l'autre LIVRE

Écriturques

STRUMA - 72 jours de drame pour 769 juifs au large d’Istanbul

STRUMA - 72 jours de drame pour 769 juifs au large d’Istanbul

de Halit KAKINÇ

Écriturques (TURQUOISE) | Paru le 24/09/2020 | 21,80 €

Automne 1941 : la rumeur de l’arrivée, au port de Constanta, d’un ­navire luxueux ayant pour destination la Palestine, se répand ­rapidement au sein de la communauté juive du pays. D’aucuns y voient l’occasion de fuir
les persécutions qui se multiplient dans une Roumanie collaborant avec l’Allemagne nazie. En dépit de l’inquiétude que suscite la découverte du Struma, véritable épave, les émigrants espèrent que celui-ci les conduira à bon port. Il ne poussera pourtant jamais au-delà d’Istanbul. Pour l’immense majorité des passagers, mis en quarantaine par les autorités turques et ­réduits à survivre dans des conditions épouvantables, la mer Noire sera le dernier horizon.

En reconstituant l’histoire personnelle de quelques-uns d’entre eux, l’auteur de ce roman historique ravive la mémoire des milliers de migrants juifs qui cherchèrent à fuir les exactions et l’extermination en Europe de l’Est. Il rappelle à nos contemporains cet ­épisode ­méconnu de la Seconde Guerre mondiale et éclaire les rouages ­politiques qui conduisirent à l’échec de nombreuses tentatives ­d’immigration clandestine en Palestine.

Halit KAKINÇ, né à Ankara en 1952, est journaliste, écrivain et ­traducteur. Après un doctorat en relations internationales obtenu à l’université d’Istanbul, il a travaillé pour différents journaux en tant que directeur
de publication et éditorialiste. Il est l’auteur de plusieurs essais et romans historiques.

Ouvrage préfacé par Esther BENBASSA, historienne, directrice d’études à l’École pratique des hautes études (Sorbonne), titulaire de la chaire d’histoire du judaïsme moderne, sénatrice EELV du Val-de-Marne.

Illustration de couverture : Abidin DINO

Se coucher pour mourir

Se coucher pour mourir

de ADALET AGAOGLU

Écriturques (TURQUOISE) | Paru le 01/04/2014 | 22,00 €

Au début des années 1970, à Ankara, une femme, Aysel, entre dans une chambre d’hôtel, s’y déshabille et se couche, bien décidée à boire le calice de la vie. Acte radical, c’est aussi le prétexte pour elle, dans ce crépuscule d’une mort ­orchestrée, de mesurer le chemin parcouru, de faire le bilan de son existence. Que de chemin en effet ! Fille de petit commerçant d’Anatolie, Aysel devient professeure d’université ! Mais à l’afflux des réminiscences que reste-t-il ?

Une liberté durement acquise, une vie construite surtout en réponse aux exhortations modernisatrices de la République ; en butte aux valeurs et références de sa famille. Alors cette existence, l’a-t-elle vraiment voulue ?

Dans le sillage d’Aysel, l’auteure nous plonge aussi dans les vies des jeunes de son âge, tout juste immergés dans la Turquie moderne. C’est le journal intime du fils du sous-préfet appartenant à l’élite et a priori promis à un bel avenir qui nous est alors montré ; ou, a contrario, les souvenirs du jeune paysan que son instituteur envoie à Ankara afin qu’il essaie, justement, d’en avoir un d’avenir ; ou encore la correspondance épistolaire de jeunes filles promises au mariage…

Ce roman choral brosse un portrait vivant, complexe et subtil des trois ­premières décennies de la république en Turquie après la mort de Mustafa Kemal Atatürk, de 1938 à 1968, et nous confronte également aux conflagrations de la seconde guerre mondiale. Sont alors dévoilés avec brio les espoirs, les illusions et les contradictions de cette époque et de cette modernité imposée d’en haut.

 

Adalet Agaoglu est l’une des écrivaines les plus importantes de la littérature turque. Née en 1929, elle étudie la philologie de la langue française à la faculté de langue et d’histoire-géographie d’Ankara. Puis Adalet Agaoglu intègre en 1951 le service public de l’audiovisuel (TRT – Télévision et Radio de Turquie) en tant que dramaturge. Après l’intervention militaire de 1971, elle démissionne en réaction à la censure imposée par l’armée qui porte atteinte à l’autonomie de la radio publique. Elle décide alors de consacrer son existence à l’écriture et s’essaie à différents genres.

Une quarantaine de ses ouvrages ont été édités : des pièces de théâtre, des romans, des nouvelles, des essais qui, pour la plupart, ont été traduits dans plusieurs langues et récompensés par de nombreux prix. Son célèbre roman Se coucher pour mourir est traduit en français pour la première fois.

Lâlé la blanche

Lâlé la blanche

de ÖMER SEYFETTIN

Écriturques (TURQUOISE) | Paru le 01/03/2014 | 20,00 €

 

Lire Ömer Seyfettin est un choc. Le choc de la guerre et des bouleversements liés à l’agonie de l’Empire ottoman. Choc de l’ancien qui se meurt sans que n’émerge le neuf. Choc des mots qui, pour la première fois en Turquie, ­plongent dans le grand bain de la prose et de ce réel tissé d’atrocités, de violences, trempé de ­couleurs, de sons et d’émotions intenses. Jeune nouvelliste, Ömer ­Seyfettin nous entraine avec lui dans la matière traumatique et fascinante des Balkans, de l’Anatolie du début du XXe siècle. Il meurt à 36 ans, terrassé par le diabète et l’Histoire. Si elle n’a pas raison de la maladie, son incroyable énergie littéraire produit des anticorps face à l’anéan­tissement promis alors aux Turcs et à la Turquie. Ömer Seyfettin n’écrit pas pour ­vivre mais pour survivre. Il secoue le joug de la vieille langue ottomane et y fait entrer par effraction la nouveauté et la violence du monde. Il taille dans les mots comme le réel taille dans la vie. Son ambition? ­Donner une langue et une identité à son peuple, les fondements d’une nation, ce ­berceau du progrès. Écrivain révolutionnaire, ce grand lecteur de Maupassant pose de solides fondations à la littérature moderne turque. Un formidable témoignage sur le destin de ce pays.

 
 
Ömer Seyfettin est considéré comme le père de la nouvelle en langue turque. Né en 1884 à Balîkesir (Anatolie occidentale), il devient officier de l’armée ­ottomane. La découverte des auteurs français réalistes de la fin du XIXe siècle éveille sa vocation littéraire, et sa vie se place très tôt sous le double signe de la guerre et de l’écriture. Témoin de l’effondrement ottoman, il devient partisan de l’émergence d’une Turquie nationale et œuvre à substituer un turc moderne à la vieille langue ottomane. En 1912, lorsque la guerre des Balkans éclate, il est mobilisé et fait prisonnier par les Grecs. Il rentre à ïstanbul un an plus tard et se voue alors complètement à son œuvre. De 1913 à 1920, il produit plus de cent cinquante nouvelles qui plongent dans la réalité des Balkans et de ­l’Anatolie du début du XXe siècle, mêlant fiction et souvenirs dans une ­écriture forte et dépouillée. Il s’éteint le 6 mars 1920, à l’âge de 36 ans.
Diyarbakir <br /><small>La ville qui murmure en ses murs</small>

Diyarbakir <br /><small>La ville qui murmure en ses murs</small>

de SEYHMUS DIKEN

Écriturques (TURQUOISE) | Paru le 01/11/2010 | 20,00 €

Diyarbakir, le Tigre, la Mésopotamie : cinq mille ans pour une histoire d’amour qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, au XXIe siècle, Diyarbakir – « Amed » de son nom kurde – est la métropole du sud-est de la Turquie, une agglomération en extension permanente que les Kurdes de cette région tiennent pour leur « capitale ».

Dans cet ouvrage, publié en français pour la première fois, Seyhmus Diken se fait la voix de sa ville natale – une voix douce et amicale, une voix apaisée. Voix de son passé, de ses murs antiques et monumentaux, de cet anneau de pierre noire qui lui offre les plus longues fortifications urbaines de la planète. Au fil des pages s’impose le caractère basaltique d’une cité que dévorent le présent, les souffrances et les vagues de l’exil des hommes. L’auteur donne la parole aux lieux enfouis, détruits et oubliés, aux sensations, aux amitiés envolées, à cette nostalgie que distillent chants et poèmes où se rêve Diyarbakir. À mille lieues de tout discours urbanistique, il se livre à un essai de géographie intime, conviant en ses lignes un assemblage unique de souvenirs personnels, d’anecdotes et d’airs populaires qui donnent une chair si singulière à cette ville fugitive.

Suivre le sillage du guide Seyhmus Diken, c’est plonger – par le texte et ici par l’image – dans la mémoire d’une Turquie « turque » mais aussi kurde, juive, arménienne, syriaque et chrétienne, d’une Turquie bien plus complexe et bigarrée que ne le dit, que ne le veut le présent. C’est en redécouvrir les promesses.

 

Seyhmus Diken 
Écrivain et chroniqueur, il est l’un des plus grands spécialistes de Diyarbakir, sa ville natale.
Né en 1954 dans une famille kurde, il a fait ses études à la faculté des sciences politiques d’Ankara. Vivant actuellement à Diyarbakir, il est conseiller auprès du cabinet du maire. Militant actif au sein de la société civile turque depuis de nombreuses années, il est également passionné par l’histoire locale et orale de la Turquie, et notamment par l’identité et la culture de ses villes. Chroniqueur prolifique, Seyhmus Diken est aussi l’auteur de sept ouvrages, tous consacrés à sa ville et à sa région natales. Il est le représentant du Pen Club pour Diyarbakir.

Le Mont des Oliviers <br /><small>L'Empire ottoman et le Moyen-Orient, 1914-1918</small>

Le Mont des Oliviers <br /><small>L'Empire ottoman et le Moyen-Orient, 1914-1918</small>

de FALIH RIFKI ATAY

Écriturques (TURQUOISE) | Paru le 10/11/2009 | 18,00 €

Depuis les Balkans jusqu’au Moyen-Orient, de 1913 à 1918, l’Empire ottoman connaît les déchirements d’un déclin auquel la Grande Guerre mettra un terme terrible.

« — Mon pacha, pourriez-vous me dire pour quelle raison nous sommes entrés dans cette guerre ? — Pour pouvoir payer les salaires ! » 

Paroles cyniques, bien réelles, d’un homme, Djamal Pacha, commandant de la IVe armée, qui dirigea d’une main de fer le Moyen-Orient à cette époque. Avec Enver Pacha et Talat Pacha, il fut l’un de ceux qui, à la tête de l’Empire ottoman après la révolution des Jeunes-Turcs, le précipitèrent dans le chaos et causèrent finalement sa débâcle.

Cette débâcle, c’est précisément la plume de Falih Rîfkî Atay, alors jeune officier dans l’état-major de Djamal Pacha basé à Jérusalem, qui va nous la rendre réelle à travers ses récits, ses anecdotes empruntées au quotidien. Un jour, face à une mère qui implore : « — Avez-vous vu mon Ahmet ? » l’auteur avoue son impuissance… « Qu’est-ce qui extermina ton Ahmet ? s’interroge-t-il :les glaciers, le sable, l’eau, les plaies du scorbut ou les poux du typhus ? Même si ton Ahmet avait pu sauver sa peau de toutes ces calamités, il serait tellement méconnaissable que tu lui demanderais aussi : “As-tu vu mon Ahmet ?” » 

Passage émouvant où affleure l’écriture sensible de Falih Rîfkî Atay, matière d’un témoignage rare et panoramique sur une époque, sur une région et sur ses peuples : Turcs, Arabes, Juifs, Arméniens…, tous acteurs d’un front méconnu de la première guerre mondiale.
 

 

Falih Rifki Atay (1894 – 1971)
Considéré comme l’un des plus grands éditorialistes et écrivains turcs, Falih Rifki Atay fit des études de littérature à l’université d’Istanbul. Il se tourna ensuite vers le journalisme et commença en 1913 sa carrière au sein du quotidien Tanin (L’Écho). Pendant la première guerre mondiale, il devint officier de réserve affecté, à la demande du grand Djamal Pacha, au quartier général de la IVe armée. Il fut le triste témoin de ce conflit qu’il vécut sur différents fronts, en Palestine, dans le Sinaï et en Syrie. Après l’armistice, il fonda le quotidien Aksam (Le Soir), soutien actif de la guerre de Libération. Il devint alors un proche de Mustafa Kemal Atatürk qu’il a toujours soutenu dans ses réformes et leur continuité. C’est dans cette même optique qu’il fonda en 1952 le quotidien Dünya (Le Monde). Ses souvenirs, servis par une plume exceptionnelle, sont une source de renseignements importante sur son époque et sur la vie d’Atatürk.

Leïla, fille de Gomorrhe

Leïla, fille de Gomorrhe

de YAKUP KADRI KARAOSMANOGLU

Écriturques (TURQUOISE) | Paru le 10/11/2009 | 18,00 €

Istanbul danse avec l’ennemi. C’est l’occupation après la Grande Guerre. Dans un Empire ottoman démantelé, ne subsiste que ce lambeau. Et bien que détestés, les occupants alliés – anglais, français, italiens – fascinent.

Accumulant conquêtes et prestige, la belle Leïla mène une vie mondaine tumultueuse. Entre le capitaine Jackson Read et son fiancé Necdet, son coeur hésite. Se brûlant les ailes au contact d’un Occident dévoyé, Leïla devient alors la proie idéale d’une époque trouble. De soirées en rencontres, de débauches en désillusions, les destins se croisent : madame Jimson, Nermin, Marlow, Miss Moore, Azize Hanim… Autant de personnages qui s’enivrent de bonheurs futiles et opportunistes.

Mais qu’adviendra-t-il d’eux ? De ces Turcs, de ces Anglais, de ces Français que l’histoire oblige à se côtoyer ? À travers le souvenir de Sodome et Gomorrhe purifiées par le feu, l’espoir subsiste pourtant. Au loin, en Anatolie, des Turcs se battent pour la Libération. Sauvera-t-on Istanbul ? Que deviendra-t-elle ?

Seul roman paru sur la capitale ottomane occupée, Leïla, fille de Gomorrhe est, au-delà de la fiction, un récit singulier sur les bouleversements de cette ville jusqu’ici inexplorés. Et un habile prétexte à la critique de sociétés vouées aux plaisirs faciles, embourbées dans leurs contradictions…

 

Yakup Kadri Karaosmanoglu (1889 – 1974)
Il est l’un des plus grands romanciers turcs du XXe siècle. Ses oeuvres sont marquées par la culture française et fortement influencées par les réalités de l’histoire de son pays, depuis la fin de l’Empire ottoman jusqu’à la République des années cinquante. Deux traductions françaises de ses ouvrages sont déjà parues : Yaban (« Étranger »), éd. Cent Pages/Unesco, et Ankara, éd. Turquoise.

Ankara

Ankara

de YAKUP KADRI KARAOSMANOGLU

Écriturques (TURQUOISE) | Paru le 01/07/2008 | 18,00 €

De ville millénaire, au milieu de la steppe anatolienne, dont l’histoire se confond avec celles de civilisations prestigieuses, hittite, romaine et byzantine, Ankara se perd au fil des siècles Et la voilà emportée à la fin de la Grande Guerre dans la débâcle de l’Empire ottoman largement battu, ruiné et envahi par les Alliés. Et pourtant…

C’est à Ankara que bat dans les années vingt le cœur de la Révolution turque menée par Mustafa Kemal Atatürk. Jeune patriote idéaliste, Selma est alors prise dans la tourmente.

La ville devient le théâtre de ses ambitions, de ses amours exaltées. Une âme aussi fervente peut-elle se contenter d’un mari falot ? Elle l’abandonne et épouse un officier. Mais avec la République, plus attiré par le faste des honneurs, ce dernier y perd son âme et délaisse sa jeune épouse. Qu’en est-il alors de la soif d’absolu de Selma ? Et si au lieu d’être une femme émancipée, elle n’était qu’une femme égarée dans le tourbillon de l’Histoire ? ?Puis elle rencontre Neset Sabit, et sa vie s’en trouve bouleversée.

Capitale méconnue d’une Turquie dont on parle souvent, Ankara apparaît pour la première fois au cœur d’une fiction. C’est alors l’occasion pour l’auteur, Yakup Kadri, à travers la vie amoureuse d’une jeune Stambouliote, de décrire la naissance de cette grande métropole moderne. ?C’est aussi l’occasion pour lui, dans un style romanesque à l’envi, d’évoquer successivement la période mouvementée de la guerre de Libération, les premières annéesde la République et les métamorphoses de la nouvelle société turque, avant de clore son roman en se projetant dans un avenir, qu’il voudrait lumineux, à travers la rêverie de Selma.

 

Yakup Kadri Karaosmanoglu (1889 – 1974)
Il est l’un des plus grands romanciers turcs du XXe siècle. Ses oeuvres sont marquées par la culture française et fortement influencées par les réalités de l’histoire de son pays, depuis la fin de l’Empire ottoman jusqu’à la République des années cinquante. Une traduction française d’un de ses ouvrages est déjà parue : Yaban (« Étranger »), éd. Cent Pages/Unesco.