l'autre LIVRE

Essais

Fragments

Fragments

de Armel GUERNE

Essais (FÉDÉROP) | Paru le 05/02/2019 | 15,00 €

« Le monde est au plus bas, la terre se meurt, la nature est tuée. Le temps, comme un pouls d’agonie, s’accélère et bat dans le vide. L’espace est déchiré. On peut voir de partout cette double brisure, la verticale des fusées, l’horizontale des franchisseurs de son, parcourue par le feu, tracée par le poison comme une croix vivante de la mort. Le signe est dans le ciel. L’air que nous respirons est en agonie ; les espèces vivantes dans le règne animal, le règne végétal, dans le règne minéral même sont en agonie et beaucoup déjà ont disparu, laissant des trous irremplaçables, des hiatus et du chaos dans la pyramide évidente de l’équilibre et de l’enchaînement des choses. L’humanité est en agonie, à la fois comme sentiment et comme idéal, à l’intérieur de chaque être humain, dont on dirait qu’il s’est mis, tout au bout de sa rage pusillanime, à s’enorgueillir désormais de son ignorance et à s’interdire le respect de la vie dont il vit. »
                    Armel Guerne (1911-1980)

 

Notre dernière innocence

Notre dernière innocence

de Jean-Paul LOUBES

Essais (FÉDÉROP) | Paru le 23/02/2017 | 14,00 €

Bébert, le chat de Céline, réputé « le chat le plus célèbre de la littérature ». Quatre-vingt-douze fois cité dans Rigodon, le dernier livre désespéré de Céline. Tyke, le chat de Jack 
Kerouac, désespéré lui aussi lorsque Lawrence Ferlinghetti lui annonce : « Ta mère a écrit. Elle dit que ton chat est mort. » Et George Steiner, dévasté par la nouvelle de la mort de sa chienne Rowena ! Ce n’est pas tout : cette « Lettre à l’éléphant » de Romain Gary : « … il est bien vrai que vous représentez à mes yeux un symbole de pureté et un rêve naïf, celui d’un monde où l’homme et la bête vivraient pacifiquement ensemble. »
Il y avait là de quoi se détourner un moment des humains et regarder du côté des animaux… 
Comment j’ai plongé là-dedans ? C’est Tom. Tom le chat, qui m’a obligé à écrire ce livre. Dans son regard rivé au mien il y avait cette injonction de dire la condition des animaux et d’évoquer tous ceux qui avaient compris leurs souffrances et ressentaient pour eux un sentiment profond de fraternité : les écrivains tels que Jack Kerouac, Romain Gary, Louis-
Ferdinand Céline, Marguerite Yourcenar, Élizabeth de Fontenay et tant d’autres. 
                    J.P. Loubes

Écrivain voyageur, Jean-Paul Loubes a entrepris de saisir par l’écriture une connaissance poétique du monde. Ses récits de voyage, ses recueils de poésie et de nouvelles emmenaient le lecteur dans la Chine du Fleuve Jaune, sur la Route de Samarcande, dans les îles de l’Atlantique Nord, ou sur les traces de Jack Kerouac. La rencontre avec Tom le chat, le conduit dans ce livre à interroger les amitiés d’écrivains célèbres avec les animaux, – notre dernière innocence. Jean-Paul Loubes vit entre le littoral atlantique et sa maison des Pyrénées.

Eloge de Gilgamesh

Eloge de Gilgamesh

de Joël CORNUAULT

Essais (FÉDÉROP) | Paru le 10/12/2015 | 11,00 €

 Gilgamesh est le premier héros de légende dont nous pouvons savoir qu’il fut suffisamment attaché aux évidences terrestres pour souhaiter ne jamais mourir. C’est en lui, nous ont confié les poètes babyloniens, que naquit le désir éperdu de trouver l’immortalité. D’abord connue pour comporter un récit comparable à celui du Déluge dans la Bible, son épopée mérite de l’être autant – plus, à mon gré – parce que Gilgamesh est le héros du dépassement et parce qu’il voulut percer le secret de la vie éternelle.“Lorsque les dieux ont formé l’humanité, pour les hommes ils ont établi la mort, la vie ils l’ont gardée entre leurs mains”.  Cette quête que l’on retrouve dans les mythes où il s’agit pour l’être humain de vaincre le temps, nous est restée entièrement compréhensible quarante siècles plus tard. »
Le chant qui nous rapporte les aventures de Gilgamesh, roi de la cité sumérienne d’Uruk, fait de lui le héros d’un grand poème tragique, reconstitué sous le titre d’Épopée de Gilgamesh. Ce texte est l’une des premières
œuvres d’imagination que les hommes aient fixée par l’écriture. Tout semble nous séparer de Gilgamesh et des Sumériens vêtus de peaux de chèvres. Pourtant, la quête du roi d’Uruk peut aujourd’hui encore servir de support à nos méditations.

 

Elisée Reclus, géographe et poète

Elisée Reclus, géographe et poète

de Joël CORNUAULT

Essais (FÉDÉROP) | Paru le 03/02/2014 | 10,00 €

 

     Voyageur au long cours, anarchiste, pédagogue-né, géographe d’une envergure exceptionnelle, Elisée Reclus (1830-1905) est l’auteur internationalement réputé de la Géographie universelle (1876-1894).

     Mais sait-on qu’il fut aussi promeneur de ruisseaux, piéton des montagnes, rêveur de plaines ? Sait-on que ce savant, profondément occupé de l’humain, fut un écrivain à part entière ?

     C’est ce que montre le présent essai, à partir de deux œuvres d’Elisée Reclus tombées dans l’oubli : Histoire d’un ruisseau (1869) et Histoire d’une montagne (1880). De cette rencontre enthousiaste est né, non pas une biographie ou une étude académique, mais un hommage fervent à l’auteur de l’Homme et la terre (1905).

Les Travaux et les Jours

Les Travaux et les Jours

de Ralph Waldo EMERSON

Essais (FÉDÉROP) | Paru le 04/11/2010 | 14,00 €

 

     “De nombreux faits concourent à montrer que nous devons chercher notre salut au-delà de la vapeur, la photographie, les ballons ou l’astronomie. Ces outils ont des propriétés contestables. Ce sont des réactifs. Les machines sont agressives. Le tisserand devient une toile, le machiniste une machine. Si vous n’utilisez pas les outils, ce sont eux qui vous utilisent. Tous les outils sont, en un sens, tranchants et dangereux. Un homme construit une belle maison, il a désormais un maître et du travail pour la vie : il lui faut la meubler, veiller sur elle, la montrer et la maintenir en bon état, pour le restant de ses jours. Un homme jouit d’une certaine réputation, dès lors il n’est plus libre, mais doit s’en accommoder. Tel autre peint un tableau ou écrit un livre, et le succès est la pire chose qui puisse lui arriver. J’ai vu l’autre jour un brave homme, jusque-là aussi libre que le faucon ou le renard du désert, qui fabriquait un cabinet pour y ranger des coquillages, des œufs, des minéraux, et des oiseaux empaillés. Il était facile de voir qu’il prenait plaisir à se forger de jolies chaînes.”
                                                                                                     Ralph W.?Emerson
 
     « Les essais de Ralph Waldo Emerson (1803-1882) réunis ici datent presque tous du milieu du XIXe siècle, c’est-à-dire de ce “golden day”, dont ils illustrent l’esprit et les projets, ainsi que les inquiétudes dans une société lancée à marche forcée vers les moyens et les instruments au détriment de l’être. Un espace et un temps où Emerson disait?: “Nous n’avons pas besoin d’hommes artificiels, qui pour de l’argent peuvent accomplir n’importe quelle prouesse littéraire ou professionnelle. […] Ce qui a été fait de mieux dans le monde – les œuvres de génie – n’a rien coûté”. 
     […] Il me semble que le lecteur peut quasiment tout ignorer de l’histoire de la société et du sentiment de la nature aux États-Unis, ainsi que du moment où celui-ci se sépare de l’idée européenne de nature, et ne s’en laisser pas moins directement toucher par une voix qui évoque quelques unes des questions brûlantes de la vie, et qui traversent le temps.?» 
 
– Introduction de Joël Cornuault –
– Traduction de Jean-Paul Blot –
 
L'Art de voir les choses

L'Art de voir les choses

de John BURROUGHS

Essais (FÉDÉROP) | Paru le 27/10/2007 | 14,00 €

 

« Dénicher un oiseau ou quelque animal, découvrir un nid, n’est pas difficile si vous faites leur siège ; mais découvrir ce que vous ne cherchiez pas, surprendre les clignements et les frémissements timides, voir le spectacle qui se joue partout au second plan (...) voilà ce qui s’appelle être un bon observateur et posséder “un oeil aussi exercé que le toucher d’un aveugle” – un toucher capable de distinguer entre un cheval blanc et un cheval noir. »

Né en 1837, John Burroughs, chaînon manquant de nos lectures américaines du XIXe siècle, était à sa mort en 1921, l’écrivain-naturaliste le plus célèbre des États-Unis. L’égal de John Muir, il avait des lecteurs plus nombreux que Henry David Thoreau, deux hommes dont il se rapproche par son amour de la nature, de la marche et de la vie simple. Négligée pendant un certain nombre d’années, on recommença à lire l’oeuvre de « Jean-des-oiseaux » à la fin des années 1950. Lire John Burroughs, c’est faire naître en soi un double sentiment – d’espoir et de désespoir : l’espoir d’établir quelque jour une relation équilibrée entre l’homme et la nature ; le désespoir devant la reptation planétaire de la ville-banlieue, qui détruit cette relation au nom de l’économie, de l’emploi, du désenclavement, du développement, et autres étranges idoles tourbillonnantes.

Ses belles descriptions de sa région natale reposent sur un sens aigu de l’observation, un « art de voir les choses », qui se combine à une réflexion permanente sur la meilleure façon possible de vivre. La maison natale de John Burroughs dans l’État de New York abrite aujourd’hui un musée, des écoles portent son nom, ainsi qu’une association et un prix littéraire.

                                                                                                      Joël Cornuault

– Pages choisies et traduites par Joël Cornuault –