l'autre LIVRE

Contrevues

Poèmes collapsologiques

Poèmes collapsologiques

de Victor MARTINEZ

Contrevues (IRE DES MARGES (L')) | Paru le 01/05/2020 | 16,00 €

Collapsologie : le mot est lâché. A-t-on mesuré l’ampleur des faits qu’il recouvre ? Le collapse commence ici et maintenant, dans la pseudo- normalité de la vie quotidienne, dans l’âme meurtrie des vivants. Écrits à l’automne 2018, ces poèmes sont une chronique du présent : écocide, apartheid social, violence et lâcheté de tout ce qui se targue d’un pouvoir économique, politique, médiatique ou intellectuel. Autant de signatures d’époque qui constituent un livre de l’infamie contemporaine.

Mais ces poèmes collapsologiques sont aussi un livre des transformations dans lequel hommage est rendu, explicite ou implicite, à des vivants, à des actions, à des valeurs et à des œuvres qui travaillent à la préservation et à la perpétuation de la vie.

 

 

Tu prendras un bon Junker

C’est un motoculteur il 

permet de casser les mottes 

et de défoncer

sur 40 cm

le fond de planète en trop 

on est direct

sur le vide

bien que

des résidus y résident donc 

encore

mais

quelle joie

de l’aboi de la terre quand 

dans son pli décharné

ou pulvérulent qu’importe 

il y choit

le germe patenté 

UE

du nom d’une 

administration 

administra 

tation

de culs blancs

qui

n’ont jamais foulé la vie n’ont

pas sué ou

vécu le soleil immortel celui qui

faisait écrire Aristophane ou Platon non 

l’administration carcérale

dite UE

vend au plus offrant

la 6e extinction par

ce que c’est monnayable

selon la trinité schumanienne

robert on allait t’oublier

et qu’ensuite

qui résiste

n’aura qu’à intégrer

la belle vie administrative

de l’endive

de part et d’autre

équivaloir su

des barreaux

et leurs agences

du discours préempté

et voilà qui ira droit.

Qu'allons nous faire de nos colères ?

Qu'allons nous faire de nos colères ?

de Éric CHEVANCE

Contrevues (IRE DES MARGES (L')) | Paru le 01/05/2020 | 21,00 €

Rassemblés ici sous la forme du journal, ces textes écrits entre 2013 et 2017 pour être initialement publiés sur un réseau social, pourraient n’être qu’un florilège de billets d’humeur, une chronique de notre temps, des questions et controverses qui l’ont agité.

Mais plus ou mieux que cela, ce recueil, récit au quotidien des luttes sociales et politiques d’une partie de la décennie passée, dresse un inventaire implacable des violences faites aux plus démunis, les sans logis, les sans-emploi, les sans-avenir, les sans-voix.

Au gré des indignations et des colères de l’auteur, parfois de ses bonheurs, ce journal trace en filigrane le portrait d’un citoyen et l’itinéraire d’un engagement.

 

L'extrait

 

9 février 2017,

Il y a 6 ans déjà, en 2011, atterrés par l’ état du monde et l’ incurie de nos dirigeants, avec plusieurs membres de l’association Artfactories / Autre(s)pARTs, nous avons entamé un débat informel, par mail. Je viens de relire ces échanges et nous pourrions les reprendre aujourd’ hui mot pour mot.

On pouvait y lire des choses comme celle-ci : « L'avalanche de toutes ces nouvelles immondes me satellise... Je les déteste de m'empêcher de penser. Ils m'obligent à faire de moi un crétin qui n'a que l'idée de les voir disparaître. » (Yves Fravega) ; ou comme celle-là : « La montée d'une colère sociale, doublée de son impuissance à se donner à elle-même sa propre fin (...) m' inquiète au plus haut point. » (Jules Desgoutte). Mais ce qui me reste avant tout de ces contributions a été formulé par Philippe Foulquié : « Qu’allons-nous faire de nos colères ? » Car c’est bien de colère qu’ il s’agit. (...)

Ces colères, je ne suis pas le seul à les éprouver, à les contenir souvent, à les laisser exploser parfois. Elles ne s’épuiseront pas, je le sais, dans les urnes de ce printemps et dans l’accession au pouvoir d’un nouvel homme providentiel, quel qu’il soit. Alors qu’allons-nous en faire ? Peut-être éclateront-elles, peut-être ex- primeront-elles d’abord nos craintes, nos peurs et nos indignations, pour ensuite se transformer, porter nos espoirs, et nous amener à rendre le monde un peu plus supportable...

Ferons-nous de nos colères des armes pour combattre l’ ignominie et des outils pour bâtir un avenir décent à nos enfants ?