l'autre LIVRE

Majuscules

Vicki et Mr. Lang

Vicki et Mr. Lang

de Jean-Paul ENGELIBERT

Majuscules (IRE DES MARGES (L')) | Paru le 13/10/2022 | 19,00 €

Qui est Vicki Buckley ? Une femme fatale, usant de ses charmes pour manipuler les hommes et arriver à ses fins ? Ou bien une jeune femme victime de la violence et de la lâcheté des hommes, qui cherche désespérément à sauver sa peau ?

1953, Hollywood. Fritz Lang tourne Human Desire, un remake de La Bête humaine de Jean Renoir. La Bête, c’est elle, martèlent les producteurs. Mais pour le cinéaste, le Mal est partout, pas seulement sur les épaules de Vicki.

« Est-ce le bon choix, si près du début de l’histoire, cette scène qui dit déjà tout, menant Vicki de l’ennui conjugal d’une femme mariée trop jeune à un homme trop vieux, au déclenchement de la tragédie, puisque c’est ce qu’elle fait en décrochant le téléphone, précipiter le déraillement de ce mariage fragile, le lancer sur la voie du pire, et foncer vers le vide non pas pour sauter en marche, mais pour entraîner tout le monde dans la même chute parce que, peut-être, il n’y avait, pour elle, dans cette vie que rien ne pouvait sauver, rien d’autre à faire. »

La main gauche

La main gauche

de Derek MUNN

Majuscules (IRE DES MARGES (L')) | Paru le 07/04/2022 | 20,00 €

Nos corps pirogues

Nos corps pirogues

de Marie COSNAY

Majuscules (IRE DES MARGES (L')) | Paru le 11/01/2022 | 18,00 €

L'île des sables

L'île des sables

de Éric FOUGÈRE

Majuscules (IRE DES MARGES (L')) | Paru le 01/02/2019 | 19,00 €

1761. L’Utile, une frégate de la compagnie française des Indes orientales commandée par le capitaine Lafargue, fait naufrage au large de Madagascar où quatre-vingts Malgaches achetés frauduleusement pour être revendus comme esclaves échappent à la noyade en prenant pied sur un îlot sablonneux.

Quinze ans plus tard, le chevalier de Tromelin ramène à l’île de France sept femmes et un nourrisson, seuls survivants de l’île des sables.

Roman de l’après et récit des silences, celui des responsables comme des victimes, L’île des sables retrace le combat effréné de l’intendant Maillart du Mesle pour rendre justice aux Noirs et lutter contre l’oubli.

Une quête éperdue de la vérité qui s’accomplit enfin dans l’incantation où se délivre la parole de l’île.

 

 

 L’extrait

 

Le blanc de la voile apparue sur l’horizon. Le blanc de l’écume infiniment brassée. Le blanc des bancs d’oiseaux revenus. Blanc l’ourlet du petit jour à l’horizon blême avant le chavirement du ciel étendu de tout son long sur la mer allongée sous lui. Deux surfaces étamées rivées l’une à l’autre et tournant sur le même axe aiguisé comme un fer. Une épée toujours à côté quand ce n’est pas dedans. Pas un geste ou je taille. Ou j’enfonce. Ou je brûle.

 

 

L'homme qui se souvient de sa mort

L'homme qui se souvient de sa mort

de Yvan BLANLŒIL

Majuscules (IRE DES MARGES (L')) | Paru le 01/02/2019 | 17,00 €

Où est le nid de ces oiseaux-là ?  

C’est pour élucider cette question essentielle qu’à l’heure de sa mort un homme revisite sa vie dans un récit où les souvenirs se mêlent à son rêve.

Cette autofiction onirique, puissamment comique, férocement impertinente, foisonne d’inventions verbales et de loufoqueries poétiques. 

L’aventure de la vie est une quête de l’insaisissable autant qu’une farce. Le monde, un théâtre où l’absurdité des arbitraires n’a d’égale que la bêtise des mystifications. 

Yvan Blanlœil, qui n’a rien perdu des indignations ni des émerveillements de l’enfance, nous invite à partager les tribulations de l’homme qui se souvient de sa mort, sur la piste du Dortoir des Mouettes.

 

 

 L’extrait

 

La mémoire est un chaos. Un festival botanique. Le moindre événement passé se divise en versions alternatives, en embranchements, bifurque, bourgeonne, crée des fractales. On a peur d’affronter cette forêt vierge. Ou du courage, ce qui revient au même, car le courage c’est quand il n’y a plus rien d’autre à faire. Le résultat est souvent pire que rien. Autant faire des claquettes sur une fourmilière, comme disait ce pauvre Livingstone au bon Stanley le jour où leur conversation s’épuisa. Encore que, selon certains, la conversation aurait tourné court tout de suite après je présume. D’autant plus que Livingstone aurait aimé qu’on le laissât tranquille et aurait répondu : Non non, vous faîtes erreur, je m’appelle Martin. Stanley n’en crût pas un mot et conclut que son interlocuteur avait attrapé le melon. Entreprendre une telle quête, et s’apercevoir en arrivant qu’on n’a rien de particulier à se dire ! Il ne reste plus qu’à trouver des dérivatifs pour tuerle temps. Mais comme on ne peut pas, on nit par tuer lesindigènes. L’ennui est la mère de toutes les colonisations.

 

Le cavalier

Le cavalier

de Derek MUNN

Majuscules (IRE DES MARGES (L')) | Paru le 15/03/2018 | 19,00 €

Jean joue aux échecs pour la beauté du jeu, pour l’histoire qui s’invente sur la plaine de cases, le monde qui se déploie sur l’échiquier selon des règles qu’il découvre en lui. Gagner lui importe peu. 

Jean mène une vie dont il a hérité jusqu’au jour où il se fait confectionner une paire de bottes en cuir, quitte sa ferme et entame un voyage avec sa jument. 

Le cavalier est le récit fragmenté d’une vie qui se concentre et s’accomplit dans l’événement de ce voyage. Soixante-quatre tableaux qui sont autant de célébrations du paysage et des émotions où les souvenirs et les rêves infusent sans cesse la réalité du moment présent. 

Au fil du texte une temporalité intime s’impose et dévoile une connivence mystérieuse entre l’auteur et son personnage.

Différents états d’usure des bottes se superposent, du cirage à la boue, jusqu’à la poussière qui couvre tout à la fin, moite, agglutinée en bas de celle de gauche dans les bajoues de cuir tombant autour du talon quand, arrivé, l’homme se laisse glisser de la selle pour la dernière fois, se tassant comme un sac de pommes de terre en prenant appui sur l’immobilité de l’animal qui maintenant détourne la tête. 

Je comprends alors qu’une fois ses bottes enlevées cet homme ne marchera plus jamais.

Vanité aux fruits

Vanité aux fruits

de Derek MUNN

Majuscules (IRE DES MARGES (L')) | Paru le 01/03/2017 | 15,00 €

Au moment de faire le choix de sa vie, un homme questionne son appétit pour celle-ci, découvre l’œuvre d’un peintre méconnu et en tire l’idée d’un tableau dans lequel il se mettra en scène lui-même.


Extrait

Jaune citron, je me serais mis à côté d’un beau bleu, on aurait peut-être créé une infinité ensemble, mais ce n’est pas ça. Et d’être bleu ne me tente pas du tout. Non, ce serait un jaune riche, ocré, profond qui irait vers les autres couleurs sans renoncer à sa particularité. Un jaune harmonieux qui toutefois ne se laisserait pas faire. J’aurais fait le tour de la lumière, je serais allé le plus loin possible, puis revenu apaisé. Comme le dernier rayon de soleil tombant sur la peau de mon cadavre avant qu’on ne le retire définitivement hors de vue.

Une chambre à écrire

Une chambre à écrire

de COLLECTIF

Majuscules (IRE DES MARGES (L')) | Paru le 01/04/2016 | 13,00 €

« Dans une ville, des femmes qui marchent,
qui lisent et qui écrivent,
ça se remarque à peine aujourd’hui.
Pourtant, c’est important.

Et j’ai pensé : jusqu’où iront-elles ? »
 Sophie Poirier

Collapse

Collapse

de Brigitte COMARD

Majuscules (IRE DES MARGES (L')) | Paru le 01/04/2016 | 15,00 €

Peut-on croire à la puissance de l'art face à la trivialité du monde ?

La beauté peut-elle nous sauver ?

Jean-Noël y croit. Tel un converti, avec le fanatisme de celui qui sait d'où il vient et qui rejette ce qui l'a construit.

Peut-on croire à l'art quand une actualité, immédiatement contemporaine de l'écriture de ce roman, déchire le voile du réel, et que la violence s'y engouffre ?

Collapse, de Brigitte Comard, se lit dans un souffle.

Une apnée dans un ressac de l'histoire.

 

"À ce moment précis, les mots de Yasmine ont une force contre laquelle je ne peux rien. « Vous ne leur ressemblez pas. » Je ne leur ai jamais ressemblé.

Depuis l’enfance je ne leur ressemble pas. Quand je tombe amoureux d’une œuvre d’art, moi, je pleure. Et je ne savais pas ce que ça faisait, de signer une lettre de licenciement.

Je gagnais de l’argent en jouant. J’y trouvais de la jubilation parce que c’était un jeu solitaire. J’avais si peu besoin des autres pour faire ça. Vendre de l’argent à des gens qui en ont toujours besoin, et qui peuvent se le payer, c’est facile, extrêmement facile. Peut-être y-a-t-il eu une addiction, ça ne me suffisait plus, il me fallait plus, il me fallait le miroir de l’Impératrice, j’ai voulu goûter à encore plus d’argent, et au pouvoir. Elle m’en a donné comme le dealer donne les premières fois, sans bonté, pour capturer. "

Pour qui donc chantons-nous ?

Pour qui donc chantons-nous ?

de Jean-Vincent PINARD

Majuscules (IRE DES MARGES (L')) | Paru le 01/04/2015 | 15,00 €

L'extrait

"Au tout début, la fille s’appelait autrement, Alexeï ne se rappelait plus quoi. Puis Vitia Mitchourine proposa Vassilissa et l’idée plût. « Parce que ça faisait Vassilissa Maximovna Praskova. Tu comprends ? Comme Vassili Maximovitch Praskov. »

Les détenus aiment imaginer le double féminin du directeur du camp se faire passer dessus par n’importe qui. Lui-même a bien dû remarquer l’intention parodique, mais à l’évidence s’en moque. Tant que l’argent rentre, il leur laisse cette revanche dérisoire. "

Jean-Vincent Pinard n’est pas natif d’une République Socialiste Soviétique et n’a jamais été condamné pour «activité trotskiste contre-révolutionnaire ».
Il n’a pas fait non plus l’expérience des travaux forcés dans « le pays de la mort blanche ». Entre pastiche de roman érotique et des Récits de la Kolyma, l’auteur interroge le sens et l’utilité de la littérature dans une société totalitaire.

Pour qui donc chantons-nous ? est son premier roman.

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