l'autre LIVRE

Poésie

Nous irons au plus près

Nous irons au plus près

de Marc ROUSSELET & Illustratrice YAEL ANTOON

Poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 10/03/2012 | 10,00 €

 

Je peux te raconter Jourdan que dans mes mains, lopin d’affolements fertiles, elle frissonne et sur ma peau s’écoule sa source nocturne. Poitrine contre poitrine, entre soupir et cri, j’appartiens aux quatre éléments. À la fascination, à la  parole, à la mémoire, à ce qui deviendra plaie. Notre ombre dans la chambre délimite le prodigieux projet d’aimer.

L’interstice entre son corps et le mien demeure continûment divisible. Pour expliquer  cela, je serais capable d’aller jusqu’au mensonge tant l'agencement de cet entre-deux m'angoisse. Elle le sait bien, qui n’a qu’à se tendre pour que le miracle d’un avenir possible se reproduise.

À force d'amarrer dans le secret, nous parviendrons à jouer avec le verbe aimer à tous les temps. Le temps de la pluie qui frappe aux vitres et celui du soleil sur une place de village. Le temps des rires et celui des étreintes.  Qui s'engoue n’a rien à redouter, voilà ce que porte en graine nos futures nuits.

Quatorze horizons carboniques

Quatorze horizons carboniques

de Daniel SYGIT

Poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 07/04/2010 | 12,00 €

 

«  Les mots de Daniel Sygit...
Des mots qui savent à l'avance l'inutilité de dire et qui disent cependant. L'extrême nécessaire déposé en petites touches, avec grâce, avec la plus parfaite élégance sur une page qui semble respirer en même temps que la phrase. La poésie de Daniel Sygit est plus que belle, elle brûle d'un feu, d'une ardeur et d'une nudité qui ne s'entrevoient que l'espace d'un éclair. Une poésie qu'il faut goûter dans chaque recoin de sa musique et de ses respirations pour ne pas manquer de l'apercevoir. Deuxième ouvrage de cet auteur dans la collection Poésie des éditions À plus d’un titre, après Boeings Laboureurs, Daniel continue son exploration du monde et de sa marche, en formes courtes et très fortement narratives. À l’affût de chaque trace de poésie perdue, dans les paysages, les topographies, mais également dans les objets industriels les plus inattendus — navires super-tankers, satellites, écrans verts des radars aériens… — Daniel Sygit recrée dans ce livre des géographies et des destins, et joue avec la réalité quand des lieux et des personnages savamment imaginaires en côtoient de bien réels. » 

Anne Monteil-Bauer

 

 

REGARDE

 

Regarde 

Coccinelle

qu’on dit 

“ bête à Bon Dieu ”!… 

 

Regarde 

mois de Mai 

qu’on dit 

“ mois de Marie ”!…

 

Et mon frère 

protégé par le blanc

et le bleu…

 

Et ma sœur 

qui fredonne 

l’air de Rina Ketty !

(extrait)

 
Contes du miel et des Astres Neigeux

Contes du miel et des Astres Neigeux

de Lionel BOUCHET & illustratrice MAUD CHALMEL

Poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 18/12/2009 | 9,50 €

 

Extrait...

 

Le Lac.

 

Je suis une canopée d'angoisse, des rivières de douceur

et dans mon élan rien ne résiste.

Si loin dans l'obscurité de l'eau,

Des eaux mortelles,

Élues dans le lignage.

 

Une main sur l'eau dérive

dans un silence que les courants ne veulent empêcher.

 

C'est la liante évasion qui grandit dans les yeux des plus heureux.

C'est la même grandeur, c'est mon nom criant!

J'ai déguisé, maquillé le flux.

J'ai changé les roches du courant dans l'eau du matin.

Des lanternes folles chantonnent désormais sur l'eau,

des lumières terribles.

Pour que les mondes adjacents

de la pluie et de l'eau polaire dérivent

Sur le blanc manteau des joies perdues du Lac.

Les Mécaniques : Suivi de Des arbres

Les Mécaniques : Suivi de Des arbres

de Jean-Baptiste CABAUD

Poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 15/04/2008 | 10,60 €

 

 

Extrait...

L’HUMIDE

 

Il y avait un corps et de la bruine

Mais il n'y avait pas de larmes

Le corps c'était le mien dans le lit au ras du sol

Le bruit des plantes résignées et pleurantes

Du petit jardin inconnu

M'avait réveillé doucement

Il n'y avait pas de brume

Mais j'en revois le jardin couvert aujourd'hui

Le ciel pleurait pour moi

Si j'avais eu envie de pleurer

Automne dehors automne dans le cœur

Mais non je n'avais pas envie

Peut-être juste un peu de fatigue

La campagne est belle pour cela

Il n'y a que de la pierre et de l'herbe

Elle sait forcer à vivre au rythme de son rythme

Il y avait la vie dans la maison

Qui venait de reprendre

Des gens

Et la frontière de la porte laissée ouvertement grande

La veille parce que je voulais faire semblant de dormir

Dans le jardin

 

 

 

 

 

 

 

                                      

 

 

L'Ombre : Récit et lettres

L'Ombre : Récit et lettres

de Jean Louis CARRON

Poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/10/2007 | 9,60 €

 

Extrait...

 

Le temps va s'effondrer au giron des gorges, la grotte d'Enimie dont la source et l'aube entrouvrent la part tombale. Dernière torsion. Tresse piégée du corps à la fin du discours sur un dernier neume gommé de la voix relâchant ses cordes : l'haleine du coeur qu'elle envoie à qui l'attend. Sa dernière attention est figée, le corps impuissant, sens dissipés, les yeux encore ouverts sur le paysage qui meurt en elle, et bientôt clos dans un instant de pudeur avant la toilette du corps. La filleule est à sa veille comme la buée d'un miroir au tain en attente d'un passage qui prend enfin sa place au bout de l'âge. Sa beauté obsédante disparaît du visage cédant à la fixité de l'icône, quelque chose de plat et de froid, la pensée soustraite aux accords dans le sang bavard brusquement figé.

 

Il est passé dans la nuit, rapide, si rapide qu'elle ne s'est pas sentie enclose dans la craie blanche, sans s'éveiller, et le matin est venu.

 

La mort, peut-être un livre qui relie le fil d'Ariane. Les mots sur les pages, et de page en page, se sont déplacés comme s'ils dansaient, papillons de mémoire, échange de pollen autant que de paillettes, des mots troublés dont le dernier se pose en tête du livre, après le point final inaugural, l'oublié qui vient conclure, l'innocent qui ne connaissait pas sa naissance, va apprendre enfin les mystères de son langage et entamer le tissage de la voile.

 
Boeings Laboureurs

Boeings Laboureurs

de Daniel SYGIT

Poésie (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/03/2005 | 12,00 €

 

Ainsi fulgurent-ils, par impact...

Boeing Laboureurs Sygit ne creusent pas dans un sol originaire des sillons rectilignes connus, mais de l'autre côté des horizons, ils inventent l'espace illimité et neuf pour une constellation des fragments poétiques. Chaque fragment est comme le relief en surplomb d'un grand mouvement traversier nous mettant, selon un angle variable d'ouverture, en relation plurielle avec le monde. En chaque fragment viennent battre des forces du cosmos, des forces de la terre... En chaque fragment viennent se répercuter des forces du politique et des forces émotionnelles. Ces forces conjuguent les conditions sous lesquelles et avec lesquelles Sygit parle les corps et les espaces qu'il parcourt. C'est pourquoi cette voix de Sygit multipliée libère le son polyphonique d'une cavalcade musicale particulière : celle d'une camaraderie des minoritaires qui avançant sur leur ligne de bordure en diluant les fantômes d'un désastre possible, se comprennent de vertige à vertige dans le saut et par l'ellipse.

Joël Couve