l'autre LIVRE

Essais

Surréalisme : résister, réinventer la langue

Surréalisme : résister, réinventer la langue

de Raphaëlle HÉROUT

Essais (OTRANTE) | Paru le 15/09/2021 | 26,00 €

Et si la possibilité de « changer la vie » ou « transformer le monde », selon les mots d’ordre de Marx et de Rimbaud, passait d’abord et avant tout par une nouvelle façon de dire le monde ? Tel était le pari des surréalistes qui, en initiant une révolution culturelle, ont fait du langage l’arme première pour instituer un nouveau rapport au monde.

Cet ouvrage examine les différentes représentations de la langue pour saisir comment, par leurs manipulations poétiques, les surréalistes ont conféré au langage la fonction d’opérateur principal d’un bouleversement de l’ordre établi. Reconsidérée, repensée et réinventée, la langue fait reculer les limites de l’expression, vise à s’extraire de la pensée dominante, et à mettre à l’épreuve l’autonomie des individus.

A l’arrière-plan de ces représentations, c’est toute une réflexion politique qui se dessine : consacrer une pensée désinhibée, qui s’exprime par un rapport transgressif à la langue et aux normes, permet d’affirmer les bases d’une poétique émancipatrice et subversive.

Éloge du parergon

Éloge du parergon

de Sophie LESIEWICZ & Hélène VÉDRINE

Essais (OTRANTE) | Paru le 18/05/2021 | 30,00 €

 

 Entre 1890 et l’exposition des Arts décoratifs de 1925, le livre illustré fin-de-siècle prépare les révolutions esthétiques des avant-gardes, et opère une transition vers le livre d’artiste et le texte visuel.

Une telle évolution n’a pu se faire qu’en revendiquant le caractère essentiellement décoratif de l’illustration, étudiée ici sous l’égide du parergon

Désignant les ornements extérieurs encadrant une oeuvre d’art, cette notion invite à percevoir les éléments décoratifs du livre comme une recherche de la ligne purement expressive du dessin et de la typographie, et comme le fondement de nouvelles conceptions du livre, de la page, du texte, de la lettre et de l’image.

Ce volume collectif, doté d’un riche cahier iconographique, retrace cette mutation, analysant l’influence des presses privées et de grandes figures d’éditeurs-décorateurs mais aussi des revues artistiques et littéraires, en France, Belgique, Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Allemagne, Tchécoslovaquie, Russie. Il complète les travaux d’une journée d’études organisée en 2019 par Sorbonne Université et la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. 

Contributions de Florence Alibert, Giuliana Altea, Clément Dessy, François Fièvre, Clémence Gaboriau, Marie-Anne Jagodzinski, Jana Kanto?íková, Marine Le Bail, Sophie Lesiewicz, Serge Linarès, Olga Medvedkova, Évanghelia Stead, Rivka Susini, Nicole Tamburini, Élisée Trenc et Hélène Védrine.

Destruction et métamorphoses du corps dans l'enfermement

Destruction et métamorphoses du corps dans l'enfermement

de Béatrice MUNARO

Essais (OTRANTE) | Paru le 24/02/2021 | 27,00 €

En mettant en parallèle témoignages des camps et œuvres de fiction, cet ouvrage interroge les représentations du corps et offre une réflexion sur l’écriture des traumatismes de la Shoah et de l’épreuve de l’enfermement. Confusion identitaire et déshumanisation bousculent et mettent en doute l’individu, doute qui s’inscrit dans le langage même et laisse place à une langue de l’urgence et du désastre.

Peut-on trouver les symboles, les images, pour faire comprendre le basculement entre l’humain et l’inhumain et mettre en mots ce qui semble inimaginable, quand les mots, justement, ne semblent plus faire sens ou suffire ?

La littérature devient terrain fécond, de contournements et d’engendrement, pour dire le corps – corps anéanti, transformé, corps palimpseste – et, par et au-delà de l’expérience concentrationnaire, dire l’humain et ses métamorphoses.


Docteur en Littérature générale et comparée, Béatrice Munaro est depuis 2019 médiatrice pédagogique au Mémorial de la Shoah.

Un théâtre à côté : La Grimace

Un théâtre à côté : La Grimace

de Nathalie COUTELET

Essais (OTRANTE) | Paru le 01/10/2020 | 29,00 €

Des derniers feux de la Belle Époque au cœur des Années folles, de nombreuses et diverses initiatives théâtrales voient le jour et retombent tout aussi vite dans l’oubli, laissant cependant à la postérité quelques noms d’auteurs et metteurs en scène tels André Antoine, Aurélien Lugné-Poe, Jacques Copeau ou bien encore Gaston Baty. La Grimace est l’une d’elles, sincère et passionnée, créant, luttant et inventant, de 1912 à 1929, pour exister, s’exprimer, malgré l’adversité, la mainmise des théâtres en vue et les difficultés financières.

Mêlant amateurs et professionnels et œuvrant à faire découvrir de nouveaux talents, auteurs et textes en dehors ou « à côté » des circuits commerciaux et institutionnels traditionnels, la Grimace est l’un des fils invisibles ayant contribué, en marge des noms retenus par l’Histoire, à tisser le paysage théâtral de cette époque.
 

Interrogeant la notion même de « théâtre à côté » et réévaluant la place des compagnies marginales dans l’histoire du théâtre, donnant à voir et à comprendre les mécanismes à l’œuvre dans l’écriture, la mise en scène et la production des spectacles, comme les tensions et les blocages du champ théâtral, cet essai tente d’éclairer d’un jour nouveau les conditions du théâtre de ce premier XXe siècle.

 

Nathalie Coutelet est maître de conférence au département Théâtre de l’Université Paris 8, membre de l’EA 1573 « Scènes du monde, création, savoirs critiques ». Historienne du spectacle fin XIXe-début XXe siècle, elle a notamment publié Étranges artistes sur la scène des Folies-Bergère (PUV, 2015), Histoire des artistes noirs du spectacle français (L’Harmattan, 2012) et Démocratisation du spectacle et idéal républicain (L’Harmattan, 2012).

Rythmes amoureux

Rythmes amoureux

de Serge MARTIN

Essais (OTRANTE) | Paru le 14/01/2020 | 30,00 €

Les poèmes offrent certainement le maximum de corps dans le langage?: telle serait l’hypothèse de Serge Martin à partir d’un corpus poétique pluriel des trente dernières années du XXe siècle. Sans viser une typologie, la force corporelle de ces œuvres y est observée au moyen de cinq activités comme autant de leviers d’écoute la plus fine possible de ce que fait un poème par corps au langage, à la vie même?: énoncer, incorporer, se rapprocher, correspondre, emmêler.

Ce faisant, toujours à partir des poèmes, l’auteur essaie de construire une critique forte des points de vue, linguistiques ou littéraires, psychologiques ou sociologiques, philosophiques ou poétologiques, concernant les tensions d’un faire l’amour dès que poème, voire dès que langage puisque la force amoureuse en constituerait un principe anthropologique.

En fin de compte, cette enquête montrerait que plus rien ne peut s’achever en définitions. Tout y est mis en mouvement jusqu’à faire le pari qu’avec le poème, c’est toujours pour la première fois. Ou alors ce n’est ni de l’amour ni un poème, parce que les poèmes, quand ils sont poèmes, font l’amour. Voilà la conviction acquise au bout de cet ouvrage qui aura contribué quelque peu, on l’espère, à une anthropologie historique du langage par les rythmes amoureux.

Serge Martin est professeur émérite de littérature à l’Université Sorbonne nouvelle Paris 3. Il a publié récemment Voix et relation. Une poétique de l’art littéraire où tout se rattache (Marie Delarbre, 2017), Ghérasim Luca, une voix inflammable (Tarabuste, 2018) et L’Impératif de la voix. De Paul Éluard à Jacques Ancet (Garnier, 2019). Il est écrivain sous le nom de Serge Ritman (Ta Résonance, ma retenue, Tarabuste, 2017).

 

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Daniel Biga, Francis Dannemark, Ludovic Degroote, Jacques Dupin, Antoine Emaz, Alain Frontier, Didier Garcia, Bernard Heidsieck, Franz Kafka, Jean-Michel Maulpoix, Bernard Noël, Alexis Pelletier, Christian Prigent, Jacques Réda, Jacqueline Risset, James Sacré, Eugène Savitzkaya, Jean-Pierre Sintive, Jude Stéfan, Marina Ivanovna Tsvetaïeva, Bernard Vargaftig, Alain Veinstein, etc.

Autour de Critique

Autour de Critique

de Sylvie PATRON

Essais (OTRANTE) | Paru le 10/01/2020 | 19,00 €


Cet ouvrage constitue les actes de la première session du colloque « La revue Critique : passions, passages » qui s’est tenu au Centre culturel international de Cerisy-la-Salle et à l’IMEC du 14 au 21 juin 2019. Il concerne la première époque de Critique, revue générale des publications françaises et étrangères, fondée en 1946 par Georges Bataille aux Éditions du Chêne, dirigée officiellement par Georges Bataille, codirigée dans les faits par Georges Bataille et Éric Weil, publiée par les Éditions du Chêne, puis par les Éditions Calmann-Lévy, enfin par les Éditions de Minuit à partir de 1950.

Premier ouvrage collectif consacré à Critique, il complète les publications existantes en apportant des points de vue diversifiés sur la revue et offre un aperçu sur l’histoire intellectuelle des années d’après-guerre à travers l’évocation de certains épisodes et acteurs importants.
Contributions de Marina Galletti, Koichiro Hamano, Nicola Apicella, Sylvie Patron, Éric Hoppenot et Thomas Franck.


Sylvie Patron est maître de conférences habilitée à diriger des recherches en langue et littérature françaises à l’Université de Paris, membre du Centre d’études et de recherches interdisciplinaires en lettres, arts, cinéma (CÉRILAC). Elle a publié la première monographie sur Critique, issue de sa thèse de doctorat, et de nombreux travaux sur cette revue.

 

 

Traité du paysage moderne

Traité du paysage moderne

de Damien ZIEGLER

Essais (OTRANTE) | Paru le 14/05/2019 | 28,00 €

Peinture, littérature, musique, mise en scène, philosophie, sciences, cinéma.

Après deux essais consacrés au cinéma, Damien Ziegler propose dans ce traité une approche renouvelée des concepts de nature et de paysage et invite le lecteur / spectateur à contempler un monde proche et familier, dont l’histoire fait écho à la sienne propre.

Au lieu de les exclure, science et philosophie du XXe siècle offrent à l’histoire naturelle et à l’histoire humaine de se rejoindre en un paysage, non plus indifférent et opaque, mais dorénavant fondé sur le concept, familier des économistes, de destruction créatrice. L’homme retrouve ainsi sa place au sein du cosmos, celle du juste milieu, du proche / lointain, et est à nouveau capable d’habiter le monde dans une urbanité réinventée où ponts, jardins et piscines constituent les lieux d’un accueil idéal.

L’intégralité de l’histoire de la représentation du paysage dans les arts (peinture, musique, mise en scène, cinéma) et la littérature est ainsi revisitée, de l’œuvre des pionniers jusqu’aux créateurs contemporains. Léonard de Vinci, Patinir, Turner, Cézanne, Mondrian, August Macke, Dali, Magritte, David Hockney,Bach, Mahler, Richard Strauss, Sibelius, Debussy, Schoenberg, Terrence Malick ou Michel Tournier, ainsi que quelques grands noms des sciences et de la philosophie, sont ici convoqués à la visite de ce paysage nouveau et enfin véritablement moderne.


Docteur en études cinématographiques, Damien Ziegler poursuit une œuvre d’essayiste consacrée plus particulièrement au thème de la représentation du paysage dans l’art.

De Faust au Golem

De Faust au Golem

de Florian BALDUC

Essais (OTRANTE) | Paru le 15/02/2019 | 29,00 €

« Aux sources de », sources de la lutte ou de l’entrée dans un nouveau monde, ou quand mouvements de populations, traductions de textes inconnus et découvertes pré-scientifiques nommée magiques posent un improbable et parfait contexte historique et religieux. Histoire des idées, de la science ou des religions, des premiers siècles au cœur de la Renaissance, de la naissance à la chute d’un monde.

Tout a déjà été écrit, largement étudié, exploité, pour ne pas dire épuisé, le magicien n’a plus rien à nous apprendre. Et pourtant, certaines preuves retenues jusqu’à nos jours ayant il y a peu été rejetées et d’autres ajoutées, que savons-nous réellement de Faust?? Quant au Golem, colosse d’argile devenu familier, quelles sont les raisons de son existence ou de sa conception, de ses transformations, de sa mise en garde, et de son grand retour en protecteur du ghetto de Prague aux premières heures du XXe siècle?? 

« Contemporains de l’invention de l’imprimerie, ils en sont les produits. L’un n’ayant pas laissé le moindre écrit et devenu légende de par ceux de ses détracteurs, l’autre, intemporel, né du Verbe et posé par la littérature du libelle de sang en contemporain de Faust, prisonnier d’une Prague imaginaire. »

Entre invention de l’imprimerie, chasse aux sorcières, guerres de religions, Kabbale et hermétisme, persécutions, combinaisons de lettres et agencements mathématiques, accusations de crime rituel, recherche de la langue originelle, association du Juif au Diable et littérature du libelle de sang, tentons, sur la base des légendes, de recherches et de documents récemment découverts, de comprendre qui ou ce que sont Faust et Golem, compagnons de route d’un Saint-Empire de la Renaissance, unis par le mensonge et le sang et qui devaient bientôt fusionner. Et plus encore, essentiellement et tragiquement, de se demander?: de Faust au Golem, pourquoi??

« Le Golem, vous savez, n’a pas oublié. Il est là?! Mais le Nom qui pouvait lui donner vie en cas de besoin s’est envolé.
Faites quelque chose — si vous le pouvez?! »

« Nous dépendons tous, à la fin
Des créatures que nous fîmes. »