l'autre LIVRE

CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)

Salon 2018 : Retrouvez cet éditeur sur le stand A17

Nouvelles, roman ou récit, la Chambre d’échos privilégie le livre comme espace de rencontres, virtuelles, certes, mais affectivement bien réelles. Et l’auteur comme l’interprète, le délégataire de sensibilités particulières, indépendantes, voire incontrôlables. Il s’adresse intimement à chaque lecteur. Il est l’une de ses multiples voix.

Adresse : 23 impasse Mousset
75012 Paris
Site web :http://www.lachambredechos.com
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Les ancêtres d’Ulysse

Les ancêtres d’Ulysse

de Adam BIRO

Exils (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 10/02/2018 | 19,00 €

Quand j’ai écrit ce livre, Ulysse, mon petit-fils à qui je m’adresse avait deux ans. Aujourd’hui il en a dix-sept. Si le monde a changé, le passé, celui de ma famille et celui de l’Europe Centrale, reste identique?: douloureux, tragique. C’est ce passé-là que je voulais raconter dans ce livre, roman vrai oscillant entre dérision et émotion, désespoir optimiste et joie de vivre pleine de larmes, entre Est et Ouest, entre un monde disparu et un présent incertain. Mais Ulysse — et le lecteur — pourront deviner à travers les portraits des membres de ma famille qui ont vécu et souffert dans une Europe bouleversée puis détruite par deux guerres et écrasée par des dictatures, une enfance émerveillée… la mienne.
— A. B.

Un bâtard en Terre promise

Un bâtard en Terre promise

de Ami BOUGANIM

Exils (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 10/02/2018 | 16,00 €

Comme tant d’autres de la diaspora juive marocaine dans les années 60, le narrateur, bâtard judéo-berbère, et sa mère quittent les terrasses heureuses de Casablanca pour rejoindre la Terre promise d’Israël. Du mellah, de la casbah et du quartier colonial français, de cette diversité culturelle il ne leur reste rien. C’est le désert qui les accueille. L’apprentissage est rude, ascèse militaire pour se défaire du passé et rejoindre l’idéal communautaire du kibboutz.
Mais pour lui, sa mère est sa seule patrie, son seul lien avec le monde, pour elle il est son seul devenir. Lorsqu’elle meurt il l’embaume.
Le récit passionnel de cette inadaptation est une sourde charge contre l’administration israélienne, contre ses dirigeants politiques, religieux et militaires, contre l’éthique nationale expansionniste. Mais faut-il prendre un roman à la lettre ?

Derrière le portail vert

Derrière le portail vert

de Marion FONTANA

Enfances (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 10/10/2017 | 12,00 €

Deux enfants, deux « petites » peu pressées de grandir, saisies sur quelques saisons de sursis, « à l’abri des fracas du monde ». On avance dans le récit comme dans un tableau de Chardin ou de Sisley : tout à la fois un conte d’enfance composé par touches successives impressionnistes et un journal d’adulte penché sur des scènes encore imprégnées de secret et dont les résonances font songer aux compositions de Paul Delvaux. Entrent en scène le jardin, la maison et ses dépendances, l’intendant et la grand-mère, les petites filles, le chien, les mères. Une évocation intemporelle de charmes mystérieux, un regard d’enfant implacable.

« Les petites se perdaient parfois entre les choses qui font du bien et celles qui font du mal. De temps en temps elles se persiflaient des insultes au visage, l’œil luisant. Elles se frappaient sur le bout des doigts pour se souvenir qu’elles étaient réveillées, dans le monde silencieux des verrières aux nervures de cuivre, dans la cabane sous le platane, dans la maison derrière le portail vert.?»

La ville aux maisons qui penchent

La ville aux maisons qui penchent

de Marie-Hélène PROUTEAU

E la nave va (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 10/10/2017 | 12,00 €

Nantes, la ville, sa forme ou le sentiment qu’elle en donne… Une citadine familière des lieux nous incite à glisser notre main sur ce tuffeau des murs, « Une tendresse nous vient pour cette pierre de fleuve dont est bâtie la ville », à capter dans Les Anneaux de Buren sa matière fluide, vents et remous de marée. Au fil de sa rêverie, la passante dérive, de « la Fabrique des sourds où l’on martelait les tôles de la dure nécessité » aux vestiges du passé négrier ou à la beauté du pont Éric Tabarly, « superbement libre comme la mer ».
Dans ce décor vibrant de présences, instants de ville, impressions d’hier et d’aujourd’hui se mêlent. Un poème de Cocteau, un tableau du port par William Turner, un air de musicien des rues, une gravure de Rodolphe Bresdin, un air de Bashung dans une friche industrielle. Point n’est besoin d’être nantais pour entrer dans ce rêve d’une ville.

« Dans cette géographie sensitive, déposée au plus profond, la première chose que l’on capte, c’est la douceur sensuelle du tuffeau. On a envie de l’effleurer d’une caresse furtive, cette pierre sans aspérités. Une tendresse nous vient pour cette pierre de fleuve dont est bâtie la ville. Sortie des calcaires marins, elle a sommeillé depuis des temps très lointains, tranquillement momifiée. On le sent : c’est le roman d’une ancienne mer. »

Ne tirez pas !

Ne tirez pas !

de Mireille ABRAMOVICI

E la nave va (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 10/10/2017 | 15,00 €

Fous d’amour, Mike et Nina pensent pouvoir échapper à l’Histoire, au poids de cet héritage qui leur colle à la peau.
Jeune Allemand, fils de nazi, Mike fuit la demeure maternelle loin devant lui, « là où le nom de Franz Reinhardt ne dira rien à personne. »
Journaliste à Libé, gauchiste, fille de déportée, Nina refuse son étiquette de Juive de service, « Nina la juive. Nina Kiakowsky, le nom de mon père, un nom d’Israélite, voilà c’est dit. »
Un amour des années 1970 sous le vent de la révolte, dans le Nord de l’Allemagne, sur les plages désertes de Wijk aan Zee, à Lisbonne, à Paris. Nina, la Shoah-girl, et Mike, le fils en rupture, se cherchent et se perdent, lui, fuyant la honte, elle, voulant savoir enfin qui elle est, voulant pardonner, mettre la douleur de côté.

« Entre elle et moi s’est engouffré le vent de la guerre. Moi, jeune Allemand, enfin pas si jeune que ça, me voilà de nouveau au pied du mur, Die Berliner Mauer. Demain, ce sera le marathon, j’aurai 78 ans. Depuis la chute du mur, le marathon réveille le bon peuple d’Allemagne. Moi, je marche, je sifflote The Wall, ma vieille mélodie. Sur son vélo, une jeune fille me dévisage, je n’arrive pas à fixer son regard. Sans cesse, je pense à Nina. J’imagine qu’elle va réapparaître, qu’elle va venir vers moi. Il m’a même semblé un instant que c’était elle, cette femme sur le vélo, cette femme qui passait. Dans mes songes, elle va comme un fantôme, vient à ma rencontre, un sourire, une caresse, un baiser. Sans un mot, elle repart si vite, si loin. Le rêve s’évanouit. Dans mon sac à souvenirs, tout est neuf, le temps se dissout, je reste le jeune homme de Recklinghausen, le bon, le mauvais de ma vie, je n’ai rien oublié.
Porte de Brandebourg, ce qui reste du mur de la honte est couvert de graffitis. J’aurais voulu écrire à la craie?: chérie, sois tranquille, l’Allemagne sera jugée, je te le promets. »

La passée du matin

La passée du matin

de Hélène GARREL

E la nave va (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 15/09/2016 | 12,00 €


Ils vont, ils viennent. Leurs vies, leurs amours se croisent, se frôlent, se rapprochent, se perdent. Voyages, échanges, amitiés, amours, ils semblent d’une disponibilité infinie. Parfois, de la terrasse de café où elle s’attarde, lit ou écrit, elle voit passer l’un d’eux. Ils sont intemporels. Paris leur appartient, même si aimantés ailleurs ils ne cessent de partir. Paris les attend, comme leurs pareils nomades et rêveurs d’entre les guerres du siècle dernier, comme ces jeunes flambeurs d’aujourd’hui debout sur les places publiques au petit matin.

Dessins de?Manon Giguere et photographies de Pascal Gonzalez

La Nuit de la nouvelle

La Nuit de la nouvelle

de Jean-Pierre ROCHAT

Feuillages (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 01/03/2016 | 12,00 €


Un jour d’été, un écrivain paysan du Jura bernois quitte sa montagne, ses terres et ses bêtes pour s’aventurer le temps d’une soirée et d’une nuit dans un autre monde à l’occasion d’une manifestation littéraire dans une station de villégiature des Alpes valaisannes. Là il arrive, avec sa barbe foisonnante, sa vigueur terrienne et son regard caustique, chargé d’une histoire dont il va, comme les autres auteurs invités, offrir au fil des heures quelques aperçus détonants. À la lueur d’une lune perplexe se confrontent entre la scène et le public des mondes totalement hétérogènes. La joute apparaît périlleuse. Chez lui, chèvres et vaches attendent son retour, narquoises, sceptiques quant au bien-fondé de l’entreprise.

« Les acteurs de la Nuit de la nouvelle sont éphémères, comme les revenants ils craignent la lumière du jour, moi le paysan j’ai pas peur d’y mettre les pieds, tout en laissant une parcelle de mon cœur en la Nuit de Saint-Maur. »

Le joueur initial

Le joueur initial

de Françoise GÉRARD

LA CHAMBRE D'ÉCHOS (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 01/09/2015 | 12,00 €

Le joueur est une joueuse, une petite fille rêveuse qui grandit dans les faubourgs de petites villes du Nord, où le retour de l’école le soir par des rues mal éclairées est un trajet périlleux. À travers les peurs et les jeux, et la marque indélébile d’un quotidien aride intensément évoqués, la simplicité des faits devient une épopée du bonheur familial.

«?D’un coup de raquette, je lançais la balle à l’autre bout du monde connu. J’apprenais à baliser mon territoire, à en explorer les limites. La petite balle en caoutchouc avait la fonction d’un émissaire, elle décrivait de la terre vers le ciel et du ciel vers la terre des orbes et des courbes qui m’expliquaient l’univers.

Retour à la ruche

Retour à la ruche

de Pierre AMIEL

Feuillages (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 01/09/2015 | 13,00 €

«?Pour ausculter la ruche, je l’ai déjà dit, on s’agenouille et l’on écoute tour à tour sur trois faces en négligeant le côté avant de la ruche.
On peut ausculter également en appliquant l’oreille sur le plafond. Vous devez entendre un léger bruissement, une rumeur sourde et régulière, d’une tonalité plutôt grave. Plus elle est prononcée, plus la population est dense. Lorsque la rumeur est courte, irrégulière, l’indice n’est pas satisfaisant. Vous percevrez surtout ce bruissement du côté occupé par le groupe de l’essaim, qui adopte généralement le côté le plus touché par le soleil. Pendant la belle saison vous pourrez accentuer le bruissement en tapotant légèrement avec deux doigts. En saison froide abstenez-vous-en, ou agissez légèrement, pour éviter l’émoi et la désagrégation du groupe.
Nous savons bien que, durant la période qui va du printemps à l’automne, il ne faut pas reculer devant des visites nombreuses, mais on ne doit pas les multiplier sans utilité.
Mon nouveau procédé d’auscultation réside dans l’emploi du stéthoscope, qui amplifie le son, mais il faudrait le perfectionner et augmenter la surface du pavillon écouteur.

Écoutez vos abeilles?!?»

Consignant ses observations sur une vingtaine d’années entre les deux guerres, l’auteur empli d’attention et de bienveillance cultive ses ruches avec amour, tant pour le miel qu’elles lui donnent que pour la connaissance du sujet qu’il en rapporte, et le plaisir de nous le faire partager. Une bonne dose anthropomorphisme fait du récit un délicieux mélange de sagesse paysanne et d’observation érudite.

Vignette pour les vignerons

Vignette pour les vignerons

de Jacques PREVERT

LA CHAMBRE D'ÉCHOS (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 01/10/2014 | 20,00 €

À l’automne 1950, Jacques Prévert, ami du Saint-Jeannois Georges Ribemont-Dessaignes, accompagné de Françoise Gilot et d’André Verdet, vient à Saint-Jeannet pour la Fête des Raisins. Il tombe sous le charme du village, de son vin, de ses vignerons, de ses enfants, de ses arbres, du Baou.
Il leur dédie ce poème, Françoise Gilot l’illustre, Marianne Greenwood joint ses photographies. Les éditions Falaize publient peu après cette Vignette, « pour le plaisir et le compte des vignerons de Saint-Jeannet ».

Extrait :
« Et saute le bouchon
c’est la fête à Saint-Jeannet
Et le beau temps s’étale sur le Baou

[…] Rien d’autre que le soleil et l’ombre
caressant tous les arbres
rien d’autre que la vie embrassant la campagne
rien d’autre que le sang des vignes

[…] Rien d’autre que les voix des hommes et des femmes
[…] Rien d’autre que les voix des bêtes et des oiseaux
et des enfants
C’est la fête à Saint-Jeannet
»

Contempler l’embrouille, l’air de rien

Contempler l’embrouille, l’air de rien

de Jean-Claude CASTELLI

LA CHAMBRE D'ÉCHOS (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 01/09/2014 | 20,00 €

Au fil de ces pages se trouve proposé un assortiment d’écritures contraintes à même d’offrir diverses voltiges verbales.
Ces figures fugitivement autobiographiques évoluent sur un ton grave ou farceur, voire irrévérrencieux. Elles prennent la forme de calligraphies un peu «?foldingues?», dessinées au plus près.
Pour ce qui est de l’éclosion de ces lignes, leur stimulus, résolument oulipien, aura consisté en une élimination «?au pif?» et à l’oreille de la moitié des sons formant le langage. Une sorte d’hétérophonie presque musicale se perçoit sans tarder à la lecture orale…

 

Jean-Claude Castelli est né « au début des années trente ». Tous les prix d’écriture au cours élémentaire. Dispositions pour le dessin hérités, disait-on, de ses aïeux, peintres brugeois. Formation aux « Arzas », dessins de tissus, d’affiches d’architecture et d’urbanisme pour le CCI. Puis évolue vers des compositions imaginaires proches du réalisme fantastique, publiées dans la presse des années 70, Elle, Réalités… Collabore régulièrement avec Lui. Quelques incursions au cinéma, dont Marie et le curé, avec Bernadette Laffont (il joue le rôle du curé), ou L’Italien des roses, de Charles Matton. À partir des années 80, illustre de nombreux livres pour enfants, dont il crée bientôt également les textes, ce long détour débouchant enfin sur l’écriture poétique.

L’Alerce

L’Alerce

de Marc Alfred PELLERIN

Feuillages (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 03/10/2013 | 19,00 €

Sur les contreforts andins du Chili austral, aux prises avec un monde ténébreux et sauvage évoqué avec un réalisme saisissant, deux êtres s’engagent aveuglément pour une vie commune sur laquelle planent l’opprobre social et une accusation de crime.

Leur histoire d’amour a la simplicité d’une tragédie ancienne. De forêts en à-pics de montagne,
de scieries en chantiers de coupe, dans une longue chevauchée ils défient l’adversité et se trouvent pris en étau entre la nécessité et la loi de l’argent-roi établi sur l’exploitation des ressources primitives.
Dans un Chili intemporel fouetté par la pluie et les vents, un récit lyrique où s’imbriquent l’observation sociale, une évocation forte du milieu forestier et la lutte du couple pour sa survie.
 

« Ventisquero ».
Parti à grands pas, le Chef invente déjà le dessin du chemin qu’il va falloir tracer pour rejoindre la piste. Du plat de la main, il frappe les arbres, cinq gros et quelques maigrichons. […] Brèves morsures de la chaîne entaillant le pied de l’arbre, à la naissance des racines. Longues séquences entrecoupées d’accélérations furieuses pour se dégager lorsque l’arbre menace de coincer la chaîne sous son poids. Arrêt pour une reprise de souffle, de rythme. Pétarade un peu creuse du moteur pendant que la chaîne tourne à vide avant d’attaquer à pleine écorce, en un nouveau point. À l’oreille, l’habitué des chantiers devine les étapes de l’exécution, l’approche du dénouement. Silence. Long cri d’alerte. Ultime coup de scie. Deuxième cri aussitôt noyé dans le craquement final. Nouveau silence pendant que vacille la cime, ses tonnes de branchages et de feuilles. Puis le fracas de la masse abattue, arrachant tout sur son passage. Et la secousse de la montagne, faisant sous les pieds trembler le sol.

Cent jours après la floraison des lys

Cent jours après la floraison des lys

de Xavier GARDETTE

Feuillages (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 03/10/2013 | 15,00 €

Un goût de terre argilo-calcaire, une odeur de chemins vicinaux, de voies de petite communication et au fond coule une rivière qui ferme le passage.
Le narrateur, de retour comme Ulysse dans le pays de ses aïeux, retrouve sa demeure et se fond dans un décor de prés, d’arbres et d’eaux, à l’affût des traces inscrites dans ce paysage agreste.
Au gré de notations bienveillantes ou caustiques, par petites touches, se dessine un portrait impressionniste et secret d’une campagne vivante.
Passent les saisons, les travaux et les jours, page après page ce carnet bruissant de surprises initie notre regard au charme de ces lieux.
En contrepoint pourtant, un phénomène récurrent, étrange, une anomalie de circulation automobile, inquiète et lentement recouvre le voisinage d’une ombre d’incertitude…

 

« Si je ne bouge pas, c’est aussi parce que je suis autrement préoccupé, et par une image étrange. Oublieux des flocons qui passent devant le carreau, je regarde sur l’écran un cliché de Google Earth. De l’espace intersidéral, figuré par une Terre bleue perdue dans le noir, allégorie du désespoir, je me suis approché virtuellement des toits de mes maisons qu’un satellite espion a photographiés un beau jour d’été sans nuage.
Je suis comme un oiseau, un busard peut-être, immobile à 478 mètres d’altitude. D’une légère pression du majeur, je descends un peu, pour me trouver à hauteur du troisième étage d’une tour Eiffel dont les piliers se trouveraient au niveau de la mer. Nous sommes le 17 juin 2004 : c’est écrit au bas de l’écran. Dans le pré qui longe la rivière, derrière le lavoir, la fenaison est achevée. Je le vois à ce fond jaune orangé de la parcelle qui tranche sur le vert un peu gris, un peu grumeleux, des champs et des arbres, ceux-là rassemblés en une coulée moutonnante, trahissant le lit méandreux de la Noue. Des stries pâles ondulent sur le pré et forment un autre méandre, chemin régulier et tortueux qu’a tracé la faucheuse. »

La Toile aux vanités

La Toile aux vanités

de Adam BIRO

LA CHAMBRE D'ÉCHOS (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le 04/10/2012 | 15,00 €

Le peintre et homme d'affaires Andor Berki remémore dans ce recueil de nouvelles avec sa modestie proverbiale les célébrités qu'il a rencontrées et qui l'ont marqué, façonné : Rembrandt, Vermeer, Monet, Atatürk, Charlot, Doris Day, le Membre ou Dieu. Au passage, il raconte comment il a amassé son immense fortune et l'usage qu'il en a fait. Et la fin du volume reprend l'étude sémio-linguistique du début: comment se rendre à Tours, à Romorantin ou dans le Vercors en dépit de l'obstruction de l'invisible préposée numérique assise dans le répondeur de la SNCF qui ne comprend pas les r tels qu'on les roule en Hongrie.

La grande Pâque

La grande Pâque

de Jacques BESSE

LA CHAMBRE D'ÉCHOS (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le | 11,50 €

Paris 1960, du vendredi au lundi de Pâques. Jacques Besse, sans logis, le ventre vide, déambule de Montparnasse aux Buttes-Chaumont, d’Austerlitz­ à Sébastopol, passant et repassant par Singe-des-Prés, le cœur de la ville. Marcheur halluciné, insomniaque et fragile, il sillonne les rues et nous entraîne sur un rythme cassé, heurté. À la fois acteur et spectateur de ce parcours que «ses fiancées» viennent hanter, il est comme ivre de son texte à mesure qu’il le vit, sa faim nous tenaille, vraie faim d’amour et de reconnaissance.

«J’entre à Singe-des-Prés comme un hareng défaille. Il y a péché dans les œufs si cette chaleur qui me prend le cœur est contredite. Je m’enfouis dans les rues au sud de la Seine. Quartier des Beaux-Arts. Pas un franc. J’ai affreusement soif et rien à foultre. J’y découvre au hasard un ancien ami, il est bourgeois mais bon artiste. “Bonjour. Tu n’aurais pas cent balles??” Il a peur, ce salaud, mais me les lâche. J’ai cent francs et cherche voluptueusement un zinc.»

Journal amoureux d'un boucher de campagne

Journal amoureux d'un boucher de campagne

de Jean-Pierre ROCHAT

Feuillages (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le | 12,00 €

Au jour le jour, cette ballade des femmes du temps jadis… et de leur délicieuse descendance actuelle trace les séquences d’une longue vie amoureuse entre le Val de Travers et le lac de Bienne, avec des mots toujours aussi abrupts pour dire la dureté quotidienne de la vie du paysan de montagne, des mots qui ont la saveur des baies sauvages, une odeur de racines âpre, rugueuse comme la gentiane. Mais le bouchoyeur est un tendre élevé à la dure par l’Oncle Marc dont la figure et la mort sont le pivot de cet hymne à la vie.

«À quoi, pensez-vous ? me dit-elle face à mon stylo levé et mes points d’interrogation dans les lunettes qui se teintaient au soleil. Elle veut peut-être voir mes yeux, peut-être que mes yeux arriveront à lui insuffler tout le bonheur qu’ils éprouvent à la dévisager de près. Je suis couché sur le dos et je ronronne c’est une impression, elle me gratte le ventre, la vérité c’est que je pense à trop de trucs en même temps pour tenir commerce d’esprit lucide. Je suis rempli de tendresse pour elle, un coq chante, nous sommes une fin d’après-midi ensoleillé de printemps précoce, les merles chantent déjà, les merles c’est gratuit et pourtant ça vaut tout ce que tu peux payer très cher à écouter comme concerts et matériel d’écoute compliqué, ensemble dans le silence, les merles viennent se rouler dans nos oreilles comme à la piscine, nous sommes saisis dans le papier cadeau de l’instant présent.»

Une enfance abandonnée, Jean Genet à Alligny-en-Morvan

Une enfance abandonnée, Jean Genet à Alligny-en-Morvan

de Jean-Pierre RENAULT

Enfances (CHAMBRE D’ÉCHOS (LA)) | Paru le | 13,00 €

Un éclairage oblique, rasant, porté sur l’enfant Genet, gosse de l’Assistance, « petit Paris » placé chez des villageois d’Alligny-en-Morvan. L’auteur traque l’ombre du poète dans la vieille bâtisse où celui-ci passa son enfance. Dans les herbes des prairies qu’il foule à son. tour, il en révèle l’empreinte. Il réveille les souvenirs des vieux du village et raconte non seulement l’enfant, mais le vieil homme revenu, brièvement, peu avant sa mort.

« Le temps est âpre. Dans le matin gelé tu peux tenir debout sur une branche noire de genêt gelé. Ici la vie t’endurcit, petit. Tu seras dur comme le granit rose et gris, insensible et cynique comme le froid d’hiver, triste comme les ciels gris de neige, sombre genêt gelé. Tu as aussi le sourire étoilé de l’éclatante ?eur jaune du genêt au printemps. Genêt gris, genêt jaune. Tu redescends pour la dernière fois, cette saison, la vache barrée à l’étable. Tu quittes la nature. Seule compagne. »