l'autre LIVRE

POESIE

Payne

Payne

de FLORENT PAPIN

POESIE (TÊTE À L'ENVERS (LA)) | Paru le 10/09/2019 | 14,00 €

Des profonds montaient parfois
Une inquiétude de chemin vive
Voire, agissante
Une réserve
Et les feuillages y stoppaient net
Dans leur toilage de branches raidies

Qu’y avait-il de rage à s’appliquer à mieux paraître ?
Qu’y avait-il de ruse à s’obstiner dans le bleu-gris ?

Ces mots si clairsemés

Ces mots si clairsemés

de PEGLION SABINE

POESIE (TÊTE À L'ENVERS (LA)) | Paru le 16/05/2019 | 18,00 €

Mots étouffés
Mots interdits

Ici la voix s’est essoufflée
brisée
Elle se retient
au bord du vide

Mots refoulés

Se crée âpre noir
si dur rempart

Se crée
à la nuit arraché

ce chant à tous confié

 

Comprenne qui pourra, la poète avance pas à pas dans la violence de la vie mais aussi dans le labyrinthe des mots, se parlant à elle-même – pour s’encourager à rassembler ce que le vent a clairsemé, ces mots que le miroir brisé a laissés éparpillés dans l’opacité du passé ? Certainement aussi pour trouver dans les mots de pierre l’espérance du présent.
Transformer ce qui se disperse et que le vent emporte et aller vers où le destin nous conduit.

Mémoires inconnues

Mémoires inconnues

de Cécile OUMHANI

POESIE (TÊTE À L'ENVERS (LA)) | Paru le 10/04/2019 | 18,00 €

« quelles voix murmurent
à ton oreille endormie
des mots qui s’égarent
tu ne les comprends pas
ils s’échappent vers les ombres
tapies loin dans ces replis
où s’attardent des souvenirs
qui ne sont plus les tiens

mais déjà tu aperçois la rive
et tu te retournes en vain"

 

Il y a des visions qui restent vouées à ne jamais tout à fait s’incarner. Elles demeurent installées dans la nuit, signes fugitifs de mille strates logées  dans l’épaisseur de nos vies, brèves empreintes laissées par ceux que nous croisons, sans les connaître. »

Elle avait sur le sein des fleurs de mimosa

Elle avait sur le sein des fleurs de mimosa

de Julien BOSC

POESIE (TÊTE À L'ENVERS (LA)) | Paru le 17/01/2019 | 16,00 €

Ce poème lyrique, qui nous raconte une histoire d’amour et de deuil, porte « le vent errant de la parole désœuvrée » d’un « amour inhumé à qui je parle ». Mais les mots du poème, « à mesure qu’ils se fourvoient, s’effacent dans l’inachevé », et la tentative de dire reste aléatoire. Car, dans cette quête propre au destin humain, les « mots du corps » peuvent-ils rendre compte des « lacis de la mélancolie », de cet « avant-silence du récit » ?

Auteur de plusieurs livres, Julien Bosc a publié De la poussière sur vos cils aux éditions la tête à l’envers et, chez d’autres éditeurs, entre autres recueils, Tout est tombé dans la mer, Maman est morte, La coupée.
En 2013, il a fondé une maison d’édition, Le phare du cousseix, dédiée à la poésie contemporaine.
Il est décédé quelques mois avant la parution de ce poème, en octobre dernier.

Naître c'est longtemps

Naître c'est longtemps

de Claudine BOHI

POESIE (TÊTE À L'ENVERS (LA)) | Paru le 23/09/2018 | 16,00 €

Être née

tu ne sais pas le faire

longtemps

 

tu retournes là où

c’est avant

 

perdue

 

tu confonds

 

 

"Que cherchons-nous en nous-mêmes et jusqu’au fond de la langue

si ce n’est à échapper à l’étroit, à ce qui de nos vies et de nos pensées

nous emprisonne ou nous rétrécit. Nous cherchons à naître à ce quelque

chose qui nous habite mais que nous ne saisissons pas, à accéder à ce

territoire d’avant les mots, ancien et à venir, qui scintille au fond de la

parole, cette langue mélangée de corps.

Ce territoire est inépuisable, et il est à tout le monde.

Ce territoire est infini comme le réservoir du langage.

Nous sommes plus grands que nous.

À charge pour le poète d’en donner témoignage."

Ce long sillage du coeur

Ce long sillage du coeur

de Philippe LEUCKX

POESIE (TÊTE À L'ENVERS (LA)) | Paru le 25/05/2018 | 15,00 €

Vous étiez ma part de ténèbres
Ou ma course ou ma feinte
Lorsque je rêvais de vous
Déjà vous n’étiez plus
Vous alliez à l’ombre
Quand je désirais la lumière
Votre cœur désappris
Quand le feu couvait lourd
M’apprenait à me taire
Et conserver ainsi
L’écume de votre amour
Mais rien n’y fait
Le temps plaide sa part
Coupable
Et je poursuis ma trace
Sans même savoir le jour
Vous avez fui je n’y suis plus
La nuit même éclairée
Absorbe l’âme des rêves

 

La nuit réconcilée

La nuit réconcilée

de ROBINET JACQUES

POESIE (TÊTE À L'ENVERS (LA)) | Paru le 07/03/2018 | 17,00 €

Va au plus simple
au plus léger
avec des mots nus
sans habits de fête

Des mots de source
de brise de poussière

Énonce seulement
cela qui brille encore
au fond de la rivière
où tant d’eau est passée

Une perle scintille
dans la boue du lisier
Les fleurs renaissent
au bord du chemin

Ne garde que la lumière

 

à la brunante

à la brunante

de Serge AIROLDI

POESIE (TÊTE À L'ENVERS (LA)) | Paru le 15/10/2017 | 14,00 €

Lune-lune-lune

Il y eut un déchirement inaugural,

l’endroit où l’eau creuse le passage,

le lit & enfin le gouffre,

le fracas.

Les hommes y vinrent

cheminant à pas lourds vers le trou,

bondissant

dans la mousse, comme sur le sol lunaire

 

Pong

Pong

de Jean-Christophe BELLEVEAUX

POESIE (TÊTE À L'ENVERS (LA)) | Paru le 06/06/2017 | 14,00 €

Ces poèmes ont été écrits pour partie en hôpital psychiatrique. L’institution y est évoquée, mais l’auteur, reclus sous/le plafond pariétal, se livre autant à une introspection qu’à la peinture de ce qui l’entoure. Colère, désespérance, mais aussi fantaisie, humour et dérision.
je n’ai jamais su/ hors la transpiration des mots/sculpter le volume/de mon existence écrit Jean-Christophe Belleveaux et encore : les petits totems des poèmes peuvent-ils consoler ?
C’est ce rapport aux mots et à la poésie qui va dessiner le chemin vers la consolation désirée.

 

Jean-Christophe Belleveaux est né en 1958 à Nevers. Il a fait des études de lettres et appris la langue thaï à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales à Paris. Il a animé la revue Comme ça et Autrement durant sept années. Grand voyageur, il a parcouru l’Asie et d'autres continents, l’Europe, l’Afrique et l’Amérique centrale. Il se consacre désormais à l’écriture et à des interventions auprès de tous publics, y compris scolaires.

L'entaille

L'entaille

de Frédérique THOMAS

POESIE (TÊTE À L'ENVERS (LA)) | Paru le 01/03/2017 | 16,50 €

Sculpter, c’est reprendre des corps à l’ombre amère,
les tirer de la tombe, de la terre qui les a mangés.
Il y faut la lumière baissée d’étoiles mortes, de lucioles
et de feux follets.
Les volets tenus ouverts, les froissements d’ailes, le passage des fantômes,
les hululements de l’air dans les branches tremblées.
Puis le saisissement du jour qui se lève lissant le monde et dorant
les plaies.

Ancienne restauratrice d’art formée à Venise, Frédérique Thomas vit et travaille à Soustons, dans les Landes. Ses sculptures, de la petite figure intime au grand format d’extérieur, en stuc, terre cuite, bronze ou cimarbre, sont présentées à la galerie Dom’Art à Dax. Elles n’ont pas de titres qui constitueraient – selon l’artiste – une recapture par le langage alors que l’œuvre d’art a pour vocation d’en explorer les failles.
Les paroles viennent ici non par explication, non en commentaire, mais comme une lumière de biais jaillie du même paysage intérieur.