l'autre LIVRE

CALAVERAS

Les Miroirs

Les Miroirs

de Ines ARREDONDO & Marianne MILLON

CALAVERAS (FONDEURS DE BRIQUES (LES)) | Paru le 19/02/2009 | 19,50 €

Pour la première fois en français, une anthologie des meilleures nouvelles d’un écrivain mexicain majeur du XXe  siècle. Le Mexique est l’invité du salon du Livre de Paris en mars 2009.
L’anthologie est composée de 14 nouvelles parmi les 34 textes qu’Inés Arredondo a publiés dans trois recueils (La señal, Mexico, Era, 1965 ; Río subterráneo, Mexico, Joaquín Mortiz, 1979 {prix Xavier Villaurrutia 1979} ; Los Espejos, Mexico, Joaquín Mortiz/Planeta, 1988).

Inés Arredondo (1928-1989) est, à l’égal de Juan Rulfo, l’une des plus remarquables nouvellistes mexicaines. Elle appartient à ce que l’on appelle la « génération du demi-siècle » (Juan García Ponce, Sergio Pitol…) qui permit au Mexique de s’ouvrir sur l’étranger alors que la littérature nationaliste était encore toute-puissante. Elle aborda des thèmes que ne traitait pas la littérature mexicaine d’alors, l’inceste (même fantasmé, comme dans Été), l’homosexualité, la trahison, la démence, le triangle amoureux (Le Coing), la rancoeur entre parents et enfants, l’hypocrisie sociale, le sacrifice (La Sunamite). Les rares instants de bonheur ou de plaisir que peuvent vivre les personnages se paient par la conscience du prix à payer, le poids du destin. Dans une veine proche des oeuvres de Georges Bataille, les récits d’Inés Arredondo montrent une fascination pour les phénomènes pervers et les personnages torturés. À travers les méandres de son style naît chez le lecteur un doux malaise…
Cette anthologie de nouvelles est basée sur celle établie et publiée en Espagne en 2007 (Las palabras silenciosas, Algaida Literaria) à l’initiative de l’écrivain mexicain Eloy Urroz (un roman traduit chez Actes Sud en 2005, La Raie manta ; membre de la génération du crack, mouvement littéraire comptant Jorge Volpi et Ignacio Padilla). Il a rédigé une nouvelle préface pour l’édition française.
Marianne Millon est la traductrice de Taibo II, Somoza, Wendy Guerra...

Dormir à terre et autres nouvelles

Dormir à terre et autres nouvelles

de José REVUELTAS

CALAVERAS (FONDEURS DE BRIQUES (LES)) | Paru le 01/05/2008 | 19,00 €

«JOSÉ REVUELTAS FUT UN MAÎTRE DE LA NOUVELLE DONT IL FOURNIT,
À L’ÉGAL DE JUAN RULFO ET DE JUAN JOSÉARREOLA, QUELQUESUNES
DE SES PIÈCES MAJEURES. »
JOSÉ AGUSTÍN

Dormir à terre et autres nouvelles est une anthologie inédite en français des meilleures nouvelles de l’auteur.
Elle offre un éventail représentatif de l’art révueltien de la nouvelle, dont le petit chef-d’oeuvre Dormir à terre donne une idée. Elle privilégie un tant soit peu les textes les plus récents, leur facture étant souvent originale
et même parfois franchement audacieuse : c’est le cas de Hegel et moi, qui met en scène, en prison, un truand assimilé au philosophe allemand par sa manière de discourir ; de Lit numéro onze, qui associe l’autobiographie à la fantasmagorie ; de Ézéchiel ou le massacre des innocents, qui transmet une impression obscure de découragement mais laisse entrouverte une porte étroite à la lutte, car il est bien précisé dans les dernières lignes que le personnage « franchit la confusion des vitres pour entrer dans le bois du monde ».
Métaphore kafkaïenne de la prison dans laquelle l’être humain se débat, cette oeuvre est un témoignage extrêmement précieux du combat déchirant, mais en dernière instance, de José Revueltas.

L’oeuvre de José Revueltas (1914-1976) est l’exemple même d’une littérature ne cédant pas aux tâches que la politique lui impose. Éternel marginal, il fut envoyé au bagne pour son appartenance au Parti communiste mexicain dont il fut ensuite exclu pour non-conformité au dogme…
Plongée au plus profond des méandres de l’âme, son style poétique, vierge de tout sentimentalisme, puise autant dans une religiosité dostoïevskienne que dans l’existentialisme dont il partagea l’engagement et la foi dans l’humain.

Les jours terrestres

Les jours terrestres

de José REVUELTAS

CALAVERAS (FONDEURS DE BRIQUES (LES)) | Paru le 01/05/2008 | 20,00 €

«UNE PLACE À PART ET UNIQUE DANS LA LITTÉRATURE MEXICAINE.»
OCTAVIO PAZ

Lors de la publication en 1949 de ce troisième roman de José Revueltas, l’enthousiasme de la critique de droite s’éveilla immédiatement et provoqua la colère et la condamnation brutale des « compagnons de route»
de l’auteur. Le livre fut retiré des librairies à sa demande, suite à la polémique qu’il suscita, et, naturellement,
« réhabilité » dans les années soixante.
Dans le roman, des militants à la fois proches du peuple et partisans de la liberté de conscience s’opposent
à d’autres militants dont le manque d’ouverture idéologique et l’éthique erronée causent équivoques et tragédies.
Mal interprété par certains idéologues de l’époque, ce texte, à la fois philosophique, poétique et méditatif
traite des relations entre l’art, la morale et la politique, questions récurrentes dans le Mexique postrévolutionnaire des années trente dont il recrée l’univers. Il présente avec une acuité toujours actuelle la problématique de l’engagement politique et du destin personnel.

L’oeuvre de José Revueltas (1914-1976) est l’exemple même d’une littérature ne cédant pas aux tâches que la politique lui impose. Éternel marginal, il fut envoyé au bagne pour son appartenance au Parti communiste mexicain dont il fut ensuite exclu pour non-conformité au dogme… Plongée au plus profond des méandres de l’âme, son style poétique, vierge de tout sentimentalisme, puise autant dans
une religiosité dostoïevskienne que dans l’existentialisme dont il partagea l’engagement et la foi dans l’humain.

Ceux d'en bas

Ceux d'en bas

de Mariano AZUELA

CALAVERAS (FONDEURS DE BRIQUES (LES)) | Paru le 01/12/2007 | 16,00 €

L’AUTEUR : Lorsque la Rotonde des hommes illustres de Mexico accueille les restes mortuaires de Mariano Azuela en mars 1952, c’est à la fois au patriote révolutionnaire, au médecin dévoué et à l’écrivain persévérant que la République rend hommage. L’œuvre prérévolutionnaire d’Azuela est marquée par le roman Mala yerba (1909). Dès 1914, il se met au service de la révolution au sein de l’armée du général villiste Medina dont il devient le médecin-chef. Victime des dissensions frappant les armées révolutionnaires, il doit s’exiler au Texas «avec un paquet de papiers sous sa chemise», ce qui deviendra la première édition de Los de abajo. De retour à Mexico, désenchanté et amer, il se consacre à sa vocation de médecin jusqu’en 1943. Nommé au Collège national, il se tourne de nouveau vers l’écriture. Le Prix national de littérature lui est octroyé en 1949. À cette occasion, il donne sa définition de l’écrivain: «Comme écrivain indépendant, mon credo fut la vérité. Ma vérité, si l’on veut, en tout cas celle que je croyais juste.»

 

LE LIVRE : Le texte a paru tout d’abord en feuilleton à El Paso (États-Unis) en 1916. Repris en volume au Mexique en 1920, le livre connut à partir de 1924 un succès qui en fit le roman fondateur de la littérature révolutionnaire mexicaine. Le livre fut rapidement traduit en anglais, en allemand, en français (une première édition en 1928 dans la revue du parti communiste, Monde, sous l’impulsion de Henri Barbusse, puis une deuxième en 1930 préfacée par Valery Larbaud sur laquelle nous basons notre édition). Il fit l’objet d’adaptations théâtrale (1929) et cinématographique (1940), et influença les peintres muralistes comme Orozco. Rénovateur des lettres mexicaines, Azuela annonce les œuvres de Martín Luis Guzmán (L’Aigle et le serpent, 1926 ; L’Ombre du caudillo, 1929) qui installèrent le thème révolutionnaire au cœur de la production littéraire du pays. L’édition moderne mexicaine a fait l’objet depuis 1958 de 46 réimpressions, preuve du rang de classique moderne atteint par le roman d’Azuela. Dans un style mêlant l’œil clinique du scientifique et l’imagination du romancier, Azuela donne une valeur épique à son récit. Ses phrases courtes, ses dialogues réduits à l’essentiel, ses descriptions violentes et judicieuses en font un Hemingway avant la lettre.

Le Zopilote et autres contes mexicains

Le Zopilote et autres contes mexicains

de Max AUB

CALAVERAS (FONDEURS DE BRIQUES (LES)) | Paru le 12/03/2007 | 18,00 €

Ce recueil composé de 18 textes, déjà traduits en allemand (Suhrkamp Vg., 1966) et en russe (Raduga, 1989), de longueurs variables (de la demi-page à l’Hommage à Prosper Mérimée qui compte plus de trente pages). Tous de thème mexicain, ils font appel à l’histoire et à la mythologie du pays. La figure de l’émigré espagnol s’affrontant aux particularismes locaux y est omniprésente. Tel un peintre des passions mexicaines, Max Aub parcourt le pays, en rapportant des histoires qui rappellent les corridos, ces chansons-chroniques mettant en scène des personnages archétypaux et mythiques.
Le style y est concis, volontiers elliptique, marqué d’emprunts à la langue mexicaine. Il repose sur l’harmonie entre satire et lyrisme. Les personnages – et les paysages – y sont disséqués, leurs motivations mises à nu. Le goût pour la chute est la marque de ce maître des sarcasmes et des silences que fut Max Aub.

À la recherche de B. Traven

À la recherche de B. Traven

de Jonah RASKIN

CALAVERAS (FONDEURS DE BRIQUES (LES)) | Paru le 12/03/2007 | 23,00 €

B. Traven reste l’un des écrivains cachés les plus mystérieux du XXe siècle, s’effaçant derrière des changements de pays (Allemagne, Angleterre, Hollande, Etats-Unis, Mexique) et d’identité (la liste de ses pseudonymes est impressionnante !). Donné par certains pour le fils illégitime de Guillaume II, il aurait pris une part active à la Commune de Munich en 1919 sous le nom de Ret Marut avant de réapparaître en 1924 au Mexique. Lui qui cultivait l’anonymat, le film de John Huston, tiré de l’un de ses romans, Le Trésor de la sierra Madre, le rendit célèbre. Il aurait participé au scénario et assisté au tournage sous une fausse identité ! Ses textes demeurent une virulente attaque contre la société et des plaidoyers en faveur des opprimés.

Au début des années 70, Jonah Raskin est accueilli à Mexico par la veuve de B. Traven, mort quelques années auparavant. « L'un de ceux qui voulurent écrire sa biographie, Jonah Raskin, faillit y perdre la raison. Dès le début il bénéficia de la collaboration de Rosa Elena Luján, mais il se rendit vite compte que la veuve ne savait pas non plus très bien qui diable pouvait bien être Traven. (…) Jonah Raskin finit par abandonner son projet de biographie et préféra écrire l'histoire, l'histoire délirante et romanesque de sa vaine quête du véritable nom de Traven. Il résolut de mettre un point final à ses recherches lorsqu'il s'aperçut qu'il y allait de sa santé mentale; il avait commencé à porter les vêtements de Traven, mettait ses lunettes… » [Bartleby et Compagnie, Enrique Vila-Matas, Christian Bourgois, 2002.]

Malgré cette identification et cette immersion dans l’univers de l’écrivain, Jonah Raskin abandonne l’idée de biographie. Son périple mexicain le mène jusque dans la jungle lacandonienne; il n’y découvrira pas l’identité de l’écrivain aux dizaines de pseudonymes. Mais il en ramènera ce récit en forme de quête qui, plus qu’un livre sur Traven, devient une mise en abîme des mystères de l’écriture.