l'autre LIVRE

CHEMIN DE FER

Salon 2018 : Retrouvez cet éditeur sur le stand C20

 

 

Les éditions du Chemin de fer éditent, depuis 2005, des textes courts illustrés par des artistes contemporains.

Basés dans la Nièvre, en lisière de forêt et du monde, notre volonté est de construire petit à petit mais avec opiniâtreté et constance une collection qui se dessine au long cours.

Car chaque nouveau projet, chaque nouvelle rencontre doit savoir enthousiasmer et participer à la réponse à ces questions : pourquoi des mots, comment des images, pourquoi un livre ?

 

Les éditions du Chemin de fer proposent à des auteurs ayant déjà publié la mise en image d'un texte inédit par un plasticien, rééditent également des textes épuisés, inédits ou méconnus du patrimoine littéraire.

La collection Voiture 547 est dédiée à des premiers textes et à des écritures audacieuses.

La collection Le Cheval Vapeur donne carte blanche à un graphiste pour s'approprier la mise en forme d'un texte.

Adresse : Rigny
58700 Nolay
Téléphone :03 86 68 04 82
Fax :09 55 25 17 75
Site web :http://www.chemindefer.org
Courriel :nous contacter
Représentant légal :François Grosso
Forme juridique :Association
Racine ISBN :978-2-916130
Nombre de titre au catalogue :64
Tirage moyen :1000
La double réfraction du spath d'Islande

La double réfraction du spath d'Islande

de Béatrix BECK

Micheline (CHEMIN DE FER) | Paru le 12/06/2014 | 19,00 €

“– Quel est pour vous le lecteur idéal??

– Quelqu’un qui lit ce qui est écrit, pas autre chose. Ni au-delà, ni en deçà. Quelqu’un qui n’écrit pas son nom sur l’écorce des arbres.

– Avez-vous changé de style au cours de votre vie??

– Oui, beaucoup. Quand j’étais enfant, mon écriture était pompeuse ou archaïsante. Après, ç’a été le style qu’on appelle blanc et que j’appelle incolore. Maintenant c’est n’importe quoi pourvu que ça me plaise.”

 

Disparue en 2008, Béatrix Beck aurait eu 100 ans le 30 juillet 2014.

Pour fêter cet anniversaire, les éditions du Chemin de fer publient le 11 juin 2014 La double réfraction du spath d’Islande, recueil de quarante-trois nouvelles et textes autobiographiques inédits ou parus en revue, qui retrace cinquante années d’écriture et dresse en creux le portrait d’un écrivain incontournable.

 

Noli

Noli

de Béatrix BECK

Chemin de fer (CHEMIN DE FER) | Paru le | 17,00 €

“Un beau jour, je sus que j’étais éprise de Camille. Peut-être cet amour ressemblait-il aux grains de blé ensevelis dans les sarcophages et qui, semés des siècles plus tard, germent, deviennent épis : peut-être mon sentiment avait-il été secrètement conçu lors des premières visites de Camille chez moi, à Tienne, une dizaine d’années auparavant. La joie m’inonda, malgré tout ce que je pouvais me dire du caricatural et du déplaisant de la situation. Je voyais aussi que Camille ne m’aimait pas, moi qui lui avais apparemment tant plu l’été précédent. Mais ça n’avait guère d’importance. Peut-être même le fait que mes sentiments auraient été payés (quel mot !) de retour m’eût-il gênée, encombrée. Il s’agissait de moi, de Camille et de mon amour pour elle.”

Dans un pays lointain de neige et de froid, une enseignante venue d’Europe s’éprend de Camille, une universitaire célèbre. 
Noli est la chronique de cet amour à sens unique.
Noli est le récit d’une tentative de guérison par la psychanalyse. 
Noli est le constat que seule l’écriture peut délivrer des amours illusoires.


Profondément autobiographique, Noli est le livre le plus méconnu de Béatrix Beck. De 1968 à 1972, celle-ci multiplie les allers-retours entre la France et le Québec, où elle est tombée amoureuse de Jeanne Lapointe, figure intellectuelle très connue outre-Atlantique. Alors que Gallimard refuse son nouveau roman, elle entame une psychanalyse qu'elle n'achève pas. De retour à Paris, elle sombre dans une profonde dépression.
Publié en 1978, Noli constitue un jalon fondamental dans l'œuvre de Béatrix Beck, qui règle définitivement son compte au roman autobiographique telle qu'elle l'avait pratiqué. Barny (son double dans les romans autobiographiques) n'y fait pas son grand retour – la narratrice se prénomme Claude. Le lecteur attentif remarquera cependant avec étonnement son patronyme, Heulls. Le même que celui de Barny avant qu'elle ne devienne Mme Aronovitch. "Dieu ne m'a donné que moi, je suis mon seul cobaye" affirmait Barny Heulls dans Le muet. "Je ne pouvais plus être moi, ni rien d'approchant" lui répond Claude Heulls dans Noli
La postface qui accompagne Noli, nourrie de la correspondance de Béatrix Beck avec Jeanne Lapointe et des recherches menées dans les archives des éditions Gallimard, essaye de retracer le plus précisément possible ces années méconnues de la vie de Béatrix Beck et lève le voile sur les différents pseudonymes utilisés derrière lesquels, outre Béatrix Beck et Jeanne Lapointe, on croise Anne Hébert, Nathalie Sarraute ou Claude Pinget. Enfin, la reproduction et la transcription des quelques pages manuscrites retrouvées de Tout le monde s'appelle Aronovitch, le roman disparu, complètent cet ouvrage qui se veut le plus riche possible. 

Trois crimes rituels

Trois crimes rituels

de Marcel JOUHANDEAU

Chemin de fer (CHEMIN DE FER) | Paru le | 13,00 €

“Comment ceux qui s’aiment pourront-ils ce soir ne pas se regarder avec un soupçon de défiance, de terreur, à la pensée qu’une seule parole de l’un, mal interprétée par l’autre, pourrait faire d’eux des ennemis irréconciliables pour l’éternité.”

Trois crimes rituels, publié en 1962, est l'un des livres les plus brefs, mais aussi l'un des plus étonnants que Marcel Jouhandeau ait écrits. Il y livre ses réflexions sur trois procès célèbres qui firent la une de la presse à scandale des années cinquante.
1954 : Denise Labbé, secrétaire et mère d'une petite fille de deux ans rencontre Jacques Algarron dont elle tombe éperdument amoureuse. Ce dernier, jaloux et manipulateur, persuade Denise, dans le but de sublimer et glorifier leur amour, de sacrifier sa fille. Denise, sous son emprise, et par peur de perdre son amant, s’exécute. Après trois tentatives ratées, elle noie son enfant dans une lessiveuse, le 6 novembre 1954. 
1956 : le curé de la ville d'Uruffe abat sa maîtresse d'un coup de revolver, non sans lui avoir donné l'absolution, lui ouvre le ventre, baptise l'enfant qu'elle portait et le tue puis le défigure afin qu'on ne reconnaisse pas qu'il en est le père. 
1957 : A Choisy-le-Roi, Simone Deschamps, une femme falote, pratiquante, est séduite par le docteur Évenou dont elle devient la maîtresse. Sous l'impulsion de celui-ci, nue sous un manteau d’écarlate, elle assassine la femme de son amant, qui n'avait d'autre but que de se débarrasser de son épouse en séduisant Simone Deschamps. 
Marcel Jouhandeau voit dans ces trois crimes bien plus que les faits divers qu'ils représentent : ce sont pour lui des actes de magie, des manifestations presque pures dans leur horreur, de l'esprit du mal : "Tout le mystère de la responsabilité est là. Ce que Simone Deschamps a fait n'était vraisemblablement pas dans sa ligne. Ce qu'elle a fait n'est pas tout à fait d'elle, ce qu'elle a osé ne lui appartient pas en propre. Ainsi, une part de notre destin ne nous appartiendrait pas".

La main dans le sac

La main dans le sac

de Violette LEDUC

Micheline (CHEMIN DE FER) | Paru le 12/06/2014 | 13,00 €

J’allais chercher le sac à main de mademoiselle Godfroy dans la bibliothèque sanctuaire. J’ouvrais la porte d’une fable. J’entrais, j’avançais, je pénétrais, j’avançais encore. Un parfum de cigarette orientale encanaillait l’atmosphère. (…) J’avais la jouissance un instant d’un endroit qui avait été abandonné dans le bavardage, la légèreté, l’étourderie. Des professeurs avaient vécu ici une demi-heure d’insouciance mais cette insouciance était interdite aux élèves. J’observais l’endroit. Observer, c’est fournir du mystère. Je ne cherchais pas le sac à main, je ne bougeais pas. J’étais unie à l’endroit et à sa nouveauté. La fumée de leurs cigarettes subsistait en haut d’un volet. Les volutes languissaient dans la lumière. Une poussée de plaisir dans un vague dessin aérien qui ne peut ni s’épanouir ni se contracter, ni s’évader ni se fixer. Je saisis le sac à main sur une table puis je refermai la porte avec beaucoup de déférence. Je n’ouvris pas tout de suite la chose de mademoiselle Godfroy. La voix des professeurs résonnait dans le couloir. L’attention des élèves qui les écoutaient et que je ne voyais pas était énorme. Une liberté grandissait en moi.”

 

 

Pour la première fois, La main dans le sac donne à lire le début du manuscrit de Ravages, resté jusqu'alors inédit. 

Il s'agit du souvenir du premier émoi érotique de Thérèse (le prénom d'état civil de Violette Leduc) adolescente : lorsque mademoiselle Godfroy la désigne pour aller chercher son sac à main dans la bibliothèque des professeurs, Thérèse, en glissant sa main dans le sac, en l'explorant sans pouvoir résister à cette attirance, vit une véritable scène initiatique. 

Dans une lettre à Simone de Beauvoir, Violette Leduc affirme que cet épisode est l'un des trois événements les plus importants de sa vie. Il disparaît pourtant de Ravages, son roman autobiographique paru en 1955. Quand elle en propose le manuscrit  à Gallimard, l'éditeur lui impose en effet la suppression pure et simple de toute la première partie qu'il juge “d'une obscénité énorme et précise”. Violette Leduc ne s'en remettra jamais vraiment, qui écrit des années plus tard : “Ils ont refusé le début de Ravages. C'est un assassinat. […] La censure tranche vos feuillets. C'est une guillotine cachée.”

 
Dans la zone torride du Brésil

Dans la zone torride du Brésil

de Benjamin PERET

Micheline (CHEMIN DE FER) | Paru le 23/09/2014 | 15,00 €

“Bondissant de racine en souche pour s’affaler en grinçant dans des flaques qu’on dirait de sauce tomate, la jeep, tel un cheval monté pour la première fois, s’élance sur une piste se glissant dans une forêt si dense que l’œil, à trois pas, ne perçoit plus qu’un mur végétal. En moins d’un quart d’heure nous avons atteint le campement indien dont la proximité nous a déjà été signalée par deux douzaines d’enfants nus et rieurs qui ont jailli des fourrés pour saluer notre passage de grands cris joyeux et de gestes de bienvenue. Enfin la jeep s’immobilise dans une clairière que les Indiens ont ouverte ou agrandie dans la forêt.”

 

En 1956, Benjamin Péret séjourne à deux reprises chez les Indiens du Brésil, dont il partage l'habitat naturel et le quotidien. 

Dans la zone torride du Brésil réunit le récit de ce voyage et les photographies inédites qu'il en ramena, réalisant ainsi le projet qu'appelait de ses vœux le poète surréaliste à la fin de sa vie. S'y ajoute un article, inédit en français, qu'il publia dans le magazine brésilien Manchete

 

“Benjamin Péret regarde vivre les Indiens dans leurs difficiles conditions matérielles avec la délicatesse respectueuse de celui qui sait combien l’échafaudage de leur mode d’existence est fragile. Précieuses sont leurs manières propres de lutter contre la nature, de prêter considération aux autres, de laisser éclater de grandes bouffées de joie vive, de se comporter au quotidien avec leurs enfants, leurs femmes, de donner un sens légendaire aux événements. 

L’aptitude à la surprise de Péret lui-même n’est évidemment pas pour rien dans l’intérêt de son récit, qui joue à merveille du proche et du lointain, pour faire entrer le lecteur dans la zone torride du Brésil. Comment, sans son aide, nous engagerions-nous sur ces chemins gonflés “comme des boas repus”?? Qui d’autre nous ferait voir, comme lui, jusqu’aux entrailles spongieuses de la forêt, ces fleurs “à l’aspect inquiétant de foie de veau avarié”??” 

Jérôme Duwa

Ad libido

Ad libido

de COLLECTIF

Chemin de fer | Paru le 07/11/2013 | 25,00 €