l'autre LIVRE

Usages de la mémoire

Médaillons

Médaillons

de Zofia NALKOWSKA

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 09/10/2018 | 15,00 €

Zofia NALKOWSKA (1884-1954) fut une écrivaine renommée en Pologne dès les années 1910. Après la Seconde Guerre mondiale, elle participa à la Commission d'enquête sur les crimes allemands en Pologne, assistant aux interrogatoires des témoins, aux procès des victimes, à des enquêtes sur place, en particulier dans le camp d'extermination de Chelmo. C'est alors qu'elle rédigea Médaillons, récits entre fiction et document, entre narration et compte rendu, entre pensées prêtées aux protagonistes et descriptions réalistes. Ils furent publiés en 1946.

Chacun des huit textes concentre l'horreur de la guerre et de la Shoah : convoi de déportés, ghetto vu du côté aryen, expérimentation sur les détenus, aspect économique des camps d'extermination, etc.

Traduits dans plusieurs langues, ces textes pionniers de l'écriture de témoignage mirent à nu des aspects insoutenables d'une expérience alors toute proche. Leur écriture "blanche", éloignée du pathos, expression de la stupeur devant le "sort que des hommes ont réservé à d'autres hommes", demeure pour le lecteur d'aujourd'hui un choc qui interdit d'oublier.

Contes et récits juifs et ukrainiens du pays houtsoule

Contes et récits juifs et ukrainiens du pays houtsoule

de Boris CZERNY

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 15/06/2018 | 25,00 €

Les textes contenus dans cet ouvrage ne sont pas ordinaires. Certes, il y est question de bergers et de princesses, de héros vaillants au cœur généreux et de magiciens aux pouvoirs surnaturels. Mais les montagnes des Carpates qui servent de cadre naturel aux exploits de Dovbouch, le bandit houtsoule, là où le fondateur du mouvement hassidique, le Ba’al Shem tov, vient chercher la communion avec Dieu, sont peu ou mal connues et apparaissent nimbées d’un mystère favorisant les projections fantasmées les plus insolites. Pour la première fois, un même ouvrage réunit des récits, contes et légendes traduits du russe, de l’ukrainien, du yiddish et de l’hébreu dans lesquels sont présents à la fois des personnages juifs et ukrainiens (houtsoules). L’ensemble des textes apporte un éclairage original sur les relations entre ces deux peuples. Les récits sont précédés d’une présentation historique.

Mémoire multidimenstionnelle. Repenser l'Holocauste à l'aune de la décolonisation

Mémoire multidimenstionnelle. Repenser l'Holocauste à l'aune de la décolonisation

de Michael ROTHBERG

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 07/01/2018 | 27,00 €

Mémoire multidirectionnelle constitue un tournant à la fois dans le travail de Michael Rothberg et dans la  façon de concevoir les mémoires plurielles : en dépit des instrumentalisations politiques dont celles-ci peuvent faire l’objet et de leur caractère parfois antagoniste, il s’agit de les considérer non plus seulement dans leur dimension de conflit ou de concurrence, mais à travers les dialogues, les interférences et les imbrications qui se tissent entre elles en réponse aux événements du présent. Le concept dynamique de mémoire multidirectionnelle apporte un éclairage nouveau sur la relation entre mémoire et histoire d’une part, mémoire et identité de l’autre, en retraçant les voies complexes, souvent détournées, que suivent les héritages des événements traumatiques pour se construire dans l’espace public. Mémoire multidirectionnelle fournit également de nouveaux outils pour penser le lien entre mémoires individuelle et collective et propose de nouveaux cadres conceptuels pour éclairer la postérité des violences de masse et construire une épistémologie de la mémoire.

Une histoire sans traces? Le patrimoine matériel russe et la culture mémorielle actuelle

Une histoire sans traces? Le patrimoine matériel russe et la culture mémorielle actuelle

de Eva BERARD & Luba JURGENSON

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 19/08/2017 | 25,00 €

Pour penser la dimension mémorielle de l’imaginaire spatial et de l’appropriation symbolique de l’espace, cet ouvrage interroge les traces – urbaines, muséales ou paysagères – d’un passé partagé visible ou caché, assumé ou refoulé. Alors que l’espace russe présente un intérêt tout particulier pour l’étude des rapports entre patrimoine, histoire et mémoire, il fait figure de parent pauvre dans la vaste bibliographie internationale consacrée à la mémoire architecturale et muséale. Ce recueil vise, parmi d’autres objectifs, à replacer la question du patrimoine matériel russe dans le paysage culturel européen.
Il était convenu, au XIXe siècle d’opposer la « jeune » Russie à la « vieille Europe ». Aujourd’hui, la Russie revendique fort son riche passé, mais est-elle prête à en prendre soin et à faire des sacrifices pour le conserver ?
Au cours des soixante-dix ans de son histoire, l’Union soviétique a été le terrain d’une modernisation industrielle et urbaine à pas forcé et d’une rupture radicale avec le passé pré-révolutionnaire. La destruction massive de l’héritage matériel et spirituel s’est poursuivie durant des décennies. La postérité de cette disruption oeuvre encore aujourd’hui dans l’imaginaire social et spatial, modèle le visage des villes et joue dans les politiques patrimoniales. A côté des contributions historiques sur l’histoire du patrimoine architectural au XIXe siècle, le recueil présente des études sociologiques et ethnologiques sur les pratiques mémorielles de la société russe de nos jours et des études sur ce pan fondamental de l’histoire russe que représente « l’archipel du Goulag ». La mémoire matérielle du Goulag – ses traces – est mise en relation avec les pratiques de mémorialisation des violences dans le monde.

5 cahiers photo couleur

Sur les oeuvres silencieuses. Contribution à l'étude de l'art d'après Auschwitz

Sur les oeuvres silencieuses. Contribution à l'étude de l'art d'après Auschwitz

de Paul BERNARD-NOURAUD

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 01/04/2017 | 27,00 €

L’art d’après Auschwitz n’existe pas. Aucun artiste ne se réclame ouvertement de ce qui ne saurait être considéré comme un mouvement, et qui est à peine une appellation commune. Ceux qui le font plus timidement sentent bien qu’il y a dans leur démarche quelque chose de déplacé, qu’une telle revendication impose qu’ils la justifient avec d’infi nies précautions auxquelles doivent pareillement s’astreindre les historiens de l’art qui cherchent à mettre en évidence, non pas l’existence de l’art d’après Auschwitz, donc, mais le fait qu’il constitue cependant une dimension – une dimension peut-être fondamentale – de l’art contemporain.
C’est à la mise au jour de cette dimension des images qui peuplent nos imaginaires que s’attache cette étude
en portant attention aux différentes formes qui ont connu depuis Auschwitz certaines inflexions majeures pourtant souvent restées inaperçues : qu’il s’agisse des contours des figures ou des fonds, de l’emploi des couleurs, ou encore de l’échelle de la représentation des corps humains. Tous motifs dont le visage figuré est sans doute l’indice le plus évident, lui qui a pour partie perdu sa contenance propre chez des artistes aussi différents qu’Alberto Giacometti, Francis Bacon, Zoran Music, Jean Fautrier, Oscar Muñoz, William Kentridge ou encore Michal Rovner.

Temoigner par l'Image

Temoigner par l'Image

de Paul BERNARD-NOURAUD & Luba JURGENSON

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 27/10/2015 | 27,00 €

Les violences de masse du XXe siècle ont donné lieu à un immense corpus d'images. Peintures, dessins, récits graphiques, objets peints : images testimoniales, mémorielles, documentaires et artistiques, réalisées dans des camps et lieux de réclusion clandestinement ou sous contrainte, ou de mémoire après-coup: face aux régimes génocidaires ou répressifs, l'image constitue un espace essentiel d'élaboration des événements extrêmes ainsi que de transmission de vécus traumatiques ou de données documentaires. À la fois, donc, lieu de construction de l'événement et de soi, mais aussi archive historique, cette production visuelle n'a été à ce jour que peu étudiée de manière spécifique en comparaison avec les recherches consacrées au témoignage littéraire.
Né du constat de cette carence, le présent recueil constitue un premier pas pour une réflexion pluridisciplinaire sur ce corpus polymorphe. Il s'agit de cerner les différentes façons de témoigner par l'image, mais aussi de soustraire cette interrogation - sans perdre de vue le problème du statut des œuvres - à la seule emprise du testimonial pour donner une place à la complexité des démarches artistiques et des contextes.
Ces huit contributions explorent des images portant sur la Shoah, le Goulag et l'institution psychiatrique soviétique, le génocide des Tustsi au Rwanda et celui perpétré par les Khmers rouges au Cambodge, la dictature argentine.

 

Paul Bernard-Nouraud est doctorant en théorie et histoire de l'art au sein du Centre de Recherche sur les Arts et le Langage (CRAL, EHESS) et à Paris IV, auteur, entre autres, d'un essai sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès ("Les Ombres solitaires", 2012) et d'un essai sur la figure du "musulman" dans les camps de concentration nazis ("Figurer l'autre", 2013).

Luba Jurgenson est maître de conférences à Paris IV (Eur'ORBEMICRAL). Elle a publié notamment "L'Expérience concentrationnaire est-elle dicible?" (2003), "Création et tyrannie" (2009) et, en collaboration, "Le Goulag en héritage, pour une anthropologie de la trace" (2009), "Des témoins aux héritiers, la Shoah et la culture européenne" (2012), "Le Tourisme mémoriel en Europe centrale et orientale" (2013).

 

Souvenirs d'un officier ottoman (1914-1923)

Souvenirs d'un officier ottoman (1914-1923)

de Faik TONGUÇ

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 09/04/2015 | 28,00 €

Si la guerre de 1914-1918 sur le Front Ouest est bien connue, qu'en est-il du conflit qui opposa, sur le Front du Caucase, la Russie, alliée de la France, et l'Empire ottoman, allié de l'Allemagne? La disparition de ces empires, dès 1918, a fait sombrer dans l'oubli la guerre cruelle que ces Puissances se sont livrée, dans des montagnes glaciales en hiver et écrasées de chaleur en été.

Cette traduction des souvenirs d'un officier turc, Faik Tonguç, ouvre de nouvelles perspectives pour le lecteur français. La période d'instruction, l'arrivée au front, les combats, le froid, la faim, les héros et les incompétents: les carnets du jeune chef de section d'infanterie décrivent d'une plume vivante et parfois acérée, la vie des combattants au jour le jour en en rappelant les particularités mais aussi l'universalité. L'auteur, fait prisonnier, relate la lente déportation jusqu'en Russie du Nord, le camp de prisonniers, l'évasion puis le retour dans sa patrie. Une fois en Turquie, dans un pays à l'économie ruinée, il faut se résoudre à vivre et à pratiquer des métiers de hasard. Couvrant la période de 1914 à 1923 (Premier conflit mondial puis Guerre d'indépendance), ces carnets nous entraînent dans une évocation de première main des rêves et de l'existence de la jeunesse turque contemporaine de Mustafa Kemal.

Territoires en Partage. Politiques du Passé et Expérience de Cohabitation en Transylvanie

Territoires en Partage. Politiques du Passé et Expérience de Cohabitation en Transylvanie

de Bianca BOTEA

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 13/12/2013 | 28,00 €

Bianca Botea est maître de conférences en ethnologie à l’Université Lumière Lyon 2 (Centre de Recherches et d’Études Anthropologiques). Elle mène actuellement des recherches en Roumanie et en France sur les transformations des espaces urbains en lien avec les problématiques mémorielles.

 

La fabrication de la Transylvanie comme paysage mémoriel et patrimonial s’enracine dans un événement historique ancien, un changement de frontières étatiques en 1920. Ce dernier a fait émerger des narrations officielles différentes voire conflictuelles rattachées à deux constructions nationales et à deux pays voisins. Que reste-t-il aujourd’hui de cette mémoire historique renvoyant à une expérience nationale traumatique, d’une part, et à un haut-lieu d’histoire et de gloire nationales, d’autre part ? Comment un espace à contours flous et sans assise administrative donne-t-il lieu à une catégorie sensible et performative ? À l’heure de l’élargissement européen, cette réflexion ne relève plus uniquement d’une logique de changement de frontières mais révèle des tensions relatives à la cohabitation sur un même territoire d’une diversité de populations. Cet ouvrage, fondé sur une recherche réalisée principalement dans la ville de Cluj-Napoca en Roumanie, nous mène à travers plusieurs lieux, musées, fêtes urbaines, structures associatives, espaces ordinaires de la ville qui, aujourd’hui, participent de ce paysage mémoriel et patrimonial compétitif se déployant à une échelle locale, nationale, transfrontalière et transnationale. Là, peuvent s’observer des phénomènes de production ou d’actualisation du passé, permettant de s’interroger sur les dynamiques de renouvellement du nationalisme, du régionalisme et de l’ethnicité en Europe, ainsi que des conceptions du territoire associées à ces pratiques. Enfin, ils mettent en avant la complexité des processus de fabrication de l’espace public en contexte plurilinguistique et pluriconfessionnel.

 

Le tourisme mémoriel en Europe centrale et orientale

Le tourisme mémoriel en Europe centrale et orientale

de Delphine BECHTEL & Luba JURGENSON

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 29/11/2013 | 28,00 €

 

Le XXe siècle a connu des violences extrêmes, de la Shoah aux purifications ethniques et aux déplacements forcés de populations entières. La carte de l’Europe et de ses populations a subi une recomposition drastique durant et après la Seconde Guerre mondiale.

Après 1989, avec l’ouverture des frontières, est apparu un tourisme nostalgique et mémoriel : le retour des expulsés sur les lieux perdus de leur enfance, mais aussi celui de survivants ou de victimes de persécutions qui reviennent sur les lieux du désastre et des violences commises par ou dans le sillage des régimes totalitaires.

Ce tourisme de la mémoire, parfois nommé aussi « tourisme noir », se dirige d’une part vers les lieux de la destruction (Auschwitz, Treblinka) ou de la répression (des prisons, des camps d’internement), mais aussi vers les villes ou les localités où l’histoire familiale s’est cassée. Les « touristes du souvenir » recherchent les traces non pas d’une enfance heureuse, mais au contraire, d’une brisure, d’un traumatisme, d’une mémoire qui hante leur présent et qu’ils cherchent à exorciser. Ils cherchent à reconstituer une partie d’une histoire familiale ou individuelle perdue, parfois sur plusieurs générations. La quête de cette mémoire meurtrie est souvent devenue un élément constitutif de l’identité en Europe centrale et orientale après 1989.

 

Delphine Bechtel est maître de conférences HDR à l’Université Paris-Sorbonne. Elle est spécialiste des cultures allemande, yiddish et centre-européennes. Elle a notamment publié La Renaissance culturelle juive en Europe centrale et orientale 1897-1930 et codirigé un volume sur Les villes multiculturelles en Europe centrale, tous deux parus chez Belin.

Luba Jurgenson est maître de conférences HDR à l’Université Paris-Sorbonne. Elle est spécialiste de la représentation des violences extrêmes du XXe siècle. Elle a notamment publié Création et Tyrannie URSS / 1917-1991 aux Éditions Sulliver et a codirigé le volume Des témoins aux héritiers. L’écriture de la Shoah et la culture européenne, aux Editions Petra.

 

 

Les ombres solitaires : Essai sur la pièce de théâtre Dans la solitude des champs de coton, de Bernard-Marie Koltès

Les ombres solitaires : Essai sur la pièce de théâtre Dans la solitude des champs de coton, de Bernard-Marie Koltès

de Paul BERNARD-NOURAUD

Usages de la mémoire (PÉTRA) | Paru le 01/10/2012 | 28,00 €


Après avoir étudié le théâtre à l'Université Libre de Bruxelles et à l'Université de Séville, Paul Bernard-Nouraud est actuellement doctorant en Théorie de l'Art et du Langage à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris.


Dans la solitude des champs de coton, la pièce majeure de Bernard-Marie Koltès, met en scène la venue de deux hommes, le Dealer et le Client. Dans l’espace de leur rencontre, entre hostilité et rapprochement, se joue le commerce du temps, un commerce qui, peu à peu, rappelle au spectateur que les hommes entre eux sont liés par une obligation réciproque, qu’ils sont tenus par la dette. Dans la solitude des champs de coton donne à voir cet événement de l’endettement mutuel qui porte en lui aussi bien les promesses de l’entente que celles de la tragédie. En inscrivant l’œuvre dramatique de Koltès dans la perspective d’une généalogie de la dette au théâtre, notamment au travers des pensées de Paul Ricœur et d’Emmanuel Levinas, cet essai tente de préciser les voies singulières que Dans la solitude des champs de coton emprunte pour faire retentir cet immémoré mémorable de la dette. Car en effet, chaque fois que le texte est porté sur une scène à la parole, celle-ci ravive la mémoire assoupie de la dette ; comme s’il revenait aux ombres du théâtre d’exposer cette ombre de la dette qui lie et délie les hommes de leur solitude.