l'autre LIVRE

Essais

Rythmes amoureux

Rythmes amoureux

de Serge MARTIN

Essais (OTRANTE) | Paru le 14/01/2020 | 30,00 €

Les poèmes offrent certainement le maximum de corps dans le langage?: telle serait l’hypothèse de Serge Martin à partir d’un corpus poétique pluriel des trente dernières années du XXe siècle. Sans viser une typologie, la force corporelle de ces œuvres y est observée au moyen de cinq activités comme autant de leviers d’écoute la plus fine possible de ce que fait un poème par corps au langage, à la vie même?: énoncer, incorporer, se rapprocher, correspondre, emmêler.

Ce faisant, toujours à partir des poèmes, l’auteur essaie de construire une critique forte des points de vue, linguistiques ou littéraires, psychologiques ou sociologiques, philosophiques ou poétologiques, concernant les tensions d’un faire l’amour dès que poème, voire dès que langage puisque la force amoureuse en constituerait un principe anthropologique.

En fin de compte, cette enquête montrerait que plus rien ne peut s’achever en définitions. Tout y est mis en mouvement jusqu’à faire le pari qu’avec le poème, c’est toujours pour la première fois. Ou alors ce n’est ni de l’amour ni un poème, parce que les poèmes, quand ils sont poèmes, font l’amour. Voilà la conviction acquise au bout de cet ouvrage qui aura contribué quelque peu, on l’espère, à une anthropologie historique du langage par les rythmes amoureux.

Serge Martin est professeur émérite de littérature à l’Université Sorbonne nouvelle Paris 3. Il a publié récemment Voix et relation. Une poétique de l’art littéraire où tout se rattache (Marie Delarbre, 2017), Ghérasim Luca, une voix inflammable (Tarabuste, 2018) et L’Impératif de la voix. De Paul Éluard à Jacques Ancet (Garnier, 2019). Il est écrivain sous le nom de Serge Ritman (Ta Résonance, ma retenue, Tarabuste, 2017).

 

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Daniel Biga, Francis Dannemark, Ludovic Degroote, Jacques Dupin, Antoine Emaz, Alain Frontier, Didier Garcia, Bernard Heidsieck, Franz Kafka, Jean-Michel Maulpoix, Bernard Noël, Alexis Pelletier, Christian Prigent, Jacques Réda, Jacqueline Risset, James Sacré, Eugène Savitzkaya, Jean-Pierre Sintive, Jude Stéfan, Marina Ivanovna Tsvetaïeva, Bernard Vargaftig, Alain Veinstein, etc.

Traité du paysage moderne

Traité du paysage moderne

de Damien ZIEGLER

Essais (OTRANTE) | Paru le 14/05/2019 | 28,00 €

Peinture, littérature, musique, mise en scène, philosophie, sciences, cinéma.

Après deux essais consacrés au cinéma, Damien Ziegler propose dans ce traité une approche renouvelée des concepts de nature et de paysage et invite le lecteur / spectateur à contempler un monde proche et familier, dont l’histoire fait écho à la sienne propre.

Au lieu de les exclure, science et philosophie du XXe siècle offrent à l’histoire naturelle et à l’histoire humaine de se rejoindre en un paysage, non plus indifférent et opaque, mais dorénavant fondé sur le concept, familier des économistes, de destruction créatrice. L’homme retrouve ainsi sa place au sein du cosmos, celle du juste milieu, du proche / lointain, et est à nouveau capable d’habiter le monde dans une urbanité réinventée où ponts, jardins et piscines constituent les lieux d’un accueil idéal.

L’intégralité de l’histoire de la représentation du paysage dans les arts (peinture, musique, mise en scène, cinéma) et la littérature est ainsi revisitée, de l’œuvre des pionniers jusqu’aux créateurs contemporains. Léonard de Vinci, Patinir, Turner, Cézanne, Mondrian, August Macke, Dali, Magritte, David Hockney,Bach, Mahler, Richard Strauss, Sibelius, Debussy, Schoenberg, Terrence Malick ou Michel Tournier, ainsi que quelques grands noms des sciences et de la philosophie, sont ici convoqués à la visite de ce paysage nouveau et enfin véritablement moderne.


Docteur en études cinématographiques, Damien Ziegler poursuit une œuvre d’essayiste consacrée plus particulièrement au thème de la représentation du paysage dans l’art.

De Faust au Golem

De Faust au Golem

de Florian BALDUC

Essais (OTRANTE) | Paru le 15/02/2019 | 29,00 €

« Aux sources de », sources de la lutte ou de l’entrée dans un nouveau monde, ou quand mouvements de populations, traductions de textes inconnus et découvertes pré-scientifiques nommée magiques posent un improbable et parfait contexte historique et religieux. Histoire des idées, de la science ou des religions, des premiers siècles au cœur de la Renaissance, de la naissance à la chute d’un monde.

Tout a déjà été écrit, largement étudié, exploité, pour ne pas dire épuisé, le magicien n’a plus rien à nous apprendre. Et pourtant, certaines preuves retenues jusqu’à nos jours ayant il y a peu été rejetées et d’autres ajoutées, que savons-nous réellement de Faust?? Quant au Golem, colosse d’argile devenu familier, quelles sont les raisons de son existence ou de sa conception, de ses transformations, de sa mise en garde, et de son grand retour en protecteur du ghetto de Prague aux premières heures du XXe siècle?? 

« Contemporains de l’invention de l’imprimerie, ils en sont les produits. L’un n’ayant pas laissé le moindre écrit et devenu légende de par ceux de ses détracteurs, l’autre, intemporel, né du Verbe et posé par la littérature du libelle de sang en contemporain de Faust, prisonnier d’une Prague imaginaire. »

Entre invention de l’imprimerie, chasse aux sorcières, guerres de religions, Kabbale et hermétisme, persécutions, combinaisons de lettres et agencements mathématiques, accusations de crime rituel, recherche de la langue originelle, association du Juif au Diable et littérature du libelle de sang, tentons, sur la base des légendes, de recherches et de documents récemment découverts, de comprendre qui ou ce que sont Faust et Golem, compagnons de route d’un Saint-Empire de la Renaissance, unis par le mensonge et le sang et qui devaient bientôt fusionner. Et plus encore, essentiellement et tragiquement, de se demander?: de Faust au Golem, pourquoi??

« Le Golem, vous savez, n’a pas oublié. Il est là?! Mais le Nom qui pouvait lui donner vie en cas de besoin s’est envolé.
Faites quelque chose — si vous le pouvez?! »

« Nous dépendons tous, à la fin
Des créatures que nous fîmes. »

Cathédrales de poche. William Morris et l’art du livre

Cathédrales de poche. William Morris et l’art du livre

de Florence ALIBERT

Essais (OTRANTE) | Paru le 04/10/2018 | 30,00 €

[texte de présentation du livre sur le site de l'éditeur]

 

 

 

Comment changer la société et réenchanter le livre?? William Morris, scandalisé par la laideur des livres de l’époque victorienne, entend y parvenir en créant des livres inactuels et néo-gothiques, non pas simples pastiches des siècles passés mais inspirés des manuscrits médiévaux et des premiers incunables de sa bibliothèque personnelle. Livres qui, selon lui, doivent tendre vers la perfection et incarner l’idéal voulu par John Ruskin, à l’image de l’une des plus merveilleuses réalisations du private press movement, le magistral et testamentaire Kelmscott Chaucer, décrit par le peintre préraphaélite Burne-Jones comme une «?cathédrale de poche?».

 

 

 

Florence Alibert offre ici de découvrir ou de redécouvrir au fil de la vie et des ?uvres de l'artiste, la dernière croisade du peintre, dessinateur, homme politique, poète, architecte et imprimeur William Morris, qui séduira nombre de créateurs britanniques, belges ou allemands et ne donnera lieu en France qu’à de timides et partielles expérimentations. Cathédrale et imprimé fusionnent, le livre, à la conception architecturale, devient un tout harmonieux. Et alors qu’il l’évoque parfois avec légèreté, la «?petite aventure typographique?» de Morris, devenue projet de plus grande envergure, se pose comme une enclave possible contre les conventions de la modernité : «?Je voulais imprimer quelques beaux livres. Et je voulais m’amuser. Et je peux dire que j’ai fait les deux.?»

 

 

 

Docteur en esthétique et philosophie de l’art, conservateur des bibliothèques, Florence Alibert est maître de conférences à l’Université d’Angers. Ses recherches portent sur les publications du private press movement en Europe autour de 1900 et sur la numérisation des collections patrimoniales.