l'autre LIVRE

hors collection

Nous ne regarderons pas ailleurs

Nous ne regarderons pas ailleurs

de Anne MONTEIL-BAUER

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/10/2021 | 7,00 €

Nous ne regarderons pas ailleurs, récit et impressions, a éte écrit par Anne Monteil- Bauer, membre du Collectif lyonnais de Solidarité avec Pinar Selek à son retour d’Istanbul où s’était tenu, le 19 deécembre 2014, le quatrième et dernier procès de Pinar Selek. L’autrice retrace le moment particulier qu’est un procès, ainsi que le parcours de la sociologue et militante, Pinar Selek. Elle rend également hommage aux chaînes de solidarité qui se mobilisent pour maintenir en alerte l’attention internationale et demander justice.

Si nous vous invitons à lire (et faire lire) ce texte aujourd'hui, c'est parce que le calvaire de Pinar Selek n'a toujours pas pris fin.

« Mon procés » , écrit-elle, « est un exemple de la continuité historique du système répressif. » (de l'État turc).

Ce récit, comme chaque marque de soutien petite ou grande, rejoint l'ensemble des voix qui demande l'acquittement définitif de Pinar Selek.

L'opéraïsme italien au crible du temps suivi D'opéraïsme et communisme d'Oreste Scalzone

L'opéraïsme italien au crible du temps suivi D'opéraïsme et communisme d'Oreste Scalzone

de Jacques WAJNSZTEJN

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/10/2021 | 0,20 €

Si l’Internationale situationniste a pu dire, un peu présomptueusement, qu’elle était « la théorie de son temps », en résonance avec le Mai-68 en France, l’opéraïsme comme théorie de l’autonomie ouvrière s’est révélé être la théorie de son temps en Italie. À travers le mai rampant, il a imprégné de larges secteurs de la jeunesse étudiante et ouvrière, tout particulièrement celle issue de l’immigration interne en provenance du Mezzogiorno. En cela, l’opéraïsme a constitué le dernier maillon théorique de la chaîne historique des luttes de classes. Il a maintenu le lien entre d’une part, l’affirmation d’un pouvoir ouvrier pendant l’automne chaud de 1969, et d’autre part son possible dépassement vers une révolution à titre humain à travers le vaste mouvement de refus du travail des années 1970 (absentéisme, sabotage, grèves antihiérarchiques pour un salaire indépendant de la productivité). Ce mouvement trouvera son point culminant en 1977 dans une rupture définitive avec les syndicats et le PCI. C’est cette démarche théorique et ses pratiques que nous appréhendons ici à partir de notre propre saisie.

Pour sa part, Oreste Scalzone, alors directeur du journal homonyme du groupe Potere operaio, intervient dans Opéraïsme et communisme, non pour faire revivre un opéraïsme fantasmé ou au contraire englobé dans l’album de famille d’un mouvement communiste en général, mais pour mettre en avant, par-delà ses éléments de continuité et de discontinuité, en quoi il s’est avéré être un mouvement hérétique.

Le meilleur des mondes végan

Le meilleur des mondes végan

de Paul ARIèS

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/10/2021 | 20,00 €

Le Meilleur des mondes végans est le premier roman d'anticipation consacré au mouvement antispéciste et à ses liens avec le transhumanisme et les biotechnologies alimentaires. L'auteur, connu pour être un des meilleurs connaisseurs de ces mouvances, a choisi cette forme romanesque pour introduire directement au cœur des théories extrêmes de ces milieux et?décrire ce qu'il pourrait advenir si ces dangereux phantasmes passaient dans le réel... Ce voyage, en compagnie de la sous-commandante-en-Chef, de sa Conseillère-spéciale Miss Tobor, des Grands- Prêtres végans et antispécistes, des Gentilles Firmes Véganes, est aussi l'occasion de découvrir les résistants écolo-omnivores, campant résolument du côté des passions joyeuses et du vivant. Ce roman se lit comme un thriller. L'humour et la dérision (et même l'autodérision) sont au menu. À lire sans modération, avant d'accepter toute augmentation humaine ou animale, toute panspermie dirigée et toute terraformation funestes.

Chaleur-Patio de mémoire

Chaleur-Patio de mémoire

de Abdellatif CHAOUITE

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 24/08/2021 | 22,00 €

Ce magnifique ouvrage poétique et philosophique explore la langue et plus précisément les langues, celles qui parlent et se parlent, en rémanences, ressentis et rêveries méditatives. Le fil de la pensée, de la langue parlée ou écrite, comme celui des souvenirs, métaphore du fil de l’eau qui de la source à l’océan est transformation permanente.

Ces langues tracent les chemins de traverse des unes aux autres, comme des cours d’eau tumultueux qui s’alimentent de multiples ruisseaux.

L’auteur nous propose deux textes qui s’entremêlent, qui cheminent en résonances, en flux ou en fragments à travers deux contextes. L’un de près, suscité par la proximité de la mort rôdeuse puis faucheuse, l’autre de plus loin dans le temps et dans l’espace. Délibérément, ils se sont croisés en flots de souvenirs, réminiscences et pensées volantes.

Les poèmes comme des respirations viennent fragmenter ces textes vertigineux, les ponctuer de quelques blancs où l’espace se dilate et propose au lecteur une forme de divagation plus lente, un souffle, une surface apaisée comme celle d’un lac. L’auteur nous invite ainsi chaque fois, comme dans une nouvelle boucle, vers une nouvelle source et le sens des mots, des pensées reprennent un déroulé, se rapprochent et s’éloignent dans une même danse, un maillage délicat, une dentelle précise et à la fois un foisonnement riche et précieux. La pensée élaborée d’Adellatif Chaouite, ce cheminement intime qu’il nous propose à travers ses langues est aussi une invitation à prendre la route, à créer, construire et reconstruire notre propre langue, à acquérir une forme de liberté et d’autonomie de penser, à dessiner un imaginaire nouveau, multiple commun et pourtant singulier.

Couteaux et liteaux

Couteaux et liteaux

de Collectif SOUS LA DIRECTION DE JÉREMY RITT ET NATHALIE LÉGER

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/06/2021 | 25,00 €

Ce livre est adressé à tous et particulièrement aux jeunes collégiens et leurs proches, il est dédié aux élèves, aux professionnels et aux enseignants qui ont participé, ainsi qu’à l’ensemble de l’équipe pédagogique du lycée Lesdiguières. Résultat de rencontres riches, d’échanges autour des métiers de la restauration, autour de la cuisine et de repas conviviaux que nous avons partagés, il est un ouvrage collectif destiné à faire découvrir de très belles formations professionnelles. Les métiers de bouche suscitent des vocations, des passions et représentent un large éventail de parcours professionnels.
Pour la petite histoire, le lycée a ouvert ses portes en octobre 1917 et la première location de l’hôtel Lesdiguières, actuellement utilisé, date de septembre 1919. De nos jours, il possède trois sites distincts, et prépare aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration. Il est connu des Grenoblois comme l’École Hôtelière Lesdiguières, du nom du Lieutenant général du Dauphiné.
Réaménagé en 1934, il est aujourd’hui l’un des rares établissements en France à posséder son propre hôtel d’apprentissage, accueillant 850 élèves dont 260 en internat. Un nouveau chantier se prépare : regroupés en un même lieu, les différents sites se verront dotés d’un nouvel internat et d’une brasserie gastronomique.
Parmi les multiples formations que l’établissement propose, du CAP au BTS, nous avons choisi de vous présenter une classe associant deux BACS professionnels complémentaires, le BAC PRO Cuisine et le BAC PRO Commercialisation et Services en Restauration. Cette classe compte en effet vingt-quatre élèves, douze cuisiniers et douze serveurs.
Nous avons suivi ces jeunes et leurs professeurs sur une année civile, ils étaient en première lors de notre rencontre, nous les avons quittés en début de terminale. Il nous a paru naturel de partager cet ouvrage en quatre parties, une pour chaque saison.
Nous présenterons les quatre grands moments forts de la formation de ces élèves, à savoir le choix du lycée et de la filière à la fin de la troisième, l’acquisition des bases, la formation en milieu professionnel à travers les stages et le choix de leur avenir en fin de terminale.
Ce livre rend compte de formations qui permettent à la plupart des élèves, d’acquérir en trois ans, les compétences nécessaires et suffisantes pour trouver un emploi après l’examen du BAC. Pour se spécialiser, certains choisiront de poursuivre en BTS ou en BACHELOR. Collectivité, restaurant traditionnel, gastronomie, hôtellerie, hébergement touristique, la liste est longue et les carrières possibles diverses.
L’ambition de cet ouvrage, est de redonner à ces formations toutes leurs lettres de noblesse, la filière générale n’étant pas la seule voie pour aller vers un avenir prometteur. Entrer dans la vie active avec un baccalauréat professionnel, c’est avoir les bases d’un métier. Les ateliers de Travaux Pratiques sont un enseignement primordial des gestes, des espaces, des règles, des subtilités et des évidences. Les stages en entreprise permettent une immersion dans le monde professionnel, une prise en compte de la réalité des métiers. Les jeunes devront découvrir des milieux divers : cuisine de collectivité, gastronomie, hôtellerie et restaurant classique, l’éventail est large et promet à chacun de trouver sa place.
Les photographies d’Yves Neyrolles et celles des élèves illustrent le propos de ce livre et les échanges avec les jeunes et les professeurs. Cet ouvrage est aussi un livre délicieux de recettes, une histoire de produits AOP et une succession de conseils utiles. Vous y trouverez même les «accords vins» pour certains plats plus élaborés. Les élèves ont mis leur énergie, leur passion, leurs talents, leurs rêves et quelques touches d’humour pour vous entrainer, à leur suite, dans leur parcours singulier, celui de la restauration et de l’hôtellerie.
Après la journée de Travaux Pratiques du mois de février, dont le but était la mise en œuvre d’un service en soirée pour une cinquantaine de personnes, notre projet fut bouleversé à l’image du monde, par la pandémie de covid 19. La fermeture des écoles, des restaurants nous ont contraints à renoncer à nos séances photo, nos partages en cuisine, et nous nous sommes retrouvés confinés comme le reste du pays. Heureusement, nous avons su inventer une nouvelle façon de travailler et sommes restés en lien. Le chef Rit a créé un espace de travail en ligne et nous avons pu échanger avec les élèves et poursuivre ce projet de livre. Les jeunes l’ont enrichi en apportant une belle contribution, à travers leur autoportrait et leurs recettes.
Je salue leur courage, la qualité de leur investissement, mais je souligne non sans un pincement au cœur, que leur stage de fin d’année a dû être annulé, que l’ensemble de la profession a été particulièrement touché, puisque tout rassemblement fut rigoureusement interdit pendant de longs mois.
Ces jeunes se sont véritablement accrochés à ce projet et, en dépit du contexte difficile, ils ont su se projeter vers un avenir plus riant. Pour certains d’entre eux, la pratique s’est poursuivie dans la cuisine familiale prolongeant ainsi leur apprentissage. Pour d’autres la période fut moins heureuse, j’ai une pensée particulière pour le « frigo vide » qui en a désespéré quelques-uns.
Je suis aussi particulièrement touchée par l’engagement de leur enseignant, qui s’est ingénié à poursuivre le projet du livre de cuisine. Plus d’une fois son énergie remarquable a su remobiliser les troupes.
Ce livre a donc une double saveur, car nous avons bravé tous les obstacles qui auraient pu empêcher son élaboration ou sa parution. Paradoxalement, cet étrange confinement a rendu le temps plus souple, donnant loisir à un travail remarquable, dans un échange constant entre tous, enseignant, éditrice et élèves. Cela nous a également permis de converser avec le réalisateur Philippe Deschamps, l’historien Patrick Rambourg, des chefs cuisiniers ou des chefs de rang. Leur collaboration enrichit le livre de la plus belle des manières. Aux autoportraits des élèves s’ajoutent donc les portraits/rencontres de ces professionnels, dans lesquels ils rendent compte de leur parcours et de leurs expériences diverses et variées. La pandémie a chamboulé la profession, l’obligeant à se réorganiser. Aujourd’hui tous les restaurants sont encore fermés pour une période indéterminée. Espérant leur réouverture prochaine, nous souhaitons, à tous les jeunes que nous avons suivis, de trouver leur place et d’accomplir leurs rêves.
Nathalie Léger

 

Bruno Boëglin, une vie dans le désordre des esprits

Bruno Boëglin, une vie dans le désordre des esprits

de Collectif A.A.B.B. & Jean-Pierre LEONARDINI

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 15/01/2021 | 20,00 €

Il n'a pas d'âge. Un éclat d'enfance l'en protège. Il fait du théâtre depuis l'adolescence. Son talent est tissé d'humour et de poésie voyageuse. Son caractère aussi fantasque qu'obstiné l'ont écarté d'un parcours balisé par l’institution. Il a longtemps dirigé l'Eldorado à Lyon, théâtre aux allures de music-hall décrépi, où il a monté Malcolm Lowry, Shakespeare, Dostoïevski...

Puis, entre les œuvres originales présentées dans les plus grandes institutions, il s'est tourné vers ses projets nicaraguayens, jouant le long du Rio Coco pour les indiens Miskitos et dans les casernes Sandinistes, il n’a ainsi cessé de brouiller les pistes. Ami de l’écrivain Bernard-Marie Koltès, Bruno Boëglin est le premier à lui commander l’écriture d’une pièce : Sallinger qu’il crée en 1977.

En 1991, il créera sa pièce posthume Roberto Zucco qui va déclencher une polémique dont dit-il « je me serais bien passé... » Parmi ces mises en scène Pan Theodor Mundstock , un spectacle splendide, adapté du roman de Ladislas Fuks, récompensé par le prix du meilleur spectacle créé en province en 1994, décerné par le Syndicat de la critique dramatique.

« Son œuvre quoique dérangeante pour certains, a contribué à l’évolution du théâtre moderne autant en France qu’à l’étranger. »

Depuis quelques années il se consacre à la peinture. Là aussi il revisite les œuvres de ses semblables : il met en scène ce qu’il trouve chez les autres, « voleur » et bricoleur d’images il révèle par un regard énigmatique ce que nous n’avions pas vu. Sur bois, sur papier, sur tissu, il aime les petits formats, et pour chacun si vous l’interrogez il vous racontera une histoire.

 

Rescapé ?

Rescapé ?

de Yves NEYROLLES

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 15/01/2021 | 15,00 €

La pandémie de corona virus à bouleversé le monde comme jamais peut-être une maladie contagieuse ne l’avait encore fait. Bouleversant la vie du monde et celle de chacun d’entre nous.
Comment affronter une telle menace de mort, comment faire face, sinon en recourant à l’écriture ? Surtout si cette loft, omniprésente dans notre quotidien, fait renaître un cortège de hantises plus ou moins assoupies…
Ayant quitté Lyon pour vivre le temps du confinement à Tain l’Hermitage, j’ai eu tout loisir – terme magnifique de polyvalence – à me consacrer entièrement aux mots et aux images, les mots traversant les peurs enfouies, les images saisissant en contrepoint l’éveil du printemps et de la vigne dont la prestigieuse colline qui domine le Rhône est recouverte.
Rescapé ? est né de ce temps de confinement, mais il prolonge aussi, « naturellement », le texte Ça tourne !, livre où je relate mon enfance et dont la publication remonte à 2008. Je m’étais assez vite rendu compte, à la relecture, qu’entre les lignes « vivait » une multitude de scènes que je n’avaient pas évoquées. Celles-ci ne demandaient qu’à poursuivre l’ouvrage. Au fil des années, j’avais entrepris de les écrire petit à petit.
Ces différents textes forment la trame de ce nouveau livre, les photographies sont celles évoquées au fil des pages

YN   

 

 

Plume-Patte

Plume-Patte

de VILLARD PHILIPPE

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 15/01/2021 | 15,00 €

Ce projet littéraire, ce roman, n’est pas seulement mon livre. Il est le livre de ces gens de peu, de ces petites gens, d’une certaine « France d’en bas » comme disait l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Il est le livre de ces personnes que j’ai eu la chance de côtoyer parce que ce livre parle aussi d’un voyage transclasse. Ce livre parle du pays d’où je viens. Voici quelques années, j’ai lu avec intérêt le reportage « undercover » au long cours de Florence Aubenas intitulé « Le quai de Ouistreham ». Elle évoquait ces gens qui, flirtant avec les lisières de la précarité, pratiquaient, vivaient, plus qu’ils ne l’inventaient, une solidarité qui passait par l’échange de services. Longtemps après avoir refermé ce livre, j’ai été poursuivi par son souvenir. Pourquoi m’avait-il finalement tant marqué ? Pourquoi l’ai-je conservé longtemps aux rayonnages de ma bibliothèque ? Puis, dans un registre un peu différent, j’ai aussi apprécié le documentaire « Casse » de Nadège Trébal, et je me suis souvenu de ces moments où j’accompagnais mon père chez les démolisseurs d’automobiles afin de récupérer des pièces pour ses voitures. Et moi-même, avec mes amis de jeunesse, je les ai fréquentés dans le même but... Entre la pression ultralibérale et les foudroyantes évolutions technologiques, entre l’émergence des communautarismes et les replis identitaires, j’ai voulu rendre compte, dire, témoigner, peindre ce monde englouti dans lequel, je ne sais pourquoi, je me suis toujours senti en position d’observateur. Je me suis toujours demandé si ces gens se posaient les mêmes questions que moi. Je m’interrogeais pour savoir comment ils faisaient pour « être ». Je sentais qu’un coin nous séparait peu à peu et aujourd’hui, je constate que je ne sais rien faire de ce qu’ils savaient faire. J’ai accompli autre chose qui, pour eux, est devenu plus inaccessible, plus incompréhensible, plus illisible et plus intellectuel. Je les ai perdus de vue, mais ils ont laissé en moi une trace profonde.

Extrait de la postface

 

Plume Patte

Plume Patte

de VILLARD PHILIPPE

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/12/2020 | 15,00 €


Ce projet littéraire, ce roman, n’est pas seulement mon livre. Il est le livre de ces gens de peu, de ces petites gens, d’une certaine « France d’en bas » comme disait l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Il est le livre de ces personnes que j’ai eu la chance de côtoyer parce que ce livre parle aussi d’un voyage transclasse. Ce livre parle du pays d’où je viens. Voici quelques années, j’ai lu avec intérêt le reportage « undercover » au long cours de Florence Aubenas intitulé « Le quai de Ouistreham ». Elle évoquait ces gens qui, flirtant avec les lisières de la précarité, pratiquaient, vivaient, plus qu’ils ne l’inventaient, une solidarité qui passait par l’échange de services. Longtemps après avoir refermé ce livre, j’ai été poursuivi par son souvenir. Pourquoi m’avait-il finalement tant marqué ? Pourquoi l’ai-je conservé longtemps aux rayonnages de ma bibliothèque ? Puis, dans un registre un peu différent, j’ai aussi apprécié le documentaire « Casse » de Nadège Trébal, et je me suis souvenu de ces moments où j’accompagnais mon père chez les démolisseurs d’automobiles afin de récupérer des pièces pour ses voitures. Et moi-même, avec mes amis de jeunesse, je les ai fréquentés dans le même but... Entre la pression ultralibérale et les foudroyantes évolutions technologiques, entre l’émergence des communautarismes et les replis identitaires, j’ai voulu rendre compte, dire, témoigner, peindre ce monde englouti dans lequel, je ne sais pourquoi, je me suis toujours senti en position d’observateur. Je me suis toujours demandé si ces gens se posaient les mêmes questions que moi. Je m’interrogeais pour savoir comment ils faisaient pour « être ». Je sentais qu’un coin nous séparait peu à peu et aujourd’hui, je constate que je ne sais rien faire de ce qu’ils savaient faire. J’ai accompli autre chose qui, pour eux, est devenu plus inaccessible, plus incompréhensible, plus illisible et plus intellectuel. Je les ai perdus de vue, mais ils ont laissé en moi une trace profonde.

Extrait Postface

L'OUROBOROS N°1

L'OUROBOROS N°1

de COLLECTIF & SILBERMANN JEAN-CLAUDE

hors collection (A PLUS D'UN TITRE) | Paru le 01/12/2020 | 25,00 €

L’Ouroboros…
…ou serpent qui se « mord » la queue, est le symbole quatre fois millénaire qui relie les quatre coins du monde : de la Chine antique au Quetzalcoatl ailées Aztèques, en passant par les papyrus de l’ancienne Égypte, il a été le glyphe purifiant de l’alchimie avant d’être consacré en archétype jungien. Il parle de totalité (son corps bouclant l’unité du divers donné), de croissance & de vie, il annonce l’Éternel Retour nietzschéen qui ne garde que l’affirmatif. il délivre le temps de sa plate linéarité, et le mouvement très-fécond qui l’anime l’oppose à la st édilité mortifère de son auto-cannibalisme apparent. Il est souvent lemniscate dressé en 8, symbole connu de l’infini. Sa souplesse, inouïe, scelle un mystère qui invite à rêver, à inventer sans fin dans un réel qui ne demande qu’à changer de peau…
Notre logogramme s’autorise une couronne qui vient inverser la valeur du signe Ø.

 

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