l'autre LIVRE

Parler debout

Qui a peur d'Annie Ernaux ?

Qui a peur d'Annie Ernaux ?

de Jérôme DENEUBOURG

Parler debout (LUNATIQUE) | Paru le 09/09/2019 | 12,00 €

« La première phrase de Victoria dans l’escalier est : « c’était affreux ». Elle ajoute que ça lui a fait « très mal », qu’elle a mal encore, « comme des coups de couteau » qu’on lui donnerait dans le ventre. »

 

Jérôme Deneubourg fait le récit d’un avortement clandestin qui a eu lieu en 2016, en Argentine — un pays où aujourd’hui l’avortement condamne les femmes à la prison ou à la mort. De son propre aveu, jamais il n’aurait eu l’idée, sans la lecture de L’événement d’Annie Ernaux, de venir en aide à son ex-petite amie.

À l’heure où l’avortement est remis en cause en France, on apprend comment les avortements clandestins continuent d’être pratiqués dans ce pays démocratique et cultivé, pourvoyeur de prix Nobel de littérature et du pape François. Dans Qui a peur d’Annie Ernaux ?, tout est vrai. Ce livre est en quelque sorte un contre-don indirect — ou comment un texte peut pousser à agir.

Jérôme Deneubourg a conçu son livre comme une lettre d’amour, que Victoria ne lira jamais.

Mon jeune grand-père

Mon jeune grand-père

de Philippe ANNOCQUE

Parler debout (LUNATIQUE) | Paru le 09/11/2018 | 20,00 €

Philippe Annocque s’est appliqué à déchiffrer les cartes postales que son grand-père, Edmond, adressait à ses parents alors qu’il était prisonnier de guerre en Allemagne, de 1916 à 1918. Ses mots d’aujourd’hui — explications, réflexions, exclamations, questions — se mêlent à ceux écrits pour dire, 100 ans plus tôt, le rien des jours qui se succèdent indéfiniment et se ressemblent infiniment. Mais, le rien n’est pas anodin, et le prisonnier de guerre, contraint par la censure, occupe de son écriture resserrée jusqu’à l’illisible l’espace restreint des cartes, pour dire tout simplement qu’il est vivant.

Dans Mon jeune grand-père, l’auteur superpose sa lecture à ce qu’il retranscrit, et cette lecture aussi il la donne à lire.

Le Manifeste du Zaporogue

Le Manifeste du Zaporogue

de Sébastien DOUBINSKY

Parler debout (LUNATIQUE) | Paru le 10/05/2017 | 10,00 €

Écrivains et lecteurs sont côte à côte dans cette quatrième guerre mondiale.
Armée de loqueteux et d’amateurs, au sort probablement semblable aux Républicains espagnols.
Mais, comme eux, déterminés.
On ne va pas laisser Lorca se faire fusiller une deuxième fois.
« Qui ? », demandent les Marchands, ironiques. Personne ne lit plus Garcia Lorca.
Mensonge.
Les vrais lecteurs le savent.
Ils savent encore d’autres noms. Des milliers, comme des étoiles lointaines.
Car, heureusement, certains Marchands sont aussi des vrais lecteurs et deviennent des passeurs.
Clandestins ou presque.
Parfois obligés d’être subventionnés pour survivre, de devenir mendiants.
Beaucoup meurent.
Certains sont rachetés et exterminés, ou vidés de leur âme.
Pillés.
La guerre, je vous dis.

Je suis une usine

Je suis une usine

de Yves LE MANACH

Parler debout (LUNATIQUE) | Paru le 10/05/2017 | 20,00 €

Le manuscrit de Je suis une usine est resté plus de quarante ans dans les papiers d’Yves Le Manach, à tel point qu’il en avait oublié jusque l’existence.
En 1973, son livre Bye Bye Turbin ! paraissait aux éditions Champ Libre, composé de notes et de textes écrits à la fin des années soixante, pour certains sur un coin d’établi, ou dans les chiottes de l’usine Sud Aviation, ou à l’heure du casse-croûte. Il avait quitté l’usine en 1970 pour s’installer à Bruxelles, avec sa compagne. C’est durant cette période qu’il a écrit ses « histoires d’usine », rue du Châtelain...

L’usine évoque abondamment, il est vrai, les violences et les frustrations trop longtemps contenues par ses « élus », tous les jours, tous les mois, toute la vie. Suffisamment pour expliquer que certains ne conçoivent d’autre liberté que l’irréparable. Ni d’autre échappatoire au monstre concentrationnaire que le monstrueux : « On ne s’étonnera pas si un jour les rêves nourris au plus secret d’eux-mêmes, rêves de violence, de mort,
de vengeance, d’amour et de totalité, viennent éclater dans la réalité. », nous prévient-elle.

Stéphane Prat

 

Né en 1942, Yves Le Manach grandit dans le quartier Sèvres Babylone (sur le Continent Contrescarpe dont les lettristes, puis les situationnistes, fréquentent les bistrots). « N’ayant pas compris comment l’on jouait au
jeu de l’égalité des chances », il échoue rapidement dans un centre d’apprentissage avant de se retrouver ouvrier ajusteur dans l’aéronautique, à Courbevoie.

 

Ma déconversion au judaïsme

Ma déconversion au judaïsme

de Benjamin TAÏEB

Parler debout (LUNATIQUE) | Paru le 14/01/2017 | 14,00 €

Né d’un père juif et d’une mère non juive, j’étais, enfant, considéré comme juif par les non-Juifs, car je porte un nom juif, et non-juif par les Juifs : la religion juive se transmet par la mère. C’est sans doute pour mettre fin à cette contradiction que mon père a souhaité que je sois converti au judaïsme.

Avec sincérité et humour, Benjamin Taïeb raconte en détail son immersion dans le judaïsme, afin de mieux nous faire comprendre ce qui, aujourd’hui, motive son choix d’en sortir. Fort réjouissant, cet ouvrage n’en est pas moins instructif et documenté.