l'autre LIVRE

A PLUS D'UN TITRE

 

Fondée à Lyon en 2005, la maison d’édition est restée jusqu’en 2010 fortement liée aux activités de la librairie À plus d’un titre sur les quais de Saône. Elle s’est implantée en Savoie, dans le Parc de la Chartreuse. Elle invente, entre montagne et ville, une structure ouverte à tous les paysages… humains ou poétiques. Sa volonté d’alterner littérature et poésie, essais et témoignages, sociologie et histoire, dessine une mosaïque de six collections sans fermer la ligne éditoriale à d’autres ouvrages.

Adresse : La Curiaz
73360 La Bauche
Site web :http://www.aplusduntitre.com/
Courriel :nous contacter
Diffusion :À plus d'un titre
Distribution :À plus d'un titre
Représentant légal :Nathalie LÉGER
Forme juridique :SARL
Racine ISBN :9782917486
Nombre de titre au catalogue :51
Tirage moyen :1000
FRESNES - Tout le monde descend

FRESNES - Tout le monde descend

de Louis BERETTI

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 14/11/2018 | 15,00 €

Un jour, notre rejeton défait son corset. « Le petit » s'est retourné sur lui-même et présente au jour l'intérieur, la face cachée de ses ressentiments. Il vous échappe. Tout s'écroule. Il ponctue d'une façon définitive l'incapacité de votre vécu.empli de vacuité. La jeunesse a horreur du vide. Quand elle est prise de vertige elle emporte dans son tourbillon, et détruit sur son passage, toutes les normes du système dans lequel vous comptiez l'enfermer.

 

Leptocéphales

Leptocéphales

de COMBOR

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 28/03/2018 | 10,00 €

Leptocéphales
conte réaliste

Quel lien peut-il exister entre le commerce des anguilles et des disparitions subites d’habitants ? Entre Gnygir et Bourg-du-Lac, dans le département du Rhône, la rivalité entre communes se joue autour d’un pont et la perspicacité d’une petite fille.
Autour d’une cheminée familiale, entre chien et loup, laissez- vous porter par les rodomontades du conteur, qui sans doute, en rajoute un peu, pour le plaisir des frissons fluviaux.

(pour l’illustration)
documents retrouvés au domicile du défunt lors de son enquête de police par le commissaire principal Dumesnil

 

MAI-68 À LYON

MAI-68 À LYON

de Jacques WAJNSZTEJN

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 07/02/2018 | 12,00 €

« Nous avons bien été battus, mais nous ne voulions pas non plus "gagner" ; ce que nous voulions, c'était tout renverser … ».
Mai-68 n'a pas été une révolution, mais plutôt un mouvement d'insubordination qui n'a pas connu son dépassement. Il trouve son sens dans le moment de l'événement lui-même, où les individus, au-delà de leur particularité sociale, sont intervenus directement contre toutes les institutions de la domination et de l’exploitation capitalistes.  
À Lyon, étudiants du campus de la Doua, élèves du lycée Brossolette à Villeurbanne, jeunes prolétaires de la M.J.C. du quartier des États-Unis, trimards des bords de Saône, mais aussi ouvriers de Berliet dévoilant l'anagramme "Liberté" y ont joué un rôle de premier plan.
Mouvements ouvrier et étudiant paraissaient capables de converger à la faveur des liens tissés dès 1967 pendant les grèves exemplaires de la Rhodiacéta. Les conditions plus favorables de la grève généralisée en mai 1968 ne débouchent pourtant pas sur une union décisive et les grévistes de la Rhodiacéta n'assument pas le rôle d'entraînement auquel on aurait pu s'attendre, auprès des autres ouvriers de la région.
Le mouvement collectif, exubérant et anonyme connaît son acmé pendant la manifestation et la nuit du 24 mai. Son reflux se manifeste d'abord par l'attaque de la faculté des Lettres par l'extrême droite et les milices gaullistes le 4 juin, puis par la reprise du travail aux P.T.T. dès le 8 juin et à la Rhodiacéta le 10, même si à Berliet, la grève s’étire jusqu’au 20 juin.

Ni témoignage ni travail d’historien, Mai-68 à Lyon est le récit circonstancié et argumenté de ce mouvement par l'un de ses protagonistes, alors membre du Mouvement du 22 mars lyonnais et actuellement co-directeur de la revue Temps Critiques.

 

Aucun respect pour les vaches sacrées

Aucun respect pour les vaches sacrées

de Marie Claude DEFFARGE & Gordian TROELLER

La ligne d'horizon (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 06/02/2017 | 12,00 €

 

Marie-Claude Deffarge et Gordian Troeller se sont rencontré en 1948. L’un et l’autre avaient vu leurs vies bouleversées par la guerre. Gordian Troeller, né en 1917, est luxembourgeois. Il crée au Portugal un réseau anti-allemand et par une série de péripéties diverses se retrouve en 1944 correspondant de guerre sous uniforme canadien. De retour au Luxembourg, il fonde un journal anti-gouvernemental mais décide d’élargir son horizon. C’est ainsi qu’il parcourt, en tant que correspondant de plusieurs journaux, une grande partie de l’Europe. La française Marie-Claude Deffarge, née en 1924, poursuit des études en égyptologie à la Sorbonne, participe à  des réseaux de résistance et se découvre une passion pour la danse, en particulier le flamenco qu’elle pratique avec des gitans. Elle rencontre Gordian Troeller lors d’un spectacle de flamenco qu’elle donne à Amsterdam. A ce moment là il était correspondant de presse en Italie et ils décident de travailler ensemble...

 Un tournant majeur dans leur itinéraire se produit en Iran au de?but des années 70, quand ils font la connaissance de François Partant. Cet économiste français travaillait pour des banques et institutions de développement. Son expérience l’avait amené à douter du bien-fondé de ses activités. Ils échangèrent leurs analyses et décidèrent se lancer dans un travail de réflexion sur les notions de développement et de sous développement...

L’entretien qui suit a été réalisé en 1981 par Daniel Serceau, dans les locaux d’une association belge Libération Films , qui a œuvré à  faire connaître leur travail à un large public. Marie-Claude Deffarge meurt le 17 juillet 1984. Gordian Troeller continuera à filmer jusqu’en 1999, année où il réalise un film-bilan sur son œuvre. Ce sera le dernier. Il s’éteint le 22 mars 2003. On ne peut qu’espérer que leur travail, original autant que décapant, soit redécouvert, en particulier par les jeunes générations, car à bien des égards il nous donne des clefs pour comprendre le présent.

Extrait de la préface de Sylvia Pérez-Vitoria

 

ROMS, VOYAGES CHEZ LES AUTRES

ROMS, VOYAGES CHEZ LES AUTRES

de Jean DUFLOT

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 26/10/2016 | 25,00 €

Comme Observatoire libre de toute contrainte officielle, le Forum Civique Européen exerce ici son droit d’alerter l’opinion sur l’une des dérives aberrantes de la plupart des Etats de l’UE. Entendons le sort qu’elle réserve aux minorités roms présentes dans le sacro-saint Espace Schengen et qui semble réactualiser le « problème tsigane » du très nationaliste vingtième siècle de triste mémoire.
Évidemment, dans le contexte migratoire actuel cette enquête qui s’efforce de comprendre la nouvelle dynamique d’exclusion qui maintient ces populations en marge des sociétés occidentales, notre démarche paraîtra peut-être dispropor- tionnée. Les questions et les objections plus ou moins tendancieuses ou malveillantes ne manqueront pas d’en relativiser le projet. Précisons que notre recherche s’est délibérément limitée à deux des pays de la communauté européenne, la France et l’Italie, où l’on réserve aux « tsiganes » en général et particulièrement aux migrants roms des pays de l’est un accueil pour le moins inconfortable. Son enjeu déborde la problématique créée autour d’eux et l’ensemble des interrogations auxquelles le texte qui suit va tenter d’apporter quelques éléments de réponse montrent qu’elle est une variante exacerbée du drame humain de l’immigration générale.
Pourquoi ce choix des Roms dont les effectifs, en France et en Italie, s’avèrent très inférieurs numériquement aux populations d’immigrés présentes sur ces terri- toires ? Pourquoi se préoccuper, à l’instar des Instances européennes ou des gouver- nements, de la condition alarmante des quelques dizaines de milliers de Roms d’Europe centrale ou balkanique qui végètent dans ces deux pays ? Le marasme économique qui pénalise des millions de citoyens de la Communauté européenne ne s’en trouve-t-il pas relégué à l’arrière plan? N’avons nous pas nos laissés pour- compte, nos chômeurs, nos mal logés, des millions de citoyens qui survivent de plus en plus difficilement à la lisière du seuil de pauvreté ? À quoi tient ce privi- lège d’occuper le devant de la scène médiatique, de monopoliser la sollicitude des plus hautes instances européennes et l’appréhension farouche des gouvernements ? Ces parias, que l’on dit habiles à tirer partie de leur misérabilisme ostentatoire, ne seraient-ils pas d’abord victimes de leur propre tradition « culturelle », d’une sorte d’auto-exclusion atavique liée à leur mode de vie errante ? L’entrelacement de ques- tions rationnelles et de préjugés n’est pas toujours facile à démêler. C’est l’un des objectifs de ce premier volet de l’enquête de montrer comment les représentations et les stéréotypes confortent l’inertie ou la malveillance officielle.

 

CATALOGUE DE L'EXPOSITION LES PAYSAGES HUMAINS : François Maspero libraire, éditeur, écrivain

CATALOGUE DE L'EXPOSITION LES PAYSAGES HUMAINS : François Maspero libraire, éditeur, écrivain

de COLLECTIF

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 26/10/2016 | 15,00 €

Un retour sur une période de l’histoire du monde (1959-1982) et sur une maison d’édition originale, originale dans sa forme (une véritable œuvre collective), dans son catalogue et dans l’aide apportée à la compréhension du monde pour les lectrices et lecteurs. Les livres ont une histoire longue. Une réflexion sur l’état de l’édition aujourd’hui et de la diffusion du livre en France et sur l’importance de l’édition indépendante. En s’inspirant de deux textes écrits par François Maspero : le premier Main basse sur l’édition (La Quinzaine littéraire, 2005), autour du livre de Schiffrin aux éditions La Fabrique L’Édition sans éditeur et le second à propos de l’héritage des éditions Maspero (revue Médium, décembre 2004). Une rencontre avec François Maspero, écrivain, chroniqueur et traducteur. Cette rencontre s’organisera autour de trois réflexions : La première est celle contenue dans l’aphorisme de René Char « La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil », car derrière « le sourire du chat » se cache l’exigence de la lucidité.
La deuxième est celle de Michel Piccoli dans une interview à France Culture « Maspero est un héros moderne en révolution, pas en révolte ; il est toujours actif, tant pis s’il en rougit. Ce n’est pas un renégat. Maspero est un homme d’exil intérieur... » La dernière est celle énoncée par Edwy Plenel dans la préface de L’Honneur de Saint Arnaud dont nous retiendrons ici ces quelques mots « les salauds de tous les partis ont sans doute crié victoire quand en 1982 ils ont vu François Maspero renoncer à son métier d’éditeur. Mais ils se sont réjouis trop vite : ils avaient oublié l’auteur.... L’inquiétude qui est l’antichambre de l’espérance. Cette inquiétude qui ne cessera d’animer pour notre bonheur, François Maspero... En couverture de son premier livre Le sourire du chat où se lisent les blessures qui l’ont façonné, Maspero glisse cette confidence longtemps retenue : “j’ai peiné à retrouver le sens du mot liberté”. J’invite à le lire tout simplement parce que ce mot, il nous l’a appris. »

Le rêve du centaure : entretiens Pasolini-Duflot

Le rêve du centaure : entretiens Pasolini-Duflot

de Jean DUFLOT & Pier Paolo PASOLINI

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 28/02/2016 | 20,00 €

P-P-P : 

  « Celui qui consent à l’interview n’est plus un homme normal : il se retrouve dissocié, objectivement et subjectivement, et à proprement parler schizoïde. De surcroît il est subjectivement et objectivement ridicule. On n’interviewe pas — si ce n’est dans un but très vulgaire, pour la télévision, par exemple — le premier quidam venu, au demeurant capable de la plus extrême dignité. En revanche un homme « arrivé » a déjà perdu beaucoup de sa dignité. La superposition de sa « figure » publique et de sa « figure » privée exige des soins particuliers qui finissent toujours par être dégradants.

  Or je me suis toujours efforcé d’ignorer que je suis également une figure « publique », avec les devoirs que cela entraîne. Je me suis toujours conduit le plus mal possible, c’est-à-dire comme je le voulais. Mais ce fut plus fort que moi : une sorte d’autorité abominable que l’on m’attribue, au besoin même controversée, m’investit tout à coup et s’empare de toute ma vie ; je m’en avise, avec dégoût, surtout au cours des interviews, c’est-à- dire quand on m’interroge comme on consulte un prêtre, non sans quelque mépris — inconscient sans doute — du consultant. Dans ce rapport oral qui s’établit entre l’interviewer et moi il se passe quelque chose de monstrueux : les opinions que j’exprime — ni plus ni moins courantes que les autres — sont élevées a priori et de façon artificielle à un niveau supérieur, promues à la qualité d’« échantillons », présentées dans la perspective frontale d’une carte hagiographique ou holographique qui comprend tous les « arrivés », même les plus innocents. »

ZYADA Le livre du couchant

ZYADA Le livre du couchant

de Abdellatif CHAOUITE

Les merles moqueurs (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 30/03/2015 | 20,00 €

Comme souvent chez les « secondes générations » d'un exil rural, les langues de la ville et de l'école (fortes de leurs pouvoirs) semblent avoir « spectralisé » chez lui la langue de son ascendance. Sa propre migration ensuite, dans les années 1970, en France, n'a fait que redoubler cet écho, et l'interrogation qui allait avec : « dans quelle langue parler le silence de La langue ? »Dans la sorte de « fable » qu'il propose ici, au lieu cependant de sombrer dans la nostalgie crépusculaire du nom de ce silence (le « Couchant »), cette question relance le défi d'une relation vivante entre les langues : leur entremêlement dans une « hospitalité » reconnaissante. Or, si cette « hospitalité » dont on sait combien elle pose souvent problème dans nos Sociétés est l’objet central des études que propose la revue Écarts d’identités que l’écrivain dirige à Grenoble depuis 1992, elle est ici le prétexte de cette « fable », dans laquelle langue et désir dansent un ballet surprenant par lequel la relation, souvent approchée avec cette lourdeur nécessaire cependant à l’analyse, entre soudain dans la légèreté et la grâce.

Charles Bonn

 

Extrait...

 

“ Il n’avait alors comme bagage pour se lancer dans l’aventure que quatre langues : l’une l’arrimait à l’architecture souple, au souffle ample et aux horizons prometteurs de son alphabet, l’autre le suspendait éternellement à ses harfs ou bords ainsi qu’elle nommait les signes de sa splendide calligraphie, la troisième, plus souple, plus riante et plus accueillante, mélangeait allègrement les signes de toutes les autres mais souffrait, dégradée en sous-langue, du mépris de ce mélange même. Et la quatrième... la quatrième ? Ho ! Celle-là était chronologiquement première, mais se vivait en lui comme ravalée ou recroquevillée dans une réserve ou un semi-silence, et le captait de même dans une sorte de blancheur, retenant au loin l’énigme de ses tatouages ! Quatre idiomes et, à leur croisement, un vague sentiment de désœuvrement et une énergie déliée et un brin déviante. ”

 

Toute forme de salut est aussi promesse. Elle voue à établir ou rétablir la relation et mieux encore l’amitié entre celles et ceux qui se saluent. La relation comme l’amitié s’établissent entre les hommes et les femmes, mais aussi entre les hommes, les femmes et les pensées et la vie dans toutes ses formes, animées et inanimées. Une politique et une poétique de la présence.

 

La Créche

La Créche

de François SALVAING

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 05/01/2015 | 19,00 €

La nuit où Israël (à la suite d’une cascade d’événements trop connus du lecteur pour qu’il soit besoin de les rappeler ici) se résolut à accomplir ce qu’il tramait depuis sa naissance, envahissant les territoires qu’il n’avait pas encore colonisés, cette nuit-là Soeur Sylvie de l’Annonciation rêva qu’un canon de char, fracassant les volets, entrait dans sa chambre. Soeur Sylvie était une grande fille, et bien qu’elle n’eût pas lu Freud, elle n’ignorait pas les connotations sexuelles d’un tel rêve. Pour autant, même en rêve elle ne rougit pas, car rêver n’est pas pécher, sans être théologienne à tout crin Soeur Sylvie savait ça aussi. Le canon de char s’avança jusqu’au-dessus de la natte où reposait Soeur Sylvie, et, sans vergogne, révéla sa véritable nature : il n’était pas un fantasme, ...

NOUS IRONS AU PLUS PRÈS

NOUS IRONS AU PLUS PRÈS

de Marc ROUSSELET & Illustratrice YAEL ANTOON

Cahiers de poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/09/2014 | 12,00 €

Je peux te raconter Jourdan que dans mes mains, lopin d’affolements fertiles, elle frissonne et sur ma peau s’écoule sa source nocturne. Poitrine contre poitrine, entre soupir et cri, j’appartiens aux quatre éléments. À la fascination, à la  parole, à la mémoire, à ce qui deviendra plaie. Notre ombre dans la chambre délimite le prodigieux projet d’aimer.

L’interstice entre son corps et le mien demeure continûment divisible. Pour expliquer  cela, je serais capable d’aller jusqu’au mensonge tant l'agencement de cet entre-deux m'angoisse. Elle le sait bien, qui n’a qu’à se tendre pour que le miracle d’un avenir possible se reproduise.

À force d'amarrer dans le secret, nous parviendrons à jouer avec le verbe aimer à tous les temps. Le temps de la pluie qui frappe aux vitres et celui du soleil sur une place de village. Le temps des rires et celui des étreintes.  Qui s'engoue n’a rien à redouter, voilà ce que porte en graine nos futures nuits.

Toute la terre

Toute la terre

de Saùl IBARGOYEN

ATHISMA (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 16/10/2013 | 22,00 €

 

Toute la terre embrasse trois générations d’une famille, dont elle fragmente et reconstitue l’histoire par une polyphonie de voix. Témoignant poétiquement de sa fondation métissée et heureuse, de son apogée imparable et trouble, et de sa fin perverse et brutale, ce roman nous la fait traverser d’un seul souffle. Saúl Ibargoyen est né à Montevideo, Uruguay, le 26 mars 1930. Engagé politiquement, il a été emprisonné et torturé sous la dictature militaire. Il s’est exilé et installé au Mexique depuis de nombreuses années, et il a obtenu la nationalité mexicaine en 2001. Il est poète, romancier, nouvelliste, traducteur et essayiste.

 

Rivamento est le toponyme inventé par Saúl Ibargoyen pour interpréter la ville bien réelle de Rivera/Santana do Livramento de la frontière urugayo-brésilenne. Il traite la frontière comme zone culturelle du métissage en lutte avec celle de la dé-marcation propice aux exclusions et à la violence. Parmi les métissages que les péripéties de l’histoire favorisent, le portugnol rivamentin, qui trouve ici sa première expression littéraire, est à la fois l’objet d’une création poétique et le moyen de la réappropriation de l’histoire dont les forces politiques centripètes voudraient priver la périphérie.
 

Le Ressac des Souvenirs

Le Ressac des Souvenirs

de Louis BERETTI

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 11/03/2013 | 10,00 €

 

Louis Beretti nous livre pêle-mêle et avec rage, ses souvenirs d’enfants, passant de la communale, à la débâcle de quarante… Sa vision de la Corse… De Gislaine, de Bora le chat. Sa rage contre cette société persiste, Louis le libertaire, nous fait partager son amour de la vie, de la liberté et du combat contre les préjugés et l’oppression.

Extraits...

Étalées sur leur drap de bain, de belles “noiseuses” sexposent nibards “collagénés” en forme de potirons et lèvres gonflées ; le “top ” de la séduction.

La plage grouille de monde. Et cette redondante inquiétude... Bora, pourvu qu’il rentre ; il m’aide à supporter le cynisme et la connerie de ce monde.  Ça bouillonne dans ma tête ; quel gâchis !

Enfant, j’étais, de nature, lent. 

Beaucoup plus tard en lisant “Le droit à la paresse” de Lafargue j’ai conforté cette tendance.

Pasolini, mort ou vif

Pasolini, mort ou vif

de Jean DUFLOT

Les merles moqueurs (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 28/02/2013 | 18,00 €

 

La passion pour l’univers pasolinien dérive de son caractère inépuisable : l’essai de Jean Duflot Pasolini mort ou vif le montre bien. Le poète cinéaste laisse un héritage complexe et problématique: de nombreuses questions sans réponse, ses visions du présent et de l’avenir, sa lecture de la société italienne et son regard sur les cultures du monde, ses films, ses visages, le rire de ses personnages plus vrais que les acteurs professionnels.

L’essai de Jean Duflot, sa « causerie » qui est son itinéraire d’interprétation et son enquête, nous ramène au cœur de l’œuvre pasolinienne pour nous inviter à de nouveaux parcours, pour nous annoncer que l’héritage théorique et artistique est, aujourd’hui, immense.

Sans le carcan du langage professoral, sans la prétention de dire le dernier mot sur Pasolini, l’auteur explore les terrains vagues de la création pasolinienne, les paysages romains entre ruines antiques et « case popolari » ;  il rend présente la voix de Pasolini, avec son timbre acéré qui persiste dans la mémoire de l’auteur, elle résonne au cœur de notre temps.

Faire résonner la voix : cette voix qui, dans un sens positif, obsède Jean Duflot, car le cheminement de la pensée provient souvent d’une sorte d’obsession, d’une volonté féroce de comprendre et d’agir dans le réel.

L’auteur reconstruit le parcours de Pasolini poète, romancier, cinéaste, dramaturge et interprète de notre temps. Le poète frioulan oppose le progrès au développement car il ne croit pas à ce développement qui détruit progressivement les différentes formes de l’humain. L’écrivain arrive à explorer le cœur de l’économie mondialisée et nous indique le chemin : les valeurs de la culture ne pourront survivre que si les « petites patries », les réalités régionales, trouveront leur place dans le panorama mondial.                                       

 

L'Envolée belle

L'Envolée belle

de Mylène MOUTON

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 15/02/2013 | 16,00 €

Pour se délivrer de la pesanteur d’une société étouffante, s’échapper du désamour de sa famille, le seul rêve à construire jour après jour, c’est un rêve de vie. Rêver de s’envoler. Apolline, les yeux rivés au-delà de sa fenêtre, va vivre une métamorphose bouleversante et se transformer lentement en oiseau. La force de ce livre nous insuffle son énergie, la volonté de l’esprit donne des ailes, celle d’une liberté retrouvée, l’envolée belle. 

Tradition et dissidence

Tradition et dissidence

de Juan GOYTISOLO

ATHISMA (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 25/09/2012 | 18,00 €

« Pour Goytisolo, métisser, c’est cervantiser, et cervantiser c’est islamiser et judaïser. C’est embrasser à nouveau tout ce qui a été expulsé et pourchassé. C’est retrouver la vocation de l’inclusion et transcender le maléfice de l’exclusion. »

Carlos Fuentes

La pensée de Juan Goytisolo continue de traverser les circonstances en toute indépendance critique. Elle récuse les approches convenues ou édulcorées de notre propre culture, ravive la dimension subversive des grandes œuvres et de leurs sources, écrites ou orales, et nous rappelle au devoir universel de l’exercice de la liberté.

L'Espagne et les Espagnols

L'Espagne et les Espagnols

de Juan GOYTISOLO

ATHISMA (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 25/09/2012 | 20,00 €

 

Ce livre sur l’Espagne a été publié pour la première fois en allemand en 1969, à une époque où l’Espagne franquiste exécutait encore par le garrot, et où, selon les mots de l’auteur, « devant l’impossibilité matérielle d’affronter l’appareil répressif institutionnalisé par Franco, nous nous sommes tous vus acculés, à un moment ou à un autre de notre vie, à ce dilemme : émigrer ou transiger avec une situation qui exigeait de nous silence et dissimulation, quand ce n’était pas l’abandon suicidaire de nos principes, la résignation castratrice, l’attitude cynique et désabusée. » Ce livre propose, au fil de l’histoire, une réflexion libératrice sur les questions centrales du mythe identitaire, de l’Autre, de la force subversive des classiques occultée par la censure et l’autocensure, du rapport des Espagnols à la modernité. Selon Ana Nuño, lire ce bilan, réalisé nel mezzo del cammin, sur l’arrière-plan que l’œuvre de Juan Goytisolo prétend travailler, c’est accéder, avec le recul, à la dimension nouvelle d’une discrète auto-analyse.

Du Chômage a l'Autonomie Conviviale  (Nouvelle Edition)

Du Chômage a l'Autonomie Conviviale (Nouvelle Edition)

de Ingmar GRANDSTEDT

La ligne d'horizon (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 10/05/2012 | 7,00 €

 

Écrit en 1982, ce texte n’a rien perdu de son intérêt. À l’époque comme aujourd’hui, le système industriel est devenu contre-productif et instable, et le chômage touche ou menace une bonne part de la population. Mais c’est peut être une occasion de diminuer la part d’hétéronomie dans nos vies, et de gagner en autonomie et en convivialité. En imaginant un scénario consistant à passer les salariés d’une entreprise à temps partiel au lieu de procéder à des licenciements, ce livre étudie comment il est possible d’utiliser le temps ainsi libéré pour des activités productives vernaculaires. Il propose de procéder par étapes, détaillées avec précision, pour aboutir à engager un démantèlement sélectif des filières industrielles, réflexion qui aujourd’hui redevient d’actualité.

Avoir 20 ans à Xi'an : Journal de Chine

Avoir 20 ans à Xi'an : Journal de Chine

de Françoise CHABERT

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 10/03/2012 | 18,00 €

 

2001 - Le temps est venu de réaliser un vieux rêve :  parcourir la route de la soie, Venise, Samarcande, puis entrer en Chine par le col de Torougart, Kasghar, Xi’An, mettre mes pas dans ceux d’Alexandre le Grand…Mon projet : effectuer ce périple en plusieurs années

2006 - Au milieu de nulle part, je croise Qiang, une femme chinoise Han, élevée à Xinning en pleine révolution culturelle. Elle a appris à lire dans les livres de Balzac et  Zola puis est tombée amoureuse de la langue française qui dit la liberté et le droit. Elle me raconte son histoire, sa peine de voir les filles et les femmes aussi malmenées. Cette rencontre modifie complètement mon projet.

2008 - Qiang, photographe très attentive aux “gens de peu” et moi  commettons ensemble un premier livre, Naître en Chine, des résistances à la politique de l’enfant unique, puis nous projetons de repartir en Chine faire le deuil de sa fille née et morte le 18 mai 1986.

2009 - Finalement, je pars seule pour me représenter la vie que cette jeune fille aurait menée si elle avait survécu.

 

Mon Journal de Chine est le récit au jour le jour de ce que j’ai entendu, compris ou non, senti, vécu au contact des étudiant(e)s apprenant la langue française dans une université de Xi’an. Tous les entretiens se sont déroulés en français, une chance pour tous, semble-t-il : pour moi, l‘interprète est inutile, pour eux, parler une autre langue permet de s’exprimer librement : la première fois !

Nous irons au plus près

Nous irons au plus près

de Marc ROUSSELET & Illustratrice YAEL ANTOON

Poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 10/03/2012 | 10,00 €

 

Je peux te raconter Jourdan que dans mes mains, lopin d’affolements fertiles, elle frissonne et sur ma peau s’écoule sa source nocturne. Poitrine contre poitrine, entre soupir et cri, j’appartiens aux quatre éléments. À la fascination, à la  parole, à la mémoire, à ce qui deviendra plaie. Notre ombre dans la chambre délimite le prodigieux projet d’aimer.

L’interstice entre son corps et le mien demeure continûment divisible. Pour expliquer  cela, je serais capable d’aller jusqu’au mensonge tant l'agencement de cet entre-deux m'angoisse. Elle le sait bien, qui n’a qu’à se tendre pour que le miracle d’un avenir possible se reproduise.

À force d'amarrer dans le secret, nous parviendrons à jouer avec le verbe aimer à tous les temps. Le temps de la pluie qui frappe aux vitres et celui du soleil sur une place de village. Le temps des rires et celui des étreintes.  Qui s'engoue n’a rien à redouter, voilà ce que porte en graine nos futures nuits.

Chute des Corps

Chute des Corps

de COMBOR

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 10/03/2012 | 16,00 €

 

Extrait...

Tout ce que je savais sur le petit garçon de la pâtisserie, c’est qu’une certaine mythologie animale avait présidé à sa naissance. Son père était un berger sicilien d’une grande rigueur. Sicilien approximatif, car sa région de naissance constituait une petite enclave de l’Albanie – bref, un lopin de terre qui n’intéressait que les gens du coin, ce qui avait favorisé chez eux le détachement vis-à-vis des problèmes de ce monde, politiques ou autres. Ils étaient passés à côté des siècles. Sa mère abondait dans ce sens : si elle voyait les choses de haut, ce n’était pas au nom d’une philosophie ou même de principes éducatifs piochés dans des ouvrages pour dames. Les rapports humains, dans la communauté, étaient fixés depuis la nuit des temps. Même cette notion de temps ne faisait l’objet d’aucune représentation. Un jour, paraît-il, une brebis avait pris la clef des champs. Cet événement était tout bonnement impossible. Elle attendait alors Baudino. (C’est pourquoi il aimait à revenir sur cette anecdote, comme si elle était au fondement de sa vie, comme si elle ressortait de son premier acte conscient). « L’en manque une », annonça le père en rentrant. « Une quoi ? »

Une bête.

Le dimanche je m'appelle Olivier

Le dimanche je m'appelle Olivier

de Hélène DASSAVRAY

A CHARGE (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 17/03/2011 | 14,50 €

 

Extrait... 

Rentrée à la maison, sans prendre la peine d'allumer, je traverse l'entrée, la cuisine, le salon, monte une volée de marches, frappe discrètement à la porte d'une chambre, l'ouvre en douceur si le silence me répond. J'écoute une respiration et referme sans bruit. Un dernier escalier et j'enlève enfin mes chaussures. J'apprécie cette tradition provençale d'une pièce à chaque étage, des escaliers qui n'en finissent pas et musclent les fesses. Juste un peu dur quand je rentre du boulot.

J'ai mes habitudes, me laisser choir, rouler une cigarette, verser une tasse du thé toujours prêt dans le Thermos et jouer le disque du moment : Morcheeba, Dive Deep, avec ce morceau que j'adore Enjoy the Ride. Album programmé en boucle.

Je goûte l'instant, la perspective de pouvoir dormir demain matin, donc encore quelques heures devant moi et de toute façon pas sommeil. Les heures heureuses. Celles où je fais ce que je veux : passer l'aspirateur si ça me chante, manger une tablette de chocolat, repeindre les murs – c'est déjà arrivé, un soir, comme ça, en rentrant du bar – ou jouer au portrait-robot du prochain homme qui partagera ma vie. Pleurer aussi. Parfois c'est nécessaire. 

Je me sens bien dans mon nid, j'en ai choisi les couleurs, connais l'histoire de chaque objet. Personne d'autre n'y a mis son grain de sel. Je ne reviendrai pas en arrière sur ce plan-là : ce besoin d'un espace qu'on ne partage pas. Entre deux histoires, on établit la liste des pièges dans lesquels on ne tombera plus, mais elle est écrite sur une ardoise magique, un regard de velours suffit à l'effacer. 

Réfugiée dans la familiarité de la nuit, je me retrouve. Pas d'interférence, loin des intoxications et manipula-tions qui sont notre quotidien, ne jouer aucun rôle, n'avoir d'autre fonction qu'être soi. 

J'enfile un vieux pyjama, une robe de chambre, troués, décolorés. Je mets à niveau le thermos de thé, prépare une autre cigarette avec nos délicieuses herbes de Provence, choisis quelques CD et, à moins qu'un livre en cours me passionne, m'assieds au bureau pour dessiner.

Je m'arrête quand la douleur enflamme mes épaules, quand les lignes commencent à flotter, que je ne sais plus très bien où accoster. Je cueille dans le dessin des sensations qui n'existent pas ailleurs - mon seul but. Je ne dessine pour personne d'autre que moi. Ainsi je me maintiens debout, ne succombe pas à la folie de ce monde, je ne finirai pas enfermée ou dans la lutte armée – ce qui revient au même. 

 Chacun a ses raisons de se lever le matin. Il en faut au moins une pour quitter la douillette trêve du lit et arpenter le monde hostile, les dents brossées. 

Pour moi c'est le désir d'une cigarette. 

Quant à savoir ce que je fais dans la vie… Il m'arrive de répondre que je suis infirmière de l'âme, me déclare barmaid quand la question est officielle et dans l'espace de mes nuits je dessine des jardins secrets.

 Chacun a sa façon de se lever le matin. 

Parfois elle change.

Qu'on le veuille ou non. 

Comment savoir à quel moment précis commence une histoire ?

Pour la nôtre, disons ce fameux vendredi de décembre…

 
Les Antipodes et le Siècle

Les Antipodes et le Siècle

de Ignacio PADILLA

ATHISMA (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 07/02/2011 | 16,00 €

 

Les personnages des douze nouvelles des Antipodes sont des aventuriers malgré eux, des soldats amnésiques, des géographes perdus, des diplomates emportés par le tourbillon des empires coloniaux finissants, des êtres exclus de leur propre vie mais à qui leur condition permet d’entrevoir plus d’un gouffre insolite, de faire tinter jusqu’à nous plus d’une fêlure de l’âme humaine.

Un auteur mexicain...

Parmi les très nombreux prix reçus par Ignacio Padilla, signalons le Prix Gilberto Owen pour Las Antípodas y el siglo, le prix Primavera du roman en 2000 ; en 1994, le Prix National Juan Rulfo (l’un des plus importants en Amérique latine) pour son premier roman, La catedral de los ahogados. Il vient de recevoir le 3e Prix Iberoamericano d’Essai, attribué en 2010 (par l’éditeur espagnol Debate et la désormais très officielle Casa de América) pour son œuvre La isla de las tribus perdidas. La incógnita del mar latinoamericano

L'impasse industrielle : Un monde à réoutiller autrement en tous lieux

L'impasse industrielle : Un monde à réoutiller autrement en tous lieux

de Ingmar GRANDSTEDT

La ligne d'horizon (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/09/2010 | 22,00 €

Commencer une décroissance de la puissance et de la démesure suppose justement que la créativité qui fait tant défaut à l’élite surgisse d’autres couches de la population, que des gens « ordinaires », où qu’ils soient, se décident à s’aventurer dans une dissidence pratique. Mais cela ne pourra se faire que si la dimension positive de cet immense défi prend le dessus sur l’angoisse et la peur et stimule les esprits. Car c’est le positif de la vie qui révèle le négatif, et non pas l’inverse, c’est le positif qui éclaire et libère. Changer d’échelle est devenu une nécessité dramatique. Mais ce peut aussi devenir l’occasion, en tous lieux, d’un étrange bouillonnement créatif, d’une transformation inespérée au milieu du chaos : reconquérir une indispensable maîtrise locale de nos existences quotidiennes, ouvrir le champ des relations interpersonnelles, se donner d’autres pratiques et d’autres buts dans la recherche scientifique et technologique (comme pour le « FabLab », par exemple), accueillir la surprise joyeuse de faire des choses ensemble, de recréer du lien social dans les cités et les quartiers urbains délabrés, les petites villes à l’abandon, les territoires ruraux ou rurbains disloqués. 

Le combat & autres nouvelles

Le combat & autres nouvelles

de Ednodio QUINTERO

ATHISMA (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 07/04/2010 | 20,00 €

 

 

L’idée de cette anthologie, Le Combat et autres nouvelles, n’est pas de faire une édition des meilleures nouvelles : beaucoup sont susceptibles d’être éditées plus tard pour le même bonheur du lecteur.

Il s’agit plutôt de mettre en perspective une esthétique de la densité, de la musicalité, du rythme et de montrer comment elle peut s’inscrire dans l’extension, sans proliférer mécaniquement.

 

Une partie non négligeable de l’œuvre semble appliquer à la lettre le principe borgésien selon lequel la réalité n’est qu’une modalité du rêve. Il ne s’agit pas, ici, d’une spéculation abstraite donnant lieu à une littérature conjecturale, mais de la matière même de ses nouvelles et romans.

 

Averti ou non, selon les cas, le lecteur est attrapé dans une représentation qui peut prendre des formes multiples, à la frontière entre rêve et réalité, et qui constituent la dimension essentielle du personnage.

 

L’espace-impasse. Quintero reprend à son compte la rêverie en tant que propriété du « moi », où le narrateur découvre ce qu’il est, plus fortement encore que par le réel. « Partie de chasse » est un exemple, où certains verront une influence de Cortazar, de ce que la catégorisation espace/temps prête le flan à la critique par la découverte de porosités inattendues.

 

Cette circulation ne se fait pas seulement dans l’opposition rêve/réalité, mais aussi dans l’opposition des époques (XIIIe /XXe siècles). « Partie de chasse »

Les fictions quintériennes offrent le plus souvent des narrateurs masculins, guerriers ou chasseurs, sur le statut desquels il est permis de s’interroger : héros ou héros dégradés, voire anti-héros. Le fait est qu’ils sont rarement situés dans un contexte socio-politique trop défini, qui briderait la dimension onirique. En conséquence, les personnages féminins, nombreux et contrastés, occupent une place de choix sur des registres allant de  la tendresse à l’érotisme et de la soumission à la tyrannie.

Shopping ! Bang Bang !

Shopping ! Bang Bang !

de Jean-Marc FLAHAUT & Daniel LEBEDAN

A CHARGE (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 07/04/2010 | 13,00 €

 

 

Le livre vu par l’un de ses auteurs...

Jean Marc Flahaut : Shopping ! Bang bang ! utilise de façon directe ou indirecte certains codes du langage cinématographique, c’est certain. Il est vrai qu’on y croise également quelques guest stars telles que Charles Bronson et Ben Gazzara. De plus, les points de vue et les regards s’affrontent tout du long sous les caméras de surveillance ou de télévision.

Nos personnages ne sont pas des extraterrestres, ils sont inscrits dans un espace social imaginaire au sein duquel ils se rassemblent ou se séparent. Des couples frôlent la rupture alors que d’autres roucoulent comme des tourtereaux. Certains ont envie de tuer tout ce qui bouge alors que d’autres croient fermement qu’on peut encore sauver l’humanité avec l’Amour comme pilier. Mais, ils essayent tous de changer quelque chose avec les moyens dont ils disposent. Comme aime à le rappeler un vieil ami à moi : c’est la même vache qui produit le lait et la bouse. 

Au final, je pense que le roman se situe quelque part entre une comédie romantique et une chanson de Charles Manson.

Entre nous soit dit, j’aime beaucoup le climat du cinéma américain des années 70. L’énergie qui s’en dégage à chaque plan, le travail sur l’espace et les frontières, la dimension contestataire et le propos politique à tous les étages. On sent chez les réalisateurs de cette époque, une véritable envie de faire des films en se positionnant en tant qu’auteurs. Et d’y aller franchement. (extrait de l’interview par Dj Duclock)


 

 

 

 

 

 

                                      

 

 

Quatorze horizons carboniques

Quatorze horizons carboniques

de Daniel SYGIT

Poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 07/04/2010 | 12,00 €

 

«  Les mots de Daniel Sygit...
Des mots qui savent à l'avance l'inutilité de dire et qui disent cependant. L'extrême nécessaire déposé en petites touches, avec grâce, avec la plus parfaite élégance sur une page qui semble respirer en même temps que la phrase. La poésie de Daniel Sygit est plus que belle, elle brûle d'un feu, d'une ardeur et d'une nudité qui ne s'entrevoient que l'espace d'un éclair. Une poésie qu'il faut goûter dans chaque recoin de sa musique et de ses respirations pour ne pas manquer de l'apercevoir. Deuxième ouvrage de cet auteur dans la collection Poésie des éditions À plus d’un titre, après Boeings Laboureurs, Daniel continue son exploration du monde et de sa marche, en formes courtes et très fortement narratives. À l’affût de chaque trace de poésie perdue, dans les paysages, les topographies, mais également dans les objets industriels les plus inattendus — navires super-tankers, satellites, écrans verts des radars aériens… — Daniel Sygit recrée dans ce livre des géographies et des destins, et joue avec la réalité quand des lieux et des personnages savamment imaginaires en côtoient de bien réels. » 

Anne Monteil-Bauer

 

 

REGARDE

 

Regarde 

Coccinelle

qu’on dit 

“ bête à Bon Dieu ”!… 

 

Regarde 

mois de Mai 

qu’on dit 

“ mois de Marie ”!…

 

Et mon frère 

protégé par le blanc

et le bleu…

 

Et ma sœur 

qui fredonne 

l’air de Rina Ketty !

(extrait)

 
Ecchymose

Ecchymose

de Anne MONTEIL-BAUER

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 15/03/2010 | 16,00 €

 

Cette réédition du roman d’Anne Monteil-Bauer, nous a paru nécessaire, presque vitale. Car dans une époque si sûre que l’évolution de sa civilisation implique forcément son humanisation, ce texte nous interroge sur cette part d’ombre terrifiante qui mutile les corps et les esprits, sur l’emprise et la possession de l’autre, sur l’éclatement d’une violence qui dénie l’amour jusqu’à le vider de son sens. Ce livre n’est pas un récit cru, la médiation des personnages, la construction narrative entremêlant trois récits, crée un espace où l’expérience devient à la fois témoignage et poétique de la douleur. Jeanne, une femme blessée se livre à une étrangère - Laura, écrivain publique, elle-même en pleine crise existentielle et amoureuse - pour quelle écrive ce qu’elle a si longtemps retenu dans un mutisme coupable. Une parole devient possible. L’écoute pudique de l’écrivain, qui à la fois questionne et retranscrit, permet une résonnance dans laquelle la compassion joue les notes de la douceur et propose une réconciliation avec l’autre. Relations homme/femme, mais aussi amitiés et solidarités féminines, Ecchymose arpente les terres sur lesquelles germent les histoires de nos vies, nous invitant à les travailler et à les retourner. Mais Ecchymose, c’est aussi l’histoire de la genèse d’une fiction, du passage du réel à la littérature. Une proposition littéraire, un désir d’échapper à l’autofiction et de renouer avec le roman, à réinventer toujours…

 
Finis terrae

Finis terrae

de Bernard CHARBONNEAU

La ligne d'horizon (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 20/02/2010 | 17,00 €

 

Consommation et disette d'espace.

Le monde où nous vivons dévore l'espace : il remplit l'étendue, détruit les sites et lieux. Or, même en y incluant l'Océan qu'il commence juste à consommer, l'espace humain est un espace fini. On le sait depuis Magellan qui n'en fit même pas Ie tour. Et pour maintes raisons qui, toutes, convergent vers ce résultat, cet espace clos ne cesse de rétrécir.

D'abord pour la raison simple qu'il y a de plus en plus d'hommes pour se le partager, la population du globe croissant jusqu'ici de façon géométrique. Et la pression de l'homme sur l'homme est d'autant plus sensible que notre société urbaine les concentre jusqu'à plus de cent mille au kilomètre carré. Ce qui fait que même s'il y a de la place à côté, il est incapable de l'imaginer et l'on doit l'y conduire par la main.

Mais, en outre, cette population consomme bien plus d'espace par tête qu'autrefois. Son activité - et son agitation - est bien plus grande. Qu'il s'agisse des pays développé (ou involués) ou de ceux " en voie de développement ", elle est multipliée par cent comme le montre leur consommation d'énergie, notamment pour le transport rapide. L'idée de Progrès est liée à Ia maîtrise et à la négation de l'espace. Progresser : mieux aller, c'est aller plus vite ; bien que si l'on compare le confort et l'espace disponible des avions par rapport à celui des paquebots, cette opinion se discute. Là aussi après avoir atteint un sommet, la courbe retombe. Le siècle dernier disait " vaincre la distance ". Mais on ne la vainc pas, on la nie. De maintes façons, l'autoroute, le T.G.V., l'avion abolissent le voyage à travers l'inépuisable diversité de l'espace terrestre; il n'en reste que du transport, comme on le dit des colis. Tout est sacrifié à cette illusion : vaincre l'espace-temps ; vu d'avion, il n'en subsiste que des nuées entrouvertes un instant sur une carte. L'on survole de trop haut, et trop vite. La vitesse de tels projectiles détruit ; tel le large coup de sabre de l'autoroute, avec sa frange vide parsemée de toutes sortes d'éclats et de bâtisses. 

Notre victoire sur l'espace nous en prive. L'ancienne terre était illimitée, celle de Magellan avait quelques années de tour, celle de Jules Verne n'avait plus que quatre-vingt jours. Celle de nos avions et de nos fusées n'a que quelques minutes. Nous sommes pris au piège de la terre, et tous nos efforts pour en sortir jusqu'ici ne font que le resserrer ; les quelques raids dans la banlieue voisine n'incitant guère à s'y établir. L'indispensable matériau de l'existence humaine : l’espace-temps, est le seul que nous ne pouvons espérer fabriquer un jour. A une vitesse vertigineuse, nous sommes en train d'épuiser ses réserves - qui sont celles de toutes nos sources d'énergie et matières premières - sans guère nous interroger à ce sujet, même dans ce petit cap de l'Eurasie où elles sont particulièrement faibles. Oubliant que l'espace est inséparable du temps au moment même où nous le découvrions, nous avons cru l'étendre en accélérant nos moyens de transport, alors qu'ils précipitent l'implosion de la peau de chagrin que nous avons sous les pieds, implosion que ne compense en rien l'explosion de nos fusées dans le vide interstellaire.

 

 

LES TRIMBALDIENS 2ème édition

LES TRIMBALDIENS 2ème édition

de Frédéric DE BOCCARD

Coédition Fosse aux ours (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/02/2010 | 15,20 €

 

AUTOMNE 1915 : après un séjour à l'hôpital, Blaise et Djami, deux anciens soldats, s’embarquent à Marseille sur un rafiot accompagnés du jeune Lulu. Direction : le Sud.

De la boue des tranchées à la Corne de l’Afrique, en passant par Naples, Malte et Port-Saïd, les trois hommes vont vivre la grande aventure sur les traces d’Arthur Rimbaud.

Georges Arnaud, Vie d'un rebelle

Georges Arnaud, Vie d'un rebelle

de Roger MARTIN

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 12/01/2010 | 19,50 €

 

Sa vie est un roman...

Homme de lettre prolixe, aventurier, anarchiste, Henri Girard, alias Georges Arnaud, connut une destinée singulière.

À vingt-quatre ans, il est accusé du meurtre de son père, archiviste au Quai-d’Orsay, de sa tante et de leur domestique, le 24 octobre 1941, dans le château familial d’Escoire, en Gironde. Jeté en prison, il n’en sort qu’un an et demi plus tard, au terme d’un des procès les plus retentissants de l’Occupation.

 Désabusé, il s’exile en Amérique du Sud où, tour à tour chercheur d’or, géologue, marin, barman, et camionneur, il mène une vie de bourlingueur. Revenu en France à bord d’un cargo en passager clandestin, il publie en 1950 son premier roman, Le Salaire de la peur, vendu à deux millions d’exemplaires et porté à l’écran par Henri Georges Clouzot dans un film célèbre interprété par Yves Montand et Charles Vanel.

 Il pourrait alors vivre paisiblement de sa plume, mais il n’a de cesse de se battre, mettant son talent littéraire au service des causes les plus dangereuses : arracher à son sort la condamnée à mort Djamila Bouhired, soutenir le combat pour l’Algérie indépendante – ce qui lui vaudra à nouveau de passer deux mois sous les verrous –, dénoncer les erreurs judiciaires… En 1962, il participe auprès de Ben Bella à la naissance de la République algérienne. Il mourra d’une crise cardiaque à Barcelone en 1987.

 Retracer l’existence de ce personnage picaresque, c’est faire revivre un passé proche, mais déjà flou dans nos mémoires : celui de l’effervescence intellectuelle des années d’après-guerre, celui de la guerre d’Algérie et de l’engagement des gens de lettres.

Rococo Tokyoïte

Rococo Tokyoïte

de Clément BULLE

A CHARGE (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 12/01/2010 | 12,00 €

 

«  Mieux vaut ne pas chercher dans Rococo Tokyoïte une narration bien ordonnée et une description du Japon façon carte postale. Rien de cela dans ce court roman de Clément Bulle. C'est plutôt une sorte de conte cruel, où se croisent des personnages improbables animant une histoire à dormir debout, menée à 200 à l'heure. On y rencontre un ex-amateur français de concrétions métalliques enlevé dès son arrivée au Japon pour être transformé en espion modèle ; une courtisane friande de membres humains qu'elle s'autogreffe après avoir mis à mort ses victimes ; ou encore quelques Yakusas experts en torture. Tout ce petit monde évolue dans un Japon inhospitalier et gris. Un univers surprenant qui mérite d'être découvert. D'autant qu'il porté, emporté même, par l'écriture de Clément Bulle. Avec sa phrase soigneusement chamboulée, multipliant les jeux de mots, elle se met au diapason de cette ambiance étrange, comique et poétique. »

         Article de Nicolas Blondeau paru dans le numéro de février de LIVRE & LIRE

 

 

Maux de justice

Maux de justice

de Albert LéVY & Iillustrations CHARB

Les merles moqueurs (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 12/01/2010 | 10,00 €

 

 

À Paul Didier :

Paul Didier... Magistrat, qui seul contre tous, dans la France de la Collaboration a refusé de prêter le serment de fidélité au Maréchal Pétain, en vertu de l'acte constitutionnel n° 9 du 14 août 1941. Cet homme courageux et malheureusement peu reconnu, est l'emblème du combat perpétuel à mener contre le totalitarisme d'État. Il est l'exemple d'un homme fidèle aux idéaux républicains, qui laisse l'empreinte de sa résistance et de son insoumission à l'Ordre Nouveau, pour la perpétuation de la démocratie contre la trahison et la lâcheté de ceux, qui par le choix de d’identité nationale, avaient fini par céder à la bête immonde.

                                                                                                                                                                                      Albert Léry

 

Avant-propos :

C'est une nuit sécuritaire qui se dessine lentement dans la France dont le Président de la République se nomme Sarkozy. Les libertés publiques sont remises en cause par les ministères de la Justice, de l'Intérieur, de l'Identité Nationale. Au ceur de cette nuit la vigilance des magistrats est essentielle ; mais I'histoire nous a appris que cette vigilance de la magistrature n'est pas garantie. Un seul magistrat a refusé de prêter serment au maréchal Pétain, silence de la magistrature durant la guerre d'Algérie...

Les erreurs judicaires, que rien ne répare vraiment, les comparutions immédiates qui sont à la justice ce que la musique militaire est à la musique, la justice civile qui trop souvent se pratique comme si la crise économique n'était pas là, sont le lot quotidien des tribunaux pour les justiciables, celles et ceux à qui l'État demande de rendre des comptes pour leur comportement.

Avec Maux de Justice, Albert Lévy, magistrat au tribunal d'instance de Vienne, interroge l'appareil judiciaire mais aussi les magistrats sur l'acte de juger quand la crise économique frappe les plus pauvres et que l'État renforce tous les dispositifs de surveillance. Cet État " sarkozyste " qui repère, fiche, classe, emprisonne, enferme, fait taire, expulse... fonctionne aussi par les silences de celles et ceux chargés de la machinerie étatique. Ces silences qui viennent malheureusement confirmer cet aphorisme de Pascal " la justice sans la force est impuissante ". Il existe une force d'inertie redoutable par temps de crise.

À la lecture du livre d'Albert Lévy, accompagné des dessins de Charb, une question demeure, lancinante :

" Qu'est-ce que la justice ? ”

                                                                                                                                                                              Bruno Guichard                                   

 

 

 

Contes du miel et des Astres Neigeux

Contes du miel et des Astres Neigeux

de Lionel BOUCHET & illustratrice MAUD CHALMEL

Poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 18/12/2009 | 9,50 €

 

Extrait...

 

Le Lac.

 

Je suis une canopée d'angoisse, des rivières de douceur

et dans mon élan rien ne résiste.

Si loin dans l'obscurité de l'eau,

Des eaux mortelles,

Élues dans le lignage.

 

Une main sur l'eau dérive

dans un silence que les courants ne veulent empêcher.

 

C'est la liante évasion qui grandit dans les yeux des plus heureux.

C'est la même grandeur, c'est mon nom criant!

J'ai déguisé, maquillé le flux.

J'ai changé les roches du courant dans l'eau du matin.

Des lanternes folles chantonnent désormais sur l'eau,

des lumières terribles.

Pour que les mondes adjacents

de la pluie et de l'eau polaire dérivent

Sur le blanc manteau des joies perdues du Lac.

François Maspero et les paysages humains

François Maspero et les paysages humains

de COLLECTIF

Coédition Fosse aux ours (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 18/09/2009 | 20,00 €

PRÉSENTATION

 

François Maspero, notre allié substantiel

             « Notre héritage n’est précédé  d’aucun testament »

                                                                                               René Char Feuillets d’Hypnos

 

    Il y a cinquante ans, des presses de l’imprimerie « La semeuse » à Etampes, sortait le premier livre des éditions  François Maspero, La guerre d'Espagne de Pietro Nenni. La parution de ce livre était comme une nécessité pour tous ceux qui, comme François Maspero, avaient l’Espagne au cœur. Un an auparavant, François Maspero avait ouvert la librairie « la Joie de Lire ». Depuis l’âge de vingt et un ans il avait choisi de faire du livre son métier. 

 

    Parce que nous pensons, comme le dit Aimé Césaire dans  la revue Présence Africaine de novembre 1956, que : « la voie la plus courte pour aller vers l’avenir est celle qui passe toujours par l’approfondissement du passé. », nous vous proposons avec ce livre de cheminer en compagnie de François Maspero libraire, éditeur de 1958 à 1982, devenu ensuite l’un des écrivains et chroniqueurs contemporains qui porte, lucidement comme une blessure, le chant inachevé de nos espérances. 

 

    En 1959, quand François Maspero crée la maison d’édition qui porte son nom, l’armée française, depuis plus de dix ans, pour maintenir l’ordre colonial, assassine et exécute sommairement. Le Général Giap, en remportant la bataille de Dien Bien Phu, a permis au peuple vietnamien de remporter sa première victoire contre une puissance impériale. L’armée française s’engage alors dans la lutte contre le peuple algérien, cette guerre qui ne voulait pas dire son nom. La gauche politique défaite après son vote des plein pouvoir à Guy Mollet laissait libre le Général De Gaulle de manœuvrer pour son retour au pouvoir. Le peuple algérien subira de 1954 à 1961 les mêmes violences que celles que les armées de Bugeaud exercèrent en 1830 lors de la colonisation. 

 

    Cette dure grisaille, ces temps lourds des années cinquante, étaient parsemés de grains de sable, qui maintenaient l’espoir d’un autre monde, d’un autre universel, d’une autre fraternité. Ces grains de sables seront le sel du fonds des éditions Maspero.

 

    En effet, dans les années cinquante de nouvelles pratiques théâtrales, culturelles et pédagogiques émergent des associations de l’éducation populaire, principalement des CEMEA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active), nés durant le Front Populaire, et de Peuple et Culture de Bénigno Cacérès, né dans la résistance. Leur objectif :« former le peuple à une culture ''militante'' pour renforcer une république progressiste en lutte contre les forces réactionnaires et les puissances d'argent »

 

    En 1956, la Sorbonne accueille le premier congrès international des écrivains et artistes noirs animé par Alioune Diop et les éditions Présence africaine . Edouard Glissant, l’un des participants au congrès, analyse cinquante ans après cette rencontre: « Ce qui aujourd'hui me paraît le plus évident à retenir, dans ce premier Congrès des écrivains et artistes noirs, en marge du vaste mouvement d'émergence des pays africains et de leurs diasporas, c'est ceci assurément, que les participants à un tel évènement pour la première fois en venaient à mettre ensemble leur vision et leur conception du monde… les textes des intervenants de la Sorbonne m'ont paru être une succession de confidences qu'ils se faisaient les uns les autres, une même manière de partager enfin leurs différences, et ces textes frémissent d'abord d'une impatience à se révéler mutuellement : " voilà comment nous sommes dans notre lieu, et voilà comment nous sommes debout dans le monde, et non plus sur la face cachée de la terre " »

 

    En 1955, à Montgomery en Alabama aux USA, une femme noire Rosa Parks, refuse de céder sa place dans le bus à un blanc comme la loi ségrégationniste américaine l’exige. Après sa condamnation à dix dollars d’amende, la communauté noire décide du boycott des bus de Montgomery, il va durer un an, avant que la cour suprême juge illégale cette ségrégation. De cette action Eldrige Cleaver, l’un des fondateurs du Black Panthers Party dira : « A ce moment, quelque part dans l’immense mécanisme de l’univers, un engrenage de la machine s’enclencha »

 

    En janvier 1959, le renversement de la dictature de Batista par la guérilla dirigée par Fidel Castro et Che Guevara offrait de nouvelles perspectives aux peuples dominés. Car depuis le début de « la guerre froide » toute velléité d’émancipation des peuples, soumis au partage du monde né de la seconde guerre mondiale, était étouffée dans le sang comme au Guatemala en 1954 ou à Budapest en 1956. La victoire de Fidel Castro a permis de lancer un débat qui allait traverser toute l’Amérique latine, et au-delà, tous les mouvements de libération nationale. Quelles sont les voies d’accès au socialisme ? Dans l’histoire de la seconde moitié du XXème siècle, la rencontre des organisations des luttes anticoloniales, prises dans l’urgence des combats, des résistances, et celle des organisations d’émancipation sociale au cœur des empires occidentaux, aux USA et en Europe de l’Ouest, qui aurait pu construire une alternative aux impérialismes, n’a pas abouti. Les divers congrès et rencontres de La Havane ont tenté de porter cette alternative politique, sociale et culturelle. Des femmes et des hommes ont espéré changer le monde, François Maspero en fut.

 

    Pendant plus de vingt ans, la librairie et la maison d’édition de François Maspero ont été au carrefour des interrogations et des espérances pour la construction d’un autre monde. Aussi bien le temps des espérances des années 60, que le temps des défaites et de la reconquête par les forces conservatrices à partir du milieu des années 70. Le catalogue des éditions que nous publions dans son intégralité, c’est une première, démontre ce travail extraordinaire réalisé sans sectarisme. Avec cette volonté de faire comprendre, de faire connaître, quand nécessaire, de réhabiliter des écrivains essentiels comme Paul Nizan et de placer au plus haut la poésie, avec la collection « voix » et cela dès le début de la vie des éditions.  Parce que dans la vie des hommes tout commence par un poème et que nous espérons toujours que la fréquentation des poètes permettra de changer le monde. Comme le dit Chris Marker dans la transcription du film Les mots ont un sens (ce film de 1969 était une commande de l’ORTF, mais il sera déprogrammé ): « Maspero, c’est quelqu’un pour qui les mots ont un sens. C’est bizarre à dire d’un éditeur, mais pour lui les mots ont un sens, les livres ont un sens ». 

 

    Dans un entretien à La femelle du requin  Fanchita Gonzalez Batlle, qui occupa une place si importante dans la vie des éditions, exprimera le plus justement ce que furent les éditions: «  […] Les Éditions Maspero, précisément parce qu’elles n’obéissaient aux ordres de personne, se sont fait coller des étiquettes par ceux qui trouvaient leur liberté suspecte. Traîtres au communisme pour les uns, trotskistes pour les pro-chinois et inversement, marchands de la révolution pour les situationnistes, ou platement tiers-mondistes. Toutes ces étiquettes sont aussi fausses que réductrices. La seule qui conviendrait, mais elle n’est pas idéologique, serait "dérangeante " ».

    En 1982, François Maspero cesse toute activité au sein de la maison d’édition. La fatigue, la lassitude, l’épuisement ont eu raison de lui. L’injure épuise, François Maspero fut beaucoup injurié ; devoir se justifier fatigue, et François Maspero dut beaucoup se justifier. Devant les salariés de la librairie et des éditions, devant la presse, devant la justice et finalement face à ceux, auxquels, il avait cédé au franc symbolique le fonds des éditions pour créer les éditions de la Découverte. Qui déclarèrent que le fonds Maspero n’avait aucune valeur ! Aujourd’hui encore ils rééditent régulièrement nombre de titres de ce fonds…

 

    En 1982, devenant écrivain et chroniqueur, François Maspero reprend sa liberté, il n’aura de compte à rendre à personne, sauf à lui-même. Et comme le dit Edwy Plenel dans la préface de L’honneur de Saint Arnaud ( livre si important pour comprendre la dynamique violente de la colonisation de l’Algérie) : «  Les "salauds de tous les partis" ont sans doute crié victoire quand, en 1982, ils ont vu François Maspero renoncer à son métier d’éditeur. Mais il se sont réjouis trop vite, ils avaient oublié l’auteur. » 

 

    Patrick Chamoiseau, dans l’entretien qu’il nous a accordé,  reprend l’idée que le nom Maspero est amarré à celui de liberté : « Maspero, pour moi, c’est d’abord une légende. Comme un mantra d’initiés, un vocable qui accompagnait l’interdit, le subversif, le marronnage, la résistance qui se prépare au bond. C’est aussi comme un bout de formule secrète qui inaugurait la mise en transformation de moi-même et du monde. »

 

    Ce livre ne se veut pas exhaustif, nous savons les chemins seulement ouverts, à peine effleurés. Nous remercions toutes celles et ceux qui ont accompagné dans ce voyage. En ouvrant un chantier aux mille figures, ce livre nous parle aussi de demain, des espérances qui ne sont pas mortes, contrairement à ce que certains essaient de nous faire croire ; il nous faut seulement en chercher les nouvelles formes. We shall overcome…someday !

Bruno Guichard, la Maison des Passages.

Alain Léger, À plus d’un Titre.

Pierre Jean Balzan, La Fosse aux ours.

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l'économie à l'épreuve de l'évangile

l'économie à l'épreuve de l'évangile

de François DE RAVIGNAN

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 17/02/2009 | 14,00 €

 

Extrait... 

Vocation et misère de l’homme

À l’expérience négative de Babel, la tradition biblique chrétienne oppose le mystère de la Pentecôte. Réunis à Jérusalem après le départ de Jésus vers son Père, les Apôtres reçoivent l’Esprit Saint. Il y avait à ce moment à Jérusalem une grande foule de pèlerins venus de tout le pourtour de la Méditerranée et des régions avoisinantes: « Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et de l’Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de Cyrénaïque, Romains en séjour ici, Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes. Et tous entendent publier dans leur langue les merveilles de Dieu » (Ac 2, 9-11). Une réponse est ainsi donnée à l’impasse de Babel. Qu’en est-il de nos jours ? À la condamnation de notre civilisation, ou du moins de sa prétention universaliste, la foi chrétienne doit donner réponse, ou consentir à disparaître. Mais pouvons-nous transposer dans le présent, dans notre présent, la leçon de la Pentecôte ? Et comment ? Nous avons déjà développé, dans un autre ouvrage, le souci qu’a eu la foi chrétienne, très peu de temps après sa naissance, d’avoir à s’exprimer dans des cultures différentes de celles du creuset juif où elle était née. Ce fut sans doute une extraordinaire révolution, pour les Juifs qui avaient adhéré au christianisme, que d’accepter que les païens venus à cette même foi, n’aient pas à se soumettre à la Loi de Moïse, en particulier à la circoncision et aux prescriptions alimentaires pour devenir chrétiens. Leçon partiellement oubliée par l’Église, notamment au XIXe siècle où, devenir chrétien, pour un Africain par exemple, signifiait en même temps devenir occidental. Le souci de l’inculturation qui se développe actuellement chez les chrétiens d’Afrique et d’Amérique latine peut paraître une nouveauté de ces dernières années. En fait, il renoue avec une des traditions les plus anciennes de l’Église et qui a d’une façon radicale orienté son histoire. Cette ouverture culturelle n’est qu’un aspect d’une autre tradition plus générale et plus fondamentale, constamment oubliée dans l’Église, mais aussi constamment réaffirmée, à savoir le refus de toute exclusion, et de tout ce qui peut la provoquer. 

 
les tremblements du monde

les tremblements du monde

de Patrick CHAMOISEAU & COLLECTIF

Les merles moqueurs (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 17/02/2009 | 8,50 €

 

Extrait...

 

Mondialisation, mondialité, pierre-monde. (par Patrick Chamoiseau)

   Le cheminement - Un écrivain c'est quelqu'un qui chemine de manière singulière vers un inatteignable nommé "littérature". Dans le cadre de cette proposition, on peut admettre que le poète suit des pistes de voyance vers la poésie, et que le romancier s'invente une trace vers l'idée du roman. Ce qui produit une œuvre, c'est ce cheminement qui n'aboutit jamais mais réalise deux choses.

Si l'on à affaire à un grand important, la première vertu de ce cheminement serait d'augmenter l'histoire de la littérature d'une trace singulière, innovante, pleine de ce bouleversement inattendu où surgit la beauté. La seconde serait de permettre à ce créateur de régenter un chaos intérieur, une catastrophe intime, où les désirs d'exploration de soi, de l'humain, du Vivant et du monde, s'érigeraient en instances essentielles. Ainsi, de livre en livre, et si tout va pour le mieux, l'écrivain élabore pour lui-même un mieux-vivre, tout comme il peut, bien entendu, exacerber une impossibilité de vivre.

Tout artiste chemine ainsi vers une compréhension de l'art qui est le sien. Et il passe généralement sa vie à cheminer sans fin, à se construire dans ce chemin. Le plus extraordinaire, c'est que si la lirtérature (ou I'Art en général) demeure inatteignable, c'est parce que ces cheminements solitaires qui se rapprochent d'elle, ne font que l'éloigner. Ils l'éloignent d'autant plus, qu'à chaque pas véritable, ces cheminements la redéfinissent, lui ouvrent des horizons, des impossibles, des indécidables, et la préservent, de génie en génie, de la stérilisation d'une réussite et des abîmes d'une certitude.

C'est pourquoi, il y a toujours un inabouti dans les oeuvres de l'Art, comme dans la littérature, comme dans l'élaboration d'un roman. Pour évaluer ses ouvrages, Faulkner mesurait l'éclat de leur échec. Plus l'échec était grandiose - à force d'audace, de courage, d'endurance opaque - mieux l’œuvre ouvrait à la consolation et à l'amorce d'une nouvelle tentative. Car, en la matière, la perspective la plus feconde est celle qui maintient, et qui approfondit, l'indécidabie, l'indéfinissabie, les perspectives toujours fecondes de l'inatteignable. En fait, on chemine vers son art pour ne pas y arriver : on demeure désirant...

Le paysage de la mondialisation - Pour l'écrivain d'aujourd'hui, le contexte du cheminement est celui d'une mondialisation. Le paysage dans lequel il chemine, ce n'est pas sa seule langue, sa société de référence,sa seule urgence localisée, même si tout cela peut constituer ( comme le dit avec raison Milan Kundera) un "petit contexte". Il se trouve désormais en face du monde, comme  au débouché d’un immense paysage. Un paysage indéchiffable, avec ses possibles, ses écrasements, ses vertiges de souffles et de possibles à définir.

Alfred Dreyfus, un homme court dans la nuit

Alfred Dreyfus, un homme court dans la nuit

de Anne MONTEIL-BAUER

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 05/01/2009 | 11,00 €

 

 

Une traversée poétique inspirée du journal tenu par Alfred Dreyfus durant les cinq années de sa déportation sur l’île du Diable en Guyane.

  « Car enfin, il n’y avait pas seulement le procès Dreyfus. L’erreur judiciaire avait un corps. Là-bas, à des milliers de kilomètres, un innocent torturé succombait sous une accumulation presque inouïe de souffrances. Il fallait délivrer ce malheureux en même temps que la vérité. La vérité aurait pu attendre, à la rigueur, pas l’homme  ».

                                                                                   Léon Blum

  C’est qu’Alfred Dreyfus n’est pas seulement gênant parce que spectaculairement incorrect, il l’est aussi parce qu’il refuse de se poser en victime de la haine antisémite, jamais il n’entrera dans le discours des antisémites, il se bornera inlassablement aux faits qui lui sont reprochés, on l’accuse de trahison, il n’a pas trahi, point. On aurait voulu qu’il pleure, il se tient droit et raisonne. C’est un être profondément rationnel, profondément laïque, ses valeurs sont celles de la justice et de la démocratie, c’est à elles qu’il s’accroche. La laïcité ne nous dit-elle pas que si nous avons des convictions religieuses, celles-ci sont du domaine du privé, de l’intime ? La démocratie ne se porte-t-elle pas garante d’une justice appliquée équitablement à tous ? 

 

Extrait...

Monsieur le Président de la République,

 

Accusé, puis condamné sur une preuve d'écriture...

 

Monsieur le Président de la République,

Je ne viens solliciter ni grâces, ni faveurs, ni convictions morales ;

Je demande, je supplie qu'on fasse la lumière pleine, entière sur cette

machination.

Je vous demande justice !

 

Monsieur le Président de la République,

Je ne parle pas des souffrances physiques, elles ne sont rien ; les peines

du coeur sont tout.

 

Il est pris d'un vaste fou rire.

Comme dans les glaces des fêtes foraines, une image démultipliée de lui-même, des lettres tendues dans les main, s'échappe à l'infini sous son regard.

Tout son corps est chahuté par un hoquet nerveux, entre la fièvre et les larmes, il se lève, il plie la lettre, il sourit, fractions bleu ciel gagnées sur l'enfer, ses yeux sont brûlants, droits, perdus dans le

lointain ; il tend l'enveloppe à ses gardiens.

On a enfin prévenu ma famille que les lettres devaient passer par la voie du ministère!

Toujours rien, le coupable n'est pas découvert.

Mais je ne lâcherai pas pied !

Il pleut, les pluies torrentielles de Guyane que la chaleur dessèche mais qui pourtant transpercent.

ça tourne !

ça tourne !

de Yves NEYROLLES

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 17/12/2008 | 19,00 €

 

« Pour sortir de l’usine, il fallait emprunter un escalier de bois au-dessus duquel était la grande courroie de cuir, reliant la « roue » (installée sur la rivière dans le cœur le plus sombre d’un hangar sombre) à une grosse poulie de métal, placée juste au-dessus de la porte du premier atelier, l’atelier du devant, en tête d’un axe qui traversait presque toute l’usine et que ponctuaient d’autres poulies, de métal ou de bois, pour transmettre, à l’aide de courroies de cuir plus fines, la force motrice que nous offrait plus ou moins généreusement l’eau de la Doye, née à peine plus haut, sous les éboulis qui retiennent le lac de Sylans… La commande de la "roue" — principe classique du moulin à eau — c'était une tige de métal, fichée entre deux grandes baies à même la paroi de l'atelier, comparable à ces signaux d'aiguillage qu'on trouve au bord des voies ferrées. Tirée vers le bas, la tige commandait la déviation des eaux de la rivière vers le chenal de la roue dont les godets, se remplissant peu à peu, provoquaient l'entraînement de la grosse bête ronde tapie dans son éternelle nuit, ombre encore plus impressionnante dans l'ombre dès qu'elle entamait son éructation quotidienne, grâce à laquelle l'usine "tournait". » (extrait)

Telles sont les premières lignes de ce retour sur sa jeunesse qu’Yves Neyrolles construit au fil des pages. Inventaire, ré-invention, à partir de l’usine familiale, de l’éducation reçue, des rêveries adolescentes, avant la fuite vers d’autres horizons…

 
Curtis

Curtis

de Dominique SALON

A CHARGE (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 15/09/2008 | 7,00 €

 

Le texte...

« Curtis est sec et rapide, essentiellement visuel, expressionniste. La psychologie y est quasiment inexistante, du moins dans le sens habituel qui sert à camper un personnage-narrateur, à le suivre, à s'identifier. On relit Curtis comme on se repasse un film, en choisissant le moment opportun. Il y a toujours quelque chose de nouveau qui échappe à la compréhension et se déplace, un peu comme dans les livres de Vischer, dadaïste. »

 

Extrait...

Curtis connaissait rien d’autre que la nausée. Curtis était black.

Curtis se la pétait black.

Curtis était fier.

Curtis était beau.

Curtis écrasait tout tellement ça le faisait.

Curtis avait la classe.

 

Les histoires démarraient train-train, les rails droits devant, tout allait bien. Ça inventait un âge d’or, le paradis pas perdu et merde ! Le tragique. On connaissait la chanson, ça surgissait sans crier gare. Le trou noir. Tout refaire. Lutter sans autre choix. Rester à la surface. Les pieds moulinaient dans la mer pour garder la bouche en l’air. Ça durait des heures. Une vie. S’en sortir encore et encore. On y croyait. On faisait la planche. On se disait « j’y suis ». On se surprenait à être bien. C’est pour moi, vous êtes sûrs les mecs ? L’état de grâce, bon sang. Tout collait. Les flux apaisés. Les reflux en caresses. L’esprit et le corps ensemble. Mais non, les travaux d’Hercule, la bataille avant le prochain arrêt. Les Marquises à peine entrevues. En finir pour du qui mieux mieux et rebelote. À la mort, à la vie. Hop ! Hop ! Conclusion, fallait creuser un trou au milieu de ce merdier, un énorme trou, une tombe, un abri où se réfugier et laisser passer la vague. Carburer tête baissée. Pire encore, tenir le rythme, se consumer, arriver au bout et vite et bien. Rêver d’un trou. Ensevelir cette tumeur narrative. Garder les contours. Juste la coquille. La forme parfaite. Fuir le tragique. Du banal sans le romanesque. Fuir le cinéma. Prendre le pognon, mon frère.                                      

 
Entre mondialisation et décroissance : L'autre Afrique

Entre mondialisation et décroissance : L'autre Afrique

de Serge LATOUCHE

La ligne d'horizon (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 22/07/2008 | 12,50 €

 

Ce livre est un recueil d'articles ou de conférences qui revient utilement sur la question de l'Afrique informelle, celle des naufragés du développement, suite à la faillite économique de l'Afrique « officielle » : en 1998, la part de l'Afrique noire dans l'économie mondiale représentait moins de 2 %. Les différents chapitres donnent des éclairages divers sur les rapports entre l'Afrique et la mondialisation, tout en situant le continent africain par rapport à des débats contemporains, tels ceux sur la décroissance, et en revenant sur des questions plus anciennes, comme celle de l'aide au tiers monde. Basé notamment sur des expériences de terrain, le propos de l'auteur tente de cerner comment « l'autre Afrique » peut être considérée comme un « laboratoire de la postmodernité », c'est-à-dire une alternative viable à la débâcle économique induite par la mondialisation.

                                      

Les ruines de la future maison

Les ruines de la future maison

de Hélène DASSAVRAY

A CHARGE (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 15/05/2008 | 12,50 €

 

“ Auprès d’un cerisier au tronc bleu, une femme a élu domicile dans une cabane, entourée de ses enfants et de leurs pères ; parce que les gens qui entrent dans mon cœur n’en ressortent jamais. Une vie sur pilotis qui grandit plus sûrement que la construction de cette maison qu’elle espère. Cette chimère que les enfants surnomment les ruines de la future maison, c’est aussi le défi d’une mère, d’une amante, plus déterminée à sauvegarder l’Amour, à veiller à ce qu’il se ramifie à ciel ouvert, qu’à l’ensevelir dans une existence conformiste. Dans ce récit drôle et tendre, on apprend ce qu’est la quête de chaque jour pour manger, boire, réclamer le R.M.I ou des aides à la Caisse d’allocations familiales, chercher entre les planches disjointes du plancher la monnaie qui manque pour le pain… Précarité, pauvreté, misère ne sont que des mots pour travailleurs sociaux. Rien de cela ne flotte sur la corde à linge autour de la future maison. C’est l’art de la débrouille qui prime et permet à la narratrice d’offrir aux siens une flambée d’amour quotidienne car elle semble plus apte à célébrer la vie sous toutes ses formes qu’à la domestiquer. On maraude aussi dans ce campement de fortune, des bonheurs à portée de mains, les nuits d’amour dans la caravane, le vin de l’amitié, les mots d’enfant. Les saisons et les fêtes se suivent au rythme des surprises de la nature… et des visiteurs au grand cœur qui approvisionnent le frigidaire et nourrissent les rêves des enfants autour de la grande tablée. Une belle liberté revendiquée et honorée par une femme qui n’est pas près de vieillir. “

                                                          Paola Pigani   

Les Mécaniques : Suivi de Des arbres

Les Mécaniques : Suivi de Des arbres

de Jean-Baptiste CABAUD

Poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 15/04/2008 | 10,60 €

 

 

Extrait...

L’HUMIDE

 

Il y avait un corps et de la bruine

Mais il n'y avait pas de larmes

Le corps c'était le mien dans le lit au ras du sol

Le bruit des plantes résignées et pleurantes

Du petit jardin inconnu

M'avait réveillé doucement

Il n'y avait pas de brume

Mais j'en revois le jardin couvert aujourd'hui

Le ciel pleurait pour moi

Si j'avais eu envie de pleurer

Automne dehors automne dans le cœur

Mais non je n'avais pas envie

Peut-être juste un peu de fatigue

La campagne est belle pour cela

Il n'y a que de la pierre et de l'herbe

Elle sait forcer à vivre au rythme de son rythme

Il y avait la vie dans la maison

Qui venait de reprendre

Des gens

Et la frontière de la porte laissée ouvertement grande

La veille parce que je voulais faire semblant de dormir

Dans le jardin

 

 

 

 

 

 

 

                                      

 

 

Bétail

Bétail

de Michel GUET

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 15/03/2008 | 10,80 €

 

Chapitre I

VENDREDI

 

PÉRIMÈTRE DE SÉCURITÉ AUTOUR DE PARIS : ZONE DE MARAÎCHAGE D’ÉTAT - TRAFIC DE TICKETS DE RATIONNEMENT DE BIOCARBURANT À STRASBOURG - SOCIÉTÉS MINIÈRES : UN PLAN SIDA EN AFRIQUE DU SUD - PUCES D’IDENTITÉ SOUS-CUTANÉES OBLIGATOIRES : MESURES DE SIMPLIFICATION ADMINISTRATIVE DÉCLARE LE SECRÉTAIRE D’ETAT - NUITS CHAUDES DANS LES BANLIEUES : TROIS CRS SAUVAGEMENT CAILLASSÉS - PRÉVISIONS DU MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE DURABLE : BON INDICE DE CROISSANCE POUR L’ANNÉE EN COURS - ATTENTAT NUCLÉAIRE SANS PRÉCÉDENT DES FONDAMENTALISTES À MEXICO - COLLOQUE À PARIS SUR LE SECOND PRINCIPE DE CARNOT ET LA LOI D’ENTROPIE GÉNÉRALISÉE - DRAME DE L’EXCLUSION : LE DÉSESPÉRÉ TUE L’ÉLÉPHANT DU ZOO DE MULHOUSE - LE DELTA DU GANGE ÉVACUÉ SUITE À LA MONTÉE ENDÉMIQUE DES EAUX, TRENTE MILLIONS DE DÉPLACÉS – CONDOMINIUMS : HABITER L’AVENIR, SÉCURITÉ ET ÉCOLOGIE – RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE : LA FRANCE SERA ÉPARGNÉE - DISNEY WORLD REMPORTE LE PRIX ET LE MARCHÉ EUROPATRIMOINE - L’ALLIANCE EUROVERTS ET LA SÉCURITÉ INFORMATIQUE DURABLE  -  BACCALAURÉAT : 99% DE RÉUSSITE PRÉVU CETTE ANNÉE.

1

Mille quatre cent trente-deux mètres. Le Mont Pilat. Au nord ce qui était Lyon, au sud ce qui fut Marseille autrefois. Arrête, tu blagues c’est pas Marseille, c’est Valence qu’on voit se mit-Elle à rire en lui prenant le bras. À leurs pieds la vallée du Rhône, la grouillance, le bétail. Un serrement de gorge le prit à la pensée du bétail - non pas de dégoût - au contraire, par excès d’empathie, par déception, par désappointement ; ignoble gâchis. (extrait) 

 

L'Ombre : Récit et lettres

L'Ombre : Récit et lettres

de Jean Louis CARRON

Poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/03/2008 | 9,60 €

 

Extrait...

 

Le temps va s'effondrer au giron des gorges, la grotte d'Enimie dont la source et l'aube entrouvrent la part tombale. Dernière torsion. Tresse piégée du corps à la fin du discours sur un dernier neume gommé de la voix relâchant ses cordes : l'haleine du coeur qu'elle envoie à qui l'attend. Sa dernière attention est figée, le corps impuissant, sens dissipés, les yeux encore ouverts sur le paysage qui meurt en elle, et bientôt clos dans un instant de pudeur avant la toilette du corps. La filleule est à sa veille comme la buée d'un miroir au tain en attente d'un passage qui prend enfin sa place au bout de l'âge. Sa beauté obsédante disparaît du visage cédant à la fixité de l'icône, quelque chose de plat et de froid, la pensée soustraite aux accords dans le sang bavard brusquement figé.

 

Il est passé dans la nuit, rapide, si rapide qu'elle ne s'est pas sentie enclose dans la craie blanche, sans s'éveiller, et le matin est venu.

 

La mort, peut-être un livre qui relie le fil d'Ariane. Les mots sur les pages, et de page en page, se sont déplacés comme s'ils dansaient, papillons de mémoire, échange de pollen autant que de paillettes, des mots troublés dont le dernier se pose en tête du livre, après le point final inaugural, l'oublié qui vient conclure, l'innocent qui ne connaissait pas sa naissance, va apprendre enfin les mystères de son langage et entamer le tissage de la voile.

 
La Poesie/Nuit

La Poesie/Nuit

de COLLECTIF

coédition Villenoise? Théatre (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/03/2008 | 10,00 €

Anthologie-catalogue de la seconde édition du festival “la poésie / nuit”, manifestation dédiée à l’écriture et aux pratiques poétiques contemporaines qui se déroulait au mois de mars, à Lyon. Ce recueil d’une dizaine de contributions, proposées par les auteurs invités lors de cette deuxième édition, dresse un large panorama des pratiques poétiques contemporaines, de l’écriture ambigüe glissée entre manifeste et fiction (Antoine Dufeu) aux dispositifs d’ambiance de La Rédaction, du traitement des événements médiatiques contemporains (Franck Leibovici) aux détournements parodiques (Alex Pou). Ainsi l’ouvrage témoigne d’un événement qui a eu lieu ; c’est à la fois une (pour)suite et un témoignage. Les images du photographe Didier Grappe qui l’illustrent rejoignent ce projet en interrogeant les idées de représentation ; elles démontrent, avec malice et loin de tout didactisme symbolique, qu’écouter vaut mieux que montrer pour couvrir – ou découvrir – un événement.

Boeings Laboureurs

Boeings Laboureurs

de Daniel SYGIT

Poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/03/2008 | 12,00 €

 

Ainsi fulgurent-ils, par impact...

Boeing Laboureurs Sygit ne creusent pas dans un sol originaire des sillons rectilignes connus, mais de l'autre côté des horizons, ils inventent l'espace illimité et neuf pour une constellation des fragments poétiques. Chaque fragment est comme le relief en surplomb d'un grand mouvement traversier nous mettant, selon un angle variable d'ouverture, en relation plurielle avec le monde. En chaque fragment viennent battre des forces du cosmos, des forces de la terre... En chaque fragment viennent se répercuter des forces du politique et des forces émotionnelles. Ces forces conjuguent les conditions sous lesquelles et avec lesquelles Sygit parle les corps et les espaces qu'il parcourt. C'est pourquoi cette voix de Sygit multipliée libère le son polyphonique d'une cavalcade musicale particulière : celle d'une camaraderie des minoritaires qui avançant sur leur ligne de bordure en diluant les fantômes d'un désastre possible, se comprennent de vertige à vertige dans le saut et par l'ellipse.

Joël Couve  

 

                                                                                                               

 

 

                      

 
Carnet de voyage en Pologne : Du 15 au 30 mai 2006

Carnet de voyage en Pologne : Du 15 au 30 mai 2006

de François DE RAVIGNAN

La ligne d'horizon (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/11/2007 | 11,80 €

Que se passe-t-il à nos portes chez les paysans des pays de l’Est rattachés à l’Union Européenne en 2004 ? Pour en savoir plus, François de Ravignan, agronome, a effectué en mai 2006 un voyage en Pologne avec une équipe de ruralistes. Il en a rapporté le présent carnet de voyage. La Pologne abrite une forte population agricole, puisque le quart de sa population active est paysanne. Mais, suite notamment à l’entrée dans l’Union Européenne et à l’application de la Politique agricole commune, l’agriculture polonaise est en pleine mutation. Le nombre d’exploitations est déjà en train de diminuer, dans un pays où le taux de chômage est de 17%. Que vont devenir ces paysans chassés de la terre ? Les pratiques agricoles, jusqu’à présent relativement respectueuses des équilibres écologiques, tendent à s’industrialiser. Pourra-t-on éviter à la Pologne de voir disparaître sa culture paysanne ?