l'autre LIVRE

ULTRAMARINE

Le 16e round

de Rubin "Hurricane" CARTER & Catherine VASSEUR

ULTRAMARINE (FONDEURS DE BRIQUES (LES)) | Paru le 21/09/2015 | 24,00 €

UN VOYAGE DU RING À LA PRISON DANS LES ÉTATS-UNIS DE LA SEGREGATION

En 1966, le boxeur noir, Rubin “Hurricane” Carter, est arrêté pour le triple meurtre de consommateurs blancs dans un bar de Paterson, New Jersey. Il clame son innocence mais est néanmoins condamné. Depuis sa prison, il nous raconte ce qui l’a amené jusque-là : une enfance dans les États-Unis de la ségrégation avec les gangs, les premiers menus larcins, le placement en école disciplinaire dès l’âge de 11 ans à la suite d’une agression sexuelle dont il est victime, puis un vol qui le conduit en maison de redressement à 14 ans. Il parvient à s’évader avant sa majorité et s’engage dans l’armée. Il y découvre la boxe et commence une carrière qui le conduira aux portes de la consécration. Son punch lui fait fréquemment remporter ses matchs par des KO fulgurants et lui vaut son surnom, “L’Ouragan”. Fin 1964, il est volé de la victoire dans le combat pour le championnat du monde. Il ne retrouvera pas de seconde chance avant son arrestation. Incarcéré, Rubin Carter obtient, après de nombreuses semaines à l’isolement et des brimades constantes, de ne pas porter l’habit du prisonnier, de ne pas manger la nourriture de la prison, de ne pas participer à la vie carcérale. C’est à ce prix qu’il peut continuer à vivre emprisonné à tort. Il concentre son énergie dans sa lutte judiciaire, étudiant le droit et acquérant une éducation que la vie ne lui avait pas donné l’occasion d’aborder. Ce livre est son moyen de démontrer au monde son innocence; Mohamed Ali s’engagera à ses côtés, tout comme Bob Dylan, avec sa chanson “Hurricane” et sa tournée Rolling Thunder (1975) devant servir à faire parler de l’affaire et à obtenir la libération de Carter (livre de Larry Sloman sur cette tournée, aux Fondeurs de Briques, 2015).

Traversant plusieurs milieux – société ségrégationniste, système carcéral, armée, monde de la boxe – le récit de Rubin Carter est cru et rythmé d’une volonté viscérale de sur-vivre. Il porte l’implacable regard de celui qui a connu l’injustice et pour qui tout ce qui ne le détruit pas le rend plus fort.

Rebelle par passion

Rebelle par passion

de Jack BILBO

ULTRAMARINE (FONDEURS DE BRIQUES (LES)) | Paru le 18/03/2014 | 23,00 €

« J'avais quatorze ans. Je ne me doutais pas encore que trois ans plus tard àpeine. Je serais garde du corps d'Al Capone, le roi de la pègre, pas plus que propriétaire de bar, collaborateur des services secrets britanniques; que la Gestapo d'Hilter me poursuivrait, ainsi que le préfet de police de Paris et aussi Franco - mais une idée m'habitait dès cette époque: surtout ne pas me soumettre!"

Au même titre qu’Orson Welles, il y a quelque chose de l’ogre chez Jack Bilbo (1907-1967) : né Hugo Baruch et autoproclamé descendant de Spinoza, juif allemand traqué par les nazis, devenu apatride, aventurier, libertaire, peintre, sculpteur, galeriste, écrivain, journaliste, éditeur…

Dans ses autobiographies, ses articles ou au gré de ses conversations, il fut, entre autres, garde du corps d’Al Capone dans le Chicago de la Prohibition, marin qui a fait le tour du monde sur une coquille de noix, séducteur de futures actrices célèbres, trafiquant d’armes en Chine, capitaine pendant la guerre d’Espagne, proche de la famille royale anglaise, conseiller d’hommes d’État, l’inspirateur de l’histoire du Vaisseau des morts à B.Traven lors d’un séjour au Mexique.

Le navire poursuit sa route

Le navire poursuit sa route

de Nordahl GRIEG

ULTRAMARINE (FONDEURS DE BRIQUES (LES)) | Paru le 01/11/2008 | 16,00 €

Le navire poursuit sa route est son premier roman, écrit à vingt-deux ans. L’auteur, qui avait lui-même embarqué comme simple matelot, y narre le destin de Benjamin parmi les siens sur un cargo, monstre métallique avide de sang. S’en suivent les rixes, les furieuses bordées, l’oubli, le mal vénérien… (La Croix-Rouge lança une campagne de prévention après la parution du livre !) Dans le sillage de Deux Années sur le gaillard d'avant de Richard Henry Dana et de Redburn de Herman Melville, Le navire poursuit sa route appartient à la confrérie des récits de marins qui ont valeur de huis clos initiatiques, où s’exaltent les énergies.  Vaisseau des morts de B. Traven, Le Quart du poète grec Nikos Kavvadias, Boy de James
Hanley, et particulièrement Ultramarine de Malcolm Lowry. En effet, la relation que Malcolm Lowry a entretenue avec Nordahl Grieg est étonnante : Malcolm Lowry se fit engager en 1930 comme soutier sur un cargo en partance pour la Norvège pour y rencontrer Nordahl Grieg ; ils restèrent dès lors amis. En fait, Malcolm Lowry, qui a adapté Le navire pour le théâtre, s’était, pour avoir vécu des aventures similaires, complètement identifié au héros du Navire au point d’être « jeté dans de vrais troubles psychiques ». Ce constat l’obséda tellement qu’il en fit un roman, In Ballast to the White Sea, disparu dans l’incendie de sa maison : l’histoire d’un étudiant qui a le désir d’écrire et ne le peut, puisque ce livre existe déjà, écrit auparavant par un écrivain nordique…

Yegg

Yegg

de Jack BLACK

ULTRAMARINE (FONDEURS DE BRIQUES (LES)) | Paru le 11/12/2007 | 22,00 €

Yegg s’inscrit dans la tradition du récit d’aventures de l’Ouest américain et de ces personnages qui ne tiennent pas en place, se jouent des frontières entre les États et pour qui aucune ville n’est trop éloignée. À bord des trains de marchandises, dans les fumeries d’opium, les tribunaux, les geôles de campagne, les pénitenciers,
Jack Black nous donne à voir une géographie parallèle, faite de chemins de traverse, de refuges sûrs, de campements précaires et de repaires de receleurs, celle du refus de se laisser enfermer dans les conventions et les emplois des « honnêtes citoyens ».