et comme j’ai soif !

Jean-Yves Masson, né en 1962, a publié des poèmes (Onzains de la nuit et du désir, Neuvains du sommeil et de la sagesse, Cheyne Éditeur ; Poèmes du festin céleste, L’Escampette), des romans (L’Isolement, L’Incendie du théâtre de Weimar, Verdier) et des nouvelles (Ultimes vérités sur la mort du nageur, Verdier, Goncourt de la Nouvelle 2007). Il s’est inspiré d’une légende alsacienne pour écrire ce conte qui s’adresse non seulement aux enfants, mais à l’enfant que tout adulte porte en lui.

Cette édition est illustrée de gravures et de lettrines rares du XIXe siècle qui cherchent moins à illustrer le récit qu'à prolonger la rêverie.

EXACTITUDES

EXACTITUDES

de Anna de NOAILLES

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 12/04/2018 | 20,00 €

Rares furent les poètes qui connurent de leur vivant une gloire aussi éclatante qu’Anna de Noailles (1876-1933). L’oubli voire le dédain qui furent parfois son lot après sa mort en sont-ils la conséquence ? Elle a toujours conservé un public de fidèles, comme en témoigne le succès de plusieurs anthologies récentes de son œuvre. Peut-être au fond a-t-elle surtout pâti de sa situation mondaine d’aristocrate fêtée, qui tendit toujours à occulter la vérité très humaine de ses poèmes. Si Anna de Noailles mérite d’être lue, c’est bien sûr pour l’éminente valeur de son œuvre mais aussi, justement, par la résonance profondément humaine de celle-ci. Sceptique, voire nihiliste, passionnée et désespérée, elle rejoint les doutes les plus contemporains par son interrogation douloureuse d’une condition humaine vouée au désastre autant qu’à l’extase.

Cette actualité paradoxale de la sensibilité d’une femme appartenant à un monde aujourd’hui disparu, on la retrouve à chaque page d’Exactitudes, recueil de proses paru en 1930, trois ans avant sa mort, et jamais réédité. On y admire la franchise d’une inspiration qui ne recule pas devant les aspects les plus physiques aussi bien de l’amour que de la mort. Qu’elle médite sur la dépouille d’une courtisane de l’Antiquité ou sur le désir impossible éveillé en elle par un beau marin entrevu lors d’un voyage, elle regarde la vérité avec une honnêteté impitoyable – qui justifie le titre du recueil – même si elle ne renonce jamais à l’ivresse sensuelle d’un style au lyrisme brûlant.

Dans ce recueil de proses cependant, la dimension autobiographique prend souvent le pas sur l’inspiration purement poétique. Le livre est ordonné au gré des expériences, des voyages et des souvenirs de toute une existence. Il permet, mieux que tout autre ouvrage d’Anna de Noailles, de découvrir son génie lyrique mais aussi d’entrer dans l’intimité du vécu le plus quotidien et le plus profond où il s’est ancré, depuis les années heureuses de la jeunesse jusqu’aux épreuves d’une vie tôt marquée par les deuils et la maladie. 

Cette réédition est accompagnée de notes légères, surtout destinées à ouvrir quelques aperçus sur l'origine des nombreuses citations qui émaillent le texte.

 

LETTRES À NÉÈRE

LETTRES À NÉÈRE

de Paul VALERY

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 07/04/2017 | 20,00 €

En 1931, Paul Valéry accepta de poser pour une jeune sculptrice, Renée Vautier (1898-1991), qui souhaitait réaliser son buste. Récemment séparée de son premier mari, elle avait alors trente-trois ans. Bien plus âgé qu’elle, Valéry, encore douloureusement éprouvé par la fin de sa longue liaison avec Catherine Pozzi, subit la fascination de la jeune artiste et ne tarda pas à lui faire part de la passion qu’il commençait à éprouver pour elle.
Passion sans espoir : celle qu’il surnomma bientôt « Néère » (anagramme de Renée et titre d’un célèbre poème d’André Chénier) ne lui cacha jamais qu’elle ne partageait pas ses sentiments. Cela n’empêcha pas le poète de continuer à lui faire la cour durant plusieurs années. Les cent soixante lettres inédites que nous révélons aujourd’hui témoignent de cette histoire d’amour malheureuse.
D’une qualité littéraire digne de ses grandes œuvres en prose, elles montrent un Valéry tendre et plein d’esprit, sachant jouer de tous les charmes de sa conversation pour séduire, sans cacher à sa correspondante (dont les réponses n’ont pas été conservées) qu’il est sujet à de graves accès de mélancolie : ceux-là même qu’il décrit si bien, au même moment, dans le dialogue intitulé L’Idée fixe.
Bien plus qu’un témoignage sur la vie privée d’un grand poète au sommet de sa gloire, ces Lettres à Néère méritent d’être considérées comme une œuvre à part entière, pleine de bonheurs d’écriture surprenants.

SUR NIETZSCHE

SUR NIETZSCHE

de Paul VALERY

Philosophie (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 14/11/2017 | 15,00 €

Comme tous les intellectuels de sa génération, Paul Valéry a découvert Nietzsche aux alentours de 1900, grâce aux traductions qui commençaient de paraître au Mercure de France. Pour répondre à la demande de plusieurs revues attendant de lui des articles sur les parutions récentes, Valéry lit à cette époque, crayon en main, les œuvres du philosophe allemand. Au cours de l’hiver 1908-1909, il prend une longue série de notes.

Ces notes inédites, qui ne se trouvent pas dans les célèbres Cahiers, forment le principal élément du dossier rassemblé par Michel Jarrety. Pour les compléter et les éclairer (Valéry ayant finalement renoncé à écrire les articles promis), cet ensemble est précédé d’une série de lettres (à André Gide, à Guy de Pourtalès, et à Henri Albert, premier traducteur de Nietzsche).

Confronté à une pensée forte qui, sur plusieurs points, rejoignait pourtant la sienne, Valéry exprime dans ces pages ses réticences, exerce sa faculté critique avec son acuité habituelle, et nous donne ici plus que jamais l’exemple de ce « lecteur exigeant » qu’il appelait de ses vœux pour sa propre œuvre.

TOUT UN LIVRE, TOUTE UNE VIE

TOUT UN LIVRE, TOUTE UNE VIE

de MARIE VON EBNER-ESCHENBACH

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 14/11/2017 | 15,00 €

« Un aphorisme est le dernier anneau d’une longue chaîne de pensées », écrit Marie von Ebner-Eschenbach en tête du recueil de ses aphorismes, un classique de la langue allemande constamment réimprimé et traduit un peu partout dans le monde depuis cent ans, mais jusqu’ici inédit en français.
De 1880 à 1916 (date de l’édition définitive), cette grande romancière que l’on redécouvre aujourd’hui ne cessa d’augmenter et de remanier ce petit livre où elle concentra le meilleur de ses réflexions : un ouvrage devenu si populaire en édition de poche que certaines de ses sentences sont passées en proverbes.  
Les phrases de ce genre, si connues qu’on en a oublié l’auteur, la langue allemande aime à les appeler des « paroles ailées ». Cette expression s’applique particulièrement bien à la légèreté et à la vivacité de la grande styliste que fut Marie von Ebner-Eschenbach. Son art consommé de la maxime puise autant aux sources de la sagesse populaire qu’à celle des grands moralistes français. Dans leur concision, ses aphorismes révèlent une femme libre, ennemie des préjugés et lucide sur la difficulté de s’en affranchir, constatant par exemple que « les esclaves heureux sont les ennemis les plus acharnés de la liberté ».
Un petit livre, grand par les leçons de courage et de vie qu’il rassemble. Nul doute que bien des lecteurs sensibles en feront leur livre de chevet.

Issue d’une vieille famille aristocratique de Moravie, contemporaine exacte de l’empereur François-Joseph, Marie von Ebner-Eschenbach (1830-1917) fut la première grande romancière de la littérature autrichienne. Elle fut aussi une passionnée d’horlogerie, consacrant ses loisirs à restaurer de ses mains de précieuses montres anciennes – passion qui n’est sûrement pas étrangère à la précision de son style.

LETTRES SUR LA POÉSIE

LETTRES SUR LA POÉSIE

de William Butler YEATS

Éditions de la Coopérative (COOPÉRATIVE (ÉD. DE LA)) | Paru le 08/06/2018 | 22,00 €


En 1935, à soixante-dix ans, W. B. Yeats (1865-1939) est à l’apogée de sa célébrité. Prix Nobel de littérature en 1923, il est considéré comme un véritable monument national dans son Irlande natale et comme l’un des maîtres incontestés de la langue anglaise. Cependant, alors que sa santé se dégrade et qu’il ne lui reste plus que quelques années à vivre, il n’a pas devant lui un lent déclin mais un renouvellement extraordinaire de son génie créateur.
C’est cette vieillesse hors du commun qu’évoquent ces Lettres sur la poésie, restées jusqu’ici inédites en français. Elles ont été rassemblées par Dorothy Wellesley (1889-1956), l’amie et correspondante privilégiée de cette période, qui saura accompagner et aider le poète dans le parcours aussi glorieux qu’insolite de ses dernières années.
« Mon imagination est entrée en effervescence, lui écrit Yeats dans une des premières lettres de cette correspondance. Si j’écris encore de la poésie cela ne ressemblera à rien de ce que j’ai fait. » Les trois ans et demi qui vont suivre, vécus par le poète avec une intensité hors du commun, vont pleinement confirmer cette annonce.
Face à la vieillesse qui affaiblit son corps, Yeats entretient sans relâche l’ardeur intellectuelle qui l’habite, ne baisse les bras devant aucun des aspects de son époque qui l’indignent, utilise son immense célébrité pour rester jusqu’au bout un acteur de son temps. « Ma poésie, écrit-il à Dorothy Wellesley, naît tout entière de la fureur ou de la luxure. » Seuls trouvent grâce à ses yeux les créateurs qui, comme lui-même, refusent toute forme de passivité, dans leur œuvre comme dans leur vie.
Témoignage de premier plan sur l’intimité d’un grand poète, document précieux sur le processus de la création poétique, ce livre renferme surtout une extraordinaire leçon d’énergie.

Préface de Kathleen Raine. Traduit de l'anglais par Livane Pinet-Thélot avec la  collaboration de Jean-Yves Masson.

Edition annotée conmprenant  un index et un répertoire biographique des personnalités citées.